La poisse… Shooting Stars a tout ruiné…
Chapitre 27 : Seychelles
L’arrivée aux Seychelles
L’archipel les accueille sous un soleil éclatant, un dégradé de bleus qui semble inventé pour l’occasion turquoise translucide près du rivage, indigo profond au large. Leur villa, nichée sur les hauteurs de Mahé, surplombe une crique isolée accessible par un sentier tortueux à travers une végétation tropicale dense.
— C’est encore plus beau que sur les photos, souffle Jenny en posant son sac, les yeux rivés sur l’horizon depuis la terrasse.
Lucas, encore habitué à l’agitation permanente de Makurdi, se laisse gagner par un calme qu’il n’avait plus ressenti depuis Prison Island, à Zanzibar cette même sensation de temps suspendu, débarrassé de toute urgence.
Le troisième jour, un instructeur local les emmène en bateau vers un site de plongée réputé au large de l’île Sainte-Anne. Sous la surface, un monde entier se dévoile : bancs de poissons-papillons aux couleurs électriques, tortues marines glissant avec une lenteur majestueuse, coraux dressés comme des sculptures vivantes. Jenny, plongeuse expérimentée, guide Lucas novice complet à travers ses premières palmées hésitantes, un sourire visible même à travers son masque.
Ils remontent à la surface après quarante minutes, Lucas encore émerveillé, incapable de trouver les mots justes pour décrire ce qu’il vient de voir.
— Alors, verdict ? demande Jenny en retirant son détendeur.
— Je crois que je viens de trouver un nouveau passe-temps.
Les couchers de soleil
Chaque soir devient un rituel sans qu’ils ne se le soient jamais formellement promis : s’installer sur la terrasse, un verre de vin blanc local à la main, pour regarder le soleil plonger dans l’océan Indien, le ciel s’embrasant de teintes orangées et violettes qui semblent différentes chaque jour. Jenny pose souvent sa tête contre son épaule dans ces moments-là, silencieuse, comme si les mots devenaient superflus face à ce genre de spectacle.
— On devrait faire ça plus souvent, murmure-t-elle un soir, sans vraiment s’adresser à lui autant qu’à l’instant lui-même.
— On trouvera un moyen, répond Lucas, une certitude nouvelle dans la voix différente de l’incertitude qui planait encore entre eux quelques mois plus tôt.
Ils consacrent une journée entière à explorer La Digue, l’une des îles voisines, à vélo sur des chemins sablonneux bordés de cocotiers, s’arrêtant longuement à Anse Source d’Argent, dont les rochers de granit rose sculptés par des siècles d’érosion composent un décor presque irréel. Jenny photographie chaque recoin avec un enthousiasme d’architecte, fascinée par les formes organiques de la roche.
Une autre après-midi les mène vers le Jardin du Roi, sur Mahé, une plantation d’épices et de vanille perchée dans les hauteurs de l’île, où un guide leur fait découvrir muscade, cannelle et poivre selon un rituel qui rappelle étrangement à Lucas ses premières semaines à Zanzibar un écho discret entre deux îles qui ont, chacune à leur manière, marqué un tournant dans sa vie.
Entre deux sessions de plongée, ils s’essaient au kayak dans les eaux calmes d’une crique protégée, à la randonnée jusqu’au sommet du Morne Seychellois pour une vue panoramique sur l’archipel tout entier, et à une sortie en catamaran au coucher du soleil, un verre de rhum arrangé à la main, le sillage du bateau scintillant sous la lumière déclinante.
Un soir, alors qu’ils rentrent d’une longue journée de randonnée, épuisés mais heureux, Jenny se tourne vers lui sur le chemin qui redescend vers la villa.
— Je crois que j’ai enfin compris ce que je voulais, Lucas. Depuis Nuremberg, depuis ce message que je t’ai envoyé… Je crois que j’avais juste peur. Mais là, maintenant, avec toi, ici c’est la première fois que j’ai vraiment l’impression d’être exactement où je dois être.
Lucas s’arrête, la regarde longuement dans la lumière mourante du jour, sentant quelque chose se dénouer définitivement en lui une paix qu’il n’aurait pas cru possible, un an plus tôt à peine, allongé sur un matelas trop fin dans une chambre de bonne au sixième étage.
— Alors reste. Pas juste pour ces vacances. Pour de vrai, cette fois.
Jenny sourit, un sourire large, sincère, débarrassé de toute l’hésitation des mois précédents.
— D’accord. Pour de vrai, cette fois.
Hum, intéressant, ça!
Chapitre 28 : Une nouvelle vie
L’avion touche le sol nigérian en fin d’après-midi, dans une chaleur sèche et poussiéreuse que Lucas reconnaît immédiatement celle de Makurdi, désormais aussi familière que les ruelles de Stone Town ou les couloirs de l’Aper Aku Stadium. À côté de lui, Jenny observe par le hublot les toits de tôle et les rives brunes de la Bénoué qui défilent sous l’appareil, une pointe d’appréhension mêlée d’excitation dans le regard.
— Alors ? demande Lucas, en la voyant serrer son sac contre elle.
— C’est différent de la première fois. La première fois, je fuyais les sirènes. Cette fois, je viens m’installer.
Terkimbi les attend à la sortie de l’aéroport, un grand sourire aux lèvres et un panneau griffonné à la main où l’on peut lire, en lettres irrégulières : BIENVENUE À LA MAISON.
L’appartement de Lucas, un deux-pièces fonctionnel mis à disposition par le club, n’était pas conçu pour accueillir deux personnes. Jenny s’en aperçoit dès le premier soir, en découvrant un mobilier spartiate et des murs nus où trône pour seule décoration le carnet de schémas tactiques, ouvert sur une table basse.
— On va changer ça, annonce-t-elle en posant ses valises, les yeux déjà brillants d’une énergie d’architecte.
Les jours suivants se transforment en un chantier joyeux. Jenny arpente les marchés de Wurukum pour dénicher tissus colorés, plantes en pot et artisanat local. Elle redessine l’agencement de l’appartement, déplace les meubles, accroche des cadres qu’elle a rapportés d’Allemagne. Peu à peu, l’endroit change de visage avec un espace chaleureux, habité, qui ressemble enfin à un foyer plutôt qu’à un simple point de chute.
Un soir, alors qu’ils dînent sur le balcon fraîchement aménagé, Lucas laisse son regard courir sur la pièce transformée.
— Je crois que c’est la première fois que je me sens vraiment chez moi quelque part.
— Ça fait longtemps que tu attends ça, hein ?
— Neuf ans en cellule, une chambre de bonne, un appartement de fonction… Ouais. Ça fait longtemps.
Jenny lui prend la main par-dessus la table, sans un mot. Certains silences n’ont pas besoin d’être comblés.
Le club, porté par une saison exceptionnelle et une qualification en Ligue des champions, ouvre grand ses portes financières pour le mercato estival. Le président, dans son bureau du dernier étage, ne laisse aucune place à l’ambiguïté lors du point de préparation avec Lucas et le directeur sportif.
— Coach, cette année, on vise plus haut. On a les moyens de renforcer chaque ligne. Dites-nous ce dont vous avez besoin, on fera le nécessaire.
Lucas, habitué depuis des années à composer avec des effectifs limités, prend un instant pour mesurer l’ampleur de ce qui vient de lui être offert. Il ouvre son carnet, tourne quelques pages, et énumère méthodiquement ses priorités, poste par poste.
Le mercato qui suit dépasse tout ce que le club avait connu jusqu’ici. Le directeur sportif, cela va sans dire, s’y jette avec l’enthousiasme d’un enfant dans un magasin de jouets, téléphone collé à l’oreille du matin au soir, multipliant les contacts et les rumeurs dont, comme toujours, une bonne moitié sont fausses , et l’autre moitié, contre toute attente, aboutit.
