Réponses aux lecteurs
@CaptainAmericka Le rêve !
Ce serait un chouette point de départ en effet. ![]()
@Rhino Oui, surtout au vu du profil du coach, mais le culot sera peut-être récompensé ?
@alexgavi Merci beaucoup !
@Wasyl J’ai jamais été un grand amateur de suspense ![]()
@toopil En espérant que la suite soit au niveau. ![]()
“L’entretien qui change tout”
Juin 2020
En face de moi, deux dirigeants de Crewe Alexandra. Pas des grandes figures médiatiques, pas des costards brillants. Juste deux personnes, sobres, attentives, avec un intérêt sincère dans le regard (ça changeait des mails polis mais vides).
Ils m’ont demandé de parler de moi, mais pas seulement de ce que j’avais fait : de ce que je voulais faire.
Alors j’ai parlé football.
Du jeu. Pas de transferts, pas de joueurs vedettes, pas d’effectif disproportionné : la formation comme colonne vertébrale du projet. Je parle de jeunes qu’on façonne, qu’on accompagne, qui grandissent avec le club et permettent au club de grandir. De cette conviction qui me vient sans doute de papa : que le club doit ressembler à ceux qui le font vivre.
Et surtout, je parle du 4-3-3 comme base de travail, de l’importance d’une structure claire, de l’idée que « protagoniste » n’est pas un gros mot même quand on affronte plus fort que soi. L’idée qu’une équipe doit avoir une identité forte, être reconnaissable, sans pour autant être trop lisible.
Ils m’ont laissé parler, longtemps. Puis ils ont posé quelques questions, précises, pertinentes. On aurait dit un entretien d’embauche normal, sauf que pour la première fois depuis longtemps, je n’avais pas l’impression de devoir « vendre » quelque chose : simplement d’expliquer ce que je croyais juste.
À la fin, ils ont échangé un regard qui trahissait une décision déjà prise.
« Guillaume, nous pensons que votre profil correspond à ce que nous cherchons. Nous aimerions vous confier l’équipe première. »
Je suis resté immobile trois secondes. J’ai répondu quelque chose comme « Oui, bien sûr, avec plaisir », alors que dans ma tête, tout hurlait « MAIS OUI ÉVIDEMMENT ! ».
On a parlé formalités, calendrier, déménagement, prise de poste, puis j’ai raccroché. J’ai alors entendu la voix de papa derrière moi : « Alors ? ». Son ton trahissait un mélange d’excitation et d’appréhension. « Je suis pris. » Un silence. Puis il a souri, et m’a regardé avec des yeux qui respiraient la fierté : « Prépares tes bottes. Il paraît qu’il pleut souvent là-bas. ».
J’ai souri, et pour la première fois, j’ai vraiment réalisé : je partais entraîner en Angleterre.
Crewe Alexandra.
League One.
Un début.
