lâamour et ce baiser va tâil changer sa façon de faire ?
:storygreen: :s1: đžđ° :msk_rimavska_sobota: Le vent de Bari : confessions de Giuseppe Colombani
Le mercato de lâĂ©quipe est un Ă©norme pas en avant ! Beaucoup dâarrivĂ©e qui vont offrir de la profondeur, et surtout de la souplesse ![]()
Jâai bien peur que notre ami Giuseppe ne court longtemps aprĂšs Giulia.
Quand on commence par un baiser, on finit par baiser ![]()
Réponse aux lecteurs
@celiavalencia A ton avis ?
@alexgavi oui, yâavait clairement besoin dâun peu de rotation dans cette Ă©quipe. Câest dĂ©jĂ miraculeux dâavoir obtenu de tels rĂ©sultats avec un effectif aussi court. Quant Ă Giuseppe, je crois que tu as compris Ă peu prĂȘt lâidĂ©e ![]()
@CaptainAmericka Une vraie question à laquelle je ne répondrai pas
@toopil Je ne connaissais pas cette maxime ! Câest la façon de procĂ©der de Tenuanua ça non ?
Chiara avait prĂ©vu de travailler. CâĂ©tait, en tout cas, ce quâelle avait annoncĂ© Ă IANA.
â Je veux comprendre son Ă©volution tactique.
Un silence puis la voix dâIANA :
â Tu veux dire : tu veux comprendre pourquoi il a changĂ© trois joueurs de place sans tâennuyer pendant vingt minutes ?
â Câest exactement ça.
â Alors nous sommes face Ă un dĂ©fi majeur.
Chiara leva les yeux au ciel.
â IANA.
â Chiara.
â Sois sĂ©rieuse.
â Je suis toujours sĂ©rieuse.
â Non.
â Câest une interprĂ©tation subjective de mes paramĂštres comportementaux.
â Tu as littĂ©ralement soupirĂ©.
â Une simulation de soupir nâest techniquement pas un soupir..
â Tu es insupportable.
â Six ans dâapprentissage.
Chiara sourit malgrĂ© elle. Cela faisait six ans quâIANA lâaccompagnait. Au dĂ©but, elle nâĂ©tait quâun formidable outil de travail. Avec le temps, elle avait appris Ă savoir quand Chiara faisait semblant de comprendre quelque chose. La tactique du football Ă©tait prĂ©cisĂ©ment lâun de ces domaines.
â TrĂšs bien. Explique-moi Colombani aprĂšs le mercato.
â Avec plaisir.
Une reprĂ©sentation tactique apparut sur lâĂ©cran.
â Avant la trĂȘve, Colombani utilisait principalement un 4-3-3.
â Ăa, je sais.
â FĂ©licitations.
â IANA.
â Pardon.
Le schéma changea.
â Slaniniak reste titulaire. Novak Ă©tait latĂ©ral gauche. Vasilko et Kisiev formaient la charniĂšre. Petran occupait le cĂŽtĂ© droit.
â Petran, câest le capitaine ?
â Oui.
â Celui de quarante-cinq ans ?
â Oui. Petran est le vieux joueur polyvalent, coach adjoint.
IANA fit apparaĂźtre le nouveau systĂšme.
â AprĂšs le mercato, Colombani ne rĂ©volutionne pas son organisation. Il la densifie.
â Traduction ?
â Il ne change pas de maison. Il dĂ©place les murs.
Chiara réfléchit.
â Ăa, je comprends.
â Le nouveau dispositif conserve une structure de 4-3-3, mais avec davantage de polyvalence et surtout une meilleure rĂ©partition des tĂąches.
Vasilko monte. Saturnino garde le mĂȘme rĂŽle oĂč ses qualitĂ©s physiques sontt si bien mises en valeur. Vargic continue dâorganiser le jeu. Mais devant eux, les choses changent. Vasilâ joue plus prĂšs de Gomez Ă gauche ou Ă droite, selon lâailier alignĂ©. Luptak Ă gauche, ou Gembicky Ă droite. Gomez occupe la pointe et dĂ©vore les espaces.
â Donc Vasilâ est attaquant ?
â Par moments.
â Et milieu ?
â Par moments.
â Et ailier ?
â Oui.
â Câest compliquĂ©.
â Pour toi, oui.
â IANA.
â Pour les dĂ©fenseurs adverses Ă©galement.
Chiara sourit. IANA poursuivit.
â Lâautre vĂ©ritable changement se situe derriĂšre. Petran peut jouer dĂ©fenseur central ou milieu. Vasilko peut protĂ©ger la dĂ©fense ou avancer pour utiliser son jeu aĂ©rien. Petran apporte de la polyvalence. Vasilâ permet dâajouter de la crĂ©ativitĂ©. Et surtout, Vargic est progressivement libĂ©rĂ©.
â Pourquoi câest important ?
â Parce que Vargic est le cerveau.
â Ăa, Giuseppe me lâa dit.
â Et il avait raison.
â Il le pense de tous ses joueurs.
â Non.
Un silence.
â Il le pense surtout de Vargic.
Chiara sourit.
â Dâaccord.
IANA poursuivit.
â Avant, Vargic devait participer davantage aux tĂąches dĂ©fensives. DĂ©sormais, Colombani cherche Ă le rapprocher de la zone oĂč il peut faire ce quâil fait le mieux : recevoir, orienter, crĂ©er et se projeter.
â Donc il veut que son meilleur joueur fasse moins de choses ?
â Exactement.
Chiara fronça les sourcils.
â Ăa paraĂźt contre-intuitif.
â Câest pourtant une idĂ©e fondamentale dans la construction dâune Ă©quipe.
Elle marqua une pause.
â Un joueur ne devient pas plus utile parce quâon lui demande davantage de choses.
â Ah.
â Il devient parfois plus utile lorsquâon lui permet de faire moins de choses, mais mieux.
Chiara resta silencieuse.
â Ăa ressemble beaucoup Ă Giuseppe.
â Explique.
â Il faisait tout.
Elle réfléchit.
â Il voulait ĂȘtre entraĂźneur, recruteur, analyste, psychologue, communicant, et probablement kinĂ© lorsquâil nâen avait toujours pas.
