:storygreen: :s1: đŸ‡ŻđŸ‡” :matsumoto_yamaga: Vert Et Contre Tous

— Épisode 9 —

je prends un risque

Rien ne s’effondre.
Pourtant, tout recommence Ă  trembler.

Quatre victoires.

Trois Ă  l’extĂ©rieur.
Une Ă  domicile.

Le dĂ©part est solide. Presque idĂ©al. Le premier match Ă  la maison s’est bien passĂ©. Le stade avait rĂ©pondu prĂ©sent. Les sourires aussi. Pendant quelques jours, tout semblait enfin s’installer naturellement. Comme si la confiance allait suivre le rythme des rĂ©sultats.

Puis Tottori est arrivé.

Le deuxiĂšme match Ă  domicile n’a pas confirmĂ©. Il a interrogĂ©.

Je le savais pourtant. Ils aiment le ballon. Ils le gardent. Ils imposent leur tempo. Nous avions prĂ©parĂ© ce scĂ©nario. Accepter de moins toucher le cuir. Attendre. Être patients.

Mais dĂšs les premiĂšres minutes, quelque chose ne tourne pas rond.

Nous subissons.
Nous ne concédons pas grand-chose, mais nous ne construisons rien.
Le stade est plein, mais plus silencieux qu’au premier match. Pas hostile. Juste attentif. Exigeant.

Nous concĂ©dons l’ouverture du score.

Watanabe peine. Il dĂ©croche moins. Il pĂšse moins. Quand je dĂ©cide de le sortir, il ne le vit pas bien. Je le vois. Je le sens. C’est la premiĂšre fois que ça arrive. Et ça me touche plus que je ne veux l’admettre.

Pour la premiĂšre fois depuis le dĂ©but de la saison, nous sommes menĂ©s. À domicile. Le doute s’installe, lentement. Pas dans les tribunes. En moi.

Ryuhei Yamamoto, joueur de rĂ©serve, entre Ă  la 80e minute Ă  la place d’Osaki.
Sur son premier ballon, il centre. Tsubasa Ando égalise en fin de match.
Un but important. Mérité.
Mais il n’y a pas d’explosion. Pas de soulagement franc. Juste une respiration.

Le coup de sifflet final laisse une sensation étrange.
Pas une contre-performance.
Mais une alerte.

Les jours suivants, l’euphorie s’estompe.

Je travaille. Je regarde. Je réfléchis davantage. Les résultats sont là, mais je ressens autre chose autour. Pas des encouragements. PlutÎt une forme de recul. Comme à mon arrivée.

Je n’étais pas encore un leader.
Et le rappel n’a pas tardĂ©.

Le calendrier, lui, n’attend pas.

Avant le déplacement à Kitakyushu, je prends plusieurs décisions.

Watanabe est écarté du groupe.
Suzuki est de retour.
Et Tanaka démarre.

Dix-huit ans.
Titulaire face Ă  un concurrent direct.

Je mesure ce que cela implique. Pour le vestiaire. Pour le vĂ©tĂ©ran. Pour moi. Il ne s’agit plus de respect. Il s’agit de courage. Du courage de trancher sans savoir si le filet va suivre.

DĂšs la deuxiĂšme minute, Tanaka marque.

Je ne célÚbre pas.
Je reste figé.
Parce que je comprends que ce choix-lĂ  ne pourra plus ĂȘtre un retour en arriĂšre.

Il manque le penalty du 2-0. Le match se tend. Nous concĂ©dons l’égalisation. Mais le groupe ne rompt pas. Taki apporte sur son cĂŽtĂ©. Tsubasa conclut. Yamaguchi encore passeur.

Victoire.

Dans le vestiaire, ce n’est pas l’euphorie. C’est autre chose. Une forme de sĂ©rieux nouveau. Comme si chacun avait compris que les places ne se donnaient plus. Qu’elles se prenaient.

Sur le chemin du retour, je repense Ă  Tottori.
À ce match nul.
À ce regard diffĂ©rent.

Je comprends enfin.

Gagner ne suffit plus.
On m’attend ailleurs.

Et pour la premiÚre fois depuis mon arrivée, je sens que ce que je fais commence à avoir un poids.

Ce n’est plus seulement une adaptation.

C’est une prise de responsabilitĂ©.

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Toujours invaincu c’est l’essentiel coach

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Le match nul provient d’un excĂšs de confiance suite Ă  l’excellent dĂ©but de saison. Au moins il a permis Ă  l’équipe mais surtout au coach de se remettre en question et les choix n’ont pas tardĂ©, et se sont avĂ©rĂ©s payants !! C’est preuve d’une vraie force de caractĂšre de l’équipe et du coach !

