Réponses aux lecteurs
@CaptainAmericka Ce nâest pas Ă©vident, Watanabe est un joueur important. Mais je dois faire des choix en fonction du groupe avant tout.
@Rhino oh oui ! Que des matchs avec rivalités en plus !
@alexgavi Câest toujours un risque, câest vrai ! Mais pas le choix on doit enchaĂźner face Ă nos rivaux si on veut espĂ©rer quelque chose en fin de saisosn !
@Dubois Je préférerais ne pas à devoir gérer ce genre de chose, mais oui tu as raison ca fait parti du taff ![]()
On ne me parle pas.
Mais je ne passe plus inaperçu.
La trĂȘve a commencĂ© sans que je mâen rende compte.
Les journĂ©es sâĂ©tirent diffĂ©remment. Moins de tension immĂ©diate. Plus dâespace entre les choses. Je reste Ă Matsumoto. Je nâai pas ressenti le besoin de partir. Pas cette fois.
Je sors plus souvent.
Toujours aux mĂȘmes heures. Les mĂȘmes rues. Les mĂȘmes dĂ©tours. Je commence Ă reconnaĂźtre des visages. Certains me reconnaissent aussi. Je le sens. Un regard qui insiste un peu plus longtemps. Une lĂ©gĂšre hĂ©sitation. Puis rien.
On ne mâaborde pas.
Pas encore.
Il y a une forme de retenue. De pudeur aussi. Cette maniÚre japonaise de laisser le temps décider à la place des mots. Je marche lentement. Je prends le temps. Je regarde la ville autrement.
Un matin, Ă lâhĂŽtel, la rĂ©ceptionniste me propose de me montrer le chĂąteau, si jâai un moment. Elle le dit sans insister. Comme une Ă©vidence.
Nous marchons.
Elle parle de lâhistoire de la ville. Des saisons. Du rythme ici, diffĂ©rent de Tokyo. Je lâĂ©coute. Parfois, elle sâarrĂȘte. Me laisse regarder. Le chĂąteau apparaĂźt peu Ă peu. PosĂ©. Stable. Comme sâil observait sans juger.
Des passants nous croisent. Certains regardent. Ils savent. Mais personne ne sâarrĂȘte. Personne ne pose de question. Je comprends que cette reconnaissance-lĂ ne rĂ©clame rien dâautre que du temps.
Elle me dit simplement :
â Ici, on regarde beaucoup avant de parler.
Je souris.
Le calme nâefface pas lâĂ©chĂ©ance.
La veille du déplacement à Toyama arrive doucement.
Je retourne au centre. Le travail reprend sa place. Les Ă©changes sont plus courts. Plus prĂ©cis. Le groupe est concentrĂ©. Tanaka est diminuĂ©. Suzuki prendra le relais. Rien nâest dramatisĂ©. Tout est assumĂ©.
Toyama nâest pas un grand rival.
Mais câest un derby.
La Battle of Hokuriku.
Je le sens dans les regards. Dans les silences plus lourds. Dans les gestes plus appuyĂ©s Ă lâentraĂźnement. Ce match compte, mĂȘme si personne ne le formule clairement.
Le jour du match, lâatmosphĂšre est plus rude.
Le duel est Ăąpre. Les cartons tombent. Hashiuchi est expulsĂ©. Ă dix, paradoxalement, nous nous libĂ©rons. On joue plus simple. Plus juste. Lucas Rian entre bien. Osaki centre. Suzuki marque de la tĂȘte.
Le match continue dans la tension. Toyama termine Ă dix aussi. Le score ne bouge plus.
Victoire.
Premier clean sheet de la saison.
Dans le vestiaire, il nây a pas dâexplosion. Juste des regards qui se croisent. Les respirations changent. Quelque chose sâancre.
Au classement, tout est serré.
Quatre équipes en trois points.
Rien nâest acquis.
Sur le chemin du retour, je repense Ă la trĂȘve.
Ă la ville.
Au chĂąteau.
Ă ces murs qui tiennent sans bruit.
Je comprends que ce que je vis ici nâest pas une adhĂ©sion immĂ©diate.
Câest une construction lente.
On me reconnaĂźt.
Mais on attend encore.
Et pour la premiĂšre fois,
je ne suis pas pressé.
