:storygreen: :s7: Le dernier round :aze:

Chapitre 17 : Apprendre à lire un pays

Le mercato nigérian s’était refermé avant même que Lucas ne pose ses valises à Makurdi. L’effectif qu’il hérite n’est donc, sur le papier, en rien le fruit de ses choix ,des noms qu’il découvre en même temps que leurs qualités, un groupe construit par d’autres, pour un projet qu’il n’a pas dessiné.

— C’est un peu particulier, coach, je sais, lui avait concédé le directeur sportif dès son arrivée. Vous héritez d’un effectif ambitieux, mais il faudra apprendre à le connaître sur le tas.

Lucas ne s’en formalise pas outre mesure et il a appris, à Zanzibar, à composer avec ce qu’on lui donnait plutôt qu’avec ce qu’il aurait rêvé d’avoir. Mais la situation reste inédite : pour la première fois depuis ses débuts, il n’a fixé aucun objectif précis avant le coup d’envoi de la saison. Pas de « cinq journées pour sauver le club », pas de promesse conditionnée à un tour préliminaire. Juste une nécessité, la première de toutes : observer, apprendre, comprendre un championnat et des joueurs qu’il découvre en même temps que le public découvre son 4-4-2 en losange, hérité lui aussi, en grande partie, de son prédécesseur.

Novembre — Premiers repères

Mercredi 6/11 — Niger Tornadoes 0-1 Lobi Stars Une victoire minimale en ouverture de saison, portée par Waheed Adebayo (34e), l’attaquant qui s’impose d’emblée comme le point de fixation offensif de l’équipe.

Samedi 9/11 — Lobi Stars 2-1 Enyimba Nouvelle victoire, Adebayo encore décisif juste avant la pause (45e), rejoint par Ahmadu Liman (86e) qui confirme sa complémentarité avec lui dans le losange offensif.

Mardi 12/11 — Lobi Stars 0-1 El Kenemi Warriors Premier accroc à domicile. Lucas commence à percevoir les failles d’un système hérité qu’il n’a pas encore eu le temps de retravailler en profondeur — un milieu parfois débordé dans les transitions, une charnière centrale qui manque encore d’automatismes avec son gardien.

Mardi 26/11 — Akwa Utd. 1-2 Lobi Stars Victoire arrachée grâce à un but contre son camp opportun de Kufre Ebong (74e) et une réalisation d’Ajibola Adeleke (79e), preuve que la profondeur de banc réserve encore des solutions inattendues.

Décembre — Le rythme s’intensifie

Mardi 3/12 — Lobi Stars 0-1 Kano Pillars Une défaite frustrante à domicile qui pousse Lucas à revoir certains équilibres tactiques, sans pour autant bouleverser un système qu’il continue, méthodiquement, d’apprivoiser plutôt que de renier.

Dimanche 8/12 — Delta Force (NGA) 0-2 Lobi Stars (2e tour qualificatif de la Challenge Cup) Premier pas réussi en Challenge Cup, portée par Christian Madu (39e) et Samuel Tiza (84e) — deux noms que Lucas commence, semaine après semaine, à cocher dans son carnet comme des profils sur lesquels bâtir l’avenir.

Mercredi 11/12 — Lobi Stars 1-1 Bayelsa Utd Madu inscrit un nouveau but sur penalty (44e), mais l’équipe laisse filer l’avantage en seconde période, symptôme d’un manque de maîtrise dans la gestion des matches encore trop fréquent à ce stade de la saison.

Samedi 14/12 — Insurance 0-1 Lobi Stars Revanche symbolique face au finaliste malheureux de la Supercoupe. Waheed Adebayo, encore lui, ouvre le score dès la 8e minute et suffit au bonheur de Lobi Stars.

Samedi 21/12 — Lobi Stars 4-1 Beyond Limits La plus large victoire de ce début de saison. Adebayo (7e), Liman (58e), Stephen Enji (79e) et Adam Ibe complètent un festival offensif qui laisse entrevoir, enfin, le potentiel réel de cet effectif une fois les automatismes en place.

Samedi 28/12 — Ifeanyi Ubah 2-2 Lobi Stars Un doublé d’Ahmadu Liman (13e, 25e) ne suffit pas à ramener les trois points, symptôme persistant d’une solidité défensive encore perfectible.

Lundi 30/12 — Shooting Stars 3-1 Lobi Stars (1er tour, Challenge Cup) Élimination frustrante en Challenge Cup malgré un but de Monday Akile (41e) une compétition secondaire dans les priorités de fin d’année, mais un revers qui n’échappe pas à l’attention de Lucas, toujours aussi exigeant sur chaque détail, même dans les matches les moins prioritaires.

Le bilan de ce début de saison

Deux mois après son arrivée, Lucas commence à dresser un premier constat, moins tourné vers les résultats bruts que vers la compréhension d’un championnat encore neuf pour lui : un rythme de jeu plus direct qu’à Zanzibar, des individualités offensives capables de faire la différence sur un éclair Adebayo et Liman en tête, mais une solidité collective encore fragile, façonnée par un effectif qu’il n’a pas construit lui-même.

Il n’a fixé aucun objectif de classement à son arrivée. Pour la première fois de sa jeune carrière, cette absence d’objectif ne le rassure pas elle le pousse, au contraire, à observer plus finement que jamais, carnet en main, pour savoir exactement quoi transformer une fois la saison prochaine, car il n’y a pas de mercato d’hiver ici.

La Ligue des Champions — Groupe C
Vendredi 22/11 — Lobi Stars 5-2 Kotoko

L’entrée en matière dans la compétition continentale ne pouvait pas rêver mieux. Face au Kotoko ghanéen, monument du football régional, Lobi Stars livre sa meilleure performance collective depuis l’arrivée de Lucas : un doublé de Waheed Adebayo (4e, 55e), un doublé de Christian Madu (27e, 41e), et un but de Kumaga Surr (81e) achèvent une démonstration qui électrise l’Aper Aku Stadium.

Dans le vestiaire, Lucas savoure sans excès et il sait, pour l’avoir vécu à Zanzibar, à quelle vitesse une dynamique continentale peut basculer face à des adversaires du calibre de ceux qui les attendent encore.

Vendredi 29/11 — ES Tunis 2-0 Lobi Stars

Le retour à la réalité est brutal. L’ES Tunis, habitué des sommets continentaux, étouffe méthodiquement Lobi Stars, qui ne parvient jamais à se montrer dangereux. Une défaite qui rappelle, avec une certaine ironie, le mur rencontré face à National Bank quelques mois plus tôt à Zanzibar.

Vendredi 6/12 — Al-Hilal Omdurman 0-0 Lobi Stars

Un match nul vierge, obtenu dans la douleur, face à une équipe soudanaise séduisante mais imprécise. Le point pris à l’extérieur, dans une ambiance hostile, a valeur de petite victoire tactique aux yeux de Lucas , la preuve que son groupe, malgré l’inexpérience continentale, sait aussi serrer les rangs quand il le faut.

Mardi 17/12 — Lobi Stars 0-1 ES Tunis

Le match retour face aux Tunisiens confirme l’écart de niveau. Une nouvelle défaite, minime sur le score mais frustrante dans le contenu, qui complique sérieusement la qualification pour la suite de la compétition.

Le classement provisoire du groupe

Après quatre journées, Lobi Stars pointe avec un bilan mitigé : une victoire éclatante, un match nul arraché à l’extérieur, deux défaites face au favori annoncé du groupe, l’ES Tunis. La qualification pour la phase suivante reste possible, mais elle ne dépend plus uniquement de la volonté du groupe et il faudra aussi composer avec les résultats croisés entre Kotoko et Al-Hilal Omdurman lors des deux dernières journées.

Lucas referme son carnet, désormais partagé entre deux fronts distincts la construction patiente d’une identité en championnat national, et la course contre la montre d’une campagne continentale encore ouverte, mais de plus en plus incertaine.

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Triste ce départ mais logique.
Le coach est en train de remettre chaque club où il passe sur la carte du football africain.

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Chapitre 18 : L’explosion

Janvier 2025 — Un mois en dents de scie

Mercredi 1/1 — Lobi Stars 1-3 Enugu Rangers IFC La nouvelle année démarre mal. Une défaite frustrante à domicile, symptomatique des largesses défensives que Lucas travaille sans relâche depuis son arrivée, sans encore parvenir à les corriger totalement.

Dimanche 5/1 — Sunshine Stars 0-1 Lobi Stars Réaction immédiate à l’extérieur. Une victoire étriquée mais précieuse, qui remet le groupe sur de meilleurs rails avant une série chargée.

Mercredi 8/1 — Lobi Stars 1-0 Kwara Utd Deuxième succès de rang, obtenu sur un but isolé mais amplement mérité au vu de la maîtrise affichée sur l’ensemble de la rencontre.

Samedi 11/1 — Nasarawa Utd 1-1 Lobi Stars Un match nul concédé à l’extérieur, dans une rencontre où l’équipe montre encore des difficultés à conserver un avantage jusqu’au bout, un défaut que Lucas continue de traquer, séance après séance.

Mercredi 15/1 — Lobi Stars 3-1 Gombe Utd. La plus convaincante prestation du mois. Le secteur offensif, porté par un collectif de mieux en mieux huilé, s’exprime enfin pleinement sur l’ensemble d’un match.

Samedi 18/1 — Wikki Tourist 1-0 Lobi Stars Un revers inattendu à l’extérieur, sur un terrain difficile, qui rappelle que la marge de progression reste encore large pour cette équipe en pleine reconstruction identitaire.

Mercredi 22/1 — Lobi Stars 2-0 Plateau Utd Retour à la victoire, solide, maîtrisé, sans trembler c’est le genre de match que Lucas attend désormais chaque semaine de son groupe.

Samedi 25/1 — Rivers United 3-3 Lobi Stars Un scénario complètement fou à l’extérieur, l’équipe abandonnant puis reprenant l’avantage à plusieurs reprises, dans un match aussi spectaculaire que frustrant pour la solidité défensive encore recherchée.

Mercredi 29/1 — Lobi Stars 2-1 Abia Warriors Le mois se referme sur une victoire qui confirme la tendance générale : un groupe capable du meilleur comme du pire, encore en pleine appropriation des principes de jeu imposés par Lucas depuis son arrivée.

Cinq victoires, deux nuls, deux défaites. Un bilan honorable, sans être flamboyant, qui rassure Lucas sur la direction prise sans pour autant apaiser totalement ses exigences.

Kessler débarque à Makurdi sans prévenir plus de quarante-huit heures à l’avance, comme à son habitude, un message vocal enthousiaste annonçant son arrivée imminente pour « faire le point en personne, entre professionnels, loin des écrans ».

Ils se retrouvent un mercredi midi dans un grand hôtel du centre-ville, l’un des rares établissements assez cossus pour accueillir hommes d’affaires et diplomates de passage, un cadre que Kessler, égal à lui-même, commente avec un enthousiasme disproportionné dès qu’il franchit le hall.

— Regarde-moi ce lustre, Lucas ! On est loin du cabinet poussiéreux du début, hein ?

Ils s’installent en terrasse du restaurant de l’hôtel, une salle lumineuse ouverte sur un jardin intérieur, et Kessler entame aussitôt un monologue sur ses nouvelles pistes un club marocain, cette fois, « du très lourd », précise-t-il avec son sérieux habituel qui n’en est jamais vraiment un.

— Je n’ai pas envie de partir Kessler je viens seulement d’arriver ici…

Le monde bascule sans prévenir, entre le plat principal et le dessert. Une déflagration sourde, brutale, secoue l’hôtel tout entier, un souffle qui projette de la vaisselle au sol, fait vaciller les tables, et plonge la salle dans un nuage de poussière et de débris de verre en une fraction de seconde. Les cris fusent aussitôt, des éclats de panique, des gens qui se précipitent vers les sorties en se piétinant presque.

Lucas se retrouve au sol, les oreilles sifflantes, le cœur battant à tout rompre, mais indemne, de même que Kessler, quelques mètres plus loin, hébété, une main crispée sur sa chemise déchirée mais sans blessure visible. L’explosion, plus tard identifiée comme provenant d’une partie technique de l’hôtel, a soufflé une aile entière du bâtiment, blessant une vingtaine de personnes présentes dans les étages et le hall d’accueil.

Le réflexe qui saisit Lucas dans les secondes qui suivent ne doit rien au hasard neuf ans à apprendre à garder son sang-froid dans des situations où céder à la panique ne fait qu’aggraver les choses. Il se relève, aide Kessler à faire de même, et se dirige instinctivement vers les cris qui proviennent d’un coin effondré de la salle, plutôt que vers la sortie la plus proche.

Un groupe de jeunes allemandes, se trouve coincé près d’une cloison partiellement effondrée, l’une d’elles au sol, la cheville visiblement tordue sous un morceau de mobilier renversé. Lucas se précipite, dégage le poids qui pèse sur la jambe blessée avec une prudence méthodique, et aide la jeune femme à se redresser en la soutenant fermement par l’épaule.

— Ça va aller. Respirez. On sort, doucement.

Celle qui semble prendre naturellement la tête du petit groupe, une blonde d’une vingtaine d’années au regard vif malgré la frayeur encore lisible sur son visage, le remercie dans un anglais teinté d’un fort accent allemand, la voix tremblante mais reconnaissante.

— Merci. Vraiment. Je m’appelle Jenny. Elle, c’est Lena, elle s’est fait mal à la cheville en essayant de fuir.

— Lucas. On va vous sortir d’ici, toutes les trois. Restez près de moi.

Il les guide à travers le nuage de poussière, une main ferme sur l’épaule de Lena qui boite fortement, jusqu’à la sortie de service où des employés de l’hôtel, aussi paniqués que soulagés, commencent à orienter les blessés vers l’extérieur. Kessler, resté dans son sillage tout du long, aide de son côté à porter un homme d’affaires visiblement en état de choc.

Dehors, sur le parking transformé en zone de rassemblement improvisée, les sirènes commencent à résonner au loin, ambulances et véhicules de sécurité convergeant vers l’hôtel. Lucas s’assoit un instant sur le bord d’un muret, encore secoué, les mains qui tremblent légèrement malgré tous ses efforts pour paraître calme.

Jenny s’approche, un gobelet d’eau à la main qu’elle lui tend sans un mot, avant de s’asseoir à côté de lui, encore pâle mais visiblement reconnaissante.

— Vous avez été incroyablement calme, là-dedans. Presque effrayant, en fait, dit-elle avec un petit rire nerveux, cherchant visiblement à évacuer la tension par l’humour.

— J’ai eu… disons, une vie qui m’a appris à ne pas paniquer facilement.

Elle le regarde un moment, curieuse, sans pousser plus loin la question comme si elle sentait, sans le savoir vraiment, qu’il y avait là quelque chose qu’on ne demande pas à un inconnu, même après avoir traversé ensemble ce genre d’épreuve.

— On est en ERASMUS ici au Nigéria. Ça vous dirait qu’on se revoie ? Pour vous remercier correctement, cette fois, sans poussière ni sirènes.

Lucas hésite une fraction de seconde, un sourire timide se dessinant malgré la fatigue et le choc encore présent.

— Ouais. Ça me dirait bien.

Un peu plus loin, Kessler, assis sur le même muret, échange un regard entendu avec Lucas, un sourire en coin qui en dit long sans qu’un mot ne soit nécessaire.

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Tu m’étonnes qu’il veut la revoir le Lucas là ! Qui ne voudrait pas ? :sac:
Enfin bref, restons concentrés sur le football Messieurs !

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totalement d’accord :grinning_face_with_smiling_eyes:

Chapitre 19 : Après le souffle

Les jours qui suivent l’explosion se transforment en un tourbillon médiatique que Lucas n’avait pas anticipé. Les enquêteurs locaux, rapidement rejoints par des experts venus de la capitale, concluent après quarante-huit heures à un engin explosif artisanal dissimulé dans une zone technique de l’hôtel un acte encore non revendiqué, dont les motivations exactes resteront, pour un temps, enveloppées d’incertitude. Vingt-trois blessés au total, aucun décès à déplorer, un bilan que les autorités qualifient de « presque miraculeux » au vu de l’ampleur des dégâts structurels.

Le club réagit vite. Le directeur sportif convoque Lucas dès le lendemain, visiblement secoué d’apprendre que son entraîneur figurait parmi les personnes présentes sur les lieux au moment des faits.

— Coach, vous auriez pu nous prévenir immédiatement. On a appris ça par la presse, avant même votre propre appel.

— J’avais d’autres priorités sur le moment, répond simplement Lucas, sans donner plus de détails sur les minutes qui ont suivi l’explosion.

