:storygreen: :s19: :paris: đŸ‡ș🇾 Un pari autour du Monde

Sinon si @toopil ferme sa gueule, il enterre la malédiction !

Belle victoire, match de fou :+1:

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Gros match bordel de bazar de flûte !

Question (car avec toutes ces aventures je suis perdu dans le temps) : tu es rendu Ă  n’avoir que des regens oĂč bien il reste encore des vrais joueurs ?

Réponse aux lecteurs

@celiavalencia Franchement, j’ai rarement autant pris mon pied devant un match FM. C’était le kiff total !

@volatil Dur de la fermer et de donner des consignes :joy:

@CaptainAmericka C’est pas comme si c’était marquĂ© dans le post que c’était la CAN 2035 :sac: Plus sĂ©rieusement, j’ai les trois quarts de l’effectif qui sont encore des vrais joueurs (Victor Eletu par exemple ou Okafor qui, IRL, joue pour la Suisse) et dans les titulaires, c’est mĂȘme 90% des joueurs qui sont de vrais joueurs. Mais j’ai dĂ©jĂ  pas mal de regens Ă©galement qui ont fait des apparitions dans le groupe, surtout sur le banc.

Le journal de la CAN 2035: épisode 5

09 décembre 2035, Nkongsamba (Cameroun)

Toopil s’éveilla au petit matin, le crĂąne lourd comme s’il avait passĂ© la nuit Ă  sniffer des encyclopĂ©dies. Il tenta un banal : « Allez, debout ! Une grosse journĂ©e nous attends
 Â»

Mais ce qui sortit de sa bouche fut un flot de mots qu’il ne comprit pas : « à€•à„‡ à€€à€Șà€Ÿà€ˆà€‚à€Čà„‡ à€žà€Ÿà€à€šà„à€šà„ˆ à€€à„à€Żà„‹ à€…à€šà„à€”à€Ÿà€Š à€—à€°à„à€š à€•à€·à„à€Ÿ à€—à€°à„à€šà„à€­à€Żà„‹ Â»

Il se redressa d’un bond, les yeux Ă©carquillĂ©s. Il venait de parler
 un langage totalement inconnu. Il pris son tĂ©lĂ©phone et parla Ă  Google Translate. C’était du nĂ©palais. Il parlait nĂ©palais. Couramment. Fluide. Comme s’il avait grandi dans un monastĂšre Ă  flanc d’Himalaya.

Pris d’un doute, il se prĂ©cipita vers le petit bureau de sa chambre et saisit un stylo. Il griffonna ce qu’il pensait ĂȘtre : "J’ai besoin d’aide.” Mais les lettres qui apparurent sur le papier ressemblaient Ă  une lettre d’amour Ă©crite dans une ruelle de HanoĂŻ, du vietnamien, impeccablement calligraphiĂ©: « Em lĂ  con ngÆ°ÆĄi cá»§a máșŻt anh vĂ  háș­u mĂŽn cá»§a anh luĂŽn ở đñy vĂŹ em. Â»

Toopil hurla. En népalais.
Il tenta de se filmer, d’envoyer un message vocal Ă  sa famille : la vidĂ©o montrait un homme paniquĂ© parlant une langue inconnu de tous sauf de lui. Il tenta de taper sur son tĂ©lĂ©phone : le clavier s’était mis en tamoul, puis en corĂ©en. Il jeta l’appareil contre le mur.

Soudain pris d’une rage pure, il se mit Ă  arracher le papier peint des murs de l’hĂŽtel, pensant que peut-ĂȘtre, une conspiration linguistique mondiale Ă©tait dissimulĂ©e dans les couches de tapisserie. Il hurlait des mots nĂ©palais en arrachant des lĂ©zards en plastique collĂ©s au mur. Il criait, toujours en nĂ©palais, en lançant des oreillers Ă  travers la piĂšce.

Et c’est lĂ  qu’un peintre portugais, employĂ© local de l’hĂŽtel, entra dans la chambre avec un rouleau, pensant simplement refaire un plafond moisi. Il resta un moment figĂ© en voyant cet homme en slip, couvert de bouts de papier, avec un regard hallucinĂ© et des mots nĂ©palais dans la bouche.

« Ah
 um nepalezinho simpĂĄtico! Â» dit le peintre.
Il s’approcha doucement, posa ses pots et ajouta :
« NĂŁo fala muito, mas trabalha bem. Boa mĂŁo pra fazer o teto! Â»

Le peintre, persuadĂ© d’avoir trouvĂ© un jeune ouvrier nĂ©palais sous-payĂ©, tendit une blouse Ă  Toopil et lui mit un pinceau dans la main. Toopil, vidĂ©, ne sut pas quoi dire. Il peignit pendant deux heures le plafond de sa propre chambre, en silence, les larmes aux yeux, rĂ©pĂ©tant intĂ©rieurement : « Je suis le sĂ©lectionneur du Nigeria. Je suis le sĂ©lectionneur du Nigeria. Je suis
 le
 Â»
Mais tout ce qui sortait, c’était : « à€ź à€Żà„‹ à€Šà„€à€”à€Ÿà€° à€°à€‚à€—à€Ÿà€‰à€à€Šà„ˆà€›à„ à€•à€żà€šà€­à€šà„‡ à€ź à€žà€Ÿà€à€šà€żà€•à„ˆ à€Șà€Ÿà€—à€Č à€­à€à€à„€ Â»

