Ce ne sera pas simple dâaller chercher une victoire en finale
Le coach ne plaisante pas avec la dĂ©faite. Mais câest comme ça que les joueurs progressent.
Réponse aux lecteurs
@Wasyl @Rhino réponse de suite
@CaptainAmericka affirmatif Captain!
CHAPITRE 6 â Septembre-Octobre 2021 : LâapogĂ©e
Câest le mois des dĂ©cisions, de la gloire et des frissons. Chaque match de championnat rapproche Cobreloa de la montĂ©e, chaque duel de Copa Chile a commencĂ© Ă forger une lĂ©gende.
Finale de la Copa Chile
- 4 septembre :
Le stade est plein Ă craquer.
MĂȘme la vieille Doña Fumilda porte une Ă©charpe orange et des lunettes de soleil originale aux couleurs du club.
Minute 5 :
Colo Colo presse haut. Les Zorros reculent, mais le ballon est capté par Cano. La foule retient son souffle à chaque passe.
Minute 12 :
Ortiz intercepte une passe centrale et glisse le ballon Ă Escalante. Celui-ci feinte un dĂ©fenseur, frappe la balle dâun extĂ©rieur du pied, et la place Ă cĂŽtĂ© du but. Le public hurle : un coup de tonnerre orange parcourt les gradins.
Minute 19 :
Un tir lointain de Colo Colo frĂŽle la barre. Les supporters se recroquevillent sur leurs siĂšges, certains mains sur la tĂȘte.
Minute 27 :
Escalante se bat sur le cĂŽtĂ© droit, force un corner. Le ballon vole, la tĂȘte de Gutierrez touche le cuir mais le gardien adverse plonge et repousse. La foule pousse un soupir collectif et applaudit nerveusement. Le stade vibre Ă chaque contact.
Minute 35 :
Ortiz reçoit une passe en profondeur. Il dribble un dĂ©fenseur, ralentit puis accĂ©lĂšre. Escalante, anticipant, est dĂ©jĂ au point de chute. La balle arrive, Ortiz la glisse avec prĂ©cision. Escalante frappe : 1â0 pour Cobreloa.
Explosion dans le stade : klaxons, chants, sifflets, cris. Une vague humaine semble déferler dans le satde. Doña Fumilda pleure derriÚre ses lunettes de soleil, un gamin saute sur les épaules de son pÚre.
Minute 42 :
Colo Colo se rue pour égaliser. Cano se jette, capte une frappe à bout portant. Le public retient son souffle, un silence effroyable ponctué par les sifflets adverses. Ortiz serre les dents, Escalante encourage ses équipiers, les bras levés.
Minute 45+2 :
Le stade chante Ă lâunisson lâhymne de Cobreloa. Les joueurs, haletants, Ă©changent des regards. Paredes reste au bord du terrain, impassible, un lĂ©ger sourire presque invisible.
Minute 52 :
Les Zorros tiennent le ballon. Chaque passe est précise, chaque appel mesuré. La foule accompagne chaque mouvement avec claquements de mains et cris. Un pigeon traverse le ciel du stade, symbole étrange et silencieux de chance ou de défi.
Minute 60 :
Colo Colo obtient un corner. Le ballon fuse, Gutierrez dĂ©vie de la tĂȘte, mais frĂŽle le poteau. Le silence est assourdissant. Les supporters se reprennent, hurlent, sautent, frappent le sol comme pour envoyer des ondes Ă leurs hĂ©ros.
Minute 68 :
Ortiz capte une passe mal ajustĂ©e. Il accĂ©lĂšre, esquive un tacle, passe Ă Escalante qui frappe. Le gardien plonge, le ballon heurte la barre. Le cĆur de tous bat Ă lâunisson.
Minute 75 :
Le jeu sâĂ©quilibre. Les Renards dĂ©fendent comme des guerriers. Chaque tacle, chaque interception est applaudi comme un but. Cano stoppe un tir violent. La foule rugit : âZorros! Zorros!â
Minute 90+4 :
Lâarbitre siffle. Cobreloa 1 Colo Colo 0. Les joueurs tombent au sol, certains pleurent, dâautres rient
Le public explose. Les klaxons couvrent presque la ville.
Personne ne le croit. Mais les photos, vidéos et tweets circulent : le miracle a eu lieu.
