:storyred::s3: :Canada: Les Fils du Nord

Très belle finale malgré le résultat ! Une note difficile pour Jules, étant défenseur, dans une défaite, c’est rare d’être le meilleur. Mais ils peuvent être fiers de leur parcours. Ils ont replacé Ottawa sur la carte du football canadien ! L’avenir s’annonce brillant… mais avec qui ?

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Hiver au Saguenay pour Jules

Le mois de novembre s’installe doucement sur le Saguenay. Le froid pique les joues, la neige commence à se poser, et la rivière gèle déjà par endroits. Pour Jules Théoret, c’est un retour aux sources bien mérité après une saison intense à Ottawa. Dix-huit ans, une finale de Coupe des Champions disputée comme titulaire, une saison passée entre un prêt à Vancouver FC et des responsabilités accrues à l’Atlético : il n’a pas eu une seconde pour souffler.

Chez lui, dans le quartier de Chicoutimi, Jules retrouve l’odeur des repas familiaux, les petites habitudes de sa mère et le rire contagieux de son père. Contrairement à ses frères, qui profitent de leurs vacances pour multiplier les sorties ou voyager, Jules a un projet clair : utiliser ce temps pour commencer à construire son avenir d’entraîneur.

À peine quelques jours après son retour, il accepte d’aider un ami de son père qui s’occupe d’un programme de soccer intérieur pour les tout-petits. Jules se retrouve donc dans un gymnase de cégep, avec une dizaine d’enfants de 5 et 6 ans courant derrière un ballon plus gros qu’eux.

Au départ, il se dit que ce sera surtout du gardiennage : apprendre aux petits à courir, taper dans la balle, se tenir en ligne. Mais rapidement, il est surpris par le plaisir qu’il prend à décortiquer même ces gestes simples. Il s’applique à expliquer comment bien placer le pied, comment lever la tête avant de passer. Les enfants l’adorent : il est grand, il sourit, et il célèbre chaque but comme s’il s’agissait d’une finale de Coupe du Monde.

C’est là, au deuxième entraînement, qu’il la remarque. Dans les gradins, une adolescente suit avec attention les exercices. Elle encourage son petit frère, qui a à peine 5 ans, et ne manque pas une seconde de l’action. Elle s’appelle Meghan, 17 ans, et elle respire le soccer. Jules l’apprend vite : elle ne joue pas dans une équipe compétitive, mais elle connaît les joueurs, les systèmes de jeu, les grands clubs européens.

À la pause d’un entraînement, alors qu’il ramasse des ballons, Meghan descend des gradins.

— « C’est toi le joueur pro, hein ? Mon frère m’a dit que tu jouais à Ottawa. »

Jules, un peu gêné, sourit.
— « Ouais… pro, c’est un grand mot. Mais j’ai eu la chance de jouer pas mal cette saison. »

Elle enchaîne :
— « Je trouve ça cool que tu sois là avec les petits. Ça se voit que t’aimes ça enseigner. »

Ils parlent quelques minutes, surtout de soccer. Elle évoque les matchs de la CPL, elle connaissait même la finale contre Vancouver. Jules est surpris de voir autant de passion dans son regard. Sur le chemin du retour, il se surprend à penser à elle. À 18 ans, il n’a jamais vraiment eu de grande histoire d’amour. Sa vie, jusqu’ici, c’était le foot, la discipline, les vidéos tactiques. Mais Meghan… c’est différent.

La question trotte dans sa tête : Va-t-il tomber en amour ?


Une semaine plus tard, Jules reçoit un appel de son agent, Mitch Barber.

— « Jules ! Comment ça va au Saguenay ? »

— « Ça va bien, Mitch. Je profite du repos… et je donne des entraînements à des petits. »

— « Ça, ça ne m’étonne pas de toi. Toujours le cerveau d’entraîneur. »

Après les plaisanteries, le sérieux revient. Mitch sait que Jules attend des nouvelles de son avenir.

— « Écoute, pour être honnête, il n’y a pas eu de gros intérêts extérieurs cet automne. Pas d’offre européenne, pas de transfert qui se prépare. Mais… et c’est important… tout le monde à Ottawa est très satisfait de ta saison. »

Jules hoche la tête, même si Mitch ne le voit pas. Il n’avait pas d’attentes irréalistes. Contrairement à ses frères, il n’est pas obsédé par un départ rapide.

— « Donc… on repart à Ottawa en 2026 ? »

— « Exactement. On poursuit la progression. Tu es jeune, tu gagnes en minutes, en leadership. La CPL, pour toi, c’est encore le bon tremplin. »

Un silence. Puis Jules reprend, doucement :
— « Ça me va. Je veux progresser sans brûler d’étapes. Et qui sait… peut-être qu’un jour, mon rôle sera d’entraîner plus que de jouer. »

Mitch rit.
— « Tu n’as que 18 ans, Jules. Profite encore un peu du terrain avant de penser au banc ! »

Après l’appel, Jules sort marcher dans la neige fraîche. Sa vie semble déjà tracée : retour à Ottawa, une autre saison de travail, d’apprentissage. Pas d’éclat médiatique, pas de transfert retentissant. Mais il s’en contente. Ce qu’il aime, c’est comprendre le jeu, aider ses coéquipiers, analyser.

Pourtant, une autre idée le hante. Il revoit le sourire de Meghan, sa passion sincère pour le foot, sa façon de parler de son petit frère avec tendresse. Elle n’est pas comme les autres. Jules, d’habitude si froid et rationnel, sent une chaleur nouvelle naître en lui.

Il se dit que peut-être, l’hiver au Saguenay ne sera pas seulement une parenthèse de repos, mais aussi le début de quelque chose d’inattendu.

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La Floride pour Maël

Le mois de novembre tire à sa fin. Maël Théoret a pris une décision radicale : décrocher totalement du foot. Pas de ballon, pas d’entraînement, pas de gymnase. Trois semaines complètes en Floride avec une bande d’amis, sous le soleil, à profiter de la vie comme un jeune de 18 ans qui refuse de s’enfermer dans la routine d’un athlète modèle.

Dès sa première semaine en Floride, Maël se fait plaisir. Avec ses amis, il enchaîne les sorties dans les arénas de la NHL. Un soir à Sunrise, il se retrouve dans le FLA Live Arena pour encourager les Panthers. L’ambiance le frappe : les partisans en feu, la vitesse des joueurs sur la glace, la brutalité des mises en échec. « Voilà un vrai show », lâche-t-il à ses amis, bière à la main.

Quelques jours plus tard, cap sur Tampa pour voir le Lightning. Pat Maroon n’est plus là, mais Maël, qui adore les “power forwards”, observe les gabarits imposants avec fascination. Il se compare instinctivement. Sur la glace, ces géants s’entrechoquent sans retenue. Lui se dit : « Si j’étais hockeyeur, c’est ça que je ferais. »

Les soirs de match, il oublie complètement le foot. Il rit, il chante, il crie avec la foule. Il vit ce qu’il n’a jamais vraiment le temps de vivre au Canada : être simple spectateur.


La deuxième semaine, une rencontre plus sérieuse se profile. Mitch Barber, son agent, a décidé de le rejoindre en Floride. Officiellement pour discuter de son avenir, officieusement pour essayer de garder un lien solide avec son jeune client qui, déjà, donne des signes d’impatience.

Ils se retrouvent dans un petit resto mexicain à Fort Lauderdale, spécialisé en tacos. Maël arrive en short, lunettes de soleil, l’air détendu. Mitch, plus formel, garde sa chemise malgré la chaleur. Dès que les assiettes sont servies, la discussion tourne au sérieux.

— « Alors Maël, comment tu vois ton hiver ? » demande Mitch, essayant de sonder son protégé.

Maël avale une gorgée de limonade, pose son verre, et attaque sans détour.
— « Je vais être clair avec toi, Mitch. Je veux partir. »

Un silence s’installe. Mitch ne s’attendait pas à une telle entrée en matière.

— « Partir ? Tu veux dire quitter Ottawa ? »

— « Exactement. J’ai rien contre l’Atlético, mais la CPL, c’est trop petit pour moi. J’ai besoin d’un défi plus grand. Si toi, comme agent, t’es pas capable de me faire monter, je vais me trouver quelqu’un d’autre. »

Ce n’est pas de l’arrogance, mais une conviction profonde. Maël croit sincèrement qu’il est au-dessus du lot. Dans sa tête, il est déjà prêt pour un transfert : MLS, Europe, peu importe, du moment qu’il quitte la CPL.