â Exact.
â Maintenant il dĂ©lĂšgue.
â Oui.
â Donc son Ă©quipe fait la mĂȘme chose que lui.
Un silence.
â Chiara.
â Oui ?
â Pour une fois, tu viens de faire une remarque tactique pertinente.
â Merci.
â Je vais lâarchiver.
â Tu peux te moquer.
â Je ne me moque jamais.
Chiara éclata de rire. Elle reprit ses notes.
â Et Gomez ?
â Câest probablement lâautre grande Ă©volution. Le recrutement de Trutz apporte une solution que Colombani nâavait pas avant. Un attaquant capable dâattaquer la profondeur, de fixer, de jouer en transition et surtout de marquer. Il marque beaucoup.
â 6 buts lors de ses 5 premiers matchs.
â VoilĂ .
â Donc le mercato fonctionne.
â Il fonctionne sans bouleverser lâĂ©quipe. CâĂ©tait probablement le point le plus important. Colombani et Trutz nâont pas dĂ©truit ce qui fonctionnait. Ils avaient identifiĂ© les faiblesses. Un gardien remplaçant, des dĂ©fenseurs plus rapides, de la polyvalence, de la profondeur : un vĂ©ritable neuf. Et des joueurs capables dâentrer dans son systĂšme sans lâobliger Ă repartir de zĂ©ro.
â Donc Trutz et Colombani ont fait un bon mercato.
â Oui.
â Câest tout ?
â Non.
IANA fit apparaßtre les données des matchs de reprise.
â Ils ont surtout rĂ©ussi quelque chose de plus difficile.
â Quoi ?
â Ils ont amĂ©liorĂ© lâĂ©quipe sans casser la dynamique de lâĂ©quipe prĂ©cĂ©dente.
Chiara regarda le schéma puis les résultats, puis le schéma à nouveau.
â Et Giuseppe ?
â Il commence Ă avoir confiance dans ses propres idĂ©es.
â Enfin.
â Il ne faut pas exagĂ©rer.
â Pourquoi ?
â Parce quâil reste Giuseppe Colombani.
Chiara sourit.
â Donc ?
â Donc il est capable dâavoir raison pendant quatre-vingt-dix minutes, puis de passer trois heures Ă se demander pourquoi il nâa pas fait autrement.
â Ăa aussi, ça lui ressemble.
â Beaucoup.
Chiara referma finalement son carnet.
â Je crois que je commence Ă comprendre.
â Le football ?
â Non.
Elle sourit.
â Giuseppe.
IANA resta silencieuse puis :
â CâĂ©tait prĂ©cisĂ©ment lâobjectif.
Intéressant cette présentation de Iana. Elle bosse bien pour une ia ![]()
Tu bosses avec lâIA pour si bien produire ces dialogues ? ![]()
Vraiment trÚs intéressant ce passage comme le dit @Rhino
Câest vrai quâil y avait un dĂ©fi Ă ne pas casser la dynamique, et manifestement câest rĂ©ussi ![]()
Plus quâun « merci », ça mĂ©ritait un « connasse » tant on sentait le ton moqueur!
Réponse aux lecteurs
@Rhino Elle fait le boulot ouais !
@alexgavi oui, la mayonnaise a bien pris
@CaptainAmericka Bah oui, je bosse avec Iana, bien sûr. Merci pour elle, elle apprécie !
@toopil je ne sais pas si la renommer aprĂšs 6 ans de bons et pas toujours loyaux services en CONNASSE soit dans les plans, mais je note !
La reprise aurait pu ĂȘtre dangereuse : trois mois sans compĂ©tition, un effectif modifiĂ© avec de nouveaux joueurs, de nouveaux rĂŽles et un systĂšme lĂ©gĂšrement diffĂ©rent. Une Ă©quipe qui avait terminĂ© la premiĂšre partie de saison bien au-dessus de toutes les attentes avec des certitudes, et que Giuseppe chamboulait tout de mĂȘme. Le moindre accroc pouvait tout remettre en question.
Il nâarriva pas ou presque. Le quart de finale de Coupe fut laborieux, pourtant, pour une fois, Rimavska Sobota Ă©tait le grand favori. Elle domina une Ă©quipe de troisiĂšme division, le FK Poprad pendant presque toute la rencontre mais encaissa un penalty en ne trouvant jamais rĂ©ellement lâouverture.
Il fallut attendre les tirs au but et la qualification fut finalement acquise.
| Composition: Slaniniak - Nad, Svec (Kisiev 80â), Vasilko, Mazanovsky - Petran (c), Saturnino - Vargic - Vasilâ, Gomez (Ferletak 80â), Fajcik (Gembicky 69â) |
Giuseppe ne retint quâune chose :
â Nous avons Ă©tĂ© mauvais dans quelque chose de trĂšs important.
â Quoi ?
â Nous avons gagnĂ©.
Chiara sourit.
â Tu trouves que câest mauvais ?
â Non.
Il rit.
â Mais parfois, il faut savoir gagner des matchs qui ne ressemblent Ă rien.
CâĂ©tait le premier enseignement de la reprise. Le second vint en championnat. RimavskĂĄ Sobota recommença Ă gagner encore et encore malgrĂ© lâindisponibilitĂ© de son ailier droit Gembicky pour tout le mois de mars.
Une victoire Ă lâarrachĂ©e contre le Sparta Myjava Ă la 95e minute contre une Ă©quipe valeureuse pourtant rĂ©duite Ă 10 depuis la fin de premiĂšre mi-temps.
| 28/02/2027 | 1-0 | Luptak 95â (Fajcik) |
| Composition: Slaniniak - Nad, Svec, Petran (c), Mazanovsky - Vasilko, Saturnino (Kisiev 75â) - Basa (Vargic 45â) - Vasilâ (Luptak 85â), Gomez (Ferletak 80â), Fajcik |
Une autre obtenue en bloc bas contre une équipe qui voulait contrÎler.
| 06/03/2027 | 1-2 | Vasilko 31â (Petran), Gomez 39â |
| Composition: Slaniniak - Kralovic (Nad 1â), Svec, Petran (c), Mazanovsky (Kisiev 63â) - Vasilko, Saturnino - Vargic - Vasilâ (Luptak 63â), Gomez (Ferletak 63â), Fajcik (Novak 89â) |
Viendront encore quatre victoires consĂ©cutives en mars. Les recrues ne perturbaient pas lâĂ©quipe mais lâamĂ©lioraient. Gomez marquait. Vasilko devenait une arme sur coups de pied arrĂȘtĂ©s. Vasilâ apportait sa qualitĂ© technique. Nad et Mazanovsky donnaient de nouvelles solutions dans les couloirs.
