
Usine Maserati F1 Team, ModÚne, 2 Février 2024
Une concentration inhabituelle de vĂ©hicule avait pris dâassaut le parking de lâusine et des rues voisines. Des vĂ©hicules routiers normaux, des fourgons utilitaires Ă©quipĂ©es dâantennes relais et de matĂ©riels technologique, ainsi que lâimposant camions entiĂšrement amĂ©nagĂ©s
pour y séjourner durant plusieurs jours.
La ville de ModÚne était en effervescence depuis que cette journée avait été annoncée courant du mois de Janvier.
Les mĂ©dias, journaux et podcast locaux nâavaient plus quâĂ la bouche le retour prochain de Maserati en Formule 1.
Et cette journée de Février y était entiÚrement consacrée puisque la F1, ses journalistes accrédités du monde entier, mais également les experts du monde automobile avaient été conviés pour la présentation de la livrée 2024. La premiÚre depuis 1957.
Une salle avait Ă©tĂ© condamnĂ©e Ă lâintĂ©rieur de laquelle attendait patiemment la monoplace sous sa bache.
Dans le hall dâentrĂ©e un immense podium avait Ă©tĂ© installĂ© et placĂ© sous des dizaines et des dizaines de projecteurs.
Au milieu de ce dernier, un tapis, une table et deux fauteuils avaient Ă©tĂ© installĂ©s au milieu dâun dĂ©cor chaleureusement fleuri.
De nombreuses caméras entouraient la scÚne tandis que plusieurs rangées de chaises avaient été installées tout autour.
Minutes aprĂšs minutes, les journalistes prenaient place et sâinstallaient, en attendant patiemment que le show commence.
Enfin, Ă lâheure communiquĂ©, les lumiĂšres de la piĂšce sâĂ©teignirent, plongeant la piĂšce dans le silence. Une musique se dĂ©clenche alors
Les lumiĂšres se rallument et laissent apparaĂźtre en direct et sur les postes de tĂ©lĂ©vision, un visage familier pour tous les amateurs de Formule 1, celui de Will Buxton, journaliste britannique apparaissant notamment depuis plusieurs annĂ©es dans la sĂ©rie documentaire Ă©vĂšnement, âDrive to Surviveâ, diffusĂ©e sur Netflix.
- Bonjour Ă tous amis, et chers tĂ©lĂ©spectateurs. Je suis Will Buxton, et je vous retrouve aujourdâhui en direct depuis ModĂšne en Italie pour vous faire vivre lâĂ©vĂ©nement de ce dĂ©but de saison 2024, avec la prĂ©sentation de la monoplace dĂ©veloppĂ©e, ici, Ă ModĂšne, par Maserati⊠Mais avant de dĂ©couvrir la onziĂšme monoplace de la grille, je tenais Ă discuter en amont avec lâhomme sans qui tout ce projet nâaurait Ă©tĂ© possible. Monsieur Dino Maserati.
LâhabituĂ© des plateaux tĂ©lĂ© me fĂźt alors signe tandis que jâattendais dans un coin de la piĂšce. Le top dĂ©part avait Ă©tĂ© donnĂ© et je mâavança aprĂšs avoir enlacĂ© mon Ă©pouse berçant notre fils dans son landeau.
Je grimpe donc lâestrade pour rejoindre Will qui me tend la main pour me saluer. Nous lâavions dĂ©jĂ fait auparavant, mais la diffusion en direct Ă©tait un show. Et je me dois de jouer le rĂŽle qui mâa Ă©tĂ© confiĂ©.
Le journaliste me propose donc de mâinstaller sur lâun des fauteuils que jâĂ©voquais prĂ©cĂ©demment, et fit de mĂȘme pour me faire face.
- Dino, merci à vous de nous accueillir pour cet évÚnement si particulier.
- Dans quelques minutes le monde va dĂ©couvrir le fruit de votre dure labeur, mais avant tout, et puisque vous ĂȘtes un nouvel acteur de la scĂšne en Formule 1, nous avons convenu que vous nous accordiez un moment un peu plus personnel, afin que les gens puissent dĂ©couvrir ce qui se cache derriĂšre ce retentissant projet. Alors dites-nous. Qui ĂȘtes-vous ?
- Je mâappelle Dino Maserati, jâai bientĂŽt 38 ans, et je suis Directeur dâĂ©curie pour Maserati F1 Team, ainsi que son principal actionnaire.