— Lucas ! J’ai signé pour toi, ce mois-ci, plusieurs joueurs de plusieurs pays d’Afrique, et de quoi renforcer l’attaque avec des profils complémentaires !
Lucas lève un sourcil, presque amusé par l’enthousiasme débordant de son directeur sportif
— Cite-moi des noms :
Soufian Cherkaoui
un joueur en prêt jeune de 18 ans qui évolue en défenseur central et qui arrive du mythique club de Raja Casablanca. Il a des qualités physiques assez incroyable pour son jeune age. C’est un roc
Le second prêt Ibrahim Fawzi ![]()
La présentation du nouveau groupe attaquant de 18 ans a un bon potentiel et physiquement ça fait longtemps que je n’ai pas vu quelqu’un d’aussi fort.
— Ensuite ?
Ahmed Ayman Mansour
32 ans latéral gauche international egyptien qui évoluait en Egypte, il apportera toute son expérience ici.
Et pour finir Jefferson Encada
28 ans international il peux jouer sur tout ton coté droit, il évoluait également en Egypte, il a un bon profil et une bonne mentalité.
Le premier jour de reprise, Lucas rassemble l’ensemble de l’effectif au centre d’entraînement anciens et nouveaux mêlés, une vingtaine de joueurs au total, un mélange de visages connus du club et de nouveaux arrivants encore un peu intimidés par l’ampleur du projet qui les accueille.
Il attend que le brouhaha retombe, puis prend la parole, sans notes, sans discours préparé.
— Cette saison, on joue sur deux tableaux. Le championnat, où on a fini à un point du titre l’an dernier. Et la Ligue des champions, où on ira chercher bien plus qu’un tour préliminaire.
Il balaie l’assemblée du regard, s’attardant un instant sur chaque visage.
— Je ne vous promets rien de facile. Mais je vous promets que si on travaille ensemble, ce groupe peut aller plus loin que tout ce que ce club a jamais connu.
Un silence, puis quelques applaudissements timides qui se transforment rapidement en applaudissements, portée par le noyau historique de l’effectifAdebayo, Madu, Liman, Alimi et les autres visiblement heureux de voir enfin de l’ambition qu’ils espéraient.
La veille du premier match de la saison, Lucas rentre tard à l’appartement, un carnet plein de notes sous le bras. Jenny l’attend, assise sur le canapé qu’elle a choisi elle-même, un livre ouvert sur les genoux.
— Alors, prêt ?
— Prêt, non. Impatient, oui.
Elle referme son livre, se lève, et vient se blottir contre lui, la tête posée contre son épaule.
— Je suis fière de toi, tu sais. Pas parce que t’as gagné des trophées ou que t’as un gros effectif. Juste parce que t’as fait tout ce chemin.
Lucas ne répond pas tout de suite, sentant la chaleur de cette phrase se déposer en lui comme une évidence longtemps attendue.
— Merci d’être restée.
— Merci de me l’avoir demandé.
Il éteint la lampe du salon, et pour la première fois depuis très longtemps, s’endort sans avoir rouvert son carnet.
Le premier adversaire continental de la saison n’aura tenu que le temps de deux rencontres complètement déséquilibrées. Dès le match aller, disputé à l’extérieur devant un maigre public de 969 spectateurs, l’effet du recrutement XXL orchestré par Kessler explose au grand jour : Lobi Stars s’impose 8-2, un festival collectif porté par un Waheed Adebayo étincelant (40e, 51e) et un doublé de Jefferson Encada (30e, 45+1) pour sa grande première sous ses nouvelles couleurs. Christian Madu, Henry Nwosu, Ani Elijah et Sikiru Alimi complètent ce feu d’artifice offensif.
Les notes individuelles racontent à elles seules l’ampleur de la démonstration : Henry Nwosu, auteur d’un match XXL au milieu de terrain, écope d’un 9,9 - la meilleure note du soir devant Waheed Adebayo et Ahmadu Liman, tous deux crédités d’un 9,0. Même les retours de banc affichent des standards impressionnants, signe d’une profondeur d’effectif que le club n’avait encore jamais connue.
Le match retour, à l’Aper Aku Stadium devant 8 372 spectateurs, tourne carrément au cauchemar pour PTL Bazar Brothers club des Seychelles (où Lucas et Jenny sont parti en vacances) Lobi Stars s’impose 14-2, avec la première explosion de la nouvelle recrue Ibrahim Fawzi, auteur d’un quintuplé ahurissant (2e, 4e, 6e, 35e, 44e). Adebayo (39e, 68e, 81e) y va lui aussi de son propre triplé, tandis que sept autres joueurs différents trouvent le chemin des filets sur cette seule rencontre.
Cumul sur les deux manches : 22 buts marqués, 4 encaissés. Une qualification obtenue avec une facilité presque indécente, qui installe d’emblée un rapport de force nouveau autour du club celui d’une équipe désormais armée pour viser beaucoup plus haut que le simple tour préliminaire.
Dans le vestiaire, après la retour, Lucas tempère malgré tout l’euphorie ambiante.
— C’était un carton contre un adversaire modeste. Le vrai test commence maintenant.
Le premier tour — Hearts of Oak 
Le tirage au sort livre un adversaire nettement plus relevé : le Hearts of Oak, institution historique du football ghanéen, disputé devant plus de 38 000 spectateurs à l’Ohene Djan Stadium d’Accra pour le match aller.
Le contexte est électrique, hostile, exactement le genre de test que Lucas attendait pour jauger la vraie valeur de son groupe renforcé. La réponse ne se fait pas attendre : Waheed Adebayo ouvre le score dès la 4e minute, avant qu’Ibrahim Fawzi, décidément injouable depuis son arrivée, n’inscrive un nouveau triplé (12e, 49e, 85e). Hearts of Oak réduit l’écart juste avant la pause par l’intermédiaire de Mohamed Tarek, et voit son capitaine Awudu Paintsil être expulsé en seconde période, symbole d’une rencontre totalement maîtrisée par les visiteurs.
Victoire 4-1 à l’extérieur, une performance de référence qui installe Lobi Stars en position de force avant le retour.
Le match retour, à Makurdi devant 10 073 spectateurs dont un contingent inhabituel de 875 supporters ghanéens venus en nombre, confirme la supériorité affichée à l’aller. Ajibola Adeleke (9e) et Isaac Saviour (58e) scellent une victoire 2-0 sans trembler, gérant intelligemment une double confrontation déjà largement acquise.
Cumul sur les deux manches : 6 buts marqués, 1 encaissé. Qualification validée avec la manière face à un adversaire autrement plus coriace que le précédent, confirmation que ce nouveau Lobi Stars n’a rien d’un feu de paille conjoncturel.
Ce que révèlent ces deux tours
Ibrahim Fawzi s’impose déjà, après seulement trois rencontres officielles, comme la révélation offensive du recrutement estival neuf buts inscrits sur ce seul début de campagne continentale, une adaptation immédiate qui dépasse toutes les attentes formulées à son arrivée. Waheed Adebayo, fidèle à lui-même depuis ses débuts au club, continue quant à lui d’empiler les buts avec une régularité qui force le respect, tandis que les nouveaux venus Jefferson Encada, Ahmed Ayman Mansour parmi d’autres s’intègrent avec une facilité qui doit beaucoup à la solidité déjà installée par le noyau historique du groupe.
Lucas referme son carnet, satisfait mais toujours aussi prudent dans son évaluation.
— Deux tours, vingt-huit buts marqués, cinq encaissés. On a les armes pour viser loin cette saison. Mais la phase de groupes ne pardonnera pas la moindre approximation.
Il rentre ce soir-là retrouver Jenny, l’appartement désormais habité de sa présence, avec la certitude tranquille que cette saison pourrait bien marquer un tournant définitif dans l’histoire du club et, peut-être, dans la sienne

Ca rigole pas ! Tout souri à notre coach en ce moment !
