Le secteur dĂ©fensif nâest quand mĂȘme pas des plus rassurant
Open bar derriĂšre lol
Le moteur de la berline Ă©lectrique fournie par la Federação Portuguesa de Futebol ronronnait doucement alors que le vĂ©hicule filait sur la nationale, entre Lisbonne et Viana do Castelo. AnĂbal GuimarĂŁes, silhouette droite et regard perdu, fixait sans vraiment le voir le paysage nocturne qui dĂ©filait Ă travers la vitre teintĂ©e. Les pins, les falaises, lâAtlantique au loin⊠rien ne lâapaisait vraiment. Pourtant, sportivement, tout allait pour le mieux.
Le Portugal, dont il avait pris les rĂȘnes quelques mois plus tĂŽt, avait remportĂ© cinq de ses six premiers matchs de Ligue des Nations avec brio. Ă Vianense, la jeunesse flamboyante continuait dâilluminer les pelouses du pays. On murmurait dĂ©jĂ que cette gĂ©nĂ©ration-lĂ serait lâhĂ©ritiĂšre des Invincibles. Mais derriĂšre le rideau des projecteurs, les choses se dĂ©litaient. La lumiĂšre de ses succĂšs ne suffisait plus Ă faire disparaĂźtre lâombre qui planait sur lui.
Quelques jours plus tĂŽt, Ă Londres, AnĂbal avait Ă©tĂ© entendu dans les bureaux feutrĂ©s de Scotland Yard. Une convocation officielle, transmise via Interpol, dans le cadre de lâenquĂȘte autour de la disparition puis rĂ©apparition violente de Lamar Jackson. Le coach de Wrexham avait Ă©tĂ© retrouvĂ© errant, hagard, dans le nord de lâAngleterre, Ă proximitĂ© dâun entrepĂŽt oĂč la police avait dĂ©couvert les corps de ressortissants japonais liĂ©s Ă un clan mafieux. Le lien avec lâaffaire Jackson restait flou, mais les tabloĂŻds, eux, nâavaient pas attendu. Le nom dâAnĂbal avait ressurgi, encore une fois. Toujours ce passĂ© qui collait, cette poussiĂšre quâon croyait balayĂ©e mais qui revenait, par rafales.
Ce soir-lĂ , alors quâil cherchait un peu de silence dans les bruissements du soir portugais, son tĂ©lĂ©phone vibra. LâĂ©cran indiquait Juan SebastiĂĄn Anaya.
AnĂbal dĂ©crocha aussitĂŽt.
âJuanito, mon frĂšre, que me vaut lâhonneur ? Tu devrais ĂȘtre sur une plage Ă Rio ?â
Le latĂ©ral international, dĂ©sormais cadre de Palmeiras et Ă©ternel protĂ©gĂ© dâAni, rit doucement.
âJe suis Ă Londres. Jâai profitĂ© de lâinvitation de Simon pour voir un match. Chelsea â Wrexham, Ă Stamford Bridge.â
Le coach portugais haussa un sourcil, un sourire naissant sur le visage.
âEt donc tâas vu du football ? Ou tu veux juste me raconter les errances dĂ©fensives de Lamar une fois de plus ?â
Le ton changea. Juan devenait plus grave.
âNon⊠câest pas ça. Ăcoute, Ani⊠Tu sais que je suis attentif aux dĂ©tails. Et lĂ , jâai vu quelque chose qui mâa mis mal Ă lâaise. TrĂšs mal Ă lâaise. Le sponsor maillot de Wrexham. Câest PostobĂłn.â
Un silence tomba dans la voiture. Le genre de silence qui hurle. AnĂbal fronça les sourcils.
âPostobĂłn ? Tu es sĂ»r ? Pas une publicitĂ© ponctuelle ? Une campagne caritative ?â
Juan insista.
âNon, bro. FlanquĂ© dans le dos, en plein centre du maillot sous le numĂ©ro. Lâaccord a Ă©tĂ© annoncĂ© pendant que jâĂ©tais en vol, je lâai vĂ©rifiĂ© sur leur site. Sauf que tu sais aussi bien que moi ce quâest PostobĂłn en Colombie. Une façade. DerriĂšre, il y a des intĂ©rĂȘts trĂšs, trĂšs lourds. Des gens que ni toi ni moi ne voulons revoir sur notre chemin. Les frĂšres Galindo, le clan Cruz, tous.â
AnĂbal passa la main sur son visage, tirĂ© par la fatigue.
âPutain de merdeâŠâ
âTu vois oĂč je veux en venir ?â, ajouta Juan. âPourquoi une entreprise aussi locale, aussi⊠chargĂ©e, deviendrait sponsor dâun club gallois ? Ce nâest pas du hasard. Et si tu veux mon avis, ça nâa rien dâun geste commercial. Câest politique. Câest symbolique. Et ça te vise.â
AnĂbal resta silencieux un moment. Tout sâimbriquait, encore. Le retour de Coco Cruz dans les radars. Lâeffacement progressif de certaines dettes au BrĂ©sil. Les Ă©tranges coups de fil passĂ©s depuis des tĂ©lĂ©phones jetables. Et maintenant, PostobĂłn sur les maillots rouges de Wrexham. Lâancien ennemi redevenait une menace. Et Lamar, malgrĂ© ses dĂ©lires paranoĂŻaques, avait peut-ĂȘtre bien touchĂ© du doigt une part de vĂ©ritĂ©.
âMerci, Juan. Merci de me le dire. Rentre au BrĂ©sil. Ou va Ă Valladolid. Mais tiens-toi loin de cette merde. Dis Ă Saldanha que je vais avoir besoin de son flair bientĂŽt. Je dois parler Ă Hugo. Et Ă Cristiano. On ne peut plus faire semblant.â
Juan hésita un instant.
âEt toi ? Tu vas faire quoi ?â
Le regard dâAnĂbal se perdit dans lâhorizon sombre, lĂ oĂč les montagnes de Viana se dessinaient Ă peine.
