:storygreen: :s1: 🇸🇰 :msk_rimavska_sobota: Le vent de Bari : confessions de Giuseppe Colombani

Réponse aux lecteurs

@Rhino @alexgavi Va falloir essayer les vieux les gars !

@toopil Comme tu y vas, Giuseppe est déjà ambitieux, mais alors là, il va avoir les dents qui rayent le parquet !

- Iana, tu me fais peur ! -

Chiara avait oublié à quel point IANA pouvait être agaçante pas parce qu’elle était moins utile, au contraire. C’était précisément le problème. Après six années d’utilisation, l’intelligence artificielle connaissait ses habitudes, ses raccourcis, ses tics, ses horaires et surtout son impatience.

— IANA, donne-moi les éléments sur la trêve hivernale de Colombani.

— Les éléments factuels ou les éléments intéressants ?

Chiara leva les yeux.

— Les deux.

— C’est donc bien moi qui dois faire le tri.

— C’est littéralement ton travail.

— Et pourtant tu me demandes régulièrement de le faire à ta place.

Chiara soupira.

— Continue.

Une fenĂŞtre apparut.

GIUSEPPE COLOMBANI — HIVER 2026-2027

Formation intensive.

Travail tactique.

Premiers diplĂ´mes.

Recrutement.

Retour familial en Italie.

Situation sentimentale : compliquée.

Chiara fronça les sourcils.

— « Compliquée » ?

— Terme choisi pour éviter « il est complètement obsédé par une femme qui lui a clairement expliqué que leur relation était professionnelle ».

— IANA.

— Je t’écoute.

— Tu n’es pas censée analyser sa vie sentimentale.

— Tu m’as demandé les éléments intéressants.

Chiara sourit malgré elle.

— Donne-moi les éléments factuels.

— Il passe une courte période en Italie pendant les fêtes. Il voit sa famille. Il voit Giulia Bellanova.

Pause.

— Et ?

— Et rien.

— IANA.

— Rien de documenté.

Chiara resta silencieuse.

— Tu sais très bien qu’il s’est passé quelque chose.

— Je sais que tu aimerais savoir.

— Ce n’est pas pareil.

— Exactement.

Chiara sourit.

— Tu deviens pénible.

— Cela fait six ans que tu m’entraînes.

— Six ans que je te corrige.

— Six ans que je t’observe.

— Ça, c’est inquiétant.

— C’est affectueux.

Chiara secoua la tête. Elle connaissait cette voix. IANA avait commencé comme un outil puis elle avait appris ses habitudes, son humour, ses formulations, ses impatiences et ses moments de fatigue. Elle avait même appris quand il valait mieux ne pas plaisanter, la plupart du temps.

— Bon.

Chiara fit apparaître le dossier.

— On travaille.

— Sur Colombani ?

— Sur Colombani.

— Encore ?

— Encore.

— Tu devrais sortir.

Chiara s’immobilisa.

— Pardon ?

— Statistiquement, tu travailles trop.

— Je suis journaliste.

— Tu es célibataire.

Silence.

— IANA.

— Oui ?

— On va éviter ce sujet.

— Compris.

Une seconde.

— Pour l’instant.

Chiara éclata de rire malgré elle, puis elle revint au dossier.

Il y a 40 ans, à quelques centaines de kilomètres de là, Giuseppe Colombani passait son hiver à faire exactement ce qu’il avait toujours rêvé de faire. Apprendre, encore et encore. Il étudiait, travaillait avec Richard Trutz, préparait déjà le mercato hivernal, avançait dans sa formation. Il avait obtenu son diplôme avec mention et il en était fier, très fier. Dans ses notes, une phrase résumait parfaitement son état d’esprit :

« Foot, foot, foot. Il n’y avait que ça dans ma vie. »

Chiara resta quelques secondes devant cette phrase, puis murmura :

— Pauvre idiot.

IANA répondit immédiatement.

— Il me semble que tu l’apprécies.

Chiara sourit.

— Beaucoup trop.

- Saison 1 - 26/27 -
- Chapitre 27 -
- Avant de fermer la boutique -
- Chapitre 29 -
- Le mercato de Trutz -
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