Chapitre 29 : Début de saison éclair
La cérémonie se tient dans une salle feutrée, décorée sobrement aux couleurs de la compétition, le trophée de la Ligue des champions d’Afrique trônant sous les projecteurs au centre de la scène. Lucas suit la retransmission depuis le salon de l’appartement, Jenny installée à ses côtés, plus nerveuse encore que lui à l’approche de l’annonce.
Le sort place Lobi Stars dans le Groupe C, aux côtés de trois adversaires qui n’ont rien de rassurant sur le papier : l’ES Tunis, habituée des sommets continentaux et déjà croisée lors de la campagne précédente à Zanzibar, l’Étoile du Sahel, autre cador tunisien réputé pour sa rigueur tactique, et le RS Berkane, cador marocain rompu aux joutes continentales.
— Un groupe de la mort, encore, commente Lucas avec un sourire résigné en refermant son ordinateur portable.
— Ça a l’air d’être ta spécialité, ces groupes-là, lui glisse Jenny, mi-amusée mi-admirative.
Novembre-décembre — Le championnat ne faiblit pas
Pendant que la campagne continentale s’engage, le championnat national continue de dérouler son calendrier chargé, et Lobi Stars y affiche une constance impressionnante.
Le classement
Clt Équipe J G N P Diff Pts
1er Kano Pillars 12 9 2 1 +17 29
2e Lobi Stars 11 8 2 1 +16 26
3e Insurance 12 8 2 2 +16 26
4e Bayelsa Utd 11 7 3 1 +13 24
5e Sunshine Stars 11 7 1 3 +10 22
Deuxième place, un match en retard sur le leader Kano Pillars — une position de force à mi-saison, largement portée par l’efficacité XXL du nouveau recrutement.
La phase de groupes — Groupe C
Vendredi 27/11 — ES Tunis
2-2 Lobi Stars ![]()
Premier test du groupe, à l’extérieur, face à l’adversaire le plus expérimenté de la poule. Lobi Stars, mené au score, s’accroche et arrache un point précieux grâce à Sikiru Alimi (48e) et Ajibola Adeleke, décisif au bout du temps additionnel (90+4). Un match nul qui a des allures de petite victoire tactique, face à une équipe qui n’avait laissé filer que très peu de points lors de ses précédentes campagnes continentales.
Vendredi 4/12 — Lobi Stars
5-1 RS Berkane ![]()
Démonstration totale à domicile. Ibrahim Fawzi (19e), un doublé de Sikiru Alimi (45e, 70e), Christian Madu (66e) et Ani Elijah (85e) infligent au cador marocain une correction sans appel. Le Groupe C, réputé sans pitié, commence à ressembler à un terrain de jeu pour ce Lobi Stars version XXL.
Mardi 15/12 — Étoile du Sahel
1-2 Lobi Stars ![]()
Nouvelle victoire à l’extérieur, cette fois face à l’Étoile du Sahel, portée par un nouveau doublé collectif : Ibrahim Fawzi (49e) et Sikiru Alimi (74e), décidément intenables depuis le début de cette campagne continentale.
Le classement provisoire du Groupe C
Trois journées disputées, deux victoires et un match nul : Lobi Stars survole pour l’instant sa poule, avec sept points sur neuf possibles, en tête devant l’ES Tunis et et le RS Berkane, qui se sont mutuellement neutralisées sur d’autres journées. Le RS Berkane, sévèrement corrigé contre Tunis, ferme la marche avec 1 point.
Lucas referme son carnet, un sourire satisfait mais toujours mesuré aux lèvres. Sikiru Alimi s’impose match après match comme l’homme fort de cette campagne continentale, tandis qu’Ibrahim Fawzi continue de confirmer, sur toutes les compétitions confondues, qu’il fut l’une des plus belles trouvailles du mercato estival.
— À ce rythme, murmure-t-il à Jenny ce soir-là, on pourrait vraiment viser quelque chose de grand, cette année.
— Je croyais que c’était déjà l’objectif depuis le début, sourit-elle en retour.
— L’objectif, oui. Mais y croire vraiment, c’est différent.
Chapitre 30 : la pépite egyptienne
Janvier 2027 — Un rouleau compresseur
Neuf victoires, un nul, une défaite. Un mois quasi parfait qui installe Lobi Stars solidement en tête du championnat.
Février 2027 — La confirmation
Le classement
Clt Équipe J G N P Diff Pts
1er Lobi Stars 24 18 4 2 +38 58
2e Insurance 27 17 4 6 +31 55
3e Kano Pillars 28 15 8 5 +23 53
4e Bayelsa Utd 27 16 5 6 +18 53
5e Rivers United 27 15 6 6 +10 51
Lobi Stars trône en tête, avec en plus plusieurs matches en retard sur ses poursuivants directs une avance qui ressemble de plus en plus à une marche vers un titre .
La fin de la phase de groupes
Vendredi 12/2 — RS Berkane 1-2 Lobi Stars — Waheed Adebayo et Sikiru Alimi scellent une victoire précieuse à l’extérieur.
Vendredi 19/2 — Lobi Stars 0-1 ES Tunis — Seule défaite de la campagne de groupe, concédée à domicile face au adversaire le plus coriace de la poule.
Vendredi 26/2 — Lobi Stars 1-0 Étoile du Sahel — Sikiru Alimi, encore décisif, referme la phase de groupes sur une nouvelle victoire.
Classement final du Groupe C
Q Équipe J V N P BM BE Diff Pts
Q1 Lobi Stars 6 4 1 1 12 6 +6 13
Q2 ES Tunis 6 3 3 0 9 3 +6 12
— RS Berkane 6 2 1 3 6 13 -7 7
— Étoile du Sahel 6 0 1 5 2 7 -5 1
Lobi Stars termine premier du Groupe C, devançant de justesse l’ES Tunis sur la différence de buts cumulée, et se qualifie pour les quarts de finale de la Ligue des champions africaine une première historique pour le club, qui n’avait jamais dépassé ce stade de la compétition.
Portrait : Ibrahim Fawzi
S’il fallait résumer d’un seul nom l’impact du recrutement XXL de l’été, ce serait le sien. Ibrahim Fawzi, attaquant au gabarit fin mais au sens du but hors norme, s’est imposé en quelques mois comme la pièce maîtresse offensive de ce Lobi Stars version supérieure un quintuplé pour sa première continentale, des triplés distribués comme s’il s’agissait de routine, une capacité à se trouver au bon endroit au bon moment qui tient presque de l’instinct pur.
Lucas, qui a appris à se méfier des feux de paille après des années passées à observer des talents prometteurs s’éteindre aussi vite qu’ils s’étaient révélés, a pourtant fini par céder à l’évidence statistique : Fawzi ne connaît pas de passage à vide. Chaque compétition, chaque adversaire, chaque contexte il répond présent, avec une régularité qui confine à l’obsession.
— Ce qui me frappe le plus chez lui, confie un jour Lucas à Jenny, autour d’un café matinal, c’est qu’il ne célèbre jamais ses buts comme un exploit. Il les prend comme une évidence. Comme si marquer faisait juste partie de sa routine, au même titre que s’échauffer ou boire de l’eau à la mi-temps.
Sur le terrain, Fawzi ne crie jamais, ne cherche jamais à attirer l’attention au-delà du strict nécessaire un calme qui rappelle, par certains aspects, celui que Lucas lui-même s’efforce d’incarner depuis des années sur le bord de la pelouse. Dans le vestiaire, il reste discret, apprécié de tous sans jamais chercher à s’imposer comme un leader vocal, laissant à d’autres Adebayo, Madu, Liman le soin d’occuper cet espace.
