Réponse aux lecteurs
@Sythax , réellement j’avais pensé faire un super portrait de joueur qui regarde la liste et qui… n’est pas sélectionné au final! Mais derrière je n’avais pas l’inspi pour relancer sur un autre ![]()
@celiavalencia il en faut bien qui soient quand mĂŞme normaux dans ce monde ![]()
@Loozar promis je lui rase la tête de force quand je retourne en Nouvelle-Zélande ![]()
@CaptainAmericka oui joli résultat contre les Néo-Zélandais qui seront une fois de plus les ogres de la compétition. J’avoue que sur la photo, le type est pas loin du coma éthylique ![]()
Merci Ă tous de suivre cette story!
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Bonjour à tous, c’est Jason Rokovucake. Je continue à vous raconter mon histoire personnelle.
Voilà , le sélectionneur est à la télé. Il va commencer à annoncer le groupe retenu pour la Coupe d’Océanie où l’on tombe avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Vanuatu et les Iles Cook. Un groupe plus qu’abordable où nous sommes favoris. Les deux premiers vont en demi-finales.
La compétition se déroule en Australie et en Nouvelle-Zélande et nous sommes tirés dans le groupe qui jouera en Australie.
Beaucoup de blabla pour l’instant. Vazy! Annonce-la liste! J’en peux plus, j’ai les aisselles qui ressemblent aux chutes d’Iguaçu et le cœur qui va aussi vite que le batteur des Shaka Ponk (oui, oui, je les connais à force que le coach mette leur musique dans le vestiaire).
« Mr Toopil, je vous laisse commencer votre liste de 23 joueurs. » Oui, voilà . Arrête de parler, laisse-le donner la liste.
« Merci. Je tiens avant tout à remercier la fédération qui a toujours… » Et blablabla et blablabla. ON S’EN FICHE! J’en peux plus! J’ai le caleçon mouillé! Annonce la sélection!
« Les choix ne furent pas simple donc… » ON S’EN BRANLE ENFOIRE DE COACH DE MERDEEEEEEEEE!
« Je vais faire la liste poste par poste en commençant par les gardiens de but! » Ha ben enfin!
« Misiwani Nairubi de Wainuiomata » Et merde… J’étais en concurrence avec lui pour le poste de 3e gardien. C’est quasi mort…
« Mohammed Alam de Ba » En même temps c’est le titulaire…
« Défenseurs. Aron Naicker de Brooklyn North! » QUOIIIIIIII? IL N’A PRIS QUE DEUX GARDIENS!!!
« Ha zut, j’ai oublié un gardien. Désolé. Heu… donc gardien Jason Rokovucake de Tailevu/Naitasiri FC »
YEEEEEEEEEEEEEEEEESSSSSSSSSSSSSSSSSS!!! Je suis sélectionné! Je vais dans cette PUTAIN DE COUPE D’OCEANIE! Je n’écoute même pas le reste de la liste. Je n’en ai rien à faire. C’est la fête dans ma tête et comme à chaque grande occasion il faut ouvrir une belle bouteille, je m’offre une bouteille de Badoit. Quel pied!
Nous voilà réuni au centre d’entraînement. Toute la sélection est là . La légende Roy Krishna vient nous rendre visite. Je n’ose pas lui demander une photo de nous deux alors je passe par Misiwani qui demande à Roy qui accepte de poser avec moi. C’est dur d’être timide.
« J’aime beaucoup ce que tu fais! » me dit Roy Krishna. Quel compliment de la part du plus grand joueur de l’histoire de Fidji (même si Kishan Sami en décrochant sa 57e sélection face à la Nouvelle-Zélande l’a dépassé en nombre de sélections et devient le nouveau recordman).
On fait le premier entraînement dans l’après-midi. Après la motricité, le coach m’appelle. Il m’explique que je ne serai que 3e gardien. « Soyons clair Jason, tu n’es pas là pour jouer. Tu es 3e gardien. Ton rôle, c’est de mettre tes deux copains dans de bonnes dispositions. Et tu sera aussi gardien lors des séances de frappe des attaquants! » Ouais… Je serai punching-ball quoi… A quoi cela va-t-il servir de s’entraîner ? Alors, pour le moment je suis à l’entraînement des gardiens. Puis quand mes deux coéquipiers vont au vestiaire, je reste pour la séance de frappe des attaquants.
Malakai Love-Semira tente un tir de la… Beh… De… De ce qu’il a imposant quoi… Vous comprenez? C’est vraiment un pervers ce type… Je le déteste!
Aujourd’hui, nous prenons l’avion pour Melbourne. Toute l’équipe se rend à l’aéroport où des proches sont venus nous dire au revoir. Je vois Maman et Papa et ma petite sœur. On se fait des câlins et je pleure car je n’ai jamais été aussi loin et aussi longtemps sans eux. Chaque soir je les voyais. Et là je vais passer beaucoup de temps sans eux.
