:storyGREEN::s2: :Canada: Les Fils du Nord

Chapitre 1 – Ils n’ont jamais changé de saison

Au Saguenay, le foot n’est pas une absurdité.
Y’a des terrains, des ligues d’été, des tournois de quartier.
Chaque été, des centaines de jeunes chaussent leurs crampons, enfilent des chandails de clubs européens pis jouent sous le soleil jusqu’à ce que les feuilles tombent.

Mais quand l’automne arrive, la plupart rangent le ballon.
Ils retournent à l’aréna, ressortent les épaulettes, pis redeviennent ce qu’on attend d’eux : des gars de hockey.

Eux, ils ne décrochaient pas.

Trois frères. Des triplés.
Toujours ensemble. Toujours en train de jouer.
Peu importe la saison, peu importe la surface.

Dans la rue. Dans le gymnase. Dans la neige.
S’ils pouvaient taper dans un ballon, ils le faisaient.
Sans coach. Sans club. Sans limites.

C’est pas qu’ils étaient les seuls à aimer le foot dans leur coin.
Mais ils l’aimaient différemment.
Ils y pensaient tout le temps.
Ils le respiraient.

Et sans vraiment le dire, ils se demandaient tous les trois :
Jusqu’où ça peut nous mener, ça?

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Jumeaux ?? plutôt triplé alors

une aventure au pays du caribou, pourquoi pas !

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Maël Théoret - Le prodige imparfait

Il est né avec un don, ça, personne de son entourage ne pouvait le nier. Grand, fluide, élégant dans le chaos, Maël avait tout pour qu’on parle de lui très tôt… mais personne n’en parlait.
Pourquoi ? Parce qu’il n’était pas en France. ni en Espagne. ni même à Toronto. Il était au Saguenay-Lac-St-Jean. Là où les patins sortent avant les crampons. Là où le foot, ça reste un sport d’été.

Et ça, ça a ralenti la lumière sur lui.
Mais ça ne l’a pas éteinte.

Sur le terrain, Maël dégage quelque chose de rare. Il mesure près de 6 pieds 4, se déplace comme un ailier, et frappe comme un neuf pur. Il a le flair, le toucher, la détente. Il est dangereux, sans trop forcer. Et c’est là que le bât blesse : il ne force pas toujours.

Il s’entraîne quand il le veut bien. Il boude parfois les consignes. Il sait qu’il est spécial, il le pense du moins et il veut que tout le monde le sache. Zlatan, c’est plus qu’un idole : c’est un modèle de posture, d’assurance, d’arrogance même. Maël ne cache rien. Il veut marquer, être regardé, être reconnu. Ce n’est pas un gars de vestiaire, pas un moteur d’équipe. Mais quand il touche au ballon, tout le monde écoute.

Le talent est là, brut, indiscutable. Mais le chemin vers le sommet n’est pas droit. Et personne ne sait encore si Maël va l’emprunter. Ce qui est sûr, c’est que s’il décide de s’y mettre pour vrai, le Canada pourrait découvrir un beau bijoux.

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Merci !

Ouaip, pas de doute, on est bien de l’autre coté de l’Atlantique :grin:
J’aime bien les régionalismes, n’hésite pas à en user et abuser :dsk:

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Je suis excité par cette aventure Outre-Atlantique :heart_eyes:

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Jules Théoret – Le Stratège

Il n’a jamais été le plus rapide, ni le plus flamboyant. Mais au sein du trio Théoret, Jules était celui qui comprenait avant même que les autres réagissent.

Alors que Maël collectionnait les moments de gloire et que Lohan faisait lever les foules, Jules observait. Il décortiquait. Il assimilait. Très tôt, il a compris que le football, pour lui, ce ne serait peut-être pas une carrière de star… mais une vie d’étudiant du jeu.

À 17 ans, Jules pense déjà comme un entraîneur. Il lit les phases de possession comme d’autres lisent un roman, prend des notes sur les transitions défensives d’équipes pros et se passionne pour les structures tactiques plus que pour les célébrations de buts. Il n’est pas le capitaine, mais on l’écoute quand il parle, parce qu’il ne dit jamais un mot de trop.

Sur le terrain, c’est un roc. Un défenseur central imposant, froid, constant. Il n’aime pas les gestes inutiles ni les interventions spectaculaires. Il préfère l’économie de mouvement, la lecture parfaite, la relance propre. Il fait confiance à ses jambes, mais encore plus à sa tête. Il sait où se placer, quand reculer, quand monter. Il anticipe les espaces, pas parce qu’il est plus athlétique que les autres, mais parce qu’il les voit naître avant tout le monde.

Jules est peut-être celui des trois que le grand public retiendra le moins. Il ne fera peut-être jamais un transfert vers une grande ligue, et il risque fort de faire sa carrière dans l’ombre des vedettes, quelque part en CPL, loin des feux de la rampe. Mais il est aussi le seul des trois à déjà comprendre la beauté du jeu pour ce qu’elle est vraiment.

Et c’est peut-être lui qui, un jour, entraînera ses frères.

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Oh merde le roi est de retour :fap:

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Bon retour parmi nous :smiley: !

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Lohan Théoret – Le Petit Roi

Ils sont nés à quelques minutes d’intervalle. Des triplés, un miracle pour la famille Théoret. Mais dès leur première photo ensemble, une chose sautait aux yeux : Lohan n’avait pas le même format.

