Teanuanua se fait friendzone par son coach, et presque par Manava ![]()
Dans ce genre de situation, 90% des joueurs n’écoutent plus les consignes dès lors qu’ils ne voient pas leur nom dans le 11 de départ. Teanuanua ? Il est dans les 90% à coup sûr ! ![]()
Ronge ton frein et soit prêt quand on fera appel à toi !
Responses to Readers
@Rhino Tu préférais Tita? ![]()
@alexgavi Personne ne l’aime, c’est ça? ![]()
@CaptainAmericka Tu es tellement optimiste pour lui ![]()
Dans le bus qui emmenait l’équipe vers le Sky Stadium, le silence était presque total. Certains regardaient par la fenêtre, d’autres avaient les écouteurs vissés dans les oreilles. Chacun était déjà plongé dans son match, dans ses duels, dans les gestes à venir.
Teanuanua, lui, fixait le paysage sans vraiment le voir. Il repensait à tout le chemin parcouru… Le voilà tout proche de disputer une Coupe d’Océanie, lui, le gamin de Mangareva, qui n’avait pas pu suivre une route classique pour devenir professionnel. Il pensait à son père, qui lui manquait énormément.
À leur arrivée au stade, le groupe descendit calmement et rejoignit le vestiaire visiteur. Les maillots étaient déjà prêts, soigneusement disposés. Teanuanua portait le numéro 17, comme en club. C’était un numéro qui lui avait été donné au hasard à son arrivée à Tefana et celui-ci était devenu son numéro fétiche.
Plus tôt dans la journée, la Nouvelle-Zélande avait battu les Iles Salomon (2-0) pour le coup d’envoi de la compétition. Les Néo-Zélandais, larges favoris, rentraient déjà fort dans la compétition.
Teanuanua esquissa un léger sourire en pensant à Godwin. Il devait enrager après cette défaite. Cette pensée lui fit du bien, brièvement, avant de replonger dans sa concentration.
Dans les tribunes, il savait qu’il n’était pas seul. Tevava, Moerani, Moeata et Oro étaient là. Mais il avait aussi appris que Bento, Lucca et Lelê avaient fait le déplacement. Même Mark Milligan était présent. Sans doute qu’Alessio, Mr Henry et Avaro Neagle se trouvaient quelque part dans les travées.
En sortant du tunnel avant le match, Teanuanua leva les yeux… Et découvrit un stade vibrant. Environ 10 000 spectateurs, une ambiance déjà électrique. Les supporters Néo-Calédoniens étaient venus en nombre, largement majoritaires, leurs chants résonnaient fort.
Mais au moment de l’hymne, quelque chose changea. Les voix du fenua s’élevèrent. Moins nombreuses… Mais puissantes, chargées d’émotion.
Teanuanua ferma brièvement les yeux.
Puis le coup de sifflet retentit. L’arbitre, venu de Micronésie, lança officiellement la rencontre. Les cris montèrent des tribunes.
Les premières minutes furent compliquées. La Nouvelle-Calédonie prit le contrôle du jeu, imposant son impact physique. Durant le premier quart d’heure, ils tentèrent plusieurs frappes lointaines. Rien de vraiment dangereux, mais assez pour installer une pression. Heureusement, Nino veillait au grain, solide, concentré et rassurant.
Puis, peu à peu… le rythme retomba.
Le match avait peu à peu perdu en intensité pour devenir fermé, presque verrouillé. Les deux équipes se neutralisaient au milieu, chacune attendant la moindre erreur de l’autre. Le seul véritable événement de cette première période fut un carton jaune reçu par Djanny après un tacle un peu trop engagé. Un avertissement qui n’était pas anodin dans un match aussi tendu.
Sur le plan tactique, le coach avait vu juste. Temehani était littéralement pris en étau. À chaque prise de balle, un adversaire venait immédiatement au contact, souvent accompagné d’un deuxième pour fermer les angles. Impossible pour lui de respirer, encore moins d’organiser le jeu comme à son habitude.
Du coup, Kavai’ei avait naturellement pris le relais à la construction. Plus discret, mais intelligent dans ses déplacements, il tentait de faire circuler le ballon. Le problème, c’est qu’en face, le bloc était compact, discipliné. Les espaces étaient rares… Et les occasions encore plus. Et quand il y en avait, elles manquaient de tranchant.
Devant, Manuarii Shan vivait un match compliqué. Isolé, coupé du reste de l’équipe, il touchait très peu de ballons et devait se battre seul face à la défense.
