:storyGREEN::s2: :Canada: Les Fils du Nord

Winnipeg, Manitoba — Avril 2024.

Le thermomètre indique −13°C. Le vent, lui, s’en fout : il coupe l’air en deux comme une lame de rasoir. Ressenti : −25°C, facile.

C’est la première sortie officielle de l’Atlético Ottawa cette saison. Le déplacement à Winnipeg. Le genre de match qui sent le test mental. Dès l’arrivée sur le terrain d’entraînement du Valour FC, certains joueurs regrettent déjà d’avoir dit oui au foot canadien.

Liberman Torres râle en sortant du vestiaire.
— Pourquoi ça existe cette température ?

Rubén Del Campo, plus calme mais pas moins gelé, demande deux couches thermiques au staff. On lui file un legging supplémentaire et des gants. Même là, il gèle.

Aboubacar Sissoko, prend sur lui. Il a connu la chaleur écrasante de Bamako, les hivers ontariens… mais ce vent-là ? Ce vent-là, c’est pas pour l’humain.
— J’vous jure, ça tape plus dur qu’un tacle à la gorge, souffle-t-il dans son cache-cou.

Le nouveau venu, le vieux Pape Diop, fraîchement débarqué de Dakar, regarde le gazon durci et souffle dans ses mains comme s’il pouvait allumer un feu avec sa paume.
— Chez nous, la pluie tombe tiède. Ici, le ciel te crache des couteaux.


Pendant ce temps, les frères Théoret s’échauffent. Pas un mot, pas de problème avec le froid.

Lohan, capuchon remonté, s’arrête un instant. Inspire. Expire.
— J’te le dis… ça sent Jonquière, en plein mois de novembre. Même feeling.

Maël rigole doucement.
— Mais sérieux, c’est frette!

Jules, toujours plus discret, les regarde.
— Ce froid-là, c’est pas juste une température. C’est un test. Nous sommes habitués à ce climat. Ça peut jouer en notre faveur pour le match!

Le coach Mario Lafleur les observe de loin. Pas besoin de les motiver. Le froid, ils ne le subissent pas. Ils le reconnaissent.


Jour de match

Maël (à voix basse, direct) :
— C’est à toi. Reste calme. Fais ce que tu sais faire.

Jules (arrive derrière, pose sa main sur l’épaule de Lohan) :
— Regarde personne. Écoute personne. Joue ton match.

Lohan (regard rapide vers les deux) :
— J’suis prêt.

Maël (sourit) :
— Si t’oublies de redescendre, j’te crie après.

Lohan :
— Let’s Go !

Maël et Jules sont également prêts à sauter sur le terrain à tout moment pour aider leurs coéquipiers… et améliorer leurs statistiques. L’ambiance est bonne. Les gars sont confiants, et Lohan est concentré comme s’il jouait une Coupe du Monde.

IG Field 13 Avril 2024 CPL - 1e Journée
0 Buts 2
Valour fc 30% Possession 70% Atlético Ottawa
Rubén Del Campo pen 39’
Samuel Salter 83’

Lohan: 7,1
Jules: entré à la demie. 7,0
Maël: entré à la 75e. 6,5

:studio_microphone: Entrevue d’après-match – CPL / IG Field
:round_pushpin: Winnipeg, 13 avril 2024 – au bord du terrain

Journaliste (OneSoccer) :
— Coach Lafleur, première victoire de la saison, à l’extérieur, avec la manière. Vous devez être satisfait de ce que vous avez vu aujourd’hui ?

Mario Lafleur (entraîneur-chef, Atlético Ottawa) :
— Ouais. On voulait imposer notre rythme dès le départ, pis c’est exactement ce qu’on a fait. Les gars ont contrôlé le ballon, ont été patients, et surtout, ils ont respecté le plan. Gros match.

Journaliste :
— On a vu trois jeunes faire leurs débuts en CPL aujourd’hui, les frères Théoret, vos anciens joueurs à Saguenay. Comment vous avez trouvé leur première sortie ?

Lafleur :
— Lohan a été solide. Concentré, impliqué, intelligent avec et sans le ballon. Jules est entré à la demie, il a calmé le jeu en arrière, très propre. Pis Maël est venu chercher ses premières minutes — c’était pas un contexte facile avec le match déjà plié, mais c’est bon pour sa progression.

Journaliste :
— Est-ce qu’on peut dire que le futur est en marche à Ottawa ?

Lafleur (sourire en coin) :
— Le futur, il est déjà là. Faut juste lui donner du temps de jeu.


Vestiaire d’IG Field – quelques minutes après le coup de sifflet final.

Mario Lafleur entre.

Mario :
— Ça, c’est ce que j’veux voir. Du contrôle. De la patience. Respect du plan. Vous avez pas juste gagné un match à l’extérieur, vous avez imposé votre rythme. Pis ça, c’est ce que les bonnes équipes font.

(Pause. Il balaie la pièce du regard.)

— Rubén… t’as tenu ton rôle. Salter, t’as fermé les livres. Pis défensivement ? Solide. Rien de flashy, juste du sérieux.

(Il pointe trois gars.)

— Lohan… première titularisation pro. Pas de flafla. Juste du boulot bien fait. On l’a senti dans le tempo.

— Jules… entré à la demie, t’as calmé le jeu quand on en avait besoin. Propre. Constant.

— Pis Maël… j’te le dis, c’est le premier de plusieurs. Reste pas accroché à ces dix-quinze minutes-là. C’est une porte d’entrée. Pas une fin.

(Il lève la voix, une seule fois.)

— Les gars… ce qu’on a montré aujourd’hui, c’est notre plancher. Ça, c’est le minimum. La base. Vous avez faim ? J’espère. Parce que moi, j’veux plus que ça encore.

La vie est belle… pour l’instant.

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Content de découvrir cette story ! Un voyage au Canada, un rêve :heart_eyes:

Pas évident de se créer une place dans un équipe à tout juste 17 ans, ils vont devoir être patients les triplés. Mais chaque minute prise sera importante.

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J’en suis aussi, je veux voir la fratrie theoret terroriser la cpl

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Bon premier match officiel pour le club, mais aussi pour Lohan et Jules !

Je viens de tout rattraper, je suis curieux de voir la suite pour les triplés.
Par contre, je suis le seul pour qui certaines images des premiers posts ne sont plus visibles ?

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Ouverture locale

Samedi, midi — jour d’ouverture locale au TD Place, à Ottawa.
Le club s’apprête à recevoir York United. Deuxième match de la saison. L’Atlético s’est bien entraîné toute la semaine, et la confiance est là après une belle victoire à Winnipeg.

Pendant ce temps, dans le stationnement visiteurs, une petite voiture de location se gare discrètement.

En sortent Léo Théoret et Nathalie Laganière
Ce sont les parents des triplés Théoret.

Ils ont quitté le Saguenay la veille, après leur journée de travail.
Huit heures de route, un arrêt café à Trois-Rivières, une nuit rapide dans un petit motel de Gatineau.
Ils n’ont rien dit à personne. Ni à Jules. Ni à Maël. Ni à Lohan.

16h15 – tunnel du stade

Lohan s’avance vers le terrain pour sa routine d’avant-match. Il relève les yeux, et il les voit.

Léo, bras croisés, bonnet enfoncé.
Nathalie, droite, un petit sourire, les yeux brillants.

Lohan (surpris, bas) :
— Vous êtes ici ?

Léo (calmement) :
— On allait pas manquer ça.

Maël sort à son tour. Il les aperçoit.
— Quoi ? Vous avez fait toute la route ? Sérieux ?

Nathalie :
— On voulait être là. Pour vous trois.

Jules, toujours en retrait, arrive quelques secondes plus tard. Il ne dit rien. Il s’approche. Il les serre dans ses bras.

Nathalie (yeux brillants, mais ton posé) :
— Est-ce que… vous jouez ce soir ?

Lohan (avec un petit sourire discret) :
— Oui ! Comme la semaine dernière. J’suis prêt!

Maël (regard un peu fuyant au début) :
— Je pensais pas… mais ouais. J’pars à côté de Del Campo. Regardez moi faire.

Nathalie :
— Quoi ? T’es sérieux ?

Maël (hoche la tête, un brin nerveux) :
— Mario m’a mis là. Je vais en mettre plein la vue.

Léo (calme, regardant Jules en dernier) :
— Pis toi ? T’embarques en cours de match ?

Jules (secoue la tête doucement) :
— Non. Je suis partant également. Karl et Mac sont à plat alors, je rentre!

Un petit silence. Les yeux de Nathalie s’humidifient. Léo ne dit rien tout de suite. Il hoche juste la tête, lentement. Fier. Très.

Léo :
— Vous partez tous les trois… dans le même match ?

Lohan (voix basse) :
— Pour la première fois. Ouais.

Le silence s’installe quelques secondes. Loin du vacarme d’un stade plein.

Nathalie (sourire plein de tendresse) :
— Vous avez pas idée à quel point ça valait les huit heures de route.

Hugo est un brésilien de 19 ans arrivé il y a deux jours. Mais l’important, le trio Théoret est partant et ça l’ajoute de la curiosité sur ce match.

TD Place 20 Avril 2024 CPL - 2e Journée
1 Buts 3
Atlético Ottawa 66% Possession 34% York United FC
Pape Diop 73’ Dennis Salanovic 24’
Mo Babouli 28’ 74’

Lohan: quitte à la 57e 6,4
Jules: quitte à la demie. 6,5
Maël: quitte à la 57e 6,6

Le vestiaire se vide doucement. Lohan met ses souliers sans dire un mot. Maël lance ses crampons dans son sac, frustré. Jules, assis, regarde le sol.

Mario Lafleur entre et leur fait signe.
— Les gars, un instant. Venez avec moi.

Ils suivent le coach dans une petite salle, porte fermée. Juste quatre chaises. Lafleur reste debout.

Mario (voix basse, mais ferme) :
— Écoutez… j’vais pas tourner autour du pot. J’me suis peut-être planté.

Les frères se regardent, sans trop savoir quoi répondre.

Mario :
— Vous êtes bons. Mais j’vous ai mis trop vite, dans game.
Ça ne vous a pas aider du tout.

Silence.

Jules (voix posée) :
— On aurait pu mieux faire, coach. Surtout moi. Y’a des passes que j’ai pas lues.

Lohan (hoche la tête, la voix cassée) :
— J’ai tout fait à l’envers. J’voulais trop bien faire. J’me suis étouffé.

Maël (serré, frustré) :
— Non. Non, moi j’accepte pas ça.
C’est pas parce que c’est notre deuxième match que faut nous ménager. J’veux être jugé comme les autres.
Pis là, ouais, j’ai été moyen. Mais c’est pas un prétexte pour me protéger avec des excuses.

Mario (le regarde droit dans les yeux) :
— J’suis pas en train de t’déresponsabiliser, Maël. J’dis juste que c’était peut-être trop d’un coup.
J’suis là pour bâtir des joueurs, pas les cramer en avril.

Maël (croise les bras, froid) :
— Laisse-moi me cramer si faut. Mais je veux jouer.

Mario lève les mains, calme.

Mario :
— T’inquiète pas. J’vais pas t’éteindre.
Mais dès demain, on retourne à la base. Vous allez gagner vos minutes comme les autres. Plus de traitement de faveur.

Les trois hochent la tête.

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C’est pas plus mal pour garder la paix dans le vestiaire

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Le trio finira par y arriver, il ne peut en être autrement!

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En mode Hanson Brothers (pas les cowboys chanteurs à vapeur de l’Oklahoma, mais les Castagneurs ! ).

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Pas de passe-droit pour les triplés, rien de plus normal. Maintenant, à voir si le message est bien passé !

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Au moins le message est clair : il va falloir bosser pour mériter !

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Championnat bien entamé

Les triplés ont rapidement compris qu’en CPL, rien n’est garanti. Même avec leur nom sur les lèvres du staff, il faudra se battre pour exister. Maël, malgré son caractère fort, a choisi de mettre les bouchées doubles à l’entraînement, pllus concentré, plus impliqué. Lohan, de son côté, semble avoir une légère avance dans la hiérarchie, mais sans constance ni travail, l’écart se refermera vite. Jules, dans son calme légendaire, a même réussi à aller chercher cette flamme l’amena à tout donner à l’entraînement.

Pour la 3e journée de CPL, l’Atlético est en visite à Calgary. Lohan obtient un autre départ, Mario a vraiment confiance en lui. Jules et Maël commence la rencontre sur le banc

ATCO Field 27 Avril 2024 CPL - 3e Journée
3 Buts 3
Cavalry FC 50% Possession 50% Atlético Ottawa
Sean Rea 10’ 26’ Lohan Théoret 43’
Jesse Daley 73’ Jesse Daley pen 88’
Callum Montgomery csc 90’+1

Lohan: 6,9*
Jules: N’a pas joué.
Maël: Entre à la demie 6,5

Mario Lafleur sur les ondes de RDS après le match.
— Nous méritions quelque chose de ce match, donc notre fin de rencontre n’est pas une surprise pour moi. Bien sûr, j’aurais aimé que Rubén marque son penalty en début de rencontre, mais nous avons fait preuve de résilience. Très heureux de voir Lohan ouvrir son compteur en CPL. On va entendre parler de ce joueur pendant longtemps.


De retour à la maison pour disputer la 4e journée au Vancouver FC. Mario semble vouloir jouer plus offensif dans cette rencontre. Lohan est toujours partant tandis que Maël et Jules commencent un autre match sur le banc.

TD Place 04 Mai 2024 CPL - 4e Journée
3 Buts 0
Atlético Ottawa 51% Possession 49% Vancouver FC
Samuel Salter 4’
Aboubacar Sissoko 51’
Rubén Del Campo 55’

Lohan: Quitte à la 70e - 1 passe - 7,8*
Jules: Entre à la 70e - 6,9
Maël: N’a pas joué

Mario Lafleur sur les ondes de RDS après le match.
— Marquer tôt dans le match nous a permis de prendre très tôt le contrôle. Samuel est énorme en ce début de saison. Il est tranchant. J’suis très heureux du boulot de Lohan aujourd’hui. Il délivre une passe décisive digne des plus grands à Sissoko sur son but. Un match plein pour nous.


L’équipe va bien dernièrement. Mario apporte très peu de changement Jules et Maël continuent de travailler fort mais obtenir du temps comme partant est extrêmement difficile quand le groupe va bien.

Starlight Stadium 08 Mai 2024 CPL - 5e Journée
2 Buts 0
Pacific FC 37% Possession 63% Atlético Ottawa
Ayman Sellouf 26’
Jonathan Stripling 65’

Lohan: 6,5*
Jules: N’a pas joué
Maël: Entre à la 63e 6,8

Mario Lafleur sur les ondes de RDS après le match.
— Nous avons été étouffé. Incapable de créer quoique ce soit. Les jambes étaient lourdes aujourd’hui.


L’équipe joue plusieurs matchs en peu de jour prochainement. Maël et Jules pourraient voir enfin des minutes comme partant, mais pas aujourd’hui. Pour la 6e journée, l’équipe tente de se relancer après son mauvais résultat contre le Pacific FC. De l’autre côté, la meilleure équipe de la CPL, le Forge FC. Un très gros test pour les hommes de Lafleur. Lohan est toujours partant.

TD Place 12 Mai 2024 CPL - 6e Journée
3 Buts 1
Atlético Ottawa 60% Possession 40% Forge FC
Samuel Salter 40’ 45’+3 Kyle Bekker 89’
Rubén Del Campo 90’+4

Lohan: Quitte à la 60e 6,7*
Jules: Entre à la 69e 6,7
Maël: Entre à la 60e - 1 passe 7,5

Mario Lafleur sur les ondes de RDS après le match.
— Nous avons dominé l’entièreté du match. Contre le Forge, c’est doublement satisfaisant. Samuel est en feu depuis le début de la saison. Très content également du caractère de Maël lorsqu’il est entré. Il se dégêne de plus en plus.


Surprise ici! En déplacement à Halifax, Mario décide de faire tourner. Jules et Maël sont enfin partants. Ils ont une chance de lancer leur saison. De son côté, Lohan continue d’accumuler les rencontres et l’expérience. À seulement 17 ans, il semble déjà être un incontournable pour Lafleur.

Wanderer Grounds 15 Mai 2024 CPL - 7e Journée
0 Buts 1
Halifax FC 40% Possession 60% Atlético Ottawa
Gabriel Antinoro 58’

Lohan: Quitte à la 61e 6,8*
Jules: 6,8
Maël: 6,5

Mario Lafleur sur les ondes de RDS après le match.
— Nous aurions pu en mettre plus d’un. Très content du comportement des gars à l’extérieur avec un effectif remanié. Ce but est bon pour Gab! Il travail fort à l’entraînement et veut du temps de jeu.


Lors de leur déplacement à Toronto, l’Atlético fête le retour au jeu d’Ollie Bassett, l’un des meilleurs joueurs de l’équipe. Tout comme Lohan, Ollie est partant. N’ayant pas impressionné leur ancien coach à Saguenay, Maël et Jules retournent sur le banc.

York Lions Stadium 18 Mai 2024 CPL - 8e Journée
3 Buts 2
York United FC 40% Possession 60% Atlético Ottawa
Antony Curic 16’ Ballou Tabla 9’
Frank Sturing pen 32’ Samuel Salter 36’
Brem Soumaoro 52’

Lohan: Quitte à la 63e 6,3*
Jules: N’a pas joué
Maël: Entre à la 63e 6,7

Mario Lafleur sur les ondes de RDS après le match.
— La forme physique n’y était pas dans ce match. Malgré tout, j’ai aimé la bataille. Ça fait du bien de retrouver Ollie au centre.


Ottawa veut se relancer en accueillant à la maison le Valour FC, bon dernier du championnat. Mario l’a constaté : Lohan joue trop, et son physique ne suit plus. Le jeune Théoret n’est pas blessé, mais il n’est pas en uniforme aujourd’hui. Objectif : repos. Quant à ses deux frères, Jules et Maël méritent une autre chance comme partants. Il serait bien temps pour celui qui se voit comme le prochain Zlatan d’ouvrir enfin son compteur.

TD Place 22 Mai 2024 CPL - 9e Journée
1 Buts 2
Atlético Ottawa 59% Possession 41% Valour FC
Karl Ouimette 59’ Kian Williams 37’
Zach Verhoven 46’

Lohan: N’a pas joué
Jules: 6,3
Maël: 6,3

Mario Lafleur sur les ondes de RDS après le match.
— Nous avons un groupe jeune et nous l’avons vu aujourd’hui. Maël Théoret a tout le talent du monde mais dans ce foot physique, il doit se trouver. Même chose pour Jules en défense. Il doit être plus hargneux. Le foot PRO, c’est peut-être trop tôt pour eux.


Clairement, Maël et Jules n’ont pas le niveau nécessaire pour entamer un match de CPL. Mario l’a compris et les deux jeunes retournent sur le banc des remplaçants. Lohan fait sont retour dans l’alignement de départ après avoir pris un match de repos.

TD Place 26 Mai 2024 CPL - 10e Journée
5 Buts 2
Atlético Ottawa 51% Possession 49% Cavalry FC
Rubén Del Campo 24’ 85’ Eryk Kobza 4’
Samuel Salter 38’ Lucas Dias 10’
Kris Twardek 63’
Gabriel Antinoro 81’

Lohan: 2 passes 9,7 - Homme du match
Jules: N’a pas joué
Maël: N’a pas joué

Mario Lafleur sur les ondes de RDS après le match.
— Oui, inquiet de nos débuts de match mais quelle force de caractère des gars. On lui a toujours cru. Lohan est phénoménal. La manière dont il a contrôlé le jeu a été grandiose aujourd’hui. C’est lui qui a élevé son jeu d’un cran lorsque nous en avions besoin. Son potentiel est sans limite.

Dans le vestiaire, quelques minutes après le match…

Kiné :
— Alors Lohan, t’as eu l’air de grimacer un peu en fin de match. C’est quoi que tu ressens exactement?

Lohan (assis sur la table de traitement, visiblement frustré) :
— C’est l’arrière de la cuisse. C’est venu d’un coup en deuxième demie… J’ai continué, mais là ça tire solide.

Kiné (en palpant doucement) :
— Hmmm… c’est chaud et légèrement gonflé. Je penche pour une élongation à l’ischio. Rien de déchiré, mais on va pas niaiser avec ça.

Lohan (souffle) :
— Tu veux dire quoi? Combien de temps?

Kiné :
— Deux semaines, minimum. Glace, repos, physio. T’as pas le choix, sinon tu risques de te le traîner tout l’été.

Lohan (secoue la tête, les yeux dans le vide) :
— Sérieux… après un match comme ça… 2 passes, homme du match, j’me sentais en feu. J’étais enfin en train de m’imposer. Pis là… bang.

Préparateur physique, qui entre dans la pièce :
— Lohan, écoute-moi bien. Ce match-là, tout le monde l’a vu. Tu viens de te faire une place dans le cœur des partisans, pis dans celui de Mario aussi. Prends le temps de guérir. Quand tu reviendras, ce sera pour de bon.

Lohan (acquiesce, serrant les dents) :
— Ouais, ouais, ouais !


Pour la première fois de la saison, aucun des frères Théoret n’est partant dans un match de saison pour l’Atlético d’Ottawa. Maël et Jules commencent la rencontre sur le banc, tandis que Lohan, blessé, prend place dans les gradins pour encourager ses coéquipiers.

Willoughby Park 29 Mai 2024 CPL - 11e Journée
4 Buts 1
Vancouver FC 51% Possession 49% Atlético Ottawa
Vladislav Bragin 2’ Ballou Tabla 71’
Ben Fisk pen 16’ 86’
Mikaël Cantave 64’

Lohan: N’a pas joué, blessé
Jules: Entre à la demie 6,4
Maël: Entre à la demie 6,4

Mario Lafleur sur les ondes de RDS après le match.
— Un autre très mauvais début de match. L’absence de Lohan s’est fait sentir aujourd’hui. Ses combinaisons avec Ballou nous ont manqué aujourd’hui.

Les choses ne vont pas bien pour Maël et Jules. Du côté de Lohan, il s’identifie de plus en plus comme un élément clé des succès de l’Atlético.

Quel avenir leur est réservé?

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Ils ne pensaient pas vivre ça si vite.

Onze matchs. Onze petites journées de championnat. Et déjà, dans les couloirs du TD Place, on chuchote des mots qu’aucun jeune joueur ne veut entendre : prêt, mise à l’écart, retour au niveau inférieur.

Pour Lohan Théorêt, la vie est douce malgré une élongation à l’ischio qui l’a ralenti temporairement. À 17 ans, il a déjà conquis le cœur de l’entraîneur Mario Lafleur, livré des prestations inspirées, et inscrit son nom dans les plans à long terme du club. Sa blessure n’est qu’un contretemps, et tout le monde dans l’entourage du club le sait. Dès qu’il sera à 100 %, il retrouvera sa place dans le onze.

Mais chez les autres triplés, l’ambiance est tout autre.


Maël : la fracture silencieuse

Maël Théorêt, ce grand gaillard au talent indéniable, celui qui avait conquis l’imaginaire de tout le Saguenay avec ses envolées à la Zlatan, vit une descente en enfer. Invisible pour les médias et imperceptible pour les spectateurs. Le genre de glissade qui ne fait pas de bruit, mais qui t’écorche l’âme en dedans.

Depuis quelques semaines, Maël ne sourit plus. Fini les blagues arrogantes dans le vestiaire, les regards confiants, les petits clins d’œil à la caméra pendant les échauffements. Tout ce qui faisait de lui Maël, ce joueur flamboyant, presque prétentieux, qui respirait l’assurance, semble s’être évaporé.

Il sait ce que les gens murmurent. Il sait ce que le staff pense. Il n’a pas saisi ses chances. Il est passé à côté. Chaque match où son nom est barré du tableau des titulaires, c’est un clou de plus dans son estime.

Il l’a avoué à demi-mot à l’adjoint de Mario, Kwesi Loney après le dernier entraînement :
J’ai l’impression que plus j’essaie de bien faire, plus j’en fais trop. Pis à la fin, je fous rien de bon.

L’adjoint a tenté de le rassurer. Mais dans les yeux de Maël, il n’y avait pas d’étincelle. Plus de cette flamme arrogante qui faisait de lui un joueur unique. Juste un vide. Un jeune homme perdu dans un monde professionnel où le temps est un luxe qu’on ne t’accorde pas.


Jules : l’effacement

Le cas de Jules est plus complexe encore.

Toujours le plus discret des trois, Jules a cette intelligence de jeu qui plaît aux coachs, mais qui se dilue dans l’intensité et la physicalité de la CPL. À l’entraînement, il comprend tout. Il exécute bien. Mais dès que le rythme s’emballe en match, il devient transparent. Pas mauvais, pas catastrophique. Juste… absent. Invisible.

Et ce n’est pas passé inaperçu.

Dans une réunion d’équipe récente, Mario a été clair :
On a besoin de joueurs qui imposent leur présence. Pas de figurants.

Personne n’a été nommé. Mais tout le monde savait. Jules a encaissé sans broncher. Comme à son habitude. Il est ressorti, la tête haute, le pas lent. Mais depuis, il passe encore plus de temps à analyser ses séquences vidéo, à discuter avec le préparateur physique, à prendre des notes. Comme s’il cherchait désespérément une solution mathématique à une question de cœur.


Le mot qu’on évite : prêt

Dans les bureaux du club, on commence à regarder les options. Les prêts. Des équipes de PLSQ. Des académies affiliées. Même un retour temporaire au Saguenay a été évoqué autour d’un café. Rien d’officiel. Pas encore. Mais ça se trame.

Et c’est là que ça coince.

Car envoyer un seul frère en prêt, c’est briser le lien. Et envoyer les deux, c’est entériner l’échec d’un projet. Ce fameux trio Théorêt, si séduisant sur papier, si romantique dans les récits du Nord, deviendrait une simple anecdote pour les chroniqueurs de mi-saison.

Faut être patient.

Mais peut-on vraiment les garder tous les trois dans l’effectif, alors qu’un seul performe?
Le staff est divisé. Les voix s’élèvent. Et pendant ce temps, Maël et Jules sentent le sol se dérober sous leurs pieds.


Maël atteint le point de rupture

Le 11e match terminé, Maël est resté seul sur le terrain. Assis sur le banc, les coudes sur les genoux, il regardait le terrain vide. Et Lohan, dans les gradins, boitillait à peine, encouragé par les siens.

Plus tard, dans le vestiaire, il a craqué. Pas violemment. Pas avec fracas. Juste un moment de silence, de solitude, de découragement pur. Il s’est changé sans parler. A regardé son téléphone. A ignoré les messages. Il a fixé son reflet dans le miroir.

Et il a soufflé :

Peut-être que j’suis pas fait pour ce niveau-là. Pas encore, en tout cas.


Le choix difficile qui s’en vient

Le staff n’aura pas le luxe d’attendre encore dix matchs. Il y aura des décisions à prendre. Et Mario le sait : peu importe la tournure, il va briser quelque chose.

Prêter Maël, c’est peut-être lui permettre de se trouver. Mais c’est aussi risquer qu’il ne revienne jamais avec le même feu.

Prêter Jules, c’est admettre que l’intelligence seule ne suffit pas.

Et les garder, c’est peut-être condamner deux jeunes à s’éteindre lentement sur un banc.


Lohan, témoin impuissant

Lohan le sent. Il voit ses frères s’effondrer à petits feux. Et même s’il commence à s’imposer comme un joueur clé, même s’il reçoit les félicitations du staff, même s’il sent que son étoile monte… il n’est pas heureux.

Pas tant que Maël regardera le sol.
Pas tant que Jules quittera le vestiaire sans parler.
Pas tant que les trois n’évolueront plus ensemble.

Il l’a dit à Mario, doucement, presque à voix basse :

Je veux pas qu’on perde mes frères…


Et pourtant, tout indique que la décision approche.

Le point d’interdiction.

Un moment où il faudra choisir entre ce qu’on rêvait et ce que la réalité impose.

Et ce jour-là, il se pourrait bien que le nom Théorêt disparaisse de l’alignement… pour de bon.


Ce soir-là, à la maison…

L’ambiance est lourde. La lumière du salon est tamisée, la télé est éteinte. On entend à peine le bruit du frigo, comme un battement de cœur discret dans la pièce. Les trois frères Théorêt viennent de raccrocher avec leurs parents sur FaceTime. Une conversation pleine de silences. De regards fuyants. De phrases lourdes de sens.

Lohan est assis sur le divan, la jambe en l’air avec un sac de glace sur la cuisse. Jules s’est réfugié au comptoir, tournant nerveusement une cuillère dans une tasse de thé qu’il ne boira pas. Maël, lui, reste debout. Il marche de long en large dans la pièce, comme une bête en cage.

Maël (explosif) :
— Tu l’as vu, toi aussi? Papa voulait le dire, mais il s’est retenu. « Peut-être que c’est mieux un prêt pour vous deux. » On l’a senti, tsé.

Jules (calme) :
— Ils veulent juste qu’on joue. C’est pas contre nous. Ils ont peur qu’on finisse la saison sans minutes.

Maël (sèchement) :
— Jouer, oui. Mais où? À Saint-Hubert? À Saguenay? On est pas venus ici pour faire du tourisme pis retourner jouer contre des amateurs.

Lohan (posant son sac de glace) :
— C’est temporaire. C’est pour pas qu’on vous perde pour de bon. Pis arrête de parler comme si t’étais foutu.

Maël (le doigt levé) :
— Toi, parle pas comme si t’étais dans notre situation. T’as pas idée c’que c’est, toi, de regarder ton nom être rayé match après match. De te préparer comme un chien à chaque entraînement, pis avoir quelques minutes en fin de match, si t’es chanceux.

Lohan (posant son regard sur lui, blessé) :
— T’es mon frère. J’vous regarde chaque jour. J’suis là à chaque match. Pis c’est pire encore de briller pendant que vous vous éteignez à côté.

Jules (voix basse) :
— Ils vont trancher bientôt.

Un silence.

Jules (levant les yeux vers Maël) :
— Moi, j’pense que j’serais pas contre. Un prêt. Juste… jouer. Retrouver du flow. De la confiance.

Maël (secoue la tête, énervé) :
— Tu veux vraiment finir sur un terrain devant 12 personnes à Laval pendant que Lohan se bâtit une carrière ici?

Jules :
— C’est peut-être mieux que de finir en fantôme sur le banc, Maël.

Lohan (calme) :
— Jules a pas tort.

Maël (frustré, frappe dans le coussin du divan) :
— J’suis pas venu ici pour être un d’échec. J’peux pas retourner en arrière. Pas maintenant.

Jules (doucement) :
— Peut-être que c’est pas un retour en arrière. Peut-être que c’est un détour.

Maël (lui lançant un regard noir) :
— Toi, t’es à l’aise dans l’ombre. T’as toujours été comme ça. Moi, j’ai besoin que ça flashe. J’ai besoin de briller.

Lohan (doucement) :
— Pis peut-être que c’est justement pour ça que ça marche pas. Parce que tu veux briller trop vite. Trop fort.

Un silence.

Maël s’assoit enfin. Il regarde ses deux frères. Le souffle court. Les yeux un peu rouges, mais il retient tout.

Maël (voix basse, brisée) :
— J’voulais qu’on le vive ensemble. Ce rêve-là. Les trois. Main dans la main. J’pensais qu’on allait tout casser. J’étais sûr qu’on était spéciaux.

Jules (s’approche, main sur son épaule) :
— On l’est toujours. Mais ça va pas se faire en ligne droite. Pas pour tous en même temps.

Dans la tête d’un jeune de 17 ans, tout peut basculer très vite. Les émotions prennent le dessus, et les conclusions hâtives font rapidement leur apparition.

Jules semble manquer de volonté, comme si devenir joueur de foot n’avait jamais vraiment été son rêve. À l’opposé, Maël ne pense qu’à ça — il ne sait plus où donner de la tête. Il veut réussir, coûte que coûte.

Et pendant ce temps, Lohan fait parler de lui partout au Canada.

6 « J'aime »

L’été bat son plein

La période des transferts s’ouvre dans un mois. Maël et Jules le savent très bien.
Maël — le Zlatan saguenéen, comme il aime se surnommer — veut demeurer à Ottawa à tout prix. Il refuse de baisser les bras.

De son côté, Jules fait confiance au staff pour prendre la meilleure décision concernant sa carrière, même si cela signifie un prêt.

Pendant ce temps, Lohan, le prodige canadien, ratera encore quelques matchs le temps de soigner sa blessure. Mais pour lui, tout roule comme sur des roulettes.

Lohan souffre toujours de l’ischio-jambier. Il n’est pas sur la feuille de match contre le Pacific FC, meneur au classement. Pour débuter ce beau mois de juin, Jules et Maël prennent place sur le banc comme à l’habitude.

TD Place 02 Juin 2024 CPL - 12e Journée
1 Buts 1
Atlético Ottawa 57% Possession 43% Pacific FC
Ballou Tabla 59’ Adonijah Reid 15’

Lohan: N’a pas joué, blessé
Jules: N’a pas joué
Maël: Entre à la 81e Pas de note

Mario Lafleur sur les ondes de RDS après le match.
— Nous méritions la victoire. Les gars ont tout donné. Ballou ne peut pas faire le taf tout seul. Nous avons créer plusieurs occasions de marquer mais il manque la finition.


Un déplacement à Hamilton pour affronter le Forge n’est jamais une tâche facile. Lohan devrait revenir au jeu bientôt. Jules est sur le banc mais surprise, Maël est titulaire comme attaque au côté de Rubén. Et si c’était aujourd’hui que le tout débloque?

Tim Hortons Field 05 Juin 2024 CPL - 13e Journée
0 Buts 1
Forge FC 37% Possession 63% Atlético Ottawa
Rubén Del Campo 5’

Lohan: N’a pas joué, blessé
Jules: Entre à la 74e Pas de note
Maël: 6,4

Mario Lafleur sur les ondes de RDS après le match.
— Nous avons été énormes aujourd’hui. Peu d’opportunités ont été offertes de part et d’autre, mais pour une rare fois, c’est nous qui avons frappé les premiers et nous avons conservé cette avance, malgré l’absence de plusieurs réguliers dans le onze de départ.


L’équipe a eu une semaine complète d’entraînement avant d’accueillir Halifax dans la poursuite du championnat.
Lohan est de retour de sa blessure à l’ischio.
Maël, qui n’a encore rien cassé à Hamilton, commence ce match à la maison sur le banc, tout comme Jules.