Alors que Maël et Jules empilaient les centimètres et dépassaient les six pieds avant leurs seize ans, Lohan, lui, est resté petit. Trop petit pour le hockey local, trop frêle pour attirer l’œil des recruteurs pressés. Il en a entendu, des "T’es sûr que t’es leur frère?

Mais ce qu’ils ne savaient pas, c’est que Lohan n’avait pas besoin d’être grand. Parce que Lohan, c’était le génie du trio.

Le ballon collé au pied comme une extension de son corps, il dansait, glissait dans les espaces, distribuait des passes comme s’il voyait le jeu en avance rapide. Il avait une vision, une touche, une intelligence de jeu qu’on ne voit qu’une fois par génération. Les entraîneurs qui l’ont vu à 12 ans parlent encore de lui. Certains disent même, à demi-mot : « C’est le joueur le plus spécial qu’on ait vu au Saguenay. »

Mais ce désavantage physique est vite devenu une obsession. Lohan voulait prouver que sa grandeur à lui, elle se mesurait en touches, en éclairs, en buts. Il voulait montrer qu’un joueur de 5’7” pouvait faire taire des défenseurs de 6’4”. Qu’un gamin du Nord pouvait devenir une légende planétaire.

Un joueur plus grand que la taille. Plus grand que les doutes. Plus grand que les frontières.

Et même si, dans la maison familiale, il était celui qu’on soulevait pour atteindre la tablette du haut… sur un terrain, Lohan Théoret regarde tout le monde de haut.

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LA LUMIÈRE

L’été tirait à sa fin, mais à Lévis, une effervescence bien particulière animait les terrains du centre sportif Desjardins. Cette année encore, le tournoi provincial U17 regroupait les meilleures équipes du Québec, dans une atmosphère à la fois festive et impitoyable. Pour la première fois de son histoire, le CF Saguenay y participait avec ses trois joyaux en uniforme : les frères Théoret.

Personne ne les attendait vraiment. Une équipe du Saguenay dans un tournoi de cette envergure ? Peu de monde les avait vus jouer. Et ceux qui les avaient croisés en phase de groupe n’avaient pas compris ce qu’ils venaient d’affronter jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

Phase de groupes : Trois matchs, trois victoires. Lohan se régalait avec ses crochets du gauche. Jules éteignait les attaques adverses comme un métronome défensif, et Maël, bien… Maël faisait du Maël. Arrogant, imprévisible, létal. À lui seul, il avait inscrit 7 buts avant les quarts de finale.

Les quarts et la demi-finale ne furent que formalités. Les jeunes de Saguenay étouffaient leurs adversaires avec une intensité d’une constance rare pour leur âge. Et sans jamais perdre leur sang-froid. Leur entraîneur, Mario Lafleur, les dirigeait comme un capitaine de navire dans une tempête, calme, méthodique, mais avec ce feu intérieur qu’on ne peut ni apprendre, ni feindre.

Arriva la finale.

L’adversaire ? Une machine de guerre de la Rive-Sud de Montréal : le Kirkland United, reconnu pour sa structure professionnelle. Tous leurs joueurs étaient passés par les meilleurs programmes du Québec, certains même identifiés par Soccer Canada. En tribunes, les experts s’attendaient à un match à sens unique. Ils avaient raison. Mais dans le mauvais sens.


CF SAGUENAY vs KIRKLAND UNITED – Finale du tournoi provincial – Score final : 6-0

Dès le coup d’envoi, l’orage s’abattit sur Kirkland.

Maël Théoret ouvrit le score à la 3e minute, d’un retourné acrobatique inspiré de Zlatan lui-même. Une claque. Puis une deuxième frappe croisée du gauche à la 9e. 2-0. Les défenseurs de Kirkland n’avaient pas le temps de respirer. Lohan les perça à la 17e, dribbla deux joueurs, et offrit un but tout fait à un coéquipier., Tommy Langlois. Jérémy Bernier a marqué l’autre filet de la tête sur un corner à la 43e minute.

À la mi-temps : 4-0.

En deuxième, ce fut un récital. Jules, le grand frère silencieux, interceptait tout. Il initia même la séquence du cinquième but d’un magnifique ballon lobé en profondeur, que Maël convertit d’un piqué plein de classe pour inscrire son triplé. Le dernier but, inscrit par Lohan à la 83e, fit se lever tout le terrain. Un solo à la Maradona.

6-0. Humiliation. Applaudissements debout. Personne n’en croyait ses yeux.


MAËL, MVP

Le coup de sifflet final venait à peine de retentir que les joueurs du CF Saguenay se retrouvaient encerclés. Caméras d’amateurs, cris d’admiration, accolades d’inconnus : la petite équipe du Nord venait de marquer les esprits, et au centre de tout ça, trois frères resplendissaient.

Maël Théoret savourait la gloire comme si elle lui était due. À la remise des prix, quand on l’appela Joueur du tournoi, il ne pressa pas le pas. Il marcha lentement, tête haute, les bras légèrement écartés, comme un roi qui retourne sur son trône. Il ne leva pas le trophée : il le posa sur sa tête, comme une couronne invisible.

« Quand tu joues au niveau où je joue, c’est pas une surprise. C’est une conséquence. » lâcha-t-il au micro du journaliste de TVGO.

Puis il ajouta, avec une étincelle narquoise :

« Si je jouais à Montréal, j’aurais déjà trois agents pis un contrat pro. Mais bon… faut croire qu’à Jonquière aussi on peut produire des monstres. »

Il lança ensuite un clin d’œil vers la foule en pointant son frère d’une minute.