âMoi ? Je vais creuser. Et si câest ce que je pense⊠alors ils ne sont pas prĂȘts pour la tempĂȘte que je vais leur renvoyer.â
Les problĂšmes ne font que sâaccumuler pour Ani ![]()
AYOOOOO LES PROBLEMES !!!
(bis)
Réponses aux lecteurs
@Rhino Ah ça on cumule on cumule.
@CaptainAmericka Julien Tanti sort de ce corps ![]()
- - -Francisco |
Maior - - - |
|---|---|
- - -Francisco |
Maior - - - |
| Ăge | 21 |
| Nationalité | |
| Valeur | 46-52M⏠|
| Salaire | 356 000 âŹ/m |
| Fin de Contrat | 30 Juin 2049 |
| ANNEES | CLUB | |||||||
| 38/39 | [U16] | SC Vianense | 35 | 12 | 19 | |||
| 38/39 | [U19] | Vianense SC | 9 | 2 | 8 | |||
| 39/40 | [U19] | Vianense SC | 35 | 5 | 7 | |||
| 39/40 | [PRO] | Vianense SC | 11 | 0 | 0 | |||
| 40/41 | [U19] | Vianense SC | 34 | 6 | 11 | |||
| 40/41 | [PRO] | Vianense SC | 13 | 0 | 4 | |||
| 41/42 | [PRO] | Vianense SC | 37 | 1 | 3 | |||
| 42/43 | [PRO] | Vianense SC | 49 | 9 | 5 | |||
| 43/44 | [PRO] | Vianense SC | 47 | 5 | 6 | |||
| 44/45 | [PRO] | Vianense SC | 15 | 3 | 2 | |||
| 41/44 | [U21] | Portugal U21 | 4 | 0 | 2 | |||
| 44/45 | [A] | Portugal | 5 | 0 | 3 | |||
| 38-45 | TOTAL - - - - - | 172 | 18 | 20 |
Membre clĂ© de Vianense depuis quelques saisons il sâest imposĂ© petit Ă petit comme le plus grand talent issus du centre de formation de Viana. Il a pris une toute autre dimension depuis deux ans oĂč il alterne entre piston gauche et milieu central. Il est en outre devenu un international efficace mĂȘme si la concurrence demeure forte au sein de la Seleção.. Retour en cinq anecdotes sur le parcours de ce jeune prodige.
Le futur Bernardo Silva
Il y avait dans le toucher de balle de Francisco Maior quelque chose dâinstinctif, dâĂ©vident. Comme une musique jouĂ©e depuis la naissance, sans apprentissage apparent, sans effort forcĂ©. Ceux qui lâavaient vu jouer Ă onze ans sur les terrains cabossĂ©s de Darque juraient quâil Ă©tait le seul mĂŽme de son Ăąge Ă ne jamais regarder ses pieds en dribblant. LâĆil toujours levĂ©, la tĂȘte toujours dans le jeu, le souffle dĂ©jĂ mĂ»r. Ce nâĂ©tait plus un simple enfant, câĂ©tait dĂ©jĂ un chef dâorchestre.
RepĂ©rĂ© trĂšs tĂŽt par les Ă©ducateurs de Vianense, il avait intĂ©grĂ© la cantera locale avant mĂȘme son douziĂšme anniversaire. TrĂšs vite, les comparaisons avaient fusĂ©. Trop vite, peut-ĂȘtre. On parlait de Bernardo Silva, pour son gabarit frĂȘle, sa conduite de balle basse, son flair unique. On Ă©voquait parfois Rui Costa, pour sa capacitĂ© Ă ralentir le temps, Ă rendre poĂ©tique le plus pragmatique des ballons. Mais Francisco, lui, ne sâĂ©tait jamais vu dans ces figures du passĂ©. Il voulait juste jouer, porter le bleu roi de Viana, et rendre fiers ses parents, tous deux boulangers dans le centre-ville.
Le chouchou de Nike et du Kyks
à quinze ans, un nouveau tournant bouleversa sa trajectoire. Nike, flairant la pépite, envoya un émissaire à Viana do Castelo. En moins de quarante-huit heures, un contrat fut signé. Le plus gros jamais accordé à un joueur mineur au Portugal depuis⊠un certain Cristiano Ronaldo. Francisco devint, bien malgré lui, un produit marketing. Mais au lieu de se perdre dans la lumiÚre, il trouva une ombre rassurante : Kylian Mbappé, légende française alors en fin de carriÚre, fut nommé par la marque comme mentor personnel du jeune lusitanien.
Entre le champion du monde et le gamin de Viana, le lien fut immĂ©diat. Kylian vit en Francisco ce quâil avait Ă©tĂ© : une comĂšte dans un ciel saturĂ© dâattentes. Et Francisco trouva chez lâancien parisien un grand frĂšre, un conseiller, un protecteur. Ensemble, ils partagĂšrent des stages, des vacances, des repas de famille. Et câest dâailleurs lors dâun de ces rassemblements privĂ©s que Francisco croisa le regard dâIsadora da Silva Santos, la fille cadette de Neymar Jr.
Marié avec la fille de Neymar Jr
Isadora, Ă©levĂ©e loin des projecteurs par sa mĂšre Ă SĂŁo Paulo, sâĂ©tait toujours mĂ©fiĂ©e des footballeurs. Trop de drame, trop de bruit. Mais Francisco nâĂ©tait pas comme les autres. Il parlait doucement, riait peu, mais avec sincĂ©ritĂ©. Il aimait les livres, les longues balades sur la plage, les pastĂ©is de nata bien tiĂšdes. Un an plus tard, ils se mariaient en toute discrĂ©tion Ă Braga, dans la petite chapelle de Santa Cruz. Quelques mois plus tard, un fils naquit, Ney, clin dâĆil affectueux au grand-pĂšre paternel, et⊠à son parrain.
