:storygreen: :s1: đŸ‡ŻđŸ‡” :matsumoto_yamaga: Vert Et Contre Tous

Réponses aux lecteurs

@CaptainAmericka Ce n’est pas Ă©vident, Watanabe est un joueur important. Mais je dois faire des choix en fonction du groupe avant tout.

@Rhino oh oui ! Que des matchs avec rivalités en plus !

@alexgavi C’est toujours un risque, c’est vrai ! Mais pas le choix on doit enchaĂźner face Ă  nos rivaux si on veut espĂ©rer quelque chose en fin de saisosn !

@Dubois Je préférerais ne pas à devoir gérer ce genre de chose, mais oui tu as raison ca fait parti du taff :wink:

— Épisode 11 —

je respire un peu

On ne me parle pas.
Mais je ne passe plus inaperçu.

La trĂȘve a commencĂ© sans que je m’en rende compte.

Les journĂ©es s’étirent diffĂ©remment. Moins de tension immĂ©diate. Plus d’espace entre les choses. Je reste Ă  Matsumoto. Je n’ai pas ressenti le besoin de partir. Pas cette fois.

Je sors plus souvent.

Toujours aux mĂȘmes heures. Les mĂȘmes rues. Les mĂȘmes dĂ©tours. Je commence Ă  reconnaĂźtre des visages. Certains me reconnaissent aussi. Je le sens. Un regard qui insiste un peu plus longtemps. Une lĂ©gĂšre hĂ©sitation. Puis rien.

On ne m’aborde pas.

Pas encore.

Il y a une forme de retenue. De pudeur aussi. Cette maniÚre japonaise de laisser le temps décider à la place des mots. Je marche lentement. Je prends le temps. Je regarde la ville autrement.

Un matin, Ă  l’hĂŽtel, la rĂ©ceptionniste me propose de me montrer le chĂąteau, si j’ai un moment. Elle le dit sans insister. Comme une Ă©vidence.

Nous marchons.

Elle parle de l’histoire de la ville. Des saisons. Du rythme ici, diffĂ©rent de Tokyo. Je l’écoute. Parfois, elle s’arrĂȘte. Me laisse regarder. Le chĂąteau apparaĂźt peu Ă  peu. PosĂ©. Stable. Comme s’il observait sans juger.

Des passants nous croisent. Certains regardent. Ils savent. Mais personne ne s’arrĂȘte. Personne ne pose de question. Je comprends que cette reconnaissance-lĂ  ne rĂ©clame rien d’autre que du temps.

Elle me dit simplement :
– Ici, on regarde beaucoup avant de parler.

Je souris.

Le calme n’efface pas l’échĂ©ance.

La veille du déplacement à Toyama arrive doucement.

Je retourne au centre. Le travail reprend sa place. Les Ă©changes sont plus courts. Plus prĂ©cis. Le groupe est concentrĂ©. Tanaka est diminuĂ©. Suzuki prendra le relais. Rien n’est dramatisĂ©. Tout est assumĂ©.

Toyama n’est pas un grand rival.
Mais c’est un derby.

La Battle of Hokuriku.

Je le sens dans les regards. Dans les silences plus lourds. Dans les gestes plus appuyĂ©s Ă  l’entraĂźnement. Ce match compte, mĂȘme si personne ne le formule clairement.

Le jour du match, l’atmosphùre est plus rude.

Le duel est Ăąpre. Les cartons tombent. Hashiuchi est expulsĂ©. À dix, paradoxalement, nous nous libĂ©rons. On joue plus simple. Plus juste. Lucas Rian entre bien. Osaki centre. Suzuki marque de la tĂȘte.

Le match continue dans la tension. Toyama termine Ă  dix aussi. Le score ne bouge plus.

Victoire.
Premier clean sheet de la saison.

Dans le vestiaire, il n’y a pas d’explosion. Juste des regards qui se croisent. Les respirations changent. Quelque chose s’ancre.

Au classement, tout est serré.
Quatre équipes en trois points.
Rien n’est acquis.

Sur le chemin du retour, je repense Ă  la trĂȘve.
À la ville.
Au chĂąteau.

À ces murs qui tiennent sans bruit.

Je comprends que ce que je vis ici n’est pas une adhĂ©sion immĂ©diate.
C’est une construction lente.

On me reconnaĂźt.
Mais on attend encore.

Et pour la premiĂšre fois,
je ne suis pas pressé.

10 « J'aime »