Un surnom nait : Leonardo « lâAlquimista » Paredes
Réactions
Les joueurs pleurent, rient, chantent.
- Ortiz note dans son carnet : âLe coach nous a appris Ă marcher, courir et rugir. Aujourdâhui, il rugit avec nous.â
- Escalante sourit, la tĂȘte dans les mains : âOn vient de battre un gĂ©ant⊠nous une Ă©quipe de D2. Forte respiration, petite larme qui coule.â
MĂȘme les vĂ©tĂ©rans comme Gutierrez, 39 ans, semblent rajeunis de dix ans.
Cette victoire signifie aussi le retour de Cobreloa en Copa Libertadores la saison prochaine. Trop tĂŽt certes mais lâexpĂ©rience ça ne se remplace pas!
AprÚs la finale, Cobreloa poursuit sa série en championnat. Chaque match devient une démonstration de maßtrise.
4â0 vs Universidad de ConcepciĂłn : Ortiz marque et lĂšve les bras vers les gradins, oĂč les enfants sautent de joie.
4â2 vs Iquique : Escalante cĂ©lĂšbre dans les tribunes avec le trompettiste local rĂ©apparu aprĂšs la victoire de la Copa Chile.
1â2 vs San Marcos de Arica : une petite chute inattendue, mais Paredes note calmement : « Tout est apprentissage. »
3â1 vs Deportes Temuco : les supporters chantent jusquâĂ minuit.
2â0 vs Deportes CopiapĂł
Le club nâa jamais semblĂ© aussi solide.
Les supporters parlent de âlâesprit du dĂ©sertâ, cette force invisible qui guide les Zorros.
Anecdote folklore
Doña Fumilda, témoin des succÚs du passé et du présent, raconte aux jeunes :
âCa recommence. Dans le dĂ©sert, les pierres parlent. Et elles ne parlent que de Cobreloa comme cette fois lĂ âŠâ
Cobreloa termine premier de la Primera B. La montée est assurée.
Paredes reste impassible, carnet en main, comme si tout nâĂ©tait que lâintroduction Ă un chapitre plus grand
Alors que les renards savourent leur triomphe, un message arrive : le calendrier de Primera DivisiĂłn vient de tomber. Colo Colo, Universidad de Chile, la confrontation contre les gĂ©ants recommence. Paredes regarde lâhorizon dĂ©sertique et murmure : « Ce nâĂ©tait que le dĂ©but. »
Les renards du dĂ©sert ont bien appris, bien mangĂ©. Ils sont rassasiĂ©s (enfin pour cette annĂ©e) et sont prĂȘts pour lâhibernation. Le nord du Chili nâoubliera jamais cette annĂ©e 2021.
Bravo pour cette victoire en Coupe !
Elle a décuplé le moral de tes joueurs en plus ![]()
Un titre qui en appelle dâautre ![]()
Oh la Coupe qui vient rĂ©compenser les litres de sueur qui ont tant coulĂ© ! Belle rĂ©compense mais on sâattend Ă avoir le second titre dans la foulĂ©e ![]()
Un match trÚs serré, mais une victoire bien méritée !
Réponse aux lecteurs
@Wasyl câest sur quâune victoire face Ă un rival quand on est en d2 ça galvanise ![]()
@Rhino espĂ©rons et mĂȘme si ce nâest pas pour tout de suite on a hĂąte de montrer ce que vaut le Chili au niveau continental
@CaptainAmericka oula la pression, câest celle que doit ressentir les joueurs, il sera difficile de faire aussi bien en d1 ou en coupe
@alexgavi un derby ça se gagne haha, lâĂ©quipe a sur faire le dos rond pendant pres de 60 minutes
Bilan de la Saison 2021 â Cobreloa
Champion de D2 â Vainqueur de la Coupe du Chili
Une saison historique, inattendue et maßtrisée
I. Compétitions
Championnat â Primera B (D2)
Classement final : 1er
Cobreloa rĂ©alise la plus grande surprise de la saison en finissant champion dâune division oĂč les favoris Ă©taient ailleurs. LâĂ©quipe a su ĂȘtre constante, solide, et surtout ultra-rĂ©guliĂšre dans ses sĂ©ries dâinvincibilitĂ©.
