:storygreen: :intro: đŸ‡ŹđŸ‡· The Special Crook - L'OdyssĂ©e de Plaka


AthÚnes, Août 2026.

Messieurs,

Pour comprendre ce qui va suivre, il convient d’abord d’écarter deux choses particuliĂšrement encombrantes :

LA MORALE ET LE ROMANTISME.

Le football grec n’a besoin ni de l’une ni de l’autre.

Il a besoin d’une calculatrice.

En ce mois d’aoĂ»t 2026, la Super League grecque prĂ©sente une anomalie fascinante.

Jamais ses clubs n’ont vendu aussi cher.

Jamais leurs centres de formation n’ont produit autant de valeur.

Jamais les recruteurs anglais, allemands et italiens n’ont autant frĂ©quentĂ© les tribunes de Thessalonique, du PirĂ©e et d’AthĂšnes.

Et pourtant, rarement leurs propriĂ©taires n’ont semblĂ© aussi nerveux.

Installez-vous.

Nous allons faire les comptes.



I LE BIG FOUR I

Pendant des dĂ©cennies, le football grec pouvait se rĂ©sumer Ă  une phrase d’une remarquable efficacitĂ© administrative :

« L’Olympiacos gagnait. Les autres protestaient. »

Le modĂšle s’est fissurĂ©.

Le PAOK de Răzvan Lucescu devient champion invaincu en 2019.

L’Olympiacos reprend ensuite sa couronne et empile trois championnats consĂ©cutifs entre 2020 et 2022.

L’AEK Athùnes remporte le titre en 2023.

Le PAOK récupÚre le trÎne en 2024.

L’Olympiacos revient en 2025.

Puis l’AEK s’empare à nouveau du championnat au printemps 2026.

Huit années.

Quatre changements de pouvoir.

Pour un pays qui apprĂ©cie modĂ©rĂ©ment l’alternance, c’est presque une rĂ©volution institutionnelle.

Quatre maisons dominent désormais le paysage.





:olympiakos: OLYMPIACOS — LE PIRÉE :greece:

Evangelos Marinakis.

Armateur. Magnat des médias. Propriétaire de Nottingham Forest. Président du club le plus titré du pays.

Au PirĂ©e, l’Olympiacos n’est pas seulement un club de football.

C’est une administration parallùle avec un maillot rouge et blanc.

Le club a remportĂ© l’Europa Conference League en 2024 et retrouvĂ© le sommet du football grec.

Mais la véritable révolution est ailleurs.

Dans son académie.

Le sacre de l’Olympiacos en UEFA Youth League en 2024 a dĂ©finitivement changĂ© la perception du jeune joueur grec sur le marchĂ© europĂ©en.

Les adolescents du Pirée ne sont plus seulement des gamins prometteurs.

Ce sont des actifs.

Et un actif correctement valorisé finit toujours par attirer des gens intéressés par sa valeur.

Nous y reviendrons.


:paok: PAOK — THESSALONIQUE :greece:

Ivan Savvidis.

Le contre-pouvoir du Nord.

Depuis son arrivée, le PAOK a progressivement cessé de considérer son centre de formation comme une garderie coûteuse pour commencer à le traiter comme une infrastructure stratégique.

Konstantelias.

Koulierakis.

Tzimas.

Une génération entiÚre est sortie de Thessalonique avec suffisamment de talent pour attirer les grandes ligues et suffisamment de valeur marchande pour exciter les comptables.

Savvidis voulait construire une puissance capable de contester AthÚnes et Le Pirée.

Il y est parvenu.

C’est admirable.

Il aurait simplement dĂ» lire les annexes.


:aekathens: AEK ATHÈNES — NÉA FILADELFEIA :greece:

L’AEK possĂšde quelque chose que ses concurrents lui envient : un stade moderne, une identitĂ© territoriale extrĂȘmement forte et, depuis le dĂ©part de Dimitris Melissanidis, un propriĂ©taire suffisamment imprĂ©visible pour rendre les rĂ©unions de prĂ©sidents intĂ©ressantes.

Marios Iliopoulos.

Armateur.

Patron de Seajets.

Personnage volcanique.

L’AEK avait dĂ©jĂ  remportĂ© le doublĂ© en 2023.

Au printemps 2026, il récupÚre le championnat.

Pendant que Le Pirée et Thessalonique comptent leurs millions, Néa Filadelfeia compte les trophées.

Cela reste, jusqu’à nouvel ordre, le principe du football.


:panathinaikos: PANATHINAÏKOS — ATHÈNES :greece:

Et puis il y a le malade.

Le gĂ©ant historique de la capitale n’a plus remportĂ© le championnat depuis 2010.