AprĂšs avoir peint son plafond comme un petit stagiaire portugais sous acide, Toopil s’était rhabillĂ© Ă  moitiĂ©, encore tremblant. Il avait tentĂ© de communiquer avec Franck, son adjoint, en langage des signes, en mimant une sorte de danse tribale mĂȘlant gestes de karatĂ© et mouvements de bol tibĂ©tain. Franck, Ă  ce stade, pensait simplement que son boss avait dĂ©finitivement basculĂ©. Il lui avait tapotĂ© l’épaule, puis lui avait tendu la feuille d’entraĂźnement du jour. Toopil l’avait lue, puis s’était mis Ă  parler
 toujours en nĂ©palais. Mais avec l’attitude d’un coach en pleine illumination divine: « à€†à€œ à€čà€Ÿà€źà„€ à€čà€Ÿà€źà„à€°à„‹ à€†à€€à„à€źà€Ÿà€•à„‹ à€¶à€•à„à€€à€ż à€žà€‚à€— à€Șà„à€°à€¶à€żà€•à„à€·à€Ł à€—à€°à„à€›à„Œà€‚ ! Â»

Sur le terrain, les joueurs Ă©taient dĂ©jĂ  prĂȘts : short, crampons, bouteilles d’eau. Mais ils virent arriver leur coach vĂȘtu d’un sarong volĂ© Ă  la femme de chambre, tenant un bĂąton de coin comme une canne de chaman, les yeux plissĂ©s comme s’il scrutait une prophĂ©tie invisible dans l’herbe.

Il s’arrĂȘta au milieu du rond central, leva les bras vers le ciel et dĂ©clara : « à€Żà€Šà€ż à€€à€Șà€Ÿà€ˆà€‚à€Čà„‡ à€†à€«à„à€šà„‹ à€­à€żà€€à„à€°à€•à„‹ à€žà€żà€‚à€č à€šà€Šà„‡à€–à„à€šà„à€­à€Żà„‹ à€­à€šà„‡, à€€à€Șà€Ÿà€ˆà€‚ à€čà€Ÿà€°à„à€šà„à€čà„à€šà„‡à€›à„€ Â» (NDLR: Si vous ne voyez pas le lion en vous, vous perdrez.)

Victor Eletu cligna des yeux.
« Coach
 il est possĂ©dĂ© par Bouddha ou quoi ? Ou c’est encore un sort ? Â»

Toopil distribua des cînes en les lançant comme des shurikens. Il fit placer les joueurs en cercle, puis s’assit en tailleur au centre.
« à€…à€Ź à€čà€Ÿà€źà„€ à€à€•à€žà€Ÿà€„ à€žà€Ÿà€ž à€«à„‡à€°à„à€›à„Œà€‚à„€ à€€à„€à€š à€Șà€Ÿà€• à€“à€ź à€­à€šà„à€šà„à€čà„‹à€žà„à„€ Â»
(NDLR: Nous allons respirer ensemble. Dites “Om” trois fois.)

Les joueurs Ă©changĂšrent des regards. Jonathan Hassan souffla : « C’est un entraĂźnement ou un cours de yoga ayahuasca lĂ  ? Â»

Mais comme Toopil frappait le sol avec le bĂąton chaque fois qu’ils ne respectaient pas la consigne, ils s’exĂ©cutĂšrent.
« Om
 Om
 Om
 Â»

Soudain, sans prĂ©venir, Toopil hurla un ordre en nĂ©palais : « à€Źà€Ÿà€˜à€Čà„‡ à€œà€žà„à€€à„ˆ à€†à€•à„à€°à€źà€Ł à€—à€°! à€Źà€‚à€—à€Ÿà€Čà„€ à€Źà€Ÿà€˜à€čà€°à„‚! Â» (NDLR: Attaquez comme des tigres ! Des tigres du Bengale !)

Et il fonça, dribbla trois cĂŽnes, mit un petit pont au kinĂ© qui passait par lĂ , et frappa un ballon dans le dos de l’entraĂźneur des gardiens, qui rĂąlait. La balle rebondit au sol, ricocha sur un plot, et termina dans le but vide.
« But du destin ! Â» cria Franck, qui commençait Ă  y croire.
« FrĂšre
 Il est sĂ©rieux lĂ  ? Â» demanda Collins Ogbonna.
« Ouais. Et je crois qu’il veut qu’on mĂ©dite sur le 4-3-3 par la tĂ©lĂ©pathie. Â» rĂ©pondit Victor Eletu.

L’entraĂźnement se termina avec des jongles avec un cĂŽne, un rituel de purification avec du Powerade, et une priĂšre collective autour d’un ballon posĂ© sur un tapis rĂ©cupĂ©rĂ© dans la salle de muscu.

Toopil, transpirant de sagesse, dĂ©clara : « à€Żà€Šà€ż à€€à€Șà€Ÿà€ˆà€‚ à€†à€œ à€—à€š à€—à€°à„à€šà„à€čà„à€šà„à€š à€­à€šà„‡, à€€à€Șà€Ÿà€ˆà€‚ à€­à„‹à€Čà€ż à€°à„‹à€šà„‡à€›à„Œà€‚à„€ Â» (NDLR: Si vous ne tirez pas aujourd’hui, vous pleurerez demain.)

Puis il repartit nu-pieds, en dansant légÚrement, le regard vide mais serein.

10 décembre 2035, Nkongsamba (Cameroun)

Le soleil se levait sur la savane urbaine de Douala, caressant les vitres de l’hĂŽtel d’un Ă©clat paisible. Mais dans la chambre 409, ce n’était pas un rĂ©veil doux qui attendait Toopil. C’était
 un aboiement: « WOUAF. Â»

Plus rien ne le surprenait depuis quelques jours. Encore une fois, il tenta de parler: « Wouf
 WOUF. Â»

Impossible de sortir autre chose. Ses pensĂ©es Ă©taient claires, limpides, presque trop normales, mais chaque tentative d’expression orale finissait par une onomanie canine (vous chercherez dans le dico le sens d’onomanie, bande de gueux)

Il regarda son tĂ©lĂ©phone. C’était le jour des familles. Aline, Milo et Ava (la copine de Milo et sƓur de Myer Messenger, l’un de ses joueurs) venaient Ă  l’hĂŽtel.