Membre de la famille dâAnibal
Car oui, AnĂbal GuimarĂŁes, lâhomme de lâombre, le maĂźtre tacticien, le roc du Vianense, avait acceptĂ© avec Ă©motion dâĂȘtre le parrain de lâenfant. Lui qui avait modelĂ© Francisco comme un sculpteur travaille le marbre brut, le voyait dĂ©sormais devenir homme, pĂšre, mari. Il avait tenu le petit Ney dans ses bras lors du baptĂȘme, les yeux embuĂ©s, murmurant Ă YĂ©ssica que ce garçon serait, un jour, capitaine du Portugal.
Viana per sempre
Aujourdâhui, Ă 21 ans, Francisco Maior compte prĂšs de 170 apparitions sous les couleurs du SC Vianense. Il a marquĂ© lâEuropa League de son empreinte, brillĂ© en Liga Betclic, et sâimpose petit Ă petit comme un futur pilier de la sĂ©lection portugaise. Les plus grands clubs dâEurope le courtisent avec insistance : le Real Madrid, Liverpool, la Juventus⊠Mais Francisco, fidĂšle Ă ses promesses dâenfant, les repousse tous.
« Je suis né à Viana. Je veux y vieillir. »
Câest ce quâil avait dĂ©clarĂ©, le regard droit, lors de la remise du trophĂ©e du Meilleur Joueur Portugais U23. Certains ricanĂšrent, dâautres applaudirent. Mais ceux qui connaissaient vraiment le garçon savaient que ce nâĂ©tait pas de la posture. CâĂ©tait sa vĂ©ritĂ©.
Et Ă Viana, on lâaime pour ça. Pour sa fidĂ©litĂ© rare. Pour ses passes lumineuses. Pour ses silences pleins de sens. Pour sa maniĂšre de courir tĂȘte haute, de lever le poing vers la tribune Est aprĂšs chaque but, lĂ oĂč ses parents sont toujours assis. On lâaime pour ce quâil est : lâenfant dorĂ© dâun club devenu lĂ©gende vivante.
La nuit Ă©tait tombĂ©e sur Viana do Castelo, douce et calme, bercĂ©e par ce vent lĂ©ger venu de lâocĂ©an, ce vent qui semblait chaque soir vouloir nettoyer le monde de ses ombres, sans jamais y parvenir tout Ă fait. Le terrain dâentraĂźnement du SC Vianense avait Ă©tĂ© vidĂ© depuis plusieurs heures, les crampons nettoyĂ©s, les lumiĂšres Ă©teintes, et les cris de Francisco Maior ou de Luvanor sâĂ©taient depuis longtemps tus. AnĂbal GuimarĂŁes, lui, avait regagnĂ© la quiĂ©tude de sa villa ultra sĂ©curisĂ©, ce cocon Ă lâabri des regards, blotti dans les hauteurs boisĂ©es de la ville.
Il avait embrassĂ© rapidement YĂ©ssica, plaisantĂ© un instant avec Pedro et Luisa, les jumeaux qui grandissaient Ă vue dâĆil, . Une poignĂ©e de minutes plus tard, les enfants avaient filĂ© sous la surveillance bienveillante de la nounou et Anibal avait demandĂ© Ă Ganso et Victor dâarrĂȘter la Playstation. AnĂbal sâĂ©tait isolĂ© dans le salon dâhiver, cette piĂšce baignĂ©e de lumiĂšre le jour, devenue refuge nocturne, entre confort et secrets.
Dâun geste laconique, il alluma lâĂ©cran plat accrochĂ© au mur. Le Real Madrid affrontait le Betis SĂ©ville. Le ballon circulait, Avalino Jr. multipliait les feintes. Mais lâesprit dâAnĂbal Ă©tait ailleurs.
Le tĂ©lĂ©phone vibra dans la poche intĂ©rieure de sa veste. Un nom sâafficha : Ichiban.
Il décrocha sans un mot, juste un souffle.
âTu mâas oubliĂ© ou tu tâes rangĂ© ?â lança la voix grave et posĂ©e de lâancien actionnaire de Vianense, Ichiban Kasuga, dĂ©sormais homme de lâombre, stratĂšge et maĂźtre dâun empire silencieux au Japon.
AnĂbal laissa Ă©chapper un lĂ©ger ricanement fatiguĂ©.
âJâai essayĂ© de me faire discret. Mais la poussiĂšre me suit, tu sais comment câest. Et toi, tu mâappelles Ă minuit. Câest pas pour parler de football japonais.â
Un silence. Puis Ichiban reprit.
âJe tâappelle parce que je dois clarifier des choses. Tu mâas demandĂ©, il y a quelques mois, de tâaider Ă faire tomber Lamar Jackson. Tu voulais des rĂ©ponses. Tu voulais que quelquâun paye. Mais je nâai rien fait.â
AnĂbal fronça les sourcils, sâenfonçant dans le large canapĂ© de cuir.
âRien ? Tâattends quoi ? Quâil revienne avec une ceinture dâexplosif autour du buste ?â
Ichiban haussa Ă peine la voix, mais le ton se fit plus tranchant.
âDes opĂ©rations de cette ampleur ne se mĂšnent pas en trois mois comme un plan de jeu contre Benfica. Et surtout, tu dois comprendre que lâaffaire a pris une tournure diffĂ©rente. Ce commando japonais retrouvĂ© mort dans le nord de lâAngleterre⊠ce nâĂ©taient pas les miens.â
AnĂbal se redressa.
âPas les tiens ? Pourtant les mĂ©dias parlent dâun groupe armĂ©, des sabres rituels, des origines nippones. Tu vas me dire que ça ne te concerne pas ?â
âJe contrĂŽle le Nord du Japon, AnĂbal. Ces types venaient du Sud. Ce commando-lĂ , ce sont des parias. Des anciens mercenaires renĂ©gats, excommuniĂ©s par les familles. Ils vendent leurs services au plus offrant, depuis la ThaĂŻlande jusquâaux bidonvilles de Caracas. Ce nâest pas la Yakuza. Câest de la viande Ă canon, instable, sans foi ni loi.â
AnĂbal soupira longuement, lâĆil fixĂ© sur le match, bien quâil nâen voyait plus les images.
