Réponse aux lecteurs
@CaptainAmericka dans ce récit, je me demande quand ça ne part pas en sucette ![]()
@Sythax Ce Toopil ne pourra jamais vivre une vie normale ![]()
@volatil Alors, il y a peut-être une vanne mais elle m’échappe totalement ![]()
@Loozar Tu saura que dans la famille Toopil, on a tous des paires hors norme. La bise à ma sœur:
Le lendemain du triomphe contre le Sierra Leone, Toopil, ou plutôt Lipoot comme l’avaient surnommé les joueurs, marchait toujours sur les mains, la tête vissée vers le sol, les jambes dans les airs.
Fait étrange : le sang ne lui montait même pas à la tête. Les médecins de l’équipe et @ZiyadFCM , le sorcier vaudou, avaient abandonné toute tentative d’explication scientifique, préférant boire du thé à la menthe en regardant l’entraînement d’un air résigné.
Toopil tentait de montrer des exercices basiques, mais son équilibre instable sur les mains rendait chaque démonstration aussi utile qu’un parapluie dans un ouragan.
Les joueurs, hilares, criaient de toutes leurs forces : « Allez Lipoot ! Allez Lipoot ! »
Même Aline, sa femme, venue assister à la séance avec Milo et sa belle-fille, n’en pouvait plus de ce cirque que faisait son homme. Furieuse, elle s’approcha, sermonna son mari suspendu à l’envers, puis, dans un élan d’agacement conjugal, lui asséna un énorme coup de pied dans les bras. Toopil s’envola. Littéralement.
« JE NE SENS PLUS LA GRAVITÉ !! » hurla-t-il en faisant des saltos désespérés dans le ciel camerounais.
Paniqués, les joueurs sautèrent pour le rattraper au vol. Ils réussirent à l’agripper par les cheveux, lui évitant de disparaître dans la stratosphère.
Sur ordre du staff, on l’attacha cette nuit-là à un poteau du terrain d’entraînement, pour ne pas qu’il s’envole.
Pendant ce temps, dans l’hôtel, la tension montait : le tirage au sort venait de tomber. Prochain adversaire : l’Égypte. Pas n’importe laquelle : l’Égypte revancharde, finaliste malheureuse de la dernière CAN.
Dans la nuit, un gros « boum » se fit entendre. À l’aube, Lipoot, heu… pardon… Toopil, toujours ficelé, se réveilla. Il sentit le sol contre son visage et réalisa : « Ahhh ! Ma douce gravité est de retour ! »
Franck, qui passa pour prendre l’air, vit Toopil au sol et se précipita vers lui. Le coach ordonna à Franck de le détacher.
Mais en tentant de se relever… il resta collé au sol comme une crêpe sur une poêle chaude. Il n’arrivait même pas à bouger un seul doigt.
Les joueurs vinrent l’aider : ils étaient huit, puis dix, puis quatorze, mais rien à faire : Toopil ne bougeait pas d’un millimètre.
Le staff, paniqué, appela le président de la fédération. @volatil arriva une heure plus tard, excédé: « j’espère qu’on me fait me déplacer pour une bonne raison. J’étais en train de zouker nu avec une demoiselle fort charmante. » Voyant Toopil, il comprit que c’était plus important qu’un zouk érotique. C’est de la nation dont il s’agissait. Il fit venir une spécialiste scientifique, la fameuse Abimbola Alale, la fierté nationale en astrophysique. « Je la connais bien. On s’est souvent rencontré dans des soirées liberti… heu… Des soirées heu… Où on a regardé la lune. Oui voilà ! Parfaitement ! On regarde la lune, nous », dit Volatil ) ZiyadFCM qui le regarde d’un air douteux.
Abimbola arriva et observa Toopil, prit quelques mesures, puis déclara solennellement : " Coach… votre corps est passé en mode 5G. Vous pesez cinq fois votre poids."
« Déjà qu’il était lourd en temps normal » dit Okafor en se marrant. Mais en voyant les yeux énervés du coach, il préfère la boucler.
« Oui. Vous pesez cinq fois votre poids normal. Vous encaissez cinq fois la gravité. C’est génial de voir ça. » Abimbola s’extasiait mais Toopil répondit: « Ouais… Vachement génial… »
Saraki lâcha en ricanant : « En tout cas, si vous êtes en 5G, c’est sympa pour nos téléphones »
Toopil le regarda et dit: « Toi, dès que je suis debout, je te fume ! »
Résultat : il fallut appeler une grue de chantier pour transporter Toopil vers le terrain d’entraînement, puis du terrain vers un lit renforcé (fabriqué d’urgence avec des planches volées sur un chantier voisin).
Ce matin-là , Toopil, pour la première fois depuis des jours, se sentit normal. Il réussit à se lever, ne s’envola pas, n’avait pas une tête à la Minecraft, parlait et écrivait anglais correctement, ne marchait pas sur les mains. Rien !
Il se regarda dans le miroir : « Ok mon gars, t’es prêt à battre l’Égypte ! »
Pour s’assurer qu’aucune autre sorcellerie ne le frappe, il convoqua ZiyadFCM afin de voir s’il n’y avait rien d’anormal dans son état.
Toopil demanda : « Vous avez vu, je suis normal aujourd’hui. Vous pensez que je suis guéri ? »
Le sorcier leva les yeux au ciel, esquissa un sourire énigmatique, puis répondit dans une langue totalement inconnue, mélange de grésillements, de clics de langue et de sons dignes d’un modem 56k.
Toopil, fou de rage, claqua la porte et fila voir Volatil qui avait passé la nuit avec six charmantes demoiselles.
Le président de la fédération fut tellement surpris de voir Toopil ouvrir la porte sans frapper qu’il se mit à l’engueuler mais dans un autre dialecte incompréhensible, quelque part entre le dialecte Ewondo, du yaourt et un remix de bruits de chèvres.
Toopil, au bord du burn-out, courut à l’entraînement. Et là … Tous ses joueurs parlaient dans cette même langue étrangère. Même Franck, son fidèle adjoint.
Toopil hurla : « Mais bordel de merde, c’est moi qui déconne ou c’est le monde entier ?! »
Il comprit enfin : c’était lui. Lui seul… Comme si un filtre avait transformé sa perception de la réalité.
Privé de communication, son arme principale, Toopil tomba à genoux au milieu du terrain, les bras levés vers le ciel gris du Cameroun : « Mon Dieu… Comment vais-je battre l’Égypte si je comprends même pas quand on me demande de passer le sel ? »
Il décida de donner des consignes mais de ne plus écouter (comme il le fait avec sa femme finalement…). Le soir, toute la délégation pris l’avion pour Garoua au nord du pays. Demain, c’était l’Egypte et peu importe qu’il comprenne ses joueurs ou non, Toopil comptait bien l’emporter.






