:storygreen: :s1: đŸŽó §ó ąó „ó źó §ó ż :crewe_alexandra: Le gamin des trois frontiĂšres

Sommaire

Introduction

:crewe_alexandra: Saison 2020-2021

4 « J'aime »

ÉPISODE 1
“Le gamin des trois frontiùres”

(Mai 2020 — pĂ©riode Covid)

J’ai toujours trouvĂ© que les grandes histoires commençaient souvent par des dĂ©tails qui n’intĂ©ressent personne. Dans mon cas, ça commence dans un coin du Nord-Est de la France, coincĂ© entre trois frontiĂšres, oĂč les dimanches sentaient la frite froide, les terrains boueux et les dĂ©bats interminables entre papa et ses copains sur « qui aurait dĂ» marquer celui-lĂ  ».

Papa, d’ailleurs, parlons-en. C’est lui qui m’a transmis le virus du football. Le bon selon lui, celui qui n’a rien Ă  voir avec des transferts Ă  80 millions, des agents pressĂ©s ou des joueurs qui changent de club comme de coupe de cheveux. Il m’a fait grandir avec une certaine idĂ©e du football romantique : celui oĂč une Ă©quipe moyenne peut faire tomber un gĂ©ant juste parce qu’elle y croit plus.

Notre Ă©quipe, c’était le Nancy de Correa. On allait Ă  Marcel-Picot comme d’autres vont Ă  la messe. Et franchement, c’était mieux qu’une messe : il y avait des buts. Onze garçons prĂȘts Ă  se dĂ©pouiller sur le rectangle vert, et des milliers de passionnĂ©s en gradins pour les pousser vers de nouveaux exploits. Je suis tombĂ© amoureux de cette Ă©quipe, en sachant parfaitement qu’elle ne me ferait sans doute jamais connaĂźtre l’ivresse d’un titre national ou des plus grandes compĂ©titions.

Comme tout gamin un peu rĂȘveur, j’ai fini par comprendre que je n’avais pas la carriĂšre de Zidane dans les jambes. Par contre, j’avais autre chose : l’envie de comprendre le jeu, d’organiser, de transmettre. Pas le niveau pour ĂȘtre sur le terrain, mais l’ambition de crĂ©er quelque chose depuis la touche.

À 22 ans, j’ai commencĂ© Ă  passer les diplĂŽmes d’entraĂźneur. À 25 ans, j’avais dĂ©jĂ  en tĂȘte un projet un peu fou : entraĂźner au niveau professionnel. Pas pour gagner la Ligue des Champions dans dix ans, simplement pour prouver qu’une Ă©quipe peut encore progresser sans acheter la moitiĂ© du marchĂ©, en travaillant, en formant, en dĂ©veloppant. Tel Ă©tait mon crĂ©do.

Et puis est arrivĂ©e l’annĂ©e 2020.

Une pandĂ©mie mondiale. Un confinement. Un changement total de nos habitudes de vie. Pendant que tout le monde faisait du pain maison ou se dĂ©couvrait une passion pour le yoga, moi j’ai dĂ©cidĂ© qu’il Ă©tait temps de passer la seconde.

Un samedi soir, devant une sĂ©rie TV qui avait remplacĂ© les matchs de football, j’ai parlĂ© Ă  papa de mon envie de franchir un cap. Il m’a regardĂ© comme si je lui annonçais que je voulais grimper l’Everest en claquettes, puis il a fini par me dire : « Si tu ne le fais pas maintenant, tu ne le feras jamais. Et dans le pire des cas, ils ne te rĂ©pondront pas. ». RĂ©ponse typique de mon papa
jusqu’à ce qu’il ajoute : « Mais si l’un d’eux rĂ©pond, lĂ , ça change tout. »

Alors j’ai ouvert mon ordinateur, j’ai cherchĂ© les clubs qui pouvaient ĂȘtre en quĂȘte d’idĂ©es nouvelles en France, en Allemagne, en Angleterre
 D’ailleurs, j’ai mĂȘme cherchĂ© des clubs qui n’étaient pas forcĂ©ment en quĂȘte d’idĂ©es nouvelles. J’ai mis tout mon coeur dans ces messages, dans la prĂ©sentation de mes idĂ©es et de mon projet
 et j’ai appuyĂ© sur “envoyer”.

