31 décembre 2024.
Pendant que les autres comptent les heures avant minuit,
Wayne Rooney regarde un mail s’afficher sur son téléphone.
Pas de réunion. Pas de dernière chance.
Un message envoyé à 8h17.
“Le club a décidé de mettre fin à votre contrat avec effet immédiat.”
Plymouth est dernier. Pas mal classé. Pas en difficulté.
Dernier.
Il n’y a même plus de débat à avoir. Il a appris à reconnaître ce moment précis :
celui oĂą plus personne ne vous appelle.
Ă€ Derby, on parlait de courage.
Ă€ Birmingham, de transition.
À Plymouth, on a parlé de “résultats”.
Il ferme le téléphone. La maison est silencieuse. Sa famille dort encore.
Il pense aux phrases toutes faites.
“Il faut du temps.”
“Le projet.”
“La transition.”
Elles n’ont servi à rien. Il le sait, il a été choisi pour son nom, son aura.
À midi, la presse locale publie l’information. Les mots sont mesurés. Les chiffres, eux, ne le sont pas.
Dernière place. Défense perméable. Vestiaire fragile. Entraineur dépassé.
En fin d’après-midi, il sort marcher. Le ciel est bas, l’air est sec, la neige est encore présente.
Le football anglais ne s’arrête jamais, mais il sait déjà qu’il n’en fera plus partie pendant un moment.
Les clubs n’appellent pas un entraîneur licencié alors qu’il est dernier,
le soir du réveillon.
Le soir venu, il ne fête rien. Il prend un carnet. Pas pour écrire un discours. Pas pour préparer une revanche. Il parla aux joueurs pour faire ses adieux…si on lui en laisse le temps.
À minuit, les feux d’artifice éclatent au loin. Wayne Rooney ne fait aucun vœu. Il sait que l’année qui commence sera longue. Silencieuse.
Et qu’elle se jouera loin des bancs de touche…du moins pour le moment.




