Réponse aux lecteurs
@Manthyz et @celiavalencia , oui chez Toopil, il y aussi des histoires tristes ![]()
@CaptainAmericka beh non, c’est un monde parallèle à celui du coach Toopil donc rien à voir! ![]()
@Sythax j’ai loupé un épisode je crois ![]()
@alexgavi pour la suite, il fallait patienter mais la voici!

Deux jours plus tard, la mer, comme pour rendre hommage à Tamatoa, révéla enfin son secret. Le corps sans vie de Tamatoa fut retrouvé à quelques kilomètres de Marutea Sud. Ce fut un choc immense pour Teanuanua, qui, malgré l’absence d’espoir, avait gardé une lueur d’attente, une folie d’espoir. La communauté décida de rapatrier Tamatoa à Mangareva pour lui offrir un dernier adieu auprès des siens. Ce fut une décision difficile pour Teanuanua. Sans son père, il ne pouvait plus travailler à Marutea Sud. Il devait rentrer, faire face à sa famille, à leur deuil, et à une culpabilité qui le rongeait de l’intérieur.
À ses yeux, c’était pour lui, pour un rêve peut-être trop ambitieux, qu’ils avaient quitté Mangareva. Et maintenant, son père ne reviendrait plus jamais. Cette pensée l’accablait et la honte, lourde et persistante, pesait sur son cœur.
Avant son départ, son patron lui remit le dernier salaire en liquide, ainsi que celui de Tamatoa, une petite somme précieuse pour le voyage et les mois à venir. La communauté tout entière se cotisa pour offrir à Teanuanua le billet pour retourner chez lui, consciente de la douleur qu’il allait devoir affronter seul à Mangareva. Quand il embarqua pour le voyage de retour, il remercia chaque membre de la communauté, les larmes aux yeux. Son cœur était partagé entre la gratitude et l’infinie tristesse de devoir quitter ce lieu qui lui avait tant appris, malgré la tragédie.
Deux semaines plus tard, Teanuanua posa pied à terre à Mangareva, là où il n’était pas revenu depuis quatre longues années. Il retrouva son foyer, sa mère, son frère et ses sœurs, qui avaient tous changé, grandi, et dans les yeux desquels se lisait la tristesse et l’inquiétude. Ils l’entourèrent, silencieusement, chacun portant sa part du deuil. Mais Teanuanua, rongé par la culpabilité, eut du mal à croiser leurs regards. Chaque sourire, chaque larme échangée avec sa famille semblait lui rappeler la perte de Tamatoa.
Le jour de l’enterrement, une foule s’était rassemblée pour rendre hommage à Tamatoa. Amis, voisins, tous ceux qui l’avaient connu étaient présents pour témoigner leur respect. Même Mr Vahimena, le père de Temehani, était présent. Teanuanua se tenait en retrait, le poids de la honte l’empêchant de se tenir aux côtés de sa famille. La tristesse semblait céder peu à peu sous l’étreinte de la culpabilité, chaque regard des autres résonnant dans son esprit comme un reproche, même s’il savait, quelque part, que personne ne lui en voulait.
Alors que le cortège avançait, Teanuanua serra les poings. Il avait envie de pleurer, mais les larmes restaient bloquées, retenues par cette honte qui l’étouffait. Il sentait son cœur se briser davantage, tiraillé entre le chagrin et ce sentiment de responsabilité. Il avait perdu son père, il avait perdu un pilier.


