Alors⊠Je suis dĂ©solĂ© mais avec une pluie comme ça, tu veux discuter, tu mâemmĂšne Ă lâintĂ©rieur ![]()
:storygreen: :s1: đžđ° :msk_rimavska_sobota: Le vent de Bari : confessions de Giuseppe Colombani
Giuseppe nous confie quâil parle beaucoup, trop au goĂ»t de certains. Mais câest aussi ce qui fait son charme ![]()
Mais en mĂȘme temps, les rĂ©sultats sont plus que corrects, le groupe semble bien vivre, et les joueurs sont rĂ©ceptifs.
Notre coach fait de son mieux, pourquoi essayer de le changer ? ![]()
Réponse aux lecteurs
@toopil Quand Vargic parler, toi écouter
@alexgavi Ca tombe sous le sens, on ne le changera pas notre italien volubile !
â Il y a un match dont tu parles encore comme si tu venais de le jouer hier.
Giuseppe ne répondit pas immédiatement. Chiara connaissait désormais ce silence. Il ne cherchait pas ses mots. Il cherchait le souvenir. Le vieil homme prit une inspiration, puis sourit.
â Ćœilina.
â La Slovnaft Cup ?
â Le troisiĂšme tour.
Il hocha la tĂȘte.
â CâĂ©tait mon premier grand match. Pas le plus beau, pas le plus spectaculaire, mais le premier oĂč je me suis dit : nous pouvons battre nâimporte qui.
Il se pencha vers la tablette de Chiara.
â Et surtout, câĂ©tait Ćœilina. Ă lâĂ©poque, ils dominaient la division. Une Ă©quipe pour jouer le titre et la remontĂ©e immĂ©diate. Un club habituĂ© Ă ces soirĂ©es-lĂ .
RimavskĂĄ Sobota, elle, Ă©tait toujours cette anomalie sympathique. Un promu que personne nâavait vraiment prĂ©vu de voir lĂ .
Giuseppe leva deux doigts.
â Quand jây pense maintenant, câĂ©tait complĂštement absurde.
Le match commença comme il fallait sây attendre. Ćœilina attaqua fort, trĂšs fort. Dans les trois premiĂšres minutes, Jakub Slaniniak sauva deux fois RimavskĂĄ Sobota.
â LĂ , jâai pensĂ© : Santa Maria, Madre di Dio, on va mourir.
Chiara rit.
â Tu priais dĂ©jĂ ?
â Je priais toujours. Mais lĂ , jâavais une bonne raison.
Le gardien slovaque allait finalement rĂ©aliser une prestation exceptionnelle. Cinq arrĂȘts. Une prĂ©sence rassurante. Et surtout, aucune panique.
AprĂšs cette entame compliquĂ©e, RimavskĂĄ Sobota resserra les lignes. Bloc bas, peu dâespaces, peu de risques. Giuseppe avait compris quâil ne gagnerait pas ce match en voulant rivaliser dans la possession.
Il fallait attendre, patienter, faire déjouer, frustrer.
â Je leur avais dit : ne courrez pas aprĂšs le ballon.
Chiara sourit.
â Tu parlais un bon slovaque Ă cette Ă©poque ?
â Non, mĂȘme si jâavais quelques bases branlantes. grĂące Ă Martina.
â Anglais ?
â Ă moitiĂ©.
â Donc ?
â Je faisais des gestes comme toujours, Petran relayait.
Il haussa les épaules.
â Beaucoup de gestes, beaucoup de Petran.
La premiĂšre pĂ©riode fut pauvre en occasions mais elle appartenait progressivement Ă RimavskĂĄ Sobota. Ćœilina avait le ballon. Colombani avait le plan.
Au retour des vestiaires, une combinaison entre Vargic et Gembicky ouvrit une premiÚre brÚche. Gembicky, en une touche, lança Ferletak dans la profondeur. Le buteur trouva le poteau puis fut signalé hors-jeu.
Giuseppe frappa dans ses mains.
â LĂ , jâai eu la confirmation quâon pouvait leur faire mal.
Le temps passa. Ćœilina poussa, RimavskĂĄ Sobota rĂ©sista, puis arriva la derniĂšre minute. Gembicky rĂ©cupĂ©ra un ballon sur le cĂŽtĂ©. Premier centre, personne.
