:storygreen: :s4: Le génie de Ma’areva 🇵🇫

Réponse aux lecteurs

@Manthyz et @celiavalencia , oui chez Toopil, il y aussi des histoires tristes :pleading_face:

@CaptainAmericka beh non, c’est un monde parallèle à celui du coach Toopil donc rien à voir! :sweat_smile:

@Sythax j’ai loupé un épisode je crois :joy:

@alexgavi pour la suite, il fallait patienter mais la voici!

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Chapitre 8: Le sentiment de culpabilité

Deux jours plus tard, la mer, comme pour rendre hommage à Tamatoa, révéla enfin son secret. Le corps sans vie de Tamatoa fut retrouvé à quelques kilomètres de Marutea Sud. Ce fut un choc immense pour Teanuanua, qui, malgré l’absence d’espoir, avait gardé une lueur d’attente, une folie d’espoir. La communauté décida de rapatrier Tamatoa à Mangareva pour lui offrir un dernier adieu auprès des siens. Ce fut une décision difficile pour Teanuanua. Sans son père, il ne pouvait plus travailler à Marutea Sud. Il devait rentrer, faire face à sa famille, à leur deuil, et à une culpabilité qui le rongeait de l’intérieur.

À ses yeux, c’était pour lui, pour un rêve peut-être trop ambitieux, qu’ils avaient quitté Mangareva. Et maintenant, son père ne reviendrait plus jamais. Cette pensée l’accablait et la honte, lourde et persistante, pesait sur son cœur.

Avant son départ, son patron lui remit le dernier salaire en liquide, ainsi que celui de Tamatoa, une petite somme précieuse pour le voyage et les mois à venir. La communauté tout entière se cotisa pour offrir à Teanuanua le billet pour retourner chez lui, consciente de la douleur qu’il allait devoir affronter seul à Mangareva. Quand il embarqua pour le voyage de retour, il remercia chaque membre de la communauté, les larmes aux yeux. Son cœur était partagé entre la gratitude et l’infinie tristesse de devoir quitter ce lieu qui lui avait tant appris, malgré la tragédie.

Deux semaines plus tard, Teanuanua posa pied à terre à Mangareva, là où il n’était pas revenu depuis quatre longues années. Il retrouva son foyer, sa mère, son frère et ses sœurs, qui avaient tous changé, grandi, et dans les yeux desquels se lisait la tristesse et l’inquiétude. Ils l’entourèrent, silencieusement, chacun portant sa part du deuil. Mais Teanuanua, rongé par la culpabilité, eut du mal à croiser leurs regards. Chaque sourire, chaque larme échangée avec sa famille semblait lui rappeler la perte de Tamatoa.

Le jour de l’enterrement, une foule s’était rassemblée pour rendre hommage à Tamatoa. Amis, voisins, tous ceux qui l’avaient connu étaient présents pour témoigner leur respect. Même Mr Vahimena, le père de Temehani, était présent. Teanuanua se tenait en retrait, le poids de la honte l’empêchant de se tenir aux côtés de sa famille. La tristesse semblait céder peu à peu sous l’étreinte de la culpabilité, chaque regard des autres résonnant dans son esprit comme un reproche, même s’il savait, quelque part, que personne ne lui en voulait.

Alors que le cortège avançait, Teanuanua serra les poings. Il avait envie de pleurer, mais les larmes restaient bloquées, retenues par cette honte qui l’étouffait. Il sentait son cœur se briser davantage, tiraillé entre le chagrin et ce sentiment de responsabilité. Il avait perdu son père, il avait perdu un pilier.

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J’étais à moitié endormi sur mon téléphone et j’ai tout mélangé :smiley:
(ou alors, c’étaient les larmes qui m’ont brouillées l’esprit ?)