Plus mauvais classement durant la saison : 4e
â LâĂ©quipe nâest jamais sortie du haut du tableau.
Séries marquantes :
7 matchs sans défaite en début de saison
AprÚs la premiÚre défaite, 9 autres matchs sans perdre
AprÚs la deuxiÚme défaite, 10 matchs sans défaite
Plus longue sĂ©rie de victoires : 6 (8 mai â 15 juin)
Déceptions / passages à vide :
Aucun déception, pas de réel passage à vide
Deux défaites 1-0 fin octobre (23 & 30 octobre)
Ce sont dâailleurs les seuls matchs consĂ©cutifs sans marquer cette saison.
Coupe du Chili â Vainqueur
Une épopée totalement inattendue pour un club de D2.
Le parcours laisse trois marqueurs majeurs :
Victoire finale contre Colo-Colo
Probablement lâun des plus grands exploits de lâhistoire rĂ©cente du club.
Demi-finales spectaculaires
Aller : Cobreloa 6â1 Huachipato (meilleure victoire de la saison)
Retour : DĂ©faite 2â4, mais qualification large sur lâensemble
Affluence record au derby contre Antofagasta
8 356 spectateurs,
Pres de 80 millions de pesos (37 170 âŹ) de recettes, soit un mois de loyer pour le stade â un record
Match qui a servi de catalyseur pour lâengouement populaire.
II. Statistiques de Matches
Meilleure Victoire
6â1 en demi-finale aller de la Coupe du Chili (Huachipato)
Match le plus prolifique en championnat
4â2 contre Deportes Iquique (23 septembre)
Pires Humiliations
3-0 à San Luis de Quillota (28 août)
2â4 au retour des demi-finales de coupe
Séries défensives
3 clean sheets consĂ©cutives (17 juillet â 1er aoĂ»t)
Gardien MatĂas Cano : 16 matchs sans encaisser
III. Performances Individuelles
Joueur de la saison (selon notes) : TomĂĄs Ortiz
Note moyenne : 7,39 (33 matchs) â la meilleure de lâĂ©quipe
Meilleur passeur : 11 assists
Maßtre du milieu, omniprésent dans tous les secteurs du jeu.
â Ălu joueur de lâannĂ©e par les supporters.
Meilleur buteur
David Escalante â 15 buts (toutes compĂ©titions)
En championnat : NicolĂĄs Maturana â 13 buts
Performance individuelle remarquable
Nicolås Maturana : triplé le 22 mai contre Deportes Copiapó
But le plus rapide : 27 secondes (Maturana, 14 novembre vs Santiago Morning)
Homme du match
Maximiliano Cerato â 8 fois homme du match
Joueur décisif dans les moments clés malgré un temps de jeu moindre (26 apparitions).
Discipline
Manuel Bravo : 12 cartons jaunes + 1 rouge
â Le joueur le plus sanctionnĂ©.
/
IV. Records dâĂąge
Plus jeune joueur : Ălvaro Saavedra
18 ans et 200 jours (quart de finale contre Puerto Montt â 13 juillet)
Plus vieux joueur : Roberto Gutiérrez
38 ans et 172 jours (vs Deportes Temuco â 7 octobre)
Plus jeune buteur : Bryan Ogaz
21 ans et 4 jours (13 juillet vs Puerto Montt)
Buteur le plus ùgé : Roberto Gutiérrez
38 ans et 95 jours (22 juillet vs Barnechea)
V. Affluence
Moyenne : 5 373 spectateurs
Record : 8 356 contre Antofagasta
Minimum : 3 538 (2e tour de Copa Chile vs San Marcos de Arica)
LâĂ©quipe a attirĂ©, a fĂ©dĂ©rĂ©, et a ramenĂ© du monde au stade sur la fin de saison.
VI. Effectif : Analyse
Défense solide
San Juan, Gonzålez, Bravo et Farias forment une base défensive trÚs fiable :
San Juan : 7,32
Farias : 7,20
GonzĂĄlez : 7,12
Bravo : 7,06
Tous au-dessus de 7.00 â saison ultra rĂ©ussie.
Milieu : cĆur du succĂšs
Ortiz (7,39), Barrientos (7,32) et Ballini (6,98) structurent le jeu.
Les remplaçants Ogaz, Saavedra et RĂos ont apportĂ© profondeur et jeunesse.