- Vous avez donc une double casquette, Ă la fois technique et financiĂšre si je puis dire.
La foule laisse échapper une série de gloussements.
- Je profite de lâatmosphĂšre dĂ©tendu pour vous poser une petite question, Quâest-ce que cela fait de travailler chez Maserati, quand son nom est Maserati.
- Câest une fiertĂ©, mais surtout une pression supplĂ©mentaire, je suis liĂ© Ă cette maison, puisque mon arriĂšre grand-pĂšre Ernesto Maserati, Ă©tait lâun des cinq frĂšres Maserati ayant lancĂ© la marque en 1914. Il Ă©tait le mĂ©canicien et surtout pilote de la fratrie, et a notamment remportĂ© quelques courses en devenant double champion dâItalie.
- Le sport automobile, mais plus gĂ©nĂ©ralement lâautomobile est une question dâhĂ©ritage pour vous ?
- Vous connaissez lâhistoire, mes ancĂȘtres Ă©taient de trĂšs bons concepteurs, mais en matiĂšre de gestion, ce nâĂ©tait pas trop ça⊠Câest ce qui a petit Ă petit conduit la famille Maserati a perdre le contrĂŽle de sa marque, au grĂšs de rachat successif.
Le nom Ă©tait restĂ©, surement du fait dâun patronyme que lâon retient facilement, dâun symbole, le trident trĂšs Ă©vocateur, mais Ă©galement grĂące au rĂ©sultat en course ayant forgĂ© le socle du sport automobile, un passĂ© difficilement effaçable.
- Je nâai donc pas grandi dans lâopulence, ma mĂšre Ă©tait institutrice, mon pĂšre travaillait dans le bĂątiment. Je nâai pas fait de grande Ă©cole Ă travers le monde. Mais je me dĂ©brouillais et jâavais surtout un rĂȘve.
- Pas nĂ©cessairement, on ne peut pas dire que lâabsence dâhĂ©ritiers Maserati Ă la tĂȘte de la marque ait chamboulĂ© son activitĂ©, au contraire Non, au dĂ©part je voulais juste travailler chez Maserati et faire partie de cette histoire.
- Si cela nâavait pas fonctionnĂ©, vous auriez tentĂ© votre chance chez Ferrari ? Vous vous appelez Dino aprĂšs tout.
Une fois encore lâassemblĂ© rigola Ă la boutade bien âhumour anglaisâ adressĂ©e par Buxton.
- Ferruccio Lamborghini possédait bien plusieurs Ferrari. Alors qui sait ?
- Vous avez raison, mais il y a t-il une anecdote derriĂšre cela, car câest quand mĂȘme assez cocasse.
- Je dois mon prĂ©nom Ă mon pĂšre, mais surtout Ă mon grand-pĂšre qui durant toute sa vie a choyĂ© une voiture, peut-ĂȘtre encore plus que son propre fils. Mon pĂšre Ă©tait fan de cette voiture et ça a Ă©tĂ© un traumatisme pour lui comme pour son pĂšre lorsquâil a Ă©tĂ© forcĂ© de la vendre aux enchĂšres pour subvenir Ă ses besoins mĂ©dicaux. Cette voiture, câĂ©tait une Dino.
VoilĂ lâhistoire cachĂ©e derriĂšre ce prĂ©nom, la cruelle histoire retiendra que malgrĂ© la vente de ce vĂ©hicule, Alfieri Maserati, mon grand-pĂšre, dĂ©cĂ©da quand mĂȘme de la maladie avant mĂȘme de pouvoir ressentir ou non les effets du traitement.
- Câest une bien belle histoire, mais recentrons-nous un peu sur vous et votre parcours. Dites nous comment est-ce que lâon passe de fils de classe moyenne italienne Ă Directeur et actionnaire dans une Ă©curie de F1 ?
- Du travail, Ă©normĂ©ment de travail, de la dĂ©termination. Jâai vouĂ© ma vie Ă cette objectif, jeune, je nâavais pas beaucoup dâamis, je passais mon temps Ă Ă©tudier, en terminant le lycĂ©e, je suis parti Ă Turin Ă lâĂ©cole polytechnique, mais je revenais souvent Ă ModĂšne car câest Ă cette pĂ©riode que jâai commencĂ© Ă travailler en tant que Stagiaire chez Maserati.