C’était maladroit, un peu culottĂ©, mais sincĂšre.

Et à ce moment-là, je n’imaginais pas que certains mails allaient changer ma vie.

15 « J'aime »

Mais oui! Mais ils nous offrent bien plus! La joie dans les yeux des gosses quand le DFCO a bottĂ© le cul du PSG de Neymar et MbappĂ©, c’était magique :heart_eyes:

3 « J'aime »

Tu t’essaies Ă©galement Ă  une partie en story plutĂŽt qu’en rĂ©cit de partie :smirk:

Je vais suivre ça :slight_smile: !

2 « J'aime »

J’aime bien cette introduction :slight_smile:

1 « J'aime »

TrĂšs bon dĂ©but d’histoire ! HĂąte de lire la suite !
Par contre, FM21 vraiment ? :smile:

1 « J'aime »
Réponses aux lecteurs

@toopil Des moments magiques pour les petits clubs ! C’est rare, donc on les apprĂ©cie d’autant plus
 :slight_smile:

@Wasyl Je change un peu de style, je voulais mieux « emballer Â» ce rĂ©cit, j’espĂšre que ça plaira ! Content de te voir parmi les lecteurs. :slight_smile:

@Rhino Merci, j’espùre que la suite te plaira tout autant !

@CaptainAmericka Merci ! Et oui, mon ordinateur est trop lent, c’était dĂ©jĂ  une galĂšre de faire tourner FM24, alors FM26
 :sweat_smile:


ÉPISODE 2
“L’écho des mails perdus”

Mai – Juin 2020

Si je devais dĂ©crire ma stratĂ©gie pour entrer dans le monde professionnel, je dirais qu’elle se situait quelque part entre une douce folie et un culot phĂ©nomĂ©nal. Une fois la dĂ©cision prise d’envoyer des mails Ă  tout ce que l’Europe comptait de clubs ouverts aux idĂ©es un peu neuves (ou dĂ©sespĂ©rĂ©ment en manque de personnel), je me suis mis Ă  taper comme si ma vie en dĂ©pendait.

Le contenu ?

J’ai essayĂ© de faire simple. Je me suis prĂ©sentĂ© : parcours, diplĂŽmes, ce que j’avais dĂ©jĂ  fait sur un terrain - et ce mĂȘme si ce n’était jamais en pro. Puis j’ai glissĂ© ce qui me semblait le plus important : ma vision du jeu. Pas encore de dĂ©tails, mais l’essentiel : un football de principes. De la formation, un style de jeu commun des U18 Ă  l’équipe premiĂšre, des investissements dans la structure du club plutĂŽt que dans des joueurs extĂ©rieurs.

Bref, j’ai envoyĂ© l’équivalent footballistique d’une lettre de motivation pleine d’espoir
 Ă  une bonne cinquantaine de destinataires.

Les réponses ?

Elles sont arrivĂ©es comme la pluie en novembre : lentes, fines, et rarement utiles. La plupart se sont contentĂ©es d’un « merci, mais non merci », avec parfois un petit « bonne continuation » ajoutĂ© par pure compassion. D’autres, la plupart, n’ont mĂȘme pas jugĂ© utile de rĂ©pondre. Pas mĂȘme un accusĂ© de rĂ©ception automatique.

Au bout de deux semaines, j’étais Ă  deux doigts d’envoyer un mail Ă  ma boĂźte mail pour vĂ©rifier qu’elle fonctionnait encore.

Et puis, au milieu du dĂ©sert, un oasis. Un message venant d’Angleterre. Crewe Alexandra.

Je connaissais le club de rĂ©putation : un vrai bastion de formation, un endroit oĂč l’on croyait encore qu’un gamin intelligent pouvait devenir un bon joueur, et pas l’inverse. Une institution de League One avec sa culture propre, ses infrastructures modestes mais honnĂȘtes, et cette tradition trĂšs britannique d’essayer de faire les choses correctement, mĂȘme quand personne ne regarde.

