:storygreen: :s1: 🇯🇵 :matsumoto_yamaga: Vert Et Contre Tous

— Épisode 2 —

je me mets en route

Je quitte Tokyo.
Pas pour fuir.
Pour avancer.

La chambre est encore sombre.

Tokyo dort mal, mais ne s’arrête jamais vraiment. Je reste allongé quelques minutes, à écouter les bruits étouffés derrière la fenêtre. Le réveil sonne. Je l’éteins aussitôt. Aujourd’hui, je pars.

Je referme ma valise sans y penser. Les gestes sont mécaniques. Rien ne déborde. Rien ne manque. À l’accueil, je rends la clé sans un mot de trop. Personne ne me demande où je vais. C’est très bien comme ça.

Le taxi me dépose à la gare. Shinjuku est déjà en mouvement. Trop grand, trop rapide. Je traverse la foule sans m’y arrêter. Billet en main, je rejoins le quai. Le train est là. À l’heure.

Quand il démarre, Tokyo s’éloigne sans cérémonie.

Les immeubles laissent place aux zones plus ouvertes. Puis aux reliefs. Le paysage change progressivement, sans rupture nette. Je regarde par la fenêtre, longtemps. Je pense moins. Je me laisse porter. Le football n’est toujours pas là. Pas vraiment. Ce qui m’occupe, c’est autre chose. Le climat. La ville. Le quotidien qui m’attend. L’isolement, peut-être.

Le train ralentit. Matsumoto.

La gare est plus petite. Plus calme. L’air est différent. Plus sec. Plus froid. Je descends avec ma valise. Autour de moi, peu de monde. Personne ne se presse. Tout semble aller à un autre rythme.

Paulinho m’attend sur le quai.

Il sourit en me voyant arriver. Rien de forcé. Juste un sourire franc. On se prend dans les bras, simplement. Une accolade. J’en avais besoin.

Il ne dit pas grand-chose. Pas de grandes phrases. Pas de promesses. Juste que si j’ai besoin de quoi que ce soit, il est là. Ça suffit.

On marche côte à côte en quittant la gare. Il me parle de la ville. Du froid. De l’hiver qui s’installe ici plus tôt qu’ailleurs. Des montagnes qui entourent Matsumoto. J’écoute. Je regarde. Ça m’aide à atterrir.

Le Buena Vista est calme à cette heure-là. Je récupère la clé, monte dans la chambre. Une nouvelle fois, je ne défais pas tout. Juste ce qu’il faut.

Par la fenêtre, la ville est silencieuse. Rien à voir avec Tokyo. Et pourtant, quelque chose me semble plus réel ici.

La nuit tombe vite.

Je m’assieds un moment, sans allumer la lumière. Demain, je verrai le club. Les dirigeants. Les visages.

Aujourd’hui, je suis juste arrivé.

Le reste peut encore attendre.

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