En revanche, défensivement, Tahiti tenait bon. Steve livrait une prestation impressionnante. Il courait partout, récupérait des ballons, compensait les espaces… Une débauche d’énergie incroyable. Derrière lui, Mark et François faisaient le travail. Solides, concentrés, ils muselaient efficacement Georges Gope-Fenepej, l’empêchant de peser sur le jeu.
Puis, juste avant la pause, le match bascula presque.
Sur un début de contre-attaque, Djanny tira le maillot de son adversaire. Rien de spectaculaire… Mais suffisant pour déclencher la colère des joueurs Néo-Calédoniens. Les protestations fusèrent immédiatement.
L’arbitre appela Djanny.
Teanuanua, depuis le banc, retint presque son souffle.
Un deuxième jaune ici et tout pouvait s’écrouler.
L’arbitre donna finalement un simple avertissement verbal accompagné d’un rappel à l’ordre. La prochaine fois, c’est jaune immédiat! Djanny s’en tirait très bien. Trop bien, au goût des adversaires qui continuaient de protester.
Quelques secondes plus tard, le coup de sifflet de la mi-temps retentit. 0-0.
Un score logique au vu de la physionomie du match.
Dans le vestiaire, l’ambiance était sérieuse. Le coach ne tarda pas à intervenir. À peine la porte fermée, il prit la parole, le regard dur.
« Il faut faire plus. Ils ne sont pas dans un grand jour… Et pourtant, on n’en profite pas. C’est nous qui devons imposer quelque chose. Là, on subit trop. »
Il fit quelques pas, puis s’arrêta devant Temehani.
« Teme’. »
Le meneur releva la tête.
« Tu ne vas pas me faire croire que tu joues au Celtic avec ce niveau-là. Ce soir, tu es juste bon pour cirer le banc en Ligue 1 Tahitienne. »
La phrase claqua dans la pièce.
« Tu es marqué? Et alors? Ça ne t’arrive jamais en Écosse? Là-bas, tu fais quoi? Tu te caches? Non. Tu trouves des solutions. Tu te rends disponible. Tu fais jouer les autres. Pourquoi tu ne le fais pas dans notre équipe? »
Temehani serra les mâchoires, sans répondre.
« Tu es le moteur de cette équipe. Si tu ne tournes pas… Personne ne tourne. J’attends beaucoup plus de toi. »
Teanuanua observa la scène, surpris. Il avait rarement vu son ami être secoué de cette manière. Mais il savait aussi que le coach connaissait parfaitement son importance.
Samuel Garcia reprit ensuite, plus posé mais toujours exigeant.
« Djanny sort. »
Le latéral leva la tête.
« Tu es passé trop près du rouge. L’arbitre t’a dans le viseur. Je ne prends pas de risque. Une faute et tu serais expulsé. »
Il se tourna vers un autre joueur.
« Haumau, tu rentres. »
Puis il enchaîna avec plusieurs ajustements tactiques, redonnant des consignes précises sur le placement, les sorties de balle, les appels.
« On doit jouer plus vite. Plus simple. Et surtout… Avec plus de caractère. »
Il regarda une dernière fois son groupe.
« Ce match, on peut le gagner. Mais il faut le vouloir plus qu’eux. »
Les joueurs acquiescèrent, certains frappant dans leurs mains, d’autres échangeant quelques mots rapides.
Teanuanua se leva à son tour, le regard déterminé.
La deuxième période allait commencer. Et tout restait à faire…
Allez , on se bouge et on marque !

Ils jouent vraiment comme des ânes ![]()
Il y a quand même du monde venu voir Teanuanua, même son coach en Australie. Et lui, il est sur le banc. J’imagine qu’il entrera sur le terrain, et il a intérêt de tout déchirer ! ![]()
Assez fermée cette première mi-temps. On attend le déclic !
Réponse aux lecteurs
@celiavalencia Puisse les dieux t’entendre!
@Rhino Il y a des ânes à Tahiti? ![]()
@alexgavi Mais Manava n’est pas venue ![]()
@CaptainAmericka Fermée? Pourrie ouais…
C’est avec détermination que les Tahitiens revinrent sur la pelouse. Les regards avaient changé. Les attitudes aussi. Temehani, lui, affichait un visage fermé. Les mots du coach l’avait marqué.
Sur le banc, certains joueurs partirent à l’échauffement. Mais Teanuanua resta assis.