En parallĂšle, la Formula SAE avec Squadra Corse me prenait Ă©normĂ©ment de temps, donc je nâavais pas beaucoup de temps pour moi et dâheure de sommeil.
- Câest une compĂ©tition universitaire organisĂ©e par la Society of Automotive Engineers dite SAE. OĂč les programmes universitaires dĂ©veloppent et construisent des monoplaces qui concourent ensuite sur circuit et dans diverses Ă©preuves, esthĂ©tique, technique, etc.
- Câest passionnant ! Vous construisez des voitures dĂšs vos 18 ans en quelque sorte.
- Je participais Ă leur conception oui, mais Ă lâĂ©poque jâĂ©tais aussi passionnĂ© par le pilotage, donc je prenais aussi part au course. Avec du recul, je vous assure que mon agenda Ă©tait complĂštement dĂ©lirant avec les voyages, les courses, les heures de conception, le stage.
Jâavais menĂ© une vie Ă dix milles Ă lâheure, mais une vie tellement riche et passionnante Ă un point que lâon pouvait pas imaginer.
- Cela a duré longtemps ?
Le public était soufflé.
- Durant toutes mes années de Licence, mes années de Master, ainsi que pendant la premiÚre de mes quatre années de préparation au Doctorat.
- Câest vraiment fascinant, et vous avez donc obtenu des rĂ©sultats ?
- Au dĂ©but câĂ©tait difficile, on avait vraiment du mal a avoir de la performance. Jâai en souvenir que la premiĂšre Ă©tait tellement lourde, trĂšs lourde⊠Jâen ferai des cauchemars aujourdâhui. Pourtant la maniĂšre dont on lâavait pensĂ© nous a valu le prix du meilleur chĂąssis, lors de lâĂ©preuve en Italie. Les matĂ©riaux nâĂ©taient pas les bons, mais lâidĂ©e Ă©tait lĂ .
Les dĂ©tails sont parfois ce qui vous font gagner de prĂ©cieux dixiĂšmes, et en course automobile, quelques dixiĂšmes peuvent parfois vous coĂ»ter une victoire ou mĂȘme un titreâŠ
- Ensuite, nous avons bien progressĂ©, annĂ©e aprĂšs annĂ©e, donc les rĂ©sultats se sont amĂ©liorĂ©s. Mais lĂ oĂč nous avons rĂ©ellement explosĂ© fĂ»t au moment de notre inscription aux Ă©preuves des monoplaces hybrides. La voiture Ă©tait folle Ă piloter et câest Ă ce moment oĂč lâon a dĂ©crochĂ© des victoires. CâĂ©tait une Ă©poque incroyable.
- Vous vous souvenez de combien de courses vous avez disputé, et des circuits sur lesquels vous avez roulé ?
- Câest quelque chose quâon ne peut pas oublier. Dans la catĂ©gorie moteur Ă combustion nous avons livrĂ© 14 courses et fait 2 podium en Italie. Dans la catĂ©gorie hybride, nous avons rĂ©alisĂ© quatre courses pour quatre victoires. Quant au circuit, Silverstone, Barcelone, Fiorano, Hockenheim sont les plus connus.
- On peut donc dire que vous ĂȘtes rodĂ© avec les moteurs hybrides, cela devrait vous aider avec les moteurs de la Formule 1 dâaujourdâhui.
Will Buxton Ă©tait un bon journaliste, il savait choisir ses moments pour temporiser un rĂ©cit. Et ses interventions, souvent teintĂ©es dâhumour permettaient que les choses se dĂ©roulent bien et ne soient pas trop barbantes pour lâaudience.
- Donc, de la conception et de la piste pendant plusieurs annĂ©es, et puis vous vous arrĂȘtez ?
- En effet, il faut savoir quâĂ cette Ă©poque, jâai donc dĂ©jĂ deux licences et deux masters en ingĂ©nierie mĂ©canique et aĂ©ronautique. Et que je dĂ©cide de me lancer dans la prĂ©paration dâun Doctorat en ingĂ©nierie aĂ©ronautique. Mais cette derniĂšre annĂ©e 2010, bien que trĂšs satisfaisante avec les projets de conception et de course sâavĂšre vraiment compliquĂ©e pour tout conjuguer. Dâautant plus que je rencontre Chiara, mon Ă©pouse, cette mĂȘme annĂ©e.