« Pis regardez bien Lohan. Lui, c’est pas une machine. C’est un problème. Un problème pour tous ceux qui vont croiser son chemin sur un terrain. »

Lohan, justement, était ailleurs. Il était là, sur la pelouse, un peu essoufflé, le regard perdu dans le ciel du soir. Mais son esprit flottait, déjà bien au-delà de Lévis. Dans sa tête, il s’imaginait sur scène, une cravate au cou, recevant un Ballon d’Or devant des milliers de flashs. Il n’avait pas besoin de trophée aujourd’hui. Il venait de se prouver que ce rêve-là, il n’était plus absurde. Il était vivant.

Un jeune garçon du coin l’avait reconnu après le match.

« Lohan, tu peux signer mon ballon ? »

Son premier autographe.

Et Jules ?

Comme d’habitude, il était le dernier à quitter le terrain. Pendant que Maël paradait et que Lohan rêvassait, lui ramassait les choses restantes et vérifiait que personne n’avait oublié son sac.

Mais certains avaient vu.

Un coach de Laval l’avait même abordé :

« T’es le #2, toi ? On a rarement vu un défenseur aussi propre. T’as appris ça où ? »

« À Jonquière, en regardant les vieux matchs de John Terry pis en prenant des notes. »

Le coach avait rigolé. Il pensait que Jules blaguait. Il ne blaguait pas.

En bord de terrain, un homme prenait des notes.

Veston sobre, casquette noire, écusson de l’Atlético d’Ottawa sur la poitrine. Il s’approcha calmement de Mario Lafleur à la fin du match.

« Coach Lafleur ? J’vous observe depuis trois jours. J’aimerais vous parler. »

L’avenir venait de changer.

Lafleur leva les yeux. Il était encore dans l’émotion du match, ses joueurs en liesse, les cris, les accolades, les médailles, les caméras. Il scruta l’homme, cherchant à lire entre les lignes.

« Vous êtes d’Ottawa ? »

L’homme hocha la tête.

« Oui, et pas pour le U21. Pour l’équipe première. On a besoin d’un homme comme vous comme entraîneur. Quelqu’un qui n’a pas peur de sortir du moule. Quelqu’un qui est capable de bâtir quelque chose avec rien. »

Mario resta figé.

Il savait que ses trois garçons parce que oui, il les appelait ses garçons méritaient plus. Il savait que leur avenir ne se construisait pas sur les terrains un peu bosselés de la rue de l’Hôtel-de-Ville à Chicoutimi. Il savait aussi que dans ce monde-là, les opportunités ne repassaient pas deux fois.

« Et les garçons ? » demanda-t-il, regardant au loin les triplés Théoret, qui posaient pour la presse locale.

« On n’a jamais vu des jeunes comme ça. Ils font partie du projet. »

Mario Lafleur resta silencieux un moment. Puis il hocha lentement la tête.

« Donnez-moi une semaine. »

« Vous avez trois jours. »


Sans même connaître la nouvelle du coach Lafleur, cette nuit-là, les frères ne dormirent pas. Trop d’images dans la tête. Trop d’adrénaline dans les veines. C’était la première fois qu’on les regardait comme des footballeurs… et non comme trois gars bizarres qui avaient choisi un autre sport que le hockey.

Et pourtant, ce n’était que le début.

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UN NOUVEAU MONDE, UNE NOUVELLE VIE

Le 6-0 infligé à Kirkland n’avait pas seulement marqué la mémoire des amateurs présents à Lévis. Il avait aussi solidifié une conviction déjà bien ancrée dans les bureaux de l’Atlético d’Ottawa : ces trois jeunes venus du Saguenay n’étaient pas des joueurs ordinaires.

En réalité, les frères Théoret étaient déjà dans le viseur de l’organisation. Avant même que Mario Lafleur n’accepte le poste d’entraîneur-chef, une question lui avait été posée :

« Coach, on a vu les vidéos. Les triplés, ils sont aussi bons qu’on le dit ? »

Mario avait hoché la tête. Il n’avait pas besoin de vendre ses gars. Leur jeu parlait pour eux.

L’embauche fut scellée avec un objectif clair : si Ottawa voulait construire un projet à long terme, ce serait avec Maël, Jules et Lohan. Le club n’engageait pas juste un coach : il ouvrait ses portes à un nouveau cycle, à une fratrie hors norme, à une culture du foot enracinée dans le froid du Nord.

Quand Mario appela la famille Théoret pour leur annoncer ce qui se tramait, il n’y eut pas de cris de joie ni de larmes : juste un long silence, une émotion brute.

« Ottawa ? Vraiment ? »

« Pour vrai », avait simplement répondu Mario.

Le déménagement s’organisa rapidement. Les garçons allaient habiter chez leur oncle Jean-Claude Théoret, ex-coach de foot américain, aujourd’hui coordonnateur défensif à l’Université d’Ottawa. Un homme aussi intense que droit, qui avait toujours vu quelque chose de spécial chez ses neveux.

« C’est pas la Californie ici, mais c’est pas le bout du monde non plus. Vous aurez du pain, des poids, pis un terrain pas loin. Pour le reste, c’est vous qui écrivez votre script », leur avait-il dit.