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Non non tu n’as rien mélangé :joy: Je suis le supporter n°1 de Wrexham chez @Manthyz ! Réputé et reconnu ! On m’appelle Hélicodick-Man, spécialiste des pintes plus grosses que ma b… :joy:

Bref, je m’égare. Quelle tristesse pour ce jeune homme… Décidément, la vie ne lui fait aucun cadeau…

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La descente aux enfers continue pour le jeune Teanuanua. Sûr que cette rude étape lui servira de motivation pour la suite ! :+1:

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Réponse aux lecteurs

@Sythax la nuit ça sert à dormir :sweat_smile: :joy:

@CaptainAmericka ta vie sexuelle avec les pintes ne me regarde pas :sac:

@alexgavi oui, il pourra en tirer une force, j’en suis sûr! :sunglasses:

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Chapitre 9: Une aide bienvenue

Teanuanua ressentait une immense responsabilité envers sa famille depuis la perte de son père. Leur modeste foyer de Mangareva comptait sur lui, sur ses épaules à peine formées par le travail sur Marutea Sud, pour soutenir ses frères et sœurs et alléger le fardeau de sa mère, Moerani. Son unique solution, pensait-il, était de partir pour Tahiti, où il espérait trouver du travail. Ce départ ne lui plaisait guère, mais l’idée de voir sa famille manquer de tout lui était insupportable.

Lorsqu’il aborda ce sujet avec sa mère, celle-ci hésita. Tahiti, avec ses promesses de travail, mais aussi ses défis et ses dangers, lui semblait loin, trop loin de leur île natale et du cercle protecteur de Mangareva.

Pourtant, devant la détermination de son fils, elle accepta à contrecœur, espérant qu’il trouverait là-bas l’opportunité dont ils avaient tous besoin. Avec le dernier salaire reçu à Marutea Sud, Teanuanua se rendit à l’aéroport pour acheter un billet. Mais les règles étaient strictes : étant mineur, il ne pouvait voyager seul. L’employée refusa de lui vendre un billet sans accompagnateur adulte, et, dans sa frustration et son impuissance, Teanuanua perdit son sang-froid. Son rêve semblait se briser encore une fois, cette fois par des règles administratives incompréhensibles. Il se fit expulser de l’aéroport, dévasté et en colère.

Le lendemain, une visite inattendue vint changer la donne. Mr. Vahimena, le père de Temehani et directeur de l’aéroport, frappa à la porte de la famille Tehahe. Ayant entendu parler de l’incident de la veille, il comprenait que le jeune garçon se trouvait dans une situation délicate. Il expliqua patiemment à Teanuanua que la loi à Tahiti était inflexible concernant les mineurs et que sans ses seize ans, il n’aurait pas le droit de travailler sur place.

« Et je n’aurai seize ans que le 1er octobre », répliqua Teanuanua avec un mélange de frustration et de résignation, baissant la tête pour éviter le regard de sa mère, consciente des efforts infructueux de son fils.

Mr. Vahimena continua d’expliquer que même une fois à Tahiti, Teanuanua ne pourrait pas y vivre seul. Il devait avoir dix-huit ans pour cela, sauf s’il résidait dans un foyer d’accueil, ce qui nécessitait un dossier de demande spécifique, difficilement envisageable dans l’immédiat. Moerani, à la fois soulagée et attristée, indiqua qu’elle ne pourrait pas déménager sur Tahiti avec lui, ayant ses autres enfants à charge et des moyens limités.

C’est alors que Tevava, le grand-père de Teanuanua, qui écoutait depuis la pièce voisine, se redressa et annonça avec une solennité qui suspendit le temps dans la petite maison :

« Si c’est ce qu’il faut pour Teanuanua, alors j’irai avec lui. »

Le vieil homme, marqué par les années et pourtant habité d’une force tranquille, expliqua que ce serait pour lui l’occasion de quitter, pour la première fois de sa vie, son île natale. Moerani, bouleversée, protesta. Mais Tevava, calme et déterminé, la rassura.

« Je connais Mangareva mieux que n’importe qui, et j’ai vu tant de jeunes partir et revenir. C’est maintenant ou jamais pour Teanuanua, Moerani, et je ne compte pas le laisser partir sans un pilier à ses côtés. »

Ému, Teanuanua n’eut même pas besoin de parler pour que son grand-père comprenne toute la reconnaissance et la tristesse qui l’habitaient à cet instant.

Mr. Vahimena, touché par cette solidarité familiale, promit de faire tout ce qui était en son pouvoir pour leur obtenir des billets à un tarif préférentiel. Il les tiendrait informés dès qu’un vol aurait des places disponibles.