Mitch, lui, tente de garder son calme.
— « Maël, tu n’as que 18 ans. Oui, tu as marqué en finale, mais ce n’est pas suffisant pour séduire une grosse équipe tout de suite. »

Maël le coupe sèchement.
— « Ça, c’est ton problème. Pas le mien. Moi, je joue, je marque, je bosse. Toi, t’es payé pour me faire avancer. Si tu ne peux pas, quelqu’un d’autre le fera. »

Les amis de Maël, assis à une autre table, jettent des coups d’œil gênés. L’échange est tendu. Mais c’est du Maël pur : cash, sans filtre, persuadé qu’il mérite plus.


Les jours suivants, Maël continue ses vacances. Jet-ski, sorties, beach party… il vit pleinement sa jeunesse. Mais, au fond, la conversation avec Mitch tourne en boucle dans sa tête. Il sait qu’il lui a mis une pression énorme. Il se dit que c’était nécessaire.

Pour lui, il n’y a pas d’entre-deux : soit Mitch trouve une porte de sortie vers une plus grande ligue, soit il changera d’agent dès janvier. Ce n’est pas une menace en l’air. Maël a déjà demandé à son oncle d’autres contacts.

Ce qui frappe dans cette off-season, ce n’est pas seulement la volonté de décrocher du foot quelques semaines. C’est surtout l’ambition dévorante de Maël. Contrairement à Jules, qui réfléchit posément, et à Lohan, qui avance prudemment vers l’Europe, Maël brûle d’impatience.

Il se compare sans cesse aux autres attaquants de sa génération. Il regarde les vidéos de Gavin McKenna en hockey, des jeunes buteurs européens en soccer, et il se dit qu’il doit être dans le même wagon. Pas dans une ligue domestique qui, à ses yeux, ne le met pas assez en valeur.

Un soir, après une sortie sur Ocean Drive, Maël rentre à son hôtel sans dormir. Assis sur le balcon, il fixe l’océan. La musique des clubs résonne encore au loin. Il prend son téléphone et envoie un message à Mitch.

« Trouve-moi quelque chose. MLS, Europe, peu importe. Mais je ne reste pas coincé à Ottawa. »

Le ton est sans équivoque. Il ne doute pas. Il exige.

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Vacances retardées par le Canada pour Lohan

La défaite en finale de la Coupe des Champions face aux Vancouver Whitecaps a laissé des traces dans le vestiaire de l’Atlético Ottawa. Lohan Théoret, meneur de jeu de seulement 18 ans, avait tout donné dans cette rencontre historique. Mais au coup de sifflet final, il savait déjà que son automne et son hiver ne seraient pas de tout repos. Car pour lui, la saison morte allait être synonyme de nouveaux défis, d’opportunités et peut-être même… d’un rêve éveillé.

À peine une semaine après cette défaite crève-cœur, une nouvelle tombait : Heimir Hallgrímsson, sélectionneur du Canada, décidait d’inclure Lohan dans son groupe pour les matchs amicaux de novembre face au Japon à Toronto et au Maroc à Montréal. Une récompense immense pour le jeune milieu saguenéen, qui n’avait jusque-là que quatre sélections à son actif.

La convocation arrivait comme un électrochoc. Là où certains joueurs choisissent de se reposer et de couper complètement, Lohan n’avait désormais qu’une idée en tête : se tailler une place durable avec le Canada. Car l’enjeu était clair : dans environ sept mois, le pays tout entier vibrerait pour la Coupe du Monde 2026, disputée à la maison. Imaginer BMO Field et le Stade Saputo pleins à craquer, sous un océan de rouge et blanc, avec lui sur le terrain… c’était un rêve d’enfant qui semblait soudain devenir tangible.

« Peut-être que dans sept mois, je serai là, avec ce maillot rouge, à chanter l’hymne national avant un match de Coupe du Monde », se dit-il. L’idée seule lui donne des frissons.

Mais Lohan sait aussi qu’il reste du chemin à parcourir : convaincre le sélectionneur, s’imposer physiquement face à des milieux chevronnés, et surtout maintenir le niveau qui l’a propulsé parmi les meilleurs joueurs de la CPL.

Pour l’instant, il savoure. D’Ottawa à Toronto, de Toronto à Montréal, il profite de chaque minute. Le rêve mondialiste commence maintenant, et il compte bien tout faire pour qu’il se réalise.

Le Japon représente un gros morceau, sans doute la plus grosse équipe contre laquelle Lohan aura eu l’occasion de jouer jusqu’ici. Surprise au coup d’envoi : il est titularisé en pointe pour ce match. Lohan est heureux de la confiance accordée, mais il sait aussi que ce n’est pas à ce poste qu’il est le plus à l’aise. Il préfère évoluer comme milieu offensif droit, là où il peut exprimer toute sa créativité et sa vision du jeu. Malgré tout, il est déterminé à donner son maximum pour son pays et à laisser une forte impression en vue de la Coupe du Monde.

BMO Field 14 Novembre 2025 Amical
0 Buts 4
Canada 4 Tirs 8 Japon
Keito Nakamura 22’
Wataru Endo 45’+2 47’
Kaoru Mitoma 60’

Lohan: Quitte à la 90e 6,3

:studio_microphone: Au fond des filets – Spécial d’après-finale

Le retour au BMO Field n’a pas été celui espéré pour le Canada, balayé 4-0 par un Japon nettement supérieur techniquement et collectivement. Titularisé en pointe pour la première fois avec la sélection, Lohan Théoret a vécu une soirée compliquée. Peu habitué à évoluer dans ce rôle d’attaquant de pointe, il a eu du mal à trouver ses repères. Les défenseurs japonais, rapides et disciplinés, l’ont privé d’espaces. Ses appels sont restés sans réponse et ses rares touches de balle n’ont pas suffi à influencer le jeu.

Remplacé à la 90e minute, il quitte le terrain avec une note moyenne de 6,3 RDS et un sentiment d’amertume. Déçu de n’avoir pu montrer sa véritable valeur, Lohan espère que le sélectionneur lui offrira du temps de jeu lors du prochain match à Montréal face au Maroc, pour rebondir et regagner de la confiance.


Le Stade Saputo est plein à craquer en ce 18 novembre. Le Canada reçoit le Maroc, mais la composition surprend : Heimir Hallgrímsson décide de faire tourner son effectif après la claque subie face au Japon. Lohan Théoret, qui espérait rebondir, doit se contenter du banc. À seulement 18 ans, il rêvait de fouler la pelouse montréalaise devant ses parents, Léo et Nathalie, venus spécialement du Saguenay pour encourager leur fils. Dans les gradins, ils agitent un petit drapeau rouge et blanc, fiers malgré tout, mais la déception se lit dans leurs regards.

Dans le vestiaire, l’ambiance est lourde. La défaite 4-0 contre le Japon a laissé des traces. Les joueurs se questionnent : ont-ils le niveau pour affronter les grandes nations dans sept mois, quand la Coupe du Monde s’ouvrira au Canada ? Les discussions tournent autour du système de jeu, du manque d’efficacité offensive, et de la confiance qui semble s’effriter.

Lohan, assis en retrait, écoute, observe. Il ronge son frein, déçu de ne pas être sur le terrain, mais il comprend aussi que chaque minute avec le groupe est une expérience qui peut compter. Le chemin est encore long, et il le sait : son heure viendra.

Stade Saputo 18 Novembre 2025 Amical
2 Buts 2
Canada 11 Tirs 14 Maroc
Lucas Cavallini 27’ Achraf Hakimi 72’ 86’
Alphonso Davies 74’

Lohan: Entre à la 80e NA

Micro tendu devant lui, Lohan Théoret peine à cacher son mélange d’émotions. Entré en jeu à la 80e minute, il n’a pas eu beaucoup de temps pour influencer le score, mais il a tout de même savouré chaque instant.

« Je suis content d’avoir pu toucher au terrain devant ma famille et mes amis aujourd’hui », confie-t-il, sourire timide mais sincère. Dans les tribunes du Stade Saputo, ses parents Léo et Nathalie l’ont applaudi avec fierté. « Ce n’est pas tous les jours qu’on joue un match international à Montréal, à la maison, devant les siens. »

Le milieu saguenéen reconnaît que la prestation collective était bien meilleure qu’à Toronto. « On a beaucoup mieux joué qu’au BMO Field. L’intensité, la circulation de balle… on a montré une meilleure image. Dommage qu’on échappe la victoire en fin de match. »

Au moment d’évoquer son duel face à Achraf Hakimi, Lohan ne peut s’empêcher de sourire : « C’est l’fun de fouler le terrain contre un joueur de ce calibre. Tu vois où est la barre à l’échelle mondiale. Ça motive à travailler encore plus fort. »

Pour Lohan, cette soirée montréalaise est un avant-goût. Le rêve Coupe du Monde demeure plus vivant que jamais.


Le train file vers Ottawa, serpentant entre les paysages enneigés. Assis près d’une fenêtre embuée, casque sur les oreilles, Lohan Théoret repense aux deux matchs amicaux qui viennent de s’achever. La lourde défaite contre le Japon, le nul frustrant contre le Maroc… et ce rêve encore fragile d’une place pour la Coupe du Monde.

Alors qu’il s’apprête à s’assoupir, son téléphone vibre. Le nom qui s’affiche le fait sursauter : Mario Lafleur.

— « Allô Mario ? »

La voix du coach résonne, un peu précipitée.
— « Lohan ! Mon garçon, comment ça va ? Tu es encore à Montréal ? »

— « Non coach, je suis déjà dans le train pour Ottawa. »

Un silence, puis un ton plus grave.
— « Parfait. Écoute… je voulais t’appeler depuis hier, mais tout s’est enchaîné. J’ai une nouvelle à t’annoncer. »

Le cœur de Lohan bat plus vite.
— « Qu’est-ce qui se passe ? »

Un souffle bref, presque incrédule.
— « J’ai qualifié le Honduras pour la Coupe du Monde. »

Lohan écarquille les yeux, bouche entrouverte.
— « Vous… quoi ?! »

Mario éclate d’un petit rire nerveux.
— « Eh oui. J’ai mené la sélection hondurienne jusqu’au bout. On sera au Mondial. C’est… c’est fou. Je suis encore sous le choc moi-même. »

Lohan sourit malgré lui.
— « Félicitations coach, c’est énorme ! Vous devez être fier. »

— « Faut croire que tout ce travail a payé. Mais écoute, Lohan… c’est pas seulement pour ça que je t’appelle. »

La voix de Mario se fait plus pressante.
— « Je dois te parler. Où vas-tu exactement ? »

— « Ben, je retourne à Ottawa. Je pensais me reposer un peu. »

— « Très bien. Est-ce qu’on peut se voir bientôt ? Genre ce soir, si t’es disponible ? »

Lohan hésite. La fatigue le ronge, mais l’urgence dans la voix de son entraîneur ne laisse pas place à l’indifférence.
— « Euh… ce soir je rentre tard. Mais demain matin, ce serait parfait. »

— « Parfait, parfait. Demain. Viens déjeuner à la maison, à Ottawa. Et j’aimerais que tu viennes avec Mitch Barber. »

Lohan fronce les sourcils.
— « Avec Mitch ? Mon agent ? »

— « Oui. C’est important. Il faut qu’on discute tous les trois. »

Un silence s’installe. Le bruit régulier du train comble l’espace. Lohan sent une boule se former dans son ventre.
— « D’accord… je vais lui en parler. »

Mario souffle, soulagé.
— « Merci, mon garçon. Je compte sur toi. Et encore une fois, bravo pour ces deux sélections avec le Canada. On a beaucoup de choses à régler. »

L’appel se termine. Lohan repose son téléphone sur la tablette du wagon. Demain, autour d’un simple déjeuner, quelque chose se jouera. Et il le sait : rien ne sera plus pareil.

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…LA MLS…

Mario Lafleur :
« Il est bon le déjeuner hen ? Un peu nerveux… »

Lohan Théoret (sourire en coin, confiant) :
« Oui, coach, c’est super bon… mais je sens qu’il y a autre chose derrière ce déjeuner, non ? »

Mitch Barber (l’agent, tasse de café à la main) :
« Merci pour l’accueil, Mario. Mais tu sembles préoccupé. On t’écoute. »

Mario :
« Je ne passerai pas par quatre chemins. Je vais être nommé entraîneur des Colorado Rapids en MLS et… j’ai acheté tes services, Lohan ! Je veux que tu viennes avec moi en MLS. »

Lohan (se redresse, regard intense) :
« Wow… ça, c’est une bombe. La MLS, et moi au cœur de ton projet ? J’adore. Mais sache une chose : je n’ai pas quitté Ottawa pour chauffer le banc. Tu me veux ? Alors je viens pour marquer la ligue. »

Mitch :
« Mario, c’est énorme. Mais on doit parler des conditions. Lohan est un international canadien, une star CPL. Ce transfert doit refléter son statut. »

Mario (avec un sourire énigmatique) :
« Avant d’entrer dans les détails… j’ai acheté également les services de Maël et Jules. »

Lohan (éclate de rire, fierté dans la voix) :
« Mes frères aussi ?! Alors là, c’est historique. Tu viens de recruter un bloc entier, coach. »

Mitch (note dans son carnet) :
« C’est du jamais vu. Les triplés en même temps, ça va faire la une partout. Il faudra gérer l’impact médiatique. »

Mario (calme mais déterminé) :
« Ah… et on a signé Ballou aussi. »

Lohan (se lève presque de sa chaise, bouche bée) :
« Ballou Tabla ?! Coach, tu viens de mettre le feu. Avec lui et nous, la MLS va trembler. »

Mitch :
« Mario, tu ne construis pas une équipe, tu crées un événement. »

Mario (ajoute avec malice) :
« Et devine quoi… Bjarne Pudel a signé également. »

Lohan (frappe la table, surexcité) :
« Pudel ?! Mais là, c’est une armée ! Tu veux des guerriers, tu les as. On ne sera pas juste beaux à voir, on va imposer le respect. »

Mitch :
« C’est brillant. Tu bâtis une identité nouvelle pour Colorado du talent, du caractère. »

Mario (regarde les deux hommes, sérieux mais heureux) :
« On a un vol qui part dans deux heures. Conférence de presse ce soir au Colorado. »

Lohan (sourire carnassier, attrape sa veste) :
« Alors on arrête de parler et on bouge. Je vais leur montrer, dès ce soir, que je ne suis pas juste un transfert… je suis venu pour choquer la MLS. »

Mitch (se lève, prêt à suivre) :
« Eh bien, messieurs… bienvenue dans la nouvelle ère des Rapids. »

:studio_microphone: Conférence de presse – Colorado Rapids
:studio_microphone: Animateur du club :
« Mesdames et messieurs, bienvenue à la conférence de presse des Colorado Rapids. Ce soir, c’est une soirée historique pour notre organisation. Nous vous présentons officiellement notre nouvel entraîneur-chef, Mario Lafleur, ainsi que deux des nouvelles recrues phares qui rejoignent notre projet ambitieux : Lohan Théoret et Ballou Tabla.

Comme vous le savez, d’autres renforts sont également confirmés — Bjarne Pudel, actuellement en Allemagne, Maël Théoret, présentement en Floride, et Jules Théoret, resté au Saguenay. Ils seront introduits officiellement un peu plus tard.

Pour l’instant, nous allons donner la parole à nos invités du jour. Nous prendrons ensuite vos questions. »

Mario Lafleur (s’approche du micro, sourire large, visiblement fier) :
« Merci, merci à tous d’être ici. Pour moi, c’est un honneur d’être nommé entraîneur-chef des Colorado Rapids. Ce n’est pas une décision prise à la légère. J’ai quitté une équipe qui venait de marquer l’histoire au Canada pour venir ici parce que je crois fermement que ce club a le potentiel de devenir une puissance en MLS.

Ce soir, vous voyez à mes côtés deux joueurs incroyables. Lohan Théoret, 18 ans, international canadien, qui a déjà prouvé qu’il pouvait dominer en CPL et performer sur la scène internationale. Et Ballou Tabla, que tout le monde connaît pour son talent, sa créativité, et son expérience à haut niveau. Ces deux gars vont incarner l’identité que je veux donner aux Rapids : audace, intensité et spectacle.

Évidemment, vous l’avez entendu, d’autres visages vont rejoindre le groupe : Maël et Jules Théoret, ainsi que Bjarne Pudel, qui est actuellement en Allemagne. Ces joueurs amènent du caractère, de la technique et de la jeunesse. C’est un projet ambitieux, mais je crois sincèrement qu’on a tout pour choquer la ligue.

