:storygreen: :s1: 🇾🇰 Le vent de Bari : confessions de Giuseppe Colombani

Idem, j’aime bien Richard. Du franc parlĂ©, mais on sait Ă  quoi s’attendre au moins :smiley:

Réponse aux lecteurs

@toopil @CaptainAmericka @Rhino @alexgavi Ah, Richard, un sacrĂ© personnage. Ancien joueur pro, carriĂšre arrĂȘtĂ©e Ă  28 ans pour blessures, arbitre de niveau national ensuite, puis prĂ©sentateur tĂ©lĂ©, et ensuite directeur sportif du Slovan, le gars a une sacrĂ©e carriĂšre. Je ne sais pas si la personnalitĂ© que je lui ai donnĂ© lui conviendrait, mais je trouvais qu’elle allait bien avec mon rĂ©cit !

- La passion du football -

— À quel moment as-tu commencĂ© Ă  croire que tu Ă©tais rĂ©ellement entraĂźneur ?

Giuseppe ne répondit pas tout de suite. Il fit tourner lentement son verre entre ses doigts puis répondit.

— Ce n’est pas aprĂšs une victoire. Ce n’est mĂȘme pas aprĂšs toutes ces premiĂšres victoires. C’est pendant une coupure de championnat, quand je suis rentrĂ© Ă  Bari. La trĂȘve Ă©tait courte. Quatre jours Ă  peine. Juste assez pour rentrer dans les Pouilles, respirer un peu l’air de l’Adriatique
 et repartir.

À cette Ă©poque-lĂ , j’avais dĂ©jĂ  compris une chose. Je ne pourrais jamais vraiment couper. Le football m’accompagnait partout, mĂȘme en vacances. Surtout en vacances.

— Tu Ă©tais devenu obsessionnel ?

— Complùtement. Et le pire
 c’est que je trouvais ça parfaitement normal.

Giuseppe éclata de rire.

— Je dĂ©barquais chez mes parents avec deux sacs, une valise et un ordinateur rempli de vidĂ©os des prochains adversaires. Ma mĂšre m’embrassait, mon pĂšre me demandait si le voyage s’était bien passĂ©. Moi, je demandais oĂč je pouvais m’installer au calme. Je n’étais dĂ©jĂ  plus frĂ©quentable.


C’était l’anniversaire de son frangin et de son neveu. Le repas fut comme tous les autres. Bruyant, gĂ©nĂ©reux. Les assiettes circulaient plus vite que les conversations. Son pĂšre servait un digestif maison dont personne n’avait jamais vraiment connu la recette. Son frĂšre racontait une anecdote. Les enfants couraient partout. Pendant quelques heures
 Giuseppe oublia presque la Slovaquie.

— Ma mĂšre m’a regardĂ© longtemps puis elle a commencĂ© Ă  pleurer.

Chiara releva la tĂȘte.

— Pourquoi ?

— Parce qu’elle m’a dit une phrase que je n’ai jamais oubliĂ©e. « Tu souris de nouveau. Â»

Le silence s’installa.

— Je crois qu’elle avait raison. Je travaillais quinze heures par jour. Je vivais seul. Je mangeais n’importe comment. Je dormais mal mais
 j’avais enfin trouvĂ© ma place.

Son pĂšre ne disait jamais grand-chose. À la fin du repas, il posa simplement une main sur son Ă©paule. Son frĂšre fit de mĂȘme. Aucune grande dĂ©claration. Chez les Colombani, les hommes parlaient peu. Ils serraient fort. C’était leur maniĂšre de dire qu’ils Ă©taient fiers.

— Ils commençaient Ă  comprendre que ce n’était plus un rĂȘve. J’étais vraiment entraĂźneur professionnel dans un pays dont ils ne savaient toujours pas placer la capitale sur une carte
 mais entraĂźneur professionnel quand mĂȘme.

Chiara sourit malicieusement.

— Et Giulia ?

Le vieux coach leva les yeux au plafond.

— Évidemment
 Giulia.


Elle vint le chercher chez ses parents en fin d’aprùs-midi. Toujours ponctuelle. Toujours impeccable. Sa BMW glissa silencieusement devant la maison. Giuseppe monta puis il resta quelques secondes sans rien dire.

— Elle Ă©tait magnifique.

Il secoua la tĂȘte en riant.

— C’est terrible, avec quarante ans de recul, je suis encore capable de te dĂ©crire sa tenue. Une robe bleu nuit. TrĂšs simple. TrĂšs Ă©lĂ©gante. Des boucles d’oreilles assorties. Et ce parfum
 Je serais incapable de te dire lequel c’était mais je pourrais probablement encore le reconnaĂźtre aujourd’hui.

Ils prirent la route de Polignano a Mare. La fin de l’étĂ© enveloppait encore les falaises. La mer Ă©tait calme, les terrasses commençaient doucement Ă  se remplir. Ils choisirent un petit restaurant dominant l’Adriatique. Pas un endroit luxueux mais un endroit oĂč l’on venait surtout pour la vue.

Giulia posa beaucoup de questions. Pas sur les résultats, sur lui.

— Comment tu vis tout ça ? Tu dors un peu mieux ? Tu arrives à communiquer avec les joueurs ? Tu te sens seul ?

Giuseppe éclata de rire.

— Avec le recul
 je comprends qu’elle me faisait passer un entretien psychologique. Sur le moment
 j’étais beaucoup trop occupĂ© Ă  essayer de ne pas renverser mon verre.

Ils parlĂšrent du club. De Robert Sevcik, de Richard Trutz qui devait bientĂŽt arriver, du projet. Au dessert, Giulia sortit une enveloppe.

— J’ai une bonne nouvelle.

À l’intĂ©rieur. Les papiers d’inscription. Robert avait acceptĂ© de financer sa premiĂšre formation d’entraĂźneur, son premier diplĂŽme officiel.

— Tu as fait tes preuves. Il veut investir sur toi.

Giuseppe baissa les yeux.

— Tu te rends compte ? Quelques mois plus tĂŽt
 je n’étais personne. Là
 quelqu’un dĂ©cidait que je valais suffisamment pour qu’on mise sur moi. Je crois que c’est ce soir-lĂ  que je me suis senti lĂ©gitime pour la premiĂšre fois.


Ils quittĂšrent le restaurant, marchĂšrent un moment puis s’assirent sur une terrasse face Ă  la mer. Une biĂšre, la douceur de cette fin septembre, le bruit des vagues et ce sentiment Ă©trange que tout semblait enfin possible.

— Je me suis racontĂ© beaucoup d’histoires ce soir-lĂ .

Chiara esquissa un sourire.

— Lesquelles ?

— Toutes. Celles qu’un homme de trente-trois ans se raconte quand il est amoureux sans vouloir se l’avouer. Je trouvais qu’elle riait davantage, qu’elle me regardait plus longtemps, qu’elle Ă©tait plus proche. Aujourd’hui je pense surtout qu’elle passait une bonne soirĂ©e. Moi
 j’y voyais des signes partout.

Il éclata de rire.

— Les entraĂźneurs analysent beaucoup. Parfois beaucoup trop. Si je n’avais pas perçu percevoir les signaux envoyĂ©s par Katarina, j’en dĂ©celais d’inexistants chez Giulia.

Au moment de repartir, Giuseppe prit son courage Ă  deux mains. Il se pencha lĂ©gĂšrement, pas trĂšs sĂ»r de lui mais suffisamment pour que l’intention soit claire. Giulia posa doucement une main sur son avant-bras et lui sourit.

— Giuseppe


Sa voix était douce, presque tendre.

— Nous avons une relation de travail. Je tiens beaucoup à toi. J’aime passer du temps avec toi, mais je veux que cela reste professionnel.


Elle ne s’était pas reculĂ©e brusquement. Elle ne l’avait pas humiliĂ©. Elle avait simplement tracĂ© une ligne claire et Ă©lĂ©gante. DĂ©finitive.

— Ça a Ă©tĂ© dur ?

— Oui. Personne n’aime se faire Ă©conduire. Et non. J’étais déçu, Ă©videmment. Mais au fond
 je l’admirais encore davantage. Elle ne profitait pas de l’ascendant qu’elle avait sur moi. Elle protĂ©geait notre relation de travail probablement mieux que je n’aurais su le faire.


Quelques jours plus tard, de retour Ă  RimavskĂĄ Sobota, Robert Sevcik le fit venir dans son bureau. Le prĂ©sident resta debout devant la fenĂȘtre, les mains dans le dos.

— Merci pour la formation.

Robert se retourna.

— Ne me remercie pas, mais fais-en quelque chose.

Puis il ajouta, avec cette franchise qui le caractérisait :

— Tu es la base du projet. L’arrivĂ©e de Trutz, la tienne. Tout ça ouvre une nouvelle Ă©poque. J’espĂšre qu’un jour on parlera de nous comme on parlait du grand FC Tauris. Nous n’en sommes qu’au dĂ©but. Alors travaille, le reste suivra.

Giuseppe resta silencieux.

— Je suis sorti du bureau avec une drĂŽle de sensation. J’avais toujours pensĂ© que mon travail consistait Ă  sauver un promu. Robert, lui
 voyait toujours plus loin.

Il sourit.

— Et moi
 je commençais doucement Ă  comprendre quelque chose. Le football n’était pas seulement un sport. C’était un problĂšme, un immense problĂšme avec des centaines de variables. Des hommes, des Ă©motions, des systĂšmes, des blessures, des Ă©gos, des idĂ©es.

Et plus je passais de temps Ă  essayer de rĂ©soudre ce problĂšme
 plus j’avais envie d’y consacrer ma vie entiĂšre.

- Saison 1 - 26/27 -
- Chapitre 21 -
- Richard Trutz débarque dans la partie -
- Chapitre 23 -
- Ă  paraĂźtre -
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un homme italien: foot et femme


La recale qui brise les espoirs
 On voit des signes lĂ  oĂč il n’y a qu’un mur gris.. Et lorsqu’on s’approche trop prĂšs, bah on se bouffe le mur :sac:

Concentrons nous sur le football coach !

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Tu viens de décrire ma vie :sac:

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Aïe, cruelle défaite pour le jeune entraineur. A charge de revanche ! :sweat_smile: