Ou il va juste se consoler avec son immense fortune ![]()

Putain, il est débarrassé de sa femme! Le rêve de tout homme! Il chiale juste pour les gosses!
Réponses aux lecteurs
@Rhino Ce sera surement long c’est certain.
@celiavalencia clairement horrible, s’en remettra t’il seulement.
@Tiien tu regardes trop de films ![]()
@Rhino l’argent n’achètes pas tout. En plus les salaires de coach à FM ![]()
@toopil mdrrr t’es horrible ![]()
Quelques jours plus tard, Viana do Castelo n’était plus tout à fait une ville. C’était un silence habité.
Un silence épais, presque organique, qui semblait s’être accroché aux façades blanches, aux pavés encore tièdes, aux balcons d’où pendaient des drapeaux devenus trop lourds à porter. Le vent de l’Atlantique passait sans bruit, comme s’il avait lui aussi appris à se taire.
L’hommage public rendu à la famille Guimarães ne ressemblait à rien de connu. Rien de ce que le football, la politique ou même la mort avaient l’habitude d’organiser.
Pas de protocole. Pas de tapis. Pas d’ordre établi.
Il n’y avait ni estrade ni micro central. Seulement un cercle imparfait, dessiné par les corps. Des habitants de Viana venus à pied, des employés du club encore vêtus de leurs polos bleu roi, des membres du staff, des joueurs, des anonymes, des figures du football mondial. Tous mélangés, sans hiérarchie, sans rang. Comme si, pour une fois, la célébrité et le pouvoir avaient accepté de s’agenouiller devant quelque chose de plus grand qu’eux.
Au centre, une table simple. Quatre bougies. Quatre cadres vides. La cérémonie débuta sans signal. Une voix s’éleva. Puis une autre.
Basse. Cassée. Humaine. Les noms furent lus un par un. Lentement. Comme si chaque syllabe devait être pesée avant d’être offerte à l’air.
Yessica Guimarães. 57 ans.
Épouse. Mère. Actrice. Femme de lumière et d’ombre. Celle qui avait traversé les continents sans jamais lâcher la main de l’homme qu’elle aimait. Celle qui avait connu les vestiaires de province, les palais européens, les tournages à Rio, les hôtels anonymes, les nuits d’attente et les matins de victoire.
Un murmure parcourut la foule. Pas un sanglot. Juste un souffle retenu.
Isabel Guimarães. 13 ans.
Née à Rio de Janeiro, quand son père croyait encore que le football pouvait tout réparer. Adolescente trop jeune pour comprendre pourquoi son nom apparaissait dans les journaux, trop grande déjà pour ignorer le poids de l’héritage. Une enfant qui avait appris à vivre sous les projecteurs sans jamais les demander.
Puis vinrent les deux derniers noms. Les plus difficiles.
Luísa Guimarães. et Pedro Guimarães. 7 ans.
Les jumeaux. Ils venaient de fêter leur anniversaire quelques semaines plus tôt, avant l’Euro. Des photos avaient circulé. Des gâteaux trop grands. Des sourires pleins de chocolat. La vie, encore intacte. À l’énoncé de leurs prénoms, quelque chose se brisa enfin.
Pas chez Aníbal. Dans la foule.
Des épaules s’affaissèrent. Des mains se serrèrent. Des parents baissèrent les yeux vers leurs propres enfants. La mort, soudain, n’était plus une abstraction. Elle avait un âge. Elle avait un visage. Elle avait un rire interrompu.
L’assemblée était immense. Il y avait Viana tout entière. Le club de Vianense, au complet. Le groupe portugais encore marqué par la victoire européenne qu’ils n’avaient jamais célébrée. Le président de la Fédération. Le président de la République, venu sans discours, sans escorte visible.
Il y avait aussi ceux qui avaient partagé la vie d’Aníbal en dehors des trophées. Hugo. Ruben. José. Des visages usés par le temps, les combats et les compromis. Des hommes qui avaient vu Aníbal tomber, se relever, gagner, perdre, puis gagner encore. Des hommes qui, pour la première fois, ne savaient plus quoi lui dire.
Un peu en retrait, presque dissimulé par la foule, se tenait Victor. Son fils. Le seul encore en vie. Celui que le destin avait épargné par une coïncidence cruelle : une convocation internationale, un autre maillot, une autre frontière. Il était là, droit, figé, les yeux rougis mais secs. Trop jeune pour porter autant de morts sur ses épaules, trop vieux pour faire semblant de ne pas comprendre.
À ses côtés, Ganso. Le fils spirituel. Celui qu’Aníbal avait accueilli chez lui comme un second enfant, autrefois. Saldanha, son père, se tenait légèrement en arrière, une main posée sur l’épaule de son fils, comme pour lui rappeler qu’il était encore là, lui.
Plus loin, des silhouettes familières. Paulo Fonseca. Ronaldo Nazário. Des entraîneurs, des dirigeants, des anciens joueurs venus de toutes les époques. Simon Moya, celui qui avait présenté Aníbal et Yessica, celui par qui tout avait commencé. Tiago Sousa.
Renato Sanches. Joaquin Fernandez. Estevão, Rafael, Juan Sebastian Anaya, Deivid Washington, Rodrigo, Marvin Wattiau, Léo. D’anciens capitaines, des soldats de l’ombre, des hommes façonnés par la méthode Guimarães. Tous là. Tous silencieux. Plus d’une centaine d’anciens joueurs parfois encore en activité avait fait le déplacement.
Et Aníbal.
Il n’était ni au centre, ni au premier rang. Il était à l’écart. Présent sans l’être vraiment.
Son visage était fermé, presque figé. Les traits tirés, les yeux perdus dans un point que personne ne pouvait voir. Il ne pleurait pas. Il ne parlait pas. Il respirait à peine. Comme si son corps continuait par habitude, alors que l’essentiel avait déjà quitté les lieux.
On lui proposa de prendre la parole.
Un organisateur s’approcha. Une main hésitante. Une phrase murmurée. Aníbal secoua lentement la tête. Non. Il n’avait rien à dire. Ou plutôt, il avait tout à dire, mais aucun mot n’était assez fort pour survivre à ce qu’il avait perdu.
Alors ce fut José Soares qui s’avança. L’ami de toujours. Celui qui l’avait amené à Viana, des années plus tôt, quand tout n’était encore qu’une promesse fragile.
Celui qui avait vu naître l’entraîneur, l’homme, le mythe et qui voyait aujourd’hui l’homme seul. José ne parla pas longtemps. Il ne chercha pas l’éloquence. Il parla de Yessica. De son rire. De sa patience. De sa capacité à rendre Aníbal humain quand le football voulait en faire une machine.
Il parla des enfants. De leurs dessins dans la villa. Des jouets oubliés dans le jardin. Des lendemains qu’ils n’auraient jamais. Il conclut simplement, la voix tremblante :
« Ils ne sont pas absents. Ils sont devenus le silence qui nous oblige à regarder autrement. »
Quand la cérémonie s’acheva, personne n’applaudit. Personne ne bougea tout de suite. Aníbal resta immobile. Certains crurent, à cet instant précis, que l’histoire s’arrêtait là.
Que tout ce qui avait été raconté depuis tant d’années trouvait ici son épilogue naturel. La chute du héros. La fin du voyage. Le football avait gagné, puis perdu toute importance. Il ne restait que les absents.
Et un homme encore debout, mais déjà profondément brisé.
Il exagère. Une bonne victoire contre Carlos Tevez et on oublie tout ça ![]()
Message au corbeau…

Tournure bien sombre cette histoire… Qu’est-ce que la suite nous réserve ?
La suite logique est que Vianense va tout arracher encore une fois. Ou peut-être un changement de pays, pour oublier ? mais si il reste a Vianense ça va être compliqué d’oublier. Peut-être des menaces encore ? une obligation de faire gagner la LDC a un club x ? je sais pas… on sait pas… nous sommes tous dans le doute. Ce qui est sur, c’est que si tu restes tu vas tout exploser encore.
une suite ? ça ferait bizarre
Réponses aux lecteurs
@toopil faudrait déjà que Carlito retrouve un poste ce con ![]()
@gwendil35 bel hommage.
@CaptainAmericka il faudra de la patience pour le découvrir.
@Manuel99FG on pas encore fait le deuil que t’es déjà dans le sportif ![]()
@celiavalencia l’histoire ne s’arrêtera pas là mais on va pas faire 25 saisons de plus non plus ![]()
Le retour de Victor à Viana ne fit aucun bruit. Pas de caméras. Pas d’articles. Pas de communiqué. La nouvelle circula pourtant vite, comme tout ce qui touche aux Guimarães depuis l’incendie. On sut simplement que l’enfant prodige était rentré. Vivant. Debout. Mais déjà brisé.
Après l’élimination de l’Espagne face au Portugal en demi-finale de l’Euro, Victor n’était pas rentré avec la délégation. Il n’en avait pas eu la force. La défaite avait été violente, presque cruelle, éliminé par le pays de son père, par les hommes qu’il connaissait, par ceux qu’il aurait pu représenter. Mais cela n’avait été qu’un prélude.
Il avait pris un avion seul, direction la Géorgie, chez la famille de sa mère biologique. Là-bas, dans les montagnes et les silences épais, il avait tenté de se reconnecter à quelque chose de plus ancien que le football. Des repas simples. Des regards francs. Une langue qu’il comprenait sans toujours la parler. Il avait cherché un refuge, sans savoir que le monde qu’il fuyait allait s’effondrer derrière lui.
Quand la nouvelle était tombée, elle avait traversé les murs comme une déflagration. Le feu. La villa. Les morts. Victor avait coupé court. Il n’avait prévenu personne. Il avait simplement pris le premier vol, le regard vide, les mains tremblantes. À l’aéroport, personne ne l’attendait. À Viana, personne ne savait comment l’accueillir.
Il arriva juste avant l’enterrement. Trop tard pour les adieux. Trop tôt pour le deuil. Son père ne lui parla pas. Aníbal n’avait parlé à personne, à vrai dire. Ni à Hugo. Ni à Ruben. Ni même à José. Il se contentait d’exister, quelque part entre deux respirations, incapable d’accorder un mot à qui que ce soit. Victor le vit de loin, une fois, une silhouette dans le jardin de la villa de José. Ils se croisèrent sans se croiser. Aucun signe. Aucun geste.
Alors Victor sortit. Le soir même, on le vit dans un bar de Viana. Un endroit discret, à l’écart du centre, fréquenté d’ordinaire par des habitués qui savaient quand se taire. Il commanda un verre. Puis un autre. Puis un autre encore. L’alcool ne faisait pas oublier. Il rendait simplement les questions plus bruyantes.
Pourquoi moi ? Pourquoi avais-je été épargné ? Pourquoi ses deux sœurs, Luísa et Isabel, pourquoi Pedro, son petit frère, pourquoi Yessica celle qui l’avait élevé, aimé, protégé comme si le sang n’avait jamais compté étaient-ils partis, et pas lui ? Il se sentait illégitime d’être vivant. Comme s’il avait pris la place de quelqu’un d’autre.
Autour de lui, les conversations continuaient, maladroites, évitant son regard. Certains le reconnaissaient. D’autres détournaient les yeux. Victor vida son verre d’un trait, la gorge en feu, le cœur plus lourd encore. Les images revenaient en boucle : la maison, les rires, les anniversaires récents, les appels manqués.
Et surtout, le silence de son père. Ce fut le patron du bar qui appela. Discrètement. Sans alerter la presse. Sans bruit. Il composa un numéro qu’il connaissait par cœur. João Infante.
Quand João arriva, il comprit immédiatement. Victor était affalé sur le comptoir, les yeux rougis, la mâchoire serrée, l’orgueil brisé par l’alcool et la douleur. João ne dit rien. Il posa simplement une main ferme sur son épaule.
« Viens. On rentre. »
Victor ne résista pas.
Dans la voiture, le silence s’installa. Pas un silence pesant. Un silence nécessaire. João connaissait Victor depuis qu’il était gamin. Depuis les premiers entraînements au centre, les retours tardifs, les repas improvisés chez lui quand Aníbal était à l’étranger. Il avait été un éducateur, un confident, parfois un grand frère. Il n’avait jamais cherché à remplacer qui que ce soit. Il avait juste été là.
Chez lui, João le fit s’asseoir. Un verre d’eau. Une couverture. Rien de plus.
La gueule de bois fut rude. Mais la discussion le fut davantage.
« Tu sais pourquoi tu es encore là, Victor ? » demanda João doucement.
Victor secoua la tête, les yeux humides.
« Non… et c’est ça le pire. »
João inspira profondément.
