:storygreen: :s1: đŸŽó §ó ąó „ó źó §ó ż :crewe_alexandra: Le gamin des trois frontiĂšres

Réponses aux lecteurs

@toopil Des moments magiques pour les petits clubs ! C’est rare, donc on les apprĂ©cie d’autant plus
 :slight_smile:

@Wasyl Je change un peu de style, je voulais mieux « emballer Â» ce rĂ©cit, j’espĂšre que ça plaira ! Content de te voir parmi les lecteurs. :slight_smile:

@Rhino Merci, j’espùre que la suite te plaira tout autant !

@CaptainAmericka Merci ! Et oui, mon ordinateur est trop lent, c’était dĂ©jĂ  une galĂšre de faire tourner FM24, alors FM26
 :sweat_smile:


ÉPISODE 2
“L’écho des mails perdus”

Mai – Juin 2020

Si je devais dĂ©crire ma stratĂ©gie pour entrer dans le monde professionnel, je dirais qu’elle se situait quelque part entre une douce folie et un culot phĂ©nomĂ©nal. Une fois la dĂ©cision prise d’envoyer des mails Ă  tout ce que l’Europe comptait de clubs ouverts aux idĂ©es un peu neuves (ou dĂ©sespĂ©rĂ©ment en manque de personnel), je me suis mis Ă  taper comme si ma vie en dĂ©pendait.

Le contenu ?

J’ai essayĂ© de faire simple. Je me suis prĂ©sentĂ© : parcours, diplĂŽmes, ce que j’avais dĂ©jĂ  fait sur un terrain - et ce mĂȘme si ce n’était jamais en pro. Puis j’ai glissĂ© ce qui me semblait le plus important : ma vision du jeu. Pas encore de dĂ©tails, mais l’essentiel : un football de principes. De la formation, un style de jeu commun des U18 Ă  l’équipe premiĂšre, des investissements dans la structure du club plutĂŽt que dans des joueurs extĂ©rieurs.

Bref, j’ai envoyĂ© l’équivalent footballistique d’une lettre de motivation pleine d’espoir
 Ă  une bonne cinquantaine de destinataires.

Les réponses ?

Elles sont arrivĂ©es comme la pluie en novembre : lentes, fines, et rarement utiles. La plupart se sont contentĂ©es d’un « merci, mais non merci », avec parfois un petit « bonne continuation » ajoutĂ© par pure compassion. D’autres, la plupart, n’ont mĂȘme pas jugĂ© utile de rĂ©pondre. Pas mĂȘme un accusĂ© de rĂ©ception automatique.

Au bout de deux semaines, j’étais Ă  deux doigts d’envoyer un mail Ă  ma boĂźte mail pour vĂ©rifier qu’elle fonctionnait encore.

Et puis, au milieu du dĂ©sert, un oasis. Un message venant d’Angleterre. Crewe Alexandra.

Je connaissais le club de rĂ©putation : un vrai bastion de formation, un endroit oĂč l’on croyait encore qu’un gamin intelligent pouvait devenir un bon joueur, et pas l’inverse. Une institution de League One avec sa culture propre, ses infrastructures modestes mais honnĂȘtes, et cette tradition trĂšs britannique d’essayer de faire les choses correctement, mĂȘme quand personne ne regarde.

Leur rĂ©ponse n’était pas longue, mais elle avait une tonalitĂ© diffĂ©rente : ils avaient lu mon mail et Ă©taient intriguĂ©s par ma dĂ©marche. Et ils souhaitaient en savoir plus. Quelques Ă©changes plus tard, ils me proposaient un entretien par visioconfĂ©rence.

Je me souviens avoir relu le mail plusieurs fois, juste pour vĂ©rifier que ce n’était pas une erreur d’adresse. Je crois mĂȘme m’ĂȘtre pincĂ©. Puis j’ai appelĂ© papa.

FixĂ© Ă  cĂŽtĂ© de moi, le regard perdu dans l’écran, il me semble que lui aussi a dĂ» relire le mail plusieurs fois, vĂ©rifier l’adresse de l’expĂ©diteur, se mettre en quĂȘte de tout ce qui aurait pu paraitre suspect, ou relier ce qu’il voyait Ă  l’écran Ă  un canular. Puis il a posĂ© sa main sur mon Ă©paule : « Eh ben
 tu vois ? Fallait tenter. ».

Pour la premiĂšre fois depuis le dĂ©but de cette drĂŽle d’aventure, j’ai senti quelque chose ressembler Ă  de l’espoir.

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