Il voulut envoyer un message Ă  sa femme : « J’ai hĂąte de vous voir, je vous attends. Â» Mais tout ce qu’il rĂ©ussit Ă  envoyer fut " :doge: "

Toopil contempla son propre message avec un mĂ©lange de panique et de rĂ©signation. Il se leva, titubant, grognant lĂ©gĂšrement, et ouvrit la porte. Un membre du staff croisa son regard. Toopil sourit: « Wouaf. Â»

L’homme recula lentement, ferma la porte à double tour derriùre lui.

Quelques minutes plus tard, des dizaines de proches de joueurs arrivaient, écharpes vert-jaune autour du cou.

MĂȘme le prĂ©sident de la fĂ©dĂ©ration, @volatil Ă©tait lĂ . Toopil se cachait pour ne pas avoir Ă  le croiser et lui aboyer dessus.

Au fond du hall, Aline aperçut son mari. Il se tenait droit comme un colonel, les yeux fixés sur elle, tremblant légÚrement.
« Mon chĂ©ri ! Â» cria-t-elle, les bras ouverts.
« WOUAF ! Â» rĂ©pondit Toopil avec enthousiasme et en remuant la queue (ça, il Ă©tait le seul Ă  le savoir).

Aline s’arrĂȘta net.: « Pardon ? Â»
Toopil tenta de dire : « Tu es magnifique, tu m’as manquĂ© Â» mais ce qui sorti fut: « Wouaf, wouf, grr
 WOUAF ! Â»

Milo, leur fils de 20 ans, fronça les sourcils : « Papa
 t’as un rĂŽle dans un film de chien ou quoi ? Â»
Ava, la belle-fille sarcastique, chuchota Ă  Aline : « Bon ben, au moins, il ne fait plus d’alexandrins ridicules Â»

Toopil voulut prendre Aline dans ses bras, mais elle recula prudemment, et appela Franck: « Il
 il a de la mousse aux coins de la bouche, non ? Tu crois qu’il a la rage ? Â»
« Il a eu ses vaccins ? Â» demanda Ava.

À ce moment prĂ©cis, un joueur laissa tomber une bouteille au sol. Le bruit fit sursauter Toopil, qui poussa un long : « MIAOUUUUUUUUUUUUUU ! Â»

Un miaulement aigu, strident, sorti des entrailles du chaos. Il se recroquevilla, les yeux exorbités, puis siffla comme un chat énervé. Aline resta figée. Milo éclata de rire. Et Volatil le regarda les yeux écarquillés.

Puis arrive le moment de l’entraĂźnement
 Les joueurs Ă©taient lĂ , Ă©chauffĂ©s, prĂȘts pour une sĂ©ance tactique lĂ©gĂšre. Toopil arriva, trottinant, saluant tout le monde d’un : « Wouaf, wouaf. Â»

Certains rĂ©pondirent : « Wouaf, coach. Â» en se marrant. Devant leurs familles, et pour ne pas avoir honte, l’entraĂźnement commença. Mais les gens avaient les yeux fixĂ©s sur Toopil
 Il se roula par terre, grattant la pelouse comme une litiĂšre gĂ©ante.

Victor Eletu tourna la tĂȘte vers Franck : « Je crois que si on gagne ce match, c’est grĂące Ă  la magie noire de ce fou. Â»

Toopil tenta de donner une consigne tactique en aboyant trois fois. Personne ne comprit. Les joueurs firent un rond et se mirent Ă  aboyer aussi, pour « l’encourager Â».

Milo, depuis la tribune, filmait en criant : « Papa ! J’vais faire un TikTok, tu vas devenir une star ! Â»

11 décembre 2035, Nkongsamba (Cameroun)

Toopil s’était rĂ©veillĂ© trĂšs tĂŽt ce matin-lĂ , le visage collĂ© Ă  sa taie d’oreiller, les yeux vitreux, la bouche entrouverte. Il avait mis plusieurs secondes Ă  s’asseoir. Puis, lentement, il avait articulĂ©, d’une voix minuscule : « Pipi. Il est oĂč doudou. Â»

Volatil, qui dormait sur le lit d’appoint dans la mĂȘme chambre depuis la veille, ouvrit les yeux, paniquĂ©: « Hein ? Toopil, ça va ? Tu
 Tu parles normalement ? Â»

Toopil le regarda, tira la langue et dit: « Tu fais caca dans ta culotte, vieux monsieur. Â»

Et Toopil s’était Ă©croulĂ© sur le lit, explosant de rire, les larmes aux yeux, les jambes battant l’air comme un enfant hyperactif. Volatil, blĂȘme, sortit son tĂ©lĂ©phone: « Il faut
 il faut appeler quelqu’un. Cela ne peut plus durer. Il rĂ©gresse. Il a trois ans, bordel. Â»

Dans les heures qui suivirent, tout le staff fut rĂ©uni. Des kinĂ©s au cuisinier, personne ne trouvait de solution. À l’image d’un gamin, Toopil refusait de s’habiller. Il avait dessinĂ© un soleil sur son ventre avec du ketchup: "Regardez mon bidou il est joyeux !”

Volatil proposa quelque chose: « Il faut appeler un vaudou. Il n’y a que lui qui pourra faire quelque chose. Â»

A 14h, le sorcier qu’ils trouvĂšrent n’était pas n’importe qui. Il s’appelait @ZiyadFCM , un vieil homme voĂ»tĂ©, le crĂąne tatouĂ© de motifs mystiques, un sourire Ă©dentĂ© et Ă©trangement dans cette contrĂ©e, un accent marseillais.

Il entra dans la chambre d’hĂŽtel comme un gĂ©nĂ©ral dans un champ de bataille, regarda Toopil, qui chantait “maman fait dodo” en boucle, et dit simplement : « Je peux le sauver. Mais pas ici. Trop de moquette, pas assez d’esprits, hĂ©, fada. Â»

Ils embarquĂšrent Toopil dans un pick-up, direction la brousse. Sur le chemin, Toopil hurla « WOUAF CACA PIPI MIAOU Â» Ă  chaque dos d’ñne. Le chauffeur n’osa pas poser de questions.