« Parce que tu dois l’être. Ce n’est pas une dette. Ce n’est pas une faute. C’est une responsabilité. »
Victor releva la tête.
Mon père ne m’a même pas regardé… murmura-t-il.
« Parce qu’il ne sait plus regarder le monde sans les perdre encore une fois, » répondit João. « Mais crois-moi… s’il y a une chose qui peut encore le maintenir en vie, c’est toi. »
Victor éclata enfin.
Les larmes qu’il retenait depuis des jours jaillirent sans retenue. João le laissa faire. Il savait que ce moment viendrait. Il savait aussi que Victor devait comprendre une chose essentielle.
« Aníbal n’a plus la force de se battre pour lui-même » conclut-il. « Mais il se battra toujours pour ses enfants. Même brisé. Même silencieux. »
Victor resta longtemps immobile, le regard perdu. Puis il hocha lentement la tête. Il ne savait pas encore comment aider son père. Il ne savait pas s’il en aurait la force. Mais pour la première fois depuis l’incendie, une certitude s’imposa à lui : Il n’était pas vivant par erreur. Il était vivant pour quelque chose.

Anibal était au sommet du monde. Et le monde s’est écroulé d’un coup. Le pire, c’est que je ne suis pas certain qu’il ait touché le fond. Il reste à découvrir qui est derrière tout ça ![]()
Ça va pas être simple de remonter la pente pour la famille…
Ou ce qu’il en reste ![]()
Réponses aux lecteurs
@toopil faut le soutenir chef.
@alexgavi l’avenir nous le dira.
@CaptainAmericka clairement pas.
@toopil il lui reste un fils ![]()
Trois semaines avaient passé.
Trois semaines sans notion de temps, sans rythme, sans saison. L’été s’était installé sur Viana do Castelo comme une présence indifférente, lumineuse, presque insultante. Aníbal et Victor avaient quitté la villa calcinée pour s’installer dans une résidence ultra-sécurisée, à quelques kilomètres de la ville, nichée derrière des grilles, des caméras, des protocoles pensés pour éloigner le danger. Mais on ne sécurise pas le vide. La maison était parfaite. Neuve. Blanche. Silencieuse. Trop silencieuse.
Elle n’avait rien à dire.
Pas de photos sur les murs. Pas de rires incrustés dans les couloirs. Aucun objet posé là par habitude, aucun désordre vivant. Rien qui racontait une histoire. Elle ressemblait davantage à un lieu de transit qu’à un foyer. Une coquille sans âme, à l’image de celui qui l’habitait.
Aníbal s’y perdait. Il passait des heures assis dans le salon, face à la baie vitrée, le regard planté dans le jardin parfaitement entretenu. Il ne lisait plus. Il ne regardait plus la télévision. Les chaînes sportives défilaient parfois sans qu’il ne les voie vraiment, jusqu’à ce qu’il les coupe d’un geste las. Le football avait disparu de son monde. Pas rejeté. Effacé.
Il ne parlait presque plus.
Hugo Viana et Ruben Amorim avaient repris du service, officieusement. Ils avaient retrouvé les bureaux de Vianense comme on retourne sur un champ de bataille après l’orage. Préparer la saison. Organiser le mercato. Protéger ce qui pouvait encore l’être. Ils agissaient sans lui, pour lui. Sans jamais le dire à voix haute.
José était en déplacement. Quelques jours encore. Des rendez-vous qu’il avait repoussés trop longtemps. Des affaires qu’il fallait conclure, mécaniquement, parce que la vie insistait. Il appelait Aníbal chaque soir. La conversation ne durait jamais longtemps. Quelques banalités. Des silences. Puis la fin.
Victor, lui, errait dans cette maison trop grande.
Il faisait des efforts. Se levait tôt. Préparait parfois le petit-déjeuner. Proposait de sortir, de marcher, d’aller au centre d’entraînement. Aníbal acceptait parfois. Ils mangeaient ensemble. Se croisaient dans les couloirs. Échangeaient quelques phrases fonctionnelles. Mais jamais ils ne se retrouvaient.
Ils partageaient la même douleur sans parvenir à la toucher ensemble.
Victor n’osait pas déranger son père. Il sentait cette fragilité nouvelle, presque dangereuse. L’homme invincible qu’il avait connu n’existait plus. À sa place, il y avait une silhouette amaigrie, le regard éteint, les traits tirés par des nuits sans sommeil. Victor retournait souvent dans sa chambre avec l’impression d’avoir échoué à quelque chose d’essentiel, sans savoir quoi.