Le coup d’envoi de la seconde période fut donné et immédiatement, la Nouvelle-Calédonie reprit son pressing intense, comme en début de match. Agressifs, organisés, ils étouffaient Tahiti.
Les Tahitiens étaient à nouveau acculés. Il fallait tenir, résister, laisser passer l’orage. Mais à la 49e minute, la sanction tomba.
Un long centre venu de la gauche s’éleva dans la surface. Georges Gope-Fenepej profita d’un court instant d’inattention de François pour dévier le ballon de la tête. Le ballon arriva au cœur de la surface où Yannis Lejeune, joueur de l’AS Magenta, enchaîna sans contrôle. Une frappe puissante et imparable… 1-0.
Le silence tomba côté tahitien. Le banc se crispa.
Le coach réagit immédiatement.
« Tea, Louis, Hirinai, Franck… allez vous échauffer! »
Teanuanua bondit et rejoignit Vatea, Mana et Teraï qui s’activaient déjà sur la touche.
Sur le terrain, la Nouvelle-Calédonie baissa légèrement le rythme. Moins de pressing, plus de gestion, ils défendaient leur avantage avec discipline. Et côté tahitien… rien ne venait.
Temehani était toujours étroitement marqué, empêché de respirer. Le jeu manquait de fluidité, d’inspiration. Les minutes défilaient, lourdes, frustrantes.
55e minute: le coach fit signe au préparateur physique, qui se retourna vers les joueurs à l’échauffement: « Hirinai! Teanuanua! »
Les deux joueurs se préparèrent rapidement. L’échauffement avait été court, presque insuffisant. Mais il fallait entrer.
Le coach s’approcha de Teanuanua, le regard direct.
« Devant, on ne touche rien. Tu rentres pour gagner des duels. Tu fixes, tu pèses, tu libères des espaces pour les ailes et pour Manuarii. »
Il marqua une pause, insistant.
« Si tu ne réussis pas… on perd ce match. »
Teanuanua acquiesça, sans hésiter.
Le panneau lumineux s’éleva.
Malgré son bon match, Kavai’ei sortit, remplacé par Hirinai Vahirua. Puis Nicolas céda sa place à Teanuanua.
Changement tactique immédiat: Tahiti passa en 4-4-2 losange. Temehani était en véritable numéro 10, un peu plus haut qu’au départ du match.
À peine entré, Teanuanua toucha son premier ballon. Contrôle, remise immédiate vers Temehani. Le geste était juste. L’intention aussi.
Temehani tenta un une-deux… mais il fut fauché à quelques centimètres de la surface. Coup franc très bien placé, plein axe, sifflé par l’arbitre.
Le stade retint son souffle.
Temehani s’approcha du ballon. Teanuanua aussi. Puis Hirinai vint se placer, alors que Mark, en capitaine, venait écouter quel choix allait être pris.
« Je veux le tirer… j’ai confiance. Teme’, s’il te plaît. Je sais que tu es le tireur désigné mais… Je sens que je vais la mettre au fond. »
Hirinai avait envie de prendre la responsabilité de ce coup de pied arrêté.
Temehani le regarda puis tourna la tête vers Mark, le capitaine. Celui-ci fit un léger signe de tête.
« Ok. Je feinte. Tu frappes derrière. »
Teanuanua rejoignit la surface, prêt à bondir, tout comme Mark, toujours précieux de la tête.
Le mur se plaça. L’arbitre siffla. Temehani s’élança… puis freina sa course au dernier moment. Hirinai surgit et frappa. La frappe fut pure! Le ballon s’éleva au-dessus du mur! Une trajectoire parfaite qui termina sa course dans la lucarne. Le gardien n’eut même pas le temps de bouger. 1-1.
Hirinai célébra son but en imitant la célèbre pirogue de son père, Marama Vahirua, mais très vite, Mark et Temehani rappelèrent tout le monde à l’ordre, bras tendus vers leur moitié de terrain, exigeant que chacun reprenne sa position sans se laisser emporter par l’euphorie. Le message était clair: rien n’était fait, et ce match pouvait encore basculer d’un côté comme de l’autre.
Pourtant, cette égalisation, combinée au changement tactique, transforma complètement la dynamique.
Tahiti prit progressivement le contrôle du jeu, imposant son rythme et étouffant une équipe néo-calédonienne qui reculait de plus en plus.