Jâavais donc dĂ©cidĂ© Ă lâĂ©poque de couper dĂ©finitivement les points avec Squadra Corse afin de pouvoir me concentrer sur ma carriĂšre professionnelle chez Maserati qui me proposait un emploi, ma petite amie et la rĂ©daction de ma thĂšse. Et croyez moi quand je vous dis que câĂ©tait largement suffisant, et que mes journĂ©es Ă©taient trĂšs bien remplies.
- Jâai obtenu un poste dâIngĂ©nieur concepteur moteur que jâai occupĂ© jusquâĂ la fin de mon Doctorat. Et puis, jâai Ă©voluĂ©. IngĂ©nieur groupe motopropulseur, IngĂ©nieur groupe motopropulseur expĂ©rimentĂ©, puis responsable. AprĂšs le Covid, jâai eu lâopportunitĂ© de devenir Vice-PrĂ©sident du dĂ©partement IngĂ©nierie Moteur et Groupe motopropulseur.
- Vous avez une magnifique carriĂšre, mĂȘme sans ce qui vous attend Ă compter dâaujourdâhui. Je pense que beaucoup de personnes prĂ©sentes aujourdâhui aimeraient avoir la carriĂšre qui a Ă©tĂ© la vĂŽtre jusquâĂ prĂ©sent. Mais alors, comment on en arrive Ă la F1.
- Juste aprĂšs les confinement de 2020, nous avons amĂ©nagĂ© dans notre rĂ©sidence, et je suis tombĂ© sur de vieux Albums photos dans lesquels on pouvait notamment voir certains de mes ancĂȘtres au cĂŽtĂ© de Fangio, Ascari, Moss et tout un tas dâautres pilotes issus de lâancien temps. Et jâai pas mal rĂ©flĂ©chi Ă ce vieux rĂȘve qui Ă©tait le mien et jâai commencĂ© Ă bosser sur le projet.
- Cela vous a pris longtemps ?
- Plus dâun an et demi. Je voulais que tout soit parfait. Et lorsque je suis parvenu Ă obtenir un rendez-vous avec Monsieur Grosso, PDG de Maserati, et Monsieur Tavares, PDG de Stellantis, propriĂ©taire de Maserati, jâai donnĂ© toutes mes tripes pour attirer leur attention.
- Cela a plutÎt bien fonctionné on dirait.
En effet, nous voici deux ans plus tard, Ă quelques jours du grand saut. Si on prenait quelques minutes pour se poser pour prendre du recul on se rendrait vite compte de la charge monumentale de travail abattue.
- Vous nous disiez tout Ă lâheure ĂȘtre Ă©galement le principal actionnaire, mais comment avez-vous rĂ©alisĂ© ce tour de force, on sait aujourdâhui quâun ticket dâentrĂ©e en formule 1 câest au bas mots 200 millions dâeuros. Votre carriĂšre est exemplaire, mais pas au point dâen arriver Ă ce stade. Est-ce que cela vous gĂȘne dâen parler ?
- Pas du tout, de toute façon quand jâen parle, personne ne me croit.
Cette fois-ci câest mon humour qui fait sourire nos convives et mĂȘme Buxton.
- Vous souvenez-vous de toutes ces annĂ©es, dâĂ©tudes, dâemploi, de stage et de carriĂšre ? Pendant toutes ces annĂ©es je nâai jamais rien dĂ©pensĂ© de plus que ce quâil mâĂ©tait vital de dĂ©penser. Jâai gardĂ© en tĂȘte lâenfer quâont vĂ©cu mes ancĂȘtres et jâai utilisĂ© la moindre de mes primes, et de mes rĂ©serves Ă lâachat de BitCoinâŠ
Voyant que lâassemblĂ©e est complĂštement circonspecte, je martĂšle fermement la vĂ©racitĂ© de mes propos.
- Je vous jure que câest vrai, mĂȘme ma femme nâĂ©tait pas au courant et a appris que je faisais cela que trĂšs rĂ©cemment. Dâailleurs quand elle lâa su, jâai dormi pendant deux semaines sur le canapĂ© tellement que la situation Ă©tait absurde. Will⊠On Ă©tait sur le point dâemprunter de lâargent Ă la banque pour acheter notre maison, alors que jâavais tous ces BitCoin au chaud.