Lucas referme son carnet ce soir-là sur une dernière observation, griffonnée à la hâte avant de rejoindre Jenny pour le dîner :
« Fawzi ne joue pas pour les statistiques. Il joue parce que c’est ce qu’il sait faire de mieux, et il le fait sans jamais sembler forcer. Si ce groupe doit aller chercher quelque chose d’historique cette saison, il sera au centre de tout. »
Chapitre 31 : L’ogre en Ligue des Champions
Mars 2027 — Un accroc puis la reprise en main
Mercredi 3/3 — Lobi Stars 3-0 Plateau Utd — Doublé d’Adam Ibe, Ani Elijah. Samedi 6/3 — Insurance 4-0 Lobi Stars — La plus lourde défaite de la saison, un passage à vide total, sans la moindre réponse offensive.
Mercredi 10/3 — Gombe Utd. 1-1 Lobi Stars — Ahmadu Liman arrache le point du match nul. Dimanche 14/3 — Shooting Stars 0-4 Lobi Stars (retransmis à la télévision) — Réaction collective immédiate : Jide Fatokun, Sunday Chinedu, Waheed Adebayo et Ibrahim Fawzi referment la parenthèse d’Insurance. Mercredi 24/3 — Lobi Stars 1-0 Rivers United — Sikiru Alimi, décisif face à un concurrent direct au classement.
Avril 2027 — La démonstration
Dimanche 4/4 — El Kanemi Warriors 2-2 Lobi Stars, ap. tirs au but (Quart de finale, Challenge Cup) — Christian Madu et Sikiru Alimi forcent la séance fatidique, remportée par Lobi Stars.
Mercredi 7/4 — Lobi Stars 13-1 Beyond Limits — Score fleuve et symbolique : un quadruplé d’Ibrahim Fawzi (3e, 11e, 24e, 57e), un contre son camp adverse, et une avalanche de buts collectifs qui illustre, mieux que n’importe quel discours, l’ampleur de la supériorité du club cette saison.
Samedi 10/4 — Lobi Stars 1-2 Sunshine Stars — Une défaite surprenante à domicile, sans conséquence réelle au vu de l’avance déjà acquise au classement. Mardi 13/4 — Doma Utd. 0-3 Lobi Stars — Doublé de Waheed Adebayo, Ani Elijah. Vendredi 16/4 — Enugu Rangers IFC 2-1 Lobi Stars (retransmis à la télévision) — Nouveau revers frustrant, Sikiru Alimi réduisant l’écart trop tardivement.
Mardi 20/4 — Adamawa Utd 0-4 Lobi Stars — Ibrahim Fawzi et un triplé sur penalty d’Isaac Saviour achèvent le mois en beauté.
Le classement
Clt Équipe J G N P Diff Pts
1er Lobi Stars 34 24 5 5 +59 77
2e Bayelsa Utd 34 21 7 6 +27 70
3e Insurance 34 20 7 7 +38 67
4e Kano Pillars 34 19 9 6 +31 66
5e Enyimba 34 20 4 10 +18 64
Sept points d’avance sur le deuxième à quatre journées du terme : le titre national semble désormais acquis, sauf scénario catastrophe. La différence de buts, elle, confine à l’indécence : +59, loin devant n’importe quel poursuivant.
Le quart de finale — Al-Ahly
Le tirage au sort des quarts de finale livre l’adversaire le plus prestigieux que Lobi Stars ait jamais affronté : Al-Ahly, le club le plus titré du continent avec 12 Ligue des Champions, une institution égyptienne dont le simple nom impose le respect bien avant le coup d’envoi.
Vendredi 19/3 — Al-Ahly 2-1 Lobi Stars (Al Salam Stadium, 28 558 spectateurs)
Le match aller tourne rapidement à l’avantage des Égyptiens. Wessam Abou Ali signe un doublé rapide (17e, 35e) qui installe Al-Ahly dans une position confortable avant la pause. Ani Elijah réduit l’écart en fin de match (84e), mais l’essentiel est fait pour les locaux : une défaite 2-1, qui laisse malgré tout une petite lueur d’espoir pour le retour.
Vendredi 2/4 — Lobi Stars 0-1 Al-Ahly (Aper Aku Stadium, 15 661 spectateurs, dont 638 visiteurs)
Le retour, à domicile, confirme l’écart de classe entre les deux équipes. Mohamed Zaalouk ouvre le score dès la 4e minute, plongeant immédiatement le stade dans un silence pesant. Lobi Stars pousse, cherche la faille pendant quatre-vingt-dix minutes, mais se heurte à une défense égyptienne disciplinée et expérimentée, rompue à ce genre d’enjeu continental.
Défaite 0-1. Élimination sur un cumul de 1-3 sur les deux manches.
Dans le vestiaire, l’ambiance reste étonnamment digne malgré la déception. Lucas fait le tour de chaque joueur, une main sur l’épaule.
— On a atteint les quarts de finale de la plus grande compétition du continent. Personne, dans ce club, n’avait fait ça avant vous. Soyez fiers, même ce soir.
L’offre du président
Quelques jours plus tard, alors que le championnat touche à sa fin et que le titre national semble promis, le président de Lobi Stars cet homme d’affaires discret mais exigeant, qui avait fixé l’objectif du podium quelques mois plus tôt convoque Lucas dans son bureau du dernier étage.
— Coach Hood. Asseyez-vous. J’ai beaucoup réfléchi, ces derniers jours.
— Je vous écoute, monsieur le président.
— Cette saison restera comme la plus belle de l’histoire du club, quoi qu’il arrive désormais. Un titre national en vue, des quarts de finale continentaux inédits, face à Al-Ahly en plus personne n’aurait osé rêver ça il y a deux ans.
Il pousse un document vers Lucas, un contrat déjà préparé, les termes clairement établis.
— Je veux que vous restiez. Pour la saison prochaine, et au-delà si tout se passe comme je l’espère. Vous avez transformé ce club, coach. Je veux qu’on continue à grandir ensemble.
Lucas prend le temps de lire chaque ligne, sentant le poids de cette proposition résonner différemment que toutes celles reçues auparavant non plus une chance à saisir dans l’urgence, mais une continuité à choisir en pleine conscience.
— Laissez-moi quelques jours pour y réfléchir, monsieur le président. C’est une décision qui mérite d’être pesée.
— Prenez le temps qu’il faut, coach. Mais sachez qu’on espère sincèrement que ce chapitre continue avec vous.
Lucas quitte le bureau, le contrat sous le bras, l’esprit déjà tourné vers la conversation qu’il devra avoir, ce soir, avec Jenny la première décision de cette ampleur qu’il s’apprête à prendre depuis qu’elle a fait de Makurdi sa maison, elle aussi.
Un appel inattendu
Deux jours après l’élimination, alors que Lucas ressasse encore cette double confrontation perdue d’un rien, son téléphone affiche un numéro international qu’il ne reconnaît pas. Il hésite avant de décrocher, intrigué.
— Coach Hood ? Je me présente : je suis le président d’Al-Ahly.
Lucas se redresse d’un coup sur sa chaise, surpris d’entendre directement la voix du dirigeant du club le plus titré du continent.
— Monsieur le président. C’est… un honneur inattendu.
— J’ai suivi votre double confrontation avec beaucoup d’attention, coach. Votre équipe nous a pris à la gorge, surtout sur ces trente premières minutes du match retour. On a eu chaud, plus chaud que ce que le score final ne laisse paraître.
— Vos joueurs ont fait la différence sur l’expérience, rien de plus.
— C’est précisément pour ça que je vous appelle. L’expérience, ça s’acquiert. Le sens tactique et la capacité à faire rendre un groupe au-delà de ses moyens, ça, c’est beaucoup plus rare. On a un projet ambitieux pour la saison prochaine, coach, et votre nom est remonté très naturellement dans nos discussions internes.
Un silence, bref, le temps pour Lucas de mesurer la portée de ce qui vient d’être dit.
— Vous me proposez de rejoindre Al-Ahly ?