Le club renforce dans la foulée les dispositifs de sécurité autour du staff technique un véhicule dédié, un accompagnement systématique lors des déplacements officiels, des mesures que Lucas accepte sans grande résistance, tout en gardant, en son for intérieur, la certitude tranquille que ce genre d’épreuve ne l’ébranle plus aussi facilement qu’elle aurait pu ébranler quelqu’un d’autre. Neuf années à apprendre à vivre avec l’imprévisible laissent, décidément, des traces utiles.

Kessler, de son côté, repart pour l’Europe trois jours après l’incident, encore commotionné par l’expérience, mais fidèle à lui-même jusqu’au bout et il tente d’en tirer, avant son départ, un storytelling improbable.

— Tu te rends compte, Lucas ? Un attentat, et t’en sors indemne, en sauvant des gens en plus ! Si je racontais ça à un club européen, ils me croiraient jamais !

— Ne raconte rien du tout, Kessler.

— … D’accord. Peut-être juste à un ou deux contacts, alors.

Le rendez-vous

Jenny tient parole. Trois jours après l’explosion, une fois les premiers examens médicaux passés et Lena remise sur pied malgré son entorse, elle envoie un message à Lucas, obtenu grâce à un échange de numéros improvisé sur le parking de l’hôtel, dans la confusion des sirènes et des couvertures de survie distribuées par les secours.

Jenny toujours partante pour ce café, si l’offre tient toujours. Un endroit calme, cette fois, de préférence sans explosion.

Lucas sourit malgré lui en lisant le message, et propose un petit restaurant en bord du fleuve Bénoué, repéré lors de sa visite guidée avec Terkimbi quelques semaines plus tôt.

Ils se retrouvent en fin d’après-midi, la lumière dorée du soleil déclinant sur l’eau brune du fleuve, un cadre qui n’a plus rien à voir avec le chaos de leur première rencontre. Jenny arrive en robe légère, les cheveux détachés, un sourire nerveux qui trahit une forme de timidité inattendue chez quelqu’un qui semblait si naturellement assurée au milieu du désastre, quelques jours plus tôt.

— Je dois vous avouer un truc, commence-t-elle en s’asseyant. Je ne sais même pas ce que vous faites, dans la vie. J’ai passé les trois derniers jours à essayer de deviner. Militaire ? Garde du corps ?

Lucas laisse échapper un rire sincère, le premier depuis l’explosion.

— Entraîneur de football. Lobi Stars.

Jenny écarquille légèrement les yeux, surprise, avant de sourire plus largement encore.

— Un entraîneur de foot qui garde son sang-froid pendant un attentat. Il y a une histoire là-dessous, non ?

— Il y a toujours une histoire, répond Lucas, plus évasif qu’il ne l’aurait voulu.

Elle ne pousse pas, cette fois encore, une retenue qu’il apprécie sans se l’expliquer complètement. Ils passent le reste de la soirée à parler de tout et de rien : le voyage organisé de Jenny et ses amies à travers l’Afrique de l’Ouest, ses études d’architecture à Munich, sa fascination pour les marchés colorés qu’elle a découverts depuis son arrivée au Nigéria. Lucas, en retour, se surprend à parler un peu plus librement qu’à son habitude, pas de son passé, pas encore, mais de Zanzibar, du Mafunzo, de cette île qui a fini par ressembler à un foyer sans qu’il l’ait vraiment prévu.

— Il faudra qu’on se revoie, avant que je reparte, glisse-t-elle en fin de soirée, sur le pas de la porte du restaurant.

— Vous repartez quand ?

— Début juin

— Alors on ferait mieux de ne pas perdre de temps.

Jenny sourit, un sourire large, sincère, avant de s’éloigner dans la nuit tombante de Makurdi, laissant Lucas seul un instant sur le trottoir, un sentiment inhabituel presque léger flottant encore en lui alors qu’il reprend le chemin de son propre logement.

Février 2025 — Les montagnes russes

Samedi 1/2 — Enyimba 3-1 Lobi Stars Un mois qui démarre mal, une défaite nette à l’extérieur qui rappelle brutalement la fragilité défensive encore persistante de l’équipe.

Mercredi 5/2 — Lobi Stars 2-2 Niger Tornadoes Un match nul frustrant à domicile, l’équipe laissant filer un avantage pourtant confortable en première période.

Samedi 8/2 — Kano Pillars 3-3 Lobi Stars Nouveau scénario à rebondissements, un match spectaculaire mais révélateur d’un secteur défensif toujours en chantier, malgré des semaines entières de travail spécifique à l’entraînement.

Mercredi 12/2 — Lobi Stars 2-0 Akwa Utd. Retour aux fondamentaux : solidité, maîtrise, efficacité. Exactement le genre de prestation que Lucas réclame semaine après semaine.

Samedi 15/2 — El Kenemi Warriors 0-1 Lobi Stars Une victoire arrachée à l’extérieur, minimale mais précieuse, qui confirme une méforme collective en train de se stabiliser doucement.

Mardi 18/2 — Lobi Stars 0-1 Shooting Stars Une défaite frustrante à domicile face à l’équipe qui avait déjà éliminé Lobi Stars en Challenge Cup quelques semaines plus tôt — une équipe qui semble décidément poser des problèmes récurrents à Lucas et son groupe.

Mardi 25/2 — Lobi Stars 1-0 Insurance Troisième succès de la saison face au finaliste de Supercoupe, confirmation d’un ascendant psychologique désormais bien installé sur cet adversaire particulier.

Mars 2025 — Vers une identité plus stable

Mercredi 5/3 — Shooting Stars 2-1 Lobi Stars Une nouvelle défaite face à cette même équipe décidément coriace, la troisième de la saison toutes compétitions confondues.

Samedi 8/3 — Lobi Stars 3-0 Ifeanyi Ubah Réaction collective immédiate, une victoire large et maîtrisée qui referme la parenthèse Shooting Stars.

Mercredi 12/3 — Bayelsa Utd 1-1 Lobi Stars Un match nul honorable à l’extérieur face à une équipe solide, dans un contexte où la gestion de l’effort commence à peser sur un calendrier chargé entre championnat et obligations continentales.

Samedi 15/3 — Enugu Rangers IFC 1-1 Lobi Stars Nouveau partage des points, cette fois retransmis à la télévision nationale signe que Lobi Stars, sous l’ère Hood, commence à attirer une attention médiatique grandissante à travers tout le pays.

Mercredi 19/3 — Beyond Limits 5-0 Lobi Stars La plus large victoire de la saison, un festival collectif qui confirme, enfin, que les principes de jeu patiemment inculqués depuis novembre commencent à porter pleinement leurs fruits.

Le bilan

Un mois de février contrasté, suivi d’un mois de mars plus abouti, ponctué par cette démonstration éclatante face à Beyond Limits. Lucas referme son carnet, désormais rempli de nouvelles observations tactiques mêlées, cette fois, à quelques lignes plus personnelles, un numéro de téléphone allemand griffonné dans un coin de page, presque timidement, comme s’il n’osait pas encore vraiment y croire.

En Ligue des Champions, après la défaite contre Kotoko les joueurs nigérians se rattrapent en battant difficilement Al-Hilal sur le score de 1-0 et se qualifie pour les quarts de finale.

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Dehors, la saison continue de suivre son cours, entre exigences sportives et incertitudes plus profondes celles d’un pays encore marqué par l’explosion récente, et celles, plus intimes, d’un homme qui commence, doucement, à se demander si une vie sereine reste vraiment un horizon accessible pour lui.

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OH OH OH !!! ELLE EST OU NOTRE IMAGE LA ?! :pepeshocked:
On s’en tape du classement bordel… :sac:

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Chapitre 20 : Ce qu’on ne dit jamais

Les quarts de finale — CR Belouizdad

Lobi Stars termine finalement deuxième de son groupe, derrière l’ES Tunis mais devant Kotoko et Al-Hilal Omdurman, décrochant une qualification arrachée jusqu’à la dernière journée. Cette deuxième place suffit à composer directement les quarts de finale, et le tirage au sort livre un adversaire redouté : le CR Belouizdad, cador algérien, habitué des joutes continentales, réputé pour sa solidité défensive et son expérience à ce niveau de compétition.

— Un morceau costaud, résume sobrement le directeur sportif en briefing d’avant-match. Mais on a vu Lobi Stars surprendre plus fort que ça cette saison.