Ils quittèrent le Saguenay à l’aube, serrés dans une van de location. Trois sacs, des crampons, et un rêve trop grand pour tenir dans une boîte.
Maël, éternel provocateur, lançait déjà des phrases à la Zlatan :

« Ils veulent un roi à Ottawa ? Il arrive. »

Jules feuilletait un cahier rempli de croquis tactiques.
Lohan, casque sur les oreilles, s’imaginait soulever un Ballon d’Or sous la pluie madrilène.

Le choc du passage du quartier résidentiel de Chicoutimi aux installations d’un club pro se fit sentir dès leur arrivée. Mais ils n’étaient pas intimidés. Ils savaient ce qu’ils valaient.

C’est à ce moment-là que le projet devint réel.

Le CF Saguenay appartenait désormais à leurs souvenirs.
Ottawa, elle, allait leur appartenir bientôt.


Une nouvelle famille

L’hiver avait coulé tranquillement dans la capitale. Entre les séances en salle, les matchs simulés et les premiers entraînements extérieurs sur le FieldTurf du TD Place encore givré par moments, les triplés Théoret avaient trouvé leur rythme. Ce n’était plus le Saguenay. C’était autre chose. Une ville plus grande. Un vestiaire plus dense. Mais quelque chose cliquait.

Dès les premiers jours, Karl Ouimette, vétéran québécois et pilier du vestiaire, les avait pris sous son aile. C’est lui qui leur avait tout montré : les routines d’avant-match, les coins pour bien manger, les règles tacites du vestiaire. Mais surtout, c’est lui qui avait compris qu’on ne pouvait pas séparer les triplés.

Maël, le plus flamboyant des trois, avait d’abord intrigué. Il ne parlait pas beaucoup aux anciens. Il s’entraînait à sa manière. Parfois trop fort, parfois pas assez. Il refusait de se taire pendant les rondes tactiques, corrigeait les appels de balle des autres, lançait des frappes à 35 mètres sans consigne. Mais il marquait. Tout le temps.

Un matin, en plein décrassage, il s’est retourné vers Ouimette et a lancé :
« T’en as déjà vu un comme moi ici ? Parce que moi non plus. »

Personne n’a su si c’était de l’arrogance ou du génie. Peut-être les deux. Mais même les coachs avaient compris : il fallait l’encadrer sans l’étouffer. Et tant qu’il produisait sur le terrain, personne ne voulait éteindre cette flamme.

Lohan, lui, c’était tout l’inverse. Timide, discret, plus jeune dans l’attitude. Il avait collé à Ballou Tabla comme une tache d’encre sur du coton blanc. Ils parlaient le même langage : celui des dribbles secs, des changements de rythme et des petits sourires complices après un geste réussi.

Ballou, lui, voyait un peu de son jeune lui dans Lohan. Mais Lohan avait autre chose. Une espèce de calme intérieur, une obsession maladive pour s’améliorer. C’est Ballou qui l’a invité au gym en dehors des heures, qui lui a montré comment lire le jeu avant que le ballon bouge.

Et puis, il y avait Jules. Moins bavard, toujours en retrait mais jamais absent. Il observait tout. Parfois, on le surprenait à noter des trucs sur un carnet entre deux exercices. Alberto Zapater, le vétéran espagnol de 38 ans, l’avait pris en affection.

La chimie dans l’équipe ne s’était pas imposée. Elle s’était construite. Jour après jour. Et maintenant, à la veille des premiers matchs amicaux, l’ambiance dans le vestiaire était étrange.

Pas tendue.
Pas euphorique.
Mais électrisante.

Quelque chose se préparait. Et ça allait secouer la CPL.

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LES DÉBUTS

Le premier match amical de l’équipe depuis l’arrivée des triplés à Ottawa. Au cours des derniers mois, ils ont été un sujet chaud dans la ville. La curiosité du public était palpable. Maël n’avait pas fait trop de vagues. Les jeunes se sont bien intégrés, mais de plus en plus, Lohan s’identifie comme le meilleur joueur de l’équipe à l’entraînement — un véritable magicien.

L’Atlético est en déplacement à Halifax pour ce premier match. Moins de pression sur les jeunes.


Mario a le sens du spectacle. Les triplés figurent sur la feuille de match. Un match pour se remettre en forme. Les jeunes ont vécu leur premier voyage en avion. Maël s’est plaint qu’il avait les jambes lourdes. Il ne voulait pas commencer le match, mais Mario n’a pas modifié sa stratégie.

Wanderers Grounds 16 Mars 2024 MATCH AMICAL
1 Buts 2
Halifax Wanderers FC 47% Possession 53% Atlético Ottawa
Wesley Timóteo 18’ Maël Théoret 17’
Maxim Tissot 82’

Maël : Maël ouvre la marque à ses débuts. Il obstrue « légalement » le travail du gardien adverse lors d’une sortie et se retrouve seul avec le ballon devant une cage béante. Il était fier. Il a dérangé les défenseurs à plusieurs reprises. Il a été nommé homme du match ! Quelle entrée en matière. 7,6/10

Lohan : Il n’a pas été un facteur. Il se produisait plus d’offensive lorsque l’action passait par Ballou. Il a paru trop souvent timide. 6,9/10

Jules : Il a carrément raté sa couverture sur le but d’Halifax. Ne s’est pas imposé du tout, visiblement ébloui par le travail de son partenaire de défense Liberman Torres. Il a été remplacé à l’heure de jeu. 6,3/10

:house: Maison des Théoret – Salon, 22h43.