âEt quâest-ce quâils foutaient lĂ , alors ? Pourquoi Wrexham ? Pourquoi Lamar ?â
Ichiban marqua une pause.
âCe qui mâinquiĂšte⊠ce sont les armes retrouvĂ©es. Ce ne sont pas des armes japonaises. Pas mĂȘme des russes. Ce sont des automatiques typiques des cartels sud-amĂ©ricains. Tu te rends compte ? Un commando nippon armĂ© comme des assassins de MedellĂn. Ăa ne fait aucun sens. Pas sans un commanditaire externe.â
AnĂbal se leva, faisant quelques pas dans la piĂšce, les mains dans les poches.
âCoco Cruz. Câest lui, pas vrai ? Avec PostobĂłn sur le maillot de Wrexham, tout sâemboĂźte.â
Ichiban ne confirma pas, mais son silence en disait long.
âJe suis en train de dĂ©mĂȘler ce rĂ©seau, Ani. Il y a des ramifications au Mexique, en Espagne, et peut-ĂȘtre mĂȘme Ă lâintĂ©rieur de la Premier League. Dâici quelques semaines, je saurai. Et je te donnerai un nom. Mais en attendant, Ă©coute-moi bien : tu dois rester calme. Tu es sous surveillance. Il y a des gens qui attendent une erreur, un faux pas, pour te faire tomber. Pas avec des balles, mais avec des dossiers, des preuves, des articles. Tu as un pays Ă guider maintenant. Ne les laisse pas tâentraĂźner vers ta part dâombre.â
AnĂbal resta un long moment silencieux. Puis il hocha la tĂȘte, plus pour lui-mĂȘme que pour son interlocuteur.
âMerci, Ichi. Je ne te demanderai pas comment tu sais tout ça. Je sais juste que je nâai jamais vraiment Ă©tĂ© seul.â
Ichiban laissa échapper un bref sourire audible à travers le combiné.
âOn ne laisse pas tomber un frĂšre. MĂȘme quand il joue Ă cache-cache avec la mort.â
Le téléphone raccrocha. Le silence revint.
Sur lâĂ©cran, le Real venait de marquer. AnĂbal nâeut mĂȘme pas un sourire. Il retourna vers la chambre conjugale, lâesprit embrouillĂ©. DerriĂšre les rideaux tirĂ©s, la nuit portugaise semblait soudain plus lourde quâelle ne lâavait Ă©tĂ© depuis longtemps.
Ăa devient de plus en plus tentaculaire ! ![]()
On en est Ă se demander laquelle des deux tĂȘtes sautera en premier ? Celle dâAnibal, ou Lamar ?
Jâai tout rattrapĂ© ![]()
Réponses aux lecteurs
@alexgavi oui câest un beau bordel. Peut ĂȘtre que les deux vont sauter au final.
@toopil beaucoup de retard ? ![]()
- Le printemps sera européen ! -
AprĂšs un excellent dĂ©but de saison, Vianense restait sur neuf victoires dont huit sans encaissĂ©s de buts. Si la premiĂšre sĂ©rie continua la seconde pris fin dĂšs la quatriĂšme journĂ©e dâEuropa League. En effet Vianense encaissa un but rapide contre les roumains de Craiova. Mais lâattaque en revanche ne laissa rien passer et MamadĂș sâoffrit un doublĂ© sur deux passes de Victor. Le coup fatal venu de Luis Almeida qui marqua juste avant et juste aprĂšs la mi-temps. Gilson Silva marqua aussi Ă lâheure de jeu. Les hommes dâAnibal continuĂšrent en Liga avec une victoire contre Portimonense Ă la faveur dâun nouveau doublĂ© de MamadĂș.
En Taça, Vianense eu une opposition un peu plus relevĂ© quâau tour prĂ©cĂ©dent en affrontant Anadia. Lâattaque fut une nouvelle fois assez prolifique avec un doublĂ© de Luis Almeida et un but dâEmmanuel Adjei trĂšs rapidement. Adjei poussa aussi Reis Ă la faute. En seconde pĂ©riode Gilson Silva et Renato Pacheco donnĂšrent de lâampleur au score. En Europa League le sans faute continuait avec une victoire fleuve sur lâApollon Limassol. Emmanuel Adjei en grande forme ouvrit le score aprĂšs 6 minutes de jeu. La jeunesse guidĂ© par le capitaine Gilson Ă peine plus agĂ© qui marqua lui aussi. Le prodige Francisco Maior participa Ă la fĂȘte tandis que Eli Patermeu inscrivit un doublĂ© plein de classe confirmant la rivalitĂ© entre lui et Almeida. Novembre se termina sur une nouvelle victoire contre Casa Pia oĂč MamadĂș et Ganso marquĂšrent. Mais dans ce match Viana perdit MamadĂș blessĂ© qui ne reviendra pas avant le dĂ©but dâannĂ©e prochaine.
| Date | Club | Score | Buteurs | |||
| M4 | 3/11/2044 | Universitatea Craiova | 1 - 5 | MamadĂș (pen 42, 60), L.Almeida (45+3, 47), G.Silva (66) | ||
| J13 | 6/11/2044 | Portimonense | 2 - 0 | MamadĂș (35, 55) | ||
| T4 | 20/11/2044 | Anadia | 2 - 6 | L.Almeida (11, 35), E.Adjei (18), V.Reis (54), G.Silva (59), R.Pacheco (72) | ||
| M5 | 24/11/2044 | Apollon Limassol | 5 - 0 | E.Adjei (6), G.Silva (17), F.Maior (28), E.Patermeu (32, 69) | ||
| J14 | 27/11/2044 | Casa Pia | 0 - 2 | MamadĂș (44), Ganso (52) |
Avant de se reposer un peu Vianense devait toutefois finir lâannĂ©e et cela passa dâabord par un carton contre le FerencvĂĄrosi. Luis Almeida marqua dâentrĂ©e tandis que SĂ©rgio Mata se rappela au bons souvenirs de ses supporters en inscrivant un doublĂ©. En fin de match Carlos SimĂ”es sur corner et Emmanuel Adjei ajoutĂšrent deux autres buts. Dans la foulĂ©e le club fit tomber Estrela Amadora avec une nouveau match de classe de sa jeunesse. Antönio ouvrit le score avant quâAdjei ne claque un nouveau doublĂ© sur deux nouvelles assists de Victor.