À la 63e minute, sur une inspiration lumineuse, Temehani glissa une passe parfaite dans le dos de la défense pour Teanuanua, dont l’appel avait été tranchant et parfaitement synchronisé. Le contrôle fut impeccable, presque instinctif, et dans la foulée, il tenta un lob audacieux face au gardien avancé.
Le geste était magnifique, le stade retint son souffle… mais le ballon vint mourir sur le poteau dans un bruit sec, cruel.
Sur le banc, Samuel Garcia bondit, applaudissant malgré tout l’initiative, encourageant ses joueurs à continuer sur cette lancée.
Les minutes s’écoulaient et la pression tahitienne devenait de plus en plus forte.
À la 72e minute, Vatea entra en jeu à la place d’Olivier, apportant du sang frais et encore plus d’impact. Tahiti poussait, multipliait les offensives, mais le but de la victoire se faisait attendre, comme suspendu dans le temps.
Puis, à la 86e minute, nouveau coup de théâtre: Temehani sortit. Un choix surprenant à première vue, mais le coach avait vu juste. Épuisé, le meneur avait tout donné. Louis prit sa place, avec la lourde responsabilité d’animer le jeu dans ces dernières minutes décisives.
Et dès son premier ballon, il changea le cours du match.
À la 88e minute, il accéléra plein axe, élimina deux adversaires avec une aisance déconcertante, avant de décaler Hirinai sur le côté gauche. Le centre partit immédiatement, tendu, précis. Manuarii se jeta pour reprendre, mais perdit son duel… avant que le sifflet ne retentisse.
« Penalty! Main dans la surface! »
Les protestations néo-calédoniennes fusèrent, les bras levés, les regards tournés vers l’arbitre, mais après vérification, la décision fut confirmée. Le stade retint son souffle. Manuarii, déjà concentré, tenait le ballon. Il le posa calmement, recula de quelques pas, puis fixa le gardien.
« À gauche », lança-t-il au gardien presque comme un défi.
Il s’élança… et frappa exactement là où il l’avait annoncé. Le gardien plongea du bon côté mais ne put rien faire. Le ballon fila au fond des filets. Explosion de joie.
Manuarii partit célébrer devant les supporters, rejoint en quelques secondes par toute l’équipe et même le banc, emportés par une joie incontrôlable.
Les dernières minutes furent tendues, la Nouvelle-Calédonie jetant ses dernières forces dans la bataille, mais Tahiti tint bon, solidaire, compact. Puis vint le coup de sifflet final. Victoire 2-1.
Teanuanua s’allongea sur la pelouse, vidé, les yeux fermés, savourant l’instant. Il n’eut même pas le temps de reprendre son souffle que Nicolas lui sauta dessus, le faisant rire malgré la fatigue. Autour d’eux, toute l’équipe explosait de joie. Ce premier match était remporté… et il donnait déjà le ton pour la suite.
| Date | Compétition | Match | Stade | Adversaire | Score | Perf’ de Teanuanua | Note de Teanuanua |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 03/06/2028 | OFC Nations Cup | J1 GB | Sky Stadium | Nouvelle-Calédonie | 2-1 | Remplaçant, 35 minutes de jeu | 6.8 |
NDLR: Fonctionnement du tournoi. Les deux premiers de chaque groupe sont qualifiés pour les demi-finales de la compétition. Les trois premiers de chaque groupe sont qualifiés pour le 3e tour des qualifications à la Coupe du Monde qui se jouera ultérieurement.
| Position | Club |
Matchs Joués | Victoire | Nul | Défaite | Différence de buts | Points |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 er | Nouvelle-Zélande | 1 | 1 | 0 | 0 | +2 | 3 pts |
| 2 ème | Tahiti | 1 | 1 | 0 | 0 | +1 | 3 Pts |
| 3 ème | Nouvelle-Calédonie | 1 | 0 | 0 | 1 | -1 | 0 Pt |
| 4 ème | Iles Salomon | 1 | 0 | 0 | 1 | -2 | 0 Pt |

hourra, c’est parti !
Bon, belle seconde période bien plus animée !! Le coach a su trouver les bons mots à la pause !
Une bonne Victoire assez difficile à obtenir. Ça va faire du bien pour la suite de la compétition.
Les frissons cette deuxième mi-temps! Coaching gagnant et un état d’esprit qui est récompensé avec cette victoire dans les derniers instants!
C’était une bonne 2ème mi-temps ! Et bonne entrée pour Teanuanua ! ![]()
Responses to Readers
@celiavalencia Et bien parti ![]()
@CaptainAmericka ça a sué du cul après l’ouverture de la Nouvelle-Calédonie quand même ![]()
@Lincoln6Echo Oui, il faut que ça lance l’équipe dans le bon sens!
@Julian-m Une grande deuxième mi-temps niveau spectacle, surtout avec le bijou de Vahirua fils ![]()
@alexgavi Une très très bonne deuxième mi-temps!
Les joueurs regagnèrent le vestiaire dans une explosion de bonheur. À peine la porte franchie, Temehani, porté par l’adrénaline, poussa un cri de guerre retentissant avant de traverser la pièce en distribuant des tapes sur la tête de tous ses coéquipiers, comme un grand frère euphorique incapable de contenir sa joie. L’ambiance était électrique.
Teanuanua, hilare, attendit que son ami passe à sa portée avant de lui pincer brutalement le téton pour se venger. Temehani sursauta en lâchant un cri de surprise, puis les deux éclatèrent de rire, rapidement rejoints par plusieurs coéquipiers amusés par la scène.
Dans ce vestiaire, il n’y avait plus aucune tension, seulement des sourires immenses, des éclats de rire, des chants improvisés et la satisfaction profonde d’avoir remporté une bataille capitale.
Certains tapaient dans les casiers ou sur les tables, d’autres dansaient encore en maillot, tandis que Manuarii rejouait son penalty devant tout le monde avec une bouteille vide en guise de ballon. Même les plus réservés laissaient éclater leur bonheur.
Lorsque le staff entra à son tour, Samuel Garcia observa quelques secondes cette euphorie collective, visiblement fier, avant de demander le silence. Peu à peu, les joueurs se calmèrent, bien qu’un sourire immense restât sur chaque visage.
« Les gars… avec cette victoire, on a déjà un pied au tour suivant des qualifications pour la Coupe du Monde. »
Un murmure de satisfaction parcourut la pièce.
« Mais notre premier objectif est clair: les demi-finales. On ne relâche rien. On a un énorme morceau qui arrive avec les Îles Salomon. Eux seront obligés de gagner pour survivre, donc attendez-vous à une guerre. Ce soir, on savoure… et je veux qu’on… »
Il n’eut pas le temps de finir. Djanny, fidèle à lui-même, surgit sur le côté et vida une bouteille d’eau entière sur le crâne du sélectionneur.
Pendant une fraction de seconde, le vestiaire se figea… avant d’exploser de rire.
Samuel Garcia resta immobile, trempé, le regard sévère, laissant planer un silence théâtral. Puis, soudain, il hurla à pleins poumons: « ET ON A DÉFONCÉ LA NOUVELLE-CALÉDONIE! »
Le vestiaire explosa littéralement. Cris, chants, hurlements de joie, serviettes lancées dans les airs. Les joueurs bondissaient dans tous les sens, plusieurs sautant autour du coach comme après une finale remportée. Djanny fut immédiatement attrapé et arrosé à son tour.
Dans la foulée, Louis lança le cri de guerre traditionnel de fin de match, repris en chœur par tout le groupe avec une puissance impressionnante. Les murs semblaient vibrer sous l’énergie collective de cette équipe soudée.
Peu après, Hirinai et le coach partirent assurer la conférence de presse, pendant que Temehani, Vatea et Nicolas étaient conduits au contrôle antidopage. Dans le vestiaire, les autres joueurs prirent leur douche, plaisantant encore, refaisant le match, rejouant certaines actions, se chambrant avec affection.
Teanuanua, sous l’eau chaude, laissa couler quelques secondes en silence, un sourire discret sur le visage. Il sentait que quelque chose de spécial était en train de se construire avec cette équipe. Plus qu’un simple groupe, c’était une véritable famille. Et ce soir, dans la chaleur joyeuse de ce vestiaire, Tahiti venait de prouver qu’elle pouvait rêver bien plus grand.
Alors que l’ambiance restait festive dans le vestiaire tahitien, une silhouette familière apparut à l’entrée. Georges Gope-Fenepej, accompagné d’un membre du staff néo-calédonien, entra avec dignité malgré la défaite. Dans ses mains, plusieurs bambous finement gravés, décorés de motifs traditionnels kanaks. Le silence se fit progressivement, remplacé par une attention respectueuse.
« En signe de respect pour nos cousins du Pacifique. Bravo pour votre victoire », déclara-t-il avec sobriété.
Les cadeaux furent remis à plusieurs cadres tahitiens ainsi qu’au staff. Le geste toucha profondément tout le groupe. Dans une compétition aussi intense, voir un tel fair-play rappelait à chacun que, malgré la rivalité, les nations océaniennes partageaient bien plus qu’un terrain de football: une histoire, des racines, une fraternité insulaire.
Mark, en capitaine exemplaire, retira immédiatement son maillot pour l’offrir à Gope-Fenepej. Les deux hommes échangèrent une longue poignée de main, puis discutèrent plusieurs minutes avec respect, évoquant le match, l’intensité de la rencontre et la suite de la compétition.
Samuel Garcia, fidèle à ses principes, prit également le temps de se rendre dans le vestiaire néo-calédonien afin de remercier personnellement leurs joueurs pour leur cadeau.
Avant de quitter les lieux, Gope-Fenepej se retourna une dernière fois vers l’équipe tahitienne.
« On va battre la Nouvelle-Zélande au prochain match. Faites pareil de votre côté… et retrouvons-nous en finale. »
François lui tapa chaleureusement dans la main: « Marché conclu. »
Cette scène marqua profondément plusieurs joueurs. Dans une confédération où le football professionnel luttait encore pour se structurer pleinement, ces gestes de respect avaient une valeur immense. Ils donnaient au tournoi une dimension presque familiale, bien au-delà de la simple compétition.
De retour à l’hôtel, une nouvelle surprise attendait les Tahitiens. Le personnel du 5 Diamond Belmont Motor Lodge s’était rassemblé à l’entrée, drapeaux polynésiens en main. Une haie d’honneur s’était formée, sous les applaudissements et les sourires.
Les joueurs descendirent du bus dans une ambiance presque irréelle, touchés par cet accueil chaleureux. Certains tapaient dans les mains du personnel, d’autres levaient les bras, encore portés par l’émotion de leur victoire.
Puis, peu à peu, chacun retrouva sa chambre.
Dans la leur, Vatea et Teanuanua s’affalèrent enfin sur leurs lits, encore pleins d’adrénaline. Une enceinte diffusait doucement de la musique pendant qu’ils refaisaient le match.
« Franchement… On a souffert… Le niveau est bien plus élevé qu’en championnat néo-zélandais », souffla Vatea.
« Ouais… Mais on les a eus », répondit Teanuanua avec un sourire fatigué.
Les deux amis avaient participé sans être décisifs, mais cela importait peu. Ce soir, seule comptait la fierté offerte au peuple tahitien.
Téléphones en main, ils découvrirent l’avalanche de messages reçus. Famille, amis, anciens coéquipiers, supporters… le pays vibrait avec eux.
Teanuanua s’arrêta particulièrement sur celui de Manava, qu’il relut plusieurs fois avec un sourire tendre:
Tu étais tellement beau dans ton maillot. Le rouge te va si bien. Je suis si fière de toi. Je t’aime!
Ces mots lui réchauffèrent profondément le cœur, bien plus encore que la victoire.
Les heures passèrent lentement, l’excitation mettant du temps à retomber. Mais vers deux heures du matin, la fatigue finit enfin par prendre le dessus. Les lumières s’éteignirent, les voix se turent, et les deux amis sombrèrent dans le sommeil.
Dans le silence de Porirua, après une nuit de bataille et de bonheur, Tahiti pouvait enfin rêver à la suite.
j’aurais voulu voir la scène en version cinéma !
Les Tahitiens ont bien raison de profiter et fêter leur victoire. La suite est incertaine, donc autant vivre l’instant présent ![]()
On aurait tellement à apprendre de ces peuples…
Par contre, on attend tous le moment où Tea va apprendre qu’il est daron, quand ça va lui tomber sur le coin de la gueule, il va vite déchanter ![]()
J’attends aussi ce moment là dès qu’il reçoit un message sur son tel.
Je pense que ça arrivera quand Tahiti sera en finale et Tea recevra une photo du gamin juste avant le début du match.