ArrivĂ©s Ă  la case de ZiyadFCM, on l’allongea sur un lit de feuilles de bananier. Le sorcier tourna autour de lui, brĂ»lant des herbes qui sentaient une odeur de moisissure.
« Le sort est ancien. Tordu. Malveillant. Et franchement, assez stylĂ©, j’dois l’admettre, peuchĂšre. Â»

Puis, sans prévenir, il sortit un bùton orné de clochettes et assomma Toopil avec.
« DĂ©solĂ©, mais il allait dire encore caca. J’n’aurai pas supportĂ©, ĂŽ cagole. Â»

17h, Toopil ouvrit les yeux. Une odeur de terre humide et de sauge flottait autour de lui. Il se redressa lentement
 puis dit, d’un ton parfaitement calme et articulĂ© : « OĂč suis-je ? Â»

Volatil, dans un coin, la mĂąchoire dĂ©crochĂ©e : « Mon dieu
 tu parles normalement ? Â»

Toopil s’en rendit compte Ă©galement: « Oui, parfaitement. Je
 je suis lucide. Mes pensĂ©es sont structurĂ©es. C’est fini ? Â»

Il voulut se lever. Faire un saut de joie. Mais il s’écrasa immĂ©diatement au sol avec un bruit creux.
PLOK.

Volatil accourut: « Toopil ! T’as glissĂ© ? Â» Toopil se releva et se vit dans le miroir. Sa tĂȘte et son front Ă©tait un cube parfait. Son torse, carrĂ©. Ses bras : des blocs rigides articulĂ©s comme des tiges. Son nez : un parallĂ©lĂ©pipĂšde. Il Ă©tait devenu un personnage vivant de Minecraft.
« Je ne suis plus fou
 mais je suis dans un monde Minecraft. Â»

ZiyadFCM, en train de siroter un thĂ© Ă  base d’urine de potamochĂšre, hocha la tĂȘte.
« Le sort Ă©tait trop fort, fada. Pour libĂ©rer la parole, il fallait y mettre un contenant solide. Alors j’ai mis le sort dans son corps. Et voilĂ . Maintenant, il parle
 mais il est cubique, peuchĂšre. Â»

Toopil se regarda Ă  nouveau dans le miroir. Il poussa un hurlement silencieux en voyant sa tĂȘte digne d’un skin mal tĂ©lĂ©chargĂ© sur un serveur bugguĂ©: « Je suis vraiment un coach Minecraft
 Â»

Volatil souffla : « Mais tu sais
 les cubes, c’est stable. C’est solide. Â»

Toopil s’énerva: « Je suis stable, prĂ©sident. Mais j’ai des angles droits Ă  la place des genoux. Â»

Toopil retourna Ă  l’hĂŽtel. Les joueurs l’accueillirent comme un prophĂšte. Il leur parla tactique, stratĂ©gie, football total
 avec un cerveau affĂ»tĂ© comme jamais.

Mais lorsqu’il tapa dans un ballon, il tomba en avant, et se mit à glisser sur la pelouse comme un carton Amazon sur une pente humide.

Victor Eletu, hilare, lança : « Coach, faites gaffe Ă  ne pas aller dans la soute Ă  bagages tout Ă  l’heure. Â»

En effet, le soir mĂȘme, les joueurs prenaient le bus pour Baham, lieu de leur prochain match.

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Ça me rappelle Martin matin qui ne sait jamais dans quel personnage il va se rĂ©veiller :smiley:

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My bad :folded_hands:

J’ai l’impression que c’est d’ĂȘtre sĂ©lectionneur du NigĂ©ria qui lui fait vivre toutes ces aventures les plus folles ! Vivement que la CAN se termine, il retrouvera peut-ĂȘtre un semblant de vie normale.

P.S : Autre question. T’as dĂ©jĂ  fait des parties dans des pays ou championnats majeurs ? Ou tu ne pars que dans des destinations exotiques ou peu communes ?

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L’histoire ne dit pas comment le sĂ©lectionneur @toopil a Ă©tĂ© choisi par le PrĂ©sident de la fĂ©dĂ©. Mais ça pue l’embrouille cette affaire :sweat_smile:

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J’ai apprĂ©ciĂ© le petit easter egg :kappa:

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Le fameux accent marseillais tout droit venu de Lorraine :kappa:

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Réponse aux lecteurs

@Sythax je n’ai jamais vu Martin Matin :sac:

@CaptainAmericka je ne fais jamais de championnats majeurs. Il m’arrivait d’en faire en prenant mon club de coeur (Dijon) pour tester les FM car, Ă  l’époque, ils Ă©taient en Ligue 1. Aujourd’hui, mĂȘme eux sont tout en bas :sweat_smile: Sinon, je n’aime pas trop les championnats majeurs. Quand j’y joue, c’est que c’est dans une partie oĂč je suis parti de tout en bas et que j’ai grimpĂ© les Ă©chelons ou changĂ© de clubs. Je trouve cela trop simple quand on part du haut de l’échelle et je m’emmerde! Donc j’ai fait pas mal de championnats mineurs. Je suis par exemple devenu champion de Aruba, de Cuba ou d’Afghanistan dans certaines parties :rofl:

@volatil ce rĂ©cit, c’est le rĂ©cit de l’à peu prĂšs. Tout n’est pas expliquĂ© et les incohĂ©rences sont nombreuses. Un rĂ©cit qui n’aurait pas dĂ©plu Ă  Yann Solo de la chaĂźne 12parsec :sac: (n’est-ce pas @Loozar et @Segmann :smirking_face: )

@Loozar merci de l’avoir vu. J’avais peur qu’il tombe à l’eau :joy:

@ZiyadFCM tout est bizarre dans cette story et rien n’est Ă©tonnant :sac:

Le journal de la CAN 2035: épisode 6

11 décembre 2035, Stade Bonaventure Sonké (Baham)

Toopil se leva ce matin, toujours avec sa tĂȘte en forme de personnage de Minecraft. Peu importe que sa tĂȘte soit carrĂ©e, il pouvait parler normalement. Il avait fait rentrer @ZiyadFCM dans le staff pour qu’il puisse le soigner.