Les trois frères viennent de rentrer. Maël dépose son sac sur la table et s’étire en souriant. Jules traîne des pieds. Lohan regarde son téléphone, silencieux.

Maël (souriant, fanfaronne un peu) :
Bon ben… on dirait que le Zlatan du Saguenay vient d’arriver en CPL.

Jules (marmonnant) :
T’as surtout eu de la chance. Le gardien a complètement perdu sa ligne.

Maël (rictus en coin) :
C’est ça, appelle ça de la chance si tu veux. Moi j’appelle ça l’instinct du tueur.

Lohan (sans lever les yeux de son écran) :
Tu te prends déjà pour une star après un but chanceux en match amical ?

Maël (en riant) :
Hé Lolo, c’est pas moi qui me suis fait éclipser par Ballou sur chaque possession.

Lohan (piqué) :
Tu peux rire tant que tu veux… Attends juste que je débloque. Vous allez voir. J’suis pas venu ici pour faire de la tapisserie.

Jules (s’asseoit avec un soupir) :
Bon… pis moi, on en parle ? Je me suis fait sortir comme un junior.

Maël (moqueur, mais sans méchanceté) :
Tu t’es surtout fait danser par un gars qui a l’air de vendre des hot-dogs l’hiver.

Lohan (sourit) :
J’avoue que sur le but, t’avais l’air de chercher la sortie d’urgence.

Jules (soupirant, un peu abattu) :
Je vous le dis, c’est pas pareil la vitesse ici. Faudra que je m’ajuste, pis vite.

Maël (plus calme) :
C’est juste un match. On est ensemble là-dedans. Le coach le sait. Faut qu’on s’élève tous les trois.

Jean-Claude (en criant depuis la cuisine) :
Pis ? Vous avez mis le feu ou vous vous êtes fait rôtir ?

Maël (en haussant la voix) :
On a gagné, mon oncle. Et j’ai été nommé l’homme du match.

Jean-Claude :
Parfait. Parce qu’ici, on joue pour gagner. Pas pour se faire des amis.

Les trois se regardent et sourient. Ils savent que c’est que le début.

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J’ai reconnu la petite maison blanche de Saguenay, que j’ai été visitée pour la première fois cet été justement. Je vais tâcher de suivre tiens, surtout que j’aime beaucoup la ville d’Ottawa aussi. En fait, à part Montréal, j’aime tout ce que j’ai vu au Canada !

Puis en plus il y a Ballou Tabla… :slight_smile:

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CALGARY

L’Atlético poursuit sa préparation avec un déplacement pour affronter le Cavalry FC. Les triplés veulent impressionner leur entraîneur et lui montrer qu’ils peuvent être partants dès le début de la saison CPL. Lohan est, surprenamment, sur le banc pour débuter le match. « Je tente des combinaisons », dit Mario. Maël est toujours bien présent à l’attaque, tandis que Jules obtient une chance de se reprendre après sa prestation difficile à Halifax..

Atco Field 30 Mars 2024 MATCH AMICAL
2 Buts 2
Cavalry FC 53% Possession 47% Atlético Ottawa
Sean Rea 67’ Samuel Salter 57’
Jesse Daley 84’ Malcolm Shaw 85’

Maël : Il quitte à la mi-temps, car Mario voulait voir le plus de joueurs possible aujourd’hui. Il ne s’est pas imposé du tout. Il n’a pas été capable de trouver les ouvertures, et son remplaçant, Samuel Salter, a été très solide. 6,4/10

Lohan : Contrairement à Maël, Lohan est entré à la mi-temps. Sur le but de Malcolm, il réalise un petit bijou en déculottant complètement le défenseur adverse avant de centrer au sol.7,9/10

Jules : Plus solide aujourd’hui. Semble plus à l’aise au côté de Karl Ouimette. Il quitte vers l’heure de jeu. 6,8/10

:studio_microphone: Mario Lafleur (entraîneur-chef de l’Atlético d’Ottawa), après le match :

« On s’en sort avec un match nul, mais soyons honnêtes : le Cavalry nous a imposé son rythme pendant une bonne partie de la rencontre. Ils ont dominé la possession, ils ont eu plus de tirs au but, et ça s’est senti. On savait que ce serait un vrai test. »

« Ce que je retiens, c’est notre capacité à répliquer dans les moments clés. On a répondu avec caractère. L’entrée de Lohan a été remarquable. Ce qu’il fait sur le but de Malcolm, c’est digne d’un joueur avec beaucoup de flair. Il a changé le tempo. »

« On est encore en rodage, c’est la présaison. Il reste du travail, mais ce vestiaire-là a de la personnalité. Et je peux vous dire que les gars savent qu’il faudra hausser le niveau dès le premier match officiel. »

:running_shoe: Vestiaire de l’Atlético d’Ottawa – Quelques minutes après le match

Lohan s’assied, essuie son front encore trempé de sueur, puis lance un regard en coin à Maël. Il ne sourit pas. Il ne bombe pas le torse. Mais son ton, lui, est chargé de ce petit feu intérieur qu’il garde trop souvent pour lui.

« T’as entendu ce qu’il a dit, hein… Lafleur. C’est moi qui ai changé le match. »

Maël lève à peine les yeux, l’air un brin agacé.

« Il a aussi dit que c’était la présaison. Calme-toi. »

Lohan ricane, à peine.

« Calme-toi ? Moi j’me fais remarquer pis toi tu vas te cacher ? C’est pas en chialant sur tes jambes lourdes que tu vas planter 20 buts cette année. »

Silence. Jules lève la tête, posé comme toujours.

« Hey… on est une équipe. C’est pas un concours de citations d’après-match. »

Il est mature ce Jules.

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Cool, le championnat canadien, le vrai.

Aura-t-il le même succès que les équipes de la Ligue canadienne de football ? Ce championnat de foot très spectaculaire.

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« Les Fils du Nord »
Ce à quoi je m’attendais:

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Merci à tout le monde! J’espère que le tout vous plaira.

Premier match à la maison

Un petit défi attend les triplés. L’Atlético enchaîne trois matchs en peu de temps. Même si les gars aimeraient probablement jouer le plus possible, le poids du camp d’entraînement commence à se faire sentir. Les trois frères n’étaient pas habitués aux voyages non plus. Le Canada est un grand pays, après tout. Malgré tout, un seul objectif les habite : débuter la saison comme titulaires avec l’Atlético.


Maël est le seul titulaire chez les Théoret. Lohan et Jules ne commenceront pas leur premier match à Ottawa sur le terrain, mais bien sur le banc. L’équipe accueille le York United FC, une formation basée à Toronto, non loin d’Ottawa.

:running_shoe: Dans le vestiaire, juste avant l’échauffement…
Jules pose sa main sur l’épaule de Maël. Il le regarde droit dans les yeux, calme, posé comme toujours :

« Vas-y comme tu sais le faire. Prends ton espace, impose toi. J’le sais que t’as ce qu’il faut pour faire ta marque aujourd’hui. Pis t’as pas besoin d’en faire trop, juste être toi, pis ça va suffire. »

Maël sourit, mais c’est pas un sourire doux. C’est le sourire d’un gars qui est convaincu qu’il est déjà le meilleur sur le terrain. Il hoche la tête, se tourne vers Jules et lui lance :

« T’inquiète pas pour ça. Ce match-là, c’est déjà le mien. »

TD Place 03 Avril 2024 MATCH AMICAL
4 Buts 1
Atlético Ottawa 56% Possession 44% York United FC
Kris Twardek 32’ Dennis Salanovic 50’
Maël Théoret 45’
Rubén Del Campo 59’
Alberto Zapater 61’

Maël : Un deuxième but en trois matchs pour Maël. Il profite de l’excellent lob de Rubén qui lui permet d’être seul devant le gardien adverse. Maël ne rate jamais ce genre d’occasion. Il a joué tout le match. 7,4/10

Lohan : N’a pas joué.

Jules : Jules a joué les derniers 15 minutes sans faire d’erreur.

:studio_microphone: Vestiaire de l’Atlético Ottawa – Après la victoire 4-1 contre York United FC

Mario Lafleur entre dans le vestiaire. Les gars sont encore essoufflés, mais le sourire est généralisé. Il tape dans les mains, ferme la porte et se place devant le tableau.

« C’est ça qu’on veut voir. Du caractère, de l’efficacité. On n’a pas eu 40 chances, mais quand on les a eues, on a frappé. Bravo aux gars qui ont commencé, bravo aux gars qui sont entrés. Vous avez respecté le plan. »

Il tourne légèrement la tête vers Maël, qui s’essuie le visage avec sa serviette.

« Et toi, mon grand… Tu continues de me donner raison. Deux buts en trois matchs, c’est pas un hasard. Garde les pieds sur terre, mais continue à viser les étoiles. »

Un petit rire étouffé résonne. Lohan, resté sur le banc tout le match, baisse la tête un instant. Karl Ouimette, toujours debout, lui donne une tape amicale sur l’épaule :

« Hey kid, t’en fais pas. T’es jeune, t’es bon, et ton heure va venir. Tu veux du temps de jeu ? Montre-le encore plus fort à l’entraînement cette semaine. »

Lohan hoche la tête. Il n’est pas fâché, mais il bouillonne intérieurement. Il sait ce qu’il peut faire. Il va le prouver.

Jules, lui, reste silencieux. Il s’est changé tranquillement, sans un mot. Il a bien vu les performances de Ouimette, Torres, et même Niba aujourd’hui. Ça joue vite, ça joue juste. Il s’assoit, observe ses crampons, puis murmure à mi-voix, pour lui-même :

« Y’a du solide en arrière… Faudra que je sois irréprochable. »

Pas d’amertume. Juste une prise de conscience. La CPL, c’est un autre monde. Et il est là pour apprendre… et s’imposer.


Hamilton avant de commencer la saison

L’Atlético poursuit sa préparation avec un déplacement non loin de la maison, à Hamilton, pour y affronter les champions en titre de la CPL, le Forge FC.
Ça demeure un match amical, mais il est très important pour les leaders de l’équipe de débuter la saison avec du momentum.

:studio_microphone: Dans le vestiaire du Forge FC Stadium, juste avant le coup d’envoi…

Karl Ouimette se lève calmement, les yeux balayant ses coéquipiers. Il attend que le silence se fasse. Puis il parle, avec une voix posée, mais ferme :

« Les gars… c’est pas juste un match de plus. Je m’en fous que ce soit un amical. On affronte les champions en titre. Et si on veut se placer parmi les clubs qui comptent cette année, ça commence maintenant. »

« J’veux qu’on montre notre identité aujourd’hui. Qu’on colle aux gars, qu’on bloque les lignes, qu’on les étouffe. Et quand on a la balle, on impose NOTRE tempo. Pas le leur. »

Puis, il conclut d’un ton plus dur, presque hargneux :

« Forge ou pas Forge, on s’en sacre. Ce soir, ils vont savoir c’est qui l’Atlético. Let’s go. »

Et là, tout le vestiaire se lève d’un bond, frappant dans les mains, les cris résonnent. Mario Lafleur ne dit rien. Il sourit. Le message est passé.

Jules et Lohan sont partants pour ce dernier amical. Maël commence la rencontre sur le banc dû à l’enchainement des rencontres dernièrement.

Maël n’a pas bronché devant l’annonce. Il a simplement levé un sourcil, esquissé un rictus à la Zlatan, et lâché :

« Ah ben. Une pause pour que les autres puissent respirer un peu. C’est correct. J’vais leur montrer en deuxième mi-temps c’que ça prend pour être décisif. »

Il s’est ensuite tourné vers Lohan et Jules avec un clin d’œil :

« C’est votre tour, les gars. Brillez pendant que je chauffe la place. Mais n’oubliez pas… j’suis encore le roi ici. »

Derrière l’arrogance et un brin d’humilité : Maël sait que c’est une gestion normale de l’effectif en fin de prépa. Il est fier de voir ses frères débuter. Mais il a déjà en tête de marquer à son entrée.

Tim Hortons Field 06 Avril 2024 MATCH AMICAL
2 Buts 1
Forge FC 41% Possession 59% Atlético Ottawa
Nana Ampomah 4’ Gabriel Antinoro 37’
Tristan Borges 44’

Maël : Il entre à la demie comme il le pensait. Maël constate rapidement que le Force n’est pas York ou Halifax. On constate rapidement que nous sommes en présence du luxe de la CPL. L’attaquant n’a pas su s’imposer 6,5/10

Lohan : Il a joué tout le match. De bons flashs ici et là mais clairement, une chimie doit être créer sur le terrain. Parfois, Lohan pense trop rapidement pour ses coéquipiers. 6,7/10

Jules : Jules sort en fin de match. Il manque beaucoup de hargne et de physicalité dans son jeu. Il y a beaucoup de questions le concernant à savoir si il débutera la saison à Ottawa. 6,2/10

:studio_microphone: Discours de Mario Lafleur dans le vestiaire après le match contre Forge FC :

« Bon. C’était pas notre match le plus convaincant, on va pas se mentir. Eux autres, c’est les champions, pis ils nous l’ont montré. Mais j’veux pas vous voir la tête entre les jambes. C’est un match de préparation. Y’a des leçons à tirer, pis on va les tirer. »

« J’ai vu des gars travailler, tenter des choses. Mais j’ai aussi vu des moments où on a pas assez mordu. On a été trop passifs. Et à ce niveau-là, ça pardonne pas. Vous avez tous encore une semaine pour me montrer que vous méritez de commencer la saison. C’est maintenant que ça compte. »


:busts_in_silhouette: Conversation des triplés dans l’autobus sur le chemin du retour :

Jules (regard fixé dans le vide) :

« J’vous le dis les gars, j’sais pas si j’ai ce qu’il faut. J’regarde Torres, Ouimette… c’est du solide. J’ai l’impression d’être toujours un temps de retard. »

Maël (sans même détourner le regard de son téléphone) :

« Si tu penses comme ça, c’est sûr que tu vas finir sur le banc. Faut que tu joues comme si t’étais le boss, pas comme si t’avais peur d’échouer. »

Lohan (plus posé) :

« J’suis pas sûr que le problème c’est ton niveau. C’est dans ta tête. Joue avec ton cerveau, Jules. T’as le QI foot pour. On a vu pire défenseur réussir juste parce qu’ils faisaient pas d’erreurs. »

Jules :

« Ouais, peut-être. Mais j’peux pas juste être correct. Faut que je sois bon. »

Maël (levant les yeux) :

« Alors arrête de douter. Pis la prochaine fois que t’as une chance, fous-toi du gars devant toi, pis impose-toi. C’est ça, le foot. »

Un silence s’installe. Jules acquiesce. Il est encore inquiet, mais il sait qu’il ne sera pas seul pour traverser ça.

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Le boss est de retour sur :fms:, et pas là pour faire de la figuration. Je prends le train en marche

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Vestiaire de l’Atlético – Fin de journée, quelques jours après le dernier match amical

Mario Lafleur appelle doucement Jules à le suivre, alors que les derniers joueurs quittent le vestiaire. Le coach veut un moment seul avec lui. Jules, un peu nerveux, s’exécute. Ils montent dans la salle vidéo, mais l’écran est éteint. Ce n’est pas pour parler tactique.


Mario (assis, regard franc) :
— Assieds-toi, Jules. Je vais être direct avec toi, comme je l’ai toujours été. T’as pas connu les meilleurs matchs cette semaine. Je le sais. Tu le sais.

Jules (baisse les yeux) :
— Oui… Je le sais, coach.

Mario :
— Pis je vais pas tourner autour du pot : tu ne seras pas dans le onze partant pour le début de saison.

Un silence s’installe. Jules ravale sa salive. Il s’y attendait, mais l’entendre fait mal.

Mario (plus doux) :
— Ça veut pas dire que j’ai perdu confiance en toi. T’es intelligent, t’as une vision que bien des jeunes n’ont pas. Mais on est dans une ligue où le jeu est rapide, physique, impitoyable. Et là-dessus, t’es pas encore prêt. Pas encore.