Je suis ici pour bâtir quelque chose de grand. Les Rapids ne seront plus dans l’ombre. »

Olivier Brett (Au fond des filets) :
« Lohan, tu penses que le timing est bon de quitter Ottawa après avoir été MVP de la CPL ? Et parle-moi de l’importance de suivre ton coach au Colorado. »

Lohan Théoret :
« Le timing est parfait. J’ai tout donné à Ottawa, j’ai prouvé que j’étais prêt pour plus. Suivre Mario, c’est naturel : il a cru en moi, il m’a fait grandir, et avec lui je sais qu’on vise toujours plus haut. Je ne viens pas ici pour participer, je viens pour dominer. »

Olivier Brett :
« Ballou, troisième essai en MLS après Montréal. À 26 ans, comment tu te sens ? »

Ballou Tabla :
« Je ne suis plus le même joueur qu’avant. J’ai grandi, j’ai voyagé, j’ai appris. Aujourd’hui, je reviens en MLS avec maturité. Ce projet m’a convaincu parce que c’est une vraie vision. Je veux montrer le vrai Ballou, celui qui assume son rôle et qui veut marquer la différence. »

Frédéric Lord (Au fond des filets) :
« Mario, tu arrives avec une explosion : 5 arrivées d’Ottawa avec toi. Comment vois-tu le reste du mercato ? »

Mario Lafleur :
« Frédéric, tu me connais… je ne suis pas venu ici pour faire du bruit une semaine et disparaître. Oui, on a fait un gros coup, mais je veux encore plus. J’ai faim, et je vais continuer à recruter pour compléter le puzzle. Les Rapids ne sont plus spectateurs, ils deviennent acteurs. »

Scott Tam ESPN :
« Coach, beaucoup voient ça comme un coup de pub. Trois frères venus de la CPL, Ballou qui a eu des hauts et des bas, Pudel… Est-ce que ce projet est vraiment crédible ? »

Lohan Théoret (regard perçant) :
« Si tu crois qu’on est là pour faire joli, tu te trompes. J’ai été MVP de la CPL à 18 ans, j’ai joué pour le Canada contre le Japon et le Maroc. Mes frères, Ballou, Pudel : on est une équipe de gagnants. Appelle ça un coup de pub, moi j’appelle ça un projet qui va marquer la MLS. »

Mario Lafleur (appuie, sourire fier) :
« Vous venez d’entendre un leader de 18 ans. Ce n’est pas un rêve fragile, c’est du concret. Les sceptiques parlent maintenant, mais bientôt ce seront nos résultats qui parleront. »

Jean Gounelle (RDS) :
« Ballou, la Coupe du Monde est dans six mois. Penses-tu qu’on pourrait voir Tabla en rouge ? »

Ballou Tabla :
« Mon rêve a toujours été de représenter le Canada. À 26 ans, je suis prêt. Mon boulot, c’est d’être performant ici avec Colorado. Si je livre, je sais que la porte s’ouvrira. Oui, je veux être en rouge, mais ça passera par mes performances, pas par mes paroles. »

Max Truman (Danslescoulisses) :
« Mario, on parle beaucoup des frères Théoret, mais Maël est en Floride, Jules au Saguenay. Est-ce qu’on peut vraiment croire à leur engagement si deux d’entre eux ne sont même pas ici ? »

Mario Lafleur :
« Max, rien de louche. Ce sont de jeunes joueurs qui avaient des engagements personnels. Leur absence aujourd’hui ne remet pas en cause leur engagement. Je peux vous assurer d’une chose : ces frères-là sont investis à 100 %. Quand vous les verrez sur le terrain, vous comprendrez. »

Wandrille Lefebvre The Athletic :
« Coach, croyez-vous vraiment que Colorado peut atteindre les séries dès cette année ? »

Mario Lafleur :
« Oui. Absolument oui. Je ne suis pas venu pour attendre cinq ans. On vise les séries dès cette saison. On sera jeunes, explosifs, et on n’aura peur de personne. »

:studio_microphone: Animateur du club :
« Merci à tous d’avoir assisté à cette conférence historique. Rendez-vous bientôt sur le terrain pour le début d’une nouvelle ère des Rapids. »

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Ah ouais, sacré step, par contre, ils étaient au courant les autres frangins lol

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Trop bien ! De la MLS !! :heart_eyes: Sacré gap en effet !

Maintenant, ils vont arriver dans un club avec des joueurs d’un autre calibre, ça va leur faire tout drôle !

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Lohan découvre sa nouvelle maison : le Dick’s Sporting Goods Park, antre des Rapids. Avec ses 18 000 places, le stade peut sembler petit pour la MLS, mais ce n’est pas un problème. Il s’y sent déjà bien, simplement heureux de partager cette aventure avec ses frères.

C’est un stade moderne, inauguré en 2007, à l’architecture sobre mais ouverte. En arrière-plan, les majestueuses Rocheuses offrent un décor unique, surtout au coucher du soleil.

Les soirs de match, l’ambiance est à la fois animée et familiale. Les sections de supporters, comme les Centennial 38, donnent vie au stade avec leurs tambours, leurs drapeaux et leurs chants passionnés.

Situé à plus de 1 600 mètres d’altitude, l’endroit représente un défi supplémentaire pour les équipes adverses. L’air plus rare met à l’épreuve l’endurance, rappelant les conditions de Mexico pour les sélections nationales.

Après cette journée haute en émotions, Lohan se prépare à quitter le Park pour rejoindre son hôtel. À sa sortie, il croise Jules, tout juste arrivé du Saguenay. Lorsque Mitch lui a annoncé la nouvelle, Jules a pris la décision de venir directement au Colorado afin de se trouver un nouvel appartement, de s’installer et de se donner toutes les chances possibles de percer en MLS.

La nuit s’étend doucement sur Commerce City. Les projecteurs du Dick’s Sporting Goods Park éclairent encore le ciel, comme pour prolonger l’effervescence de cette journée. Lohan avance lentement, sac de sport sur l’épaule, un sourire discret au visage. Il se sent bien, étrangement bien, comme si ce stade pouvait déjà devenir un refuge.

En franchissant les grandes portes vitrées, il aperçoit une silhouette qui l’attend, valise à la main. Il plisse les yeux. Son cœur rate un battement.

Jules?

Un sourire se dessine sur le visage de son frère. Fatigué du voyage, mais rayonnant.

Eh oui, c’est moi. Je pouvais pas attendre plus longtemps. Quand Mitch m’a dit que le timing était bon, j’ai sauté dans l’avion. Fallait que je sois ici.

Lohan lâche son sac et l’enlace vivement.

Je croyais que tu resterais encore quelques semaines à la maison. T’as pas perdu de temps, là.

À quoi bon attendre? répond Jules en haussant les épaules. Je veux trouver un appart, m’installer, me donner toutes les chances de percer en MLS. Si je suis sérieux, ça commence aujourd’hui, pas dans un mois.

Ils se mettent à marcher côte à côte, longeant le vaste stationnement où quelques partisans traînent encore, chantant au loin.

— Alors? demande Jules. Comment t’as trouvé ton premier contact avec le stade?

Lohan laisse échapper un souffle amusé.

— Honnêtement? Dix-huit mille places, c’est petit pour la MLS. Mais tu sais quoi? Je m’en fous. C’est moderne, c’est ouvert, et les Rocheuses derrière… wow. J’ai eu des frissons en imaginant le stade plein. Ça respire le soccer.

Jules acquiesce, les yeux fixés sur les gradins illuminés qu’on devine encore derrière eux.

— Je comprends. Quand j’ai mis le pied à Ottawa, j’avais ressenti la même chose. Tu sais, ce sentiment que tout est possible, que t’as juste à travailler pour prendre ta place. Ici, c’est pareil, mais en plus grand. Plus exigeant aussi.

Ils continuent leur marche, respirant l’air sec du Colorado. Un détail frappe Jules.

— Tu sens pas? L’air est plus mince ici. Plus sec. J’suis monté deux escaliers tantôt et j’étais déjà essoufflé. Pas étonnant que tout le monde parle de l’altitude.

— Ouais, confirme Lohan. Ça va être un défi. Mais j’me dis que ça peut aussi devenir notre avantage. On va s’habituer, et les autres vont souffrir quand ils viennent jouer ici.

Un silence complice s’installe. Ils savent tous les deux que ce genre de petits détails peut changer une carrière.

— Tu penses à Ottawa, des fois? demande Jules soudainement.

— Toujours, dit Lohan sans hésiter. Ottawa, c’était notre tremplin. Le TD Place, les partisans, les soirs de série… Ça reste gravé. Mais j’te cacherai pas que je sentais qu’on plafonnait. La CPL, c’est une belle ligue, mais j’avais besoin d’un défi plus grand. Ici, chaque match sera un test. Chaque performance sera décortiquée. C’est ça que je voulais.

Ils s’arrêtent un instant, observant le stade derrière eux. Ses projecteurs semblent s’éteindre lentement, comme pour leur dire bonne nuit.

— Tu sais ce qui me fait rêver? dit Lohan. C’est de penser que dans ce stade, on pourrait affronter des stars. Des gars qui ont joué en Europe, des internationaux. Triste que Messi soit maintenant en Arabie.

— Ou un derby contre Toronto, avec Insigne et Bernardeschi en face, ajoute Jules avec un sourire.

Les deux éclatent de rire, emportés par la folie de leurs propres ambitions.