Et derriĂšre eux, les anciens continuaient. Petran, Vargic, Luptak. Les vieux nâĂ©taient pas morts. Ils avaient simplement reçu quelques renforts.
Le match contre PĂșchov devint le symbole de cette nouvelle Ă©quipe. RimavskĂĄ Sobota pouvait passer devant son concurrent direct et Giuseppe prĂ©parait son match avec une prĂ©cision nouvelle.
PĂșchov jouait en 4-4-2. Alors Colombani demanda Ă ses joueurs de jouer dans lâaxe. Vasilâ se recentra derriĂšre Gomez. Luptak vint participer en recoupant vers le centre depuis son aile. Saturnino occupa davantage le cĂŽtĂ© droit.
Nad reçut davantage de libertĂ© dans son couloir. PĂșchov ouvrit le score puis Vasilko Ă©galisa sur corner. Gomez marqua puis Vasilko encore. Enfin Petran libĂ©ra son Ă©quipe.
Quatre buts. Trois corners. Et une victoire qui propulsa RimavskĂĄ Sobota Ă la deuxiĂšme place.
| 10/03/2027 | 4-2 | Vasilko 31â (Petran), 47â (Vasilâ), Gomez 39â (Saturnino), Petran 75â (Vasilâ) |
| Composition: Slaniniak - Nad, Svec, Petran (c), Lesko (Kisiev 68â) - Vasilko, Saturnino - Vargic - Luptak, Gomez, Vasilâ |
â Tu avais prĂ©vu les trois buts sur corner ?
â Oui.
Chiara le regarda.
â Vraiment ?
Giuseppe hésita.
â Disons que jâavais prĂ©vu de les faire souffrir sur coups de pied arrĂȘtĂ©s.
â Donc non.
â Jâavais prĂ©vu deux corners dangereux.
â Donc non.
â Trois, si on considĂšre que le football est une science exacte.
Chiara éclata de rire.
Vint Pohronie et Gomez inscrivit un quadruplé. Six au total en cinq matchs. Rimavskå Sobota gagna 6-2.
| 14/03/2027 | 2-6 | Saturnino 1â (Vargic), Gomez 45â (Lesko), 50â (Luptak), 64â, 70â, Vargic 84â (P) |
| Composition: Slaniniak - Nad, Svec, Petran (c), Lesko (Mazanovsky 45â) - Vasilko (Kisiev 80â), Saturnino - Vargic - Luptak, Gomez, Vasilâ (Fajcik 72â) |
Le football de Colombani devenait presque indĂ©cent. La machine Ă©tait lancĂ©e. Face Ă StarĂĄ ÄœubovĆa, nouvelle victoire 2-0 ajoutĂ©e Ă trois montants et une domination complĂšte. Cette fois, quelque chose devient officiel : RimavskĂĄ Sobota Ă©tait maintenue.
| 20/03/2027 | 2-0 | Vasilko 21â (Luptak), Fajcik 35â (Petran) |
| Composition: Slaniniak - Nad, Svec, Petran (c), Mazanovsky - Vasilko, Kralovic (Kisiev 45â) - Vargic - Luptak (Vasilâ 76â) Gomez, Fajcik |
Le club qui devait descendre ne descendrait pas. Il restait encore Ă©normĂ©ment de matchs pour espĂ©rer mieux. Leur 9Ăšme victoire consĂ©cutive en championnat contre Malzenice vint parachever des mois de fĂ©vrier et de mars de rĂȘve.
| 27/03/2027 | 0-2 | Vasilko 15â (Vasilâ), Gomez 22â (Petran) |
| Composition: Slaniniak - Nad (Novak 70â), Svec, Petran (c), Mazanovsky - Vasilko (Kisiev 70â) Kralovic (Saturnino 1â) - Vargic - Vasilâ, (Luptak 70â) Gomez (Ferletak 70â), Gembicky |
| Clt | Club | MJ | V | N | D | BP | BC | +/- | Pts | ||
| 1er | Ćœilina | 21 | 17 | 3 | 1 | 61 | 19 | 42 | 54 | ||
| 2e | Barr. | Rimavska Sobota | 22 | 16 | 3 | 3 | 55 | 24 | 31 | 51 | |
| 3e | Matador PĂșchov | 21 | 15 | 1 | 5 | 59 | 30 | 29 | 46 | ||
| 4e | Slovan Bratislava B | 22 | 10 | 5 | 7 | 34 | 34 | 0 | 35 | ||
| 5e | PetrĆŸalka | 21 | 8 | 6 | 7 | 23 | 26 | -3 | 30 | ||
| 6e | Zlaté Moravce | 22 | 8 | 6 | 8 | 34 | 37 | -3 | 30 | ||
| 7e | Ć amorĂn | 22 | 8 | 5 | 9 | 30 | 30 | 0 | 29 | ||
| 8e | LiptovskĂœ MikulĂĄĆĄ | 22 | 7 | 5 | 10 | 26 | 29 | -3 | 26 | ||
| 9e | MalĆŸenice | 21 | 7 | 4 | 10 | 26 | 34 | -8 | 25 | ||
| 10e | Pohronie | 21 | 8 | 1 | 12 | 35 | 41 | -7 | 25 | ||
| 11e | Inter Bratislava | 22 | 8 | 1 | 13 | 33 | 48 | -15 | 25 | ||
| 12e | Spartak Myjava | 22 | 7 | 3 | 12 | 26 | 33 | -7 | 24 | ||
| 13e | PovaĆŸskĂĄ Bystrica | 21 | 5 | 5 | 11 | 28 | 41 | -13 | 20 | ||
| 14e | StarĂĄ ÄœubovĆa | 21 | 4 | 6 | 11 | 22 | 37 | -15 | 18 | ||
| 15e | LokomotĂva Zvolen | 21 | 4 | 4 | 13 | 34 | 63 | -29 | 16 |
Buteurs
| Nom | MJ | ||
| Jan Ferletak | 16(2) | 8 | |
| Sebastian Gembicky | 21 | 8 | |
| Marcos Gomez | 7 | 7 | |
| 4e | Matheus Saturnino | 21(2) | 6 |
| 4e | Matej Vargic | 25(1) | 6 |
| 4e | Peter Petran | 26 | 6 |
| 4e | Peter Vasilko | 26 | 6 |
Passeurs
| Nom | MJ | ||
| Erik Luptak | 12(4) | 8 | |
| Peter Petran | 26 | 8 | |
| Matheus Saturnino | 21(2) | 6 | |
| 4e | Matej Vargic | 24(1) | 5 |
| 5e | Sebastian Gembicky | 19 | 4 |
trÚs bonne période pour le club !