Par ailleurs, pour alléger le fardeau de Moerani, il proposa que Teanuanua et Tevava logent chez Temehani (au centre de formation où il n’est pas interdit d’inviter du monde précise-t’il) jusqu’au 30 juin, date où son fils devait quitter le logement qu’il occupait pour déménager. Cela laisserait quelques semaines à Teanuanua et à son grand-père pour s’installer, commencer à apprivoiser leur nouvelle vie à Tahiti et trouver un travail pour les seize ans de Teanuanua.

Teanuanua, le cœur serré, envisageait désormais un futur encore incertain, mais la présence de Tevava, cet homme respecté et sage, adoucissait un peu l’idée de partir pour cette terre étrangère. Un nouvel espoir naissait en lui : celui de donner un avenir meilleur à sa famille, même s’il ignorait encore les sacrifices et les défis qu’allait exiger ce voyage initiatique, où chaque pas le rapprochait d’une vie dont il ne connaissait encore rien.

Le soir, sous le ciel étoilé de Mangareva, il resta longtemps assis en silence à côté de son grand-père. Les étoiles semblaient plus proches que jamais, comme pour lui rappeler qu’au-delà de la mer, d’autres îles et d’autres vies l’attendaient, prêtes à tester sa détermination et à lui offrir, peut-être, une autre chance de rêver.

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une belle famille
Et courageux le grand père de quitter son ile et sa famille pour aider le reve de Teanuanua

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Faut encore y arriver !!

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Merci papy ! Tiens, dormir au logement du centre de formation :eyes: :+1:

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Oh là… Ça sent le grand père qui casse sa pipe avant/pendant/après l’avion ça… Ah non hein !! Tu nous laisse le vieux en vie ! Pas deux fois, ça suffit !

L’histoire est belle, on espère tous qu’elle va continuer à l’être ! :laughing:

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Réponse aux lecteurs

@celiavalencia il a le sens du sacrifice ce Tevava :smiling_face_with_three_hearts:

@Sythax il y a plein de méthodes qui peuvent aider. J’ai un fils TDAH pour qui le sommeil est compliqué :wink:

@alexgavi tiens, tiens, tiens, comme par hasard :sac:

@CaptainAmericka ha non! on l’aime le papy :smiling_face_with_three_hearts:

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Chapitre 10: L’arrivée à Tahiti

Le jour du grand départ pour Tahiti, Teanuanua et Tevava montèrent dans l’avion, l’esprit empli d’une excitation mêlée d’appréhension. Tevava, qui n’avait jamais quitté Mangareva ni même vu un avion d’aussi près, était visiblement ravi. Lors du décollage, alors que l’avion quittait la terre ferme et s’élançait dans les airs, il éclata d’un rire bruyant et communicatif, s’émerveillant de cette sensation grisante de quitter le sol.

Teanuanua, bien que tout aussi impressionné, resta plus discret, l’angoisse et le poids de ses responsabilités le retenant d’une euphorie totale. Mais au fond de lui, un brin d’émerveillement persistait, cette aventure marquant pour lui une transition vers l’inconnu.

À leur arrivée à l’aéroport de Tahiti, un visage familier et rayonnant les attendait : Temehani, le meilleur ami de Teanuanua. Il n’avait pas changé, toujours cet enthousiasme débordant et ce sourire accueillant. Il prit Teanuanua dans ses bras, comme s’ils s’étaient quittés la veille et non il y a des années, et salua chaleureusement Tevava. Les trois montèrent dans le bus en direction de l’appartement de Temehani, qui avait généreusement proposé de les héberger temporairement.

Pendant le trajet, Temehani, plein de joie, raconta tout ce qui avait changé depuis son départ de Mangareva, notamment sur le plan footballistique. Il glissa, avec excitation, que Tahiti offrait une multitude de clubs de football et que Teanuanua pourrait enfin jouer dans une équipe, comme il en rêvait autrefois. Mais Teanuanua, avec un regard sérieux, répondit doucement :

« Je suis ici pour trouver un travail, Temehani, pas pour jouer au football. Je n’ai plus touché un ballon depuis la détection à Mangareva… »

La résignation dans sa voix surprit son ami. Temehani, un peu déçu, chercha alors à le motiver en partageant une grande nouvelle. Il avait récemment été repéré par les recruteurs du Dijon FCO, un club français de National, la 3e division Française, qui avaient déjà accueilli dans leurs rangs des jeunes talents venus des Caraïbes comme de la Martinique et de la Guadeloupe et les faisait jouer en équipe première. Les recruteurs étaient restés un mois entier pour l’observer jouer, et cette reconnaissance avait ouvert une opportunité incroyable pour lui de poursuivre son rêve de footballeur en France. C’était d’ailleurs la raison pour laquelle il devait quitter son logement le 30 juin.