Aníbal, lui, avait abandonné le football sans même s’en rendre compte.
La préparation de la nouvelle saison avait commencé sans lui. Les réunions s’enchaînaient à Vianense. Les premiers tests physiques. Les retours de prêt. Les appels de joueurs. Les décisions urgentes. Tout se faisait à distance. Il ne demandait rien. Ne validait rien. Il laissait faire.
Comme si ce monde-là ne lui appartenait plus.
Il avait maigri. Son visage s’était creusé. Sa barbe, autrefois soigneusement entretenue, était devenue irrégulière. Les nuits étaient longues, hachées par des réveils brutaux. Il se levait parfois au milieu de la nuit, traversait la maison pieds nus, ouvrait des placards vides. Les refermait aussitôt.
Puis José revint. Il comprit en une seconde.
Il n’y eut pas de reproches. Pas de grands discours. José connaissait Aníbal depuis trop longtemps pour croire aux mots dans ce genre de moments. Il observa la maison. Les murs nus. L’absence de vie. Il posa sa valise sans un bruit.
Le lendemain matin, il prit Victor à part.
« Tu reprends l’entraînement. Dès demain, » lui dit-il doucement mais fermement.
« Mais… »
« Pas de mais. Tu as besoin de respirer ailleurs. Lui aussi. »
Victor comprit. Il n’insista pas. Il embrassa son père sur la joue. Aníbal hocha la tête, sans vraiment réagir. La porte se referma. La maison retrouva son silence.
Alors José passa à l’action.
Il contacta la famille de Yessica. En Colombie. En Espagne. À Valladolid. Là où ils avaient vécu. Là où ils avaient été heureux. Il demanda des objets. Rien de spectaculaire. Rien de sacralisé. Des photos. Des livres. Un foulard. Des dessins d’enfants.
Une vieille playlist gravée sur une clé USB. (sans Vera Lynn) Un cadre jauni d’une victoire ancienne, quand tout semblait encore possible.
Il ne voulait pas faire de cette maison un mausolée. Il voulait lui redonner une mémoire.
Les cartons arrivèrent quelques jours plus tard.
José les ouvrit lentement, méthodiquement. Il disposa les objets sans ordre apparent, comme on le fait dans une vraie maison. Un cadre sur une étagère. Une photo dans un couloir. Un parfum oublié dans une salle de bain.
Aníbal observa d’abord de loin. Puis il s’approcha.
Ses doigts frôlèrent un dessin d’enfant. Une photo de Valladolid. Yessica, souriante, à ses côtés, bien avant les triomphes, bien avant la légende. Son souffle se coupa un instant.
Il ne pleura pas. Mais quelque chose bougea. Ce n’était pas encore une flamme. À peine une braise.
Et pour la première fois depuis l’incendie, la maison sembla moins vide.
Tu vas bien finir par nous faire chialer
C’est vrai qu’avec la maison qui est partie en brasier, tous les souvenirs ont brûlé en même temps !
Une partie de lui est morte en même temps que sa famille. Sa mise en retrait est logique.
Réponses aux lecteurs
@Rhino merde c’est pas encore le cas ? ![]()
@alexgavi J’ai essayé de faire un truc pour reléguer un peu le sportif au second plan mais pas facile.
Vianense avait repris sa route. Sans lui. Le banc était resté vide, comme une chaise laissée volontairement inoccupée à une table trop grande. Officiellement, Aníbal Guimarães était toujours l’entraîneur du club. Officieusement, il n’était nulle part. Les premiers matchs de reprise s’étaient joués sans ses internationaux, sans ses cadres, sans sa voix. Une défaite contre le Feyenoord, sèche, presque brutale. Puis un nul terne face à la Lazio de Rome, sans relief, sans intention.
Deux matchs. Deux signaux. Il n’en fallut pas plus.
Le monde du football, qui n’attend jamais vraiment, s’engouffra dans la brèche avec un appétit féroce. Les médias internationaux flairaient la fin d’un règne. Les titres se succédaient, cruels, définitifs.