Attaque : décisive et complémentaire
Escalante : 15 buts â 7,30
Cerato : 12 buts â 7,32
Maturana : 15 buts â 7,20
Gutiérrez : expérience + but décisifs
Tous les attaquants principaux >7.15 â raretĂ© en D2 chilienne.
VII. Transferts
Plusieurs joueurs ont quittĂ© le club, souvent en prĂȘt, sans gĂ©ner lâĂ©quilibre global.
DĂ©part le plus notable : Axl RĂos (prĂȘt Ă UniĂłn La Calera)
Beaucoup de prĂȘts Ă Mejillones (3), Ăublense (2) et des dĂ©parts libres sans impact majeur.
â Les dĂ©parts nâont pas affaibli lâĂ©quipe : chapeau lâalchimiste pour la gestion de lâeffectif.
VIII. Conclusion â Une Saison LĂ©gendaire
Cobreloa réalise en 2021 :
La montée
Un titre historique en Coupe du Chili
Une attaque flamboyante
Une défense réguliÚre
Un public retrouvé
Une identité de jeu forte
Une cohérence dans toutes les lignes
Une saison statistiquement proche de la perfection
Deux trophées, une défense solide, un milieu dominateur, une attaque efficace, un stade qui renaßt :
Cobreloa a signĂ© lâune des plus grandes saisons de son histoire contemporaine.
Une trĂšs belle premiĂšre saison pour le coach
Bravo !
Bravo pour cette saison
Ha ouais, trĂšs grosse saison! ![]()
Des chiffres qui viennent confirmer lâexcellent saison que le club vient de vivre ![]()
Réponses aux lecteurs
Merci Ă tous, espĂ©rons que la premiĂšre saison parmi lâĂ©lite sera aussi bonne
INTRODUCTION â Le dĂ©sert face aux gĂ©ants
Calama nâa jamais Ă©tĂ© une ville de promesses faciles.
Ă 2 400 mĂštres dâaltitude, sous un soleil qui Ă©crase la roche et le mĂ©tal, on apprend tĂŽt que rien ne sâoffre sans effort. En 2022, cette vĂ©ritĂ© sâapplique de nouveau Ă Cobreloa, revenu lĂ oĂč beaucoup ne lâattendaient plus : la Primera DivisiĂłn chilienne.
La montĂ©e acquise quelques mois plus tĂŽt nâa rien changĂ© Ă lâessentiel.
Les infrastructures sont restées modestes.
Le budget, lui, reflĂšte les ambitions : 2 milliards de pesos chiliens (2,2 millions dâeuros). Les dirigeants espĂšrent de grosses primes en compĂ©tition continentale pour parvenir Ă lâĂ©quilibre.. Dans les couloirs du Stade Zorros del Desierto, on nâentend cependant pas parler de recrutement flamboyant, mais de gestion, dâĂ©quilibre, de survie. Les dirigeants rĂ©pĂštent le mot maintien comme un mantra, presque comme une priĂšre.
Ă Calama, pourtant, lâatmosphĂšre nâest pas celle de la peur.
Les murs du stade ont Ă©tĂ© repeints. Les Ă©charpes orange ressortent des armoires. Dans les bars, on parle Ă nouveau de tactique, de pressing, de blocs compacts. Les anciens Ă©voquent les annĂ©es 80, mais avec moins de nostalgie que dâespoir. Les plus jeunes, eux, dĂ©couvrent le calendrier du premier trimestre et sâĂ©merveillent devant certains noms : lâUniversidad CatĂłlica, quadruple vainqueur des quatres derniers championnats, en finale de la Supercoupe ; un dĂ©placement Ă Colo Colo, rival des annĂ©es 80 ; une confrontation aller-retour avec Monagas, troisiĂšme du dernier championnat du Venezuela ; et, en clĂŽture du trimestre, le derby du Cobre face Ă Cobresal.
Au centre dâentraĂźnement Luis Becerra Constanzo, la reprise sâest faite sans fanfare.
Leonardo Paredes nâa rien changĂ© Ă ses habitudes. MĂȘme calme, mĂȘme regard fixe, mĂȘme carnet toujours Ă portĂ©e de main. Les joueurs sentent pourtant que quelque chose a Ă©voluĂ©. Lâan dernier, ils Ă©taient des chasseurs affamĂ©s. Cette saison, ils sont devenus des proies dĂ©signĂ©es.