Seize ans.

À l’échelle du football grec, c’est moins une disette qu’une procĂ©dure de momification.

Giannis Alafouzos a injectĂ© de l’argent, changĂ© d’entraĂźneurs, absorbĂ© les crises et encaissĂ© la colĂšre d’une partie considĂ©rable de la Gate 13.

Pendant ce temps, Ă  Votanikos, le futur stade du club sort progressivement du sol.

PrĂšs de 40 000 places.

Un nouvel Ă©crin pour un gĂ©ant qui cherche encore l’équipe digne de s’y installer.

Le béton avance.

Le palmarĂšs, beaucoup moins.


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Hùte de voir ou ce récit va nous mener :wink:

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I LA GRÈCE EST DEVENUE UNE MINE D’OR I

Pendant longtemps, le football grec fonctionnait selon un modĂšle remarquablement simple.

Acheter Ă  l’étranger des joueurs confirmĂ©s, parfois vieillissants, les payer suffisamment pour les convaincre de venir, tenter de gagner immĂ©diatement et recommencer l’étĂ© suivant.

Puis les comptes ont commencé à protester.

Les académies se sont modernisées.

Le scouting s’est professionnalisĂ©.

Et les prĂ©sidents ont dĂ©couvert qu’un garçon de dix-sept ans correctement dĂ©veloppĂ© pouvait parfois reprĂ©senter davantage au bilan qu’un attaquant brĂ©silien de trente-deux ans accueilli Ă  l’aĂ©roport par deux cents supporters et trois fumigĂšnes.



L’Olympiacos remporte la Youth League.

Le PAOK industrialise sa formation.

Les recruteurs européens arrivent.

Et les prix explosent.

À l’étĂ© 2025, le transfert de Charalampos Kostoulas de l’Olympiacos vers Brighton pour environ 35 millions d’euros marque symboliquement le changement d’époque.

Un adolescent formĂ© au PirĂ©e devient l’une des ventes les plus importantes jamais rĂ©alisĂ©es par un club grec.

Le jeune joueur grec n’était plus seulement un talent.

IL ÉTAIT DEVENU UN ACTIF.

Et lorsqu’un marchĂ© apparaĂźt, il attire gĂ©nĂ©ralement trois catĂ©gories d’individus :

ceux qui produisent ;

ceux qui achĂštent ;

et ceux qui comprennent le systĂšme avant les deux autres.

Pendant des années, les présidents grecs avaient cru appartenir à la troisiÚme catégorie.

À l’étĂ© 2025, deux transferts allaient leur apprendre qu’ils s’étaient trompĂ©s.

Charalampos Kostoulas & Stefanos Tzimas.

Valeur cumulée retenue :

59 000 000 €

Les clubs encaissent.

Les agents encaissent.

Les joueurs signent.

Les journalistes cĂ©lĂšbrent l’entrĂ©e du football grec dans une nouvelle Ăšre Ă©conomique.

Tout le monde attend son argent.

Tout le monde le reçoit.

Ou presque.

Car au milieu des documents apparaĂźt un nom que certains dirigeants n’avaient plus vu depuis plusieurs annĂ©es.

HELLAS SCOUT & CONSEIL A.E.

Et à cÎté de ce nom, un montant.

29 500 000 €

Le premier appel téléphonique arrive quelques minutes plus tard.

Puis un deuxiĂšme.

Puis les avocats.

L’ordre est gĂ©nĂ©ralement celui-ci dans les grandes organisations :

d’abord l’incomprĂ©hension ;

ensuite la colĂšre ;

enfin la lecture du contrat.

L’ÉTÉ 2025 AURAIT DÛ SERVIR D’AVERTISSEMENT.

Il servit surtout Ă  confirmer que le systĂšme fonctionnait.

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Je suis hypé

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HELLAS // CONFIDENTIAL 002


I LE CASSE I

AthÚnes - Août 2026


Un avertissement n’est utile que si quelqu’un dĂ©cide de l’écouter.

Personne ne le fit.

Douze mois aprÚs le premier prélÚvement, le marché grec continua donc exactement comme avant.

Les clubs formĂšrent.

Les recruteurs observĂšrent.

Les agents négociÚrent.

Les présidents vendirent.

Et nous encaissĂąmes.


I ÉTÉ 2026 : LE DEUXIÈME PRÉLÈVEMENT I

Cette fois, six noms nous intéressent.

Christos Tzolis.

Konstantinos Karetsas.

Giannis Konstantelias.

Konstantinos Koulierakis.

Christos Zafeiris.

Konstantinos Tzolakis.[/b]

Les propriétaires savent désormais que nous existons.

