:storygreen: :s1: 🏴󠁧󠁢󠁥󠁮󠁧󠁿 :crewe_alexandra: Le gamin des trois frontières

Réponses aux lecteurs

@Dubois Oui je suis content de la pré-saison, on a mis en place notre système et pris de la confiance. Il faut à présent voir ce que ça peut donner face à des équipes de notre niveau.

@Rhino @Manthyz C’est à la base de ce que je veux construire ! C’est clairement LE point fort de mon équipe.

@CaptainAmericka Il n’y a pas de gros nom qui ressort de cet effectif, mais il y a un gros esprit de groupe, c’est ça qui doit faire la différence en notre faveur !

@alexgavi J’avais peur qu’on soit bridés offensivement quand j’ai vu les premiers matchs, mais au final, on a su trouver de la réussite offensive. Mais, ça reste assez fragile…

@Wasyl @toopil Solides sur les appuis !


ÉPISODE 9
“Coup dur en fin de pré-saison”

Début Septembre 2020 - Crewe Alexandra Training Ground.

La préparation touchait à sa fin, et l’ambiance sur le terrain respirait cette excitation particulière d’avant-compétition. Les jambes étaient lourdes, mais les automatismes commençaient enfin à apparaître. On répétait une nouvelle séquence de transitions rapides quand un cri a retenti. Un de ces cris qu’on reconnaît tout de suite : pas la plainte, pas l’agacement… la douleur franche.

Oliver Finney était au sol.

Une réception de saut toute simple, presque insignifiante dans le flot de l’exercice. Mais son genou avait tourné, juste assez pour que quelque chose cède. Le groupe s’est figé. Même le ballon semblait s’être arrêté. Je me suis approché, déjà avec cette sensation de froid dans le ventre, celle qu’on connaît trop bien quand on a passé un peu de temps sur les terrains.

Austin Doherty, le médecin, est arrivé en premier, immédiatement suivi par Owen Clarke, notre kiné. Ils ont échangé quelques mots codés, de ceux qu’on ne veut jamais entendre : « Laxité… pas bon signe. Difficile à déceler à cause de l’oedème. On fera une IRM pour confirmer, mais ça ressemble beaucoup à un croisé. ».

Je n’ai rien dit. Oliver, lui, restait digne, les traits crispés mais sans un mot. Certains joueurs ont baissé les yeux, d’autres, comme Offord ou Lowery, sont restés à ses côtés. On savait tous ce que ça voulait dire : plusieurs mois dehors, une saison presque à refaire avant même qu’elle ne commence. Le genre de blessure que tout le monde craint.

Dans le vestiaire, après que Finney a été conduit à l’infirmerie, Owen m’a confirmé ce que je redoutais : « Rupture du LCA très probable. On attend l’IRM pour le verdict final, mais… prépare-toi à faire sans lui un moment. ».

J’ai hoché la tête, sans avoir vraiment de mots. Juste une immense déception pour Oliver. Il sortait d’une pré-saison sérieuse, appliquée, prêt à être la doublure idéale de Tom Lowery. Le genre de joueur fiable qu’on est heureux d’avoir dans un groupe réduit comme le nôtre.

Quand je suis sorti dans le couloir, je me suis appuyé contre le mur quelques secondes. L’esprit déjà en mouvement, parce que dans ce métier, on n’a pas le luxe de rester figé : il faut s’adapter, même quand ça pique.

Sportivement, c’est un coup dur. On perd une option importante au milieu, quelqu’un qui connaît notre jeu et qui sait combler les trous dans les matchs compliqués. Mais au même moment, une idée s’est imposée presque naturellement : Joe Robbins.

18 ans, léger comme une plume mais brillant, créatif, plein d’envie. Il a fait quelques apparitions avec nous durant la pré-saison, j’avais prévu de le laisser faire ses dents en U23 avant de le lancer en coupe. Mais parfois, le football décide pour vous.

On allait s’en sortir. Oliver aussi. Parce que c’est ça, Crewe Alexandra : un club qui tombe parfois… mais qui se relève toujours. Et si le destin voulait que Robbins s’invite un peu plus tôt dans l’histoire, eh bien, pourquoi pas ?

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