La presse nationale ne se prive pas de le rappeler.
Les chroniques parlent de « miracle de courte durĂ©e », de « retour brutal Ă la rĂ©alitĂ© ». On loue la discipline tactique de Cobreloa, mais on doute de sa capacitĂ© Ă tenir le rythme, Ă encaisser les dĂ©placements, la pression, les compĂ©titions continentales qui sâajoutent au calendrier.
Dans le vestiaire, les cadres tentent de canaliser lâexcitation.
Ortiz, dĂ©sormais identifiĂ© comme le cerveau de lâĂ©quipe, observe plus quâil ne parle. Escalante plaisante, mais travaille encore plus. Les jeunes regardent autour dâeux, impressionnĂ©s par les affiches Ă venir. Les vĂ©tĂ©rans, eux, savent que lâĂ©lite ne pardonne rien.
Un soir de janvier, alors que la lumiĂšre tombe sur la pelouse du stade, un supporter lance depuis la grille :
â « Coach⊠heureux de vous revoir au bord de notre terrain. Pour combien de saisons allons-nous encore profiter de lâAlquimista ? »
Puis avec une touche dâinquiĂ©tude dans la voix :
â « Vous avez bien signĂ© un nouveau contrat ? »
Paredes sâarrĂȘte, se retourne, et rĂ©pond avec un sourire Ă©nigmatique :
â « Je serai au stade cette annĂ©e et les suivantes aussi. »
Tout bas :
â « Si on mâen laisse le temps, au moins jusquâà ⊠»
Un avion survolant le stade couvra ses derniĂšres paroles.
Ă Calama, personne ne sait encore ce que cela signifie vraiment.
Mais une chose est sĂ»re : cette Ă©quipe nâa jamais reculĂ© devant un dĂ©fi. Et cette saison 2022 sâannonce comme la plus exigeante, la plus dangereuse, et peut-ĂȘtre la plus mĂ©morable de toutes.
LâĂ©quipe va ĂȘtre attendue mine de rien !! Lâeffet de surprise ne sera plus !
Le coach est-il sollicité pour rester énigmatique sur son avenir ?
Réponses aux lecteurs
Oui, le maintien obtenu rapidement ce serait une bonne chose. On sera attendu aprĂšs avoir battu Colo Colo.
Le coach a eu des contacts mais il reste énigmatique comme à son habitude
CHAPITRE 1 â Janvier 2022 : Le poids de la montĂ©e
Le mois de janvier commence sans bruit Ă Calama.
Pas de nouvelles banderoles . Pas de discours enflammĂ©s. Juste le vent sec qui balaie la pelouse du centre dâentraĂźnement Luis Becerra Constanzo.
Les joueurs reprennent un à un. Les corps sont reposés, mais les esprits chargés.
La montée a laissé une trace invisible : une attente permanente, presque pesante.
Ortiz arrive tĂŽt chaque matin. Il sâĂ©chauffe seul, carnet posĂ© sur le banc. Il observe les nouveaux visages, les jeunes intĂ©grĂ©s au groupe, les anciens qui savent dĂ©jĂ que la Primera DivisiĂłn ne pardonne rien.
Escalante, lui, plaisante encore :
â « D1 ou D2, le vent nous amĂšnera toujours le sable du dĂ©sert. »
Mais mĂȘme lui court plus longtemps.
Une préparation sans fioritures
Paredes nâa rien changĂ© Ă son protocole.
Séances courtes. Intensité élevée. Peu de ballons. Beaucoup de déplacements sans ballon.
Un jeune ose demander :
â « Coach, on ne travaille pas plus la tactique des adversaires ? »
â « Pas encore. Dâabord, apprenez Ă tenir. »
Les matchs amicaux suivent un schéma progressif : montée en difficulté des adversaires et montée en forme des Zorros.
Match 1 : dĂ©placement Ă La Serena (14á” en 2021) â 3â3
Match 2 : rĂ©ception dâUnion La Calera (6á” en 2021) â victoire 1â0
Match 3 : rĂ©ception dâEverton de Viña (3á” en 2021) â victoire 5â2
Câest de bonne augure en vue du maintien mais la presse locale ne sây attarde pas.
Un chroniqueur écrit néanmoins :
âCobreloa prĂ©pare la D1 comme on se prĂ©pare Ă traverser lâAtacama : sans excĂšs, sans panique.â
Dans le vestiaire, les discussions tournent autour du calendrier.
Les joueurs savent ce qui arrive.
La Supercoupe â 5 fĂ©vrier 2022 : Premier choc
La date est entourée en orange sur le tableau : Universidad Católica.
Quadruple championne en titre.
Référence absolue du football chilien récent.
Dans le tunnel, le contraste est frappant. Dâun cĂŽtĂ©, des joueurs habituĂ©s aux titres. De lâautre, un promu qui refuse de baisser les yeux.
Ortiz sent son cĆur battre trop vite.
Escalante serre les poings.
Cano tape dans ses gants.
Le 5 fĂ©vrier 2022, sous un soleil encore plus sec quâĂ lâaccoutumĂ©e, Cobreloa entre sur la pelouse pour le premier match officiel de sa saison.
Le match est intense.
Cobreloa ne recule pas. Pressing collectif. Transitions rapides. Les Zorros frappent deux fois.
Mais CatĂłlica frappe trois fois.
DĂ©faite 2â3.
Au coup de sifflet final, les joueurs tombent au sol, épuisés.
Personne ne parle dans le vestiaire pendant de longues minutes.
Les maillots sont jetĂ©s au sol. Lâodeur de sueur colle aux murs.
Cano enlĂšve lentement ses gants. Il les pose, les reprend, les repose encore.
Escalante fixe le sol, mains sur les hanches.
â « On les a fait douter⊠» souffle un jeune.
Ortiz lĂšve la tĂȘte.
â « Oui. »
Silence.
â « Mais eux, ils savent gagner quand ça doute. »
Manuel Bravo frappe du poing sur le banc.
â « Putain⊠sur le troisiĂšme but, je suis en retard dâun pas. Un seul. »
Escalante hausse les épaules.
â « En D2, un pas ça passait. »
Cette phrase reste suspendue.
Cano finit par dire :
â « Jâen ai touchĂ© deux. Mais la troisiĂšme⊠elle arrive trop vite. »
Paredes entre enfin. Il ne hausse pas la voix.
â « Regardez-vous. »
Ils lĂšvent les yeux.
â « Vous ĂȘtes déçus. Pas soulagĂ©s. »
Il marque une pause.
â « Ăa, câest nouveau. »
Il sâapproche du tableau, efface le score.
â « Vous venez de comprendre ce quâest la Primera. »
â « Et on y a notre place. »
Silence.
Paredes finit par dire :
â « Vous avez presque tenu. Pour la suite, vous saurez. »
Il sort.
Personne nâapplaudit.
Personne ne parle.
Un journaliste lâinterpelle Ă la sortie :
â « Coach, une dĂ©faite encourageante ? »
â « Une dĂ©faite utile surtout. »
Le retour de la presse nationale
La semaine suivante, les gros titres tombent.
âCobreloa rĂ©siste, mais plie.â
âLa marche est trop haute pour les Zorros.â
âLâeffet Paredes sera-t-il suffisant en D1 ?â
à Calama, les réactions sont partagées.
Dans le bar de Don Hugo :
â « Ils ont perdu⊠mais ils nâont pas Ă©tĂ© ridicules. »
â « Oui, mais la D1, câest toute lâannĂ©e. »
Dehors, un vendeur de sopaipillas conclut :
â « Tant quâils courent comme ça, moi je viens. »
Ajustements silencieux
Ă lâentraĂźnement, Paredes modifie des dĂ©tails.
Des positions de départ.
Des angles de pressing.
Des sorties de balle plus patientes.
Manuel Bravo sâagace aprĂšs un exercice ratĂ© :
â « On nâa pas le droit Ă lâerreur ici. »
â « Si, » rĂ©pond Paredes. « Mais pas deux fois la mĂȘme. »
Ortiz sent que quelque chose se construit différemment.
Moins dâinstinct.
Plus de contrĂŽle.
Il écrit dans son carnet :
âEn D2, on surprenait. En D1, il faudra durer.â
La ville retient son souffle
La préparation se termine sans éclat, mais sans fissure.
Les supporters ne chantent pas encore victoire. Ils observent.
Les abonnements augmentent doucement.
Les discussions se prolongent dans les bars.
Les anciens recommencent Ă venir au stade, mĂȘme quand il nây a pas match, parfois seulement pour se retrouver et jouer aux cartes, parfois pour jauger lâĂ©volution de lâĂ©quipe aux entrainements.
Un soir, Doña Fumilda glisse à une voisine :
â « Ils ne jouent pas comme des promus. Ils jouent comme des survivants. »
Dans son bureau, Paredes ferme son carnet.
Il regarde alors le calendrier pour le reste du mois de février.
Supercoupe passée.
Le championnat arrive.
Les premiÚres journées de championnat approchent.
Un déplacement piégeux.
Un premier match Ă domicile.
Puis, trÚs vite, une affiche qui fait frissonner la ville : La Copa Libertadores au Vénézuela.
Il murmure, presque pour lui-mĂȘme :
â « Maintenant, on entre vraiment dans le dĂ©sert. »
Cette dĂ©faite permet au moins de se prĂ©parer pour le championnat. LâĂ©quipe va peut-ĂȘtre souffrir mais elle va tenir jâen suis persuadĂ© !
Un rappel Ă lâordre bien nĂ©cessaire
Par contre, faites gaffe, Trump est chaud sur le Venezuela ![]()
Réponses aux lecteurs
@CaptainAmericka @Rhino une dĂ©faite utile selon la rĂ©ponse de Frankie aux journalistes, lâavenir nous le dira ![]()
@toopil câest une opĂ©ration secrĂšte pour mener Cobreloa Ă la victoire continentale ![]()
CHAPITRE 2 â FĂ©vrierâMars 2022 : Apprendre Ă respirer en altitude
Le bar de Don Hugo â Veille du premier match de championnat Ă Palestino
Le bar est ouvert, mais à moitié vide.
Un mardi soir sans match.
Don Hugo essuie un verre sans conviction.
La télé est allumée, son coupé.
Deux habitués discutent à voix basse.
â « Tu crois quâils sont prĂȘts ? »
â « Pour Palestino ? Oui. »
â « Pour la saison ? »
Un silence.
Don Hugo pose le verre.
â « Avant, vous veniez pour oublier la semaine. »
Il désigne la télé.
â « Maintenant, vous venez pour prĂ©parer le week end. »
La porte sâouvre. Un joueur entre, capuche sur la tĂȘte. Il commande un cafĂ©, pas une biĂšre.
Don Hugo ne dit rien.
â « D1, ça change quoi ? » demande quelquâun.
Le joueur se retourne à moitié.
â « Les erreurs restent plus longtemps. »
Il repart.
Don Hugo regarde la porte se refermer.
â « VoilĂ . »
Il rallume le son de la télé.
Le championnat commence sans cĂ©rĂ©monie, la tribune visiteur se remplit lentement, comme si les supporters voulaient sâassurer que tout cela Ă©tait rĂ©el.
13 fĂ©vrier 2022 â Palestino
Cobreloa frappe le premier.
Victoire 2â0, propre, maĂźtrisĂ©e. Rien de spectaculaire, mais une impression Ă©trange : les Zorros ne paniquent pas. Ils acceptent les temps faibles, ferment les lignes, frappent quand il faut.
Dans le vestiaire, Escalante plaisante :
â « On dirait quâon sait ce quâon fait. Câest presque inquiĂ©tant⊠»
Paredes ne répond pas.
18 fĂ©vrier 2022 â La Serena
Câest le match qui fait basculer les regards.
Premier match Ă domicile. Le stade est plein sans ĂȘtre bruyant. Les supporters observent encore, prudents.
Puis, Ă la 12á” minute, NicolĂĄs Maturana ouvre le score.
Ă la 24á”, il double la mise.
Ă la 41á”, il complĂšte son triplĂ©.
La Serena ne comprend pas.
Cobreloa déroule.
5â0. Une telle Ă©volution depuis le match amical dâil y a Ă peine un mois, câest fou!
Spoiler Alert : ce sera la plus large victoire officielle du club cette année.
Dans les tribunes, un vieux mineur souffle :
â « On ne dirait pas un promu⊠câest une Ă©quipe qui joue en conquĂ©rant. »
Paredes, lui, note simplement dans son carnet :
âAttention Ă lâeuphorie. Elle assĂšche plus vite que le dĂ©sert.â
Copa Libertadores â Monagas
Le voyage au Venezuela et son climat tropical est long, moite, étouffant.
Rien Ă voir avec lâAtacama.
Ă lâaller de ce 2eme tour qualificatif, Cobreloa sâimpose 5â1.
Un score presque indécent.
Escalante marque, Maturana distribue, Ortiz régule.
Dans lâavion du retour, Ortiz Ă©crit :
âOn gagne loin de chez nous. Peut-ĂȘtre que le dĂ©sert nous accompagne.â
En route pour Santiago
Le trajet en bus, faute de moyen, est trĂšs long et plus silencieux que dâhabitude.
Les siÚges sont plus larges que la saison passée.
Des écouteurs sont distribués par le club.
Une bouteille dâeau Ă chaque place.
Escalante observe autour de lui.
â « En D2, on se battait pour sâasseoir devant. »
Un jeune sourit.
â « Vu le confort de ce bus au moins on pourra presque dormir cette annĂ©e. »
Ortiz regarde par la fenĂȘtre.
â « Câest ça le piĂšge. »
Cano enlÚve ses écouteurs.
â « Le confort, ça te fait croire que tâas le temps. »
Il sourit.
â « En D1, tâen as moins. »
La secrétaire du club vient prévenir les joueurs.
â « Messieurs, on arrive Ă Santiago dans vingt minutes. »
Escalante murmure :
â « Avant, câĂ©tait une aventure. »
Ortiz répond :
â « Maintenant, câest un travail. »
Le bus ralentit.
Les tours apparaissent.
Colo Colo â 26 fĂ©vrier
Ă Santiago, le stade est hostile.
Cobreloa résiste, plie, cÚde.
0â1.
Un match frustrant, sans effondrement.
Paredes dit simplement :
â « Câest le niveau. Maintenant, on le savait⊠»
Mars : équilibre fragile
Copa Libertadores â Monagas - 2 mars
Le mois est entrecoupé de match continentaux.
Au retour, 4â0.
Qualification nette pour le 3eme tour Qualificatif.
Sâen suit une autre victoire sur le score de 5â0 Ă Ăublense en championnat.
Puis Ă lâaller du 3á” tour qualificatif de Libertadores, Ă domicile, contre Fluminense, le stade affiche une recette record : environ 70 millions de pesos chiliens.
Cobreloa tient bon une bonen partie du match mais sâincline dans les derniĂšresm inutes Ă domicile.
0-1.
Nous enchainons avec une courte victoire 1â0 contre Everton de Viña, dans un stade Ă moitiĂ© plein (6 988 spectateurs, ce sera notre moins bonne affluence mais câest presque le double de la moins bonne affluence de lâan passĂ©).
Cerato marque au bout de 2 minutes et 10 secondes, le but le plus rapide de la saison.
Le 16 mars, lors du match retour du 3eme tour qualificatif de la copa libertadores, nous partageons la mise sur le score de 1â1 au BrĂ©sil, de quoi regretter la courte dĂ©faite Ă la maison.
Score cumulĂ© 1-2. Ălimination.
Dans les vestiaires, personne ne parle.
Ce nâest pas une humiliation.
Câest pire : une occasion manquĂ©e. On entend des « et si on avait gagnĂ© le match aller? », « et si on avait poussĂ© un peu plus aprĂšs notre Ă©galisation Ă la 41eme? »,âŠ
Ortiz écrit :
âEn compĂ©tition continentale, il ne suffit pas dâĂȘtre courageux. Il faut ĂȘtre clinique.â
Ce soir lĂ , Paredes fermera son carnet plus fort que dâhabitude aprĂšs avoir Ă©crit :
â « Le plus dur commence toujours quand on croit avoir compris. »
La bonne surprise câest que nous sommes reversĂ© dans le groupe D de la Copa Sudamericana en compagnie de Jorge Wilstermann (Bolivie), Defensa y Justicia (Argentine) et lâAthletic Paranaense (BrĂ©sil)
Nous finissons ce mois par une victoire à domicile 3-1 dans le derby du Cobre face à Cobresal. (prends ça @Groot
)
Un Argentin, un Brésilien, mais pas les plus forts donc⊠Pourquoi pas?


