Chapitre 1 – Décembre Noir
Dans un hôtel chic d’Atlanta, Ric Flair était en train de se préparer pour une journée qui s’annonce longue et prenante. S’il était dans cette ville aujourd’hui c’était pour une bonne raison. Il avait demandé une réunion avec Eric Bischoff et Johnny Ace car il savait à quel point la situation de la WCW était problématique et c’est pourquoi il avait décidé de réagir. Cela est peut-être une folie mais après tout, cette compagnie a toujours été son royaume et il ne voulait pas que cet héritage disparaisse.
On toqua Ă sa porte. Il alla ouvrir et Stevie Ray rentra dans sa chambre.
« Stevie tu tombes bien. Nous devons faire le point sur ce que je vais présenter et de comment les choses vont s’organiser. »
Stevie s’assit sur le lit en continuant à écouter Ric.
« Comme je te l’ai dit, tu seras mon bras droit. Tu seras évidemment dans l’équipe créative mais la vraie question, est plutôt avec qui ? »
Ric faisait les cents pas et ne semblait pas tenir en place.
« Eric et Johnny vont vouloir être impliqué s’ils plaident ma cause. Le problème c’est que Johnny a un sale caractère et a tendance à souvent foutre le bordel backstage, et Eric porte le poids de plusieurs années de booking raté et cela ne l’aide pas. Je ne le porte pas dans mon cœur mais il a fait aussi des choses bien, et bien cadré il sera intéressant. T’en penses quoi ? »
Stevie souffla un coup puis il se leva avec une posture assurée.
« Ric, autant je suis assez d’accord pour Eric, autant pour Johnny c’est comment dire … plus tendu. Il est insupportable et fout le merdier dans tout ce qu’il touche. Certes il a des qualités de booker et de road agent intéressante mais bon, je ne le porte pas dans mon cœur pour être honnête. »
Ric soupira puis pris son manteau pour sortir. Il indiqua à Stevie qu’ils partaient car l’heure avait tournée. Les deux hommes montèrent dans une limousine qui les attendait au pied de l’hôtel pour se diriger vers leur lieu de rendez-vous.
La pluie battait contre les grandes baies vitrées du siège de la World Championship Wrestling. À l’intérieur, l’atmosphère était encore plus lourde. Les couloirs autrefois animés semblaient vidés de leur énergie, comme si le bâtiment lui-même savait que la fin approchait. Des employés murmuraient, des regards se détournaient, et partout la même question revenait, silencieuse mais obsédante : combien de temps la WCW allait-elle encore survivre ?
Dans une salle de réunion au dernier étage, Ric Flair était assis en bout de table avec Stevie Ray à ses côtés. En face d’eux, Eric Bischoff, l’actuel propriétaire de la WCW, accompagné par Johnny Ace, booker de la compagnie.
Face à lui, Eric Bischoff faisait défiler des documents. Il semblait préoccupé par la situation.
« Ric, les chiffres sont pires que l’on avait imaginé. On perd des sommes astronomiques chaque mois et d’ici la fin décembre, la société sera déficitaire d’un million de dollars. »
Ric Flair ne répondit pas immédiatement. Il fixait une vieille affiche encadrée au mur : Starrcade 1989. Son regard s’y attarda.
« J’ai déjà été au fond du trou, Eric » finit-il par dire. « Et je me suis toujours relevé. »
Johnny Ace, assis Ă la droite de Bischoff, intervint :
« Ric, on ne parle pas d’une personne en particulier mais bien d’une compagnie à la dérive. Le vrai problème, ce ne sont pas seulement les pertes. AOL Time Warner veut se débarrasser de la WCW. Ils ne veulent plus de catch à la télévision. Cela veut dire que ce sont des centaines d’emplois qui sont menacés, les nôtres y compris … »
Stevie Ray, jusque-lĂ silencieux, se redressa sur sa chaise.
« On l’a compris Johnny, et on sait que pour une compagnie comme la WCW, il nous faut un diffuseur sous peine de disparaitre. Nous sommes trop grand pour survivre sans. »
Bischoff hocha la tĂŞte.
« J’ai essayé de faire venir un groupe d’investisseurs mais il estime que c’est un investissement à perte, les salaires sont un gros frein à tout cela … »
Ric Flair ferma les yeux un instant. Les souvenirs affluaient : les tournées, les titres mondiaux, les rivalités, les vestiaires pleins de vie. La WCW avait été son terrain de jeu, son foyer.
« Alors ils veulent laisser mourir tout ça ? » murmura-t-il.
« Oui », répondit Bischoff. « Ils préfèrent couper les pertes. »
Ric ouvrit les yeux. Cette fois, il y avait autre chose dans son regard. Une détermination froide.
« Pas moi. »
Les trois hommes le regardèrent.
« Je ne laisserai pas cette compagnie disparaître comme ça. S’ils veulent vendre… alors j’achèterai. »
Un silence pesant s’installa.
« Ric… deux millions d’euros », rappela Ace. « De ta poche. »
« J’en ai conscience. »
« Et les salaires ? Nash, Goldberg, Steiner… ils touchent plus que certaines franchises sportives entières. »
Ric Flair esquissa un sourire fatigué.
« Alors il va falloir leur rappeler une chose : ici, personne n’est plus grand que la WCW. »
Eric ne dit rien et baissa la tête, John lui semblait très sceptique. Une partie de ces salaires mirobolants avait été rédigé par Eric lui-même et cela était son fardeau.
Finalement, beaucoup de questions restaient en suspens et il faudrait pouvoir y répondre au plus vite car le temps était pressant et la situation ne faisait qu’empirer.



























































