— Je vous propose d’en discuter sérieusement, une fois votre saison terminée. Prenez le temps de finir votre travail à Lobi Stars, ce club mérite que vous alliez au bout. Mais sachez que la porte est grande ouverte ici, et que peu d’entraîneurs reçoivent ce genre d’appel de ma part.
Lucas raccroche quelques minutes plus tard, la tête tournée vers la fenêtre de son appartement, encore sous le choc de ce qu’il vient d’entendre. Le club qui venait de l’éliminer, le monument qui écrase le football africain depuis des décennies, lui ouvre aujourd’hui ses portes une ironie qu’il savoure sans trop savoir, pour l’instant, qu’en faire.
Ah oui en effet, peu commode comme situation ! Mais l’opportunité ne se représentera peut-être pas deux fois..
Chapitre 32 : Le choix
Mai 2027 — La dernière ligne droite
Mercredi 5/5 — Rivers United 0-2 Lobi Stars (Demi-finale, Challenge Cup) Ibrahim Fawzi (43e) et Isaac Saviour (86e) valident la qualification pour la finale de la Challenge Cup, une première pour le club dans cette compétition.
Samedi 8/5 — Lobi Stars 3-2 Kano Pillars Un succès spectaculaire face à l’un des derniers poursuivants théoriques au classement, porté par Ibrahim Fawzi (33e), Sikiru Alimi (49e) et Isaac Saviour (54e). Avec cette victoire, l’avance devient mathématiquement décisive : plus aucun scénario ne peut désormais priver Lobi Stars du titre national.
Samedi 15/5 — Enyimba 1-0 Lobi Stars Une défaite sans conséquence sportive réelle, le titre déjà virtuellement acquis.
Mardi 18/5 — Insurance 3-1 Lobi Stars (Finale, Challenge Cup, terrain neutre) La désillusion de la saison. Après un parcours sans faute jusqu’en finale, Lobi Stars s’incline largement face à Insurance, Ani Elijah ne sauvant l’honneur qu’au bout du temps additionnel (90+3). Une déception amère, qui prive le club d’un doublé national qui semblait à portée de main quelques semaines plus tôt.
Samedi 22/5 — Lobi Stars 3-1 Kwara Utd Réaction immédiate après la désillusion de la coupe, portée par Ibrahim Fawzi (25e), Isaac Saviour sur penalty (32e) et Monday Akile (87e).
Samedi 29/5 — Remo Stars 2-1 Lobi Stars Dernier match de la saison, disputé sans réel enjeu sportif, Christian Madu inscrivant le but de l’honneur sur penalty (54e).
Malgré ce faux pas lors de l’ultime journée, rien ne peut entacher l’essentiel : Lobi Stars est sacré champion du Nigéria, le premier titre obtenu sous la houlette de Lucas Hood, bâti sur une avance si confortable qu’elle n’aura jamais vraiment été menacée depuis le mois de mars.
La cérémonie se tient une semaine plus tard, à l’Aper Aku Stadium rempli à craquer, un stade vibrant d’une ferveur que Lucas n’avait plus ressentie avec une telle intensité depuis le sacre de Zanzibar, des années plus tôt. Des confettis dorés et bleus pleuvent sur la pelouse tandis que le capitaine soulève le trophée sous les flashs et les hymnes repris en chœur par des milliers de supporters.
Lucas, invité à rejoindre ses joueurs au centre du terrain pour les photos officielles, se laisse porter par cette liesse collective, un sourire sincère aux lèvres malgré le poids d’une décision qu’il sait désormais devoir annoncer. Jenny, présente dans les tribunes officielles, l’observe de loin avec une fierté non dissimulée, consciente elle aussi de ce qui se joue dans les jours à venir.
— Deux titres, deux pays différents, glisse-t-elle plus tard dans la soirée, en le retrouvant après les célébrations. T’as vraiment un don pour marquer l’histoire des clubs que tu traverses.
— Reste à voir si cette histoire continue ici, ou ailleurs, répond Lucas, plus grave qu’il ne l’aurait voulu.
Le bureau du président
Le rendez-vous est fixé le lendemain matin, dans ce même bureau du dernier étage où le contrat de prolongation attend toujours, posé sur un coin de table, non signé depuis plusieurs semaines. Le président accueille Lucas avec un large sourire, visiblement encore porté par l’euphorie de la cérémonie de la veille.
— Coach Hood ! Quelle soirée, hier, n’est-ce pas ? J’espère que vous avez eu le temps de réfléchir à notre proposition.
Lucas s’assoit, prend une grande inspiration, sachant qu’il n’existe aucune manière vraiment confortable d’annoncer ce qui va suivre.
— J’ai beaucoup réfléchi, monsieur le président. Et je dois vous dire quelque chose qui ne va pas vous faire plaisir.
Le sourire du président s’efface lentement, remplacé par une expression plus prudente, presque résignée d’avance.
— Dites-moi.
— Al-Ahly m’a contacté. Leur président, en personne, juste après notre élimination en quart de finale. Ils veulent que je les rejoigne pour la saison prochaine.
Un long silence s’installe dans le bureau, seulement troublé par le bruit lointain de la circulation de Makurdi à travers la fenêtre entrouverte.
— Et vous avez décidé d’accepter.
Ce n’est pas vraiment une question, davantage un constat résigné. Lucas hoche la tête, sentant malgré tout le besoin de justifier sa décision, pour lui-même autant que pour l’homme assis en face de lui.
— C’est le club le plus titré du continent, monsieur le président. Une opportunité que je ne reverrai probablement jamais. Mais croyez-moi, ça n’enlève rien à ce que j’ai vécu ici. Ce club m’a offert une chance que personne d’autre ne m’aurait offerte, à mon arrivée. Je ne l’oublierai jamais.
Le président se lève, contourne son bureau, et pose une main sur l’épaule de Lucas — un geste qui rappelle, étrangement, celui du président à Zanzibar, quelques années plus tôt.
— Je ne peux pas dire que je suis surpris. Un entraîneur comme vous, ça ne reste jamais longtemps dans un club comme le nôtre. On savait, depuis le début, qu’on vivait sur un temps emprunté.
— Je suis sincèrement désolé de partir comme ça, juste après le titre.
— Ne le soyez pas. Vous partez en laissant ce club dans un état qu’aucun de mes prédécesseurs n’aurait osé imaginer. Un titre, des quarts de finale continentaux, une finale de coupe nationale. Vous nous quittez au sommet, coach. C’est tout ce qu’on pouvait espérer de vous.
Lucas se lève à son tour, serre la main tendue, sentant une émotion sourde lui nouer la gorge la même, presque identique, qu’il avait ressentie en quittant Mafunzo quelques années plus tôt.
— Merci pour tout, monsieur le président. Vraiment.
— Merci à vous, coach Hood. Allez conquérir l’Égypte, maintenant.
Il quitte le bureau une dernière fois, le cœur lourd mais apaisé, prêt à annoncer la nouvelle à Jenny et à entamer, une fois de plus, un chapitre entièrement nouveau de son histoire.
Et là, Jenny refuse et désire rester au Nigéria… ![]()
Après, les jolis paysages et les pyramides devraient facilement la convaincre ![]()
un gros club Egyptien certes
Mais pour jenny, dans un pays musulman…
Chapitre 33 : L’arrivée au CAIRE
L’avion se pose à l’aéroport international du Caire en fin de matinée, sous un soleil écrasant qui fait vibrer l’air au-dessus du tarmac. Lucas, le front collé au hublot, découvre pour la première fois l’immensité tentaculaire de la capitale égyptienne qui s’étend à perte de vue, traversée en son centre par le ruban argenté du Nil.
Jenny, assise à ses côtés, serre sa main sans un mot, consciente de l’ampleur du moment un club historique, un pays dont l’histoire footballistique n’a rien de comparable avec le Nigéria ou Zanzibar, une pression d’un tout autre ordre qui commence déjà à peser sur les épaules de Lucas avant même d’avoir posé le pied hors de l’appareil.
