:storygreen: :s1: 🇸🇰 :msk_rimavska_sobota: Le vent de Bari : confessions de Giuseppe Colombani

Réponse aux lecteurs

@celiavalencia Impossible de dire désormais que Giuseppe n’a pas de solutions en effet !

@Rhino Pas si mal en effet, ça fait du bien quasi 3 mois sans compet’ pour s’occuper du recrutement !

@CaptainAmericka Non, il n’est pas là pour enfiler des perles le Trutz ! Oui, maintenant, on a l’ambition de rester au moins 3ème et peut-être d’aller chercher le barrage.

- Noël, Bari et la mauvaise idée -

Giuseppe rentra à Bari pour les fêtes. Il avait passé plusieurs mois en Slovaquie. Quelques mois seulement, mais suffisamment pour que son retour ressemble à celui d’un homme qui revenait d’une autre vie.

Sa famille le retrouva changé, pas physiquement mais dans sa manière de parler, dans son énergie, dans cette façon insupportable qu’il avait de ramener chaque conversation au football.

— Ma mère m’a regardé et m’a demandé si j’avais rencontré quelqu’un.

Giuseppe sourit.

— J’avais rencontré beaucoup de gens, des joueurs, des dirigeants, des entraîneurs, des supporters, des Slovaques. Mais Mama parlait d’une femme.

Il haussa les épaules.

— Et là, j’ai compris que j’avais un problème.

Son frère, lui, n’allait évidemment pas laisser passer l’occasion.

— Alors ?

— Alors quoi ?

— Giulia.

Giuseppe rougit encore quarante ans plus tard. Chiara le remarqua.

— Tu rougis encore.

— Je suis italien.

— Ce n’est pas une excuse.

— C’est une explication qui vaut ce qu’elle vaut.

Giulia était là et elle était toujours Giulia. Belle, élégante, professionnelle. Trop professionnelle. Giuseppe, lui, avait toujours ce petit problème. Il était incapable de savoir si elle jouait avec lui ou si elle était simplement naturellement charmeuse.

— Elle savait que je lui plaisais.

— Et ?

— Et elle aimait bien me laisser le croire.

Il sourit.

— Mais elle ne franchissait jamais la ligne.

Jusqu’à ce soir-là. Les verres de vin s’étaient succédés. Giuseppe avait parlé de Rimavská Sobota, de Trutz, du projet, de ses joueurs, de son diplôme, de la saison.

Giulia l’écoutait puis, à un moment, quelque chose changea. Un silence, un regard, un rapprochement. Giuseppe n’était plus vraiment sûr de ce qu’il comprenait mais dans son esprit embrumé, il comprenait quelque chose.

Alors il tenta et cette fois… Giulia ne recula pas. Le baiser fut bref, puis beaucoup moins bref. Langoureux, inattendu. Giuseppe resta immobile quelques secondes comme si son cerveau avait besoin de redémarrer.

— Et après ?

Le vieil homme sourit.

— Après, elle a recommencé à être Giulia.

Le lendemain, la distance professionnelle, les limites, la maîtrise. Tout était revenu comme si rien ne s’était passé.

— Et toi ?

— Moi ?

Il soupira.

— Moi, j’étais foutu.

Chiara rit.

— Complètement ?

— Complètement.

Il avait passé des mois à ne pas vouloir reconnaître ce qu’il ressentait et il venait d’obtenir exactement ce qu’il ne fallait pas lui donner : un espoir, une possibilité, une illusion.

Giuseppe savait pourtant qu’il ne resterait pas éternellement à Rimavská Sobota. Il voulait apprendre, monter, progresser et voir jusqu’où il pouvait aller. Giuseppe débordait d’ambition mais pour la première fois depuis son arrivée en Slovaquie, quelque chose d’autre lui manquait.

Une famille, une femme, une vie autre que le football. Il regardait son frère avec ses enfants. Ses parents vieillissaient et lui était à des centaines de kilomètres, vivant seul dans un appartement slovaque, travaillant du matin au soir, parlant football avec les seuls êtres humains capables de supporter le sujet.

Il avait obtenu une partie du rêve de sa vie mais découvrait que les rêves avaient parfois la mauvaise habitude de laisser de la place vide autour d’eux.

Le lendemain, Giulia reprit ses distances. Giuseppe fit semblant de ne pas être déçu mais échoua. Et lorsqu’il repartit vers la Slovaquie, il emporta avec lui ses dossiers de formation, ses notes de recrutement… et un problème sentimental qu’il allait traîner pendant des années.

Chiara referma son dossier. IANA apparut dans un coin de l’écran.

— Tu veux que je mette « relation professionnelle » dans le résumé ?

Chiara sourit.

— Non.

— « Relation professionnelle avec complications émotionnelles » ?

— IANA.

— Je propose seulement des formulations.

— Tu proposes surtout de m’agacer.

— Les deux ne sont pas incompatibles.

Chiara rit puis elle regarda le portrait de Giuseppe affiché devant elle. Un parallèle malsain avec sa propre existence effleura ses pensées. Le jeune homme qu’ avait été Giuseppe semblait déjà très loin mais certaines choses, visiblement, n’avaient jamais vraiment changé.

La faim, l’orgueil et le football. Mais surtout Giulia Bellanova.

- Saison 1 - 26/27 -
- Chapitre 29 -
- Le mercato de Trutz -
- Chapitre 31 -
- Iana explique Giuseppe -
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