Responses to Readers
@celiavalencia Je vais proposer mon récit à Netflix ![]()
@alexgavi C’est vrai, le groupe est compliqué et surtout, il y a la Nouvelle-Zélande ![]()
@CaptainAmericka Tu crois que Tita va envoyer ça au pire moment pour lui? Avec sa poisse, c’est bien possible ![]()
@Lincoln6Echo Ha ouais mais vous êtes complètement sadique avec notre Teanuanua ![]()
Le lendemain matin, malgré l’euphorie encore présente après la victoire contre la Nouvelle-Calédonie, le staff imposa rapidement un retour au sérieux. Samuel Garcia et ses préparateurs physiques séparèrent le groupe en plusieurs ateliers selon le temps de jeu accumulé la veille. Les titulaires ainsi que les joueurs entrés suffisamment tôt dans la rencontre eurent droit à une séance légère, axée sur récupération, mobilité et soins musculaires. Teanuanua faisait naturellement partie de ce groupe. Sous le ciel frais de Porirua, il alternait footing léger, étirements et jeu avec ballons à petit rythme pendant que les remplaçants disputaient une opposition plus intense sur le terrain principal.
L’ambiance restait détendue, mais chacun sentait que la compétition avançait et que rien n’était encore acquis.
À midi, un moment particulièrement symbolique attendait la sélection. Le président de la Polynésie française, Moetai Brotherson, en déplacement officiel, avait tenu à partager le repas avec l’équipe. Sa présence impressionna plusieurs joueurs, notamment les plus jeunes. Lorsque tout le monde fut installé, il se leva et prit la parole avec calme, mais une réelle force dans la voix: « Toute la Polynésie est derrière vous. Ce maillot… Ce ne sont pas seulement des couleurs. Ce sont nos îles, nos terres, notre patrimoine, l’héritage de nos ancêtres. Quand vous entrez sur le terrain, vous portez bien plus qu’un simple équipement sportif. Portez-le avec fierté. Soyez dignes d’être Polynésiens. »
Un silence respectueux suivit son discours avant que plusieurs joueurs n’applaudissent.
L’après-midi fut ensuite consacré au repos complet. Certains profitèrent des installations de récupération, d’autres appelèrent leurs proches, tandis que plusieurs joueurs se détendirent dans les espaces communs de l’hôtel.
Teanuanua, après avoir perdu une partie de baby-foot particulièrement disputée contre Djanny, qui ne manqua évidemment pas de le chambrer pendant plusieurs minutes , aperçut Franck et Nicolas en train d’admirer un grand dessin étalé sur une table. Intrigué, il s’approcha.
« Il est incroyable ce dessin! C’est toi qui fais ça, Franck? »
Franck éclata de rire.
« Moi? Pas du tout! C’est Steve. Va voir sa chambre, on dirait un atelier d’artiste. Il a mis des dessins partout, même au mur. Franchement, il est trop fort. »
Curieux, Teanuanua décida immédiatement d’aller voir.
Une seule chambre individuelle avait été attribuée dans l’hôtel, normalement réservée au capitaine Mark. Mais ce dernier, dans un geste de bienveillance, l’avait cédée à Steve, le benjamin du groupe, encore mineur.
Teanuanua frappa à la porte. Lorsque Steve ouvrit, il découvrit immédiatement un univers fascinant. Les murs, le bureau, les meubles… Tout ou presque était recouvert de croquis, illustrations et personnages. Certains représentaient des scènes de football, d’autres semblaient tirés d’univers imaginaires complexes, pleins de détails.
« Wow… » souffla Teanuanua en entrant. « Tu fais vraiment tout ça? »
Steve, légèrement timide mais fier, hocha la tête avant de lui montrer plusieurs carnets de croquis remplis.
« Tu as vraiment un talent de dingue », dit Teanuanua avec sincérité.
Le jeune milieu défensif eut un petit sourire.
« Tu sais… Beaucoup ici rêvent de devenir footballeurs professionnels. Moi, j’adore le football… vraiment. Mais pas autant que le dessin. »
Teanuanua fronça légèrement les sourcils, surpris. Steve poursuivit, avec calme: « Si ton rêve à toi, c’est de jouer en Europe… Le mien, c’est de devenir auteur de bandes dessinées. Pourtant, tout le monde me dit que j’ai assez de potentiel pour être pro en Europe. Mais ça n’est pas mon rêve! »
Steve, visiblement heureux de pouvoir partager son univers avec quelqu’un d’aussi curieux, sortit alors plusieurs carnets et feuilles soigneusement rangés sous son lit. Ses yeux brillaient presque autant que lorsqu’il était sur le terrain.
Il tendit à Teanuanua une série de croquis très détaillés représentant un jeune garçon évoluant dans des paysages polynésiens magnifiquement dessinés.