— On a fait nos preuves en CPL, reprend Jules. Maintenant, c’est la MLS. Plus grand, plus rapide, plus fort. On devra être meilleurs à chaque match.

— Et on le sera, dit Lohan avec assurance. Parce qu’on est ensemble.

Ils reprennent leur marche en direction du centre-ville de Denver, valise d’un côté, sac de sport de l’autre.

— Et Maël? demande Lohan après un moment.

— Pas capable de le rejoindre…

Lohan sourit.


Le lendemain matin, Lohan s’était à peine réveillé lorsqu’il entendit trois coups secs contre la porte de sa chambre d’hôtel. Il savait que ce n’était pas Mario ni Jules. Il eut un bref moment d’hésitation, puis ouvrit.

Sur le seuil, un large sourire, presque enfantin malgré l’arrogance qu’il cultivait souvent : Maël. Les deux frères n’avaient pas échangé un mot depuis l’annonce officielle du transfert, et cette première rencontre portait le poids de toutes les discussions refoulées.

— Tu pensais vraiment que j’allais attendre pour venir? lança Maël en s’avançant sans attendre l’invitation.

Lohan referma la porte derrière lui et resta un instant à observer son frère. Il avait quelque chose de différent, presque une aura nouvelle. Sa confiance habituelle semblait renforcée, comme si le simple fait d’avoir changé d’air et de signer au Colorado lui avait redonné une liberté qu’il n’avait pas à Ottawa.

Un nouveau départ

Maël se laissa tomber dans le fauteuil, étendant ses jambes comme si la chambre lui appartenait.
— Tu sais, je me sens libéré, dit-il en croisant les bras. Ottawa, c’était bien, mais on plafonnait. là-bas, Ici, c’est un tremplin. Le Colorado, la MLS… c’est l’occasion de montrer ce que je peux vraiment faire.

Lohan l’écoutait sans l’interrompre. Il reconnaissait cette énergie. Ce n’était pas seulement l’excitation d’un nouveau contrat, mais la conviction qu’un chapitre différent venait de s’ouvrir.

— Tu parles déjà d’Europe, non? demanda Lohan.

Un sourire se dessina sur le visage de Maël.
— Ouais, mais faut pas se tromper : je vois ça comme un chemin. Je veux d’abord casser la baraque ici. Et, surtout, je veux qu’ils m’appellent avec le Canada. Tu sais que je l’ai toujours voulu. Porter ce maillot-là…

Ses yeux brillaient. Lohan hocha doucement la tête. Il savait à quel point son frère rêvait de se voir reconnu par la sélection nationale.

Les premiers signes du changement

Lohan remarqua rapidement les détails qui trahissaient ce changement de vie. La montre neuve qui scintillait au poignet de Maël. Le blouson en cuir, encore raide, probablement acheté la veille. Et surtout, la remarque lâchée avec fierté :
— Je me suis gâté. Un Tiguan flambant neuf. 75 000 piasses, mais ça les vaut.

Il le disait avec la même insouciance qu’un ado annoncerait avoir acheté une paire de souliers. Pour lui, ce n’était pas juste une dépense, c’était une affirmation. Il gagnait mieux sa vie au Colorado qu’à Ottawa, et il voulait que ça se voie.

Lohan esquissa un sourire ironique.
— Tu perds pas de temps, toi.

— Faut que ça paraisse, répliqua Maël, en ajustant le col de sa chemise. J’veux qu’on me respecte pas juste sur le terrain, mais en dehors aussi.

La présence de Mario

Au-delà du matériel, Maël ne cachait pas sa joie de continuer sous les ordres de Mario Lafleur.
— Tu sais, dit-il, si j’étais allé ailleurs, j’aurais peut-être douté. Mais là, avec Mario, je me sens en confiance. Il me connaît, il sait comment me pousser.

Cette relation joueur-entraîneur, basée autant sur le respect que sur le caractère, représentait pour Maël une sécurité essentielle. Il avait besoin d’un coach qui comprenait son égo, qui savait canaliser son énergie brute sans l’étouffer.

Le regard de Lohan

Assis sur le lit, Lohan observait son frère et laissait ses mots remplir la pièce. Une partie de lui admirait cette fougue. Une autre, plus rationnelle, voyait aussi le danger : la vitesse à laquelle Maël flambait ses gains, la façon dont il confondait parfois ambition et impatience.

— Fais juste pas oublier pourquoi t’es là, lâcha Lohan d’un ton plus sérieux. La bagnole, les sapes, c’est cool. Mais ce qui va vraiment parler, c’est ce que tu vas livrer sur le terrain.

Maël se redressa, piqué, mais pas fâché.
— T’inquiète pas pour ça. J’vais livrer. Plus que jamais.

Entre fierté et compétition

Le silence s’installa un instant. Les deux frères savaient que derrière les rires et les confidences, une autre vérité persistait : ils étaient en compétition, même s’ils ne jouaient pas exactement au même poste. Les comparaisons allaient venir, les critiques allaient tomber. Lohan avait même débuter comme attaquant avec la sélection canadienne. Et quelque part, ça les motivait autant que ça les effrayait.

— Tu sais quoi, dit Maël en fixant son frère, je suis content qu’on soit encore ensemble dans ce projet. On va faire parler de nous. Ici, au pays, et ailleurs.

Lohan esquissa un sourire discret. Il ne pouvait pas nier que, malgré leurs différences de caractère, il était heureux de retrouver cette complicité.

Une promesse tacite

La discussion dura encore longtemps, ponctuée de rires, de souvenirs d’Ottawa, et de rêves sur ce que l’avenir leur réservait. À travers les mots de Maël, Lohan sentait une promesse : peu importe les chemins empruntés, les ambitions ou les folies, ils resteraient liés dans ce voyage.

Et alors que Maël quittait la chambre en claquant la porte, une dernière phrase résonna dans la tête de Lohan :
— Regarde-moi bien, frère. C’est ici que ça commence pour de vrai.

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LA PRÉPARATION

Les triplés ont pris la décision de s’installer à Denver dès leur arrivée, convaincus que l’adaptation à l’altitude et à leur nouvel environnement serait un atout essentiel. Pour Jules, ce choix a une signification particulière : il se sent plus fort que jamais, prêt à franchir un cap dans sa carrière. Son objectif est clair : devenir une présence intimidante pour les adversaires, un défenseur dont on se méfie dès qu’il pose le pied sur le terrain.

Il sait pourtant que rien n’est acquis. Chaque minute de jeu devra être méritée. Jules n’arrive pas avec l’étiquette de titulaire assuré, bien au contraire. Lors du dernier SuperDraft, les Rapids ont sélectionné Oswaldo Murillo, un solide défenseur central colombien. Cette arrivée crée une rivalité directe, un duel qui pourrait définir son avenir immédiat avec l’équipe.

Loin de se laisser déstabiliser, le grand saguenéen demeure concentré sur son objectif. Il travaille sans relâche, convaincu que son sérieux et son intensité finiront par faire la différence. Plus que jamais, Jules veut prouver qu’il a sa place dans cette formation et que son parcours ne fait que commencer. Pour lui, Denver n’est pas un point d’arrivée, mais un tremplin vers ses plus grandes ambitions.

Pour Lohan, la situation est différente. Même si les triplés viennent tout juste de souffler leurs 19 bougies, ils demeurent encore très jeunes aux yeux du monde du soccer professionnel. Pourtant, Lohan sait déjà qu’il n’a pas droit à l’erreur : il doit dominer, imposer son jeu et prouver qu’il peut être un meneur malgré son âge. Les comparaisons fusent dans les médias, et il les entend toutes. Cela ne l’effraie pas, au contraire, cela nourrit sa motivation.

Mario Lafleur a d’ailleurs été clair avec lui : il le voit titulaire sur l’aile droite, aux côtés de Djordje Mihailović. Pour l’entraîneur, ce duo doit devenir l’une des grandes forces offensives de l’équipe. Lohan connaît bien Djordje. Il se souvient de son passage remarqué avec le CF Montréal, où il avait déjà démontré une belle vision de jeu et une qualité technique hors du commun.

Rapidement, les deux ont trouvé une véritable complicité sur le terrain. Les passes s’enchaînent avec fluidité, les déplacements s’ajustent naturellement, comme si la connexion existait depuis des années. Pour Lohan, c’est un signe que la saison s’annonce prometteuse. Loin d’être intimidé, il est prêt à assumer ce rôle et à justifier toutes les attentes placées sur ses épaules.

Maël semble plus prêt que jamais. Son passage en MLS lui a ouvert les yeux : il sait maintenant que tout est possible s’il garde la bonne attitude et travaille avec rigueur. Pour lui, ce transfert au Colorado représente bien plus qu’un simple changement de décor : c’est l’occasion de s’imposer rapidement dans un championnat relevé et de montrer qu’à 19 ans, il peut déjà faire partie des joueurs marquants de la ligue. Plusieurs vedettes mondiales se sont imposées à cet âge, et Maël veut suivre la même trajectoire.

Cependant, il est conscient que la concurrence sera féroce. Mario Lafleur a récemment approuvé un investissement majeur : près de 4 millions de dollars pour acquérir les services d’Andrija Novaković en provenance de Venezia, en Série A. Cette signature démontre que le club ne mise pas sur un seul joueur, mais veut élever le niveau général de l’effectif.

Dans ce contexte, Maël sait que chaque minute de jeu devra être gagnée à la sueur de son front. Il devra afficher une constance exemplaire, couper court aux relâchements et répondre présent dans les moments décisifs. Pour lui, c’est un défi excitant : prouver qu’il a la carrure pour briller et s’imposer au plus haut niveau.

2026-2027

Gardiens
Zack Steffen - 30 ans - :usa:
Adam Beaudry - 19 ans - :usa:

Défenseurs
Keegan Rosenberry « C » - 32 ans - :usa:
Bjarne Pudel - 24 ans - :germany:
Oswaldo Murillo - 19 ans :colombia:
Jules Théoret - 19 ans :canada:
Moïse Bombito - 25 ans - :canada:
Aaron Rodríguez - 22 ans - :usa:
Andrew Gutman - 29 ans - :usa:
Miguel Ángel Navarro - 27 ans - :venezuela:

Milieux
Stéphane Omeonga - 29 ans - :belgium:
Cole Bassett - 24 ans - :usa:
Alfredo Morales - 35 ans - :usa:
Kévin Cabral - 26 ans - :cape_verde:
Gonzalo Agustoni - 22 ans - :usa:
Lohan Théoret - 19 ans - :canada:
Djordje Mihailović - 27 ans - :usa:
Ballou Tabla - 26 ans - :canada:
Eli Samnik - 22 ans - :usa:

Attaquants
Vinicius Lopes - 26 ans - :brazil:
Maël Théoret - 19 ans - :canada:
Andrija Novaković - 29 ans - :usa:

L’AVENTURE MLS COMMENCE MAINTENANT !

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Il y a un bel effectif au club ! Ils ont de quoi progresser, le tout dans un cadre idyllique :heart_eyes:

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Je le sens pas le Maël… Autant les 2 autres frères ont l’air d’avoir la tête sur les épaules, autant Maël même s’il se dit bosseur semble un peu trop croire qu’il est meilleur que tout le monde… A voir

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Gavin McKenna… ce talent hors norme… est ce que Maël à ce talent là? j’en doute…

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Les voilà en MLS! Allez, on veut voir ce que ça donne!

Même si tous n’auront pas la même fortune!

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Début en MLS

:studio_microphone: Podcast – Au fond des filets
24 février – Invité spécial : Patrice Bernier

Olivier Brett :
Bienvenue à tous dans un nouvel épisode d’Au fond des filets. On est le 24 février, et ça y est, la saison de la MLS est à nos portes. Avec moi aujourd’hui, comme toujours, Frédéric Lord, et on a le plaisir d’accueillir un invité très spécial : Patrice Bernier, ancien capitaine du CF Montréal et figure de proue de la sélection canadienne. Salut Patrice, merci d’être là !

Patrice Bernier :
Salut les gars, toujours un plaisir de jaser foot avec vous, surtout à l’approche d’une saison qui s’annonce palpitante.

La Coupe du Monde Nord-Américaine qui approche

Frédéric Lord :
On ne peut pas passer à côté, Patrice. Dans quelques mois, la Coupe du Monde débarque ici, en Amérique du Nord. Le Canada sera là, et chaque match de MLS dès ce week-end aura son importance. Les joueurs vont être scrutés à la loupe.

Patrice Bernier :
Exact. Pour un joueur canadien, c’est la saison où tu dois être prêt, où tu dois performer dès le départ. John Herdman n’est plus là, mais le nouveau staff va observer chaque performance. C’est ta chance de démontrer que tu peux être sur la liste finale.

Olivier Brett :
Et justement, on ne peut pas s’empêcher de penser à Maël Théoret. 19 ans seulement, il débarque au Colorado Rapids avec ses deux frères, et déjà certains se demandent : pourrait-il être une surprise dans la sélection canadienne cet été ?

Maël Théoret avec le Canada ?

Frédéric Lord :
Patrice, soyons francs : Maël a du talent, il a du flair offensif, mais est-ce trop tôt ?

Patrice Bernier :
C’est jeune, c’est vrai. Mais si tu veux bâtir une sélection qui a du mordant en 2026 et au-delà, tu dois commencer à intégrer des jeunes dès maintenant. Si Maël explose avec le Colorado, s’il devient un titulaire indiscutable en MLS au printemps, pourquoi pas ? Il a le gabarit, il a la personnalité. Ce qu’il doit prouver, c’est sa constance.

Olivier Brett :
Et son coach Mario Lafleur le connaît bien. Il n’hésite pas à mettre les jeunes en avant. Ça pourrait jouer en sa faveur.

Frustration au Québec

Frédéric Lord :
Mais avouons-le, il y a une frustration au Québec. Les triplés Théoret, trois jeunes du Saguenay, trois talents qui auraient pu faire vibrer le CF Montréal… et finalement, ils débutent leur carrière MLS dans les Rocheuses, à des milliers de kilomètres d’ici.

Patrice Bernier :
Je comprends les partisans. On veut voir nos jeunes locaux briller à la maison. Mais il faut aussi être réaliste : le marché des transferts, la structure de la MLS… parfois les opportunités ne tombent pas où on voudrait. Ce qui compte, c’est qu’ils performent, peu importe où ils jouent. Mais oui, ça aurait été magique de les voir grandir sous le maillot du CF Montréal.

Olivier Brett :
Et ça relance encore une fois le débat : est-ce que nos clubs canadiens en font assez pour développer et retenir nos jeunes talents ?

Critiques envers les clubs canadiens

Frédéric Lord :
On va se le dire, Patrice : Toronto, Vancouver, Montréal… est-ce qu’ils ratent des occasions ?

Patrice Bernier :
À mon avis, il y a un manque de vision à long terme. On investit souvent sur des joueurs étrangers, parfois à gros prix, mais on hésite à donner le même temps de jeu à nos jeunes. Les triplés, c’est un exemple. Combien d’autres talents passent sous le radar ? Les clubs canadiens doivent mieux structurer leur académie et surtout avoir le courage de lancer les jeunes dans le bain. Parce que si on attend trop, ce sont d’autres marchés MLS qui vont en profiter.

Olivier Brett :
Et c’est exactement ce qui s’est produit avec les Théoret.

Premier match de la saison : Rapids – Timbers

Frédéric Lord :
Revenons à Denver. Samedi, les Rapids ouvrent leur saison contre les Timbers de Portland. Et on ne se le cachera pas : ça va se jouer dans un vrai froid des Rocheuses. Patrice, ça change quoi, d’ouvrir sa saison dans ces conditions ?

Patrice Bernier :
Ça change tout. Le ballon réagit différemment, les courses sont plus difficiles, la respiration est coupée par l’altitude et le froid. Pour un adversaire comme Portland, qui n’est pas habitué à ces conditions extrêmes, ça peut devenir un vrai désavantage. Les Rapids doivent en profiter.

Olivier Brett :
Et c’est peut-être la meilleure occasion pour les triplés de se présenter officiellement à la MLS. Imaginez : Lohan qui combine avec Djordje Mihailović, Maël qui marque son premier but devant la foule locale, Jules qui s’impose défensivement malgré la concurrence. Ce serait un scénario rêvé.

Frédéric Lord :
Une chose est certaine : tout le Québec va suivre ce match, même à distance. Parce qu’au-delà de la frustration, il y a de la fierté. Trois gars de chez nous, du Saguenay, qui débarquent ensemble dans une équipe MLS… c’est du jamais vu.

Olivier Brett :
Merci Patrice d’avoir été avec nous aujourd’hui. Ton expérience et ton regard sont précieux, surtout à l’aube d’une saison qui pourrait marquer un tournant pour le soccer canadien.

Patrice Bernier :
Merci à vous les gars, et bonne saison à tout le monde. On se revoit très vite.

Frédéric Lord :
Voilà, c’était Au fond des filets. La saison commence, la Coupe du Monde approche, et le foot canadien est en pleine effervescence. On se retrouve la semaine prochaine pour un autre épisode.

Mario Lafleur a toujours eu le sens du spectacle. Pour son premier match à la tête des Rapids, il décide de briser la glace d’un coup sec : les trois frères Théoret débuteront ensemble, d’entrée de jeu. Pas question d’étirer l’attente ou de jouer la prudence — on règle ça dès le jour #1, sous les projecteurs du Dick’s Sporting Goods Park.