TD Place 12 Juin 2024 CPL - 14e Journée
5 Buts 0
Atlético Ottawa 57% Possession 43% Halifax FC
Samuel Salter 22’ 26’
Rubén Del Campo 44’ 64’
Pape Diop 66’

Lohan: 6,9
Jules: Entre à la 58e 6,9
Maël: N’a pas joué

Homme du match: Rubén Del Campo ** 10,0**

Mario Lafleur sur les ondes de RDS après le match.
— Samuel et Rubén ont été magistrale aujourd’hui. Nous avons imposé notre rythme à la maison. Ce n’est pas facile pour l’adversaire de jouer le TD Place. Nous visons la tête du championnat.


Après la victoire contre Halifax, l’équipe est en pleine confiance. Mario ne fait pas de gros changement pour le match contre York. Maël et Jules sont sur le banc. Lohan, sur le terrain.

TD Place 16 Juin 2024 CPL - 15e Journée
2 Buts 1
Atlético Ottawa 64% Possession 36% York United FC
Samuel Salter 4’ Osaze De Rosario 39’
Lohan Théoret 9’

Lohan: 1 but - 1 passe 8,7 - Homme du match
Jules: N’a pas joué
Maël: Entre à la 65e 6,5

Mario Lafleur sur les ondes de RDS après le match.
— Le groupe devient de plus en plus créatif, et ça aide énormément Lohan, qui a plus de talent que tout le monde dans ses pieds.
Encore une fois aujourd’hui, il voyait le jeu deux ou trois coups d’avance sur tous les autres joueurs sur le terrain. Partisans de l’Atlético, profitez-en !


Lohan obtient une journée de congé, comme partant du moins. Maël obtient le départ. Il pourrait profiter de ce match loin de la maison contre l’une des formations les plus faibles du circuit pour lancer sa saison. Jules débute sur la banc.

IG Field 19 Juin 2024 CPL - 16e Journée
1 Buts 3
Valour FC 36% Possession 64% Atlético Ottawa
Rubén Del Campo 1’ 6’
Maël Théoret 45’+3

Lohan: N’a pas joué, blessé
Jules: Entre à la demie 6,4
Maël: 1 but 7,4

Mario Lafleur sur les ondes de RDS après le match.
— Gagner à l’extérieur sans Sam, Lohan et Ballou, c’est excellent. Très heureux pour Maël — il en a bavé dans les dernières semaines, et aujourd’hui, c’est le fruit de ses efforts.
Mais la véritable vedette de cette rencontre, c’est Rubén. Il est tout simplement monstrueux en ce moment.


L’Atlético veut continuer sa bonne séquence. Mario récompense Maël en le titularisant pour un deuxième match consécutif. Lohan fait également son retour et Jules, plus que jamais, comprend qu’il n’a pas le niveau en ce moment pour la CPL.

ATCO Field 19 Juin 2024 CPL - 17e Journée
1 Buts 1
Cavalry FC 43% Possession 57% Atlético Ottawa
Charlie Trafford 13’ Rubén Del Campo 64’

Lohan: 6,4
Jules: N’a pas joué
Maël: Quitte à la 64e 6,6

Mario Lafleur sur les ondes de RDS après le match.
— Rubén vient nous sauver encore une fois. Un beau match dans les circonstances à l’extérieur contre un adversaire directe.


Avec le déplacement dans quelques jours à Langford, en Colombie-Britannique, pour affronter les meneurs du championnat, le Pacific FC, Lafleur prend la décision de faire tourner l’effectif pour ce match.
Maël et Lohan débutent la rencontre sur le banc.
À l’approche du mercato, Jules est partant. Est-ce que Mario cherche à le mettre en vitrine?

TD Place 30 Juin 2024 CPL - 18e Journée
1 Buts 0
Atlético Ottawa 53% Possession 47% Vancouver FC
Pape Diop 62’

Lohan: Entre à le demie 6,5
Jules: 7,6
Maël: N’a pas joué

Mario Lafleur sur les ondes de RDS après le match.
— Les trois points sont là. J’ai adoré la tenue de Jules dans notre charnière centrale. Il a très bien géré son rôle de titulaire.
Nous nous attendions à une guerre de tranchées… et c’est exactement ce que nous avons eu.


Duel au sommet entre le Pacific FC et l’Atlético d’Ottawa. Lohan est sans surprise partant mais Maël l’est également au côté de Ruben. Après sa bonne performance lors du dernier match, Jules revient sur le banc.

Starlight Stadium 03 Juillet 2024 CPL - 19e Journée
0 Buts 3
Pacific FC 32% Possession 68% Atlético Ottawa
Rubén Del Campo 10’ 90 pen 90’+3

Lohan: 1 passe 7,3
Jules: Entre à la 73e 7,0
Maël: Quitte à la 73e 6,4

Mario Lafleur sur les ondes de RDS après le match.
— Nous sommes en plein confiance. Rubén a été Rubén dans ce match, dominant! Cette victoire nous permet de prendre seul la première place du championnat. L’équipe progresse très bien.

Collectivement, les choses vont très bien pour l’Atlético.
Jules et Maël ont obtenu davantage de temps de jeu, et leur rendement s’est amélioré.

Mais sont-ils à l’abri d’un prêt? Le mercato débute dans quelques jours, et Lafleur a été clair : il veut améliorer l’équipe. L’objectif est simple : remporter le championnat.

7 « J'aime »

les frères Théorêt face à un mercato décisif

La saison bat son plein en Première Ligue Canadienne. À Ottawa, l’Atlético continue de grimper au classement, portée par une série de résultats positifs et un noyau de joueurs de plus en plus soudé. Le groupe vit bien, les automatismes se construisent, et l’équipe semble déterminée à se mêler à la course au championnat jusqu’à la fin.

Mais à quelques jours de l’ouverture officielle du mercato d’été, le 5 juillet, une ombre plane sur trois jeunes joueurs bien connus du public : les frères Théorêt.

Maël, Jules et Lohan sont encore très jeunes. Aucun des trois n’a encore d’agent. Aucun n’est encadré formellement par une structure extérieure. Tout passe par le dialogue avec le staff, l’encadrement du club et la cellule de développement. Et c’est là que les choses se corsent.


:round_pushpin: Logement des joueurs – 5 juillet, 18 h 37

Quelques minutes après une rencontre individuelle avec l’entraîneur Mario Lafleur, à la veille du mercato.

Les trois frères sont rentrés ensemble, mais depuis qu’ils ont franchi la porte, personne n’a dit un mot. Lohan s’est affalé sur le divan, la jambe encore un peu raide. Jules est resté debout, adossé à la porte de la cuisine. Maël a balancé son sac dans un coin, nerveux, puis s’est assis au bout du comptoir, les bras croisés.

Lohan (regardant ses deux frères, calme) :
— Bon. On en parle?

Maël (sans lever les yeux) :
— Qu’est-ce que tu veux qu’on dise? Il a dit ce qu’il avait à dire. Maintenant, c’est chacun pour soi, c’est ça?

Jules (calmement) :
— C’est pas chacun pour soi. Mais ouais, c’est clair que nos chemins vont peut-être diverger un peu.

Maël (le ton monte) :
— Diverger? Tu sais ce que ça veut dire, ça? Ça veut dire que t’es prêt à te faire prêter comme si t’étais un dossier en attente. Comme si t’étais pas assez bon.

Jules (plus ferme) :
— Non, ça veut dire que j’ai envie de jouer, Maël. Pas juste m’entraîner pour remplir un chandail sur le banc.

Lohan (intervient, posément) :
— Il a pas tort. J’te le dis franchement : vous méritez mieux que d’attendre chaque semaine un miracle.

Maël (amer) :
— Facile à dire quand t’es titulaire à 17 ans, que tout le monde t’appelle le prodige canadien, pis que t’as même pas besoin d’un agent pour que l’Europe te regarde. Toi, t’as pas à te battre pour jouer.

Lohan (fixant Maël dans les yeux) :
— Tu penses que j’me bats pas? T’étais pas là quand j’ai bossé en silence pendant deux mois blessé. T’étais pas là quand j’ai pleuré dans le vestiaire parce que j’avais peur de tout perdre en une connerie. J’suis peut-être sur le terrain, ouais, mais j’ai la chienne pareil. Parce que si vous partez, j’perds plus que des coéquipiers.

Jules (voix cassée) :
— On perd pas Lohan. C’est juste… on veut retrouver ce qu’on avait, nous aussi.

Maël (plus calme, mais encore tendu) :
— J’veux juste une chance. Ici. J’veux pas que mon histoire finisse avec un prêt à Saint-Jérôme ou je sais pas où. J’ai besoin que quelqu’un croit encore en moi.

Lohan :
— Mario croit encore en toi, Maël. Il t’a dit que t’avais progressé. Il t’a donné une minute de vérité. Il t’a dit la vérité. C’est rare, ça, dans ce milieu-là.

Maël (hoche la tête) :
— Ouais. Il m’a dit que l’arrivée d’un attaquant va changer des affaires. Que si je reste, faudra que je sois patient. Que je pourrais jouer… ou pas du tout. Il m’a demandé si j’étais prêt à prendre ce risque.

Jules :
— Moi, il m’a dit que je pouvais être prêté. Blainville, Laval ou même à Québec. Il veut que je joue. Il m’a dit que je suis pas loin, mais que je suis pas encore assez imposant pour jouer les gros matchs.

Lohan :
— Et tu vas dire oui?

Jules (hésitant) :
— J’sais pas. C’est dur d’imaginer partir… sans vous.

Maël :
— On est pas censés se séparer. C’était pas ça, le plan.

Lohan (souriant tristement) :
— Le foot s’en fout de nos plans.

Un silence s’installe. Puis Jules brise la glace.

Jules :
— Vous vous souvenez du tournoi à Sept-Îles? Quand on a joué les trois ensemble pour la première fois?

Maël (sourit malgré lui) :
— J’avais marqué deux buts… et j’avais célébré comme Cristiano.

Lohan (rit) :
— Non, t’avais glissé sur le gazon pis t’avais arraché ton short.

Jules :
— C’était simple, dans ce temps-là. On jouait pour le plaisir. On savait même pas encore qu’un jour, ça deviendrait aussi compliqué.

Lohan (avec émotion) :
— On joue encore pour ça, les gars. On joue parce qu’on aime ça. Peu importe où on est. Tant qu’on continue à avancer, à grandir. Même si c’est pas au même endroit.

Maël (regard baissé, sincère) :
— J’pense que j’ai peur. Pas de partir… mais de pas réussir, même ailleurs. Pis d’être oublié.

Jules :
— On t’oubliera jamais, Maël. Pis si t’oublies qui t’es… j’serai là pour te le rappeler.

Lohan (posant une main sur l’épaule de chacun) :
— Peu importe ce que Mario décide, peu importe où on joue après le 5 juillet… on reste une équipe. Une vraie. OK?

Les trois hochent la tête.

Ce soir-là, ils n’ont pas trouvé de réponses. Mais ils ont retrouvé quelque chose d’encore plus précieux : leur lien. Celui qui les unit depuis toujours. Celui qui ne dépend ni d’un terrain, ni d’un chandail, ni d’un classement.

Lohan : la trajectoire limpide

Commençons par celui dont la situation est la plus claire. Lohan Théorêt, à seulement 17 ans, continue de confirmer tout le bien qu’on pense de lui. Malgré une blessure récente à l’ischio-jambier qui l’a tenu à l’écart pendant quelques matchs, Lohan reste un incontournable dans les plans de Mario Lafleur.

On connaît la personnalité de Lohan : sûr de lui, confiant dans ses moyens, passionné par le jeu. On connaît aussi son potentiel : il voit le jeu plus vite que les autres, il touche le ballon différemment, et il est capable de changer l’allure d’un match par une seule action. Il y a un calme chez lui, une forme de sérénité qui détonne chez un joueur aussi jeune.

Son avenir immédiat ne fait pas débat. Il restera à Ottawa cette saison, quoi qu’il arrive pendant le mercato. La direction du club veut construire autour de lui. Lohan est devenu un visage de l’organisation, un symbole de ce que la CPL peut produire lorsqu’on fait confiance à la jeunesse. S’il y a un coup de téléphone de l’Europe, ce sera pour l’année prochaine, pas cet été.


Maël : entre espoir et incertitude

Pour Maël, c’est une autre histoire. Longtemps perçu comme le plus flamboyant du trio, celui avec le plus gros moteur offensif, Maël Théorêt a traversé une période compliquée. En début de saison, il n’a pas su saisir les quelques opportunités qui se sont présentées. Il a souvent été brouillon, impatient, trop pressé de briller.

Mais les choses ont changé dans les dernières semaines. Maël a obtenu davantage de temps de jeu, et surtout, il a montré une attitude bien plus positive. Moins de gestes spectaculaires inutiles, plus d’implication défensive, plus de simplicité dans ses décisions. Il a compris que le chemin vers le succès professionnel passe parfois par l’humilité et la constance.

Cependant, le timing n’est pas idéal. Car Ottawa s’active pour recruter un nouvel attaquant. Un joueur expérimenté, capable de marquer des buts immédiatement et d’épauler Rubén Del Campo dans la course au championnat. Et si ce joueur débarque, il est fort possible que Maël voit son temps de jeu fondre à nouveau.

Dans ce contexte, un prêt pourrait rapidement redevenir d’actualité. On sait que plusieurs clubs de PLSQ et deux équipes de Ligue1 Ontario ont montré de l’intérêt. L’idée serait d’envoyer Maël jouer 90 minutes chaque semaine, le laisser respirer, se retrouver… avant de potentiellement revenir plus fort.

Mais pour Maël, ce serait un coup dur. Lui veut rester. Il veut se battre. Il veut prouver à Mario qu’il peut s’imposer dans cette équipe. Il le dit ouvertement :

« J’suis pas venu ici pour être un figurant. J’veux exister, ici, maintenant. »

S’il devait partir en prêt, ce serait contre son gré. Mais il commence aussi à comprendre qu’il vaut parfois mieux reculer pour mieux sauter.


Jules : l’intelligence à l’épreuve du rythme

Et puis il y a Jules, le troisième de la fratrie. Discret, posé, réfléchi. Toujours en train de noter ses observations dans un carnet. À l’entraînement, il comprend tout plus vite que les autres. Positionnement, couverture, relances… tactiquement, c’est un exemple.

Mais dans les matchs, Jules peine encore à faire transparaître cette intelligence sur la durée. Il a livré quelques bonnes performances récemment, notamment une prestation rassurante comme titulaire en charnière centrale, mais on sent encore que le rythme de la CPL lui demande un temps d’adaptation.

Mario Lafleur ne s’en cache pas :

« Jules, c’est un joueur qui comprend le foot. Mais on veut plus que ça. On veut des gars qui imposent leur présence physiquement aussi. »

Ottawa aimerait renforcer sa brigade défensive durant le mercato. Un défenseur d’expérience est ciblé, et son arrivée réduirait automatiquement les minutes disponibles pour Jules. Là aussi, un prêt est envisagé. Et contrairement à Maël, Jules ne serait pas contre.

Il l’a confié à des proches :

« Si je peux jouer chaque semaine, apprendre sur le terrain, peu importe l’endroit, ça va me faire avancer. »

Une solution en prêt pourrait donc contenter tout le monde, mais encore faut-il trouver le bon contexte. Jules ne veut pas partir n’importe où. Il veut un environnement compétitif, encadré, structuré. Pas juste un banc ailleurs.


Un mercato sans agent… mais pas sans enjeux

Ce qui rend la situation des frères Théorêt encore plus particulière, c’est qu’aucun d’eux n’a d’agent. Ils gèrent tout eux-mêmes avec l’aide de leur oncle et père, parfois par l’intermédiaire de Lohan, qui s’impose de plus en plus comme un porte-parole naturel du trio.

Cela crée une forme de vulnérabilité. À l’approche du mercato, alors que d’autres joueurs négocient des clauses, explorent des offres, les Théorêt sont dans le flou. Ils avancent à l’instinct, avec leurs émotions, leurs frustrations et leurs rêves.

Le staff d’Ottawa, lui, doit trancher avec la tête froide. L’équipe vise le titre. Les sentiments, les belles histoires de famille, les promesses faites en début de saison — tout ça passe en deuxième quand l’objectif est de soulever le trophée à l’automne.


Verdict à venir

Dans les prochains jours, les choses vont se préciser. Lohan, lui, restera. Il jouera, il brillera, et il continuera d’attirer les regards. Pour Maël et Jules, tout dépendra des prochaines séances, des prochaines minutes, et… des prochaines signatures.

Ce mercato d’été pourrait marquer un tournant dans leur carrière. Une cassure temporaire. Ou un nouveau départ.
Mais une chose est certaine : les frères Théorêt ne passeront pas inaperçus.


:round_pushpin: Maison de Jean-Claude Théoret – 5 juillet, 18 h 37

Quelques minutes après une rencontre individuelle avec l’entraîneur Mario Lafleur, à la veille du mercato.

Les trois frères sont rentrés ensemble, mais depuis qu’ils ont franchi la porte, personne n’a dit un mot. Lohan s’est affalé sur le divan, la jambe encore un peu raide. Jules est resté debout, adossé à la porte de la cuisine. Maël a balancé son sac dans un coin, nerveux, puis s’est assis au bout du comptoir, les bras croisés.

Lohan (regardant ses deux frères, calme) :
— Bon. On en parle?

Maël (sans lever les yeux) :
— Qu’est-ce que tu veux qu’on dise? Il a dit ce qu’il avait à dire. Maintenant, c’est chacun pour soi, c’est ça?

Jules (calmement) :
— C’est pas chacun pour soi. Mais ouais, c’est clair que nos chemins vont peut-être diverger un peu.

Maël (le ton monte) :
— Diverger? Tu sais ce que ça veut dire, ça? Ça veut dire que t’es prêt à te faire prêter comme si t’étais un dossier en attente. Comme si t’étais pas assez bon.

Jules (plus ferme) :
— Non, ça veut dire que j’ai envie de jouer, Maël. Pas juste m’entraîner pour remplir un chandail sur le banc.

Lohan (intervient, posément) :
— Il a pas tort. J’te le dis franchement : vous méritez mieux que d’attendre chaque semaine.

Maël (amer) :
— Facile à dire quand t’es titulaire à 17 ans, que tout le monde t’appelle le prodige canadien, pis que t’as même pas besoin d’un agent pour que l’Europe te regarde. Toi, t’as pas à te battre pour jouer.

Lohan (fixant Maël dans les yeux) :
— Tu penses que j’me bats pas? T’étais pas là quand j’ai bossé en silence pendant ma blessure. J’suis peut-être sur le terrain, ouais, mais j’ai la chienne pareil. Parce que si vous partez, j’perds plus que des coéquipiers.

Jules (voix cassée) :
— On perd rien Lohan. C’est juste… on veut retrouver ce qu’on avait, nous aussi.

Maël (plus calme, mais encore tendu) :
— J’veux juste une chance. Ici. J’veux pas que mon histoire finisse avec un prêt à Saint-Jérôme ou je sais pas où. J’ai besoin que quelqu’un croit encore en moi.

Lohan :
— Mario croit encore en toi, Maël. Il t’a dit que t’avais progressé. Il t’a dit la vérité. C’est rare, ça, dans ce milieu-là.

Maël (hoche la tête) :
— Ouais. Il m’a dit que l’arrivée d’un attaquant va changer des affaires. Que si je reste, faudra que je sois patient. Que je pourrais jouer… ou pas du tout. Il m’a demandé si j’étais prêt à prendre ce risque.

Jules :
— Moi, il m’a dit que je pouvais être prêté. Blainville, Laval ou même à Québec. Il veut que je joue. Il m’a dit que je suis pas loin, mais que je suis pas encore assez imposant pour jouer les gros matchs.

Lohan :
— Et tu vas dire oui?

Jules (hésitant) :
— J’sais pas. C’est dur d’imaginer partir… sans vous.

Maël :
— On est pas censés se séparer. C’était pas ça, le plan.

Lohan (souriant tristement) :
— Le foot s’en fout de nos plans.

Un silence s’installe. Puis Jules brise la glace.

Jules :
— Vous vous souvenez du tournoi à Sept-Îles? Quand on a joué les trois ensemble pour la première fois?

Maël (sourit malgré lui) :
— J’avais marqué deux buts… et j’avais célébré comme Cristiano.

Lohan (rit) :
— Non, t’avais glissé sur le gazon pis t’avais arraché ton short.

Jules :
— C’était simple, dans ce temps-là. On jouait pour le plaisir. On savait même pas encore qu’un jour, ça deviendrait aussi compliqué.

Lohan (avec émotion) :
— On joue encore pour ça, les gars. On joue parce qu’on aime ça. Peu importe où on est. Tant qu’on continue à avancer, à grandir. Même si c’est pas au même endroit.

Maël (regard baissé, sincère) :
— J’pense que j’ai peur. Pas de partir… mais de pas réussir, même ailleurs. Pis d’être oublié.

Jules :
— On t’oubliera jamais, Maël. Pis si t’oublies qui t’es… j’serai là pour te le rappeler.

Lohan (posant une main sur l’épaule de chacun) :
— Peu importe ce que Mario décide, peu importe où on joue après le 5 juillet… on reste une équipe. Une vraie. OK?

Les trois hochent la tête.

Ce soir-là, ils n’ont pas trouvé de réponses. Mais ils ont retrouvé quelque chose d’encore plus précieux : leur lien. Celui qui les unit depuis toujours. Celui qui ne dépend ni d’un terrain, ni d’un chandail, ni d’un classement.


Pendant ce temps, mario magasine

À peine le mercato ouvert, l’Atlético d’Ottawa n’a pas perdu de temps pour poser ses cartes sur la table. Fidèle à sa parole, Mario Lafleur a renforcé son effectif, avec trois signatures qui pourraient redistribuer les cartes… et chambouler sérieusement les perspectives de Maël et Jules Théorêt.

Michael Petrasso : un retour attendu au pays

Le premier nom annoncé est un visage bien connu du paysage canadien. Michael Petrasso, 28 ans, international canadien avec de l’expérience en CPL et même en Angleterre, fait son arrivée dans la capitale. Il viendra appuyer l’offensive, offrir de la polyvalence sur les ailes et surtout ajouter de la maturité dans le dernier tiers.


Sunusi Ibrahim : concurrence directe pour Maël

Le deuxième renfort est celui qu’on attendait : l’arrivée d’un nouvel attaquant. Mario Lafleur frappe fort en annonçant la venue de l’international nigérian Sunusi Ibrahim, 21 et ex-joueur du CF Montréal en MLS.

C’est un nom qui résonne particulièrement chez les triplés : Sunusi est un ancien de l’Impact, et les trois frères, originaires du Saguenay, l’avaient suivi de près lorsqu’il évoluait au Stade Saputo.

Cette fois, le choc est direct pour Maël. Sunusi est jeune, explosif, et surtout, il arrive pour jouer tout de suite. Mario Lafleur l’a dit en point de presse :

« On veut plus de danger dans la surface. Sunusi peut nous donner ça. »

Avec Rubén Del Campo déjà bien installé comme fer de lance, Maël voit un concurrent de plus entrer dans l’arène. Après des semaines à gagner peu à peu du temps de jeu, le risque de reculer dans la hiérarchie est bien réel. Un prêt redevient une option crédible.


Ousmane Coulibaly : la tuile pour Jules?

Enfin, la grosse signature défensive du mercato : Ousmane Coulibaly, 34 ans, 26 sélections avec le Mali. Ce vétéran expérimenté arrive pour prendre place immédiatement sur le flanc droit de la défense.

Mais l’impact est plus large. Car cette arrivée permet à Lafleur de recentrer Karl Ouimette dans l’axe, sa position naturelle. Résultat : la charnière centrale est désormais bien bouchée, et Jules Théorêt recule dans l’ordre des priorités.

Malgré ses bonnes prestations récentes, notamment lors d’un départ solide contre Halifax, Jules voit ses minutes s’amenuiser avant même de rejouer

6 « J'aime »

J’ai toujours tenter ce championnat mais ne l’ai jamais fait. Ton aventure me donne envie :hot_face:

Pauvre Jules… Voilà une décision du club qui ne va pas l’aider…

Pour Maël, j’ai envie d’y croire :slight_smile:

1 « J'aime »

Se battre pour des minutes

Avec les trois arrivés récentes, il est clair que l’Atlético est supérieur à ce qu’il était il y a quelques jours. Lafleur n’a pas fermé la porte à d’autres signatures pouvant lui permettre de s’approcher de son objectif de remporter la CPL dès sa première saison.

Maël obtient le départ malgré l’arrivée d’Ibrahim.
Lohan est toujours partant, mais le coup dur frappe Jules, qui n’est même pas inscrit sur la feuille de match pour cette rencontre face au Forge. Coulibaly est partant à la droite de la défense pour son premier match.

TD Place 14 Juillet 2024 CPL - 20e Journée
2 Buts 1
Atlético Ottawa 51% Possession 49% Forge FC
Rubén Del Camp pen 34’ Karl Ouimette csc 29’
Maël Théorêt 44’

Lohan: Quitte à la 87e 6,7*
Jules: N’a pas joué.
Maël: 1 but 7,6

:studio_microphone: RDS – Entrevue d’après-match

Journaliste (RDS) :
Maël, gros match aujourd’hui. Tu marques le but de la victoire contre le Forge et tu signes peut-être ta meilleure prestation depuis le début de la saison. Comment tu te sens?

Maël Théorêt (essoufflé, sourire en coin) :
— Honnêtement… soulagé. Y’a eu des moments cette saison où j’ai douté, où j’me demandais si j’étais encore dans les plans. Mais j’ai continué à travailler, pis aujourd’hui, j’me suis senti prêt. C’est pas un but qui change tout, mais… c’est un pas dans la bonne direction.

Journaliste :
L’arrivée de Sunusi Ibrahim ajoutait de la pression sur ton poste. Est-ce que ça t’a motivé à en faire plus?

Maël :
— Clairement. Quand un gars comme Sunusi débarque, tu sais que t’as pas le droit à l’erreur. Mais en même temps, ça fait partie du foot. J’suis ici pour me battre, pas pour me plaindre. Aujourd’hui, j’ai eu ma chance. J’suis content de l’avoir prise.

Journaliste :
On sent que tu joues avec le couteau entre les dents. Tu veux rester ici, hein?

Maël (regard direct à la caméra) :
— Ouais. J’veux prouver que j’ai ma place ici. L’Atlético, c’est chez nous pour l’instant. Pis j’suis pas prêt à lâcher ça.


Maël est récompensé pour sa bonne forme. Il est à nouveau titulaire avec Lohan.
Jules, de son côté, revient sur la feuille de match comme remplaçant.
C’est le dernier match de l’Atlético avant une trêve d’un mois où que les triplés vont en profiter pour aller se reposer au Saguenay.

Wanderers Grounds 14 Juillet 2024 CPL - 21e Journée
1 Buts 3
Halifax FC 42% Possession 58% Atlético Ottawa
José Hernández 79’ Samuel Salter 17’
Maël Théoret 27’
Ollie Bassett 65’

Lohan: Quitte à la 66e 7,2*
Jules: N’a pas joué.
Maël: 1 but 7,2

:newspaper: Ottawa Sun – Après match

Il n’a pas besoin qu’on lui lance des fleurs. Maël Théorêt, 17 ans, a encore frappé. Deux titularisations, deux buts. L’attaquant saguenéen n’a pas volé ses minutes… il les a gagnées. Et il le fait savoir.

« C’est pas une surprise. J’suis juste à ma place. Le terrain, c’est là que je dois être. Pas sur un banc. »

L’arrivée de Sunusi Ibrahim? Il la balaie d’un revers de main.

« C’est cool que des gars arrivent. Moi, j’ai rien contre la compétition. Mais j’ai pas attendu qu’un joueur débarque pour commencer à jouer. J’ai toujours eu ce qu’il faut. Fallait juste que le coach ouvre les yeux. »

Un brin provocateur, mais jamais dans le déni, Maël n’a pas oublié les semaines plus difficiles qu’il a traversées.

« Ouais, y’a eu des moments où j’ai douté. Mais pas de mon talent. De la manière dont on m’utilisait. Là, on me laisse respirer un peu, on me donne du ballon… et le résultat, tu le vois. »

Avec la trêve qui s’amorce, le #10 de l’Atlético retourne au Saguenay pour la trêve avec le sentiment d’avoir enfin mis sa saison en marche. Et il ne compte pas ralentir.

« J’vais prendre deux-trois jours pour me poser, mais après ça, je bosse. Parce qu’on va pas se mentir : y’en a pas un dans ce vestiaire qui peut faire ce que je fais dans les 30 derniers mètres. J’vais revenir encore plus tranchant. »

Pas humble. Mais indéniablement en confiance.

4 « J'aime »

Mercato d’Ottawa
Lafleur ajoute 4 canadiens

Alors que plusieurs observateurs croyaient que le plus gros du travail avait été fait avec les arrivées de Michael Petrasso, Sunusi Ibrahim et Ousmane Coulibaly, Mario Lafleur a surpris tout le monde en ajoutant un quatuor canadien de haut calibre pour renforcer davantage un effectif déjà en pleine ascension.

Et si ces renforts font grimper le niveau général du groupe, ils viennent aussi fragiliser la position de Jules Théorêt, dont le temps de jeu semble de plus en plus compromis.

Zachary Brault-Guillard :canada: 25 ans
L’ancien latéral droit du CF Montréal arrive à Ottawa avec un CV intrigant. Formé à Lyon, passé par les rangs de l’équipe nationale, Brault-Guillard n’a jamais pleinement réussi à s’imposer dans la métropole québécoise… mais son potentiel reste énorme dans un contexte CPL.

Bien connu des triplés Théoret, Zachary croisait souvent leur route du temps où ils suivaient religieusement l’Impact de Montréal en provenance du Saguenay. Son arrivée solidifie encore plus le couloir droit, déjà bouché depuis la signature de Coulibaly. La voie vers le 11 partant se referme donc un peu plus pour Jules.

Doneil Henry :canada: 31 ans
C’est sans doute le nom le plus lourd de ce mercato. 48 sélections avec le Canada, une carrière passée par l’Angleterre, le Danemark, la Corée du Sud et plusieurs saisons solides en MLS : Henry n’arrive pas pour réchauffer le banc.

Il était à Halifax l’an dernier, et même s’il n’est plus au sommet de sa forme, il conserve une présence physique, un leadership et une lecture du jeu qui font de lui un pilier potentiel dans la charnière centrale.

Et c’est là que le bât blesse pour Jules Théorêt. Avec Ouimette recentré, Coulibaly à droite, et maintenant Henry dans l’équation, il devient difficile d’imaginer Jules obtenir des minutes significatives en défense centrale d’ici la fin de saison.

Thomas Hasal :canada: 25 ans
C’était dans l’air depuis quelques semaines : Mario Lafleur voulait changer de gardien. Nathan Ingham ne répondait plus aux attentes, et Lafleur n’a pas hésité à sortir un lapin solide du chapeau.

Thomas Hasal, qui arrive des Whitecaps de Vancouver (MLS), aura pratiquement carte blanche pour s’installer dans les buts. Réactif, vocal et toujours en apprentissage, il devrait rapidement faire oublier Ingham. Encore un signe que l’Atlético pense au titre, pas à la transition.

Raheen Edwards :canada: 29 ans
Autre ancien du CF Montréal et international canadien, Edwards vient renforcer le flanc gauche avec sa polyvalence et son explosivité. Il peut jouer latéral ou ailier, et donne à Lafleur une profondeur supplémentaire pour maintenir son pressing constant et sa largeur en attaque.

:studio_microphone: Conférence de presse – 01 août 2024
:round_pushpin: Stade TD Place – Salle média

Mario Lafleur s’avance vers le lutrin, visiblement satisfait. Quatre signatures en deux jours. L’homme est en mission.

:speaking_head: Mario Lafleur :

« On a été actifs, et on a été clairs dans nos intentions depuis le début : on veut gagner, et on veut le faire maintenant. On est avancé dans la saison, bien placés, mais on savait qu’on avait besoin de profondeur et de caractère pour aller chercher quelque chose de spécial. Les gars qu’on a amenés ici, ce sont des pros, des leaders, des joueurs qui savent c’est quoi la pression. »


:small_blue_diamond: Sur Brault-Guillard :

« Zachary, c’est un joueur qu’on connaît bien, qu’on suivait depuis longtemps. Il a un profil moderne, énergique, et il va nous donner une vraie poussée dans le couloir. Il a faim et il veut prouver qu’il peut rebondir. Et je pense que la CPL est l’endroit parfait pour lui à ce moment-ci de sa carrière. »


:small_blue_diamond: Sur Doneil Henry :

« On parle d’un gars qui a presque 50 sélections avec le Canada. Il a joué dans des pays où la pression est énorme. Il apporte du poids, de l’expérience, de la voix. Et oui, c’est un message qu’on envoie aussi à l’interne. La compétition, c’est sain. Si tu veux ta place, tu dois la gagner chaque jour. »


:small_blue_diamond: Sur Thomas Hasal :

« Je ne vais pas tourner autour du pot : on voulait plus de stabilité dans les buts. Nathan (Ingham) a fait ce qu’il a pu, mais on sentait qu’on avait besoin d’un gardien qui peut nous voler un match si nécessaire. Thomas est prêt pour ça. Il est encore jeune, mais il a un gros vécu en MLS. Il arrive ici avec l’intention de s’imposer. »


:small_blue_diamond: Sur Raheem Edwards :

« Raheem est un moteur. Il peut jouer dans plusieurs rôles, il connaît bien le circuit, et il nous donne plus de possibilités dans notre structure. En plus, c’est un gars respecté dans le vestiaire, et ça, ça compte. »


:small_blue_diamond: Sur l’impact pour les jeunes joueurs, dont Jules Théorêt :

« J’le répète souvent : la porte est jamais fermée pour personne. Mais c’est la réalité du haut niveau. Quand l’équipe progresse, certains doivent reculer. Jules a fait du bon boulot quand on l’a utilisé, mais là, on veut le voir jouer régulièrement. S’il le faut, on va le prêter. Ce serait pas une punition, ce serait pour son développement. »


:end_arrow: Conclusion :

« On s’est améliorés cette semaine, c’est indéniable. Maintenant, faut que tout le monde se retrousse les manches. Le championnat, il se gagnera pas sur papier. »

:round_pushpin: 3 août 2024 — Bureau de Mario Lafleur, Stade TD Place

Mario Lafleur est assis derrière son bureau. Devant lui, Jules Théorêt, mains croisées, dos droit. Il s’y attendait. Il avait senti que quelque chose se tramait.