Vianense valida ensuite sa qualification en Allianz Cup en faisant tomber Portimonense. Luis Almeida ouvrit le score. Dans la foulĂ©e Vianense mis la pression sur la dĂ©fense avant de prendre le large. Patermeu offrit un but sur un plateau Ă SĂ©rgio Mata avant que le jeune Pedro Tiba ne serve Antönio. LâannĂ©e se clotura avec une victoire contre Tondela Ă la faveur dâun but sur coup franc de Pedro Tiba avant quâun feu dâartifice cloture lâannĂ©e de la Citadelle des anges. Emmanuel Adjei marqua de nouveau suivi par Antönio. A la demi heure de jeu Renato Pacheco ajouta un but. En seconde pĂ©riode Pedro Tiba et le jeune Adilson marquĂšrent eux aussi.
Avec cette victoire Vianense se place Ă Ă©galitĂ© avec Benfica aprĂšs la moitiĂ© du championnat accentuant une pression folle sur les aigles tandis quâils sont dĂ©jĂ qualifiĂ©s pour les huitiĂšmes de finale dâEuropa League.
| Date | Club | Score | Buteurs | |||
| M6 | 8/12/2044 | Ferencvårosi TC | 5 - 1 | L.Almeida (9), S.Mata (11, 63), C.SimÔes (67), E.Adjei (72) | ||
| J15 | 11/12/2044 | Estrela da Amadora SAD | 3 - 1 | AntĂŽnio (22), E.Adjei (pen 57, pen 61) | ||
| GS | 15/12/2044 | Portimonense | 0 - 3 | L.Almeida (32), S.Mata (58), AntĂŽnio (80) | ||
| J16 | 28/12/2044 | Tondela | 0 - 1 | P.Tiba (37) | ||
| J17 | 31/12/2044 | Belenenses | 5 - 1 | E.Adjei (15), AntĂŽnio (17), R.Pacheco (34), P.Tiba (57), A.Gomes (67) |
- Classement -
| Clt | Ăquipe |
J | G | N | P | Bm | Be | Diff | Pts | ||
| 1er | Benfica | 17 | 14 | 2 | 1 | 47 | 16 | +31 | 44 | ||
| 2e | Vianense | 17 | 14 | 2 | 1 | 40 | 8 | +32 | 44 | ||
| 3e | Porto | 17 | 12 | 2 | 3 | 39 | 18 | +21 | 38 | ||
| 4e | Farense | 16 | 11 | 3 | 2 | 30 | 17 | +13 | 36 | ||
| 5e | Casa Pia | 17 | 8 | 4 | 5 | 27 | 24 | +3 | 28 | ||
| 6e | Belenenses | 17 | 7 | 4 | 6 | 21 | 31 | -10 | 25 | ||
| 7e | Sporting CP | 17 | 6 | 6 | 5 | 33 | 32 | +1 | 24 | ||
| 8e | Estrela da Amadora SAD | 17 | 7 | 3 | 7 | 22 | 28 | -6 | 24 | ||
| 9e | Tondela | 16 | 7 | 2 | 7 | 34 | 26 | +8 | 23 | ||
| 10e | VitĂłria de GuimarĂŁes | 16 | 6 | 4 | 6 | 25 | 25 | 0 | 22 | ||
| 11e | Salgueiros | 16 | 6 | 0 | 10 | 18 | 35 | -17 | 18 | ||
| 12e | Portimonense | 16 | 4 | 5 | 7 | 22 | 28 | -6 | 17 | ||
| 13e | Santa Clara | 16 | 3 | 3 | 10 | 12 | 31 | -19 | 12 | ||
| 14e | Braga | 16 | 2 | 5 | 9 | 18 | 27 | -9 | 11 | ||
| 15e | Boavista | 16 | 1 | 8 | 7 | 20 | 32 | -12 | 11 | ||
| 16e | B | Gil Vicente | 17 | 2 | 5 | 10 | 16 | 28 | -12 | 11 | |
| 17e | UniĂŁo de Leiria | 16 | 2 | 5 | 9 | 18 | 27 | -9 | 11 | ||
| 18e | Estoril Praia | 16 | 2 | 5 | 9 | 20 | 29 | -9 | 11 |
- Classement -
| Clt | Ăquipe |
J | G | N | P | Bm | Be | Diff | Pts | |||
| 1er | 1/8 | Vianense | 6 | 6 | 0 | 0 | 25 | 4 | +21 | 18 | ||
| 2e | 1/8 | Eintracht Frankfurt | 6 | 5 | 1 | 0 | 17 | 7 | +10 | 16 | ||
| 3e | 1/8 | FK Partizan | 6 | 5 | 0 | 1 | 14 | 4 | +10 | 15 | ||
| 4e | 1/8 | Shakhtar | 6 | 4 | 1 | 1 | 8 | 5 | +3 | 13 | ||
| 5e | 1/8 | Hamburg | 6 | 3 | 3 | 0 | 12 | 7 | +5 | 12 | ||
| 6e | 1/8 | Feyenoord | 6 | 3 | 3 | 0 | 12 | 9 | +3 | 12 | ||
| 7e | 1/8 | FC Midtjylland | 6 | 3 | 2 | 1 | 12 | 4 | +8 | 11 | ||
| 8e | 1/8 | Dundee Utd | 6 | 3 | 2 | 1 | 14 | 9 | +5 | 11 | ||
| 9e | B | Porto | 6 | 3 | 2 | 1 | 20 | 16 | +4 | 11 | ||
| 10e | B | Rapid Wien | 6 | 3 | 2 | 1 | 10 | 7 | +3 | 11 | ||
| 11e | B | Marseille | 6 | 3 | 1 | 2 | 13 | 8 | +5 | 10 | ||
| 12e | B | Man Utd | 6 | 3 | 1 | 2 | 9 | 10 | -1 | 10 | ||
| 13e | B | TSC | 6 | 2 | 3 | 1 | 11 | 9 | +2 | 9 | ||