Ils connaissent notre nom.

Ils connaissent nos avocats.

Certains ont mĂȘme dĂ©veloppĂ© Ă  notre Ă©gard une forme d’antipathie que je trouve assez injuste.

Mais ils ont un problÚme plus sérieux.


ILS NE SAVENT TOUJOURS PAS COMMENT NOUS ARRÊTER.

Valeur cumulée des opérations retenues cet été-là :

138 000 000 €

Part attribuée à Hellas :

69 000 000 €

AjoutĂ©s aux 29,5 millions de l’étĂ© prĂ©cĂ©dent :

98 500 000 €
EN DEUX ÉTÉS.


À ce stade, vous avez probablement plusieurs questions.

C’est normal.

Les présidents aussi.


I LE RELEVÉ I

Voici donc le document qui circulait cet été-là dans quelques bureaux particuliÚrement silencieux.

Je vous conseille de regarder la derniĂšre colonne.

Joueur & Mouvement Montant Transfert Part de la Hellas Corp (50%)
Charalampos Kostoulas ( Olympiakos - Brighton) 35,0 M€ 17,5 M€
Christos Tzolis ( Bruges - Arsenal ) 40,0 M€ 20,0 M€
Christos Zafeiris ( Slavia Prague - PAOK ) 12,0 M€ 6,0 M€
Giannis Konstantelias ( PAOK - Dortmund ) 30,0 M€ 15,0 M€
Konstantinos Karetsas ( Genk - Dortmund ) 32,0 M€ 16,0 M€
Konstantinos Koulierakis ( PAOK - Roma ) 16,0 M€ 8,0 M€
Konstantinos Tzolakis ( Olympiacos - Hull City ) 8,0 M€ 4,0 M€
Stefanos Tzimas ( PAOK - Brighton ) 24,0 M€ 12,0 M€
TOTAL DES VENTES DE NOTRE RÉSEAU 197,0 M€ 98,5 M€




I HELLAS SCOUT & CONSEIL A.E. I

Pour comprendre ce chiffre, il faut remonter onze ans.

AthĂšnes, second semestre 2015

Quelques semaines plus tÎt, la GrÚce avait fermé ses banques.

Les contrÎles de capitaux étaient toujours en vigueur.

Les entreprises comptaient leur trésorerie.

L’économie grecque possĂ©dait alors une particularitĂ© assez intĂ©ressante :

TOUT LE MONDE CHERCHAIT DE L’ARGENT ET PERSONNE NE SOUHAITAIT EN DÉPENSER.

C’est dans ce contexte que naüt :

HELLAS SCOUT & CONSEIL A.E.

ATHÈNES — GRÈCE

Une société grecque.

Pas de holding luxembourgeoise.

Pas de fonds d’investissement exotique.

Pas de milliardaire officiellement caché derriÚre trois sociétés-écrans.

Une entreprise athĂ©nienne de conseil et d’analyse sportive.

Scouting.

Data.

Audit des académies.

Analyse de performance.

Optimisation des structures de formation.

Sur le papier, rien de particuliÚrement inquiétant.

Son fondateur, en revanche, présentait un CV légÚrement moins conventionnel.

KONSTANTINOS PLAKA

25 ANS.

Ni ancien joueur pro,

Ni entraĂźneur.

Ni agent.

Ni scout.

Trois ans plus tÎt, je servais encore des verres dans les établissements de Roberto Rastapopoulos Jr.

Ce dĂ©tail aurait peut-ĂȘtre dĂ» inquiĂ©ter davantage de monde.

En 2015, il amusait surtout les dirigeants que je rencontrais.

Je les comprends.

Dans le football, on accorde Ă©normĂ©ment d’importance au pedigree.

C’est pratique.

CELA PERMET DE SAVOIR PRÉCISÉMENT QUI SOUS-ESTIMER.





I LA MAUVAISE QUESTION I

En 2025, ils ont compris que nous prenions de l’argent.

En 2026, ils ont compris qu’ils ne pouvaient pas simplement nous faire disparaütre.

Les journalistes ont cherché un agent.

Il n’y en avait pas.

Ils ont cherchĂ© un fonds d’investissement.

Il n’y en avait pas.

Ils ont cherché une tierce propriété dissimulée sur les joueurs.

Toujours pas.

Alors les avocats ont commencé à ouvrir les archives.

2015.

Des contrats de conseil.

Des prestations informatiques.

Des audits.

Des annexes.

Beaucoup d’annexes.

C’est une particularitĂ© du monde des affaires que j’ai toujours trouvĂ©e fascinante:

les gens passent plusieurs semaines Ă  nĂ©gocier le montant inscrit sur la premiĂšre page d’un contrat et quelques secondes Ă  parcourir les trente suivantes.