Teanuanua, impressionné malgré lui, garda le silence. Temehani, qui avait persisté dans sa passion pour le football, voyait désormais son rêve à portée de main. Il allait s’envoler vers l’Europe! Ce rappel fit jaillir en lui une étincelle de nostalgie pour sa propre passion, désormais refoulée sous le poids des responsabilités.

"Au fait, ajouta Temehani, mon dernier match de championnat est contre les jeunes de l’AS Piraé. Venez le voir, ce sera l’occasion de me voir à l’œuvre une dernière fois avant mon départ ! Il y aura mon père. Et si on gagne, nous serons champions de Tahiti !"

Teanuanua et Tevava échangèrent un regard, esquissant un sourire d’assentiment. Le cœur de Teanuanua battait plus fort. Le destin semblait lui rappeler l’existence de ce rêve, même s’il s’obligeait à l’oublier.

Arrivés chez Temehani, Teanuanua et Tevava furent frappés par la vue qui s’offrait depuis la fenêtre : les vastes terrains d’entraînement du centre de formation de la Fédération tahitienne, verts et parfaitement entretenus, où des jeunes en maillots colorés s’entraînaient avec intensité.

Ce spectacle provoqua chez Teanuanua un pincement au cœur. Voir ces terrains, savoir que des jeunes jouaient tous les jours à ce sport qu’il avait autrefois aimé, éveillait en lui un mélange de nostalgie et de désir refoulé. Pourtant, il se promit une fois encore de ne pas se laisser distraire : il était ici pour sa famille.

Mais quelque chose, imperceptible, se produisait en lui.

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Je suis fan,

Par contre, on en parle que l’aile de l’avion est dans le sens inverse des sièges… Là… ça sent le crash :sweat_smile:

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Est-ce qu’enfin la routourne va enfin tourner pour Teanuanua ?

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Il serait pas le premier à conjuguer boulot et sport intensif pour tenter de réussir !

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Ouf, papy a résisté au voyage !

Allez Teanuanua, on croit en toi ! :smiley:

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Imagine ça aurait été « la foudre » au lieu de la vue, l’histoire se serait vite terminée :joy:

Son arrivée à Tahiti semble plein de promesses !!

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Réponse aux lecteurs

@Tiien j’avais loupé ce détail. Bien vu :joy:

@Manthyz j’espère qu’il parle mieux Français que Ribery quand même :sac:

@Sythax pas faux. On espère qu’il y arrivera!

@alexgavi vous vouliez tant que ça le voir mourir dans l’avion? :joy:

@CaptainAmericka Mais non! Laissez-leur le temps plutôt que vouloir les tuer :rofl:

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Chapitre 11: Le match de Temehani

Le stade était en ébullition. Le match tant attendu entre l’équipe du centre de la FTF, l’équipe de Temehani et celle de l’AS Piraé débutait sous les encouragements du public, venus nombreux pour cette finale U16.

Dans les gradins, Teanuanua et Tevava se tenaient aux côtés de Mr Vahimena, le père de Temehani, l’esprit empli d’excitation et de fierté. Mr Vahimena, le visage tendu par l’émotion, espérait voir son fils soulever le trophée pour son dernier match à Tahiti avant son grand départ pour Dijon.

Dès le coup d’envoi, Temehani, arborant fièrement le numéro 10, se démarqua immédiatement sur le terrain. En meneur de jeu, il faisait preuve d’une maîtrise impressionnante, orchestrant chaque mouvement de l’équipe avec la grâce et l’élégance de grands noms que Teanuanua avait un jour admirés de loin : Zidane, Maradona, Pelé

Temehani avait grandi, et son jeu aussi. Teanuanua ne pouvait s’empêcher d’être impressionné par son ami, conscient que ce n’était plus le même Temehani qui courait autrefois à ses côtés sur le sable de Mangareva. Chaque passe était calculée, chaque mouvement fluide et précis. Et physiquement, il semblait infatigable. Il avait progressé bien plus que Teanuanua le pensait.