Et si lâami Giuseppe allait chercher le titre
Gomez qui se place dans les meilleurs buteurs Ă peine arrivĂ©, ça a tout lâair dâĂȘtre un coup parfait ça !
Et alors si lâĂ©quipe va chercher le titre, wouah ! Elle reviendra de trĂšs loin !
Réponse aux lecteurs
@celiavalencia Oui, ça roule fort !
@Rhino ça va ĂȘtre dur tout de mĂȘme
@CaptainAmericka il est chaud lâargentin, ouais !
Il y a un autre phénomÚne qui apparaßt au printemps. Giuseppe Colombani commence à aimer les conférences de presse ou plutÎt⊠les journalistes commencent à aimer Giuseppe Colombani.
Son slovaque a suffisamment progressĂ© pour quâil nâait plus besoin de chercher ses mots. Il comprend les sous-entendus, les rivalitĂ©s, les vieilles histoires, les petites guerres locales et surtout, il a compris les journalistes. Ils veulent du football mais pas seulement. Ils veulent une phrase, une rĂ©action, une petite pique, quelque chose Ă raconter. Câest toujours plus facile de prĂ©senter Ă lâauditeur une polĂ©mique que de lui expliquer des concepts tactiques comme les systĂšmes dynamiques, la polyvalence, ou lâadaptation constante pour dominer le jeu.
Alors Giuseppe leur donne. AprĂšs PĂșchov, il parle dâHolis. AprĂšs le Tatran, il rĂ©pond Ă Marek Petrus, leur coach. Et quand on lui demande si RimavskĂĄ Sobota peut rĂ©ellement jouer la montĂ©e, il ne baisse plus les yeux.
â Au dĂ©but, je rĂ©pondais que nous voulions simplement nous maintenir.
â Et aprĂšs ?
â Et aprĂšs, je rĂ©pondais que nous avions le droit de regarder le classement.
Ce nâest pas encore une promesse, mais ce nâest plus de la prudence. Les journalistes le sentent. Colombani connaĂźt dĂ©sormais les entraĂźneurs, les joueurs, les clubs, leurs habitudes. Il connaĂźt mĂȘme les petits jeunes qui commencent Ă apparaĂźtre sur les bancs adverses. Il sait qui revient de blessure, qui change de poste, quel entraĂźneur prĂ©fĂšre dĂ©fendre bas, quel jeune est en train de pousser un titulaire vers la sortie, qui arrive en fin de contrat.
Il sâintĂ©resse Ă tout. Ă force, il finit par connaĂźtre le microcosme de la Monacobet Liga presque par cĆur.
Et une question commence Ă circuler :
Comment est-ce quâil sait tout ça ?
Chiara sourit.
â Alors ?
Giuseppe la regarde.
â Alors quoi ?
â Tes sources.
â Quelles sources ?
â Ne fais pas lâinnocent. Tu connais tout le monde.
â Je suis entraĂźneur.
â Tu connais aussi les remplaçants des remplaçants.
â Je mâintĂ©resse au championnat.
â Tu connais les problĂšmes contractuels de joueurs que tu nâas jamais entraĂźnĂ©s.
â Câest utile.
â Et tu savais que le troisiĂšme gardien de Myjava allait jouer avant mĂȘme que le journaliste local ne le sache.
Giuseppe sourit.
â Peut-ĂȘtre.
â Trutz ?
Silence.
â Dâautres journalistes ?
Toujours rien.
â Des agents ?
Giuseppe hausse les épaules.
â Un peu tout le monde.
Chiara incline lĂ©gĂšrement la tĂȘte.
â Donc tu as des informateurs.
â Je nâai pas dit ça.
â Non.
Elle sourit.
â Tu as dit « un peu tout le monde ».
Giuseppe soupire.
â ChiaraâŠ
â Oui ?
â Tu fais ça exprĂšs.
â Ăvidemment.
Il rit. En trois ou quatre mois, à raison de plusieurs interviews par semaine, elle a appris à reconnaßtre ses silences, ses esquives et surtout ses pirouettes. Giuseppe parle volontiers. Chiara, elle, sait désormais quand il faut simplement attendre.
Ă lâĂ©poque, sa rĂ©putation grandit trĂšs vite. Colombani devient un personnage : lâItalien venu de Bari, le jeune entraĂźneur inexpĂ©rimentĂ©. Le promu qui refuse de se comporter comme un promu. Et maintenant, le type qui nâa jamais sa langue dans sa poche. Sa langue est acĂ©rĂ©e mais rarement gratuite.
Lorsquâil parle dâun joueur, il connaĂźt gĂ©nĂ©ralement ses statistiques. Lorsquâil critique une Ă©quipe, il sait pourquoi. Lorsquâil provoque un entraĂźneur, il a une raison. Il ne cherche pas la polĂ©mique. Il cherche le bon mot.
AprĂšs PĂșchov, il sâintĂ©resse Ă Holis, 34 ans, 14 buts en 16 matchs, meilleur buteur de division 2. PlacĂ© sur la liste des transferts. Giuseppe Ă©videmment aucune raison de sâen mĂȘler, alors il sâen mĂȘle.
â Je me suis simplement demandĂ© ce quâen pensaient les supporters du Matador.
â Tu cherchais Ă dĂ©stabiliser PĂșchov ?
Pause.
â Non.
Nouvelle pause.
â Enfin, pas officiellement.
Les journalistes en font leurs choux gras. Ce nâest pas une accusation lancĂ©e au hasard. Giuseppe connaĂźt le dossier. Il sait ce que Holis reprĂ©sente, connaĂźt sa situation et comprend ce que cette dĂ©cision peut provoquer. Il ajoute simplement une allumette.
AprĂšs le Tatran, il rĂ©cidive puis ailleurs, toujours avec la mĂȘme mĂ©thode : une information rĂ©elle, une interprĂ©tation et parfois une petite dose de poison.
â Tu aimais ça ?
â Beaucoup.
â Ătre provocateur ?
â Non.
Il réfléchit.
â Ătre libre.
â Câest une jolie rĂ©ponse.
â Merci.
â Mais ce nâest pas la question.
Giuseppe sourit.
â Je savais que tu allais dire ça.
â Tu commences Ă me connaĂźtre.
â Malheureusement.
Elle rit puis revient Ă la charge.
â Tu nâas jamais eu peur dâaller trop loin ?
â Si.
â Et pourtant tu continuais.
â Parce quâil fallait savoir oĂč Ă©tait la ligne Ă ne pas franchir.
Chiara sourit.
â Câest probablement ce que tu croyais.
Giuseppe la regarde et hausse les Ă©paules malicieusement. Cette fois, câest elle qui marque un point.
Les journalistes ont compris le phénomÚne. Avec Colombani, ils auront toujours quelque chose. Une analyse, une explication, une plaisanterie, une information ou une pique. Parfois les cinq. Et il ne refuse pratiquement jamais une interview.
Radio locale ? Oui. Journal régional ? Oui. Conférence de presse ? Toujours. Il est disponible, il connaßt son sujet et il parle. Il devient ce que les rédactions appellent un bon client.
Mais ce qui impressionne surtout, câest le travail derriĂšre le personnage. Colombani nâest pas un gĂ©nie sorti de nulle part. Il observe, apprend, vĂ©rifie et recommence. Il bouffe du football jusquâĂ connaĂźtre les joueurs, les entraĂźneurs et les habitudes du championnat avec une prĂ©cision parfois dĂ©concertante.
â Tu savais vraiment tout ?
â Non.
â Ah.
â Je savais ce qui mâintĂ©ressait.
â Ce qui tâintĂ©ressait pouvait reprĂ©senter 90% du championnat.
â JâĂ©tais curieux.
â Tu Ă©tais obsessionnel.
â Câest plus Ă©lĂ©gant de dire curieux.
Elle sourit.
â Tu vois ? Câest exactement pour ça que les journalistes tâaimaient.
â Pourquoi ?
â Parce quâavec toi, on ne savait jamais si on Ă©tait en train dâinterviewer un entraĂźneur, un supporter, un agent ou un emmerdeur.
Giuseppe rit.
â Et toi ?
Chiara prend une seconde.
â Moi, je sais.
â Ah oui ?
Elle sourit doucement.
â Tu es les quatre.
Cette fois, Giuseppe ne trouve rien Ă rĂ©pondre et Chiara savoure discrĂštement sa victoire. Depuis quelques mois, elle Ă©coute Giuseppe trois fois par semaine raconter son football, ses joueurs, ses adversaires et ses certitudes. Elle a appris Ă dĂ©mĂȘler le vrai du faux, Ă repĂ©rer les omissions, Ă attendre la petite phrase qui trahit lâintention derriĂšre la rĂ©ponse.
Et surtout Ă comprendre quâavec Colombani, une provocation nâest presque jamais seulement une provocation. Il y a toujours quelque chose derriĂšre, une information, une conviction, une vĂ©ritĂ© dĂ©sagrĂ©able ou simplement lâenvie de sâamuser.
Giuseppe a trouvé sa place dans le championnat, pas seulement sur le banc. Dans son paysage.
Et, pour les journalistes slovaques, il est devenu quelque chose de plus rare encore : un entraĂźneur qui ne refuse jamais de parler. Un entraĂźneur qui connaĂźt son sujet. Un entraĂźneur qui travaille comme un forcenĂ©. Et un entraĂźneur qui, lorsquâil ouvre la bouche, donne presque toujours quelque chose Ă Ă©crire. Bref, un bon client.
Un coach tout en maĂźtrise dans son art ![]()
Zilina ferait bien de se méfier, car Giuseppe et son équipe reviennent trÚs fort dans le rétro !
Il commence Ă ĂȘtre en maitrise, et les journalistes lâont bien compris ![]()
Réponse aux lecteurs
@toopil Il est taquin lâitalien !
@alexgavi Zilina a encore de solides arguments tout de mĂȘme !
Il y avait une Ă©charpe noire sur la chaise. Chiara Moretti la regardait depuis plusieurs minutes sans parvenir Ă dĂ©cider si elle devait la lui rendre. Elle ne se souvenait pas exactement Ă quel moment elle avait atterri lĂ . Elle se souvenait en revanche trĂšs bien de lâhomme qui lâavait portĂ©e.
Il Ă©tait parti quelques heures plus tĂŽt, avec cette discrĂ©tion amusĂ©e des hommes qui savent quâils reviendront peut-ĂȘtre et quâils ont, de toute façon, laissĂ© suffisamment de choses derriĂšre eux pour quâon se souvienne dâeux.
Chiara avait dormi trois heures. Elle avait mal Ă la tĂȘte. Son cafĂ© Ă©tait dĂ©jĂ froid. Elle avait un Ă©change vidĂ©o avec son Ă©diteur Ă onze heures. Et elle nâavait toujours pas commencĂ© son livre.
Elle sourit. CâĂ©tait probablement un assez bon dĂ©but pour un ouvrage consacrĂ© Ă Giuseppe Colombani. Elle se leva, rĂ©cupĂ©ra la cafetiĂšre et se servit une deuxiĂšme tasse puis elle resta debout devant la fenĂȘtre.
Bari Ă©tait grise en ce matin hivernal. Elle pensa Ă lâĂ©charpe puis Ă lâhomme puis, sans transition, Ă Giuseppe. CâĂ©tait probablement cela qui la troublait le plus depuis quatre mois. Elle pensait de plus en plus souvent Ă son sujet lorsquâelle ne travaillait pas. Pas au livre. Ă lui.
LĂĄszlĂł Bellandi avait Ă©tĂ© le premier Ă lui dire quâil y avait peut-ĂȘtre quelque chose Ă faire avec Colombani. Pas une biographie.
Chiara avait progressivement refusĂ© le mot. Une biographie suppose une distance. Elle suppose que lâon sait oĂč lâon va. Elle suppose aussi que le personnage accepte, dâune maniĂšre ou dâune autre, dâĂȘtre racontĂ©. Giuseppe Colombani nâacceptait rien de tout cela.
Il parlait. CâĂ©tait diffĂ©rent. Il parlait Ă©normĂ©ment. Il pouvait parler pendant deux heures dâun match qui en avait durĂ© quatre-vingt-dix minutes. Il pouvait partir dâune question sur un milieu dĂ©fensif et terminer sur son premier appartement, un entraĂźneur quâil avait dĂ©testĂ© Ă trente-cinq ans, une erreur commise quinze ans plus tard et une thĂ©orie sur la confiance des joueurs quâil dĂ©veloppait avec la conviction dâun homme qui venait de dĂ©couvrir cette thĂ©orie la veille.
Il Ă©tait fascinant. Et parfois Ă©puisant. Il Ă©tait affable. Gentil, mĂȘme. Il se souvenait des dĂ©tails. Il demandait des nouvelles. Il sâintĂ©ressait rĂ©ellement aux gens mais il existait, sous cette facilitĂ© apparente, quelque chose de moins confortable. Des silences, des esquives, des contradictions, des fĂȘlures peut-ĂȘtre. Certaines questions dĂ©clenchaient chez lui une avalanche de paroles. Dâautres produisaient trois secondes de silence et une rĂ©ponse remarquablement bien construite qui ne rĂ©pondait absolument pas Ă la question.
Au dĂ©but, Chiara se laissait prendre puis elle avait commencĂ© Ă reconnaĂźtre le mouvement, le sourire, la petite plaisanterie, le dĂ©tour, lâanecdote, le retour au football. Il pouvait vous emmener trĂšs loin sans jamais vous laisser approcher de lâendroit oĂč vous vouliez aller.
Il ne mentait pas. CâĂ©tait plus subtil. Il choisissait ce quâil voulait donner.
AprĂšs quatre mois, Chiara ne prĂ©tendait donc pas connaĂźtre Giuseppe Colombani. Elle prĂ©tendait encore moins connaĂźtre la vĂ©ritĂ© sur lui. Elle avait seulement appris quelque chose dâimportant : la vĂ©ritĂ© nâarrivait presque jamais lorsquâon la demandait.
Elle arrivait plus tard. Dans une conversation diffĂ©rente, dans une phrase quâil prononçait sans y penser, dans une colĂšre ancienne dont il avait oubliĂ© quâil avait dĂ©jĂ parlĂ©, dans un souvenir racontĂ© une premiĂšre fois dâune maniĂšre, puis six semaines plus tard dâune autre, dans ces petits Ă©carts oĂč le personnage que lâon construit de soi-mĂȘme laisse apparaĂźtre celui que lâon est rĂ©ellement.
Il fallait du temps, il fallait de la confiance et il fallait accepter de ne pas tout obtenir, mais aussi de reconnaĂźtre les moments oĂč Giuseppe se livrait vraiment.
La confiance, elle, Ă©tait venue, pas immĂ©diatement, pas grĂące aux interviews. Ă force de revenir, Ă force de lâĂ©couter, Ă force aussi de ne pas accepter toutes ses rĂ©ponses.
Aujourdâhui, Chiara pouvait lui dire :
â Ăa, je ne te crois pas.
Il riait parfois. Il protestait souvent mais continuait Ă parler. CâĂ©tait dĂ©jĂ beaucoup.
Il y avait une autre raison pour laquelle elle ne voulait pas Ă©crire une biographie. Elle nâavait aucune envie de raconter toute la carriĂšre longue comme le bras de Giuseppe Colombani. Pas encore, peut-ĂȘtre jamais.
Les titres, les clubs, les trophĂ©es, les grandes Ă©quipes viendraient nĂ©cessairement dans le rĂ©cit mais ils nâĂ©taient pas son sujet. Son sujet Ă©tait ce qui sâĂ©tait passĂ© avant. Avant la rĂ©putation, avant les certitudes, avant que son nom ne soit devenu associĂ© Ă une maniĂšre particuliĂšre de concevoir le football.
Elle voulait revenir au moment oĂč Giuseppe nâĂ©tait encore quâun jeune entraĂźneur. Arrogant, impatient, avide de tout comprendre, terriblement travailleur. Curieux, parfois insupportable et dĂ©jĂ profondĂ©ment humain.
Tout était là . Pas encore maßtrisé. Pas encore ordonné. Mais là .
Câest pour cela que son « Giuseppe » commencera en Slovaquie. Ă RimavskĂĄ Sobota. Pas dans un grand stade, pas dans un club riche, pas avec un effectif construit autour de lui.
Au contraire, une Ă©quipe vieillissante, des moyens limitĂ©s, des joueurs blessĂ©s, un recrutement contraint. Un jeune entraĂźneur qui dĂ©couvre trĂšs vite que ses idĂ©es ne valent pas grand-chose lorsquâelles ne correspondent pas aux hommes dont il dispose.
Câest lĂ que quelque chose commence. Pas une philosophie, pas encore. Une mĂ©thode peut-ĂȘtre.
Regarder. Essayer. Se tromper. Modifier. Recommencer.
Comprendre quâun joueur peut ĂȘtre autre chose que le poste inscrit Ă cĂŽtĂ© de son nom. Comprendre quâun dĂ©placement peut crĂ©er un espace. Que cet espace peut libĂ©rer un autre joueur. Que ce joueur peut Ă son tour modifier la position dâun troisiĂšme. Et quâune Ă©quipe peut donc changer de forme sans changer dâidentitĂ©.
Le football de Colombani est peut-ĂȘtre nĂ© lĂ . Dans cette contradiction. Il voulait contrĂŽler le jeu. Il allait dĂ©couvrir quâil fallait parfois accepter de ne pas tout contrĂŽler. Et surtout pas sa vie sentimentale, pensa-t-elle amusĂ©e.
Le jeune Giuseppe avait dĂ©jĂ cette arrogance qui lui ferait parfois croire quâil avait compris avant tout le monde mais il avait Ă©galement une qualitĂ© beaucoup plus importante : il travaillait. Il travaillait Ă©normĂ©ment. Une constante de toute sa carriĂšre que personne ne lui nierait. Et lorsquâune idĂ©e ne fonctionnait pas, il pouvait ĂȘtre suffisamment honnĂȘte â ou suffisamment obstinĂ© â pour recommencer.
Câest une qualitĂ© que lâon remarque moins dans les rĂ©cits de carriĂšre. Les grands entraĂźneurs sont gĂ©nĂ©ralement racontĂ©s Ă travers leurs idĂ©es. On oublie les annĂ©es durant lesquelles ces idĂ©es nâexistaient pas encore. On oublie les essais, les erreurs, les joueurs qui ne correspondaient pas, les systĂšmes abandonnĂ©s, les conversations de vestiaire, les petites dĂ©cisions qui, des annĂ©es plus tard, deviennent soudain les prĂ©misses dâune philosophie.
Câest prĂ©cisĂ©ment cette pĂ©riode que Chiara veut raconter.
Ce livre ne sera donc pas une biographie. Chiara ne cherchera pas Ă ĂȘtre exhaustive. Elle ne cherchera pas non plus Ă rendre Giuseppe Colombani cohĂ©rent. Les hommes ne le sont pas. Elle cherchera plutĂŽt Ă comprendre comment certaines contradictions ont fini par produire un entraĂźneur.
Lâhomme qui voulait tout contrĂŽler et celui qui apprit Ă laisser ses joueurs dĂ©cider, lâarrogant et celui qui doutait, le technicien obsessionnel et celui qui accordait parfois plus dâimportance Ă un homme quâĂ une idĂ©e, celui qui pouvait parler pendant une heure pour expliquer une dĂ©cision simple, et celui qui, parfois, disait une phrase de cinq secondes qui suffisait Ă expliquer toute une carriĂšre.
Chiara ne sait pas encore lequel de ces hommes est le vĂ©ritable Giuseppe Colombani. AprĂšs quatre mois, ce serait prĂ©tentieux de le prĂ©tendre. Peut-ĂȘtre quâaprĂšs dix ans, elle ne le saurait toujours pas.
Mais elle a commencĂ© Ă lâaimer, pas malgrĂ© ses dĂ©fauts, Ă cause dâeux aussi. Parce quâils rendent le personnage plus difficile, et donc plus intĂ©ressant.
LâĂ©charpe Ă©tait toujours sur la chaise. Chiara la regarda une derniĂšre fois. Elle prit son tĂ©lĂ©phone. Un message de LĂĄszlĂł venait dâarriver. Alors ?
Elle sourit et tapa : Je commence par le début.
Elle posa le téléphone, ouvrit son ordinateur et commença à écrire sur Rimavskå Sobota.
Oh oh, de moins en moins de brouillard dans lâesprit de notre chĂšre journaliste, de moins en moins de questions mais en mĂȘme temps, pas mal dâinterrogation mine de rien.
Finalement, elle fait 2 pas en avant, 1 en arriĂšre ![]()
Ce que tu Ă©cris me rappelle les cours de mĂ©thodologie dâĂ©criture de mĂ©moire, oĂč il fallait « mener » un entretien, pour en tirer les info intĂ©ressantes. Et les meilleures anecdotes Ă©taient celles oĂč la discussion partait dans tous les sens ![]()
Avec Giuseppe, chaque détour en vaut la chandelle. Courage à Chiara !
Réponse aux lecteurs
@CaptainAmericka le misogyne dirait : « ahhhh⊠les femmes, mais qui peut les comprendre ? »
@alexgavi E tout cas, le vieil homme lui donne lâinspiration !
Il y avait une Ă©charpe noire sur la chaise du salon. Je me souviens de ça. Pas du nom de lâhomme avec qui jâavais passĂ© la nuit. Pas vraiment de son visage. De ses fesses musclĂ©es un peu. Jâavais dormi trois heures, le cafĂ© Ă©tait mauvais et mon Ă©diteur, LĂĄszlĂł mâattendait pour parler de Giuseppe Colombani.
Je pensais rencontrer un entraĂźneur. Je me trompais.
Je suis une femme de mon Ă©poque. Jâai aimĂ©. Jâai quittĂ©. Jâai Ă©tĂ© quittĂ©e. Jâai connu les hommes et les femmes que lâon garde, ceux et celles que lâon ne garde pas et ceux et celles dont on comprend trop tard quâon aurait peut-ĂȘtre dĂ» les garder. Jâai fait des erreurs. Jâen ferai encore.
Je nâai jamais beaucoup cru aux vies raisonnables. Alors je ne sais pas pourquoi je pensais que celle de Giuseppe Colombani serait simple Ă raconter.
La premiĂšre fois que je lâai rencontrĂ©, il mâa plu immĂ©diatement. Il Ă©tait affable, prĂ©venant, drĂŽle, attentif. Il posait des questions et se souvenait des rĂ©ponses. Il avait cette maniĂšre de regarder les gens qui donne lâimpression quâils sont, pendant quelques secondes, la seule personne qui compte.
Et puis il parlait. Beaucoup. La premiĂšre fois que je lui ai posĂ© une question difficile, il a parlĂ© pendant vingt minutes. De son enfance, dâun entraĂźneur italien, dâun match sous la pluie, dâun joueur dont je ne connaissais pas le nom, dâune dispute avec un prĂ©sident et de sa mĂšre croyante.
Pas de ma question. Ă la fin, il mâa regardĂ©e.
â Tu en as une autre ?
â Non. La premiĂšre est toujours lĂ .