Chaque matin, il l’oscultait. Et ce matin, il lui demanda de mettre une casquette. Toopil trouva le procĂ©dĂ© Ă©trange mais s’exĂ©cuta et demanda: « et c’est censĂ© faire quoi ? Â»

Ce Ă  quoi Ziyad rĂ©pondit: « rien. Je voulais juste voir la tĂȘte de con que ça vous fait, coach. Â»

La délégation se rendit au stade. Celui-ci avait été construit en 2025 et pouvait accueillir 32 000 personnes. Il était surtout rempli de Nigérians venus en voisins.

L’adversaire, le Sierra Leone, semblait abordable. Mais Toopil rĂ©clama du sĂ©rieux et de la patience. Il Ă©tait Ă©vident que l’adversaire allait installer le bus devant ses cages. Aussi, tant que le score ne serait pas ouvert, il allait ĂȘtre difficile de percer ce rideau dĂ©fensif. Et il prĂ©cisa que si le nul suffisait au Nigeria, le Sierra Leone devait gagner pour avoir son destin entre ses mains mais qu’il Ă©tait sĂ»r qu’ils allaient chercher Ă  tenir le match nul jusqu’à la mi-temps pour semer le doute dans les rangs du Nigeria.

Puisque le 4-3-3 fonctionnait, le coach Ă  la tĂȘte carrĂ©e le relança pour ce match. Saraki avait besoin de souffler et pris place sur le banc. Jamiu, joueur du Barik Ostrava, Ă©tait titulaire.

Le coup d’envoi fut donnĂ©. Et comme l’avait demandĂ© Toopil, le Nigeria mis dĂšs le dĂ©part une forte pression. Et ça paya assez rapidement avec des occasions dangereuses
 et un but ! DĂšs la 6e minute, la dĂ©fense du Sierra Leone se dĂ©gage mal sur corner. Osawe voit le ballon arriver sur lui mais Ă©galement les dĂ©fenseurs. Alors il passe en retrait Ă  Kingsley Ibrahim. Le joueur de Cadiz frappe au raz du poteau droit. 1-0 pour le Nigeria.

Toopil sent un truc bizarre sur sa tĂȘte. Il se gratte. Un coin de sa tĂȘte est redevenu rond.

Ce but mis l’équipe en confiance. Il ne fallu attendre que trois minutes pour voir un autre but. James Ajako remonte le ballon sur l’aile gauche, passe Ă  Abdullahi et continue son action. Le milieu dĂ©fensif le voit et relance le ballon en sa direction. Une fois dans la surface, Ajako tire et met le ballon au fond des filets. 2-0.

Un deuxiĂšme coin de la tĂȘte de Toopil s’est arrondi !

14e minute, le festival continue. Lancé par Ogbanna, Osadebe met le 3e but du Nigeria.

16e minute, penalty ! Jamiu le transforme. 4-0 pour le Nigeria.

Toopil saute de joie mais surtout car sa tĂȘte a retrouvĂ©e une tĂȘte parfaitement arrondi. Il suffisait de cela.

Il dit à ses joueurs qu’ils peuvent relñcher le pressing. Le Nigeria va se qualifier pour le tour suivant.

Le score restera inchangĂ© jusqu’à la pause.

Les joueurs fĂ©licitent Toopil pour sa tĂȘte. Il leur dit: « c’est grĂące Ă  vous. Continuez comme ça, je vais faire du turnover en seconde pĂ©riode en faisant rentrer ceux qui ont moins jouĂ© depuis le dĂ©but du match. Â»

59e minute, Jamiu met le 5e but et Saraki, rentrĂ© Ă  la place d’Osadebe, mettra le 6e Ă  la 71e sur une passe de Jamiu. Le match fut parfait pour les Super Eagles.

Les joueurs vont fĂȘter cette superbe victoire avec leurs supporters. Ils chantent et dansent. Cette CAN se dĂ©roule trĂšs bien pour le moment. Le Nigeria termine en tĂȘte du groupe, suivi de la Tunisie qui a battu le Gabon 4-0.

Tout le monde rentre au vestiaire. Toopil se met face aux joueurs: « les gars, vous avez fait du bon boulot. Maintenant, le plus dur commence: la phase finale. Ce sera quitte ou double. J’attends de vous la mĂȘme application que lors de ce premier tour. En attendant, on profite, on savoure, et demain, on repart au combat. Allez, les gars. Â»

Mais personne n’applaudit. Il y a juste Saraki qui ose dire: « coach, pourquoi vous nous parlez en Ă©tant sur la tĂȘte? Â»

Toopil, surpris de cette question, fronce les sourcils et observe la situation. En effet, il est la tĂȘte Ă  l’envers et ne peut se redresser. Il hurle Ă  la mort


C’est tĂȘte Ă  l’envers que l’équipe prendra l’avion pour retourner Ă  Nkongsamba et Toopil passera la nuit
 la tĂȘte au sol, les pieds en l’air.

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Euh
 Ca part en sucette là ! Heureusement qu’il y a cette qualification aprùs une trùs belle victoire :joy:

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Ça paraissait tellement normal de prime abord 


Et puis tout est repart en cacahuĂšte !