Mario (regard franc) :
— Jules. Je vais pas tourner autour du pot. On a reçu une offre de prêt… et je l’ai acceptée.

Jules (sans bouger, mais lève les yeux) :
— Quelle équipe?

Mario :
Vancouver FC. Ils ont besoin d’un défenseur central. Ils te veulent pour le reste de la saison.

Un silence. Jules inspire lentement.

Jules :
— Je vais jouer?

Mario :
— Oui. 90 minutes, chaque semaine… si tu livres. C’est ce que tu veux. Et ce que tu mérites. Ici… t’as vu le nombre qu’on est derrière. C’est bouché. Je peux pas te mentir.

Jules (yeux humides, sans craquer) :
— Est-ce que c’est un départ ou un détour?

Mario :
— C’est pas une fin. C’est une parenthèse. Et t’as mon mot : si tu fais le travail là-bas, tu reviens ici en force pour la saison prochaine. Plus fort, plus prêt.

Jules (se lève calmement, tend la main) :
— Merci de m’avoir dit la vérité.

Mario :
— Merci de la prendre comme un pro.

:round_pushpin: Quelques heures plus tard — Appartement des frères Théorêt

Le soleil commence à tomber sur Ottawa. Jules entre dans l’appart, son sac de sport sur l’épaule. Maël est sur la console, en ligne. Lohan lit sur le divan.

Jules (posant son sac doucement) :
— Les gars… faut que j’vous parle.

Maël (sans lever les yeux) :
— T’es encore parti analyser un match du championnat suédois?

Jules (petit rire nerveux) :
— J’ai rencontré Mario aujourd’hui. Il m’a dit qu’un club m’a demandé en prêt. Il a accepté.

Lohan (referme son livre) :
— C’est qui?

Jules :
Vancouver FC. J’pars la semaine prochaine. Jusqu’à la fin de la saison.

Silence. Maël pose la manette. Le sourire a disparu.

Maël :
— Quoi? T’es sérieux?

Jules :
— Ouais. C’est signé. Ils veulent que je joue. Chaque semaine.

Maël (sec, en colère plus contre la situation que contre lui) :
— Pis nous, on fait quoi? Tu nous lâches? Tu fous le camp à l’autre bout du pays?

Jules (doucement) :
— Je vous abandonne pas. Je poursuis ma route. J’ai pas le luxe d’attendre que la porte s’ouvre ici. J’ai besoin de jouer. D’apprendre.

Lohan (calme, mais ému) :
— C’est logique. J’le comprends. Mais ça fait chier pareil. T’étais notre ancre.

Maël (sarcastique) :
— Ben oui, l’intello s’en va en mission d’apprentissage. C’est rendu qu’on est juste deux… encore heureux que j’commence à marquer, sinon j’serais peut-être déjà dans l’avion avec toi.

Jules (lui lance un regard perçant, sans colère) :
— Justement. Tu marques. Tu montes. Moi, j’ai encore tout à prouver. Lohan est dans les plans. Toi t’es dans la lumière. J’dois aller la chercher, moi.

Lohan (s’approche, bras croisés) :
— Promets-nous une chose : tu fais pas juste y aller pour survivre. Tu vas là-bas pour t’imposer. Pour qu’on regrette tous de t’avoir laissé partir.

Jules (hoche la tête) :
— Promis.

Maël (après un long silence, voix basse) :
— Fais juste… oublie pas d’où tu viens, man.

Jules (petit sourire triste) :
Du Nord.

Jules peut maintenant regarder en avant. C’est fait, il a été prêté à un autre club de la CPL. D’ici la fin de la saison, le Vancouver FC va recevoir à une reprise l’Atlético d’Ottawa. Ce sera un match fou. Pour la première fois de leur vie, les triplés vont s’affronter.

Jules prend donc le prochain avion pour la Colombie-Britannique.

:studio_microphone: Conférence de presse – 7 août 2024
:round_pushpin: Centre d’entraînement du Vancouver FC

Afshin Ghotbi entre dans la salle, posé, sourire tranquille. Il salue les journalistes avec un respect quasi solennel, comme à son habitude.

:speaking_head: Afshin Ghotbi – entraîneur-chef du Vancouver FC :

« C’est avec beaucoup d’enthousiasme que je vous confirme aujourd’hui l’arrivée de Jules Théorêt, en prêt, en provenance de l’Atlético d’Ottawa. »

(Il marque une pause.)

« Jules est un joueur que nous avons étudié avec attention. Il est jeune, structuré, et possède une compréhension du jeu remarquable pour son âge. Ce n’est pas un joueur flamboyant, mais c’est un penseur et dans notre système, c’est exactement ce qu’il nous fallait. »


:small_blue_diamond: Sur le contexte du recrutement :

« Nous avions besoin d’un défenseur central capable de jouer avec calme sous pression, de prendre des décisions intelligentes, et de stabiliser notre relance. Jules apporte cela. Il sort d’un environnement structuré à Ottawa, avec un entraîneur que je respecte énormément, Mario Lafleur. Son arrivée s’inscrit dans notre projet de miser sur des jeunes canadiens intelligents, pas seulement physiques. »


:small_blue_diamond: Sur son intégration :

« J’ai déjà parlé longuement avec lui. Il est très mature. Il sait pourquoi il est ici, il sait ce qu’il a à prouver. Il ne vient pas pour observer. Il vient pour jouer. Nous allons construire avec lui. Mais il aura sa chance très vite. »


:small_blue_diamond: Sur la possibilité de garder Jules au-delà du prêt :

(petit sourire) « Il appartient encore à Ottawa, donc je vais être respectueux. Mais… je crois que certains joueurs trouvent leur voix quand ils s’éloignent du bruit. Et ici, en Colombie-Britannique, on peut l’aider à devenir non seulement un joueur plus fort… mais un leader. »


:end_arrow: Conclusion :

« Je suis très heureux d’accueillir Jules dans notre famille. Je crois que nos partisans vont apprendre à l’aimer pour les bonnes raisons. Il ne fait pas de vagues, mais il est solide comme le roc. Et dans cette ligue, croyez-moi, ça vaut de l’or. »

7 « J'aime »

Coupe du Canada

Les triplés ont passé quelques jours ensemble au Saguenay pendant la trêve. Une fois la pilule du prêt de Jules à Vancouver avalée, les trois frères ont profité du moment pour passer du bon temps.

Tout va bien pour Lohan. Son nom est sur toutes les lèvres chez les passionnés de foot canadien. Plusieurs experts le voient déjà en MLS dès la saison prochaine.

Du côté de Maël, les choses se sont replacées après une période d’adaptation. Ses derniers matchs ont été énormes, et il espère que la trêve n’aura pas freiné son élan.

Et même Jules est heureux aujourd’hui. Bien sûr, il est un peu triste de jouer pour la première fois de sa vie sans ses frères, mais il a vite compris qu’au niveau pro, ça devait arriver tôt ou tard. Il est fier de rester en CPL, et surtout, il se réjouit déjà à l’idée d’affronter bientôt Maël et Lohan sur un vrai terrain.

:trophy: Coupe des Champions du Canada – C’est quoi ça? :canada:

C’est le tournoi national de soccer le plus prestigieux au pays, un peu notre version de la FA Cup. Chaque année, les meilleurs clubs du Canada s’affrontent pour couronner le champion de tous les champions. :collision:

Qui y participe?
:white_check_mark: Les clubs de la MLS (Toronto FC, CF Montréal, Vancouver Whitecaps)
:white_check_mark: Les équipes de la CPL (Canadian Premier League)
:white_check_mark: Certaines équipes semi-pro (ex: champions de la League1 Ontario, PLSQ, etc.)

:admission_tickets: Le gros enjeu? Le gagnant décroche son billet pour la Ligue des Champions de la Concacaf – là où les meilleures équipes d’Amérique du Nord, Centrale et des Caraïbes se battent pour aller au Mondial des clubs. :globe_showing_europe_africa::fire:

Bref, c’est LE trophée canadien à soulever, et pour beaucoup de joueurs locaux, le chemin vers la gloire internationale commence ici. :flexed_biceps::maple_leaf:

Le retour au boulot des triplés Théoret se passe bien. Jules est arrivé à Vancouver et s’adapte à son nouvel environnement.

Les jeunes espoirs du foot canadien s’apprêtent à débuter la Coupe du Canada dans quelques jours.

Champions du Canada ? Lohan et Maël en rêvent — mais pour y parvenir, il faudra battre des clubs de la MLS.

De son côté, Jules affrontera dès le premier tour le CF Montréal… le club de cœur des triplés.

:telephone_receiver: Appel entrant – Vancouver :right_arrow: Ottawa

Jules (sourire dans la voix) :
« Bon les boys… devinez c’est qui qu’on joue au premier tour de la Coupe du Canada? :smirking_face: »

Lohan :
« Attends… me dis pas… le CF Montréal? :flushed_face: »

Jules :
« Ben oui man! Chez nous, à Vancouver. Je vais affronter notre club! »

Lohan (sérieux pour deux secondes) :
« C’est malade pour toi. Profites-en. T’as ta chance là, saisis-la. »

Jules (sincère) :
« Merci les gars. J’vais tout donner. Juste de les affronter, ça me donne des frissons. »

Maël :
« Pis si jamais tu les bats… ben tu gagnes ton premier souper de frère. »

Jules (riant) :
« Deal. Préparez vos portefeuilles. »


C’est une surprise pour Lohan et Maël de commencer le match contre Valour sur le banc en Coupe du Canada. Avec plusieurs matchs à venir en peu de temps, Mario mise sur la rotation. Il est confiant de pouvoir venir à bout de Winnipeg avec un effectif remanié.

TD Place 18 Août 2024 Coupe du Canada
3 Buts 0
Atlético Ottawa 61% Possession 39% Valour FC
Rubén Del Campo pen 8’ 80’
Sunusi Ibrahim 14’

Lohan: Entre à la 73e 7,0
Maël: N’a pas joué.

:studio_microphone: RDS – Après-match - Mario Lafleur

Avec nos dernières acquisitions, nous savons que nous devons gagner ce genre de match. Nous avons démontré notre supériorité pendant 90 minutes et ce malgré notre manque de forme. Rubén a encore une fois été le meilleur joueur sur le terrain.

Pendant ce temps, Josef Martinez du CF Montréal a marqué à la 95e minute pour pousser la rencontre contre le Vancouver FC en prolongation. L’équipe de la MLS a finalement battu Jules et ses coéquipiers aux tirs au but. Malgré l’élimination (logique), le jeune défenseur central de 17 ans a joué tout le match.
Jules: 6,4


L’Atlético revient en championnat plein de confiance et veut solidifier leur première place en championnat. Lohan et Maël reviennent de le onze partant. Avec les derniers ajouts de Lafleur, il faut le dire, Ottawa est nettement la meilleure formation de la CPL.

York Lions Stadium 23 Août 2024 CPL - 22e Journée
3 Buts 2
York United FC 38% Possession 62% Atlético Ottawa
Oswaldo León 10’ Maël Théoret 18’
Osaze De Rosario 41’ Lohan Théoret 87’
Max Ferrari 89’

Lohan: 7,0
Maël: 7,1

:studio_microphone: RDS – Après-match - Mario Lafleur

Le but en fin de match de York est choquant mais honnêtement, nous méritions rien de ce match. C’est une leçon. Nous avons une chimie a rebâtir mais par chance, les Théoret étaient en forme dans cette rencontre. Maël devient de plus en plus notre Zlatan et la justesse et la constance de Lohan est franchement impressionnante.


C’est une surprise pour Lohan et Maël de commencer le match contre Valour sur le banc en Coupe du Canada. Avec plusieurs matchs à venir en peu de temps, Mario mise sur la rotation. Il est confiant de pouvoir venir à bout de Winnipeg avec un effectif remanié.

TD Place 18 Août 2024 Coupe du Canada
3 Buts 0
Atlético Ottawa 61% Possession 39% Valour FC
Rubén Del Campo pen 8’ 80’
Sunusi Ibrahim 14’

Lohan: Entre à la 73e 7,0
Maël: N’a pas joué.

:studio_microphone: RDS – Après-match - Mario Lafleur

Avec nos dernières acquisitions, nous savons que nous devons gagner ce genre de match. Nous avons démontré notre supériorité pendant 90 minutes et ce malgré notre manque de forme. Rubén a encore une fois été le meilleur joueur sur le terrain.

La victoire n’y est pas pour Jules également à Vancouver mais au moins, il joue des minutes. Encore une fois, il a joué tout le match. Les triplés ont échangé un appel facetime après leurs rencontres. Jules était très heureux de voir ses frères produire offensivement.


Quoi de mieux que de joueur le Valour FC pour se relancer. Maël a subi une intoxication alimentaire dans les derniers jours. Il est diminué et commence le match sur le banc. Lohan, lui, est à son poste.

TD Place 01 Septembre 2024 CPL - 23e Journée
2 Buts 1
Atlético Ottawa 19 Tirs 8 Valour FC
Rubén Del Campo 31’ Kamron Habibullah 19’
Ollie Bassett 89’

Lohan: Penalty raté 6,2
Maël: Entre à la 83e Pas de note

:studio_microphone: RDS – Après-match - Lohan Théoret

Non, ce n’était pas le stress. J’ai été surpris de tirer le penalty mais je savais que Rubén était mal en point. Ce raté est plus facile a accepter quand nous gagnons le match. Chapeau à Ollie pour nous avoir donner les trois points.


Maël revient comme partant. Lohan est toujours là. Ce match arrive seulement trois jours après celui contre le Valour FC. L’effectif est fatigué.

TD Place 04 Septembre 2024 CPL - 24e Journée
0 Buts 2
Atlético Ottawa 11 Tirs 13 Cavalry FC
Myer Bevan 12’
Sergio Camargo 28’

Lohan: 6,5
Maël: 6,2

:studio_microphone: RDS – Après-match - Mario Lafleur

Beaucoup de nos joueurs sont diminués. Rubén n’a pas joué car il n’était pas bien, ça fait mal. Je ne cherche pas d’excuse mais nous trouverons des solutions.

3 « J'aime »

Les frères s’affrontent… ou pas

Depuis quelques semaines déjà, Jules Théoret a quitté l’Atlético d’Ottawa pour le Vancouver FC sous forme de prêt. Lohan et Maël sont arrivés dans l’Ouest du pays pour leur affrontement de championnat contre Jules. Les triplés pensaient bien qu’ils allaient s’affronter pour la première fois eh bien non, le défenseur central de Vancouver ne peut pas jouer ce match dû à une clause dans le contrat du prêt.

Les triplés sont très proches les unes des autres. Lohan et Maël s’empressent dont de se rendre à l’appartement de leur frère qu’il partage avec un coéquipier, James Cameron.

:cityscape: Vancouver – Appartement de Jules

(Jules ouvre la porte. Il est en gougounes, vêtu du chandail du Vancouver FC et un bol de ramen à la main. James Cameron est sur le divan en train de grinder FIFA.)

Lohan (en entrant direct, même pas un salut)
– Criss que ça sent le célibataire ici.

Jules (sourire en coin)
– Tu viens de décrire ton avenir si tu rates encore tes passes demain.

Maël (en déposant son sac)
– T’as pas changé…

Jules
– C’est pas d’ma faute si ici, au moins, on me laisse jouer plus que 12 minutes. Salut Mario, by the way.

James (sans lever les yeux de FIFA)
– Vous êtes les frères de Jules? Je vous bats à FIFA quand vous voulez.

Lohan (sans le regarder)
– J’te bats en vrai soccer quand tu veux. Pis j’te regarde même pas pendant.

Maël (avec un demi-sourire)
– On s’était fait un film, nous trois sur le même terrain demain… Ça fait chier que t’puisses pas jouer.

Jules (pose son bol de ramen, enfin sérieux)
– Clause dans le contrat. Ottawa veut pas que je les affronte. C’est comme ça. J’vais être en civil dans les gradins, à mâcher ma frustration.

Lohan
– Si tu cries trop fort, j’vais monter en haut te faire taire.

Jules (rire)
– J’vais t’applaudir si tu fais un bon geste… pis te huer si tu rates ton contrôle

Maël (sourire complice)
– Tu manques peut-être le match, mais viens au vestiaire après. Win or lose, c’est poutine à trois. Pas de clause là-dessus.

Jules (sourire sincère)
– Marché conclu. Pis si vous perdez, je vous laisse pas oublier ça de sitôt.


Le joue de match, Mario convoque Maël et Lohan afin de les aviser de rester focus sur l’objectif et de ne pas être influencer par la présence de leur frère dans le camp adverse et ce, même si il ne sera pas en uniforme.

:spiral_calendar: Jour de match – Vancouver FC vs Atlético Ottawa

Quelques heures avant le coup d’envoi, Mario Lafleur convoque Maël et Lohan dans son bureau, loin de l’agitation du vestiaire.

Mario (ferme mais calme) :
— Les gars, je sais que Jules est ici, dans l’autre camp. Même s’il n’est pas en uniforme, sa présence peut jouer dans votre tête. Mais ce soir, vous devez rester concentrés.

Lohan (sérieux) :
— On est prêts, coach. On est ici pour gagner.

Mario :
— Parfait. Alors je vous le répète une fois : ce soir, y’a qu’un objectif — gagner. Pas d’émotions, pas de regard dans les gradins. On s’occupe du terrain, le reste viendra après.

Maël (acquiesce) :
— On fait le job. On parle famille après les 90.

Mario (regard appuyé) :
— C’est exactement ça que je veux entendre.

L’équipe traverse une période pas facile où elle cherche à créer une chimie avec les nombreuses acquisitions des dernières semaines. Même si Jules n’est pas en uniforme, il y a de l’électricité dans l’air pour Maël et Lohan.

Willoughby Park 08 Septembre 2024 CPL - 25e Journée
0 Buts 2
Vancouver FC 4 Tirs 11 Atlético Ottawa
Lohan Théoret 5’ 12’

Lohan: Homme du match - 8,7
Maël: Sort à la 82e - 6,4

:television: Plateau de RDS – Après-match Vancouver FC vs Atlético Ottawa
:studio_microphone: Jean Gounelle et Patrice Bernier accueillent les triplés Théoret

(Lohan et Maël sont en tenue de match, encore transpirants. Jules est en survêtement du Vancouver FC. Tous trois sont assis côte à côte. Caméras en direct.)

Jean Gounelle
– Bonsoir messieurs! Soirée spéciale pour le soccer canadien : pour la première fois, trois frères pro réunis sur un même plateau après un match de championnat. D’abord, félicitations à Lohan pour ce doublé!

Lohan (humble)
– Merci. Match émotif, mais on a fait le travail.

Patrice Bernier (souriant)
– Et Maël, t’as mis de la pression dans le dernier tiers. Une impression que l’équipe d’Ottawa monte en puissance?

Maël
– Ouais. On est de plus en plus connectés. Pis c’est clair que jouer contre notre frère, même s’il était pas sur le terrain, ça motive un peu plus.

Jean Gounelle
– Jules, justement, comment t’as vécu ça, toi, depuis les tribunes?

Jules (calme)
– C’était étrange. J’ai regardé mes frères me battre sans pouvoir répondre. Mais j’étais fier d’eux. Même si j’aurais voulu être sur le terrain, évidemment.

Patrice Bernier
– T’as l’air en paix avec tout ça, Jules. Tu penses revenir à Ottawa l’an prochain?

Jules (pause. Il regarde ses frères. Puis la caméra. Et lâche calmement)
– Honnêtement… je pense pas. J’me sens bien ici à Vancouver. Je sens qu’on croit en moi. C’est ici que j’vois la suite.

(Court silence sur le plateau. Lohan fronce légèrement les sourcils. Maël baisse les yeux une seconde. Les deux sont surpris.)

Jean Gounelle (délicatement)
– C’est une déclaration importante, Jules. Tu viens de dire que tu ne veux pas revenir à Ottawa?

Jules (sans détour)
– Ouais. Je suis reconnaissant envers Ottawa pour l’opportunité… mais je suis prêt à écrire mon histoire ailleurs.

Lohan (regard neutre, mais tendu)
– On en parlera après.

Maël (d’un ton posé, mais froid)
– Ouais, après

(Jean et Patrice échangent un regard, sentent le malaise, puis concluent rapidement.)

Jean Gounelle
– Voilà qui termine cette entrevue avec les triplés Théoret. Merci messieurs, et bonne chance pour la suite.

Patrice Bernier
– Et quoi qu’il arrive, bravo pour représenter votre région et le soccer canadien avec autant de cœur.

Couloirs du stade – Vancouver, 08 septembre 2024

L’entrevue était terminée depuis quelques minutes. Les trois frères s’étaient éclipsés discrètement, évitant journalistes et caméras. Jules les avait guidés vers un coin reculé du stade, un petit couloir technique, vide et à l’abri des regards.

Mais le calme était trompeur.

Maël est le premier à briser le silence, le ton déjà chargé.

T’es sérieux avec ce que t’as dit tout à l’heure? T’avais besoin de faire ton show à la télé? C’est comme ça que tu nous annonces que tu veux crisser ton camp?

Jules garde son calme, bras croisés, adossé au mur.

— C’était pas un show. J’ai juste dit la vérité. J’me sens bien ici. J’me sens appuyé. C’est pas un crime.

Maël (s’approche, menaçant)
— Le crime, c’est de nous laisser dans le noir. Tu peux ben rester à Vancouver si t’as plus rien à foutre de nous.

Lohan tente d’intervenir, tend une main entre les deux.

— Maël… chill un peu. C’est pas le moment.

Mais Maël n’écoute pas. Il se retrouve face à Jules, les poings fermés. Il gronde.

T’as toujours voulu sortir de notre ombre, hein? Félicitations. Là t’y es.

— Et toi t’as toujours cru que tout te revenait d’office. J’fais juste mes choix, Maël.

Un pas de trop. Trop de tension. Trop de non-dits.

Maël envoie violemment son épaule dans le torse de Jules. Jules réagit aussitôt et le repousse avec force contre le mur. Lohan s’interpose avant que ça dégénère.

Arrêtez vos conneries! Vous êtes des frères!

Maël s’écarte brusquement, le souffle court, la mâchoire serrée.

Jules essuie son chandail, le regard noir.

— Vous vouliez que je vous prévienne? Ben voilà, maintenant vous le savez. J’reviens pas.

Il tourne les talons et quitte sans un mot de plus.

Maël reste figé. Le mur derrière lui semble plus froid que jamais. Il frappe doucement du poing dedans.

— Qu’il reste là-bas.

Lohan ne dit rien. Il regarde dans la direction où Jules est parti, le cœur lourd.

Quelque chose venait de casser. Et cette fois, ce n’était pas un simple accrochage entre frères.

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Lohan qui crucifie l’équipe de son frère avant… d’être crucifié à son tour!

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