Jules :
— Est-ce que… est-ce que vous pensez que j’ai ce qu’il faut, un jour?

Mario :
— Je pense que t’as le cerveau pour jouer au foot professionnel. Mais ce qui me gosse, c’est que je te sens parfois entre deux mondes : un pied sur le terrain, l’autre dans le futur à lire des bouquins sur la tactique. Pis j’respecte ça. T’es pas un kid comme les autres. Mais pour jouer à ce niveau-là, faut que ton corps, ton mental pis ton feu intérieur soient là à 100%. T’as pas besoin d’être un monstre, mais faut que tu me fasses sentir que t’as envie de casser un ballon en deux.

Jules (souffle un peu) :
— Je veux rester. Travailler. Je veux apprendre, même si je commence pas les matchs.

Mario :
— Parfait. Tu vas rester avec le groupe. Tu vas t’entraîner avec nous. Tu vas être sur le banc. Pis si tu montres que t’es prêt, je vais pas hésiter. Mais c’est à toi de me forcer la main. Pas à moi de te donner des minutes pour être gentil.

Jules (regard plus déterminé) :
— Deal.

Mario (se lève, lui tape sur l’épaule) :
— Pis entre toi pis moi… t’as un potentiel de coach. Un vrai. Si jamais un jour t’as envie de prendre ce chemin-là, j’te guiderai.

Jules (sourit timidement) :
— Merci, coach.

Mario :
— Allez, va te reposer. Le vrai boulot commence maintenant.

Jules quitte la pièce. Le cœur un peu lourd, mais la tête haute. Il sait ce qu’il lui reste à faire.

Présentation de l’effectif
Atlético Ottawa 2024-2025

GARDIENS
Nathan Ingham - 30 ans :canada:
Rayane Yesli - 24 ans :algeria:

DÉFENSEURS
Aboubakary Sacko - 21 ans :france:
Maxim Tissot - 31 ans :canada:
Liberman Torres - 21 ans :venezuela:
Karl Ouimette - 31 ans :canada:
Macdonald Niba - 29 ans :cameroon:
Jules Théoret - 17 ans :canada:
Thomas Antunes - 19 ans :france:
Zachary Roy - 20 ans :canada:

MILIEUX
Alberto Zapater - 38 ans :spain:
Pape Diop - 38 ans :senegal:
Aboubacar Sissoko - 28 ans :mali:
Gabriel Antinoro - 19 ans :canada:
Ollie Bassett - 26 ans :irln:
Lohan Théoret - 17 ans :canada:
Ballou Tabla - 25 ans :canada:

ATTAQUANTS
Rubén Del Campo - 24 ans :switzerland:
Samuel Salter - 23 ans :canada:
Maël Théoret - 17 ans :canada:
Malcolm Shaw - 28 ans :trinidad_tobago:

L’Atlético dispose d’un effectif de qualité. Si Jules a eu la confirmation qu’il ne serait pas partant lors du premier match de la saison contre le Valour FC, le verdict pourrait être le même pour Lohan et Maël. Rubén et Samuel semblent devancer Maël dans l’échiquier offensif de l’équipe, et c’est logique. Lohan, de son côté, luttera avec Ollie et Ballou pour du temps de jeu. Ollie manquera le début de la saison en raison d’une blessure, ce qui pourrait ouvrir la porte au talentueux Lohan.


Chez leur oncle – fin de soirée

Les trois sont dans le salon. Télé allumée, mais personne ne la regarde. Jules sort d’un entretien avec Mario, les deux autres attendent encore leur sort. L’ambiance est lourde mais sincère.

Jules (assis droit, un peu tendu) :
— Bon… j’vais vous le dire direct. Mario m’a parlé aujourd’hui. Je commence pas contre Valour

Maël (grimace) :
— Shit. Désolé, frère.

Lohan :
— T’es pas le seul qui doit s’poser des questions, t’sais. Nous autres, on a encore rien eu. Mais j’me fais pas trop d’illusions.

Maël :
— Rubén pis Sam font les games à l’interne comme s’ils avaient déjà leur spot tatoué dans le dos. Pis moi j’suis là à attendre un ballon dans les drills…

Jules :
— Ça veut rien dire encore. T’as marqué deux fois en pré-saison.

Maël :
— Ouais, mais Mario trippe sur les gars qui bossent sale. Pis ça, c’est pas ce qu’on retient en premier de moi.

Lohan (soupire) :
— Moi c’est simple : si Ollie n’était pas blessé, j’suis même pas sûr que je verrais le terrain ce mois-ci.

Jules :
— Mais il est blessé. Pis toi, t’es bon quand le jeu s’ouvre. Tu casses les lignes. Y’a une carte à jouer là, Lohan.

Lohan :
— Si je la joue bien. Si je fais le taf des deux côtés du terrain, pour une fois.

Maël :
— Pis moi… faut juste que je ferme ma grande gueule pis que je bosse.

Jules :
— Les gars, on est pas loin. Même moi. Oui j’commence pas, mais Mario m’a pas jeté aux vidanges. Il croit encore en nous. En nous trois.

Lohan :
— OK. Pas de chialage cette semaine. On s’pousse tous. Si on commence, on en profite. Si on commence pas… on leur fait regretter de pas nous avoir mis.

Maël (hausse un sourcil, puis sourit) :
— Même Jules devient motivateur, maintenant. On est rendus là.

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