Lucas passe la semaine précédant le match aller à revoir méthodiquement chaque séquence disponible des dernières sorties algériennes un bloc bas compact, des transitions rapides sur les ailes, un gardien réputé excellent sur sa ligne. Il ajuste son 4-4-2 en losange, resserre les intervalles, prépare un pressing plus patient qu’à l’accoutumée.

Match aller — L’Aper Aku Stadium en fusion

L’aller, se joue devant un stade absolument comble, l’ambiance la plus intense que Lucas ait connue depuis son arrivée au Nigéria. Dès le coup d’envoi, Lobi Stars presse haut, étouffe la construction algérienne, et finit par ouvrir le score dès la 57e minute sur un but splendide de Liman, d’une reprise instinctive à l’entrée de la surface.

Le match bascule dans une intensité rare, chaque duel disputé comme si la compétition tout entière s’y jouait. Le CR Belouizdad répond juste avant l’heure de jeu,avec une belle frappe qui touche la barre tranversale. Mais Lobi Stars, porté par un stade en fusion, refuse de plier :Adebayo double la mise à la 78e minute d’une frappe puissante. Malheureusement dans les toutes dernières secondes le club algérien égalise…

Match retour— La citadelle algérienne

Le déplacement en Algérie se joue dans une ambiance électrique, un stade noir de monde, hostile dès l’entrée des joueurs sur la pelouse. Le CR Belouizdad impose d’emblée son rythme, multiplie les assauts sur les côtés, et finit par trouver la faille à la 82e minute d’une frappe croisée qui laisse le gardien de Lobi Stars sans réaction.

L’équipe ENCAISSE deux nouveaux buts à la 86ième et 87 ième minutes. Défaite 3-0, un score qui laisse le club nigérian aux portes des demi finales.

Dans le vestiaire, Lucas refuse toute dramatisation excessive.

— Ils étaient supérieurs, pas de regrets les gars

Défaite (2-4) sur l’ensemble des deux matches.

Jenny, dont le séjour au Nigéria prendra fin à la fin de la saison assiste au match depuis un bar au Nigéria, aux côtés de Lena et du reste du groupe. Elle rejoint Lucas le lendemain de la rencontre.

— Je ne savais pas que le football pouvait rendre les gens aussi fous et aussi triste, lui glisse-t-elle,

Le soir même, elle l’entraîne vers un hôtel plus discret, en périphérie de la ville, réputé pour son spa et ses installations paisibles loin, cette fois, de l’agitation du centre-ville et de tout souvenir associé à l’explosion. Elle a réservé, sans le prévenir à l’avance, une suite avec jacuzzi privé donnant sur un jardin tropical faiblement éclairé.

— Tu as l’air épuisé, Lucas. Ce soir, tu vas enfin te détendre. J’insiste.

Le jacuzzi

L’eau chaude enveloppe Lucas d’une sensation qu’il avait presque oubliée un relâchement total, loin des exigences tactiques, loin des ombres de son passé qui refont surface plus rarement mais jamais totalement absentes. Jenny le rejoint dans l’eau quelques instants plus tard, les épaules dénudées émergeant à peine de la surface fumante, un sourire malicieux aux lèvres tandis que la vapeur s’élève doucement entre eux dans la lumière tamisée du jardin.

Elle s’approche lentement, sans un mot, et pose une main sur son épaule tendue par des mois de pression et d’exigence un contact d’abord léger, presque hésitant, puis plus assuré à mesure que Lucas se laisse aller contre le rebord du bassin. Le silence qui s’installe entre eux n’a plus rien de gênant, seulement chargé d’une tension douce, complice, que ni l’un ni l’autre ne cherche à rompre par des mots superflus.

Le reste de la soirée se déroule dans cette intimité tranquille, la vapeur du jacuzzi se mêlant au parfum discret des fleurs tropicales du jardin environnant, loin de tout du football, de l’Algérie, des exigences d’un club entier suspendu à ses décisions. Pour la première fois depuis très longtemps, Lucas se laisse simplement exister, sans calcul, sans schéma tactique en tête, porté par une présence qui ne lui demande rien d’autre que d’être là.

Plus tard dans la nuit, allongés côte à côte, la respiration encore apaisée par la chaleur de l’eau, Jenny brise le silence d’une question posée avec une douceur presque timide.

— Tu ne m’as jamais vraiment raconté, tu sais. D’où tu viens. Ce que tu as vécu avant Zanzibar, avant tout ça.

Lucas reste silencieux un long moment, les yeux fixés sur le plafond, sentant le poids familier de cette question qu’il esquive depuis des années. Mais quelque chose, ce soir, dans cette intimité inédite, le pousse à ne pas se dérober une fois de plus.

— J’ai passé neuf ans en prison, Jenny. Je suis sorti à vingt-cinq ans.

Le silence qui suit s’étire, différent de tous ceux qui l’ont précédé cette soirée plus lourd, plus tendu, chargé d’une distance qui s’installe presque physiquement entre eux, malgré la proximité de leurs corps encore enlacés.

— Pourquoi ? demande-t-elle enfin, la voix plus prudente, presque méfiante.

— Homicide involontaire. J’avais seize ans. Un homme frappait sa compagne devant un bar, je me suis interposé. Un seul coup. Il est tombé, sa nuque a heurté le trottoir. Il est mort sur le coup.

Jenny se redresse légèrement, s’écartant de quelques centimètres à peine, un geste minime mais que Lucas ressent comme un gouffre soudain ouvert entre eux.

— Je… j’ai besoin d’un moment, Lucas. C’est beaucoup, d’un coup, comme ça.

— Je comprends.

Il ne cherche pas à minimiser, ni à se justifier davantage et il a appris, au fil des années, que ce genre de vérité ne se plaide pas, elle se dépose simplement, et chacun en fait ce qu’il peut. Jenny se lève, enfile un peignoir de l’hôtel, et s’approche de la fenêtre, silencieuse, le regard perdu vers le jardin tropical qui, quelques minutes plus tôt à peine, semblait porter toute la légèreté du monde.

Lucas reste immobile dans l’eau tiédissante, sentant refluer d’un coup toute la sérénité de la soirée, remplacée par cette sensation familière, presque une vieille compagne : celle d’être, une fois de plus, jugé pour une nuit qu’il ne pourra jamais vraiment expliquer entièrement à quiconque n’a pas vécu, comme lui, ce moment précis où tout a basculé.

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J’allais me faire strike :rofl::rofl::rofl:

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Chapitre 21 : Ce qui reste

Les jours qui suivent l’aveu se déroulent dans une distance nouvelle, presque palpable. Jenny répond aux messages de Lucas avec un temps de retard inhabituel, des réponses plus courtes, dénuées de cette légèreté qui caractérisait leurs échanges depuis l’explosion à l’hôtel. Lucas n’insiste pas et il connaît trop bien cette situation, pour l’avoir vécu des dizaines de fois depuis sa sortie de prison, ce moment où une vérité trop lourde recompose entièrement le regard qu’on porte sur quelqu’un.

Le quatrième jour, alors qu’il ne s’y attend plus vraiment, elle propose de le revoir une dernière fois avant son départ, désormais fixé au surlendemain. Ils se retrouvent au même endroit que leur premier rendez-vous, en bord de fleuve Bénoué, la lumière du soir tombant doucement sur l’eau brune.

— J’ai eu besoin de digérer, commence-t-elle, les mains serrées autour d’un verre qu’elle ne boit pas. Ce que tu m’as dit… ça m’a fait peur, sur le moment. Pas de toi. De l’idée. De ce que ça représente.

— Je comprends. Vraiment. J’ai jamais attendu que ce soit facile à entendre.

Elle le regarde longuement, un mélange de prudence et de quelque chose de plus tendre encore, difficile à nommer précisément.

— Mais j’ai aussi repensé à cette nuit dans l’hôtel. À la manière dont tu nous as sorties de là, moi, Lena, les autres, sans une seconde d’hésitation. Ce que tu m’as raconté ensuite, cette histoire d’il y a neuf ans… c’est la même personne, Lucas. C’est exactement la même personne qui a fait les deux choses.

Lucas reste silencieux, sentant sa gorge se serrer d’une manière qu’il n’avait plus ressentie depuis longtemps.

— Je repars dans deux jours, continue-t-elle. Je sais pas ce que ça veut dire, pour nous, avec la distance, avec… tout ça. Mais je voulais pas partir sans te dire que j’ai pas peur de toi. Juste peur de ce que je comprends pas encore complètement.

— On n’est pas obligés de tout résoudre ce soir.

— Non. Mais on peut au moins essayer de rester en contact. Vraiment. Pas juste des messages qui s’éteignent avec le décalage horaire.

Ils passent le reste de la soirée à parler plus doucement, plus prudemment qu’avant, mais sans que la distance des derniers jours ne referme complètement ce qui s’était ouvert entre eux. Au moment de se quitter, Jenny serre Lucas dans une accolade longue, presque hésitante au début, puis franche.

— On se reparle depuis l’Allemagne. Promis.

Lucas la regarde s’éloigner dans la nuit, sans certitude sur ce que cette promesse vaudra vraiment une fois l’océan et les fuseaux horaires entre eux, mais avec, pour la première fois depuis très longtemps, l’impression d’avoir été vu tout entier par quelqu’un, sans que cela ne le détruise.

Avril 2025 — Le prix de la double confrontation

Mardi 1/4 — Lobi Stars 1-3 Sunshine Stars La fatigue accumulée par les efforts continentaux se paie cash. Joseph Orafu réduit l’écart (47e), mais l’équipe encaisse une défaite nette, symptomatique d’un calendrier surchargé entre championnat et Ligue des champions.

Mercredi 9/4 — Kwara Utd 1-0 Lobi Stars Deuxième revers de rang, à l’extérieur cette fois, sans réponse offensive notable. Lucas commence à composer avec la gestion délicate d’un effectif tiraillé entre deux fronts.

Samedi 12/4 — Lobi Stars 1-0 Nasarawa Utd (retransmis à la télévision) Sursaut bienvenu, porté par un but d’Adam Ibe (81e), devant les caméras de la télévision nationale la notoriété grandissante du club, portée par son parcours continental, continue de se confirmer médiatiquement.

Samedi 19/4 — Gombe Utd. 0-0 Lobi Stars Un match nul sans éclat, dans une rencontre où la gestion de l’effort prime clairement sur l’ambition offensive, à quelques jours d’une échéance continentale majeure.

Mai 2025 — Une fin de saison en dents de scie

Samedi 10/5 — Lobi Stars 1-1 Wikki Tourist Kumaga Surr égalise (55e), mais l’équipe ne parvient pas à concrétiser sa domination du second acte.

Samedi 17/5 — Plateau Utd 3-1 Lobi Stars Une défaite nette malgré un but de Terdoo Shimagande (40e), confirmation que le rythme imposé par la double confrontation face au CR Belouizdad laisse des traces durables sur la fraîcheur physique du groupe.

Samedi 24/5 — Lobi Stars 1-0 Rivers United Victoire minimale mais précieuse, Barnabas Imenger jr. inscrivant le seul but de la rencontre (80e), dans un sursaut de rigueur bienvenu à l’approche de la fin de saison.

Samedi 31/5 — Abia Warriors 2-2 Lobi Stars Dernier match de championnat de la saison, ponctué d’un nouveau scénario partagé : Christian Madu sur penalty (44e) puis Ugochukwu Baba (61e) permettent d’arracher le point du match nul, sans plus d’ambition possible à ce stade de la saison en championnat.

Une fin de saison en championnat clairement contrastée par rapport à l’automne prometteur deux victoires seulement sur les huit dernières journées, un signe clair de la fatigue accumulée par un effectif sollicité sur tous les fronts. Lucas ne s’en formalise pas outre mesure : le club a validé sa qualification pour les quarts-finales continentales, un objectif qui dépasse largement toutes les attentes formulées à son arrivée, quelques mois plus tôt à peine, sans le moindre objectif fixé.

Il referme son carnet, songeur, conscient que les prochaines semaines s’annoncent importante avec un mercato pour reconstruire l’équipe, l’autre bien plus personnel, suspendu à une promesse prononcée en bord de fleuve, à des milliers de kilomètres de l’Allemagne où Jenny vient tout juste de rentrer.

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pas mal pour la coupe continantale mais
pas de qualif pour saison suivante avec la 6ème place

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il manque que ça, la Ligue des champions…

Il a été (logiquement) perturbé le Lucas sur cette fin de saison… L’eau du jacuzzi lui est monté au crâne :smirking_face:

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Chapitre 22 : Nuremberg

La campagne continentale s’était achevée dès les quarts de finale, une élimination cruelle sur l’ensemble de la double confrontation face au CR Belouizdad, perdue d’un rien après un match retour à couper le souffle. Une déception, certes, mais une déception qui n’entache en rien l’année exceptionnelle traversée par Lobi Stars : une Supercoupe, un parcours continental jusqu’aux quarts de finale, et un club désormais reconnu bien au-delà des frontières nigérianes.

L’été qui suit s’écoule plus lentement, entre séances de préparation physique allégées, premiers échanges de mercato pilotés à distance par Kessler, et surtout, pour Lucas, une promesse qu’il compte bien tenir.

Nuremberg

Il pose le pied en Bavière un matin de juillet, un sac léger sur l’épaule, le cœur battant d’une nervosité qu’il n’avait plus ressentie depuis longtemps. Jenny l’attend à l’aéroport, un bouquet de fleurs sauvages à la main, un sourire qui balaie instantanément tous les mois d’incertitude accumulés depuis leur dernière rencontre en bord de fleuve Bénoué.

La semaine qui suit ressemble, pour la première fois depuis des années, à une vie ordinaire celle d’un couple comme un autre, sans stade, sans carnet tactique, sans urgence continentale à gérer. Ils visitent ensemble la Kaiserburg, l’imposant château impérial qui domine la vieille ville, Jenny lui racontant avec passion les siècles d’histoire accumulés entre ces murs de pierre, elle qui a grandi dans cette région et connaît chaque recoin de la ville par cœur.

Ils passent un après-midi entier au Germanisches Nationalmuseum, Lucas s’attardant longuement devant des collections qu’il n’aurait jamais imaginé apprécier autant, avant de s’offrir une soirée dans un restaurant traditionnel du centre historique, autour d’un Schäufele et d’une bière locale que Jenny insiste pour lui faire découvrir « dans les règles ».

Le lendemain, elle l’entraîne vers un spa niché dans la campagne environnante, loin de l’agitation urbaine, où ils passent une journée entière à ne rien faire d’autre que profiter l’un de l’autre un luxe simple, presque banal pour n’importe quel couple ordinaire, mais que Lucas savoure avec une intensité particulière, conscient de la rareté de ce genre de moment dans sa vie.

Le sixième soir, alors qu’ils dînent sur une petite terrasse surplombant les toits rouges de la vieille ville, Lucas pose enfin la question qui le taraude depuis des semaines, depuis des mois peut-être, depuis ce premier café en bord de fleuve Bénoué.

— Jenny. Et si tu venais au Nigéria ? Pas en vacances. Pour de vrai. Vivre là-bas, avec moi.

Le silence qui suit s’étire, long, chargé d’une hésitation qu’il n’avait pas anticipée avec autant d’acuité.

— Lucas… j’ai mes études, ici. Mon cabinet d’architecture qui m’attend en stage à la rentrée. Ma famille, mes amis, toute ma vie est construite ici, à Nuremberg.

— Je comprends. Mais moi, je peux pas quitter mon club, pas maintenant, pas au milieu d’un contrat. La distance… elle finit par nous user, tu le sens aussi bien que moi.

Jenny baisse les yeux vers son assiette, visiblement partagée entre l’envie sincère et la réalité concrète de ce qu’un tel changement représenterait pour elle.

— Laisse-moi le temps d’y réfléchir vraiment. Pas une réponse ce soir. C’est une décision trop grande pour être prise entre le dessert et le café.

Lucas hoche la tête, une pointe de déception qu’il tente de masquer du mieux qu’il peut, conscient que cette question, une fois posée, ne pourra plus rester longtemps sans réponse claire.

De retour à Makurdi, Lucas retrouve Kessler, débarqué sans prévenir comme à son habitude, surexcité à l’idée de faire le point sur son avenir

— Lucas ! J’ai peut-être un contact a Singapour pour un poste en fin d’année, ça t’intéresse ?

— Kessler, j’ai encore deux ans de contrat, je veux les honorer, au bout des trois ans, trouve moi un club encore meilleur et on discutera.


8 recrues débarquent au club, Kayode Bankole :nigeria: gardien international qui arrive de Remo Stars en deuxième division.

Un jeune latéral gauche Henry Nwosu :nigeria: arrive de Enogu Rangers FC, il possède un bon potentiel et devrait etre titulaire lors de cette saison.

Grosse recrue avec l’arrivée de Hamdi Nagguez :tunisia: latéral droit en provenance de Ismaily , son expérience sera utile au groupe.

On récupère également un bon milieu de terrain expérimenté avec Jide Fatokun :nigeria: qui était a Remo Stars

Encore un milieu de terrain avec Isaac Saviour :nigeria: 23 ans de Enogu Rangers FC qui complètera ce milieu de terrain.

L’ailier gauche Friday Ubong :nigeria: évoluant a Ismaily reviens au Nigéria et devrait etre le fer de lance sur son coté.

Il me fallait renforcer l’attaque avec Ani Elijah :nigeria: qui devrait partir remplaçant dans un premier temps

Une nouvelle recrue débarque de Remo Stars en la personne de Sikiru Alimi :nigeria: qui aura comme mission d’inscrire le maximum de buts cette saison

Le début de saison — Novembre 2025

Mercredi 5/11 — Insurance 3-1 Lobi Stars Une entame de saison décevante, Waheed Adebayo réduisant l’écart en fin de première période (45+2) sans empêcher une défaite frustrante.

Samedi 8/11 — Lobi Stars 2-1 Doma Utd. Première victoire de la saison, portée par les nouvelles recrues : Friday Ubong (39e) puis Hamdi Nagguez (49e) inscrivent leurs premiers buts sous le maillot de Lobi Stars.

Dimanche 23/11 — Plateau Utd 0-1 Lobi Stars (retransmis à la télévision) Victoire minimale à l’extérieur, Waheed Adebayo se montrant décisif dans les derniers instants de la rencontre (87e).

Samedi 29/11 — Lobi Stars 4-2 Abia Warriors Festival offensif pour la première grande démonstration collective de la saison : un but contre son camp de Kenneth Igboke (11e), suivi de réalisations d’Adebayo (22e), Christian Madu (53e) et Sikiru Alimi (69e), qui confirme déjà tout le bien pensé de lui.

Décembre 2025 — Une constance retrouvée

Mardi 2/12 — Lobi Stars 1-0 DMD F.C. (2e tour qualificatif de la Challenge Cup) Premier pas réussi en Challenge Cup, Friday Ubong signant l’unique but de la rencontre (19e).

Samedi 6/12 — Mighty Jets 1-1 Lobi Stars Un match nul concédé à l’extérieur malgré l’ouverture du score d’Adebayo (31e).

Mercredi 10/12 — Lobi Stars 2-0 Enyimba Doublé de Christian Madu (24e, pen 48e), une prestation maîtrisée de bout en bout.

Samedi 13/12 — Lobi Stars 0-0 Rivers United Match nul stérile, sans réel danger des deux côtés.

Mercredi 17/12 — Kano Pillars 0-1 Lobi Stars Victoire acquise sur un but contre son camp d’Abdullahi Musa (61e), peu importe la manière pour Lucas à ce stade de la saison.

Samedi 20/12 — Lobi Stars 2-2 Sunshine Stars Christian Madu (34e) et Ahmadu Liman (90e) permettent d’arracher le point du match nul dans les derniers instants.

Samedi 27/12 — Sporting Lagos 2-2 Lobi Stars Nouveau scénario partagé, Ahmadu Liman (70e) et Sikiru Alimi (90+3) égalisant à chaque fois in extremis.

Mercredi 31/12 — Lobi Stars 2-1 Bayelsa Utd Le mois se referme sur une victoire, portée par Ani Elijah (14e) et Ajibola Adeleke (15e), deux des nouvelles recrues présentées à Kessler quelques semaines plus tôt, déjà pleinement intégrées au groupe.

Un début de saison contrasté mais globalement positif, porté par l’apport immédiat des huit recrues estivales. Lucas referme son carnet ce soir de réveillon, seul dans son appartement de Makurdi, le téléphone posé à côté de lui, l’écran obstinément silencieux depuis leur dernière conversation à Nuremberg.

Il regarde une dernière fois, avant de s’endormir, le message qu’il n’a toujours pas reçu celui qui, il le sait, décidera d’une bonne partie de ce que sera vraiment cette nouvelle année pour lui.

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Chapitre 23 : L’objectif pour la fin de saison

Janvier 2026 — La Challenge Cup en ligne de mire

Mercredi 7/1 — Lobi Stars 4-1 FC Ebedei (1er tour, Challenge Cup) Entrée en matière décisive dans la compétition, portée par un triplé collectif : Ani Elijah (25e), puis un doublé d’Adam Ibe (30e, 35e), et enfin Terdoo Shimagande (69e) qui alourdit un score déjà sans appel.

Mercredi 28/1 — Lobi Stars 2-1 Mailantarki Care F.C., ap. prolongations (2e tour, Challenge Cup) Qualification arrachée dans la douleur, décidée aux tirs au but après un temps réglementaire et des prolongations disputées. Joseph Orafu ouvre le score (28e), avant que Waheed Adebayo n’égalise au bout du temps additionnel de la prolongation (95e), forçant la séance fatidique que Lobi Stars finit par remporter.

Février 2026 — Une constance retrouvée

Mercredi 11/2 — Remo Stars 3-0 Lobi Stars Une défaite sèche pour ouvrir le mois, sans réponse offensive, symptomatique d’un passage à vide ponctuel plus que d’une véritable inquiétude de fond.

Samedi 14/2 — Lobi Stars 2-0 Kwara Utd (retransmis à la télévision) Réaction immédiate, portée par Waheed Adebayo (61e) et Sikiru Alimi (74e), devant les caméras de la télévision nationale.

Mercredi 18/2 — Niger Tornadoes 2-2 Lobi Stars Un match nul concédé à l’extérieur malgré un doublé collectif d’Adebayo (13e) et Alimi (26e), l’un des duos offensifs les plus prolifiques de la saison.

Samedi 21/2 — Lobi Stars 4-0 Gombe Utd. Démonstration collective, avec un penalty transformé par Christian Madu (2e), un but d’Ahmadu Liman (28e), un contre son camp adverse signé Kazim Yekini (82e), et une nouvelle réalisation d’Adebayo pour clore le score.

Mercredi 25/2 — Akwa Utd. 0-1 Lobi Stars Victoire minimale mais précieuse, arrachée grâce à Ajibola Adeleke (84e).

Samedi 28/2 — Lobi Stars 3-1 El Kanemi Warriors Mois refermé sur une nouvelle victoire nette, Christian Madu (36e), Waheed Adebayo (57e) et Sikiru Alimi (66e) se succédant au tableau d’affichage.

Deux mois marqués par une régularité que le club n’avait plus connue depuis l’automne précédent : une qualification en Challenge Cup validée, et un championnat dominé cinq victoires sur six journées, la seule fausse note concédée à Remo Stars n’entamant en rien la dynamique collective. Adebayo, Alimi et Madu forment désormais un trio offensif d’une efficacité redoutable, porté par une assise défensive elle aussi nettement plus solide qu’en début de saison.

C’est dans ce contexte que le président du club, un homme d’affaires discret mais très investi dans le projet sportif depuis le rachat du club quelques années plus tôt, convoque Lucas pour un point d’étape, un lundi matin, dans son bureau au dernier étage d’un immeuble du centre-ville de Makurdi.

— Coach Hood. Asseyez-vous. J’ai suivi vos résultats de près, comme toujours.

— On traverse une belle période, monsieur le président.

— Une belle période, c’est un euphémisme. Regardez où on en est au classement. On tape à la porte du podium, et il reste encore suffisamment de journées pour viser plus haut.

Le président pousse vers Lucas un tableau imprimé, le classement actualisé du championnat, une colonne surlignée en jaune indiquant clairement les places qualificatives pour la prochaine édition de la Ligue des champions africaine.

— Je vais être direct avec vous, coach. L’an dernier, on a connu une épopée continentale magnifique, mais elle venait d’un strapontin obtenu par une deuxième place inattendue. Cette saison, je veux qu’on se qualifie par la grande porte. Par le championnat. Une place sur le podium, directement qualificative.

Lucas hoche la tête, sentant déjà l’exigence de cette nouvelle échéance se superposer, dans son esprit, aux schémas tactiques déjà en construction pour les semaines à venir.

— C’est un objectif ambitieux, mais atteignable au vu de notre dynamique actuelle. Je ne vous promets rien de facile.

— Je n’attends jamais rien de facile de votre part, coach. C’est bien pour ça qu’on vous a fait venir.

Un silence bref, presque solennel, s’installe entre les deux hommes, avant que le président ne reprenne, un sourire plus détendu au coin des lèvres.

— Fixons-nous ça ensemble, officiellement. Top 3 du championnat, qualification directe pour la Ligue des champions. C’est notre objectif, à partir d’aujourd’hui.

— Top 3, confirme Lucas en serrant la main tendue par-dessus le bureau. On y va.

Il quitte le bureau quelques minutes plus tard, le tableau de classement encore en tête, une nouvelle ligne ajoutée dans son carnet, juste en dessous des dernières notes tactiques griffonnées sur le trio Adebayo-Alimi-Madu :

« Top 3. Qualification directe. Rien d’autre ne comptera d’ici la fin de saison. »


Mars 2026 — La course de fond

Mercredi 4/3 — Ifeanyi Ubah 1-4 Lobi Stars Démonstration collective à l’extérieur : Waheed Adebayo (28e), Ahmadu Liman (70e), Sikiru Alimi (87e) et Ani Elijah, tout près du terme de la rencontre, achèvent une prestation aboutie de bout en bout.

Samedi 7/3 — Lobi Stars 0-2 Shooting Stars Nouveau faux pas à domicile face à cette même équipe décidément coriace depuis le début de la saison, sans réponse offensive notable.

Mardi 10/3 — Doma Utd. 0-2 Lobi Stars Réaction immédiate, portée par un doublé de Terdoo Shimagande (69e, 71e) qui referme rapidement la parenthèse du revers précédent.

Samedi 14/3 — Lobi Stars 2-1 Insurance Nouvelle victoire face au finaliste malheureux de la Supercoupe, Christian Madu (57e) et Ani Elijah (76e) se montrant décisifs.

Lundi 16/3 — Insurance 0-0 Lobi Stars, ap. tirs au but (3e tour, Challenge Cup) La revanche s’arrête là où le championnat continue de sourire : Lobi Stars s’incline aux tirs au but après un match nul et vierge, mettant fin à l’aventure en Challenge Cup pour cette saison.

Mercredi 18/3 — Lobi Stars 1-1 Plateau Utd Ani Elijah ouvre rapidement le score (4e), mais l’équipe ne parvient pas à conserver son avantage, un défaut encore ponctuellement présent malgré les progrès collectifs.

Samedi 21/3 — Abia Warriors 1-1 Lobi Stars Match nul concédé à l’extérieur, Waheed Adebayo égalisant (73e) sans permettre à l’équipe de repartir avec les trois points.

Mercredi 25/3 — Lobi Stars 3-2 Mighty Jets Mois refermé sur une victoire spectaculaire, Monday Akile (15e), Ahmadu Liman (19e) et Henry Nwosu (45+2) se succédant au tableau d’affichage dans un match à rebondissements.

Le classement — 24 journées disputées
Clt Équipe J G N P Diff Pts
1er Lobi Stars 24 14 7 3 +17 49
2e Akwa Utd. 24 15 3 6 +18 48
3e Rivers United 24 11 7 6 +16 40
4e Kano Pillars 24 12 4 8 +6 40
5e Mighty Jets 24 12 4 8 +6 40
6e Gombe Utd. 24 12 4 8 +4 40

Lobi Stars occupe la tête du championnat, un point seulement devant Akwa Utd., dans un mouchoir de poche qui promet une fin de saison sous tension jusqu’à la dernière journée. L’objectif fixé quelques semaines plus tôt avec le président, une qualification directe pour la Ligue des champions via le podium semble non seulement atteignable, mais désormais dépassé dans son ambition initiale : c’est bel et bien le titre qui se profile à l’horizon, si la dynamique actuelle se maintient.

C’est un soir tranquille, après une séance vidéo consacrée à l’analyse du prochain adversaire, que le téléphone de Lucas vibre enfin un message qu’il attendait depuis des semaines sans oser se l’avouer complètement, en provenance d’un numéro allemand resté silencieux depuis bien trop longtemps.

Jenny : Pardon pour ce silence, Lucas. J’ai eu besoin de temps, encore, pour vraiment comprendre ce que je voulais. La distance, c’est dur. Plus dur que ce que j’imaginais quand je te l’ai promis, à Nuremberg. Je n’ai pas la force de tout quitter ici, pas maintenant, peut-être jamais vraiment. Mais je pense souvent à toi, à cette semaine ensemble, à cette soirée au bord du fleuve. J’espère qu’on se reverra un jour, d’une manière ou d’une autre. Prends soin de toi.

Lucas relit le message plusieurs fois, assis seul sur le bord de son lit, une tristesse sourde qui s’installe sans pour autant le submerger complètement une déception qu’il connaît déjà, sous une forme ou une autre, depuis bien longtemps. Il ne répond pas tout de suite, laisse les mots se déposer en lui, sentir leur poids exact avant de décider quoi en faire.

Il finit par taper une réponse brève, sincère, sans amertume :

Lucas : Je comprends, Jenny. Merci pour cette semaine à Nuremberg, elle restera importante pour moi. Prends soin de toi aussi. Et qui sait, peut-être qu’un jour, effectivement.

Les jours suivants, contre toute attente, ne le plongent pas dans la spirale qu’il aurait pu craindre. Lucas retrouve au contraire une forme d’énergie nouvelle, canalisée entièrement vers ce qui, désormais, dépend uniquement de lui : la course au titre qui s’intensifie semaine après semaine. Il se replonge avec une intensité renouvelée dans son carnet, peaufine chaque détail tactique, resserre les automatismes de son trio offensif désormais rôdé.

— Vous avez l’air en forme, coach, lui glisse un jour Terkimbi, resté proche de lui depuis son rôle initial de guide touristique, devenu au fil des mois un allié de confiance au sein du club.

— J’ai plus de raisons de me concentrer sur ce qui compte vraiment, en ce moment, répond Lucas, un sourire discret mais sincère aux lèvres.

Il referme son carnet ce soir-là sur une dernière note, simple et déterminée :

« Première place. Neuf journées restantes. On ne lâche rien. »

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Chapitre 25 : Jusqu’au bout

Avril 2026 — Le doute s’installe

Samedi 4/4 — Enyimba 2-2 Lobi Stars Ani Elijah (78e) puis Waheed Adebayo, au bout du temps additionnel (90+1), permettent d’arracher un point qui aurait pu filer.

Mercredi 8/4 — Rivers United 2-2 Lobi Stars Nouveau scénario à suspense, Isaac Saviour puis Hamdi Nagguez sur penalty, au bout des arrêts de jeu (90+7), sauvent le point du match nul dans des conditions rocambolesques.

Samedi 11/4 — Lobi Stars 3-0 Kano Pillars Enfin une victoire nette et sans appel, Sikiru Alimi (12e), Waheed Adebayo (32e) et Jide Fatokun (51e) se succédant au tableau d’affichage.

Mercredi 15/4 — Sunshine Stars 2-1 Lobi Stars Un revers frustrant à l’extérieur malgré la réduction du score signée Adebayo (90e), beaucoup trop tardive pour inquiéter l’adversaire.

Samedi 18/4 — Lobi Stars 2-2 Sporting Lagos Un doublé de Waheed Adebayo (5e, 36e) ne suffit pas à repartir avec les trois points, l’équipe laissant filer un avantage pourtant confortable en première période.

Mercredi 22/4 — Bayelsa Utd 2-0 Lobi Stars Le point bas du mois, une défaite sèche sans la moindre réponse offensive, qui fait souffler un vent d’inquiétude sur le vestiaire à un moment critique de la saison.

Samedi 25/4 — Lobi Stars 1-1 Remo Stars Un point arraché sur un but contre son camp adverse (57e), dans un match globalement à l’image de ce passage compliqué : des certitudes qui s’effritent, une dynamique qui se cherche.

Mercredi 29/4 — Kwara Utd 0-1 Lobi Stars Retour à la victoire, minimale mais salvatrice, Jide Fatokun (26e) permettant de refermer un mois d’avril nettement moins convaincant que le précédent.

Lucas ne masque pas son inquiétude, dans le vestiaire, à l’issue de ce mois en dents de scie.

— On a laissé filer trop de points qu’on aurait dû garder. Il reste neuf journées. On n’a plus le droit à l’erreur.

Mai 2026 — Le sprint final

Samedi 2/5 — Lobi Stars 1-1 Niger Tornadoes Waheed Adebayo (54e) égalise, sans empêcher un nouveau point perdu en route.

Mercredi 6/5 — Gombe Utd. 0-1 Lobi Stars Ahmadu Liman (45+1) inscrit un but précieux juste avant la pause, suffisant pour ramener les trois points.

Samedi 9/5 — Lobi Stars 3-1 Akwa Utd. Le choc au sommet. Un doublé d’Ani Elijah, dont un penalty (8e, 63e), et une réalisation d’Ajibola Adeleke (48e) permettent à Lobi Stars de dominer directement son plus proche rival dans la course au titre — une victoire à double tranchant, sportive et psychologique.

Samedi 16/5 — El Kanemi Warriors 1-2 Lobi Stars (retransmis à la télévision) Un doublé de Sikiru Alimi (32e, 45+1) devant les caméras de la télévision nationale, confirmant la montée en puissance décisive du groupe à l’approche du sprint final.

Samedi 23/5 — Lobi Stars 3-1 Ifeanyi Ubah Sikiru Alimi (26e), Abdulsalam Oseni (48e) et Jide Fatokun, tout près du terme de la rencontre (90+5), achèvent une nouvelle démonstration collective.

Le classement avant l’ultime journée
Clt Équipe J G N P Diff Pts
1er Lobi Stars 37 20 12 5 +24 72
2e Akwa Utd. 37 22 5 10 +23 71
3e Shooting Stars 37 21 5 11 +17 68
4e Sunshine Stars 37 19 9 9 +23 66
5e Rivers United 37 18 9 10 +29 63

Un seul point sépare Lobi Stars d’Akwa Utd. à l’aube de la trente-huitième et dernière journée. Après le passage à vide d’avril, le sprint de mai a permis au club de conserver la tête du championnat, mais rien n’est encore joué la victoire arrachée face à Akwa Utd. quelques journées plus tôt pourrait bien s’avérer décisive dans les calculs finaux, mais seul le résultat de l’ultime match tranchera vraiment.

La veille du dénouement

Lucas referme son carnet, tard dans la soirée, après avoir passé des heures à décortiquer chaque scénario possible pour la dernière journée. Un simple match nul, conjugué à un résultat défavorable d’Akwa Utd., suffirait à valider le titre. Une défaite, en revanche, rouvrirait tous les calculs, et pourrait coûter au club un titre qu’il a tenu entre ses mains pendant l’essentiel de la saison.

Il repense, l’espace d’un instant, au tour préliminaire perdu à Zanzibar qui avait scellé son départ précipité. Cette fois, l’enjeu n’a rien à voir avec une promesse personnelle c’est un club tout entier, un président qui a cru en son ambition, un groupe de joueurs qui n’a jamais rien lâché depuis le passage à vide d’avril, qui attendent de lui la meilleure version possible pour ce dernier rendez-vous.

Il écrit une dernière ligne dans son carnet, avant d’éteindre la lumière :

« Une journée. Un point d’avance. Tout se joue là. »

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Sweating James Mcavoy GIF

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Bon, il a perdu un gros contrat en Allemagne le Lucas là… :sadpepe:

Mais il n’a pas tout perdu ! Un titre au Nigéria lui ouvrira forcément des portes… en Namibie peut-être ? Ou en Tanzanie ? Qui sait ? :joy:

Nan en vrai c’est une vraie belle saison et ça serait dommage de rater le titre à la dernière journée !

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Chapitre 26 : La dernière journée

Lekan Salami Stadium — Direct

18h58 — Les deux équipes achèvent leur échauffement sous les projecteurs du Lekan Salami Stadium. 9 206 spectateurs, dont 172 supporters de Lobi Stars ayant fait le déplacement. Lucas, en jeans et tshirt uni noir, reste debout devant son banc, les bras croisés, le regard fixé sur la pelouse.

19h00 — Coup d’envoi. Shooting Stars, sans rien à jouer au classement, aborde pourtant cette rencontre avec une intensité inattendue.

3e minute — BUT ! Abdulkareem Mumuni ouvre le score pour Shooting Stars d’une frappe limpide à l’entrée de la surface. 1-0. Le stade s’enflamme, Lucas reste de marbre sur la touche, les mâchoires serrées.

10e minute — BUT ! Ani Elijah égalise immédiatement pour Lobi Stars, une réaction rapide et précieuse sur un centre parfaitement ajusté. 1-1. Un soupir de soulagement traverse le banc visiteur.

11e minute — BUT CONTRE SON CAMP. Isaac Saviour dévie malencontreusement dans ses propres filets. 2-1 pour Shooting Stars. Lucas se prend la tête entre les mains, incrédule face à ce scénario qui s’emballe en quelques minutes à peine.

23e minute — Occasion pour Sikiru Alimi, repoussée en corner par le gardien de Shooting Stars. Lobi Stars pousse, cherche l’égalisation.

38e minute — Nouvelle occasion, cette fois pour Christian Madu, dont la frappe s’écrase sur la barre transversale sous les cris déçus du petit contingent de supporters visiteurs.

Mi-temps — 2-1 pour Shooting Stars. Lucas rassemble ses joueurs dans le vestiaire, la voix posée mais tranchante.

— On refait la même chose qu’à chaque fois qu’on a eu le dos au mur. On y retourne, et on se bat jusqu’au bout.

55e minute — BUT ! Joshua Akpan porte l’estocade pour Shooting Stars d’une frappe croisée. 3-1. Le silence tombe sur le petit groupe de supporters de Lobi Stars, conscients que la marge de manœuvre s’amenuise dangereusement.

63e minute — BUT CONTRE SON CAMP. Abdulsalam Oseni, dans la précipitation, alourdit encore la marque contre son propre camp. 4-1 pour Shooting Stars. Un cauchemar collectif qui se matérialise sous les yeux impuissants de Lucas.

70e minute — Carton jaune pour Isaac Saviour, visiblement dépassé par les événements, sanctionné pour une faute frustrée en milieu de terrain.

75e à 90e minute — Lobi Stars pousse sans conviction réelle, le match déjà largement plié, l’équipe entière semblant porter le poids d’une désillusion bien plus large que ce seul résultat.

Coup de sifflet final. Shooting Stars 4-1 Lobi Stars.

Sur le banc, Lucas reste immobile un long moment, le regard perdu vers le tableau d’affichage, incapable pour l’instant de savoir si cette défaite vient de coûter le titre ou si, quelque part ailleurs dans le pays, Akwa Utd. a elle aussi trébuché. Son téléphone reste désespérément silencieux, les résultats des autres rencontres n’étant pas encore confirmés.

Il serre la main de son homologue, félicite ses joueurs un par un dans un vestiaire lourd de silence, puis reprend seul le chemin de son hôtel, le cœur serré par une incertitude qu’il connaît déjà trop bien.

À l’hôtel

Lucas pousse la porte de sa chambre un peu après 22h, épuisé, vidé de toute l’énergie qu’il a déployée sur ce banc de touche pendant quatre-vingt-dix minutes interminables. Il pose son sac, s’assoit sur le bord du lit, le téléphone s’emballe, Akwa remporte le titre, quel déception.

On frappe à la porte, deux coups légers, hésitants.

Il ouvre, sans grande attente, et se fige sur le seuil.

Jenny se tient là, dans le couloir faiblement éclairé de l’hôtel, un sac de voyage à ses pieds, le visage marqué par un vol visiblement long et par une émotion qu’elle ne cherche pas à masquer.

— Jenny… Qu’est-ce que tu fais ici ?

— J’ai pris le premier vol après ton message. Je pouvais pas rester loin plus longtemps, Lucas. Pas après tout ça.

Un silence s’installe entre eux, chargé de tout ce qui n’a pas été dit depuis Nuremberg, depuis ce message d’adieu qu’elle avait envoyé quelques semaines plus tôt. Elle s’avance d’un pas, ses yeux plongés dans les siens, la voix tremblante mais décidée.

— Je sais pas ce que ça veut dire, pour nous, pour la suite. Mais ce soir, je suis là. Et j’ai besoin que tu sois là aussi. Vraiment là.

Elle pose une main sur sa joue, un geste d’une douceur qui efface, l’espace d’un instant, toute la fatigue de cette journée interminable.

Lucas ferme la porte derrière elle, doucement, et la nuit qui suit leur appartient tout entière loin du classement, loin de la déception, loin de tout ce qui, demain, redeviendra important.

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Bon bah finalement il va le soulever le trophée…

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