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Il a abusĂ© de la barrique d’Ostrava notre @toopil

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Dis donc, c’est le short qui a une physique bizarre ou j’ai bien vu ce que j’ai vu
Hey bah, il a une vraie paire de falafels monsieur l’entraineur

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Réponse aux lecteurs

@CaptainAmericka dans ce récit, je me demande quand ça ne part pas en sucette :sac:

@Sythax Ce Toopil ne pourra jamais vivre une vie normale :sac:

@volatil Alors, il y a peut-ĂȘtre une vanne mais elle m’échappe totalement :sweat_smile:

@Loozar Tu saura que dans la famille Toopil, on a tous des paires hors norme. La bise à ma sƓur:

Le journal de la CAN 2035: épisode 7

13 Décembre 2035, Nkongsamba (Cameroun)

Le lendemain du triomphe contre le Sierra Leone, Toopil, ou plutĂŽt Lipoot comme l’avaient surnommĂ© les joueurs, marchait toujours sur les mains, la tĂȘte vissĂ©e vers le sol, les jambes dans les airs.
Fait Ă©trange : le sang ne lui montait mĂȘme pas Ă  la tĂȘte. Les mĂ©decins de l’équipe et @ZiyadFCM , le sorcier vaudou, avaient abandonnĂ© toute tentative d’explication scientifique, prĂ©fĂ©rant boire du thĂ© Ă  la menthe en regardant l’entraĂźnement d’un air rĂ©signĂ©.

Toopil tentait de montrer des exercices basiques, mais son Ă©quilibre instable sur les mains rendait chaque dĂ©monstration aussi utile qu’un parapluie dans un ouragan.
Les joueurs, hilares, criaient de toutes leurs forces : « Allez Lipoot ! Allez Lipoot ! Â»

MĂȘme Aline, sa femme, venue assister Ă  la sĂ©ance avec Milo et sa belle-fille, n’en pouvait plus de ce cirque que faisait son homme. Furieuse, elle s’approcha, sermonna son mari suspendu Ă  l’envers, puis, dans un Ă©lan d’agacement conjugal, lui assĂ©na un Ă©norme coup de pied dans les bras. Toopil s’envola. LittĂ©ralement.

« JE NE SENS PLUS LA GRAVITÉ !! Â» hurla-t-il en faisant des saltos dĂ©sespĂ©rĂ©s dans le ciel camerounais.
PaniquĂ©s, les joueurs sautĂšrent pour le rattraper au vol. Ils rĂ©ussirent Ă  l’agripper par les cheveux, lui Ă©vitant de disparaĂźtre dans la stratosphĂšre.

Sur ordre du staff, on l’attacha cette nuit-là à un poteau du terrain d’entraünement, pour ne pas qu’il s’envole.

Pendant ce temps, dans l’hîtel, la tension montait : le tirage au sort venait de tomber. Prochain adversaire : l’Égypte. Pas n’importe laquelle : l’Égypte revancharde, finaliste malheureuse de la derniùre CAN.

14 Décembre 2035, Nkongsamba (Cameroun)

Dans la nuit, un gros « boum Â» se fit entendre. À l’aube, Lipoot, heu
 pardon
 Toopil, toujours ficelĂ©, se rĂ©veilla. Il sentit le sol contre son visage et rĂ©alisa : « Ahhh ! Ma douce gravitĂ© est de retour ! Â»

Franck, qui passa pour prendre l’air, vit Toopil au sol et se prĂ©cipita vers lui. Le coach ordonna Ă  Franck de le dĂ©tacher.
Mais en tentant de se relever
 il resta collĂ© au sol comme une crĂȘpe sur une poĂȘle chaude. Il n’arrivait mĂȘme pas Ă  bouger un seul doigt.

Les joueurs vinrent l’aider : ils Ă©taient huit, puis dix, puis quatorze, mais rien Ă  faire : Toopil ne bougeait pas d’un millimĂštre.

Le staff, paniquĂ©, appela le prĂ©sident de la fĂ©dĂ©ration. @volatil arriva une heure plus tard, excĂ©dĂ©: « j’espĂšre qu’on me fait me dĂ©placer pour une bonne raison. J’étais en train de zouker nu avec une demoiselle fort charmante. Â» Voyant Toopil, il comprit que c’était plus important qu’un zouk Ă©rotique. C’est de la nation dont il s’agissait. Il fit venir une spĂ©cialiste scientifique, la fameuse Abimbola Alale, la fiertĂ© nationale en astrophysique. « Je la connais bien. On s’est souvent rencontrĂ© dans des soirĂ©es liberti
 heu
 Des soirĂ©es heu
 OĂč on a regardĂ© la lune. Oui voilĂ  ! Parfaitement ! On regarde la lune, nous Â», dit Volatil ) ZiyadFCM qui le regarde d’un air douteux.

Abimbola arriva et observa Toopil, prit quelques mesures, puis déclara solennellement : " Coach
 votre corps est passé en mode 5G. Vous pesez cinq fois votre poids."

« DĂ©jĂ  qu’il Ă©tait lourd en temps normal Â» dit Okafor en se marrant. Mais en voyant les yeux Ă©nervĂ©s du coach, il prĂ©fĂšre la boucler.

« Oui. Vous pesez cinq fois votre poids normal. Vous encaissez cinq fois la gravitĂ©. C’est gĂ©nial de voir ça. Â» Abimbola s’extasiait mais Toopil rĂ©pondit: « Ouais
 Vachement gĂ©nial
 Â»

Saraki lĂącha en ricanant : « En tout cas, si vous ĂȘtes en 5G, c’est sympa pour nos tĂ©lĂ©phones Â»

Toopil le regarda et dit: « Toi, dĂšs que je suis debout, je te fume ! Â»
RĂ©sultat : il fallut appeler une grue de chantier pour transporter Toopil vers le terrain d’entraĂźnement, puis du terrain vers un lit renforcĂ© (fabriquĂ© d’urgence avec des planches volĂ©es sur un chantier voisin).

15 Décembre 2035, Nkongsamba (Cameroun)

Ce matin-lĂ , Toopil, pour la premiĂšre fois depuis des jours, se sentit normal. Il rĂ©ussit Ă  se lever, ne s’envola pas, n’avait pas une tĂȘte Ă  la Minecraft, parlait et Ă©crivait anglais correctement, ne marchait pas sur les mains. Rien !
Il se regarda dans le miroir : « Ok mon gars, t’es prĂȘt Ă  battre l’Égypte ! Â»

Pour s’assurer qu’aucune autre sorcellerie ne le frappe, il convoqua ZiyadFCM afin de voir s’il n’y avait rien d’anormal dans son Ă©tat.
Toopil demanda : « Vous avez vu, je suis normal aujourd’hui. Vous pensez que je suis guĂ©ri ? Â»
Le sorcier leva les yeux au ciel, esquissa un sourire Ă©nigmatique, puis rĂ©pondit dans une langue totalement inconnue, mĂ©lange de grĂ©sillements, de clics de langue et de sons dignes d’un modem 56k.

Toopil, fou de rage, claqua la porte et fila voir Volatil qui avait passé la nuit avec six charmantes demoiselles.

Le prĂ©sident de la fĂ©dĂ©ration fut tellement surpris de voir Toopil ouvrir la porte sans frapper qu’il se mit Ă  l’engueuler mais dans un autre dialecte incomprĂ©hensible, quelque part entre le dialecte Ewondo, du yaourt et un remix de bruits de chĂšvres.

Toopil, au bord du burn-out, courut Ă  l’entraĂźnement. Et là
 Tous ses joueurs parlaient dans cette mĂȘme langue Ă©trangĂšre. MĂȘme Franck, son fidĂšle adjoint.

Toopil hurla : « Mais bordel de merde, c’est moi qui dĂ©conne ou c’est le monde entier ?! Â»

Il comprit enfin : c’était lui. Lui seul
 Comme si un filtre avait transformĂ© sa perception de la rĂ©alitĂ©.

PrivĂ© de communication, son arme principale, Toopil tomba Ă  genoux au milieu du terrain, les bras levĂ©s vers le ciel gris du Cameroun : « Mon Dieu
 Comment vais-je battre l’Égypte si je comprends mĂȘme pas quand on me demande de passer le sel ? Â»

Il dĂ©cida de donner des consignes mais de ne plus Ă©couter (comme il le fait avec sa femme finalement
). Le soir, toute la dĂ©lĂ©gation pris l’avion pour Garoua au nord du pays. Demain, c’était l’Egypte et peu importe qu’il comprenne ses joueurs ou non, Toopil comptait bien l’emporter.

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Pauvre Toopil !
C’est incroyable qu’il ait pas encore petĂ© une case

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Ca va ĂȘtre dur de battre l’Egypte s’il ne peut pas empĂȘcher son Ă©quipe d’ĂȘtre en roue libre :stuck_out_tongue:

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On dirait quand mĂȘme quelqu’un qui dit « les putes Â» avec un accent maghrĂ©bin caricatural, fais gaffe c’est peut-ĂȘtre pas le surnom affectueux que tu crois

Midjourney doit quand mĂȘme bien suer Ă  grosses gouttes quand il te voit arriver, toi et tes prompts de plus en plus dĂ©biles au fil des Ă©pisodes :kappa:

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Il est grand temps qu’il se casse du pays s’il veut retrouver un semblant de vie normale :joy:

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Bon. Dieu, heureusement que ma femme voit pas ce que je fais le week end quand je suis en déplacement pour la sélection :sweat_smile:

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Réponse aux lecteurs

@celiavalencia il a l’habitude avec tout ce qu’il a vĂ©cu depuis ses dĂ©buts d’entraĂźneur :sac:

@Sythax ils vont ĂȘtre obligĂ© de faire de l’auto-gestion :sweat_smile:

@Loozar Midjourney a parfois du mal à accepter mes demandes mais j’en sors toujours vainqueur :smirking_face:

@CaptainAmericka Qu’il se casse du Nigeria ou du Cameroun ? :sac:

@volatil Tout lui sera dit et rĂ©pĂ©tĂ© sauf en Ă©change de gros billets Ă  l’adresse que je t’envoie en MP :smirking_face:

Le journal de la CAN 2035: épisode 8

16 décembre 2035, Stade Roumdé Adija (Garoua, Cameroun)

C’était le 8e de finale contre un adversaire solide: l’Egypte, l’un des favoris. Toopil ne comprenait toujours pas ce qu’on lui disait, mais les autres le comprenait, c’était lĂ  l’essentiel. Il a pu donner ses consignes et comptait sur sur adjoint pour rĂ©pondre aux questions des joueurs.

A l’extĂ©rieur du vestiaire, les supporters des Super Eagles faisaient beaucoup de bruit. Ils Ă©taient venus nombreux: Garoua Ă©tait Ă  moins de 2h de la frontiĂšre avec le Nigeria.

Toopil dĂ©cida d’aligner son onze type, avec Saraki de retour en pointe et Eletu en faux meneur de jeu.

Les Ă©quipes rentrent sur le terrain. Les hymnes sont lancĂ©s et aux oreilles de Toopil, toujours en dysfonctionnement, lors de l’hymne du Nigeria, c’est Baby Shark qui rĂ©sonnait dans le stade et qui Ă©tait chantĂ© par ses joueurs. Il voulait exploser de rire mais se rappela que les camĂ©ras du monde entier le filmait.

Le coup d’envoi fut donnĂ© et le dĂ©but de match sonna comme un rĂȘve: 1e minute, 1e action pour le Nigeria. Sur une passe d’Olusegun, Iroegbunam se dĂ©cale lĂ©gĂšrement et frappe au raz du poteau droit. DĂ©jĂ  1-0.