L’invincibilitĂ© prouve que ça fonctionne bien au club, mais, ne jamais s’enflammer.

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trĂšs bon actuellement, une bonne place

faut resister

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Ça ne perd pas, mais on sent que c’est moins facile. Il faut tenir le choc :smiley:

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Réponses aux lecteurs

@Mourinho Oui c’est rassurant. Il faut enchaüner !

@CaptainAmericka Tu as raison. Petite frayeur tout e mĂȘme. J’ai dĂ» trancher. Heureusement pour moi ça a payĂ©. On reste focus !

@celiavalencia On est dans le bon wagon ! Faut y rester le plus longtemps possible pour espérer monter !

@alexgavi On s’est fait peur ! On est prĂ©venu, il n’y aura pas de match facile !

@Groot Rien Bro ! C’est juste pour te spam :rofl:

— Épisode 10 —

je sens que ça bouge

Les résultats rassurent.
Le reste demande plus d’attention.

Avant la réception de Numazu, nous sommes deuxiÚmes.
À deux points de Kagoshima.

Quatre victoires Ă  l’extĂ©rieur.
À domicile, une victoire, un nul.
Rien de spectaculaire. Rien d’inquiĂ©tant non plus.
Mais l’équilibre est fragile.

Murayama m’avertit que Yamaguchi souhaite discuter de son contrat.
Nous décidons de prolonger.

Numazu arrive.

Moins de monde cette fois.
Un peu moins de neuf mille spectateurs.
L’attente est lĂ , mais elle reste mesurĂ©e.

Shimura reste Ă  l’écart.
Je fais encore confiance Ă  Nonomura.

Sur corner, il ouvre le score.
De la tĂȘte. Sans fioriture.

Juste avant la pause, Tanaka double la mise.
Son deuxiÚme but consécutif.
Il ne célÚbre pas vraiment. Il se replace.

En seconde pĂ©riode, le match s’équilibre.
Lucas Rian entre. Il marque.
Taki aussi.

4–2.

Pas de clean sheet.
Mais une premiĂšre place, pour la premiĂšre fois de la saison.
Miyazaki s’est imposĂ© face Ă  Kagoshima.

Hashiuchi, lui, prend un peu plus de place.
Dans le groupe.
Dans le vestiaire.
Une dynamique se crée, sans déclaration officielle.

Puis le rythme se brise.

Treize jours sans match.
Presque une pause.
Pas vraiment du repos.

Les journées changent de forme.

Je revois les matchs du début de saison. Les séquences de jeu. Les déplacements sans ballon de Tanaka. Et puis ce moment à Tottori. La sortie de Watanabe. Sa colÚre non maßtrisée.

Avec Paulinho, les discussions deviennent plus directes. Le sujet revient toujours au mĂȘme endroit. Ce que Watanabe reprĂ©sente encore. Et ce qu’il commence Ă  bloquer.

Je reste à l’hîtel.
La valise n’a pas bougĂ©.
Je reconnais les visages. Les habitudes.

Un soir, Ă  l’accueil, la rĂ©ceptionniste Ă©change un peu plus que d’habitude.
Rien d’important.
La météo. Le calendrier.

Elle me demande si la pause va faire du bien.
Je rĂ©ponds que je l’espĂšre.
Elle sourit.

Avant de retourner dans ma chambre, elle ajoute simplement :
– Vous commencez à connaütre la ville.

Je monte sans répondre.

La trĂȘve n’a pas tout arrĂȘtĂ©.
Elle a simplement laissé apparaßtre ce qui venait.

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Pour l’instant ça fonctionne bien ! Mais les premiers soucis vont arriver avec le mĂ©contentement de certains joueurs cadres. A moins que le coach trouve les mots justes.

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La programme à venir s’annonce sympa

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C’est trĂšs positif, la sĂ©rĂ©nitĂ© s’installe dans l’équipe. Il faut espĂ©rer que la trĂȘve ne casse pas cette dynamique :smiley:

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Les rĂ©sultats sont trĂšs positif et les mĂ©contentements du vestiaire fait partie intĂ©grante de la vie d’un coach
 pas d’inquiĂ©tude.

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Réponses aux lecteurs

@CaptainAmericka Ce n’est pas Ă©vident, Watanabe est un joueur important. Mais je dois faire des choix en fonction du groupe avant tout.

@Rhino oh oui ! Que des matchs avec rivalités en plus !

@alexgavi C’est toujours un risque, c’est vrai ! Mais pas le choix on doit enchaĂźner face Ă  nos rivaux si on veut espĂ©rer quelque chose en fin de saisosn !

@Dubois Je préférerais ne pas à devoir gérer ce genre de chose, mais oui tu as raison ca fait parti du taff :wink:

— Épisode 11 —

je respire un peu

On ne me parle pas.
Mais je ne passe plus inaperçu.