Puis ils signent.

DIX ANS PLUS TARD, ILS APPELLENT CELA UN PIÈGE.

Les supporters criaient à la fatalité économique.

Les présidents invoquaient la loi du marché.

Les journalistes parlaient d’une mystĂ©rieuse sociĂ©tĂ© athĂ©nienne sortie de nulle part.

Ils n’avaient rien compris.

Mais peut-ĂȘtre avez-vous compris quelque chose de plus important.

2025 : 29,5 MILLIONS.

2026 : 69 MILLIONS.

TOTAL : 98,5 MILLIONS D’EUROS.

Deux étés auront donc suffi pour que certains des plus grands exportateurs du football grec découvrent une rÚgle élémentaire du capitalisme :

GÉNÉRER DE LA VALEUR NE SIGNIFIE PAS NÉCESSAIREMENT LA CONSERVER.

Vous vous demandez probablement comment nous avons fait.

Mauvaise question.

La bonne est :

POURQUOI NOUS ONT-ILS LAISSÉ FAIRE ?

Pour le comprendre, inutile d’ouvrir le contrat de 2015.

Pas encore.

Il faut remonter trois ans plus tĂŽt.

Avant Hellas Scout & Conseil.

Avant les logiciels.

Avant les contrats.

Avant les millions.

Avant mĂȘme que je sache que je finirais un jour dans le football.


:greece: ATHÈNES — 2012

J’avais vingt-deux ans.

Je travaillais dans le service.

Bars.

Restaurants.

BoĂźtes de nuit.

Les établissements de Roberto Rastapopoulos Jr.

J’étais bon.

TrĂšs bon, mĂȘme.

Mais aux yeux de Roberto, j’étais encore un employĂ© particuliĂšrement efficace.

Le genre de type qu’on appelle lorsqu’un serveur ne vient pas travailler, lorsqu’un fournisseur se trompe de livraison ou lorsqu’un client important exige une table qui n’existe pas.

Puis il y eut


ELLINIKON

Ce soir-lĂ , Roberto dĂ©couvrit que le problĂšme n’était peut-ĂȘtre pas de savoir ce que je faisais derriĂšre un bar.

Mais ce que je pourrais faire ailleurs.

AprĂšs Ellinikon, il ne me remit jamais vraiment derriĂšre un comptoir.

Il me donna un établissement.

Puis une ouverture.

Puis un pays.

Puis un autre.

:ita: Rome.

:fra: La Cîte d’Azur.

:mar: Le Maroc.

Pendant trois ans, j’ai ouvert des hîtels, des restaurants et des clubs pour Roberto

Il pensait que je développais son réseau.

Il avait raison.

Il me laissait faire,

Mais il savait trĂšs bien que je tissais aussi ma toile.

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Tu tisses ta toile en étant sur un trÎne ? :

Spider-Man Face GIF

2 « J'aime »

Ce dĂ©but de rĂ©cit est vraiment intriguant, j’aime beaucoup !

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La GrĂšce! Rien que le drapeau donne envie!

Réponse

Merci Ă  tous pour vos messages

LE COUP D’ELLINIKON

ATHÈNES — 2012

Messieurs,

En 2012, j’avais vingt-deux ans.

Pas de société.

Pas de logiciel.

Pas d’avocats.

Je servais des verres.

J’étais mĂȘme plutĂŽt bon.

À l’époque, je travaillais dans l’un des Ă©tablissements de Roberto Rastapopoulos Jr.

Il avait l’argent.

Les bateaux.

Le nom.

Mais dans certains salons athéniens, il restait encore le fils de
le petit fils de
.

Il lui fallait un coup.

Ce coup devait s’appeler Ellinikon.


I 620 HECTARES I

L’ancien aĂ©roport d’AthĂšnes.

Des centaines d’hectares face Ă  la mer destinĂ©s Ă  devenir une nouvelle Riviera : rĂ©sidences, hĂŽtels, commerces, plages, marina.

Roberto voulait tout.

En face, Spiros Latsis disposait de plus d’argent, de meilleurs relais et d’une patience que Roberto n’avait pas encore.

Alors les enchĂšres montĂšrent.

Encore.

Puis encore.

J’apportais les boissons lorsque l’un des financiers de Roberto finit par lñcher :

— Nous ne pouvons plus suivre.

Roberto quitta la piĂšce.

Furieux.

Je le retrouvai dans le couloir et lui tendis son verre.

Puis je commis probablement la premiĂšre erreur rentable de ma carriĂšre.