« Vianense sur le déclin »
« Aníbal Guimarães à la retraite »
« Le naufrage de la dynastie des Cavaleiros »
« Des chevaliers sans monture »
Chaque matin apportait sa sentence. Chaque édition son requiem anticipé.
Au Portugal, au Brésil, en Colombie, le ton restait différent. Les journalistes connaissaient l’homme. Ils connaissaient son histoire. Ils mesuraient l’ampleur de la blessure. On parlait de respect, de temps, de silence nécessaire. On se refusait à accabler la bête blessée.
Mais au-delà de la péninsule ibérique, la compassion n’avait pas cours.
On parlait de club maudit. On murmurait que Vianense payait enfin ses excès. Que la réussite avait un prix. Que les dynasties finissaient toujours par s’effondrer.
Les rumeurs prenaient corps. Les agents hésitaient. Certains joueurs, pourtant ciblés, repoussaient les discussions. D’autres, plus grave encore, faisaient mine de ne pas répondre. Quelques cadres traînaient des pieds. Certains avaient même séché la préparation, invoquant des blessures, des raisons personnelles, des incertitudes contractuelles.
Le doute s’installait. Pendant ce temps, Aníbal se reconstruisait dans l’ombre.
Il n’avait pas remis les pieds au centre d’entraînement. Pas encore. Il suivait de loin, par fragments. Un message de José. Un compte rendu de Victor. Un appel rapide de la direction. Il écoutait. Il notait. Il gardait tout pour lui.
La flamme était revenue. Faible. Instable. Mais présente.
Restait la question la plus simple et la plus cruelle : avait-il encore la force ?
Un soir, autour d’une pizza partagée presque machinalement, il retrouva Hugo Viana et Ruben Amorim. Deux amis. Deux anciens dirigeants. Deux retraités qui avaient refusé de tourner le dos quand le club en avait le plus besoin. Ils parlaient peu du football. Ou alors à mots couverts. Ils parlaient surtout de Yessica. De ce qu’elle aurait dit. De ce qu’elle avait toujours voulu.
« Tu voulais finir sur un dernier run » glissa Hugo, presque à voix basse.
« C’était aussi son idée » ajouta Ruben. « Elle y croyait plus que toi. »
Aníbal ne répondit pas tout de suite. Il regardait sa part de pizza refroidir. Le goût ne lui disait rien. Plus rien n’avait de goût.
« Je n’ai plus faim de victoire » finit-il par murmurer.
Le silence pesa. Il avait appelé Rafaela Pimienta quelques jours plus tôt. Son agente historique. Celle qui l’avait accompagné à travers les continents, les scandales, les triomphes et les chutes. Il lui avait demandé de préparer un communiqué. Simple. Digne. Une annonce de retraite, si jamais il n’arrivait pas à franchir le pas.
Rafaela n’avait pas insisté. Elle savait. Puis arriva le 22 juillet.
La date aurait dû être une fête. L’anniversaire d’Isabel. Quatorze ans. Une journée qu’Aníbal redoutait sans vraiment l’avoir formulée. Il était resté chez lui, les volets à demi fermés, dans une tentative maladroite de se protéger du monde.
Et pourtant, le monde vint à lui. La direction du club. Le staff. Les joueurs. Les anciens. Les supporters historiques. Ceux qui avaient connu la montée, les doutes, les titres, les nuits européennes. Tous se présentèrent devant la villa, en silence. Pas de banderoles. Pas de chants. Juste des regards. Des fleurs. Des mots simples. Des preuves de respect.
Ils ne demandaient rien. Ils étaient là.
Aníbal resta longtemps immobile. Victor à ses côtés. José un pas derrière. Il sentit alors quelque chose se briser en lui. Ou peut-être se reformer. Une évidence douloureuse.
Il ne le faisait plus pour les trophées. Il ne le faisait plus pour les records. Il le faisait parce qu’il le devait. À elle. À eux.
À ce club qu’il avait façonné. À cette histoire qu’il ne pouvait pas laisser inachevée.
Il ne l’annonça pas encore.
Mais ce soir-là, au plus profond de lui, Aníbal Guimarães avait pris sa décision. Il restait à franchir le pas.
Oh putaing, quelle décision ?!

Les temps sont durs pour lui… Ça laisse un sacré vide en soi ce genre d’événement…
il fait comme Toopil
nous laisser en attente
Il a une sacrée marge sur ce point, @Groot …