— Ça va ? lui demande-t-elle doucement, en voyant sa mâchoire se crisper légèrement.
— Ça va. Juste… j’ai pas l’habitude de ce genre d’ampleur.
Rien, pourtant, ne l’a préparé à ce qui l’attend de l’autre côté des portes de l’aéroport. Dès la sortie du hall international, une clameur assourdissante s’élève, et Lucas se fige un instant, incrédule face à la scène qui se déploie devant lui.
Plusieurs centaines d’ultras d’Al-Ahly, vêtus de rouge et de blanc, se massent derrière des barrières de sécurité tendues à la hâte, brandissant banderoles et drapeaux immenses où son nom, francisé tant bien que mal en caractères arabes, s’étale en lettres géantes. Des chants résonnent en cadence, scandés par des centaines de voix en parfaite synchronisation, tandis qu’une dizaine de fumigènes s’embrasent d’un coup, inondant l’esplanade d’épaisses volutes rouges et blanches qui montent vers le ciel cairote.
— C’est… c’est pour moi, tout ça ? demande Lucas, abasourdi, se tournant vers l’agent du club venu les accueillir.
— Les Ahlawy ne font jamais les choses à moitié, coach. Bienvenue dans le plus grand club d’Afrique.
Un service de sécurité renforcé escorte Lucas et Jenny à travers la cohue, mais la ferveur reste par moments presque incontrôlable des mains tendues par-dessus les barrières, des téléphones brandis pour immortaliser l’instant, des supporters en pleurs d’émotion que Lucas n’aurait jamais imaginé susciter chez des inconnus, à peine quelques minutes après son arrivée sur le sol égyptien.
Un jeune supporter parvient à se faufiler jusqu’à lui, un maillot vierge tendu d’une main tremblante, le visage éclairé d’un sourire immense.
— Coach Hood ! Vous avez fait trembler Al-Ahly en quart de finale ! Maintenant vous êtes des nôtres !
Lucas signe le maillot sans réfléchir, touché malgré lui par cette ferveur qui n’a rien de comparable avec tout ce qu’il a connu jusque-là ni la modestie de Mafunzo, ni même l’enthousiasme grandissant de Lobi Stars. Ici, le football semble habiter chaque recoin de la ville, chaque visage, chaque voix dans la foule compacte qui continue de scander son nom.
Jenny, légèrement en retrait, observe la scène avec un mélange de fascination et d’inquiétude sincère.
— C’est du délire, souffle-t-elle à l’oreille de Lucas, une fois enfin installés dans le véhicule du club qui les attend. Tu te rends compte de la pression que ça représente ?
— Ouais, répond-il, encore secoué, le cœur battant d’une excitation qu’il peine lui-même à démêler de l’appréhension. Je commence à peine à réaliser.
Le convoi s’ébranle lentement à travers les rues encombrées du Caire, escorté par une poignée de motards de la sécurité privée du club, tandis qu’au loin, par la vitre arrière, Lucas aperçoit encore les derniers panaches de fumée rouge et blanche se dissiper lentement au-dessus de l’aéroport.
— Neuf ans de cellule, une chambre de bonne, un tour préliminaire perdu à Zanzibar, murmure-t-il, davantage pour lui-même qu’à l’intention de Jenny, les yeux tournés vers le Nil qui scintille au loin sous le soleil de l’après-midi. Et maintenant, ça.
Jenny pose sa tête contre son épaule, un sourire tendre aux lèvres.
— Tu l’as mérité, Lucas. Chaque étape de ce chemin, tu l’as mérité.
Il ne répond rien, se contentant de serrer sa main un peu plus fort, tandis que le centre du Caire se dévoile peu à peu à travers le pare-brise un nouveau chapitre qui commence, aussi écrasant qu’excitant, dans la ville qui va désormais devenir la sienne.
Bienvenue dans un nouveau monde !
Al-Ahly, quel club ![]()
Chapitre 34 : Dix jours en Égypte
Le club a bien fait les choses. L’appartement qui les attend, dans le quartier calme de Zamalek, sur l’île qui divise le Nil en plein cœur du Caire, occupe le sixième étage d’un immeuble ancien aux façades colorées par des décennies de soleil. Un ascenseur et Lucas ne peut s’empêcher de sourire en le remarquant sachant qu’il dessert tous les étages, détail minuscule qui prend, à ses yeux, une saveur particulière quand il repense à sa chambre de bonne.
Trois pièces lumineuses, un balcon qui donne directement sur le fleuve, des meubles sobres choisis avec goût, une cuisine équipée que Jenny inspecte aussitôt avec une satisfaction non dissimulée.
— Bon, je valide, déclare-t-elle en posant ses valises au milieu du salon. Mais je veux modifier la déco.
— Je m’en doutais.
— Évidemment. Tu me connais.
Les deux premiers jours passent dans un joyeux désordre : cartons à vider, tissus achetés au marché du coin pour habiller les murs nus, plantes en pot disposées sur le balcon, et le fameux carnet de schémas tactiques, installé à la place d’honneur sur une petite table près de la fenêtre. Le club accorde à Lucas dix jours avant la reprise officielle de la préparation, un répit qu’il ne compte pas gaspiller.
Jour 1 — Les pyramides de Gizeh
Le matin du troisième jour, ils quittent le Caire de bonne heure, avant que la chaleur ne devienne écrasante. Un guide local, Karim, les attend devant l’immeuble, un sourire chaleureux et une mine d’anecdotes dans la poche.
Au détour d’une route poussiéreuse, les pyramides surgissent presque sans prévenir à l’horizon, colossales, silencieuses, défiant le temps avec une indifférence souveraine. Lucas reste immobile au pied de la grande pyramide de Khéops, la tête renversée en arrière, incapable de prononcer un mot.
— Quatre mille cinq cents ans, murmure Karim. Et elle est toujours là.
Ils contemplent ensuite le Sphinx, son regard énigmatique tourné vers l’est, avant de partir explorer l’intérieur étroit d’une des petites pyramides annexes, Lucas courbé en deux dans un couloir étouffant, Jenny riant derrière lui de le voir cogner la tête contre le plafond bas.
Jour 2 — Le Caire islamique et Khan el-Khalili
Le lendemain, Karim les mène dans le dédale du Caire islamique, un labyrinthe de ruelles médiévales où les minarets se dressent à chaque détour. Ils gravissent les remparts de la Citadelle de Saladin, d’où la vue embrasse toute la ville, un océan de toits et de coupoles perdu dans une brume dorée.
L’après-midi se termine au bazar de Khan el-Khalili, où l’odeur des épices, du cuir et de l’encens leur saute au visage dès l’entrée. Lucas, qui a appris à Zanzibar à aimer ce genre de foule bruyante et colorée, se laisse porter par la cohue joyeuse, tandis que Jenny négocie, d’un air faussement sérieux, une lampe en cuivre ciselé qu’elle finit par obtenir pour un tiers du prix initial.
— Tu marchandes comme une vraie Cairote, la félicite Karim.
— Je prends ça comme un compliment.
Jour 3 — Le musée
Le troisième jour est consacré à l’immense musée égyptien. Lucas s’attarde longuement devant le masque funéraire de Toutânkhamon, l’or éclatant à travers la vitre, avant de s’asseoir un moment sur un banc, face à une rangée de statues impassibles.
— À quoi tu penses ? demande Jenny.
— À tout ce que ces gens ont construit pour que rien ne soit oublié, répond-il simplement. Et à tous ceux qui, comme moi, essaient juste de ne pas se laisser définir par une seule nuit.
Jenny ne dit rien, glisse sa main dans la sienne. Ce genre de silence, désormais, ils le partagent sans effort.