L’adjoint du coach vient me chercher et me tire par le bras car je ne veux pas partir. Je m’accroche à ma mère quand soudain… Une vision divine… Je vois une femme… Exceptionnelle… Elle est avec Malakai! Elle me regarde et me salue. Je lui réponds par un bonjour timide. « Haha, t’as flashé sur ma sœur, Jason? » se moque Malakai!
Hoooo oui! Elle a de si beaux… Ho, je suis timide, je n’oserai jamais le dire mais c’est vraiment impressionnant. Elle a deux… Pfff… Elle a un truc en plus c’est… SES YEUX! Voilà , je l’a dit. Elle a de si beaux yeux, hypnotisant, impressionnants, si magnifiques. J’en suis amoureux. Elle me répond par un sourire. Je craque complètement. On me met dans l’avion sans aucune résistance de ma part. J’ai complètement oublié ma mère qui me fait coucou par le hublot. Mais moi… Je réponds à la sœur de Malakai…
Nous décollons et nous voici parti pour 6h de vol. Je suis assis à côté de Josh Laqeretabua qui joue à Charlton. Il me parle du foot Anglais. Et ça me fait rêver. Jouer dans des stades pleins, avec une telle ferveur et face à de si grands joueurs. Mais je serai si loin de Papa et Maman et sœurette que j’aurai peur.
Pendant le vol, je suis malade et je vomis tout ce que j’ai mangé. Un super petit-déjeuner fait par Mamounette. Mais j’ai du mal à supporter l’avion. C’est la première fois que je le prends et j’ai hâte de retrouver le plancher des vaches. « Encore un bout de galette qui arrive? » se moque Malakai à chacun de mes hauts de cœur. C’est vraiment un trou de balle celui-ci. Je le déteste. Mais sa sœur… (soupir)
On arrive à Melbourne et on s’installe au Pullmann Albert Melbourne Park que la fédé a réservée exclusivement pour nous.
Il y a une salle de sport, une piscine, un restaurant, une salle de massage, on est proche du stade et du terrain d’entraînement (le Lakeside stadium, stade du South Melbourne qui a eu plusieurs titres nationaux avant de disparaitre de l’élite Australienne). On va être bien.
Nous sommes deux par chambre, sauf le capitaine qui a le droit à une chambre solo. Je partage la mienne avec Isimeli Gavidi qui comme moi est nouveau dans la sélection (il n’en a qu’une seule également) et joue en Nouvelle-Zélande. Mais c’est un consommateur de série… Il va en regarder jusqu’à 3h30 du matin et moi, chez Maman, je me couche à 21h30. Je vais être fatigué demain…
On s’entraîne pour la première fois dans le stade d’entraînement qui est plutôt pas mal. Je retrouve mes deux copains gardiens. Mais j’ai du mal à avancer. Ma courte nuit pèse sur mes jambes.
Isimeli, c’est pire… Il ne met pas un pied devant l’autre… Le coach gueule… Il n’est pas content de l’investissement de l’équipe. Il organise un concours de sprint: « le perdant va se baigner tout nu dans le lac à côté. » Tout le monde explose de rire. Mais pas moi… Je ne sais pas courir vite…
J’affronte Malakai Love-Semira dans un premier temps. Si je gagne, je suis tranquille. Si je perds, la partie continue. Le coach a fait un tirage au sort et je tombe contre celui que je déteste le plus.
Le top départ est lancé mais Malakai est très rapide. Il se moquera de moi à l’arrivée: « c’est normal, j’ai une 3e jambe et pas toi! »
Ensuite, j’affronte Nabil Begg, le petit génie de l’équipe. Il était exempt du 1er tour car c’est le plus rapide d’entre nous… Je joue de malchance. Je perds fort logiquement…
Nous sommes encore 6… On s’affronte deux par deux et j’affronte Leroy Jennings pas connu pour sa vitesse. La chance tourne. Le top départ est lancé. Je suis en tête mais je me prends le pieds dans mon lacet détaché et je m’écroule ce qui permet à Leroy de gagner. Je me suis fait mal au genou.
Mais je ne sais pas faire mes lacets aussi… Maman ne m’a jamais appris… Je suis au bord des larmes… Je vais finir nu dans le lac devant tout le monde.
Josh vient vers moi et me fait mon lacet avant de me souhaiter bon courage et de ne jamais rien lâcher.
Pour cette finale, je suis face à Isimeli qui, sûr de sa force et pour ne pas être trop fatigué, n’a pas voulu courir jusque là , et Corey Ward. Le coach siffle.
Corey et Isimeli vont très vite. Je suis dernier. Mais Isimeli s’effondre. C’est ma chance. En passant, je regarde Isimeli. Il s’est endormi cet idiot. Je finis mon 100m en 49 secondes et je suis plutôt fier.
Isimeli a perdu. Le coach le réveille. Il doit aller se baigner nu dans le lac. Il s’exécute malgré la froideur de l’eau (il fait 10° en cette période de l’année). Comme il met du temps à y aller, Malakai le pousse à l’eau… Le pauvre Isimali tombe à plat ventre dans cette eau glacée et tremble de tout ses membres pendant que le reste de l’équipe est mort de rire… On retourne à l’hôtel après ce cruel gage.
Isimali tremble de froid et se met à tousser. Il tombe malade et toussera toute la nuit ce qui m’empêchera de dormir…
Ce matin, Isimali est malade. Je vais au petit dej’ sans lui. Le coach vient vers moi: « j’ai reçu du courrier pour toi. »
Tout le monde me regarde. Je mets l’enveloppe dans ma poche et je l’ouvrirai quand je serai seul. J’ignore totalement le contenu de cette lettre. Peut-être une offre d’Angleterre! Oui mais… Je serai loin de mon Papa et ma Maman et de ma sœur… Du coup j’ai pas envie que ce soit ça!
J’avale le petit déjeuner rapidement et monte dans ma chambre. Isimali est parti voir le médecin. C’est le moment d’ouvrir la lettre.
« Bonjour, je suis Aliza Love-Semira, la sœur de Malakai. On s’est vu à l’aéroport. J’ai été très touchée par ta sensibilité et par le fait que tu me regardes seulement dans les yeux. En effet, les hommes ont plutôt tendance à regarder ma poitrine. Pas toi. Tu as vu que j’avais autre chose à offrir et c’est une chose rare de rencontrer quelqu’un qui me voit de cette façon. Je vais tout faire pour qu’on se voit pendant ton séjour Australien. Même si tu n’es pas beau, j’ai envie de te donner une chance. See you soon. Aliza »
Je serre la lettre contre moi. J’ai une telle chance… Une lettre de la sœur de ce trou de balle juste pour moi. J’ai déjà hâte de la revoir.
Aujourd’hui, on fait notre entrée dans la compétition. Tout le monde a le visage tendu. Sauf moi… Je sais que je ne vais pas jouer… On affronte la Papouasie-Nouvelle-Guinée au Melbourne Cricket Ground.
Le coach veut leur faire payer leur victoire aux Jeux du Pacifique, ce qui priva le pays de toutes chances de médaille d’or à l’époque.
Sur les réseaux sociaux, on a vu que nos supporters font le show dans les rues de la ville. Cela nous fait bien rire et nous motive.
Arrivé au stade, je stresse. 6 000 personnes sont attendues. Je n’ai jamais fait de match devant autant de monde. Lors de l’échauffement, j’aide les attaquants en leur servant de gardien. Puis j’aide le coach des gardiens à entraîner nos deux gardiens, plus particulièrement Mohammed qui sera titulaire.
Quand plus tard les hymnes résonnent, je chante fort (mais faux) et j’ai des frissons. Je suis en Coupe d’Océanie à porter le maillot de mon équipe.
Mais du banc c’est dur… On se sent tellement impuissant…
Mais ça ne va pas durer. A la 12e minute, Leroy Jennings ouvre le score d’un coup-franc incroyable et fait exploser de joie tout le banc. On domine toute la première période mais on n’arrive pas à enfoncer le clou.
Quand on rentre au vestiaire, j’entends un "psiiiit" qui vient des tribunes. C’est Aliza. Elle me dit « tu as reçu ma lettre? » Je fais oui de la tête. Elle me dit « je te vois demain devant l’hôtel à 21h. Sans faute! » Et elle retourne à sa place.
Dans le vestiaire, le coach a commencé ses consignes. Il veut que l’on continue ainsi mais que l’on soit plus réaliste. Et on repart sur le même rythme d’attaque. Mais sur un contre, Vishant Reddy fait une grosse faute et l’arbitre siffle penalty. Le joueur adverse le transforme. 1-1 et nous sommes à la 68e.
Mais rapidement, Begg, qui a remplacé Joel Kerr, transforme en but une offrande de Jennings. Mais l’arbitre refuse le but pour un prétendu hors-jeu. Tout le monde proteste. Sauf moi car j’ai peur de me faire gronder par l’arbitre alors je reste sur le banc. Malgré les protestations, le but est annulé.
Et là , le match bascule sur un autre rythme. La Papouasie se met à dominer et nous n’arrivons plus à nous en sortir. Le coach fait ses derniers changements. Sur la minute qui suit, Simione Ragoneturaga se blesse au genou après un sprint. Il doit sortir et le coach n’a plus de changements possible… On va finir le match à 10 contre 11.
On recule mais on tient et Iowane Matanisiga se blesse à la suite d’un tacle adverse. On rentre dans les arrêts de jeu mais nous ne sommes plus qu’à 9…
L’équipe concède des occasions mais tient bien et l’arbitre siffle la fin du match. 1-1, c’est quand même une déception. Le coach nous rassure en nous disant que nous sommes sur la bonne voie et que nous avons encore notre destin entre nos mains.
On rentre à l’hôtel et on regarde l’autre match du groupe pendant que l’on mange. A la surprise générale, les Iles Cook renverse le Vanuatu (3-2). Voilà quelque chose de bien improbable… Notre prochaine adversaire, les Iles Cook, nous devrons nous en méfier…
On se couche, Isimali ne tousse plus mais je ne dors pas plus… Je stresse à l’idée de rencontrer Aliza une nouvelle fois… Mais ça, c’est une autre histoire…
