En fĂȘtant le but, Toopil sentit ses oreilles se dĂ©boucher. Son adjoint approche et dit: « on peut le faire ! Â» Toopil a entendu parfaitement cette phrase et saute de joie en hurlant: « je suis redevenu normal ! Je suis redevenu normal ! Â» Tout le banc fĂȘte cela avec lui.

Le but rapide du Nigeria a rĂ©veillĂ© l’Egypte qui se lance Ă  l’attaque, sans rĂ©ellement ĂȘtre menaçante. Mais Ă  la 11e minute, sur un centre venu de la gauche, Haydon Roberts touche le ballon de la tĂȘte et le dĂ©vie hors de portĂ©e de Wahab. Sans avoir eu de rĂ©elle occasion, l’Egypte Ă©galise. 1-1.

Le match est serrĂ©, les occasions pas nettes. L’équipe qui prendra l’avantage aura fait le plus dur. Et dans ces temps-lĂ , le joueur de Schalke 04, Saraki est un joueur prĂ©cieux.
il est un vrai joueur de surface et va le prouver Ă  la 37e minute: le ballon traĂźne autour de la surface de rĂ©paration de l’Egypte. Iroegbunam voit Saraki se dĂ©placer vers lui. Il lui donne le ballon. Saraki se retourne, se dĂ©cale et frappe vers le but pour inscrire le 2e but du Nigeria.

Toopil est satisfait. Il sait que son Ă©quipe va rentrer Ă  la pause avec un but d’avance. Mais il ne s’attend pas Ă  ce qui va se produire par la suite, dans les arrĂȘts de jeu de cette premiĂšre pĂ©riode: Owolabi fait un appel. Il est suivi par la dĂ©fense des Pharaons ce qui libĂšre Saraki. Fort d’un QI football important, Iroegbunam, encore lui, le voit et sert son coĂ©quipier. Saraki se retrouve quasiment seul face au gardien et frappe dans l’angle opposĂ©. 3-1. Le stade s’enflamme et scande le nom de Saraki qui veut faire un salto mais s’écrase comme une crĂȘpe au sol


L’arbitre siffle la fin de la premiĂšre pĂ©riode. Iroegbunam, joueur de SĂ©ville, a Ă©tĂ© extraordinaire avec un but et deux passes dĂ©cisives. Le Nigeria mĂšne de deux buts et dans le vestiaire, tout le monde semble heureux. Le Nigeria roule sur l’un des favoris et s’impose comme une Ă©quipe sur qui il faudra compter.

Le discours de Toopil est simple: il faut enfoncer le clou.

En seconde pĂ©riode, le Nigeria contrĂŽle le jeu et gĂšre le match. AprĂšs une premiĂšre pĂ©riode passionnante, le rythme a nettement baissĂ©. Les deux Ă©quipes font du coaching. Saraki, auteur d’un doublĂ©, sort sous les applaudissements de ses supporters.

MalgrĂ© les changements, l’Egypte semble ĂȘtre dans les cordes. Il faut attendre les dix derniĂšres minutes pour les voir faire reculer le Nigeria. Avec deux buts d’avance, les Super Eagles ne paniquent pas.

On en arrive aux arrĂȘts de jeu. Toopil, sur le banc, est serein. Mais pas Wahab
 Sur un corner, le gardien du Nigeria se troue complĂštement et laisse passer le ballon
 Un joueur Egyptien inscrit le 2e but de son Ă©quipe et rĂ©cupĂšre le ballon pour le remettre dans le rond central. Mais l’arbitre assistant a levĂ© son drapeau. La VAR est utilisĂ©e. Il y a hors-jeu. Le but est annulĂ©.

Mais dĂšs la relance, l’Egypte rĂ©cupĂšre le ballon. Leur pressing est devenu intense. Le Nigeria panique malgrĂ© son avance. Sur une frappe Egyptienne, Wahab se foire complĂštement, une nouvelle fois, et relance le ballon sur un adversaire qui n’a plus qu’à pousser le ballon au fond des buts. 3-2. L’Egypte reprend espoir alors qu’il ne reste que quelques secondes


Le coup d’envoi est donnĂ©. Le ballon est immĂ©diatement perdu
 L’Egypte se lance Ă  l’attaque et frappe au but. Ajako dĂ©vie en corner.

Le gardien Egyptien monte. C’est Fort Alamo dans la surface de rĂ©paration. Les joueurs sur le banc demande le coup de sifflet final mais le corner sera jouĂ©, indique l’arbitre.

Le corner est tiré. La défense se dégage. Le coup de sifflet final est donné. Le banc du Nigeria explose de joie et rentre sur la pelouse.

Alors que l’équipe maitrisait son match, ils se sont fait peur


Dans le vestiaire, c’est le folie. Tout le monde chante et danse. Les plus jeunes se mettent au Shaku Shaku et emmĂšnent le coach Toopil avec eux. Celui-ci bien que danseur dĂ©butant est incroyablement fort en danse. Il s’impressionne lui-mĂȘme.

Mais vient l’heure d’aller en confĂ©rence de presse.Il y va accompagnĂ© de @volatil , son prĂ©sident de la fĂ©dĂ©ration. Mais lĂ , en arrivant, devant le parterre de journalistes venus nombreux, les deux montent sur la table et se lancent dans une samba Ă  deux. Ni l’un, ni l’autre ne peuvent empĂȘcher leur corps de se mouvoir. « Je suis envoutĂ© moi aussi. A l’aideeeeeee ! Â» se met Ă  hurler Volatil devant des journalistes qui ouvrent grand les yeux.

Dans l’avion qui ramĂšne l’équipe Ă  Nkongsamba, Toopil danse le lac des cygnes au milieu du couloir, mĂȘme pendant l’atterrissage, personne n’arrivant Ă  le faire s’assoir de force. Une nouvelle malĂ©diction est arrivĂ©e


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