Dans le vestiaire, les attitudes se dessinent clairement. Maël, fidèle à lui-même, affiche une confiance débordante. Sa démarche est assurée, son regard hautain, presque provocateur. Il est convaincu qu’il appartient à cette ligue et veut que tout le monde le sache. À l’opposé, Lohan est plongé dans sa bulle, concentré comme jamais. Il fixe son maillot, répète mentalement ses séquences de jeu, se préparant à donner chaque once d’énergie. Djordje Mihailović, assis à sa gauche, lui adresse un sourire complice : « On a déjà tout préparé à l’entraînement. Maintenant, c’est juste l’exécution. »

Les mots résonnent. Tout le travail de la semaine n’a servi qu’à ce moment précis. Le coach l’a répété : « Vous avez une seule chance de faire une première impression. » Les trois frères le savent. Quand ils entreront sur cette pelouse, ce sera le début d’une nouvelle histoire.

Dick’s Sporting Park 28 Février 2026 MLS 1ere Journée
0 Buts 1
Colorado Rapids 16 Tirs 12 Portland Timbers
Ayase Ueda 45’+1

Lohan: Quitte à la 68e 6,3
Maël: 6,4
Jules: Quitte à la 68e 6,3

Les Rapids ont connu une entrée en MLS difficile avec une défaite 1-0 contre Portland, sur une erreur défensive exploitée par Ueda. Pour Mario Lafleur, inutile d’exposer les frères Théoret après un tel scénario. L’entraîneur a donc interdit l’accès aux médias, préférant protéger ses jeunes recrues d’une première vague de critiques.

Dans le vestiaire, les attitudes différaient. Lohan, concentré, ruminait chaque occasion manquée. Maël tentait de masquer sa déception derrière une confiance provocatrice, alors que Jules, plus réfléchi, rappelait qu’il restait toute une saison pour prouver leur valeur.

Mario, fidèle à son approche, a calmé le vestiaire : « On ne bâtit rien en un match. Ce soir, vous avez appris. »

En quittant le Dick’s Sporting Goods Park, les triplés étaient silencieux. La MLS venait de leur envoyer un message clair : ici, chaque détail compte, et rien ne sera donné gratuitement.


Les triplés ont encore la tête à l’envers. Le doute les envahit : la MLS est-elle trop forte pour eux ? Et surtout, Mario va-t-il garder confiance ?

Ils n’ont pas le temps de se morfondre bien longtemps. Le championnat de MLS débute rapidement, et les Rapids sont déjà en route pour Vancouver, où ils affronteront les Whitecaps.

Ce sera une drôle de sensation pour Mario Lafleur, qui s’est incliné en finale du Championnat canadien lors des deux dernières années face à Vancouver, alors qu’il dirigeait encore l’Atlético d’Ottawa.

Cependant, Mario ne tombe pas dans l’émotion comme lors du premier match.
Il aurait pu profiter de l’occasion pour aligner les trois Théoret et leur parler de revanche, mais la rencontre contre Portland lui a clairement démontré que Maël et Jules devront redoubler d’efforts à l’entraînement pour atteindre le niveau de la MLS.

Pour Lohan, c’est une autre histoire. Lohan, c’est Lohan. Il conservera sa place dans le onze de départ et continuera de travailler sa chimie avec Djordje Mihailović lors ce match.

BC Place 04 Mars 2026 MLS 2e Journée
1 Buts 0
Vancouver Whitecaps 15 Tirs 13 Colorado Rapids
Tristan Blackmon 85’

Lohan: 7,0
Maël: Entre à la 63e 6,4
Jules: Entre à la 83e NA

Conférence de presse d’après-match – Mario Lafleur

Le ton était mesuré, mais la tension palpable dans les couloirs du BC Place après la deuxième défaite consécutive des Rapids, battus 1-0 par les Whitecaps. Deux matchs, aucun but marqué — et déjà, les premières critiques pleuvent.

Confronté aux questions insistantes sur son approche tactique, Mario Lafleur est resté fidèle à lui-même : calme, réfléchi, mais ferme.

« On traverse une période d’ajustement. Deux matchs, ce n’est pas une tendance, c’est un échantillon minuscule. L’équipe apprend à jouer ensemble, à assimiler de nouvelles consignes. Il faut de la patience », a-t-il expliqué.

La presse n’a pas tardé à cibler certains de ses choix, notamment l’intégration de plusieurs anciens d’Ottawa — Maël Théoret, Ballou Tabla et Bjarne Pradel — dont les débuts en MLS soulèvent des doutes. Certains journalistes ont questionné si ces joueurs avaient réellement « l’étoffe de la ligue ».

Lafleur, visiblement irrité mais soucieux de défendre ses hommes, a répondu sans détour :

« Ce sont des joueurs que je connais, que j’ai vus grandir. La MLS, c’est un autre niveau, mais ils ont la qualité pour s’y adapter. On parle de jeunes qui travaillent fort et qui veulent prouver qu’ils appartiennent ici. »

L’entraîneur a également rappelé que le chantier collectif ne se règle pas en deux semaines :

« Je comprends la frustration. Les partisans veulent des résultats tout de suite. Mais construire une identité de jeu prend du temps. L’équipe commence à comprendre ce qu’on veut faire. Les automatismes viendront. »

Avant de quitter la salle, Lafleur a tenu à lancer un dernier message, à la fois lucide et confiant :

« On doit marquer, c’est évident. Mais le jour où ça va débloquer, tout le monde verra pourquoi on croit en ce groupe. »


Les Rapids enchaînent avec une autre rencontre, cette fois à la maison, contre le Real Salt Lake, un rival historique du Colorado. Déjà sous pression, Mario Lafleur ne peut pas se permettre de laisser filer ce match.

Les schémas tactiques qu’il tente d’imposer demeurent difficiles à assimiler pour son groupe, et l’entraîneur en est bien conscient. La nervosité commence déjà à se faire sentir sur ses épaules — le début de saison ne laisse plus beaucoup de marge à l’erreur.

:crossed_swords: Rocky Mountain Derby – Colorado vs Real Salt Lake

Sous pression après deux défaites consécutives, Mario Lafleur décide d’apporter quelques ajustements à son onze de départ. Ballou Tabla obtient une rare titularisation, tandis que Lohan Théoret conserve sa place en pointe. Son frère Maël, lui, débute encore sur le banc, tout comme Jules, dans un rôle de soutien.

En face, le Real Salt Lake aligne un effectif dangereux mené par Cristian Arango, soutenu par Diego Luna et Anderson Julio. L’équipe de Marc Dos Santos, solide et expérimentée, veut confirmer son bon début de saison.

L’ambiance est électrique au Dick’s Sporting Goods Park, où les supporters des Rapids attendent un réveil offensif.
Lafleur le sait : ce match peut changer la dynamique de son début de mandat. La tension est palpable, les visages fermés à l’échauffement.

:studio_microphone: « Ce soir, il faut jouer avec cœur. Les derbys ne se jouent pas, ils se gagnent. » – Mario Lafleur avant le coup d’envoi

Dick’s Sporting Park 07 Mars 2026 MLS 3e Journée
2 Buts 1
Colorado Rapids 10 Tirs 15 Real Salt Lake
Andrija Novaković 45’ Rubio Rubin 71’
Cole Bassett 24’

Lohan: Quitte à la 69e 6,7
Maël: Entre à la 45e 6,6
Jules: Entre à la 69e 6,6

Conférence de presse d’après-match – Mario Lafleur

Le sourire était enfin de retour sur le visage de Mario Lafleur après la victoire arrachée 2-1 contre le Real Salt Lake. Devant les journalistes, l’entraîneur des Rapids a reconnu que la soirée n’avait pas été parfaite, mais qu’elle marquait un tournant important pour son groupe.

« Honnêtement, le Real Salt Lake a montré un niveau supérieur aujourd’hui. Ils ont mieux tenu le ballon et nous ont fait courir. Mais je dois saluer la combativité de mes gars. Ils ont tout donné, même en infériorité numérique. »

Lafleur a tenu à remercier Cole Bassett, auteur du but victorieux à la 82e minute.

« Cole a libéré tout le monde. C’est un joueur qui incarne parfaitement notre état d’esprit : courage, détermination et amour du maillot. »

Pour le coach, ces premiers points de la saison arrivent à un moment crucial :

« Ça fait du bien, vraiment. Après deux défaites, il fallait une réaction. Ce soir, on l’a eue. »

Mais au-delà du résultat, Lafleur a insisté sur la symbolique de ce succès :

« Gagner un derby, c’est spécial. C’est pour nos partisans, ceux qui étaient là malgré le froid et les doutes. Ce soir, c’est leur victoire autant que la nôtre. »

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Difficile début pour les frères

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On est sur un autre niveau là !