La trĂȘve a commencĂ© sans que je m’en rende compte.

Les journĂ©es s’étirent diffĂ©remment. Moins de tension immĂ©diate. Plus d’espace entre les choses. Je reste Ă  Matsumoto. Je n’ai pas ressenti le besoin de partir. Pas cette fois.

Je sors plus souvent.

Toujours aux mĂȘmes heures. Les mĂȘmes rues. Les mĂȘmes dĂ©tours. Je commence Ă  reconnaĂźtre des visages. Certains me reconnaissent aussi. Je le sens. Un regard qui insiste un peu plus longtemps. Une lĂ©gĂšre hĂ©sitation. Puis rien.

On ne m’aborde pas.

Pas encore.

Il y a une forme de retenue. De pudeur aussi. Cette maniÚre japonaise de laisser le temps décider à la place des mots. Je marche lentement. Je prends le temps. Je regarde la ville autrement.

Un matin, Ă  l’hĂŽtel, la rĂ©ceptionniste me propose de me montrer le chĂąteau, si j’ai un moment. Elle le dit sans insister. Comme une Ă©vidence.

Nous marchons.

Elle parle de l’histoire de la ville. Des saisons. Du rythme ici, diffĂ©rent de Tokyo. Je l’écoute. Parfois, elle s’arrĂȘte. Me laisse regarder. Le chĂąteau apparaĂźt peu Ă  peu. PosĂ©. Stable. Comme s’il observait sans juger.

Des passants nous croisent. Certains regardent. Ils savent. Mais personne ne s’arrĂȘte. Personne ne pose de question. Je comprends que cette reconnaissance-lĂ  ne rĂ©clame rien d’autre que du temps.

Elle me dit simplement :
– Ici, on regarde beaucoup avant de parler.

Je souris.

Le calme n’efface pas l’échĂ©ance.

La veille du déplacement à Toyama arrive doucement.

Je retourne au centre. Le travail reprend sa place. Les Ă©changes sont plus courts. Plus prĂ©cis. Le groupe est concentrĂ©. Tanaka est diminuĂ©. Suzuki prendra le relais. Rien n’est dramatisĂ©. Tout est assumĂ©.

Toyama n’est pas un grand rival.
Mais c’est un derby.

La Battle of Hokuriku.

Je le sens dans les regards. Dans les silences plus lourds. Dans les gestes plus appuyĂ©s Ă  l’entraĂźnement. Ce match compte, mĂȘme si personne ne le formule clairement.

Le jour du match, l’atmosphùre est plus rude.

Le duel est Ăąpre. Les cartons tombent. Hashiuchi est expulsĂ©. À dix, paradoxalement, nous nous libĂ©rons. On joue plus simple. Plus juste. Lucas Rian entre bien. Osaki centre. Suzuki marque de la tĂȘte.

Le match continue dans la tension. Toyama termine Ă  dix aussi. Le score ne bouge plus.

Victoire.
Premier clean sheet de la saison.

Dans le vestiaire, il n’y a pas d’explosion. Juste des regards qui se croisent. Les respirations changent. Quelque chose s’ancre.

Au classement, tout est serré.
Quatre équipes en trois points.
Rien n’est acquis.

Sur le chemin du retour, je repense Ă  la trĂȘve.
À la ville.
Au chĂąteau.

À ces murs qui tiennent sans bruit.

Je comprends que ce que je vis ici n’est pas une adhĂ©sion immĂ©diate.
C’est une construction lente.

On me reconnaĂźt.
Mais on attend encore.

Et pour la premiĂšre fois,
je ne suis pas pressé.

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Putain mĂȘme Ă  10 tu les as bouffĂ© !! :star_struck::star_struck:
Sacré match ! Le choix des hommes était le bon, les joueurs ont répondu présent et ont surtout su faire face à la complication avec ce carton rouge.
Tu es un premier solide au classement !

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Classement serré effectivement mais on est tÎt dans la saison

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petit score marqué à la fin et pourtant de bonnes stats dans le match

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J’aurais bien voulu voir le chĂąteau moi @JoseSoares :sweat_smile: superbe dĂ©but de saison coach !

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Sympa ce petit moment de rĂ©pit pendant le trĂȘve. L’équipe confirme ensuite sa bonne forme en allant s’imposer chez le rival :smiley:

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Réponses aux lecteurs

@CaptainAmericka Le début de saison est top et intense, le match a toyama en était la preuve !

@Rhino Exactement ! Ne nous emballons pas ^^Mais je suis satisfait !

@celiavalencia On a peut etre meme joué plus simple réduit à 10 !