Chiara mâavait rĂ©ellement trucidĂ©. Pas forcĂ©ment parce que je lâavais cachĂ©, mais plus parce que je mâimposais une vie de labeur alors que je pouvais tout simplement profiter. Enfin⊠pas tout Ă fait, parce que le BitCoin est trĂšs volatile et peut ne plus rien valoir demain, mais ce mode de vie draconien durant toutes ces annĂ©es et la Chance mâavait offert la possibilitĂ© de financer mon rĂȘve.
- Alors jâai vendu une partie de ma rĂ©serve pour payer 55% du billet dâentrĂ©e, le reste nâest quâun arrangement qui contient plusieurs clauses entre Stellantis, Maserati et moi.
- Votre histoire est vraiment passionnante Dino, je suis certain que lâon pourrait parler dâune multitude de sujet encore, mais je vois que lâheure tourne et que lâon arrive Ă la fin de cet entretien. Pour finir. Que peut-on vous souhaiter ?
- Pour commencer, une bonne premiĂšre saison, que lâon puisse solidifier les fondations, et bĂątir ensuite sur la durĂ©e. Ensuite, le destin fera son Ćuvre.
- Et dans quelques annĂ©es votre fils installĂ© dans lâun de vos monoplaces ? Il doit forcĂ©ment avoir cela dans ses gĂȘnes.
- Will⊠Est-ce que vous voulez que je passe encore deux semaines sur le canapé ?
Sous lâĂ©clat de fou rire de la salle, le tournage de lâĂ©mission se termine, et petit Ă petit les gens sont conviĂ©s Ă se rendre dans la salle oĂč la monoplace est toujours dissimulĂ©e.
Je salue Buxton une fois encore, il me remercie pour ce moment sympathique, et rejoins ses confrÚres pour la suite des événements.
Ă partir de maintenant, le Chef dâOrchestre, câest moi.
Lorsque tout le monde est en place, je demande lâattention de nos invitĂ©s.
- Mesdames et Messieurs, merci encore pour votre prĂ©sence, jâespĂšre que lâentretien prĂ©cĂ©dent aura suscitĂ© encore plus dâenthousiasme et de curiositĂ©. Nous allons sans tarder procĂ©der Ă la rĂ©vĂ©lation⊠- Mais avant, merci de rĂ©server un tonnerre dâapplaudissements pour Pietro Tummino, Salvatore Ferrara, Maurizio Ferrara. Et sans oublier lâensemble de nos ingĂ©nieurs et mĂ©caniciens sans qui tout ceci nâaurait Ă©tĂ© possible.
Ces trois-lĂ avaient Ă©tĂ© dâune aide si prĂ©cieuse, je me refusais de garder les projecteurs pour moi tout seul.
- Place maintenant Ă lâĂ©quipe qui aura la lourde tĂąche de faire rouler notre voiture sur la piste. Messieurs Pau Rivera et Paolo Angilella depuis le muret des stands ainsi que nos deux pilotes pour cette saison 2024. ThĂ©o Pourchaire ! Et Antonio Giovinazzi !
Cette histoire Ă©tait avant tout une histoire dâĂ©quipe, et mĂȘme plus encore, une histoire de famille. En plaçant leurs espoirs en moi, tous ces gens avaient pris des risques, et faisaient dĂ©sormais partie de lâhistoire de la famille Maserati. Pour les pilotes ce premier moment publique vĂȘtu de la combinaison officielle devait avoir un douce saveur. Jâespere quâil profite aussi de ce moment qui leur appartient aussi.
Sous les applaudissements encore retentissant, je me dĂ©place vers la bĂąche recouvrant le fruit de notre labeur et lâattrape avec fermetĂ©.
- Mesdames et Messieurs, voici⊠La MASERATI CORSA - FORMULA 24 !
Les flash prirent dâassaut la piĂšce entiĂšre. Et dĂšs le lendemain, la presse internationale dĂ©voila la MC-F24 au monde entier. Quant Ă nous, nous devions finir de planifiera la logistique, car les essais hivernaux se tiendront dans quelques jours Ă Barhein. Ces essais nous permettront de nous comparer en situation rĂ©elle avec les autres Ă©curies. Un week-end trĂšs important en somme.