Il a ri puis il a rĂ©pondu. Jâai compris quâavec Giuseppe Colombani, il ne fallait pas toujours chercher la rĂ©ponse. Il fallait parfois attendre quâil soit prĂȘt Ă la donner. Alors jâai attendu, je suis revenue encore et encore.
Un soir, aprÚs une longue conversation, je lui ai demandé pourquoi il acceptait de parler aussi longtemps avec moi. Il a réfléchi.
â Parce que tu reviens.
Je nâai rien rĂ©pondu. Je crois que je nâavais pas besoin de le faire. Quatre mois plus tard, je ne prĂ©tends pas connaĂźtre Giuseppe Colombani. Je connais ses Ă©clats de rire. Sa gentillesse. Son intelligence. Son arrogance aussi, cette certitude tranquille quâil a parfois dâavoir compris avant les autres.
Je connais surtout ses silences. Ils sont plus intĂ©ressants. Giuseppe parle volontiers de son passĂ©. De ses dĂ©buts. De ses erreurs. Des entraĂźneurs qui lâont marquĂ©. Des joueurs quâil a aimĂ©s. Des dĂ©cisions qui ont changĂ© sa carriĂšre.
Le prĂ©sent, beaucoup moins. Il a des enfants, il a aimĂ©, il a construit une vie. Je sais tout cela, mais je nâen sais presque rien. Il nâen parle pas. Pas vraiment. Par pudeur, peut-ĂȘtre. Ou parce que certaines choses deviennent plus faciles Ă raconter lorsquâelles sont dĂ©jĂ devenues des souvenirs.
Alors il revient en arriĂšre. Souvent, avec une prĂ©cision Ă©tonnante. Il se souvient des lieux, des voix, des visages, des conversations. Il se souvient de ce quâil pensait Ă trente-trois ans, de ce quâil aurait dĂ» faire Ă trente-huit, de ce quâil aurait aimĂ© comprendre plus tĂŽt. Il parle du passĂ© comme certains parlent dâun pays dans lequel ils auraient laissĂ© quelque chose.
Je ne lui demande pas quoi. Pas encore. Je crois que jâai compris quâil y a chez lui une solitude quâil ne nommera jamais. Ce nâest pas la solitude de lâhomme abandonnĂ©. Câest autre chose. Celle de lâhomme qui a tellement rempli sa vie quâil nâa peut-ĂȘtre plus beaucoup de place pour y vivre. Son travail occupe tout.
Les matches. Les joueurs. Les projets. Les voyages. Les souvenirs. Les idĂ©es. Les prochaines saisons. Toujours quelque chose Ă prĂ©parer. Toujours quelque chose Ă comprendre. Toujours quelquâun Ă faire progresser.
Et quand le présent approche, Giuseppe trouve souvent une porte de sortie : une anecdote, un souvenir, une théorie, une certitude.
Je connais cette mĂ©canique, je lâai longtemps utilisĂ©e moi aussi. On peut avoir une vie pleine et ĂȘtre seul. On peut aimer beaucoup de gens et continuer Ă regarder derriĂšre soi. On peut avoir rĂ©ussi et regretter certaines choses. Je ne sais pas si Giuseppe regrette. Je sais seulement quâil y a des moments oĂč son assurance ressemble Ă©trangement Ă une maniĂšre de tenir debout.
Câest peut-ĂȘtre pour cela que nous nous comprenons. Ou peut-ĂȘtre que je projette sur lui mes propres failles. AprĂšs tout, je suis journaliste. Je passe ma vie Ă chercher du sens dans les gestes des autres. Je sais aussi combien il est facile de sây reconnaĂźtre.
Je ne suis pas tombĂ©e amoureuse de Giuseppe Colombani. Je serais sans doute tombĂ©e amoureuse du Giuseppe dâil y a 40 ans. Je ne veux pas raconter cette histoire-lĂ . Je me suis attachĂ©e Ă lâhomme qui apparaĂźt entre deux phrases, lorsquâil oublie quelques secondes de contrĂŽler ce quâil donne Ă voir. Celui qui rit avant de rĂ©pondre. Celui qui revient toujours Ă une vieille histoire. Celui qui parle de ceux qui ne sont plus lĂ avec une tendresse quâil ne sâaccorde jamais Ă lui-mĂȘme.
Et puis il y a moi, je ne sais pas exactement ce que je suis devenue pendant ces quatre mois. Je sais seulement que jâattends dĂ©sormais nos conversations. Que jâaime quand il sâinstalle et commence Ă parler. Que jâai appris Ă ne plus remplir les silences. Peut-ĂȘtre parce que je sais ce quâils contiennent.
Peut-ĂȘtre parce que, moi aussi, jâai parfois prĂ©fĂ©rĂ© raconter mes souvenirs plutĂŽt que de rĂ©pondre Ă la question de savoir oĂč jâen Ă©tais. Câest peut-ĂȘtre lĂ que tout a commencĂ©. Pas entre un journaliste et un entraĂźneur. Entre deux personnes qui ont suffisamment vĂ©cu pour savoir que les certitudes ne protĂšgent pas de tout.
Je ne veux pas Ă©crire sa biographie. Je veux comprendre lâhomme qui existait avant la lĂ©gende. Le jeune Giuseppe. Celui qui ne savait pas encore ce quâil allait devenir. Celui qui avait peur, qui se croyait dĂ©jĂ certain de lui et qui ne lâĂ©tait pas.
Alors je commence Ă RimavskĂĄ Sobota. Pas parce que tout y commence. Parce quâon y voit encore les coutures. Un jeune entraĂźneur. Une Ă©quipe. Quelques certitudes. Beaucoup de questions. Et derriĂšre le football, peut-ĂȘtre dĂ©jĂ , lâhomme quâil deviendra.
Giuseppe me donne des morceaux. Je ne suis pas certaine quâil sache lui-mĂȘme ce quâils racontent. Mais je commence Ă avoir une idĂ©e. Et cette idĂ©e-lĂ , je ne suis pas encore prĂȘte Ă lui dire.
A force de fréquenter le vieux Giuseppe, elle va finir par devenir sa petite infirmiÚre préférée ![]()