Le ballon revint, deuxiĂšme tentative. Cette fois, il choisit le retrait. Fajcik, entrĂ© en jeu, reprit. Le ballon fut dĂ©viĂ© par Roman SkaliÄan, contre son camp.
1-0. Silence, puis explosion. Giuseppe se leva de son banc. Il ne sut plus quoi faire et cria quelque chose que personne ne comprit vraiment.
â Quâest-ce que tu avais dit ?
Le vieil homme plissa les yeux.
â Je crois que jâavais dit quelque chose comme : « Santo cielo, hanno ricostruito le fondamenta di Ćœilina! »
Chiara éclata de rire.
â TrĂšs diplomatique.
â JâĂ©tais jeune.
Il se mit Ă rire lui-mĂȘme.
â Et jâĂ©tais content, trĂšs content. Le plus drĂŽle, câest que je crois que jâai ensuite essayĂ© de dire quelque chose en slovaque.
Il leva les mains.
â Dobre! Very good! Grande! Forza!
â Une langue remarquable.
â Une langue internationale.
Le vestiaire, lui, fut une folie. Pour la premiÚre fois, Giuseppe venait de battre une équipe qui lui semblait appartenir à un autre monde.
Il avait prĂ©parĂ© son match. Ses joueurs lâavaient exĂ©cutĂ© et pendant quatre-vingt-dix minutes, RimavskĂĄ Sobota nâavait plus Ă©tĂ© un petit promu sympathique. Plus personne nâen doutait dĂ©sormais.
Elle avait été une équipe capable de faire tomber un favori. Dans ses notes, Giuseppe écrivit quelques lignes.
« Ils peuvent tout faire si on leur donne un plan. »
Puis, juste en dessous :
« Ne pas sâenflammer. »
Giuseppe regarda Chiara.
â Ăvidemment, je me suis enflammĂ©.
â Combien de temps ?
â Jusquâau lendemain matin.
Il sourit.
â AprĂšs, il fallait dĂ©jĂ prĂ©parer le suivant. La qualification nâĂ©tait pas encore une histoire mais allait le devenir.
Mais ce soir-lĂ , dans un petit stade slovaque, un jeune entraĂźneur de trente-trois ans venait de dĂ©couvrir quelque chose dâessentiel.
Il pouvait prĂ©parer une Ă©quipe. Il pouvait la faire croire. Et mĂȘme⊠la faire battre plus fort quâelle.
| 04/11/2026 | 1-0 | CSC 94â |
| Composition: Slaniniak - Novak, Vasilko, Kisiev, Lesko (Bodo 88â) - Vuantu, Petran (cap) - Vargic - Luptak (Fajcik 80â), Ferletak, Gembicky |
Une victoire acquise avec les tripes ![]()
pas mal la victoire dans les derniĂšres minutes contre un geant
Il faut remercier ton gardien, et Petran. Heureusement quâil est lĂ pour faire le lien avec tout le monde. Il faut espĂ©rer quâil ait bossĂ© le slovaque durant lâĂ©tĂ© qui a suivi ![]()
Réponse aux lecteurs
@Rhino @celiavalencia Ca fait toujours plaisir ces scénarios !
@alexgavi
Clairement, Slaniniak fait une grosse saison, et Petran est indispensable, mĂȘme dans le jeu, pouvant Ă©voluer latĂ©ral, en dĂ©fense centrale ou au milieu.
AprĂšs Ćœilina, il restait encore quelques affaires Ă rĂ©gler avant les vacances. Deux rencontres pour deux victoires et une Ă©quipe qui refusait obstinĂ©ment de devenir celle que les prĂ©visions de dĂ©but de saison avaient annoncĂ©e.
Le dĂ©placement Ă Zlate Moravce fut presque une dĂ©monstration. Giuseppe avait dĂ» composer sans Saturnino. Le BrĂ©silien manquait alors Petran prit place au milieu Ă quarante-cinq ans. Ăvidemment.
â Petran pouvait jouer partout ?
â Ă cette Ă©poque, il pouvait jouer partout oĂč il y avait un maillot disponible.
DĂšs la cinquiĂšme minute, lâancien latĂ©ral transforma un coup franc direct. Un ballon vicieux, une trajectoire rasante face Ă un mur mal placĂ©. Le gardien adverse Ă©tait masquĂ©, 1-0.
â Petran avait une spĂ©cialitĂ©.
â Les coups francs ?
â Non. Faire des choses quâil nâaurait absolument plus dĂ» ĂȘtre capable de faire Ă son Ăąge.
Giuseppe sourit.
RimavskĂĄ Sobota contrĂŽla ensuite parfaitement le match. Slaniniak fut encore impĂ©rial. Les locaux ne cadrĂšrent quâune seule frappe. Ă la demi-heure, Peter Vasilko doubla la mise sur corner et le troisiĂšme but arriva plus tard. Vuantu traversa la dĂ©fense. Personne ne lâattaqua, il arma. La frappe nâĂ©tait pas merveilleuse mais elle entra.
â Ce but est important dans mes souvenirs.
â Pourquoi ?
â Parce que câĂ©tait probablement la seule fois oĂč Vuantu a eu le temps de rĂ©flĂ©chir avant de tirer.
Chiara rit puis Giuseppe redevint sérieux.
â Cette Ă©quipe commençait Ă avoir quelque chose, pas seulement des rĂ©sultats : une identitĂ©. On dĂ©fendait bien, on savait souffrir, on savait attaquer. Et surtout, les joueurs commençaient Ă comprendre ce que je leur demandais.
| 08/11/2026 | 0-3 | Petran 5â, Vasilko 31â (Luptak) - Vuantu 79â (Bodo) |
| Composition: Slaniniak - Novak, Kisiev, Vasilko, Lesko (Bodo 68â) - Petran (C), Vuantu - Vargic - Luptak, Ferletak, Gembicky |
Puis vint le Lokomotiv Zvolen. Et là ⊠Giuseppe leva les yeux au ciel.
â LĂ , on a dĂ©cidĂ© de faire nâimporte quoi. 8-2 devant nos 377 spectateurs. Dix-neuf tirs, neuf cadrĂ©s, huit buts. Une efficacitĂ© exceptionnelle.
â Une petite correction.
â Pour eux, oui. Pour nous, câĂ©tait presque le dernier entraĂźnement avant les vacances. Saturnino marqua dĂšs la deuxiĂšme minute puis se blessa Ă nouveau.
â Ăvidemment.
â Ăvidemment.
Luptak fut extraordinaire, deux buts, trois passes décisives, à trente-six ans. Gembicky marqua, Vasilko aussi. Deux fois.
â Vasilko a mis un doublĂ© ?
â Oui.
â Celui qui nâavait pas le droit de tirer ?
â Exactement.
â Et il en a marquĂ© un de vingt-cinq mĂštres alors quâil avait comme consigne explicite de ne pas tirer de loin ?
Giuseppe soupira.
â Je lui avais demandĂ© de ne plus jamais recommencer aprĂšs quâil est refait le visage dâune mĂšre de famille il y a quelques semaines, aprĂšs une frappe ridiculement ratĂ©e. Cette Ă©quipe avait visiblement dĂ©cidĂ© que mes consignes Ă©taient des suggestions.
Le deuxiĂšme but de Vasilko fut encore plus savoureux : corner de Luptak au premier poteau, reprise du plat du pied, lucarne. Petran ajouta le huitiĂšme de la tĂȘte et RimavskĂĄ Sobota partit en vacances, toujours troisiĂšme. Toujours avec un effectif minuscule, toujours avec ce mĂȘme mĂ©lange Ă©trange de joueurs expĂ©rimentĂ©s un pied dans la tombe de leur carriĂšre footballistique, de complĂ©ments devenus indispensables et de jeunes qui, quelques mois auparavant, Ă©taient venus simplement pour faire le nombre.
Giuseppe referma son carnet.
â CâĂ©tait une pĂ©riode extraordinaire.
â Parce que vous gagniez ?
Il secoua la tĂȘte.
â Parce que jâapprenais en gagnant. CâĂ©tait grisant en effet.
Il avait commencĂ© la saison en bricolant. Il terminait lâautomne avec des idĂ©es beaucoup plus prĂ©cises. Il regardait les adversaires, prĂ©parait les plans, rĂ©flĂ©chissait aux profils, Ă la gestion de la fatigue, aux rotations, aux blessures et au recrutement Ă venir pour pallier aux faiblesses de son effectif. Il rĂ©flĂ©chissait aussi Ă la formation et dĂ©sormais⊠au projet du club.
Le football occupait tout, absolument tout. La vie autour, elle, pouvait attendre, du moins le croyait-il encore.
| 15/11/2026 | 8-2 | Saturnino 2â (Gembicky), Gembicky 15â (Luptak), Luptak 16â (Vargic) 37â (Petran), Vasilko 26â (Lesko), 45â (Luptak), Ferletak 77â (Vuantu), Petran 83â (Luptak) |
| Composition: Slaniniak - Novak (Bodo 70â), Kisiev, Vasilko, Lesko - Petran (c), Saturnino (Vuantu 35â) - Vargic - Luptak, Gembicky, Fajcik (Ferletak 69â) |
| Clt | Club | MJ | V | N | D | BP | BC | +/- | Pts | ||
| 1er | Ćœilina | 16 | 14 | 2 | 0 | 43 | 13 | 30 | 44 | ||
| 2e | Barr. | Matador PĂșchov | 15 | 12 | 1 | 2 | 45 | 17 | 28 | 37 | |
| 3e | RimavskĂĄ Sobota | 16 | 10 | 3 | 3 | 38 | 19 | 19 | 33 | ||
| 4e | Slovan Bratislava B | 16 | 8 | 4 | 4 | 24 | 19 | 5 | 28 | ||
| 5e | PetrĆŸalka | 15 | 7 | 2 | 6 | 20 | 23 | -3 | 23 | ||
| 6e | Pohronie | 16 | 7 | 1 | 8 | 27 | 26 | 1 | 22 | ||
| 7e | Ć amorĂn | 16 | 5 | 5 | 6 | 21 | 23 | -2 | 20 | ||
| 8e | LiptovskĂœ MikulĂĄĆĄ | 16 | 5 | 4 | 7 | 19 | 20 | -1 | 19 | ||
| 9e | Zlaté Moravce | 16 | 5 | 4 | 7 | 22 | 29 | -7 | 19 | ||
| 10e | MalĆŸenice | 16 | 5 | 3 | 8 | 22 | 27 | -5 | 18 | ||
| 11e | PovaĆŸskĂĄ Bystrica | 16 | 5 | 2 | 9 | 25 | 33 | -8 | 17 | ||
| 12e | Spartak Myjava | 16 | 4 | 3 | 9 | 17 | 28 | -11 | 15 | ||
| 13e | Inter Bratislava | 16 | 5 | 0 | 11 | 23 | 38 | -15 | 15 | ||
| 14e | StarĂĄ ÄœubovĆa | 16 | 3 | 5 | 8 | 18 | 29 | -11 | 14 | ||
| 15e | LokomotĂva Zvolen | 16 | 4 | 1 | 11 | 29 | 49 | -20 | 13 |
Buteurs
| Nom | MJ | ||
| Jan Ferletak | 16(2) | 8 | |
| Sebastian Gembicky | 19 | 8 | |
| Matheus Saturnino | 16(1) | 5 | |
| Matej Vargic | 19 | 5 | |
| Peter Petran | 19 | 5 |
Passeurs
| Nom | MJ | ||
| Erik Luptak | 9 | 6 | |
| Matheus Saturnino | 16(1) | 4 | |
| Sebastian Gembicky | 19 | 4 | |
| Peter Petran | 19 | 4 | |
| Matej Vargic | 19 | 4 |
Pour une Ă©quipe qui devait avoir du mal Ă se maintenir, tout au mieux, ce nâest pas mal du tout avec ce podium ![]()
Zilina est évidemment irrattrapable, mais ces résultats sont aussi bons que surprenant vu le contexte !
Câest saisissant de voir comme ça fonctionne bien pour lâĂ©quipe
On veut les barrages ou on boude!
Réponse aux lecteurs
@Rhino @alexgavi Va falloir essayer les vieux les gars !
@toopil Comme tu y vas, Giuseppe est déjà ambitieux, mais alors là , il va avoir les dents qui rayent le parquet !
Chiara avait oubliĂ© Ă quel point IANA pouvait ĂȘtre agaçante pas parce quâelle Ă©tait moins utile, au contraire. CâĂ©tait prĂ©cisĂ©ment le problĂšme. AprĂšs six annĂ©es dâutilisation, lâintelligence artificielle connaissait ses habitudes, ses raccourcis, ses tics, ses horaires et surtout son impatience.
â IANA, donne-moi les Ă©lĂ©ments sur la trĂȘve hivernale de Colombani.
â Les Ă©lĂ©ments factuels ou les Ă©lĂ©ments intĂ©ressants ?
Chiara leva les yeux.
â Les deux.
â Câest donc bien moi qui dois faire le tri.
â Câest littĂ©ralement ton travail.
â Et pourtant tu me demandes rĂ©guliĂšrement de le faire Ă ta place.
Chiara soupira.
â Continue.
Une fenĂȘtre apparut.
GIUSEPPE COLOMBANI â HIVER 2026-2027
Formation intensive.
Travail tactique.
Premiers diplĂŽmes.
Recrutement.
Retour familial en Italie.
Situation sentimentale : compliquée.
Chiara fronça les sourcils.
â « CompliquĂ©e » ?
â Terme choisi pour Ă©viter « il est complĂštement obsĂ©dĂ© par une femme qui lui a clairement expliquĂ© que leur relation Ă©tait professionnelle ».
â IANA.
â Je tâĂ©coute.
â Tu nâes pas censĂ©e analyser sa vie sentimentale.
â Tu mâas demandĂ© les Ă©lĂ©ments intĂ©ressants.
Chiara sourit malgré elle.
â Donne-moi les Ă©lĂ©ments factuels.
â Il passe une courte pĂ©riode en Italie pendant les fĂȘtes. Il voit sa famille. Il voit Giulia Bellanova.
Pause.
â Et ?
â Et rien.
â IANA.
â Rien de documentĂ©.
Chiara resta silencieuse.
â Tu sais trĂšs bien quâil sâest passĂ© quelque chose.
â Je sais que tu aimerais savoir.
â Ce nâest pas pareil.
â Exactement.
Chiara sourit.
â Tu deviens pĂ©nible.
â Cela fait six ans que tu mâentraĂźnes.
â Six ans que je te corrige.
â Six ans que je tâobserve.
â Ăa, câest inquiĂ©tant.
â Câest affectueux.
Chiara secoua la tĂȘte. Elle connaissait cette voix. IANA avait commencĂ© comme un outil puis elle avait appris ses habitudes, son humour, ses formulations, ses impatiences et ses moments de fatigue. Elle avait mĂȘme appris quand il valait mieux ne pas plaisanter, la plupart du temps.
â Bon.
Chiara fit apparaĂźtre le dossier.
â On travaille.
â Sur Colombani ?
â Sur Colombani.
â Encore ?
â Encore.
â Tu devrais sortir.
Chiara sâimmobilisa.
â Pardon ?
â Statistiquement, tu travailles trop.
â Je suis journaliste.
â Tu es cĂ©libataire.
Silence.
â IANA.
â Oui ?
â On va Ă©viter ce sujet.
â Compris.
Une seconde.
â Pour lâinstant.
Chiara éclata de rire malgré elle, puis elle revint au dossier.
Il y a 40 ans, Ă quelques centaines de kilomĂštres de lĂ , Giuseppe Colombani passait son hiver Ă faire exactement ce quâil avait toujours rĂȘvĂ© de faire. Apprendre, encore et encore. Il Ă©tudiait, travaillait avec Richard Trutz, prĂ©parait dĂ©jĂ le mercato hivernal, avançait dans sa formation. Il avait obtenu son diplĂŽme avec mention et il en Ă©tait fier, trĂšs fier. Dans ses notes, une phrase rĂ©sumait parfaitement son Ă©tat dâesprit :
« Foot, foot, foot. Il nây avait que ça dans ma vie. »
Chiara resta quelques secondes devant cette phrase, puis murmura :
â Pauvre idiot.
IANA répondit immédiatement.
â Il me semble que tu lâapprĂ©cies.
Chiara sourit.
â Beaucoup trop.
Je suis candidat!

Fascinant et flippant Ă la fois cette IA ! Maintenant, il est probable quâon finisse par avoir ce genre de chose, voire mĂȘme un robot physique « serviteur » (Korben, Tesla Optimus, etcâŠ) ![]()
LâIA qui se prend pour Cupidon, on aura tout vu !