Leur rĂ©ponse n’était pas longue, mais elle avait une tonalitĂ© diffĂ©rente : ils avaient lu mon mail et Ă©taient intriguĂ©s par ma dĂ©marche. Et ils souhaitaient en savoir plus. Quelques Ă©changes plus tard, ils me proposaient un entretien par visioconfĂ©rence.

Je me souviens avoir relu le mail plusieurs fois, juste pour vĂ©rifier que ce n’était pas une erreur d’adresse. Je crois mĂȘme m’ĂȘtre pincĂ©. Puis j’ai appelĂ© papa.

FixĂ© Ă  cĂŽtĂ© de moi, le regard perdu dans l’écran, il me semble que lui aussi a dĂ» relire le mail plusieurs fois, vĂ©rifier l’adresse de l’expĂ©diteur, se mettre en quĂȘte de tout ce qui aurait pu paraitre suspect, ou relier ce qu’il voyait Ă  l’écran Ă  un canular. Puis il a posĂ© sa main sur mon Ă©paule : « Eh ben
 tu vois ? Fallait tenter. ».

Pour la premiĂšre fois depuis le dĂ©but de cette drĂŽle d’aventure, j’ai senti quelque chose ressembler Ă  de l’espoir.

8 « J'aime »

TrÚs belle histoire ! Si seulement ça pouvait arriver en vrai :joy:

Si ça se fait, Crewe est un trÚs bon club pour débuter une aventure :smiley:

1 « J'aime »

Ce serait assez fou de débarquer là-bas

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Je prends le train en marche. C’est trĂšs intĂ©ressant :smiley:

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J’avais vu ta demande de logo peu de temps aprĂšs l’entame de ce rĂ©cit ; je me doutais donc du club qui allait ĂȘtre choisi :joy:

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Ha beh pas mal pour une premiÚre, ça!

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Réponses aux lecteurs

@CaptainAmericka Le rĂȘve ! :joy: Ce serait un chouette point de dĂ©part en effet. :slight_smile:

@Rhino Oui, surtout au vu du profil du coach, mais le culot sera peut-ĂȘtre rĂ©compensĂ© ?

@alexgavi Merci beaucoup !

@Wasyl J’ai jamais Ă©tĂ© un grand amateur de suspense :rofl:

@toopil En espérant que la suite soit au niveau. :slight_smile:


ÉPISODE 3
“L’entretien qui change tout”

Juin 2020

Le jour de l’entretien, j’avais prĂ©parĂ© un plan de bataille digne d’un oral de fin d’études : casque vĂ©rifiĂ©, connexion internet testĂ©e quinze fois, cafĂ© prĂȘt Ă  refroidir Ă  cĂŽtĂ© de moi. Et papa, dans la piĂšce d’à cĂŽtĂ©, qui faisait semblant de ne pas stresser, mais dont les aller-retours incessants allaient finir par creuser un sillon dans le carrelage du salon.

En face de moi, deux dirigeants de Crewe Alexandra. Pas des grandes figures mĂ©diatiques, pas des costards brillants. Juste deux personnes, sobres, attentives, avec un intĂ©rĂȘt sincĂšre dans le regard (ça changeait des mails polis mais vides).

Ils m’ont demandĂ© de parler de moi, mais pas seulement de ce que j’avais fait : de ce que je voulais faire.

Alors j’ai parlĂ© football.

Du jeu. Pas de transferts, pas de joueurs vedettes, pas d’effectif disproportionnĂ© : la formation comme colonne vertĂ©brale du projet. Je parle de jeunes qu’on façonne, qu’on accompagne, qui grandissent avec le club et permettent au club de grandir. De cette conviction qui me vient sans doute de papa : que le club doit ressembler Ă  ceux qui le font vivre.

Et surtout, je parle du 4-3-3 comme base de travail, de l’importance d’une structure claire, de l’idĂ©e que « protagoniste » n’est pas un gros mot mĂȘme quand on affronte plus fort que soi. L’idĂ©e qu’une Ă©quipe doit avoir une identitĂ© forte, ĂȘtre reconnaissable, sans pour autant ĂȘtre trop lisible.