— Vous devriez perdre.

Il tourna lentement la tĂȘte.

— Quoi ?

— Ellinikon. Laissez Latsis l’avoir.

Il regarda mon uniforme.

Puis mon plateau.

— Tu as trente secondes, Plaka.


LA MARINA

Sur les plans, tout le monde regardait les mĂȘmes centaines d’hectares.

Moi, je regardais autre chose.

Agios Kosmas.

La marina.

Je posai mon doigt dessus.

— Vous voulez construire des appartements ?

— Entre autres.

— Vous ĂȘtes promoteur immobilier maintenant ?

Il n’apprĂ©cia pas.

Je continuai.

— Laissez Latsis construire sa ville.

— Et nous ?

— Nous faisons ce que nous savons faire.

HĂŽtels.

Restaurants.

Bars.

Clubs.

Beach clubs.

Yachts.

Hospitality.

Roberto regarda de nouveau le plan.

Je lui proposais de sortir de la guerre fonciĂšre et de revenir plus tard Ă  la table avec une autre offre :

Latsis apporterait le terrain et son gigantesque projet.

Rastapopoulos apporterait le capital, les rĂ©seaux et le savoir-faire nĂ©cessaire pour transformer le front de mer d’Agios Kosmas en destination internationale.

Un partenariat.

Pas une capitulation.

— Donc il construit Ellinikon ?

— Oui.

— Avec son argent ?

— Principalement.

— Et moi, je construis quoi ?

Je désignai la marina.

— L’endroit oĂč ses clients viendront dĂ©penser le leur.

Silence.

Puis Roberto sourit.

Il venait de comprendre.

Il n’avait pas besoin de possĂ©der six cents hectares.

Il lui suffisait de contrÎler le morceau qui correspondait à son métier.

Un grand hĂŽtel face Ă  la mer.

Des restaurants.

Des clubs.

Une marina pleine de yachts.

Une destination dans la destination.

Roberto reprit son verre.

— Et Latsis accepterait ça pourquoi ?

— Parce que nous allons rendre son projet plus cher.

— Pour lui ?

— Pour ses clients.

Cette fois, il éclata de rire.

Puis il retourna dans le salon.


PLUS MAINTENANT

La soirée se termina tard.

Je rangeais les derniers verres lorsque Roberto réapparut.

— Plaka.

— Monsieur ?

— Demain matin. Neuf heures. Au PirĂ©e.

— Je commence ici à dix-sept heures.

Il regarda mon uniforme.

Puis mon plateau.

— Plus maintenant.

Le lendemain, Roberto ne me donna ni bureau, ni titre ronflant.

Il fit quelque chose de beaucoup plus intelligent.

Il me testa.

Pendant les trois annĂ©es suivantes, il m’envoya rĂ©gler des problĂšmes que des gens beaucoup mieux payĂ©s que moi n’arrivaient pas Ă  rĂ©gler.

Roberto Rastapopoulos avait besoin d’un homme capable d’ouvrir des portes.

Il choisit « Plaka Â» le serveur.

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Je prends le train en marche. Curieux de voir oĂč tout ceci va nous mener

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HELLAS // CONFIDENTIAL 004

LE FIXER

2012 — 2015

Messieurs,

AprĂšs Ellinikon, Roberto Rastapopoulos ne me donna pas de promotion.

Il fit quelque chose de beaucoup plus utile.

Il me donna des problĂšmes.

Au début, ils étaient simples.

Un fournisseur qui ne livrait plus.

Un directeur d’hîtel qui falsifiait ses chiffres.

Un chef qui démissionnait quatre jours avant une ouverture.

Une licence qui n’arrivait jamais.

Puis les problĂšmes devinrent plus chers.

Et lorsque Roberto avait un problÚme suffisamment coûteux pour que tout le monde commence à chercher un responsable


il m’appelait.


Je n’avais pas vraiment de fonction.

C’était prĂ©cisĂ©ment l’intĂ©rĂȘt.

Je pouvais ĂȘtre dans un restaurant le lundi, chez un fournisseur le mercredi et dans le bureau d’un avocat le vendredi.

Roberto avait fini par me donner un surnom.

Le Fixer.

Je ne réparais pas vraiment les problÚmes.

Je trouvais simplement la personne qui empĂȘchait leur rĂ©solution.

Puis je m’occupais d’elle.

Parfois avec de l’argent.

Parfois avec un contrat.

Parfois avec un dĂźner.

Le plus souvent, avec un téléphone.

Car je découvris rapidement quelque chose :

un bon carnet d’adresses rĂ©sout davantage de problĂšmes qu’un bon compte bancaire.

Et Roberto possĂ©dait un carnet d’adresses extraordinaire.


LE RÉSEAU

Son groupe exploitait des hĂŽtels, des restaurants, des bars et des clubs.

Pendant longtemps, j’avais pensĂ© que nous vendions des chambres, des tables et des bouteilles.

J’avais tort.

Nous vendions des lieux de rencontre.

Des armateurs.

Des banquiers.

Des avocats.

Des promoteurs.

Des journalistes.

Des agents.

Des dirigeants.

Des joueurs.

Ils venaient pour dormir, dĂźner ou boire.

Mais ils venaient aussi parce qu’ils savaient qui ils pouvaient y rencontrer.

C’est lĂ  que je compris la vĂ©ritable valeur de l’empire de Roberto.

Ce n’étaient pas ses hĂŽtels.

Ce n’étaient pas ses restaurants.

Ce n’étaient mĂȘme pas ses clubs.

C’étaient les gens qui les frĂ©quentaient.

Et les gens parlent.

Beaucoup.

J’avais passĂ© suffisamment de temps derriĂšre un bar pour connaĂźtre une rĂšgle fondamentale du mĂ©tier :

on fait rarement attention Ă  celui qui remplit les verres.

Alors j’écoutais.

Pas leurs secrets.

Leurs connexions.

Qui connaissait qui.

Qui travaillait avec qui.

Qui cherchait quoi.

Qui pouvait appeler qui.

Chaque fois que Roberto m’envoyait rĂ©gler un problĂšme, je revenais avec une solution.

Et quelques numéros supplémentaires.


LE FICHIER

Puis le football commença à apparaßtre.

Pas comme un projet.

Pas encore.

Un soir, un agent grec me parla d’un adolescent installĂ© en Allemagne.

PĂšre grec.

MĂšre allemande.

Deux passeports.

Un club local.

Personne en GrĂšce ne semblait vraiment le connaĂźtre.

Je notai son nom.

Quelques semaines plus tard, un recruteur m’en donna un autre.

Puis un troisiĂšme.

J’ouvris un fichier.

Rien de sophistiqué.

Nom.
Date de naissance.
Club.
Nationalité.
DeuxiÚme nationalité.
Agent.
Contact.
Source.

Puis j’ajoutai une colonne.

Potentiel.

Je ne savais pas encore exactement ce que j’étais en train de construire.

Alors je continuai.

Allemagne.

Belgique.

Pays-Bas.

Australie.

États-Unis.

Partout oĂč la diaspora grecque avait produit des enfants capables de jouer au football, quelqu’un connaissait quelqu’un.

Et souvent, quelqu’un connaissait Roberto Rastapopoulos.

Désormais


quelqu’un me connaissait moi.


2015

En trois ans, Roberto m’apprit Ă  nĂ©gocier.

À recruter.

À lire un contrat.

À comprendre un bilan.

À ouvrir un Ă©tablissement.

À fermer un Ă©tablissement.

À reconnaütre un menteur.

Mais surtout, il m’apprit sans le vouloir quelque chose de beaucoup plus important.

Une information isolée ne vaut presque rien.

Mille informations correctement reliées entre elles, en revanche


c’est autre chose.

Roberto pensait que je développais son réseau.

Il avait raison.

Ce qu’il ignorait, c’est que le soir


j’en construisais un deuxiùme.

Puis vint l’étĂ© 2015.

La Grùce manquait d’argent.

Les banques fermĂšrent.

Les capitaux furent contrÎlés.

Les entreprises paniquĂšrent.

Le football grec, lui, continuait de chercher des joueurs.

J’avais vingt-cinq ans.

Un ordinateur.

Un carnet d’adresses devenu beaucoup trop gros.

Et un fichier qui n’avait plus vraiment l’air d’un fichier.

Il lui manquait seulement un nom.

Je choisis quelque chose de discret.

HELLAS SCOUT & CONSEIL A.E.


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Hellas existait désormais.

Un réseau construit pendant trois ans.

Et aucun client.

Il fallait commencer quelque part.

Je choisis le football grec.


L’OFFRE

À l’époque, les clubs grecs avaient peu d’argent.

Parfait.

Je leur proposai d’externaliser une partie de leur recrutement.

Scouting.
Data.
Jeunes talents.
Diaspora grecque.

Hellas chercherait.

Hellas suivrait.

Hellas fournirait les rapports.

Trois ans.

500 000 €.

Je ne voulais pas travailler avec tout le monde.

Deux clubs suffisaient.

PAOK.

Olympiacos.


LE PIRÉE

Avec Olympiacos, il existait néanmoins un problÚme.

Moi.