En vingt minutes à peine, Temehani réussit deux passes décisives, mettant son équipe en tête avec un score de 2-0. Puis, à la 31e minute, après une série de dribbles magistraux, il se retrouva face au gardien et marqua le troisième but avec assurance. Dans un élan de joie, il célébra en mimant la pirogue, un geste iconique que Marama Vahirua, un joueur tahitien, avait rendu célèbre. Les spectateurs, Teanuanua y compris, éclatèrent en applaudissements et cris d’enthousiasme.

Le match se termina avec un score de 4-1 en faveur du centre de formation de la FTF. Lorsque l’arbitre siffla la fin, Temehani, capitaine radieux, souleva le trophée de champion U16 sous les acclamations de ses coéquipiers et de la foule en liesse. Les larmes aux yeux, Mr Vahimena, empli de fierté, applaudissait avec force.

Après la remise des trophées, Temehani, toujours le sourire aux lèvres, se précipita vers Teanuanua, le trophée entre les mains.

« Un jour, ce sera toi qui sera champion de Tahiti » , lui dit-il, le regard brillant.

Teanuanua, les yeux fixés sur le trophée, resta silencieux. La phrase de son ami réveillait en lui un rêve qu’il s’était forcé d’oublier. Ce rêve, aujourd’hui porté par Temehani, semblait désormais hors de portée, mais l’étincelle en lui ne s’éteignait pas complètement.

Le soir, après le dîner, Teanuanua se rendit sur le balcon de la maison, contemplant le ciel étoilé. Si les étoiles brillaient moins intensément qu’à Mangareva, elles éclairaient quand même la nuit d’un éclat paisible et mystérieux. Plongé dans ses pensées, il repassait en mémoire les actions de Temehani sur le terrain, chaque passe, chaque dribble, chaque tir… et ce rêve de devenir footballeur qu’il avait enfoui sous ses responsabilités familiales.

C’est alors que Temehani le rejoignit, silencieux. Finalement, Teanuanua brisa le silence :

« C’est dingue. Je ne réalise pas que tu vas aller en Europe. Un endroit complètement inaccessible pour le footballeur moyen tahitien. Et pourtant, d’ici peu, mon meilleur ami foulera le sol là-bas. »

Temehani le regarda, amusé.

« Qu’est-ce que tu me chantes ? Toi aussi tu vas y aller là-bas, pas vrai ? »

Teanuanua esquissa un sourire, légèrement amer.

« Ben tiens… Simple comme bonjour. »

"Oui… 24 heures d’avion, répondit Temehani, comme celui que tu as pris pour venir ici, mais en plus long. Vu comme ça, t’admettras que ça ne semble pas si loin. Ça paraît limite fastoche, non ?"

Teanuanua soupira, un soupir lourd, plein de résignation.

« Écoute, je crois qu’il faut qu’on mette les choses au point. Pour moi, elle est hors de portée, l’Europe… On n’est carrément pas à distance égale de l’Europe, tous les deux… C’est plus comme avant, mon vieux… »

Un silence suivit ses paroles, puis Temehani, les sourcils froncés, fixa Teanuanua.

« Tu veux que je te dise ? S’il y a un truc que je trouve changé, c’est toi, Teanuanua. T’étais un battant, mais t’as perdu ta gnaque. Tu ferais bien de reprendre du poil de la bête. Parce que là, t’es devenu carrément chiant. »

Sans ajouter un mot, Temehani tourna les talons et rentra à l’intérieur, laissant Teanuanua seul sous le ciel étoilé, son regard perdu entre le passé et l’avenir.

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Et bam dans la gueule !

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Tu as réussi à le placer :wink: Pour info, il est dans le staff de Grenoble IRL

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Teanuanua à moitié en dépression et Temehani qui lâche ça, bordel. :hoho:

En tout cas, c’est toujours aussi bien écrit. Un vrai plaisir à lire.

Il a raison le Temehani, qu’il fasse vibrer la corde qui fera écho en Teanuanua :star_struck: