Une petite claque derrière la tête ça n’a jamais fait de mal ! Ca secoue, ça réveille mais ça fait du bien !
Petite dédicace à Marama… ![]()
Une petite claque derrière la tête ça n’a jamais fait de mal ! Ca secoue, ça réveille mais ça fait du bien !
Petite dédicace à Marama… ![]()
le moment choc qui devrait remettre la tête de Teanuanua en place et le faire se relancer
@Sythax , oui, violent le Temehani ![]()
@Tiien oui j’ai vu ça l’autre jour. Futur sélectionneur de Tahiti? ![]()
@Malakai il l’a « un petit peu » secoué ![]()
@alexgavi il le connait bien, et c’est peut-être lui qui l’obligera à reprendre son rêve!
@CaptainAmericka Pour être secoué, il l’a été, là ![]()
@celiavalencia il l’a fait avec toute l’amitié qu’il a pour Teanuanua ![]()

Le lendemain matin, vexé et troublé par les mots de Temehani, Teanuanua décida de s’évader un peu et partit flâner dans les rues animées de Papeete pendant que Tevava cherchait du travail pour lui.
Il n’avait pas l’habitude de la grande ville et se perdait facilement dans cette effervescence, les bruits de klaxons, les rires des passants et les marchands de rue qui vendaient fruits et souvenirs aux touristes. Mais ce qui attira le plus son regard, ce fut le bord de mer, où il aperçut un groupe de jeunes garçons jouant au football sur la plage, le sable volant sous leurs pieds à chaque mouvement.
Teanuanua s’arrêta, les observant avec intensité, presque envoûté. Les cinq jeunes, de toute évidence des Français, avaient entre seize et dix-huit ans et jouaient avec énergie, enchaînant passes et tirs dans une ambiance joviale. Teanuanua ne put détourner les yeux. Il n’avait pas touché un ballon depuis Mangareva, et la sensation lui manquait terriblement. L’un des Français remarqua son regard insistant et lui lança un sourire.
« Eh, tu veux jouer avec nous ? » demanda le jeune homme, avec un ton amical.
Teanuanua, pris de surprise, bafouilla, cherchant une réponse, mais le Français insista et l’entraîna sur le sable.
Timidement, il prit place sur le terrain improvisé, hésitant, se demandant où il devait se placer. Finalement, un des jeunes lui fit une passe, et sans même réfléchir, Teanuanua retrouva ses réflexes. D’un geste instinctif, il contrôla le ballon, puis se lança dans une série de dribbles précis, comme s’il n’avait jamais arrêté de jouer.
Un, deux, trois adversaires évités avec une fluidité qui surprit même les Français. Le ballon semblait presque guidé par son corps, comme si chaque dribble et chaque feinte avaient été gravés dans ses muscles depuis l’enfance. Son visage était concentré, ses mouvements précis. À plusieurs reprises, il parvint à marquer, enchaînant les buts avec un naturel déconcertant.
Un des garçons, impressionné, lâcha en riant :
« Eh ben… T’es un costaud, toi ! »
Après un dernier dribble, l’un des jeunes adversaires glissa un peu trop vite dans son tacle, renversant Teanuanua. Il tomba lourdement sur le sable, mais se releva sans mal. Le tacleur, un peu embarrassé, lui tendit la main, s’excusant pour son geste trop agressif.
« Désolé, j’y suis y allé trop fort », dit-il en souriant.
Teanuanua sourit et lui serra la main.
« Merci à vous tous pour m’avoir laissé jouer », dit-il, une chaleur sincère dans sa voix.
Il se sentit revigoré par ce moment de liberté et d’amitié simple. Après avoir salué les jeunes, il s’éloigna de la plage et commença à remonter les escaliers qui menaient à l’avenue.
C’est alors qu’il remarqua un homme, la trentaine, vêtu sobrement, qui le fixait avec intensité. Son regard perçant l’observait avec une curiosité étrange. L’homme fit un geste dans sa direction.
« Eh, attends ! » appela-t-il.
Pris de panique, Teanuanua accéléra le pas et s’éloigna sans un regard en arrière.
Le retour aux sources, une partie improvisée sur le sable ! ![]()
J’ai cru que tu allais dire que Teanuanua s’était fait brisé la cheville à cause du tacle ![]()
Au fil de la lecture, je me doutais que quelqu’un au loin allait intervenir, je ne me suis pas trompé !
