AthÚnes, Août 2026.
Messieurs,
Pour comprendre ce qui va suivre, il convient dâabord dâĂ©carter deux choses particuliĂšrement encombrantes :
Le football grec nâa besoin ni de lâune ni de lâautre.
Il a besoin dâune calculatrice.
En ce mois dâaoĂ»t 2026, la Super League grecque prĂ©sente une anomalie fascinante.
Jamais ses clubs nâont vendu aussi cher.
Jamais leurs centres de formation nâont produit autant de valeur.
Jamais les recruteurs anglais, allemands et italiens nâont autant frĂ©quentĂ© les tribunes de Thessalonique, du PirĂ©e et dâAthĂšnes.
Et pourtant, rarement leurs propriĂ©taires nâont semblĂ© aussi nerveux.
Installez-vous.
Nous allons faire les comptes.
Pendant des dĂ©cennies, le football grec pouvait se rĂ©sumer Ă une phrase dâune remarquable efficacitĂ© administrative :
Le modĂšle sâest fissurĂ©.
Le PAOK de RÄzvan Lucescu devient champion invaincu en 2019.
LâOlympiacos reprend ensuite sa couronne et empile trois championnats consĂ©cutifs entre 2020 et 2022.
LâAEK AthĂšnes remporte le titre en 2023.
Le PAOK récupÚre le trÎne en 2024.
LâOlympiacos revient en 2025.
Puis lâAEK sâempare Ă nouveau du championnat au printemps 2026.
Huit années.
Quatre changements de pouvoir.
Pour un pays qui apprĂ©cie modĂ©rĂ©ment lâalternance, câest presque une rĂ©volution institutionnelle.
Quatre maisons dominent désormais le paysage.
Evangelos Marinakis.
Armateur. Magnat des médias. Propriétaire de Nottingham Forest. Président du club le plus titré du pays.
Au PirĂ©e, lâOlympiacos nâest pas seulement un club de football.
Câest une administration parallĂšle avec un maillot rouge et blanc.
Le club a remportĂ© lâEuropa Conference League en 2024 et retrouvĂ© le sommet du football grec.
Mais la véritable révolution est ailleurs.
Dans son académie.
Le sacre de lâOlympiacos en UEFA Youth League en 2024 a dĂ©finitivement changĂ© la perception du jeune joueur grec sur le marchĂ© europĂ©en.
Les adolescents du Pirée ne sont plus seulement des gamins prometteurs.
Ce sont des actifs.
Et un actif correctement valorisé finit toujours par attirer des gens intéressés par sa valeur.
Nous y reviendrons.
PAOK â THESSALONIQUE ![]()
Ivan Savvidis.
Le contre-pouvoir du Nord.
Depuis son arrivée, le PAOK a progressivement cessé de considérer son centre de formation comme une garderie coûteuse pour commencer à le traiter comme une infrastructure stratégique.
Konstantelias.
Koulierakis.
Tzimas.
Une génération entiÚre est sortie de Thessalonique avec suffisamment de talent pour attirer les grandes ligues et suffisamment de valeur marchande pour exciter les comptables.
Savvidis voulait construire une puissance capable de contester AthÚnes et Le Pirée.
Il y est parvenu.
Câest admirable.
Il aurait simplement dĂ» lire les annexes.
AEK ATHĂNES â NĂA FILADELFEIA ![]()
LâAEK possĂšde quelque chose que ses concurrents lui envient : un stade moderne, une identitĂ© territoriale extrĂȘmement forte et, depuis le dĂ©part de Dimitris Melissanidis, un propriĂ©taire suffisamment imprĂ©visible pour rendre les rĂ©unions de prĂ©sidents intĂ©ressantes.
Marios Iliopoulos.
Armateur.
Patron de Seajets.
Personnage volcanique.
LâAEK avait dĂ©jĂ remportĂ© le doublĂ© en 2023.
Au printemps 2026, il récupÚre le championnat.
Pendant que Le Pirée et Thessalonique comptent leurs millions, Néa Filadelfeia compte les trophées.
Cela reste, jusquâĂ nouvel ordre, le principe du football.
PANATHINAĂKOS â ATHĂNES ![]()
Et puis il y a le malade.
Le gĂ©ant historique de la capitale nâa plus remportĂ© le championnat depuis 2010.
Seize ans.
Ă lâĂ©chelle du football grec, câest moins une disette quâune procĂ©dure de momification.
Giannis Alafouzos a injectĂ© de lâargent, changĂ© dâentraĂźneurs, absorbĂ© les crises et encaissĂ© la colĂšre dâune partie considĂ©rable de la Gate 13.
Pendant ce temps, Ă Votanikos, le futur stade du club sort progressivement du sol.
PrĂšs de 40 000 places.
Un nouvel Ă©crin pour un gĂ©ant qui cherche encore lâĂ©quipe digne de sây installer.
Le béton avance.
Le palmarĂšs, beaucoup moins.
