Jour 4 et 5 — Louxor
Un vol intérieur les emmène vers le sud, à Louxor, l’antique Thèbes. Ils visitent d’abord le temple de Karnak, forêt de colonnes colossales sculptées de hiéroglyphes dont certains conservent encore, sous la lumière rasante du matin, des traces de leurs couleurs d’origine. Puis la vallée des Rois, où ils descendent dans les tombeaux creusés dans la roche ocre, leurs parois couvertes de fresques d’une finesse stupéfiante.
Le soir, ils embarquent sur une felouque, voilier traditionnel aux voiles triangulaires, et se laissent glisser doucement sur le Nil au coucher du soleil, le ciel virant à l’orange puis au rose, l’eau reflétant des teintes d’une beauté presque irréelle.
— Je comprends pourquoi les anciens en avaient fait un dieu, murmure Jenny, en regardant le fleuve s’étirer vers l’horizon.
Jour 6 et 7 — Assouan et Abou Simbel
Assouan les accueille avec sa lumière dorée et son calme presque provincial après l’agitation de Louxor. Ils visitent le temple de Philæ, perché sur son île au milieu du Nil, avant de partir à l’aube pour Abou Simbel, à plusieurs heures de route dans le désert nubien.
Les deux temples colossaux, taillés à même la falaise, dominent la rive du lac Nasser. Les quatre statues de Ramsès II, hautes de vingt mètres, regardent l’horizon avec une sérénité écrasante. Lucas reste là, bouche bée, comme un enfant, incapable de détacher les yeux de cette démesure.
— Et dire qu’on a déplacé tout ça, pierre par pierre, pour le sauver des eaux, souffle Karim, qui les a retrouvés pour cette étape. Parfois, l’homme fait de belles choses.
Lucas hoche lentement la tête, sentant ces mots résonner plus profondément que le guide ne pourrait l’imaginer.
Jour 8 et 9 — La mer Rouge
Les deux jours suivants, ils s’offrent un répit bien mérité sur les rives de la mer Rouge, à Hurghada, dans un hôtel face à une plage de sable blond bordée d’eaux turquoise. Jenny, plongeuse expérimentée, entraîne Lucas dans une sortie de plongée sur un récif de corail, et il se surprend à retrouver, avec un plaisir intact, les sensations découvertes aux Seychelles.
Le soir, étendus sur la plage, ils regardent le ciel s’emplir d’étoiles, loin des lumières de la ville.
— Tu sais, dit Lucas, la voix douce, je crois que je n’ai jamais été aussi heureux que ces dix derniers jours.
— Et pourtant, tu vas devoir recommencer à entraîner dans quelques heures.
— C’est ça le plus beau. Pour une fois, j’ai hâte.
Jour 10 — Le retour
Le dernier jour, de retour au Caire, ils prennent le temps d’une dernière promenade sur la corniche, le long du Nil, à l’heure où le soleil baisse sur la ville. Les pyramides, de loin, se découpent en silhouettes sombres sur le ciel rougeoyant.
— Prêt ? demande Jenny, en lui prenant le bras.
— Prêt. Pour de vrai, cette fois.
Il regarde le fleuve qui s’écoule lentement sous le pont, indifférent aux siècles et aux hommes qui passent. Demain, il franchira pour la première fois les portes du centre d’entraînement du plus grand club d’Afrique. Mais ce soir, il n’est qu’un homme qui marche aux côtés de la femme qu’il aime, dans une ville qu’il commence déjà à aimer.
L’Egypte antique , j’aimerais visiter un jour
Chapitre 35 : Le poids du maillot
Lucas franchit les grilles du centre d’entraînement d’Al-Ahly à sept heures, sans Jenny, sans Karim, sans personne. Juste lui, son sac de sport et un carnet usé aux coins.
Rien de ce qu’il découvre ne ressemble à ce qu’il a connu. Les terrains, au nombre de plusieurs, sont d’un vert irréprochable, tondus au millimètre. Les bâtiments aux lignes modernes abritent une salle de musculation, un centre de soins, des salles d’analyse vidéo. Dans les couloirs, des photographies d’équipes alignées sur des décennies, des trophées derrière des vitrines, des maillots encadrés. Lucas s’arrête devant l’un de ces murs, longtemps. Il pense au vestiaire unique de Mafunzo, aux buts dépareillés, à la pelouse qu’il arrosait presque à la main.
— On s’habitue, dit une voix dans son dos. Ou plutôt, on apprend à ne jamais s’y habituer.
Le directeur sportif
L’homme qui s’avance, costume gris, regard posé, c’est le directeur sportif du club. C’est lui qui a bâti l’effectif avant l’arrivée de Lucas, dans l’urgence d’un mercato qui n’attend personne. Il l’invite dans son bureau, ouvre sur son écran la liste complète du groupe et la fait pivoter vers lui.
— Vous comprendrez que le recrutement ait été bouclé avant votre venue, coach. Un club comme celui-ci ne peut pas se permettre d’attendre. Mais j’ai construit ce groupe en pensant à un entraîneur qui sache en tirer plus que la somme des noms.
Lucas parcourt la liste en silence. Ce n’est pas la première fois qu’il hérite d’un effectif qu’il n’a pas choisi : à Makurdi, déjà, il avait dû apprendre à lire des joueurs que d’autres avaient signés. Mais la différence d’échelle est vertigineuse.
— Nous sommes champions en titre, reprend le directeur sportif. Le club ne vous demande pas de défendre un titre. Il vous demande de rester au sommet, en Égypte comme en Afrique.
— Je ne promets jamais de résultats, répond Lucas. Je promets du travail.
— C’est exactement ce que le président m’a dit de vous.
Le nom que vous connaissez
Le directeur sportif fait défiler la liste jusqu’à la dernière ligne et s’arrête, un demi-sourire aux lèvres.
— Il y a un nom que vous connaissez.
Ibrahim Fawzi. Attaquant complet. Dix-neuf ans. Contrat jusqu’en 2031.
Lucas relève lentement la tête.
— On le suivait depuis des mois, explique le directeur sportif. Quand votre nom est devenu une réalité, on a accéléré. Un attaquant qui vous a rendu autant de buts en deux saisons, j’ai pensé que vous préféreriez l’avoir avec vous plutôt que contre vous.
Le club estime sa valeur entre onze et quinze millions d’euros. Son salaire, dix-huit mille euros par mois, ferait presque sourire dans un vestiaire où certains en touchent dix fois plus. Mais il n’y a pas, dans l’expression de Lucas, la moindre ironie. Seulement une chaleur qu’il laisse transparaître plus facilement qu’autrefois.
— Il va falloir qu’il mérite sa place, dit-il. Comme tout le monde.
— C’est ce que je lui ai dit aussi.
Lucas réunit l’ensemble du groupe dans le vestiaire, avant la première séance. Trente visages, des nationalités multiples, des carrières déjà longues pour certains, à peine commencées pour d’autres. Il laisse le silence s’installer, sans notes.
— Je m’appelle Lucas. Vous savez ce que ce club attend de nous. Moi, je veux surtout que vous sachiez ce que j’attends de vous : de l’exigence, de l’honnêteté, et que personne ne se cache derrière son nom. Ici, tout le monde repart de zéro avec moi.
Aucun applaudissement, aucun commentaire. Juste vingt regards qui le jaugent, parfois avec scepticisme, parfois avec une curiosité sincère. Il le sait : la confiance ne se décrète pas, elle se gagne séance après séance.
Dans son carnet, le soir même, il dresse ses premières observations, poste par poste.
Le gardien. Hamza Alaa, 27 ans, titulaire : le seul poste où l’écart de niveau avec le reste du groupe saute aux yeux.
La défense. Mohamed Abdelmonem, le pilier de l’axe, 29 ans, la vedette. À ses côtés, Mahmoud El Wensh et Mohamed Hany, deux routiers de 32 ans qui connaissent la maison, et une jeunesse prometteuse avec Reda Farouk, Samir El-Hamshary et Islam Mohamed.
Le milieu. Un luxe d’options : Mohamed Elneny, 35 ans, le plus expérimenté du groupe, Marwan Ateya, Aliou Dieng venu du Mali, Ahmed Kouka, Emam Ashour, Mahmoud Saber en meneur de jeu, Akram Tawfik, Mohanad Lasheen.
Les couloirs et l’attaque. Ramadan Sobhi, Reda Slim venu du Maroc, Mohamed Dhaoui venu de Tunisie, Ibrahim Adel, Karim El Debes. Devant, trois noms que Lucas connaît trop bien : Wessam Abou Ali et Mohamed Zaalouk, les deux hommes qui l’avaient éliminé en quarts de finale avec Lobi Stars, et Ibrahim Fawzi, son ancien buteur.
Parmi les plus jeunes, Ahmed Ayman, Al Moatasem Kamal et Amir Hassan, que Lucas souligne deux fois d’un trait : « À surveiller. »
Les retrouvailles
Fawzi arrive le lendemain, en fin de matinée, sac sur l’épaule, silhouette discrète dans le couloir aux trophées. Il s’arrête devant Lucas, sans grand discours, comme toujours.
— Coach.
— Ibrahim.
Un silence. Pas de gêne, juste cette économie de mots qui a toujours suffi entre eux.
— Je vous ai suivi, dit finalement Fawzi. Pour le titre. Pour Al-Ahly.
— Ici, personne ne te demandera un seul but gratuit, répond Lucas. Tu vas devoir tout gagner.
— C’est ce que je préfère.
Lucas hoche la tête, un léger sourire au coin des lèvres. Au fond, c’est peut-être la seule chose qu’il redoutait : retrouver un joueur qui lui rappellerait trop le passé. Mais en le regardant s’éloigner vers le vestiaire, il comprend qu’il est exactement ce dont il avait besoin pour ouvrir ce nouveau chapitre.
Août 2027 — Le tour préliminaire
Samedi 14/8 — Elect Sport FC 0-3 Al-Ahly (aller, tour préliminaire de la Ligue des champions) Wessam Abou Ali (21e), puis Reda Slim sur penalty (23e) et dans le temps additionnel (90+3). Une entame maîtrisée, à l’extérieur.
Samedi 21/8 — Al-Ahly 4-0 Elect Sport FC (retour) Reda Farouk (19e), le jeune défenseur de 19 ans, ouvre le score, avant que Mohamed Elneny, à 35 ans, signe un triplé (31e, 41e, sur penalty 75e). Qualification sur un cumul de 7-0.
Septembre 2027 — Une première blessure
Samedi 4/9 — Al-Ahly 6-0 Salitas FC (aller, 1er tour de la Ligue des champions) Reda Slim sur penalty dès la 2e minute, Mahmoud El Wensh (11e), Mahmoud Saber (28e) et Ibrahim Fawzi (44e) lancent un festival offensif qui s’achève sur un score sans appel.
Samedi 18/9 — Salitas FC 0-1 Al-Ahly (retour) Reda Slim sur penalty (52e). Qualification sur un cumul de 7-0 pour la deuxième fois consécutive.
Mercredi 22/9 — Zamalek 1-1 Al-Ahly, 1-p (Supercoupe d’Égypte) Première finale, premier rival, premier échec. Aliou Dieng égalise (67e), mais Al-Ahly s’incline aux tirs au but. Dans le vestiaire, Lucas ne hausse pas la voix.
— On a perdu une coupe. On n’a perdu ni notre identité, ni notre saison.
Octobre 2027 — Entre démonstrations et gifle
Dimanche 10/10 — Ceramica Cleopatra 0-2 Al-Ahly Doublé de Mohamed Zaalouk (9e, 23e) pour entamer le championnat.
Mercredi 13/10 — Al-Ahly 3-0 National Bank Aliou Dieng (8e), puis un doublé de Reda Slim (83e, 90e).
Dimanche 17/10 — Future 1-2 Al-Ahly Ramadan Sobhi (20e) et Mohamed Elneny sur penalty (54e).
Mercredi 20/10 — Al-Ahly 2-6 Zamalek La claque. Devant ses supporters, Al-Ahly s’effondre contre son rival. Ahmed Kouka (33e) et Mohamed Zaalouk (80e) sauvent l’honneur, trop tard. À la sortie du stade, le silence des tribunes pèse plus lourd que n’importe quelle insulte.
Dans le vestiaire, Lucas reste debout au centre de la pièce, une main sur l’épaule de chaque joueur qu’il croise. Pas de reproche, pas d’explication.
— C’est ma responsabilité. Pas la vôtre. On se retrouve demain.
Dans la voiture qui le ramène au Caire, Jenny, présente ce soir-là, ne dit rien, se contente de poser sa main sur la sienne. Ils conduisent en silence le long du Nil.
Samedi 23/10 — Smouha 0-5 Al-Ahly Réaction immédiate : Mohamed Dhaoui (7e), un contre son camp adverse d’Abdelrahman Fathy (8e), Ramadan Sobhi (18e), Emam Ashour (32e) et un dernier but qui clôt la marque.
Mardi 26/10 — Al-Ahly 5-2 Al-Jaish Ibrahim Adel (5e), un triplé d’Ibrahim Fawzi (33e, 52e, 89e) et Mahmoud Saber (42e).
Samedi 30/10 — Ghazl Al-Mehalla 2-4 Al-Ahly Doublé de Mohamed Dhaoui (4e, 33e), Emam Ashour (6e) et Mohamed Hany (29e).
Novembre 2027 — La revanche
Dimanche 7/11 — Al-Ahly 4-1 Haras El Hodoud Ibrahim Fawzi (21e), Mohamed Dhaoui (25e), Emam Ashour (47e) et Ramadan Sobhi (73e).
Samedi 20/11 — Al-Ahly 6-0 Tersana Mohamed Abdelmonem (8e), Mohamed Elneny (13e, sur penalty 44e), Ramadan Sobhi (27e), Emam Ashour et d’autres buteurs : un récital collectif.
Mardi 23/11 — Zamalek 1-3 Al-Ahly (2e tour, Coupe d’Égypte) La revanche. Chez le rival, Ibrahim Fawzi ouvre le score (16e), Ramadan Sobhi double la mise (59e), Ibrahim Adel conclut dans les arrêts de jeu (90+3). Dans les tribunes visiteuses, les Ahlawy hurlent leur soulagement jusqu’à l’aube.
Vendredi 26/11 — Vita Club 0-2 Al-Ahly (Groupe D, Ligue des champions) Premier match de poule, à l’extérieur, et doublé de Reda Slim sur penalty (41e, 73e). Un début sans accroc dans la compétition reine.
Mardi 30/11 — Al-Ahly 2-1 El Mokawloon Mohamed Zaalouk (13e), puis Ibrahim Adel (72e) pour finir le mois sur une victoire.
Le classement
Clt Équipe J G N P Diff Pts
1er Zamalek 10 9 1 0 +22 28
2e Al-Ahly 10 9 0 1 +22 27
3e Al-Masry 11 7 1 3 +12 22
4e Pyramids 10 7 0 3 +20 21
5e ZED 11 6 2 3 +3 20
Neuf victoires en dix matches, une seule défaite, et pourtant Al-Ahly pointe à la deuxième place, un petit point derrière un Zamalek sans faute. Lucas referme son carnet, un sourire discret mais résolu.
Un point. Il y a toujours un point, dans cette histoire. À Zanzibar, à Makurdi, et maintenant ici. Peut-être qu’il est fait pour ça : courir derrière un point, jusqu’à l’attraper.
Ca commence fort ici aussi ! Dommage pour le titre en Coupe mais bon, y a pas mort d’hommes.