Bon Teanuanua est un peureux et gâche tout, mais ça ce n’est qu’un détail. ![]()
@alexgavi Exactement ! Après la mort du daron, j’y ai cru aussi à la fracture ![]()
Et je te rejoins aussi @Malakai ! Je m’attendais aussi à lire la présence d’un inconnu mystérieux et BIM, pas manqué ! Mais là, le p’tit bonhomme est en train de laisser passer sa chance ![]()
TAPETTE !!!
On dit à on dit ça.
Mais ça tombe il a eu raison de s’enfuir et c’était un prédateur !
@alexgavi vous voulez vraiment qu’il arrive de mauvaises choses aux protagonistes? ![]()
@Malakai merde… Je suis devenu prévisible? ![]()
@CaptainAmericka Il n’a que 15 ans le p’tiot Teanuanua, soyez indulgent ![]()
@Sythax carrément! En plus, le type avait une sale tronche ![]()

Ce soir-là, Mr Vahimena avait invité tout le monde au restaurant, une expérience inédite pour Teanuanua. Le jeune garçon était captivé par les lumières tamisées, les plats élégants, et l’ambiance animée. Il savourait chaque instant, emporté par l’excitation de cette première fois.
À la sortie du restaurant, alors que tous se préparaient à retourner à l’appartement de Temehani, Teanuanua demanda soudain la permission de rester seul un moment. Il promit de les rejoindre plus tard, une demande qui surprit le groupe, mais ils acceptèrent.
Il retourna alors vers la plage, l’endroit même où il avait retrouvé le plaisir du football plus tôt dans la journée. Sous les faibles lumières, le sable gardait encore une chaleur réconfortante, et les murmures des vagues semblaient partager ce moment avec lui. Tandis qu’il marchait le long de la plage, Teanuanua aperçut soudain l’homme qu’il avait croisé plus tôt. Il hésita, mais l’homme lui adressa un sourire et leva la main en signe de paix.
"Ne t’enfuis pas, je ne te veux pas de mal, dit-il d’un ton rassurant. Je veux juste parler."
Teanuanua, toujours méfiant, resta au centre de la promenade, où les passants étaient nombreux, assurant sa sécurité en cas de problème.
"Je vis sur l’île de Moorea, expliqua l’homme. J’y joue au football dans un petit club local. J’ai vu tes dribbles et ton jeu ce matin. Tu as du talent. Et je ne sais pas si tu as déjà un club. Mais si ce n’est pas le cas, je voulais te proposer de venir essayer un entraînement avec nous."
Il ajouta, voyant l’hésitation de Teanuanua :
« J’arriverai à convaincre mon coach, ne t’inquiète pas. »
Teanuanua, touché par l’invitation, lui dit qu’il n’avait pas de club le remercia sincèrement mais expliqua qu’il était venu à Tahiti pour trouver un emploi, pas pour jouer au football. L’homme sourit, sortit son portefeuille, et tendit une carte professionnelle à Teanuanua.
"Je comprends, mais prends ça, au cas où tu changes d’avis, dit-il en tendant la carte. On ne sait jamais."
Sur la carte, il put lire : Victor Labourd, Institut des récifs coralliens du Pacifique, avec un numéro de téléphone et une adresse. L’homme ajouta :
"Je suis professeur à l’institut. Si tu veux jouer, je t’accueillerai avec plaisir. Sinon, je comprends tout à fait. Je te souhaite le meilleur, euh…
— Teanuanua, monsieur", dit le jeune homme.
Victor lui sourit chaleureusement.
« Alors, je te souhaite le meilleur, Teanuanua. »
Il lui serra la main avec un geste sincère et chaleureux, puis s’éloigna, laissant Teanuanua seul avec cette opportunité étrange et inattendue. Le garçon serra la carte dans sa main, la regarda longuement, et finit par la glisser dans sa poche avant de rebrousser chemin, son esprit tiraillé entre ses rêves d’enfant et sa réalité de jeune adulte.
Un homme interpelle 2 fois dans la journée un jeune homme dans la rue, Victor Labourd… ![]()
Espérons qu’il arrive à trouver le chemin jusqu’au ballon rond
Les portes s’ouvrent de plus en plus pour Teanuanua, à lui de les franchir ![]()
Bon Teanuanua tu vas arrêter de ton faire ton difficile et tu vas accepter l’offre du gentil monsieur. ![]()
Deux heures plus tard …

il va débarquer dans un stade sans pelouse dans un trou paume
Avec Victor Labourd ? Tu m’étonnes ![]()
@Tiien J’ai tapé un nom au hasard mais oui je n’avais pas fait gaffe à ça ![]()
@alexgavi si la poisse ne vient pas s’interposer entre temps…
@Malakai j’espère bien
Il n’est pas difficile, juste que la vie ne l’a pas aidé ![]()
@Manthyz
l’avantage de Tahiti c’est que c’est petit et que Teanuanua sera vite retrouvé! ![]()
@celiavalencia Il ne joue pas en Corrèze non plus
(PS: je vous kiffe les Corréziens
)
@CaptainAmericka si j’avais percuté en mettant ce nom… ![]()

Les jours passaient, mais le désir de jouer au football dans un club ne quittait pas Teanuanua. La proposition de Victor, le professeur rencontré sur la plage, lui trottait sans cesse dans la tête. Cependant, la réalité lui revenait toujours comme un rappel brutal. Il était à Tahiti pour trouver un travail, pas pour rêver sur un terrain de football, et Moorea semblait aussi inaccessible que l’Europe, bien que beaucoup plus proche. Pourtant, l’envie restait bien vivante en lui.
Finalement, un matin, poussé par un besoin irrépressible d’action, il décida de suivre son instinct. Tevava était parti explorer les musées de la ville pour y chercher d’éventuelles opportunités pour son petit-fils tout en cultivant son amour de l’histoire, et Temehani était à l’entraînement. Teanuanua prit un peu d’argent de son enveloppe de billets et se dirigea vers l’arrêt de bus, prêt à s’aventurer dans Papeete.
Lorsqu’il descendit du bus devant Decathlon, il fut saisi par l’immensité du magasin. Habitué aux petites échoppes et aux marchés de Mangareva, il se sentait minuscule dans cet espace débordant de rayons alignés et d’équipements de sport en tout genre. Il y avait tant de choix qu’il en avait presque le tournis. La tentation d’acheter tout ce qui lui tombait sous les yeux était forte, mais il se rappela de son objectif : trouver ce dont il avait besoin pour l’entraînement. Alors, il se concentra et se mit à arpenter les allées.
Une heure plus tard, Teanuanua ressortait du magasin, un sac de sport en main, avec tout le nécessaire pour jouer : des chaussures de football flambant neuves, un short, des chaussettes, une gourde, et un maillot. Même s’il avait utilisé la majorité de l’argent qu’il avait emporté, il se sentait heureux. Pour une fois, il possédait un équipement digne de ce nom et il passa la journée dans les rues de Papeete à observer chaque détail de son nouvel équipement.
Lorsqu’il rentra ce soir-là, les yeux brillants d’excitation, il expliqua l’histoire de la rencontre avec Victor à Tevava et Temehani et montra ses achats du jour, en espérant susciter un peu de fierté. Cependant, si Temehani se montra fou de joie à l’idée de savoir son meilleur ami sur les terrains de foot, Teanuanua ne tarda pas à voir les traits de Tevava se durcir, et bientôt, son grand-père se lança dans une tirade en découvrant que la quasi-totalité de leur argent avait disparu de l’enveloppe.
"Teanuanua, tu es fou ? s’emporta Tevava. Comment avons-nous maintenant de quoi manger, de quoi rentrer si tout échoue ici ? On risque de se retrouver sans le sou dans les rues de Papeete, tu comprends ?
Les mots résonnèrent dans la pièce, lourds et sévères. La voix de son grand-père résonnait dans le silence, chaque mot frappant comme un coup de marteau. Teanuanua se sentait écrasé sous la honte, pris entre sa passion et la déception dans le regard de Tevava. Il se rendit compte qu’il n’avait plus assez pour acheter un billet pour Moorea, et que même le rêve d’un simple essai dans le club de Victor s’éloignait à nouveau.
Après un silence pesant, Teanuanua ramassa ses affaires et se retira dans la petite chambre. Il glissa son sac de sport sous le lit, essayant de le cacher, tout comme il aurait aimé dissimuler son erreur. Les larmes montèrent, trahissant le sentiment d’avoir trahi son grand-père, et il finit par s’endormir en silence, le cœur lourd.
Bah, papy va aller bosser pendant que Teanuanua joue au foot ![]()
Ne pas baisser les bras, ces dépenses seront rentabilisées dans quelques temps, à coup sûr !!
Ce n’est qu’un détail, mais le fait de toujours avoir un petit rappel de l’ancienne vie de Teanuanua, notamment quand il découvre la taille des magasins, me plaît énormément.
C’est un vrai plaisir de se connecter le matin pour lire la suite. Vraiment.
@alexgavi , mais laisse-le profiter de sa retraite, le pauvre ![]()
@CaptainAmericka espérons-le!
@Malakai ça fait plaisir
Je prends beaucoup de plaisir avec cette story également!

Les semaines passaient, et toujours rien. Teanuanua et son grand-père cherchaient en vain un emploi pour le jeune homme, mais aucun n’aboutissait. L’échéance se rapprochait : dans une semaine, Temehani partirait pour la France, et ils devraient alors retourner à Mangareva si rien ne changeait.
Un matin, alors que Tevava était sorti faire quelques courses, Teanuanua faisait le ménage à contrecœur. En rangeant, son regard tomba sur son sac de sport, celui qu’il avait acheté en cachette, plein de ses affaires de foot flambant neuves. À côté, la carte de visite de Victor reposait sur la table. Un frisson le parcourut. Il ne pouvait pas rentrer chez lui sans au moins essayer. Soudainement décidé, il saisit son téléphone et composa le numéro.
Victor répondit avec enthousiasme, lui indiquant qu’il y avait un entraînement… le dernier de l’année, en fait. C’était ce soir même ! Teanuanua n’hésita plus. Il attrapa son sac et fila en direction du port, l’esprit tourné vers Moorea. Il prendrait le bateau sans payer, pour ne pas pénaliser financièrement Tevava.
En attendant le ferry, il guettait nerveusement l’embarcadère, jusqu’à apercevoir son grand-père arriver. Il baissa la tête, s’attendant à une dispute, mais Tevava lui posa simplement une main ferme sur l’épaule.
« Tu tiens tant que ça à essayer ? » demanda-t-il.
Teanuanua hocha la tête, déterminé. Alors Tevava sourit légèrement.
"Eh bien, on y va tous les deux. Ne bouge pas d’ici ; je vais acheter des billets aller-retour. Nous devrons rentrer ce soir.
— Mais… et le retour à Mangareva ? On n’aura plus assez d’argent, murmura Teanuanua.
— C’est vrai, on verra comment faire. Demain est un autre jour. Allons-y."
Après une traversée paisible, ils posèrent enfin pied sur Moorea. L’île, plus calme et verte que Tahiti, leur offrait un doux contraste avec la ville. Teanuanua aimait l’ambiance de cette île. Cela lui rappelait Mangareva et cette dernière lui manquait. Ils se promenèrent un moment, découvrant les paysages, jusqu’à ce que l’heure de l’entraînement approche.
À l’entrée du terrain, Victor attendait Teanuanua avec un large sourire. Il le présenta aux autres joueurs, et tous partirent dans les vestiaires pour se changer.
Teanuanua observa autour de lui, impressionné. C’était la première fois qu’il entrait dans un vrai vestiaire de club, où l’odeur du cuir et de la sueur se mélangeait à une atmosphère d’excitation et de camaraderie. Ses mains tremblaient légèrement tandis qu’il ouvrait son sac et sortait ses affaires de football pour les enfiler. Le rêve se matérialisait enfin, au moins pour une soirée.
Victor conduisit Teanuanua vers l’entraîneur, Garry Locket, un homme d’une quarantaine d’années, à l’allure solide et au regard bienveillant. Avec un accent français, Garry le salua chaleureusement, le mettant immédiatement à l’aise. Teanuanua réalisa vite que, comme Victor, Garry venait de France. En observant l’équipe autour de lui, il remarqua que les trois quarts des joueurs étaient également des métropolitains, avec seulement quelques Polynésiens en minorité.
L’entraînement débuta avec des exercices d’échauffement. Teanuanua ressentit immédiatement le poids inhabituel de ses nouvelles chaussures de football, qui rendaient chaque foulée plus lourde qu’il ne l’avait anticipé. Puis les exercices avec le ballon commencèrent, et il se sentit plus à l’aise. Parmi les différents ateliers, celui des tirs devint vite son préféré : chaque frappe qu’il tentait était bien cadrée, et il se prit à rêver un instant.
"On va faire un match, annonça Garry en rassemblant les joueurs. Il nous manque un attaquant, Teanuanua, tu joueras en pointe."