Ils m’ont laissĂ© parler, longtemps. Puis ils ont posĂ© quelques questions, prĂ©cises, pertinentes. On aurait dit un entretien d’embauche normal, sauf que pour la premiĂšre fois depuis longtemps, je n’avais pas l’impression de devoir « vendre » quelque chose : simplement d’expliquer ce que je croyais juste.

À la fin, ils ont Ă©changĂ© un regard qui trahissait une dĂ©cision dĂ©jĂ  prise.

« Guillaume, nous pensons que votre profil correspond Ă  ce que nous cherchons. Nous aimerions vous confier l’équipe premiĂšre. »

Je suis restĂ© immobile trois secondes. J’ai rĂ©pondu quelque chose comme « Oui, bien sĂ»r, avec plaisir », alors que dans ma tĂȘte, tout hurlait « MAIS OUI ÉVIDEMMENT ! ».

On a parlĂ© formalitĂ©s, calendrier, dĂ©mĂ©nagement, prise de poste, puis j’ai raccrochĂ©. J’ai alors entendu la voix de papa derriĂšre moi : « Alors ? ». Son ton trahissait un mĂ©lange d’excitation et d’apprĂ©hension. « Je suis pris. » Un silence. Puis il a souri, et m’a regardĂ© avec des yeux qui respiraient la fiertĂ© : « PrĂ©pares tes bottes. Il paraĂźt qu’il pleut souvent lĂ -bas. ».

J’ai souri, et pour la premiĂšre fois, j’ai vraiment rĂ©alisĂ© : je partais entraĂźner en Angleterre.

Crewe Alexandra.

League One.

Un début.

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Eh bah allez c’est parti pour la nouvelle aventure !

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Aprùs tout, c’est comme la Bretagne et en plus, c’est la Grande Bretagne donc il pleut encore plus :sac:

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Bonne chance coach ! :smiley:

1 « J'aime »

J’étais passĂ© Ă  cĂŽtĂ© de ta story. Je suis bien content d’avoir rattrapĂ© mon retard. Et bonne chance dans ce club que tout le monde connaĂźt par son nom mais qui m’est totalement inconnu malgrĂ© mon amour du foot anglais.

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C’est parti ! Un club qui a un peu de vĂ©cu :grin:

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Réponses aux lecteurs

@CaptainAmericka Let’s go ! :flexed_biceps:

@toopil ParaĂźt qu’il ne pleut que sur les cons. J’ai pris la sauce chaque fois que j’y suis allĂ©, je dois ĂȘtre l’exception qui confirme la rĂšgle :sac:

@Wasyl Merci :slight_smile:

@Dubois Merci ! Effectivement, club qu’on croise souvent, dont le nom marque, mais dont on ne connait pas grand chose : j’espùre changer la donne avec cette story !

@alexgavi Contrairement Ă  son nouveau coach :grin:


ÉPISODE 4
“Bienvenue Mister
 Guy-yom ?”

Juillet 2020

Je crois que j’ai rĂ©alisĂ© que tout devenait vrai au moment oĂč j’ai vu la pancarte : « Welcome to Crewe ». Le genre de panneau routier qui a dĂ» faire bĂąiller la moitiĂ© du pays
 sauf moi. Moi, j’avais le sourire idiot de quelqu’un qui s’apprĂȘte Ă  s’asseoir sur un siĂšge dont il n’a, techniquement, jamais vraiment prouvĂ© qu’il le mĂ©ritait.

Le prĂ©sident et le directeur gĂ©nĂ©ral m’attendaient devant le stade, sans chichi, comme l’annonce d’une naissance dans la famille. Une poignĂ©e de mains, deux blagues pour dĂ©tendre l’atmosphĂšre, et c’était parti : on m’a conduit dans une petite salle de presse. « C’est modeste, mais c’est la maison », m’a glissĂ© le prĂ©sident. Ça m’allait parfaitement. J’ai toujours eu un faible pour les clubs oĂč la peinture s’écaille mais oĂč les convictions tiennent debout.

Il y avait une petite dizaine de journalistes locaux. Rien d’intimidant : des stylos, des carnets, des regards curieux. Certains affichaient un Ă©tonnement poli, d’autres un scepticisme ouvert. Je pouvais presque lire leurs pensĂ©es : « Un Français ? Dans notre club ? Un gamin, en plus ? On va oĂč, lĂ  ? ».

La confĂ©rence dĂ©bute. Et soudain, c’est moi le sujet.

Je dĂ©roule. Mon parcours, mes diplĂŽmes, ma vision. Le travail des jeunes, la formation, l’idĂ©e de construire quelque chose de durable, de cohĂ©rent avec l’ADN de Crewe Alexandra. Pas de promesses dĂ©lirantes, pas de dĂ©clarations pompeuses : juste ce que je veux faire, et comment je veux le faire.

Quand j’ai parlĂ© de « dĂ©velopper les talents locaux », j’ai vu trois journalistes hocher la tĂȘte. Quand j’ai parlĂ© de « faire mieux avec peu », j’en ai vu deux sortir leur stylo. Quand j’ai dit que je voulais « donner du plaisir aux supporters », j’en ai entendu un soupirer
 de mĂ©fiance, peut-ĂȘtre. Ou d’envie.

À la fin, les questions fusent : « Vous n’avez aucune expĂ©rience pro, comment comptez-vous gĂ©rer ? », « Est-ce que votre style de jeu est compatible avec les exigences de la League One ? », « Vous vous voyez combien de temps ici ? ».

Je rĂ©ponds calmement, en anglais dans le texte mais avec un accent britannique catastrophique (ce qui a eu le mĂ©rite de dĂ©tendre la salle). Je sens que ça intrigue. Et si l’accent balbutie encore, les rĂ©ponses elles sont on ne peut plus assurĂ©es. Et ça, il semblerait que ça rassure. Un peu.


Les premiers échos chez les supporters

L’aprĂšs-midi mĂȘme, le club publie la vidĂ©o de ma prĂ©sentation. Les rĂ©actions tombent, un mĂ©lange dĂ©licieux de : « C’est qui ce gars ? », « Encore une expĂ©rience bizarre
 », « C’est de l’Anglais qui sort de sa bouche ? », « Du moment qu’il lance des jeunes, ça me va ».

Je dĂ©couvre un public qui peut ĂȘtre exigeant, parfois sec, souvent inquiet
 mais jamais malveillant gratuitement. On sent qu’ils aiment leur club. On sent aussi qu’ils ont souffert, qu’ils n’attendent rien de miraculeux, juste du travail, de la cohĂ©rence, et qu’on respecte la culture maison : la formation avant tout, le collectif avant l’individu, la sueur avant les excuses.

En lisant les commentaires, je souris. Oui, je suis un inconnu, je dĂ©barque d’un autre pays, dans une autre langue, Ă  un autre niveau. Mais ici, tant qu’on est honnĂȘte et qu’on bosse, on vous laisse votre chance.

C’est tout ce dont j’avais besoin.


Fin de journée : premiers conseils de papa

Une fois la presse Ă©vacuĂ©e, le prĂ©sident m’a tendu les clĂ©s de mon bureau : un espace sobre aux murs blancs, tout juste dĂ©corĂ© par un maillot du club dans un cadre, et qui donne sur les pelouses du centre d’entraĂźnement.

Je suis allĂ© marcher un peu dans le stade. Seul, dans les tribunes vides. On sent encore l’histoire, les montĂ©es, les descentes, les jeunes qui ont percĂ© ici avant de partir ailleurs. On entend presque les discussions des supporters.

C’est Ă  ce moment-lĂ  que mon portable vibre. C’est papa : « J’ai vu ta prĂ©sentation Ă  la presse. C’est quoi cet accent horrible ?! Courage bonhomme
et doucement sur leur nourriture, tu n’es pas habituĂ© ».

J’éclate de rire, puis je m’asseois sur les gradins. Pour la premiĂšre fois depuis longtemps, j’ai eu une sensation Ă©trange : je n’étais pas seulement en train de chercher ma place. Je commençais peut-ĂȘtre Ă  la trouver.

8 « J'aime »

Normal que les locaux soient mĂ©fiants, mais en mĂȘme temps, on dirait qu’ils attendent les actes avant de juger. Cet accueil est plutĂŽt positif :smiley:

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