| 14e | B | BeĆiktaĆ | 6 | 2 | 3 | 1 | 11 | 10 | +1 | 9 | ||
| 15e | B | :realsociedad: | Real Sociedad | 6 | 2 | 3 | 1 | 10 | 9 | +1 | 9 | |
| 16e | B | FerencvĂĄrosi TC | 6 | 3 | 0 | 3 | 12 | 12 | 0 | 9 | ||
| 17e | B | Legia Warszawa | 6 | 2 | 2 | 2 | 10 | 9 | +1 | 8 | ||
| 18e | B | Atlético de Madrid | 6 | 2 | 2 | 2 | 8 | 7 | +1 | 8 | ||
| 19e | B | Leeds Utd | 6 | 2 | 1 | 3 | 14 | 14 | 0 | 7 | ||
| 20e | B | Lazio | 6 | 1 | 4 | 1 | 9 | 9 | 0 | 7 | ||
| 21e | B | PAOK | 6 | 2 | 1 | 3 | 6 | 6 | 0 | 7 | ||
| 22e | B | St. Gallen | 6 | 2 | 1 | 3 | 9 | 10 | -1 | 7 | ||
| 23e | B | Hibernian | 6 | 1 | 4 | 1 | 7 | 8 | -1 | 7 | ||
| 24e | B | Kilmarnock | 6 | 2 | 1 | 3 | 7 | 9 | -2 | 7 | ||
| 25e | Ajaccio | 6 | 2 | 1 | 3 | 11 | 14 | -3 | 7 | |||
| 26e | The New Saints | 6 | 2 | 1 | 3 | 6 | 11 | -5 | 7 | |||
| 27e | Gorica | 6 | 2 | 0 | 4 | 11 | 10 | +1 | 6 | |||
| 28e | AC Milan | 6 | 2 | 0 | 4 | 6 | 9 | -3 | 6 | |||
| 29e | Sporting CP | 6 | 1 | 2 | 3 | 9 | 12 | -3 | 5 | |||
| 30e | Genk | 6 | 1 | 2 | 3 | 5 | 10 | -5 | 5 | |||
| 31e | VÄlerenga | 6 | 0 | 3 | 3 | 5 | 9 | -4 | 3 | |||
| 32e | Levski Sofia | 6 | 0 | 3 | 3 | 5 | 10 | -5 | 3 | |||
| 33e | Olimpija Lublana | 6 | 1 | 0 | 5 | 7 | 15 | -8 | 3 | |||
| 34e | Universitatea Craiova | 6 | 0 | 3 | 3 | 8 | 17 | -9 | 3 | |||
| 35e | Apollon Limassol | 6 | 0 | 2 | 4 | 4 | 20 | -16 | 2 | |||
| 36e | Kairat | 6 | 0 | 0 | 6 | 3 | 21 | -18 | 0 |
- Classement des buteurs -
| Nat | Nat | Prénom | Nom | MJ | Buts | Assists | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nat | Nat | Prénom | Nom | MJ | Buts | Assists | |
| MamadĂș | ManĂ© | 20 (2) | 15 | 1 | |||
| Emmanuel | Adjei | 10 (9) | 12 | 1 | |||
| Sérgio | Mata | 19 (5) | 10 | 3 | |||
| AntĂŽnio | Carlos | 9 (12) | 9 | 4 | |||
| LuĂs | Almeida | 14 (14) | 8 | 4 |
- Classement des passeurs -
| Nat | Nat | Prénom | Nom | MJ | Buts | Assists | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nat | Nat | Prénom | Nom | MJ | Buts | Assists | |
| Victor | GuimarĂŁes | 7 (3) | 0 | 8 | |||
| Gilson | Silva | 14 (11) | 6 | 7 | |||
| Eli | Patermeu | 13 (4) | 7 | 7 | |||
| Pedro | Tiba | 22 (4) | 3 | 7 | |||
| Renato | Pacheco | 26 | 4 | 6 |
ça casse des culs la pour le moment, en route pour le titreâŠ.
On veut le titre. LâĂ©quipe le mĂ©rite tellement
Oh putain lâĂ©galitĂ© quasi parfaite avec BenficaâŠ
Câest quoi cette saison de malade ???
On sait (malheureusement) quâil va y avoir un match⊠UN seul⊠Un seul match qui va te faire tomber et dĂ©crocher dâeux
Mais en attendant, on sâaccroche Ă lâespoir que ! Quelle saison bordel !
La lumiĂšre blafarde de dĂ©cembre filtrait Ă peine Ă travers les brumes de Viana do Castelo ce matin-lĂ . Le vent salĂ© venu de lâAtlantique lĂ©chait les hauteurs de la Citadelle des Anges, mordant les visages, fouettant les esprits encore engourdis. MalgrĂ© le froid piquant, lâentraĂźnement du jour devait se tenir Ă huis clos. La saison battait son plein, la Supertaça avait Ă©tĂ© emportĂ©e de haute lutte face au Benfica, et Vianense trĂŽnait fiĂšrement dans le haut du tableau. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes⊠jusquâĂ ce que tout, subitement, vacille.
Le groupe, compact et appliquĂ©, sâadonnait Ă un de ces petits jeux dâĂ©chauffement que lâon croyait inoffensifs. Ballon Ă une touche, chĂątiment en cas dâerreur. Rires, moqueries gentilles, claps dans le dos. Lâambiance, dâabord joyeuse, sâĂ©tait lentement tendue lorsque Diego Vieitas, le portier international portugais, avait commencĂ© Ă fulminer.
âMais il a trichĂ©, putain ! Il Ă©tait hors zone, câest pas possible de pas le voir !â
Le ton monta dâun cran. En face, Bruno Santana, tout juste 20 ans et dĂ©jĂ propulsĂ© gardien numĂ©ro 1 bis grĂące Ă ses performances en Europa League, soutenait son point avec calme mais fermetĂ©. Il nâavait rien fait de mal. Mais Diego, Ă fleur de peau depuis plusieurs semaines, crut y voir de la condescendance.
Un mot en entraĂźna un autre. Les regards se figĂšrent. Et, sans prĂ©venir, Diego frappa. Dâun geste sec, direct, il saisit Bruno par le col avant de lui dĂ©cocher un crochet du droit. Le jeune tomba Ă genoux, plus surpris que blessĂ©, le souffle coupĂ©. Le silence se fit. Puis, dans un Ă©lan dâinstinct, Telmo TĂșlio, le jeune troisiĂšme gardien dâorigine brĂ©silienne, surgit de la mĂȘlĂ©e et sâinterposa violemment, sĂ©parant les deux hommes avant que le vestiaire ne sâenflamme tout entier.
AnĂbal GuimarĂŁes, restĂ© Ă lâĂ©cart sur le bord du terrain pour discuter avec son staff, avait tout vu. En quelques enjambĂ©es, il Ă©tait lĂ , ses yeux lançant des Ă©clairs. Il nâeut besoin dâaucun mot pour que le groupe comprenne : lâentraĂźnement Ă©tait terminĂ©.
âVestiaires. Tout le monde. Maintenant.â
Le retour au vestiaire fut silencieux, pesant, irrespirable. Les crampons raclaient le bĂ©ton sans quâaucune parole ne soit Ă©changĂ©e. Une fois Ă lâintĂ©rieur, AnĂbal ferma la porte Ă double tour, sâavança jusquâau centre de la piĂšce et explosa.
âVous croyez que câest ça, le haut niveau ?! Quâon se frappe quand on perd ?! Quâon salit lâĂ©cusson pour une putain de passe mal jugĂ©e ?!â
Ses mots fusaient comme des balles, son visage rougi par la colĂšre, les veines de son cou saillantes. Il ne sâadressait Ă personne et Ă tout le monde Ă la fois. Il nâĂ©tait plus un coach Ă cet instant. Il Ă©tait le pĂšre dâune famille trahie, blessĂ©e.
âOn est Ă Vianense. On dĂ©fend plus quâun club. On dĂ©fend un idĂ©al. Si vous lâavez oubliĂ©, je vous le rappellerai. Par la voix. Ou par le banc.â
Un silence. Puis un mouvement. Diego, tĂȘte basse, sâavança.
âJe suis dĂ©solĂ©, mister⊠dĂ©solĂ© Ă tous.â
Le mot Ă©tait sincĂšre, mais son poids restait mince face Ă lâimpact du geste. Hugo Viana, directeur sportif et figure tutĂ©laire, Ă©tait prĂ©sent dans le coin du vestiaire, appuyĂ© contre une armoire mĂ©tallique. Il se redressa lentement, mains croisĂ©es dans le dos, et dâun ton glacial dĂ©clara :
âDiego, tu es suspendu temporairement. Par mesure disciplinaire. Mais⊠pour ne pas Ă©clabousser ton image, nous dirons que tu souffres dâune contracture. En revanche, si tu ne joues pas le jeu, si tu laisses fuiter la vĂ©rité⊠nous ne te couvrirons plus.â
Le message Ă©tait clair. Un fusible venait de sauter. Et Diego, dâordinaire si fier, hocha la tĂȘte sans dire un mot. Il savait. Il avait merdĂ©. Bruno, de son cĂŽtĂ©, resta digne, refusant de se poser en victime. Anibal, dans un dernier souffle, reprit la parole :
âCe club nâest pas bĂąti sur les talents individuels. Il est bĂąti sur lâunion. Sur la fidĂ©litĂ©. Sur le respect. Je vous laisse digĂ©rer ça. Et que ça ne se reproduise plus.â
Le groupe se dispersa. La journĂ©e sâacheva dans un calme tendu. Mais quelque chose avait changĂ© dans les entrailles du vestiaire. La perfection nâĂ©tait quâune façade. Et mĂȘme Ă Vianense, les fissures pouvaient apparaĂźtre.
Anibal le savait mieux que quiconque : le plus dur ne serait pas de gagner. Ce serait de garder son peuple uni.
Une petite erreur sans conséquence on va dire. Un passage sur le banc va le calmer
Ohhhh ça bouge dans tous les sens cette histoireâŠ
AprĂšs lâextra sportif, voila que ça merde Ă lâintĂ©rieur mĂȘme du collectif. Il va falloir surmonter tout ça.
60 messages environ

Le management qui fait tout pour taire lâaffaire alors quâon sait tous quâune fouine va aller poucave en moins de temps quâil en faut pour le dire
Oui, ça serait surprenant que ça ne fuite pas⊠Il va forcĂ©ment y avoir un petit malin qui sera fier de livrer lâexclu⊠![]()
Réponses aux lecteurs
@Rhino câest lâidĂ©e et puis Bruno Santana pousse le salaud.
@VertPourToujours Les lumiÚres attirent et créé de la jalousie. On verra si ça déborde hors des gardiens.
@toopil ah oui quand mĂȘme. Câest tombĂ© quand jâai un peu ralenti ça tombe bien ![]()
@RedM1nd ah ça câest bien possible. On verra bien.