Teanuanua acquiesça avec un mélange d’excitation et d’appréhension.
Mais dès le début du match, tout lui échappa. Ses contrôles de balle étaient hésitants, ses passes manquaient de précision, et, surtout, ses tirs manquaient de puissance, échouant à troubler le gardien adverse. Peu à peu, ses coéquipiers commencèrent à le contourner dans le jeu, cherchant des solutions ailleurs. Teanuanua sentit leur distance et comprit qu’il était devenu presque invisible sur le terrain.
Désespéré, il trottina d’un bout à l’autre, espérant un moment de grâce qui ne vint pas.
L’entraînement terminé, les joueurs commencèrent à ranger les équipements. Garry, l’entraîneur, s’entretenait avec un homme d’une cinquantaine d’années en bord de terrain. Tous deux firent signe à Teanuanua de s’approcher.
"Écoute, dit Garry en soupirant, je ne pense pas que ça va le faire. Tu n’es pas prêt pour le niveau du club.
Victor, qui écoutait depuis quelques mètres, s’interposa :
"Garry, tu es fou ! Je t’ai dit, je l’ai vu jouer sur la plage. Il a un talent fou, c’est juste le stress de son premier entraînement, tu verras.
— Alors il doit avoir un frère jumeau, répondit Garry avec un rire moqueur, parce qu’aujourd’hui, il était à côté de ses pompes.
— Il est sûrement stressé, c’est ça, non, Teanuanua ?"
Teanuanua répondit timidement :
« En fait, c’est juste que… je n’ai jamais joué avec des chaussures avant. »
Garry éclata de rire :
"Jouer sans chaussures ? Eh bien, retourne au beach soccer alors ! Les crampons, c’est la base ici !
— Laisse-lui au moins une chance, Garry, insista Victor. Au pire, il fait partie de l’équipe, il progresse, et sa licence rapporte un peu d’argent au club."
Teanuanua hésita, puis se lança :
« Mais… je ne peux pas m’engager ici. Je suis de Mangareva, et je suis venu à Tahiti pour chercher du travail. Si on ne trouve rien, je devrais repartir la semaine prochaine. »
À quelques mètres, Tevava s’était approché discrètement pour suivre la conversation. L’homme d’une cinquantaine d’années prit la parole, le regard fixé sur Teanuanua :
« Tu cherches un emploi ? Ça tombe bien, moi, je cherche quelqu’un. Je suis Joffrey Henry, propriétaire du lodge Fare Tokoau sur cette île de Moorea. J’ai besoin d’un veilleur de nuit et d’un aide pour préparer les petits-déjeuners. Si ça te va, tu commences lundi. On a des logements pour les employés, tu auras ton propre studio. »
Teanuanua hésita, baissant les yeux :
« Merci, Monsieur, mais… je n’ai pas encore le droit de travailler. Je n’aurai seize ans que dans trois mois. »
Mr Henry soupira, prêt à s’éloigner :
« Eh bien, tant pis, jeune homme. Je ne peux rien faire de plus pour toi. »
Mais avant qu’il ne parte, Tevava s’avança et annonça :
« Monsieur Henry, comme vous le voyez, moi, j’ai largement plus de seize ans. Embauchez-moi pour trois mois, et le jour de ses seize ans, mon petit-fils prendra le relais. »
Mr Henry réfléchit un instant, puis sourit :
« Marché conclu ! Mais pas le jour même, hein. Le lendemain ! Seize ans, ça se fête en famille. Lundi, alors, je vous attends tous les deux pour signer vos contrat et la licence pour jouer ici l’an prochan. Ah, et prépare-toi, jeune homme : je veux te voir progresser en anglais. C’est essentiel dans ce métier. »
Victor raccompagna Teanuanua et Tevava en voiture pour qu’ils attrapent le dernier ferry vers Tahiti. De retour chez Temehani, Teanuanua raconta toute l’histoire à son meilleur ami, qui sauta de joie en apprenant la nouvelle.
Cette nuit-là, allongé sur son lit, Teanuanua réalisa qu’il ne connaissait même pas le nom du club, ni le niveau du club. Il envoya un message à Victor, qui répondit presque aussitôt : « AS Tamarii Tapuhute Football, en Ligue 2, soit la troisième division ici. »
Quelle journée inoubliable !
Haaaa ! l’aventure va pouvoir commencer !