@Mourinho ahaha oui il a l’air incoryable ! Le dĂ©but de saison est solide !

@alexgavi la trĂȘve a fait du bien car on avait enchainĂ©, et le groupe n’est pas non plus Ă©norme. C’est un super signal que d’aller gagner Ă  Toyama. HĂąte de voir la suite

— Épisode 12 —

je regarde plus loin

Tout avance.
Mais quelque chose commence Ă  changer autour de nous.

Nous sommes début mai.

Au centre d’entraĂźnement, les sĂ©ances restent appliquĂ©es. Le travail est propre. Les repĂšres sont installĂ©s. Je n’ai encore rien bouleversĂ©.

Le quotidien suit son cours.

Mais autour du club, certaines discussions apparaissent.

Rien d’officiel.
Rien de clairement formulé.

Des conversations entre deux portes. Des regards entre membres du staff. Quelques messages reçus sans vraiment savoir quoi en penser.

Des rumeurs de reprise.

Je ne les cherche pas.
Elles circulent simplement.

Je dĂ©cide de sortir marcher en fin d’aprĂšs-midi.

Je passe par un quartier que je connais dĂ©jĂ . Pas parce que je l’ai frĂ©quentĂ©. Parce qu’on m’en avait parlĂ©. Plusieurs fois. Le cafĂ© des supporters. Un lieu oĂč l’on se retrouve avant les matchs. Ou aprĂšs.

Je ne m’y Ă©tais jamais rendu.

Trop tĂŽt peut-ĂȘtre.
Pas encore lĂ©gitime pour m’asseoir au milieu de ceux qui vivent ce club depuis toujours.

Cette fois, je m’arrĂȘte devant.

Le bĂątiment est simple. Façade blanche, touches de vert. Le blason posĂ© lĂ , naturellement. Une petite cour avec quelques bancs. Deux personnes discutent autour d’un cafĂ©.

Rien de spectaculaire.
Juste un endroit qui appartient au club sans ĂȘtre le stade.

Sous l’auvent, une inscription discrùte :

Coffee & Football.

Je reste quelques instants dehors avant de m’asseoir.

Personne ne s’étonne vraiment de ma prĂ©sence. Quelques regards. Puis chacun reprend son rythme.

Un homme finit par s’approcher.

Il me salue avec politesse. Pas de surprise. Pas d’excitation. Une reconnaissance tranquille.

Il me parle du lieu. De son rĂŽle pour les supporters. D’un point de rencontre oĂč l’on parle du club sans avoir besoin d’élever la voix.

La discussion glisse vers la saison.
Les résultats.
L’état d’esprit du groupe.

Puis viennent les questions.

La gestion de l’effectif.
Les choix récents.
La vie d’un vestiaire quand la dynamique devient positive.

Elles sont précises. Jamais intrusives.
Plus pour comprendre que juger.

À un moment, il Ă©voque l’avenir du club.

Pas comme une information.
Comme une inquiétude.

Ce qu’une reprise pourrait changer. Pas seulement pour l’équipe. Pour la ville aussi. Pour ceux qui ont vu ce club grandir lentement.

Je réponds sans sortir de ce que je maßtrise.
Le terrain. Le groupe. Le travail quotidien.

Nous parlons encore quelques minutes. Puis il me laisse avec un léger salut.

Avant de partir, je remarque qu’il porte le mĂȘme porte-clĂ©s aperçu quelques semaines plus tĂŽt derriĂšre le comptoir de l’hĂŽtel.

Je ne pose pas de question.

Je repars.

Sur le chemin du retour, je repense moins aux mots qu’à la maniĂšre dont ils ont Ă©tĂ© dits. Ici, les inquiĂ©tudes ne s’annoncent pas. Elles s’installent.

Au centre, rien ne semble avoir changé.

Les sĂ©ances s’enchaĂźnent. Le groupe reste concentrĂ©. Pourtant mon regard, lui, a Ă©voluĂ©.

Je comprends que ce que nous faisons dépasse déjà le terrain.

Le club avance.
Et autour de lui, quelque chose se prépare.

Pas encore visible.
Mais déjà présent.

Je regarde l’entraünement.
Je regarde la ville autour du club.

Certaines saisons se jouent au classement.
D’autres annoncent des transformations.

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Le coach a dĂ©jĂ  fait assez de maniĂšre Ă  attirer de potentiels repreneurs ! Si changements il y a, il faut qu’ils se fassent avec le coach ! En tout cas, tu marques le club de ton empreinte !

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L’entraineur commence Ă  s’intĂ©grer dans sa ville d’adoption. On va apprendre que l’interlocuteur est un potentiel repreneur du club :sweat_smile:

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Il est malin, c’est tout :sac:

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