« Je travaille sur l’histoire d’un gamin de Bora-Bora », expliqua Steve avec enthousiasme. « Tu sais, je viens de là-bas… Et à travers cette BD, je veux montrer ce qu’on ne voit jamais. Bora-Bora, pour le monde, c’est les hôtels de luxe, les plages parfaites, les touristes riches… Mais derrière cette carte postale, il y a notre peuple. Des familles qui galèrent, de la pauvreté, des jeunes qui grandissent dans l’ombre de cette image paradisiaque sans jamais vraiment en profiter. »
Teanuanua observait chaque détail avec attention. Steve continua: « Je veux montrer qu’on existe vraiment. Que derrière le décor, il y a des vies, des luttes, des rêves. Je pense que toi, venant de Mangareva, tu peux comprendre ça aussi. C’est différent… Mais au fond, c’est la même invisibilité. »
Teanuanua hocha doucement la tête, sincèrement touché.
Steve sourit, presque soulagé d’être compris.
« Cette BD, c’est mon hommage à Bora-Bora et à ses habitants. Quand on parle de mon île, on oublie toujours ceux qui y vivent. »
Puis, avec une énergie nouvelle, il se dirigea vers un autre dossier.
« Et ça… C’est plus léger. »
Il en sortit plusieurs portraits dessinés de joueurs de la sélection.
« Là, c’est Mark… Là Temehani… Et… »
Il tendit soudain une feuille à Teanuanua: « Toi. »
Teanuanua éclata immédiatement de rire: « Mais c’est trop bien fait! »
Le dessin était saisissant. Son expression, sa posture, même son regard y étaient reproduits avec une précision bluffante.
« Franchement, Steve… T’es chaud. »
Le jeune prodige eut un sourire discret, mais fier.
Teanuanua resta finalement une grande partie de l’après-midi dans cette chambre transformée en véritable studio artistique. Steve lui montra ses influences, ses personnages favoris, ses projets futurs, ses bandes dessinées préférées et plusieurs concepts originaux. Il parlait avec passion, avec cette intensité qu’ont ceux qui savent exactement ce qu’ils aiment.
Avant son départ, Steve lui tendit un dernier dessin soigneusement protégé.
« Tiens… C’est pour toi. Je sais que t’es fan. »
Teanuanua découvrit alors un superbe portrait de Batman, sombre, puissant, détaillé avec une maîtrise impressionnante. Teanuanua resta quelques secondes sans voix.
« Merci. Vraiment. Ton dessin est incroyable. C’est du génie. »
Il le remercia chaleureusement avant de quitter la chambre, profondément impressionné par le talent de son jeune coéquipier. Peu après, il posta fièrement le dessin sur ses réseaux sociaux, accompagné d’un message valorisant Steve et son travail.
Le soir venu, retour à l’entraînement.
Mais l’ambiance changea brusquement lorsque Nino, le gardien titulaire, s’arrêta net en pleine séance, main derrière la cuisse. Son visage crispé alerta immédiatement le staff médical. L’inquiétude se propagea dans tout le groupe.
Après plusieurs examens, le verdict tomba plus tard dans la soirée: Nino manquerait les deux prochains matchs de groupe et ne pourrait revenir qu’en cas de qualification pour les demi-finales.
Le coup fut rude. Nino était un cadre, une sécurité, une voix importante.
Dans le silence qui suivit l’annonce, chacun comprit que l’équipe allait devoir se battre encore plus fort, non seulement pour continuer l’aventure… Mais aussi pour permettre à son gardien de revenir.
Samuel Garcia convoqua ensuite Vatea et Teanuanua dans une salle vidéo afin d’obtenir un maximum d’informations sur Godwin et les Îles Salomon, leur prochain adversaire. Godwin était leur ancien coéquipier à Tefana et chaque information pouvait être un détail qui ferait pencher la balance.
Après cette réunion, chacun regagna sa chambre.
Dans la leur, Teanuanua observa encore longuement le dessin de Batman offert par Steve, posé précieusement près de son lit.
« Il a un putain de talent! » souffla-t-il.
Vatea, allongé sur son lit, sourit.
« Ouais… J’aime cette équipe. Y’a vraiment de tout ici… Des guerriers, des artistes, des rêveurs… »
Teanuanua esquissa un sourire. Et dans le calme retrouvé de la nuit néo-zélandaise, cette pensée semblait plus vraie que jamais.
Tu avais oublié un talent… Pardon lol ![]()
Le groupe vit bien, c’est cool



