:storygold: :s26: :rip: :rip: :rip: :rip: O Leão de Lisboa

Réponses aux lecteurs

@FC_Guimaraes

@toopil faudrait déjà que Carlito retrouve un poste ce con :hoho:

@gwendil35 bel hommage.

@CaptainAmericka il faudra de la patience pour le découvrir.

@Manuel99FG on pas encore fait le deuil que t’es déjà dans le sportif :hoho:

@celiavalencia l’histoire ne s’arrêtera pas là mais on va pas faire 25 saisons de plus non plus :sac:

- Victor -

Le retour de Victor à Viana ne fit aucun bruit. Pas de caméras. Pas d’articles. Pas de communiqué. La nouvelle circula pourtant vite, comme tout ce qui touche aux Guimarães depuis l’incendie. On sut simplement que l’enfant prodige était rentré. Vivant. Debout. Mais déjà brisé.

Après l’élimination de l’Espagne face au Portugal en demi-finale de l’Euro, Victor n’était pas rentré avec la délégation. Il n’en avait pas eu la force. La défaite avait été violente, presque cruelle, éliminé par le pays de son père, par les hommes qu’il connaissait, par ceux qu’il aurait pu représenter. Mais cela n’avait été qu’un prélude.

Il avait pris un avion seul, direction la Géorgie, chez la famille de sa mère biologique. Là-bas, dans les montagnes et les silences épais, il avait tenté de se reconnecter à quelque chose de plus ancien que le football. Des repas simples. Des regards francs. Une langue qu’il comprenait sans toujours la parler. Il avait cherché un refuge, sans savoir que le monde qu’il fuyait allait s’effondrer derrière lui.

Quand la nouvelle était tombée, elle avait traversé les murs comme une déflagration. Le feu. La villa. Les morts. Victor avait coupé court. Il n’avait prévenu personne. Il avait simplement pris le premier vol, le regard vide, les mains tremblantes. À l’aéroport, personne ne l’attendait. À Viana, personne ne savait comment l’accueillir.

Il arriva juste avant l’enterrement. Trop tard pour les adieux. Trop tôt pour le deuil. Son père ne lui parla pas. Aníbal n’avait parlé à personne, à vrai dire. Ni à Hugo. Ni à Ruben. Ni même à José. Il se contentait d’exister, quelque part entre deux respirations, incapable d’accorder un mot à qui que ce soit. Victor le vit de loin, une fois, une silhouette dans le jardin de la villa de José. Ils se croisèrent sans se croiser. Aucun signe. Aucun geste.

Alors Victor sortit. Le soir même, on le vit dans un bar de Viana. Un endroit discret, à l’écart du centre, fréquenté d’ordinaire par des habitués qui savaient quand se taire. Il commanda un verre. Puis un autre. Puis un autre encore. L’alcool ne faisait pas oublier. Il rendait simplement les questions plus bruyantes.

Pourquoi moi ? Pourquoi avais-je été épargné ? Pourquoi ses deux sœurs, Luísa et Isabel, pourquoi Pedro, son petit frère, pourquoi Yessica celle qui l’avait élevé, aimé, protégé comme si le sang n’avait jamais compté étaient-ils partis, et pas lui ? Il se sentait illégitime d’être vivant. Comme s’il avait pris la place de quelqu’un d’autre.

Autour de lui, les conversations continuaient, maladroites, évitant son regard. Certains le reconnaissaient. D’autres détournaient les yeux. Victor vida son verre d’un trait, la gorge en feu, le cœur plus lourd encore. Les images revenaient en boucle : la maison, les rires, les anniversaires récents, les appels manqués.

Et surtout, le silence de son père. Ce fut le patron du bar qui appela. Discrètement. Sans alerter la presse. Sans bruit. Il composa un numéro qu’il connaissait par cœur. João Infante.

Quand João arriva, il comprit immédiatement. Victor était affalé sur le comptoir, les yeux rougis, la mâchoire serrée, l’orgueil brisé par l’alcool et la douleur. João ne dit rien. Il posa simplement une main ferme sur son épaule.

« Viens. On rentre. »

Victor ne résista pas.

Dans la voiture, le silence s’installa. Pas un silence pesant. Un silence nécessaire. João connaissait Victor depuis qu’il était gamin. Depuis les premiers entraînements au centre, les retours tardifs, les repas improvisés chez lui quand Aníbal était à l’étranger. Il avait été un éducateur, un confident, parfois un grand frère. Il n’avait jamais cherché à remplacer qui que ce soit. Il avait juste été là.

Chez lui, João le fit s’asseoir. Un verre d’eau. Une couverture. Rien de plus.

La gueule de bois fut rude. Mais la discussion le fut davantage.

« Tu sais pourquoi tu es encore là, Victor ? » demanda João doucement.

Victor secoua la tête, les yeux humides.

« Non… et c’est ça le pire. »

João inspira profondément.

« Parce que tu dois l’être. Ce n’est pas une dette. Ce n’est pas une faute. C’est une responsabilité. »

Victor releva la tête.

Mon père ne m’a même pas regardé… murmura-t-il.

« Parce qu’il ne sait plus regarder le monde sans les perdre encore une fois, » répondit João. « Mais crois-moi… s’il y a une chose qui peut encore le maintenir en vie, c’est toi. »

Victor éclata enfin.

Les larmes qu’il retenait depuis des jours jaillirent sans retenue. João le laissa faire. Il savait que ce moment viendrait. Il savait aussi que Victor devait comprendre une chose essentielle.

« Aníbal n’a plus la force de se battre pour lui-même » conclut-il. « Mais il se battra toujours pour ses enfants. Même brisé. Même silencieux. »

Victor resta longtemps immobile, le regard perdu. Puis il hocha lentement la tête. Il ne savait pas encore comment aider son père. Il ne savait pas s’il en aurait la force. Mais pour la première fois depuis l’incendie, une certitude s’imposa à lui : Il n’était pas vivant par erreur. Il était vivant pour quelque chose.

- Chapitre 1002 -
- une absence froide et cruelle -
- Chapitre 1004 -
Coming SOON - 24/03
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