:storygreen: :s1: 🇾🇰 Le vent de Bari : confessions de Giuseppe Colombani

Idem, j’aime bien Richard. Du franc parlĂ©, mais on sait Ă  quoi s’attendre au moins :smiley:

Réponse aux lecteurs

@toopil @CaptainAmericka @Rhino @alexgavi Ah, Richard, un sacrĂ© personnage. Ancien joueur pro, carriĂšre arrĂȘtĂ©e Ă  28 ans pour blessures, arbitre de niveau national ensuite, puis prĂ©sentateur tĂ©lĂ©, et ensuite directeur sportif du Slovan, le gars a une sacrĂ©e carriĂšre. Je ne sais pas si la personnalitĂ© que je lui ai donnĂ© lui conviendrait, mais je trouvais qu’elle allait bien avec mon rĂ©cit !

- La passion du football -

— À quel moment as-tu commencĂ© Ă  croire que tu Ă©tais rĂ©ellement entraĂźneur ?

Giuseppe ne répondit pas tout de suite. Il fit tourner lentement son verre entre ses doigts puis répondit.

— Ce n’est pas aprĂšs une victoire. Ce n’est mĂȘme pas aprĂšs toutes ces premiĂšres victoires. C’est pendant une coupure de championnat, quand je suis rentrĂ© Ă  Bari. La trĂȘve Ă©tait courte. Quatre jours Ă  peine. Juste assez pour rentrer dans les Pouilles, respirer un peu l’air de l’Adriatique
 et repartir.

À cette Ă©poque-lĂ , j’avais dĂ©jĂ  compris une chose. Je ne pourrais jamais vraiment couper. Le football m’accompagnait partout, mĂȘme en vacances. Surtout en vacances.

— Tu Ă©tais devenu obsessionnel ?

— Complùtement. Et le pire
 c’est que je trouvais ça parfaitement normal.

Giuseppe éclata de rire.

— Je dĂ©barquais chez mes parents avec deux sacs, une valise et un ordinateur rempli de vidĂ©os des prochains adversaires. Ma mĂšre m’embrassait, mon pĂšre me demandait si le voyage s’était bien passĂ©. Moi, je demandais oĂč je pouvais m’installer au calme. Je n’étais dĂ©jĂ  plus frĂ©quentable.


C’était l’anniversaire de son frangin et de son neveu. Le repas fut comme tous les autres. Bruyant, gĂ©nĂ©reux. Les assiettes circulaient plus vite que les conversations. Son pĂšre servait un digestif maison dont personne n’avait jamais vraiment connu la recette. Son frĂšre racontait une anecdote. Les enfants couraient partout. Pendant quelques heures
 Giuseppe oublia presque la Slovaquie.

— Ma mĂšre m’a regardĂ© longtemps puis elle a commencĂ© Ă  pleurer.

Chiara releva la tĂȘte.

— Pourquoi ?

— Parce qu’elle m’a dit une phrase que je n’ai jamais oubliĂ©e. « Tu souris de nouveau. Â»

Le silence s’installa.

— Je crois qu’elle avait raison. Je travaillais quinze heures par jour. Je vivais seul. Je mangeais n’importe comment. Je dormais mal mais
 j’avais enfin trouvĂ© ma place.

Son pĂšre ne disait jamais grand-chose. À la fin du repas, il posa simplement une main sur son Ă©paule. Son frĂšre fit de mĂȘme. Aucune grande dĂ©claration. Chez les Colombani, les hommes parlaient peu. Ils serraient fort. C’était leur maniĂšre de dire qu’ils Ă©taient fiers.

— Ils commençaient Ă  comprendre que ce n’était plus un rĂȘve. J’étais vraiment entraĂźneur professionnel dans un pays dont ils ne savaient toujours pas placer la capitale sur une carte
 mais entraĂźneur professionnel quand mĂȘme.

Chiara sourit malicieusement.

— Et Giulia ?

Le vieux coach leva les yeux au plafond.

— Évidemment
 Giulia.


Elle vint le chercher chez ses parents en fin d’aprùs-midi. Toujours ponctuelle. Toujours impeccable. Sa BMW glissa silencieusement devant la maison. Giuseppe monta puis il resta quelques secondes sans rien dire.

— Elle Ă©tait magnifique.

Il secoua la tĂȘte en riant.

— C’est terrible, avec quarante ans de recul, je suis encore capable de te dĂ©crire sa tenue. Une robe bleu nuit. TrĂšs simple. TrĂšs Ă©lĂ©gante. Des boucles d’oreilles assorties. Et ce parfum
 Je serais incapable de te dire lequel c’était mais je pourrais probablement encore le reconnaĂźtre aujourd’hui.

Ils prirent la route de Polignano a Mare. La fin de l’étĂ© enveloppait encore les falaises. La mer Ă©tait calme, les terrasses commençaient doucement Ă  se remplir. Ils choisirent un petit restaurant dominant l’Adriatique. Pas un endroit luxueux mais un endroit oĂč l’on venait surtout pour la vue.

Giulia posa beaucoup de questions. Pas sur les résultats, sur lui.

— Comment tu vis tout ça ? Tu dors un peu mieux ? Tu arrives à communiquer avec les joueurs ? Tu te sens seul ?

Giuseppe éclata de rire.

— Avec le recul
 je comprends qu’elle me faisait passer un entretien psychologique. Sur le moment
 j’étais beaucoup trop occupĂ© Ă  essayer de ne pas renverser mon verre.

Ils parlĂšrent du club. De Robert Sevcik, de Richard Trutz qui devait bientĂŽt arriver, du projet. Au dessert, Giulia sortit une enveloppe.

— J’ai une bonne nouvelle.

À l’intĂ©rieur. Les papiers d’inscription. Robert avait acceptĂ© de financer sa premiĂšre formation d’entraĂźneur, son premier diplĂŽme officiel.

— Tu as fait tes preuves. Il veut investir sur toi.

Giuseppe baissa les yeux.

— Tu te rends compte ? Quelques mois plus tĂŽt
 je n’étais personne. Là
 quelqu’un dĂ©cidait que je valais suffisamment pour qu’on mise sur moi. Je crois que c’est ce soir-lĂ  que je me suis senti lĂ©gitime pour la premiĂšre fois.


Ils quittĂšrent le restaurant, marchĂšrent un moment puis s’assirent sur une terrasse face Ă  la mer. Une biĂšre, la douceur de cette fin septembre, le bruit des vagues et ce sentiment Ă©trange que tout semblait enfin possible.

— Je me suis racontĂ© beaucoup d’histoires ce soir-lĂ .

Chiara esquissa un sourire.

— Lesquelles ?

— Toutes. Celles qu’un homme de trente-trois ans se raconte quand il est amoureux sans vouloir se l’avouer. Je trouvais qu’elle riait davantage, qu’elle me regardait plus longtemps, qu’elle Ă©tait plus proche. Aujourd’hui je pense surtout qu’elle passait une bonne soirĂ©e. Moi
 j’y voyais des signes partout.

Il éclata de rire.

— Les entraĂźneurs analysent beaucoup. Parfois beaucoup trop. Si je n’avais pas perçu percevoir les signaux envoyĂ©s par Katarina, j’en dĂ©celais d’inexistants chez Giulia.

Au moment de repartir, Giuseppe prit son courage Ă  deux mains. Il se pencha lĂ©gĂšrement, pas trĂšs sĂ»r de lui mais suffisamment pour que l’intention soit claire. Giulia posa doucement une main sur son avant-bras et lui sourit.

— Giuseppe


Sa voix était douce, presque tendre.

— Nous avons une relation de travail. Je tiens beaucoup à toi. J’aime passer du temps avec toi, mais je veux que cela reste professionnel.


Elle ne s’était pas reculĂ©e brusquement. Elle ne l’avait pas humiliĂ©. Elle avait simplement tracĂ© une ligne claire et Ă©lĂ©gante. DĂ©finitive.

— Ça a Ă©tĂ© dur ?

— Oui. Personne n’aime se faire Ă©conduire. Et non. J’étais déçu, Ă©videmment. Mais au fond
 je l’admirais encore davantage. Elle ne profitait pas de l’ascendant qu’elle avait sur moi. Elle protĂ©geait notre relation de travail probablement mieux que je n’aurais su le faire.


Quelques jours plus tard, de retour Ă  RimavskĂĄ Sobota, Robert Sevcik le fit venir dans son bureau. Le prĂ©sident resta debout devant la fenĂȘtre, les mains dans le dos.

— Merci pour la formation.

Robert se retourna.

— Ne me remercie pas, mais fais-en quelque chose.

Puis il ajouta, avec cette franchise qui le caractérisait :

— Tu es la base du projet. L’arrivĂ©e de Trutz, la tienne. Tout ça ouvre une nouvelle Ă©poque. J’espĂšre qu’un jour on parlera de nous comme on parlait du grand FC Tauris. Nous n’en sommes qu’au dĂ©but. Alors travaille, le reste suivra.

Giuseppe resta silencieux.

— Je suis sorti du bureau avec une drĂŽle de sensation. J’avais toujours pensĂ© que mon travail consistait Ă  sauver un promu. Robert, lui
 voyait toujours plus loin.

Il sourit.

— Et moi
 je commençais doucement Ă  comprendre quelque chose. Le football n’était pas seulement un sport. C’était un problĂšme, un immense problĂšme avec des centaines de variables. Des hommes, des Ă©motions, des systĂšmes, des blessures, des Ă©gos, des idĂ©es.

Et plus je passais de temps Ă  essayer de rĂ©soudre ce problĂšme
 plus j’avais envie d’y consacrer ma vie entiĂšre.

- Saison 1 - 26/27 -
- Chapitre 21 -
- Richard Trutz débarque dans la partie -
- Chapitre 23 -
- Le football est un problÚme à résoudre -
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un homme italien: foot et femme


La recale qui brise les espoirs
 On voit des signes lĂ  oĂč il n’y a qu’un mur gris.. Et lorsqu’on s’approche trop prĂšs, bah on se bouffe le mur :sac:

Concentrons nous sur le football coach !

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Tu viens de décrire ma vie :sac:

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Aïe, cruelle défaite pour le jeune entraineur. A charge de revanche ! :sweat_smile:

Réponse aux lecteurs

@celiavalencia je ne sais pas si ils sont tous comme ça, mais y’a pire comme hobbies !

@alexgavi la défaite, ça construit, hmmm

@toopil t’as besoin d’un biographe ? On ne te demandera pas quel mĂ©tier tu exerces !?

@CaptainAmericka ca sent le vécu !

- Le football est un problÚme à résoudre-

— À quel moment as-tu compris que tu Ă©tais un bon entraĂźneur ?

Chiara posa la question sans quitter son écran. Giuseppe ne répondit pas tout de suite. Il regarda la mer.

— Oh, j’ai cru que j’étais un bon entraĂźneur bien avant de le devenir.

Elle leva un sourcil.

— Ah ?

— L’arrogance est souvent plus rapide que les compĂ©tences.

Il ouvrit un nouveau carnet, celui d’octobre 2026. Les premiĂšres pages Ă©taient couvertes de petits schĂ©mas, de rectangles, de flĂšches, de numĂ©ros, d’annotations en italien.

« Ils construisent toujours Ă  trois. Â»

« Le latĂ©ral plonge trop tĂŽt. Â»

« Si on ferme l’intĂ©rieur, ils deviennent prĂ©visibles. Â»

Chiara sourit.

— Tu dessinais beaucoup.

— J’essayais surtout de comprendre. Au dĂ©but, je pensais que le football se rĂ©sumait Ă  avoir une idĂ©e de jeu puis j’ai dĂ©couvert que chaque adversaire Ă©tait un problĂšme diffĂ©rent et que mon mĂ©tier consistait simplement Ă  trouver une solution avant lui.

Il tourna quelques pages.

— C’est Ă  cette Ă©poque que j’ai commencĂ© Ă  regarder moins mon Ă©quipe
 et davantage les autres. Je passais des nuits entiĂšres devant des vidĂ©os, avec Petran. Deux cafĂ©s. Un ordinateur qui soufflait plus fort que nous et une tĂ©lĂ© de mauvaise qualitĂ©. Nous arrĂȘtions l’image toutes les trente secondes.

Parfois nous mettions vingt minutes Ă  analyser une seule action puis nous reprenions, encore et encore.

— Vous aviez dĂ©jĂ  des analystes vidĂ©o ?

Giuseppe éclata de rire.

— Nous ? Notre analyste vidĂ©o, c’était la touche pause et parfois elle fonctionnait mal.


Le retour Ă  la compĂ©tition se faisait contre la rĂ©serve du Slovan Bratislava. Une Ă©quipe jeune, technique et imprĂ©visible. Giuseppe avait dĂ©cidĂ© d’essayer quelque chose. Trois dĂ©fenseurs centraux. Petran, Vasilko et Kisiev. Deux pistons. Deux attaquants.

— Je voulais voir. Parfois, un jeune entraĂźneur change de systĂšme parce qu’il a une intuition. Parfois parce qu’il est curieux. Et parfois
 
parce qu’il a regardĂ© trop de matches italiens.

Chiara éclata de rire.

— C’était lequel ?

— Les trois.

Le plan fonctionna
 à moitié. Offensivement, Rimavskå Sobota produisit de trÚs belles séquences.
Le retour d’Erik Luptak, absent depuis le dĂ©but de saison, transforma immĂ©diatement le cĂŽtĂ© gauche. À trente-six ans, il apportait ce qui manquait depuis juillet : de la qualitĂ© dans les petits espaces, des centres prĂ©cis et cette facultĂ© Ă  ralentir ou accĂ©lĂ©rer le jeu au bon moment. Il offrit une passe dĂ©cisive.

Vargic. fit du Vargic. et Gembicky. inscrivit un doublé en concluant deux magnifiques mouvements collectifs..

— Nous avons marquĂ© deux trĂšs beaux buts. Mais derriĂšre
 Il leva les yeux au ciel. DerriĂšre, j’ai compris que toutes les bonnes idĂ©es ne sont pas forcĂ©ment de bonnes idĂ©es. Kisiev souffrit Ă©normĂ©ment dans les duels. Les automatismes n’existaient pas encore. Nous concĂ©dions deux buts Ă©vitables. 2-2.

Le carnet disait simplement : « SystĂšme intĂ©ressant. DĂ©fense beaucoup moins. Â»

— Tu vois
 Aujourd’hui j’écrirais une page entiĂšre. À cette Ă©poque, une phrase suffisait.

3/10/2026 2-2 Gembicky 29’ 43’ Marcelli, 11’, 57’

Quelques jours plus tard, dĂ©placement chez l’Inter Bratislava qui venait d’enchaĂźner cinq dĂ©faites consĂ©cutives. Une Ă©quipe blessĂ©e et souvent
 
les Ă©quipes blessĂ©es sont les plus dangereuses.

— J’ai encore changĂ©.

Chiara sourit.

— Évidemment.

— Je n’aime pas que mes adversaires dorment tranquilles. Retour au 4-3-3. Petran quittait son couloir pour s’installer dĂ©finitivement dans l’axe de la dĂ©fense. Une dĂ©cision qui surprit tout le monde sauf Petran.

Je lui ai dit : « Tu vas jouer central. Â» Il m’a rĂ©pondu : « TrĂšs bien. Â» Je lui aurais demandĂ© de jouer gardien qu’il aurait probablement rĂ©pondu la mĂȘme chose.

Lesko hĂ©ritait du couloir droit. Novak retrouvait la gauche. Ferletak commençait sur le banc, une premiĂšre. Devant, Gembicky glissait dans l’axe, entourĂ© de Luptak et Fajcik.

— Pourquoi avoir sorti ton buteur ?

— Parce qu’un entraĂźneur ne doit jamais devenir prisonnier de ses habitudes. MĂȘme lorsque cela lui coĂ»te. HĂ©las, aprĂšs vingt minutes, Fajcik se tordit la cheville. Un mois d’absence.

VoilĂ  pourquoi un entraĂźneur prĂ©pare toujours plusieurs matchs. Celui qu’il imagine et celui que le football dĂ©cide Ă  sa place. Ferletak entra, Gembicky repartit sur son aile et soudain
 tout fonctionna.

Saturnino trouva Ferletak dans la profondeur. 1-0. Puis Vargic transforma un penalty, avant d’offrir un ballon parfait Ă  Vuantu. La frappe enroulĂ©e du milieu ivoirien termina dans la lucarne. 3-0.

Nous les avons étouffés. Pas seulement avec le ballon, avec notre organisation.

Le vieux coach sourit.

— C’est probablement le premier match oĂč j’ai eu le sentiment que les joueurs comprenaient exactement ce que je voulais. Cette sensation
 elle est extraordinaire.

10/10/2026 0-3 Ferletak 44’, Vargic 50’ (P), Vuantu 58’

La rĂ©ception de PetrĆŸalka fut beaucoup moins agrĂ©able. Une vraie Ă©quipe, construite pour jouer les premiers rĂŽles. Giuseppe reconduisit exactement le mĂȘme onze, le mĂȘme systĂšme avec les mĂȘmes principes.

Le début de match fut excellent. Luptak trouva Gembicky. 1-0. Puis
 Giuseppe fit une erreur.

— Laquelle ?

— J’ai voulu protĂ©ger le rĂ©sultat trop tĂŽt. Je croyais ĂȘtre intelligent. En rĂ©alité  j’étais simplement jeune. N’est pas maĂźtre du catenaccio qui veut.

Il demanda au bloc de reculer. Les lignes s’allongĂšrent, les occasions continuĂšrent d’exister. Mais Ferletak traversa son match comme un fantĂŽme. RimavskĂĄ Sobota ne tua jamais la rencontre. PetrĆŸalka Ă©galisa. 1-1.

Le carnet Ă©tait beaucoup moins tendre cette fois. « Erreur du coach. Â» Chiara releva la tĂȘte.

— Tu Ă©crivais vraiment ça ?

— Bien sĂ»r. Si je commence Ă  mentir Ă  mon carnet
je finis par me mentir Ă  moi-mĂȘme.


Quelques jours plus tard, la Slovnaft Cup conduisit Rimavskå Sobota à Banovå, pensionnaire des divisions régionales. Le piÚge parfait.

— Les petites Ă©quipes jouent le match de leur vie. Les grandes jouent parfois le match de leur semaine. Je dĂ©teste ces rencontres.

Il demanda du sĂ©rieux, rien d’autre. Ses joueurs exĂ©cutĂšrent parfaitement. Pressing haut, discipline, patience. Saturnino permit l’ouverture du score en profitant d’une rĂ©cupĂ©ration immĂ©diate, une frappe dĂ©viĂ©e par un malheureux dĂ©fenseur puis Gembicky traversa la dĂ©fense adverse en dribblant tout ce qui bougeait. Le troisiĂšme but fut inscrit par le jeune Chovan, entrĂ© pour mĂ©nager les titulaires, sur un centre parfait de Petran. 3-0.
Billet en poche pour le prochain tour. Sans émotion inutile.

— Le genre de match que personne ne retient. Et pourtant
les entraĂźneurs adorent ce genre de match parce qu’ils Ă©vitent les catastrophes.

21/10/2026 0-3 CSC 16’, Gembicky 57’, Chovan 76’

Puis arriva Ćœilina, le grand favori, l’ogre de la division.

— Là
 J’ai vraiment travaillĂ© pendant quatre jours. Je connaissais leurs circuits, leurs automatismes, leurs rares faiblesses. Je voulais qu’ils passent une mauvaise soirĂ©e. Bloc bas, transitions rapides, aucun espace entre les lignes. Et surtout
 les laisser croire qu’ils contrĂŽlaient le match.

Le plan fut presque parfait. En premiĂšre pĂ©riode, Ćœilina ne trouva aucune solution. Vargic Ă©limina son adversaire d’un crochet dont il avait le secret et servit Ferletak en retrait. 0-1.

— À la mi-temps
 J’étais heureux, trĂšs heureux. Puis les entraĂźneurs adverses ont aussi le droit d’ĂȘtre compĂ©tents. Pavol Staƈo a fait quatre changements, des ajustements. il avait une profondeur de banc que je n’avais pas, et quantitĂ© d’options Ă  sa disposition.

Ćœilina monta d’un cran. Les jambes des joueurs de Giuseppe commencĂšrent Ă  peser. Novak, Saturnino, Luptak, mĂȘme Petran finirent par cĂ©der. DĂ©faite 2-1, et la premiĂšre dĂ©faite oĂč Giuseppe quitta rĂ©ellement le stade frustrĂ© pas parce qu’il avait perdu mais parce qu’il avait compris qu’il Ă©tait passĂ© tout prĂšs de battre la meilleure Ă©quipe du championnat dans leur antre.

— Les journalistes m’ont posĂ© une drĂŽle de question. « Qui prĂ©pare vos plans de jeu ? Â». Je leur ai rĂ©pondu : « Peter, beaucoup de café  et moi. Â». Ils ont ri, moi pas parce que c’était exactement la vĂ©ritĂ©.

25/10/2026 2-1 Alijagic 46’, Florea 65’ Ferletak 37’

Trois jours plus tard, PovaĆŸskĂĄ Bystrica se prĂ©senta Ă  RimavskĂĄ Sobota. Giuseppe ne changea presque rien.

— J’ai compris qu’un systĂšme n’était pas un dogme mais qu’il ne fallait pas non plus changer tous les quatre matins.

Ferletak retrouva de nouveau le chemin des filets sur une passe lumineuse de Saturnino puis Petran transforma un penalty. Saturnino se blessa juste avant la pause. Nouvelle adaptation, Petran monta au milieu, et Lesko entra. Kisiev retrouva une place. Les visiteurs réduisirent le score dans les derniers instants sans véritable conséquence. 2-1.

Le carnet s’achevait sur une phrase soulignĂ©e. « Le football n’est pas une idĂ©e, c’est une succession de problĂšmes. Â» Giuseppe referma doucement son cahier.

— C’est probablement la plus grande leçon que j’ai appris auprĂšs de Richard cette annĂ©e-lĂ . Il n’a jamais cherchĂ© Ă  m’expliquer comment jouer seulement comment rĂ©flĂ©chir.

Chiara resta silencieuse.

— Tu sais
 On parle souvent des entraĂźneurs qui inventent des systĂšmes. Moi, je n’ai jamais eu cette prĂ©tention. Je voulais seulement que, chaque samedi
mes joueurs aient un problĂšme de moins Ă  rĂ©soudre que ceux d’en face.

Il esquissa un sourire.

— Et parfois
 ça suffisait.

31/10/2026 2-1 Ferletak 12’ Petran 65’(P) Celko 90’

Clt Club MJ V N D BP BC +/- Pts
1er Ćœilina 13 12 1 0 36 8 28 37
2e Barr. Matador PĂșchov 14 11 1 2 42 16 26 34
3e RimavskĂĄ Sobota 14 8 3 3 27 17 10 27
4e Slovan Bratislava B 13 8 3 2 20 12 8 27
5e Pohronie 14 7 1 6 25 21 3 22
6e PetrĆŸalka 13 6 2 5 15 18 -3 20
7e Zlaté Moravce 14 5 4 5 21 24 -3 19
8e Ć amorĂ­n 13 4 4 5 17 18 -1 16
9e PovaĆŸskĂĄ Bystrica 14 5 1 8 23 30 -7 16
10e LiptovskĂœ MikulĂĄĆĄ 14 4 3 7 15 17 -2 15
11e StarĂĄ Äœubovƈa 14 3 4 7 16 25 -9 13
12e MalĆŸenice 14 3 3 8 18 25 -7 12
13e Spartak Myjava 14 3 3 8 14 26 -12 12
14e Inter Bratislava 14 4 0 10 17 33 -16 12
14e LokomotĂ­va Zvolen 14 3 1 10 24 40 -16 10

leaders statistiques

Buteurs

Nom MJ :groot_scored:
:1st_place_medal: Jan Ferletak 15(1) 7
:1st_place_medal: Sebastian gembicky 16 7
:3rd_place_medal: Matej Vargic 16 5
4e Matheus Saturnino 15(1) 4
5e Peter Petran 16 3

Passeurs

Nom MJ :groot_assist:
:1st_place_medal: Matheus Saturnino 15(1) 4
:2nd_place_medal: Sebastian Gembicky 16 3
:2nd_place_medal: Peter Petran 16 3
:2nd_place_medal: Matej Vargic 16 3
5e Erik Luptak 6 2
5e Denis Kralovic 6(4) 2
5e Boris Novak 13(2) 2
- Saison 1 - 26/27 -
- Chapitre 22 -
- La passion du football -
- Chapitre 24 -
- le jour oĂč ils ont commencĂ© Ă  nous prĂ©parer -
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Le genre d’entraĂźneur que j’aime, qui ne va pas chercher Ă  rĂ©inventer le football comme il dit. Ils sont trĂšs rares ceux qui ont rĂ©inventĂ©s le football, hein! Donc, le coach ne se prend pas pour n’importe qui, sait que son Ă©quipe a des limites et cherche juste Ă  ce qu’ils retiennent le moins de choses possibles pour que ce soit plus simple pour eux! J’aime!

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Cette Ă©quipe est solide. Giuseppe tente des choses. Des fois, ça marche trĂšs bien, d’autres fois, moins.
Les leaders de la division tiennent leur rang, mais pour le reste, l’équipe de Giuseppe fait le boulot.

MalgrĂ© le manque de profondeur d’effectif, et les pĂ©pins physiques qui commencent, c’est fort :smiley:

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Des beaux rĂ©sultats mine de rien et une belle saison jusqu’ici.
Avoir tentĂ© des choses c’est bien. Y a que ceux qui n’essayent pas qui ne se trompent pas, et donc n’apprennent pas.
Mais je reste agrĂ©ablement surpris par les rĂ©sultats vu la saison galĂšre qui t’était promise !

Réponse aux lecteurs

@toopil Giuseppe est pragmatique et s’est trĂšs vite confrontĂ© aux problĂšmes de terrain. Ses grandes idĂ©es qu’il claironnait se sont heurtĂ©es Ă  la rĂ©alitĂ©. Il s’en sort en s’adaptant du mieux qu’il peut, et e dĂ©lĂ©guant ce qu’il ne sait pas. Il a aussi compris que faire moins d’erreurs que l’adversaire Ă©tait souvent trĂšs efficient. C’est pour ça qu’il ne demande que ce que ces joueurs sont en mesure de faire, et qu’il maximise leurs forces.

@alexgavi @CaptainAmericka oui, c’est une division ultra homogĂšne en fait, seul Zilina et le Matador Puchov sont rĂ©ellement au-dessus, aprĂšs toutes les Ă©quipes se valent plus ou moins. Les joueurs de Giuseppe s’en sortent plutĂŽt bien avec finalement pas trop de bobos, et beaucoup de confiance accumulĂ©e. Puis vous savez, Giuseppe aime enjoliver ou exagĂ©rer les choses, ca fait partie du personnage

- Le jour oĂč ils ont commencĂ© Ă  nous prĂ©parer -

— À partir de quand les autres entraĂźneurs ont-ils commencĂ© Ă  te prendre au sĂ©rieux ?

Giuseppe ne rĂ©pondit pas immĂ©diatement. Il prit le temps de verser un peu d’eau dans son verre.

— Oh
 Je crois qu’ils m’ont pris au sĂ©rieux avant moi.

Chiara leva un sourcil.

— AprĂšs Ćœilina ?

Le vieux coach acquiesça.

— Exactement. Tu perds, mais tu leur fais peur. C’est un drîle de sentiment.

Il sourit.

— J’ai dĂ©couvert quelque chose cette semaine-lĂ . Quand tu es un promu, les adversaires prĂ©parent surtout leur propre match. Quand tu deviens une bonne Ă©quipe
 ils prĂ©parent le tien.


Le lundi suivant, Petran entra dans le bureau avec une pile de journaux locaux qu’il posa sur la table.

— Ils parlaient de vous ?

— De moi. Enfin
 de nous, mais surtout de moi.

Le vieux coach éclata de rire.

— Tu sais ce que j’ai fait ? Je les ai tous traduits avec un logiciel : une catastrophe. Il allait de soi que mes cours avec Martina Ă©taient insuffisants et mon slovaque bien trop limitĂ©.

Chiara sourit.

— C’était mauvais ?

— C’était merveilleux. Le traducteur expliquait qu’un journaliste me qualifiait de
 « stratĂšge du fromage italien. Â» Je pense qu’il voulait dire « stratĂšge venu d’Italie Â». Enfin
 j’espĂšre.

Ils rirent tous les deux.

— Mais derriĂšre les traductions absurdes
 je comprenais quand mĂȘme le fond. Les journalistes ne parlaient plus de chance. Ils parlaient d’organisation, de pressing, d’adaptations. Pour la premiĂšre fois de ma vie
 on analysait mes idĂ©es et pas seulement mes rĂ©sultats. j’avoue que c’était assez grisant.

Richard entra quelques minutes plus tard sans frapper, évidemment.

— Les journalistes aiment dĂ©jĂ  trop parler.

Giuseppe haussa les épaules.

— Ce n’est pas trùs grave.

— Si.

Richard posa un doigt sur le bureau.

— Parce que maintenant
 ils vont commencer Ă  t’écouter.

Puis il ajouta :

— Et tes adversaires aussi.

Le silence s’installa. Trutz continua.

— Tu n’es plus une surprise. Tu es devenu un problùme.

Giuseppe nota la phrase mot pour mot. Elle figure encore aujourd’hui dans le carnet.

« Nous ne sommes plus un promu, nous sommes devenus une Ă©quipe qu’on prĂ©pare. Â»


À partir de ce moment-là
 les matchs changĂšrent. Pas Ă©normĂ©ment, mais subtilement. Les latĂ©raux adverses montaient moins, les dĂ©fenses restaient plus compactes, certains espaces disparaissaient. On suivait Vargic de beaucoup plus prĂšs, Saturnino recevait rarement le ballon seul, mĂȘme Gembicky commençait Ă  attirer deux dĂ©fenseurs.

— C’était presque flatteur. Ils nous respectaient enfin. Le problĂšme
 c’est que le respect rend les matchs beaucoup plus compliquĂ©s.

Giuseppe se remit alors à travailler encore davantage. Les journées commencÚrent à se ressembler. Vidéo, entraßnement, vidéo, réunion avec Richard, vidéo, cours de slovaque, encore de la vidéo.

Il leva les yeux vers Chiara.

— Tu sais ce qui est dangereux quand un entraüneur commence à gagner ?

— Il se croit arrivĂ© ?

— Non. Il croit que s’il travaille deux heures de plus
 il gagnera deux buts de plus. C’est faux mais je l’ai longtemps cru. Je vivais littĂ©ralement au centre d’entraĂźnement.

Bence me demandait parfois de rentrer dormir, Cristian me rappelait que les gardiens avaient aussi besoin de repos, Txus voulait que j’arrĂȘte de programmer des sĂ©ances supplĂ©mentaires. Richard
 lui
 ne disait rien. Il me regardait simplement avec son air de vieux grognon puis lĂąchait :

— Tu vas finir par te rendre idiot.

— C’est-à-dire ?

— Un cerveau fatiguĂ© prend de mauvaises dĂ©cisions. Va dormir.

C’était sa maniĂšre de prendre soin des gens. TrĂšs discrĂšte. TrĂšs Richard.


Chiara consulta une autre note.

— Tu Ă©cris ici : « Le groupe commence Ă  croire Ă  ce que nous faisons. Â»

Giuseppe sourit.

— Oui. Et c’est lĂ  que tout change. Au dĂ©but de saison
 ils exĂ©cutaient. Maintenant
 ils proposaient. Erik venait me voir aprĂšs les sĂ©ances.

— Coach
 si on inverse les cĂŽtĂ©s en phase offensive
 on crĂ©e un deux contre un.

Vargic me disait :

— Laisse-moi dĂ©crocher un peu plus.

Saturnino me demandait parfois d’aller chercher le ballon entre les centraux. MĂȘme Ferletak
 qui parlait peu
 venait discuter des dĂ©placements. Une Ă©quipe Ă©tait en train de naĂźtre. Pas seulement onze joueurs. Onze cerveaux.

— Tu avais encore peur ?

Giuseppe réfléchit longtemps.

— Oui, mais plus de la mĂȘme chose. Au dĂ©but
 j’avais peur d’ĂȘtre ridicule. Maintenant
 j’avais peur de gĂącher quelque chose.

Il regarda la couverture de son carnet.

— C’est beaucoup plus lourd. Parce qu’à partir du moment oĂč les joueurs commencent Ă  croire en toi
 tu n’as plus le droit d’improviser.


Il se leva lentement et alla chercher un autre cahier, celui de novembre. Les pages Ă©taient bien plus Ă©paisses, remplies. Des schĂ©mas, des statistiques, des listes de joueurs, des idĂ©es de recrutement, d’exercices, des notes sur chaque adversaire.

Chiara sourit.

— On dirait que tu prĂ©parais dĂ©jĂ  la suite.

Le vieux coach referma doucement le carnet.

— Non. Je prĂ©parais seulement le match suivant.

Puis il marqua une pause. Un sourire amusé apparut.

— Enfin
 c’est ce que je racontais Ă  tout le monde. Parce qu’au fond de moi
 je rĂȘvais dĂ©jĂ  beaucoup plus grand.

- Saison 1 - 26/27 -
- Chapitre 23 -
- le football est un problÚme à résoudre -
- Chapitre 25 -
- Ă  paraĂźtre -
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Quelques bons matchs, et le coach se voit déjà dans un top club italien :sac:

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C’est tout à fait ça.
Maintenant il va falloir justifier le pourquoi tu es payé si (peu) cher :joy:

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Il va finir en série D :sac:

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Mine de rien, nous sommes Ă  un croisement : l’équipe change et son fonctionnement changent de dimension.
Nous ne sommes plus au bricolage, mais bien à la création :smiley:

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Je pars en vacances 2 semaines, je ne sais pas si j’aurais le temps de publier le chapitre 25 avant de partir, ni si je ferai de publications pendant notre sĂ©jour, ça va dĂ©pendre de pas mal de paramĂštres, mĂȘme si l’écriture de pas mal d’ Ă©pisodes est terminĂ©e, il n’y en a aucun de finalisĂ©s. Donc publication au debauchĂ© ou dans 2 semaines !