Ou plus exactement


Roberto Rastapopoulos.

Marinakis connaissait mes liens avec Roberto.

Il parcourut le dossier sans rien dire.

Puis il le referma.

— Hellas vous appartient ?

— Oui.

— Rastapopoulos possùde combien ?

— Rien.

— Et qu’est-ce qu’il gagne ?

— Rien.

Il releva les yeux.

— Rastapopoulos ne fait jamais rien pour rien.

— Moi non plus.

Un silence.

— C’est justement ce qui m’inquiùte chez vous, Plaka.

— Alors nous nous comprenons.

Il posa une main sur le dossier.

— Je ne vous fais pas confiance.

— Ce n’est pas dans le devis.

Cette fois, Marinakis sourit.

Il rouvrit le dossier.


LE CONTRAT

Le principe était trÚs simple.

Olympiacos et PAOK externalisaient une partie de leur scouting Ă  Hellas.

Durée : trois ans.
CoĂ»t : 500 000 €.

En échange, nous cherchions.

Nous observions.

Nous suivions.

Et lorsqu’un jeune entrait dans notre dispositif, son nom Ă©tait enregistrĂ©.

Un joueur Hellas.

C’est ici que le contrat devenait intĂ©ressant.

Hellas ne voulait pas seulement ĂȘtre payĂ©e pour trouver les joueurs.

Je voulais ĂȘtre payĂ© si nous avions raison.

Une clause prévoyait donc que, sur les joueurs suivis par notre dispositif, Hellas percevrait :

50 % de leur valorisation future.

Vous trouvez cela énorme ?

Ça l’était.

Mais nous étions en 2015.

Les noms inscrits dans nos fichiers appartenaient Ă  des adolescents.

Certains avaient quinze ans.

D’autres seize.

Sur le marché, ils ne valaient presque rien.

Dans mes fichiers


c’était une autre histoire.

Les clubs prenaient donc trĂšs peu de risques.

Si Hellas se trompait, la clause ne valait rien.

Si Hellas avait raison, le club possédait un joueur qui valait plusieurs millions.

Et Hellas prenait sa part.

C’était le marchĂ©.

Olympiacos signa.

PAOK aussi.

Hellas venait d’entrer dans le football grec.


Il n’y avait aucune ligne cachĂ©e.

Aucune arnaque.

Aucun astérisque.

Ils savaient que je prenais 50 %.

Ce qu’ils ignoraient


c’était 50 % de combien.


Dix ans plus tard, nous avons obtenu la réponse.

197 millions d’euros.

Part Hellas :

98,5 MILLIONS €

La clause n’avait jamais Ă©tĂ© cachĂ©e.

La valeur, elle, l’était.

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LES DEUX FRÈRES

ATHÈNES — 2016

Roberto Rastapopoulos n’était pas destinĂ© au football.

Le shipping.

Les hĂŽtels.

L’immobilier.

Ça, c’était son monde.

Le football était le mien.

Jusqu’à Hellas.


Quelques jours aprĂšs la signature avec Olympiacos et PAOK, Roberto passa au bureau.

Il prit le contrat.

— 500 000 euros sur trois ans ?

— Oui.

Il me regarda.

— Kostas
 à ce prix-là, autant travailler gratuitement.

— Page douze.

Il tourna quelques pages.

Puis s’arrĂȘta.

— Cinquante pour cent ?

— Cinquante.

Il relut la clause.

— Et ils ont signĂ© ça ?

— Les deux.

Roberto resta silencieux quelques secondes.

Puis il posa le contrat.

— Cinquante pour cent
 Tu leur as laissĂ© les meubles, au moins ?

— Les meubles ne prennent pas de valeur.

Il éclata de rire.

— Putain, Kostas.


Puis son regard revint sur le contrat.

Sur les signatures.

Savvidis.
Marinakis.

Cette fois, il ne riait plus.

Je connaissais leurs clubs.

Roberto connaissait les hommes.

Leurs affaires.

Leurs réseaux.

Leurs rivalités.

C’est lĂ  que nous avons compris que le football grec n’était pas un monde Ă  part.

C’étaient les mĂȘmes hommes.

Simplement avec des stades remplis derriĂšre eux.


Hellas était mon entreprise.

Mais Roberto et moi avions toujours fonctionné ensemble.

Il avait l’argent.

Les relations.

La puissance.

J’avais dĂ©sormais le rĂ©seau.

Les joueurs.

L’information.

Roberto n’avait jamais eu de raison d’entrer dans le football.

Je venais de lui en donner une.

Il posa son cigare devant les noms de Marinakis et Savvidis.

— Ils vont finir par nous dĂ©tester.

— Probablement.

Il sourit.

— Parfait.

Ce jour-lĂ , Hellas n’avait pas seulement pĂ©nĂ©trĂ© le football grec.

Nous venions d’entrer dans la guerre des oligarques.

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Cette introduction nous envoie dans le monde du football grec et ses magouilles :joy:

J’espùre que tu as des chapitres d’avance car je vois FM27, ça veut dire que tu vas devoir attendre avant de te lancer dans une partie !

LA RÉCOLTE

ATHÈNES — 2025-2026

Pendant dix ans, nous avons attendu.

C’est long, dix ans.

Surtout lorsque personne ne sait exactement ce que vous attendez.

À l’étĂ© 2025, Brighton passa Ă  l’action.

D’abord pour Charalampos Kostoulas.

Olympiacos → Brighton : 35 millions d’euros.

Part Hellas :

17,5 millions.

Puis vint Stefanos Tzimas.

Cette fois, la facture était pour Thessalonique.

PAOK → Brighton : 24 millions d’euros.

Part Hellas :

12 millions.

Deux transferts.

Deux clubs.

59 millions d’euros.

Et pour Hellas :

29,5 MILLIONS €

AprÚs dix années de silence, la clause venait de se réveiller.

Marinakis appela.

Il ne prit pas la peine de dire bonjour.

— Dix-sept millions et demi ?

— C’est ce qui Ă©tait prĂ©vu.

— Pour Kostoulas ?

— Non.

Silence.

— Pour avoir eu raison sur Kostoulas.

Il raccrocha.

Roberto était assis en face de moi.

— Marinakis ?

— Marinakis.

— Il est Ă©nervĂ© ?

— Beaucoup.

Il prit son cigare.

— Alors ouvre quelque chose de cher.

À Thessalonique, j’imagine que la conversation avec Savvidis ne fut pas beaucoup plus chaleureuse.

Je n’eus pas besoin de demander.

Les 12 millions arrivĂšrent.

Le problÚme avec une bonne récolte


c’est qu’elle donne rarement un seul fruit.

Pendant les mois suivants, on a commencé à parler des autres noms

Tzolakis.

Konstantelias.

Tzolis.

Koulierakis.

Karetsas.

Zafeiris.

Des annĂ©es auparavant, ils n’étaient encore que des lignes dans nos fichiers.

Désormais, ils valaient des millions.

À l’étĂ© 2026, le deuxiĂšme prĂ©lĂšvement arriva.

138 millions d’euros de transferts.

Part Hellas :

69 MILLIONS €

Cette fois, personne n’appela pour plaisanter.

Tout était dans les contrats.

Depuis 2015.

Aucune ligne cachée.

Aucun astérisque.

Ils savaient que je prenais 50 %.

Ce qu’ils ignoraient, c’était 50 % de combien.

Dix ans plus tît, Roberto m’avait ouvert les portes de son monde.

Les hĂŽtels.

Les affaires.

Les hommes.

Puis Hellas m’avait ouvert celles du football.

Olympiacos.

PAOK.

Marinakis.

Savvidis.

Les autres.

Et quelque part entre les deux


Roberto et moi avions cessĂ© d’observer leur guerre.

Nous en étions devenus des participants.

Roberto posa deux verres sur mon bureau.

— Quatre-vingt-dix-huit millions et demi.

— Oui.

— Tu sais ce que j’aime le plus ?

— L’argent ?

— Évidemment.

Il remplit mon verre.

— Mais ce n’est pas ça.

Je le regardai.

Roberto sourit.

— Maintenant, ils savent qui nous sommes.

Hellas possùde l’argent.

Roberto possĂšde les moyens.

Je possÚde le réseau.

Et le football grec possÚde désormais un problÚme.

Nous.

7 « J'aime »

J’avais depuis longtemps cette envie de rĂ©diger et de me crĂ©er une fiction autour d’une partie. J’ai mis FM27 mais je n’ai pas vraiment dĂ©cidĂ© encore.

J’ai trouvĂ© mon rythme et je voulais prendre le temps de poser le contexte de mon histoire.

Peut-ĂȘtre que je pourrais trouver le moyen de dĂ©marrer avec FM26, mais il faudrait que je puisse dĂ©marrer avec les rĂ©sultats IRL de la saison passĂ©e, et les transferts MAJ Ă©galement. Je ne sais pas si c’est possible


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Doit sûrement y avoir une BDD ou update sur FM Scout avec ce que tu cherches.

Ya bromance entre Lukas Podolski et Robert Pires.

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Trùs belle story jusqu’ici !
Persuadé que tu peux trouver ton bonheur pour la BDD sur sortitoutsi