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Jules, le passioné de… ski ?

Mars 2026.
Entre deux séances d’entraînement, Jules Théoret profite d’une rare journée libre pour assister à un événement qui attire toute la région : les NCAA Skiing Championships, disputés cette année à Denver.

En approchant du site, il sent déjà la tension dans l’air. Les montagnes, les bannières universitaires, les cris des partisans — tout respire la rigueur et la passion. Les athlètes U23 venus des quatre coins du pays enchaînent les descentes avec une précision fascinante.

Jules observe en silence, captivé. Chaque virage, chaque appui, chaque micro-ajustement lui rappelle la défense : anticipation, équilibre, lecture du jeu. Ici aussi, la marge d’erreur est minime, et c’est ce qui le fascine.

Assis à l’écart, capuchon relevé, il admire cette maîtrise tranquille.
Ce n’est pas son sport, mais il s’y reconnaît — même quête d’excellence, même solitude face à la performance.

Et quelque part, entre le froid sec du Colorado et l’écho des skis sur la glace, Jules Théoret se promet qu’un jour, lui aussi sera au sommet de son art.

Le soleil commençait à décliner derrière les montagnes du Colorado, projetant une lumière dorée sur la piste. Jules, encore emmitouflé dans son survêtement des Rapids, observait les derniers skieurs descendre la pente. La course venait de se terminer, et parmi les visages fatigués, un nom retenait son attention : Isa Tikkanen, la jeune Finlandaise arrivée deuxième.

Sa descente avait été tout sauf parfaite — et c’est précisément ce qui avait plu à Jules. Elle avait passé près de manquer une porte, vacillé, failli chuter… mais elle s’était relevée dans le même mouvement, retrouvant son équilibre avec une force tranquille. Pas de panique, pas d’excuses : seulement la volonté de terminer. Cette combativité brute, presque instinctive, lui avait rappelé ce qu’il aimait du sport.

Après la cérémonie, il s’était avancé timidement vers elle, mains dans les poches.
Hey, great run. Really impressive, lança-t-il avec un sourire sincère.

Isa s’était tournée vers lui, un peu surprise, les joues rougies par le froid.
Hmm… I… not… English? répondit-elle maladroitement, avec un accent finlandais marqué.

Isa éclata de rire, puis, après un court moment d’hésitation, prit le téléphone et y tapa son numéro avec un sourire discret.

Un court silence suivit, puis tous deux éclatèrent de rire à. Jules leva les mains en signe de reddition, essayant d’improviser quelques gestes maladroits pour mimer “bonne course”. Elle, amusée, tenta de lui répondre en français :
Merci… beaucoup?

En quittant la station, Jules se surprit à penser encore à cette rencontre improbable.
Isa Tikkanen ne parlait peut-être pas sa langue, mais elle avait réussi à dire l’essentiel — sans un mot de trop.

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Même si la victoire contre Salt Lake n’avait rien de vraiment convaincant, un succès contre un rival reste toujours bon à prendre.Toutefois, Mario le sait : son équipe manque de solidité en ce moment. Probablement que sa brigade défensive est tout simplement trop jeune. Il va falloir trouver des solutions rapidement.

L’ambiance s’annonce électrique ce soir à Commerce City, où les Colorado Rapids de Mario Lafleur accueillent les Seattle Sounders FC pour un affrontement toujours intense entre deux formations ambitieuses de la Conférence Ouest.

Les Rapids veulent poursuivre sur leur lancée après avoir récolté leurs premiers points de la saison. Le mot d’ordre de l’entraîneur Lafleur est clair : « reproduire la même intensité que face à Salt Lake, mais cette fois avec plus de constance sur 90 minutes. »

Le capitaine Keegan Rosenberry mènera une défense expérimentée où le jeune Jules Théoret retrouve sa place de titulaire. Devant, le trio Mihailović – Bassett – Novaković tentera de percer une muraille de Seattle toujours difficile à contourner. Les partisans auront aussi les yeux rivés sur les frères Théoret, Lohan et Maël, qui débuteront ensemble pour la première fois à domicile cette saison.

Dick’s Sporting Park 21 Mars 2026 MLS 4e Journée
3 Buts 1
Colorado 13 Tirs 12 Seattle
Lohan Théoret 16’ Thiaguinho 90’+5
Andrija Novaković 31’
Djordje Mihailović 59’

Lohan: Quitte à la 73e 9,4 - Homme du match
Maël: 6,4
Jules: 6,7

L’entraîneur-chef Mario Lafleur n’a pas caché sa satisfaction à la suite de la victoire convaincante de ses hommes contre Seattle (3-1). Devant les journalistes, il a salué une prestation complète, sans doute la plus aboutie depuis le début de la saison.

« C’est la meilleure performance de notre groupe cette année. On a tout fait avec intensité, rigueur et plaisir. Les gars ont appliqué le plan à la lettre. C’est ce genre de match qui peut lancer une saison. »

Lafleur a également tenu à souligner la performance étincelante du jeune Lohan Théoret, auteur d’un but et de deux passes décisives avant de sortir blessé.

« Lohan a été magique ce soir. Chaque fois qu’il touchait le ballon, il se passait quelque chose. Il a cette créativité et cette spontanéité qui peuvent changer un match à tout moment. »

Mais le coach a vite tempéré son enthousiasme en évoquant la blessure de son prodige.

« On a reçu la confirmation qu’il s’agit d’une élongation aux ischio-jambiers. Il sera absent environ trois semaines. C’est dur pour lui, mais il est jeune, fort, et il reviendra encore meilleur. »


Lohan est frustré de devoir s’absenter après une si bonne performance, mais on sent un vent beaucoup plus positif souffler dans l’entourage de l’équipe à la suite de cette victoire contre les Sounders.

Lohan Théoret n’apparaît pas sur la feuille de match des Colorado Rapids pour la rencontre du 28 mars 2026 face aux New York Red Bulls, conséquence directe de son élongation aux ischio-jambiers subie une semaine plus tôt contre Seattle.

Le staff médical du club, dirigé par les kinés des Rapids, avait estimé son absence entre 2 et 3 semaines, et cette non-présence confirme que le jeune Canadien poursuit sa convalescence.

En son absence, Mario Lafleur réorganise son animation offensive :

Ballou Tabla prend place sur l’aile droite,

Vinicius Lopes retrouve le onze en soutien de Maël Théoret,

Et le tout nouveau venu Marshall Munetsi, fraîchement arrivé de Reims, débute sur le banc, prêt à faire ses débuts en MLS si nécessaire.

Les partisans espèrent un retour rapide de Lohan, élu homme du match lors du triomphe contre Seattle (1 but, 2 passes décisives). Son absence se fera sentir tant son entente avec Mihailović et Bassett dynamisait les transitions offensives du Colorado.

Dick’s Sporting Park 28 Mars 2026 MLS 5e Journée
4 Buts 1
Colorado 14 Tirs 9 Red Bulls
Maël Théoret 8’ 16’ pen 89’ Dylan Teves 90’+2
Andrija Novaković 80’

Lohan: Blessé
Maël: 9,7 - Homme du match
Jules: 6,8

Impossible de passer à côté de la prestation de Maël Théoret ce soir : un triplé, un match plein d’assurance, et une salle de presse suspendue à ses mots. Fidèle à sa personnalité, le jeune attaquant n’a pas cherché à jouer les modestes.

« Franchement, je savais que ça allait venir. Quand je me sens bien, il n’y a pas grand monde qui peut m’arrêter. Ce soir, tout ce que je touchais pouvait finir au fond. Les défenseurs, ils étaient déjà battus avant même que je reçoive le ballon. »

Interrogé sur l’absence de son frère Lohan, blessé contre Seattle, Maël a répondu avec une pointe d’émotion mêlée à son habituelle confiance :

« C’est sûr que c’est bizarre sans lui. Je sais qu’il va revenir fort. Mais sur le terrain, il faut que quelqu’un prenne la relève, et ce soir, c’était moi. »

Droit dans ses bottes, Théoret a également envoyé un message à la ligue :

« J’ai entendu beaucoup de gens parler, comparer, douter… mais la vérité, c’est qu’il n’y a pas beaucoup d’attaquants comme moi en MLS. Je suis jeune, je suis prêt, et je veux marquer cette ligue. Les défenseurs vont devoir s’y habituer. »

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Ça va bien mieux pour l’équipe et les trois frères ! Ils sont en feu :fire:

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Petit doublon dans ton paragraphe :wink:

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