La nuit Ă©tait tombĂ©e depuis longtemps sur Viana do Castelo. Le vent qui sâengouffrait dans les ruelles de la vieille ville caressait les pavĂ©s froids comme une mĂ©moire qui refuse de mourir. Au loin, la mer battait ses vagues contre la cĂŽte, en une symphonie sourde et rĂ©guliĂšre. Dans la villa dâAnĂbal GuimarĂŁes, le feu crĂ©pitait dans la cheminĂ©e du salon dâhiver. Lâair sentait le bois, la cannelle, et un soupçon dâagitation silencieuse.
Assis dans un fauteuil en cuir usĂ©, Ganso, 19 ans, regardait le plafond avec des yeux de mĂŽme qui refusent de vieillir. Il portait un haut simple, une chaĂźne en or discrĂšte, et un regard inquiet. En face de lui, AnĂbal, avec sa veste nike qui ne le quitte jamais et pantalon de survĂȘtement, terminait de verser deux verres de jus de maracujĂĄ dans des gobelets en porcelaine dĂ©poli. Un moment simple, presque banal, mais chargĂ© dâĂ©lectricitĂ©. Le genre de scĂšne qui ne dit rien, mais qui dit tout.
« Tâes bien silencieux, gamin⊠» lança finalement AnĂbal, sans le regarder, les yeux fixĂ©s sur la cheminĂ©e.
Ganso ne rĂ©pondit pas tout de suite. Il posa les coudes sur ses genoux, pencha la tĂȘte et soupira longuement.
« Ani⊠Je voulais pas tâen parler ici. Câest pas le bon endroit. Mais jâai besoin de te le dire. »
AnĂbal tourna lentement la tĂȘte vers lui. Il savait. Il avait lu entre les lignes depuis des semaines. Les coups dâĆil vers le banc. Les agents trop prĂ©sents Ă lâentraĂźnement. Les regards fuyants. Les likes sur Instagram aux posts dâArsenal, Liverpool ou Newcastle. Il savait.
« Vas-y, crache le morceau. » souffla-t-il.
Ganso prit une inspiration, comme pour se donner du courage.
« Jâai parlĂ© avec mon pĂšre. Et avec ma mĂšre aussi. Tu sais, cette maison⊠ce calme⊠ce luxe⊠ça me dĂ©passe parfois. Je viens de lĂ -bas, tu sais ? Du vrai BrĂ©sil. Pas celui des plages de Copacabana. Celui des favelas, des nuits sans lumiĂšre, des repas quâon saute pour payer le loyer. Jâai bossĂ© dur, coach. TrĂšs dur. Et je suis pas venu ici pour regarder les autres faire carriĂšre. Je veux jouer. Plus. Ătre titulaire tout le temps. Me montrer. »
Il sâinterrompit. La voix tremblait. LâĂ©motion Ă©tait lĂ , brute, sincĂšre.
« Et jâai eu des touches. Des clubs immenses, coach. Everton. Aston Villa. Et mĂȘme Arsenal. Des offres sĂ©rieuses. »
Le silence sâĂ©paissit. Dans lâĂątre, une bĂ»che se fendit en deux dans un craquement sec. AnĂbal se redressa, posa son verre sur la table basse, et se pencha vers Ganso, les coudes sur les genoux, les yeux dans les siens.
« Tu sais ce que tu es en train de me dire, là ? Que tu veux partir ? Ou que tu veux grandir trop vite ? »
« Je dis que jâai un rĂȘve, Coach. La Premier League. Et que je sens que câest le moment. »
AnĂbal sourit. Tristement. Il avait eu cette mĂȘme conversation, ou presque, avec Gabriel, avec JoĂŁo Carvalho, avec Altair⊠Et il savait comment cela se terminait.
« Ăcoute, Ganso. Tâas fait 29 apparitions cette saison. Ă ton Ăąge. Dans un club qui joue le titre. Qui va en Europe. Qui mise sur toi. Tu crois vraiment que ce sera mieux ailleurs ? En Angleterre, tâauras peut-ĂȘtre un salaire doublĂ©, triplĂ©. Mais tâauras aussi trois mecs devant toi, dix derriĂšre. Et personne pour te couvrir quand tu feras une erreur. Ici, tu bosses avec des gens qui tâaiment. Qui te protĂšgent. Tu veux tout, tout de suite. Mais le football, câest pas Uber Eats. »
Ganso baissa la tĂȘte. Il savait quâAnĂbal avait raison. Mais son cĆur battait au rythme dâun autre tambour, celui de lâambition brĂ»lante, de la revanche sociale, de la fiertĂ© de sa mĂšre qui lâappelait « meu campeĂŁo » mĂȘme aprĂšs un match sur le banc.
« Jâai pas dit que je partais demain. Jâai juste dit que je veux plus. »
AnĂbal se leva. Il sâapprocha de la baie vitrĂ©e et regarda la mer noire au loin.
« Je comprends. Mais moi aussi, jâveux plus. Plus de respect, plus de patience. Tu sais ce que jâai vĂ©cu. Ce que jâai dĂ» sacrifier. Tâas encore rien vu, Ganso. Et tâes dĂ©jĂ une star. Reste. Prends ton temps. Tâauras ton heure. Mais pas maintenant. Pas comme ça. »
Le jeune brĂ©silien hocha lentement la tĂȘte. Puis se leva Ă son tour.
« Merci pour le jus, coach. Je vais aller me reposer. »
« Tu veux que je te raccompagne ? »
« Non. Je vais marcher un peu. Jâen ai besoin. »
La porte se referma dans un cliquetis discret. AnĂbal resta seul dans le salon. Le match du Real passait toujours en sourdine sur la tĂ©lĂ©vision. Mais il ne le regardait plus. Il pensait Ă Ganso. Ă cette jeunesse insatiable, impatiente, qui refusait dâattendre. Il savait que le lien Ă©tait fragile, dĂ©sormais. Quâun souffle pourrait tout faire Ă©clater. Il fallait agir vite. Ou perdre une autre pĂ©pite.
Et dehors, la nuit sâĂ©tirait, longue et froide, comme un avertissement muet.







