:storygreen: :intro: đŸ‡ŹđŸ‡· The Special Crook - L'OdyssĂ©e de Plaka

Réponse au Forum

Merci à tous pour vos réponses. Je vais me pencher dessus. Le mercato se terminant, les versions finales risquent surement de sortir.


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LA CARTE

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AthĂšnes — AoĂ»t 2026

Il était devenu difficile de vendre Hellas en GrÚce.

Personne n’avait vraiment envie de dĂ©couvrir ce que pouvait coĂ»ter une bonne idĂ©e de Konstantinos Plaka dix ans plus tard.

Je pouvais difficilement leur en vouloir.

À court terme, le marchĂ© grec Ă©tait fermĂ©.

J’avais donc passĂ© l’annĂ©e Ă  en construire un autre.


Les Balkans avaient quelque chose que la Grùce n’avait plus.

De l’espace.

L’AmĂ©rique du Sud Ă©tait quadrillĂ©e depuis longtemps.

La Scandinavie était devenue un marché.

MĂȘme certains petits championnats europĂ©ens avaient fini par attirer les cellules de recrutement de toute l’Europe.

Les Balkans, eux, restaient plus fragmentés.

Beaucoup de talent.

Beaucoup de clubs.

Beaucoup de frontiĂšres.

Et encore suffisamment d’angles morts.

Depuis l’étĂ© 2025, Hellas avait commencĂ© Ă  les chercher.

Un an plus tard, nous ne connaissions pas encore les Balkans comme nous connaissions la GrĂšce.

Mais nous avions déjà quelque chose à vendre.

Une longueur d’avance.


Le modÚle avait changé.

Un club n’avait plus besoin de confier son recrutement à Hellas.

Il pouvait simplement nous confier un problĂšme.

Un arriĂšre gauche.

Un défenseur central de moins de 21 ans.

Trois milieux capables de jouer immédiatement.

Un mercato à préparer pour janvier.

Il nous donnait son cahier des charges.

Son budget.

Ses contraintes.

Et du temps.

Trois mois.

Six mois.

Nous faisions le reste.

Scouting.

Data.

Terrain.

Agents.

Contrats.

Disponibilité.

Prix.

À la fin, le club recevait des rĂ©ponses.

Et Hellas, des honoraires.

La prestation constituait dĂ©sormais l’essentiel du contrat.

Nous conservions quelques bonus : Une signature. Des objectifs. Parfois une future plus-value.

Mais les 50 % avaient disparu.

Ils avaient rempli leur fonction.

Cette fois, personne n’avait besoin de perdre pour qu’Hellas gagne.


Restait Ă  trouver les premiers clients.

L’étĂ© 2026 nous avait facilitĂ© le travail.

La porte d’entrĂ©e Ă©tait Ă©vidente.

Nous irions voir ceux qui venaient d’acheter en Grùce.

Avec une proposition simple :

Vous voulez connaĂźtre les prochains ?

Et une fois assis autour de la table, nous avions désormais autre chose à leur montrer.

Les Balkans.

Quelques jours plus tard, nous avions notre premier rendez-vous.

Un club qui venait d’investir sur l’un des joueurs que nous suivions.

Je connaissais bien le dossier.

C’était une bonne raison de nous recevoir.

J’en avais quelques autres


5 « J'aime »

Il y a des endroits suspects là-bas, ça va finir comme la story de @Groot :sac:

1 « J'aime »

C’est la story oĂč tout le monde meurt Ă  la fin ?

1 « J'aime »

Les tentacules se placent petit à petit
 Ca va mettre le pays sous emprise tout ça !

Réponse au Forum

@toopil J’en connais qui ont perdu leur voiture devant chez eux et qui ont Ă©tĂ© informĂ© qu’elle avait Ă©tĂ© retrouvĂ© dans ce coin :joy:

@CaptainAmericka En tout cas, le dĂ©cor s’installe petit Ă  petit


@volatil À chacun sa propre OdysĂ©e, qui sait ? :smiling_face_with_sunglasses:

PLUS MAINTENANT

Flisvos, Marina — Fin de l’étĂ© 2026


La réunion eut lieu à Flisvos.

Ils étaient venus parler du joueur.

Nous avons parlé du joueur.

Puis du marché grec.

Puis d’Hellas.

À un moment, l’un d’eux referma le dossier.

— Vous travaillez uniquement avec des clubs grecs ?

— Plus maintenant.

Il releva les yeux.

C’était exactement l’effet recherchĂ©.

Depuis prùs d’un an, Hellas ne travaillait plus pour personne.

La mission était terminée.

Nous avions identifié les joueurs.

Les clubs avaient acheté.

D’autres avaient vendu.

Les clauses avaient fait le reste.

Je n’avais jamais vu l’intĂ©rĂȘt de prolonger une mission simplement parce que quelqu’un Ă©tait encore disposĂ© Ă  la payer.

Eux, en revanche, voulaient en commencer une nouvelle.

Avec Hellas.

À l’étranger.

Je leur ai dit que nous en reparlerions.

Ils avaient probablement entendu une hésitation.

C’était dĂ©jĂ  une nĂ©gociation.

Il restait une question.

Hellas.

Si je voulais faire autre chose, il fallait quelqu’un à qui je pouvais la confier.

Pas nĂ©cessairement quelqu’un qui pensait comme moi.

Ça aurait considĂ©rablement rĂ©duit la liste.

Quelqu’un en qui j’avais confiance suffisait.

J’en connaissais un.

Nous nous Ă©tions rencontrĂ©s quelques annĂ©es plus tĂŽt, par l’intermĂ©diaire de Roberto.

À l’époque, il Ă©tait question d’un projet hĂŽtelier Ă  Naxos.

Pas de football.

Depuis, nous étions restés en contact.

Kostas Manolas.

Je l’ai appelĂ©.

La rĂ©union s’était terminĂ©e depuis un moment.

Ils étaient partis.

Moi, je suis resté.

Je commandai un Negroni Sbagliato.

J’avais trente-six ans.

Hellas avait accompli ce pour quoi je l’avais créée.

Elle m’avait donnĂ© de l’argent.

Un réseau.

Une réputation.

Et cette rĂ©union venait de me montrer qu’elle pouvait dĂ©sormais avoir une vie au-delĂ  de la GrĂšce.


Je suis resté un moment à regarder le Saronique.

Égine Ă©tait au loin.

Pendant quinze ans, j’avais beaucoup voyagĂ©.

Pour Roberto.

Pour un hĂŽtel.

Un restaurant.

Un contrat.

Puis pour Hellas.

Il y avait toujours eu une raison.

Cette fois, personne ne m’envoyait nulle part.

Je pouvais rester.

J’en avais les moyens.

J’en avais toutes les raisons.

Mais pour la premiùre fois, j’avais surtout le choix.

Je ne savais pas encore oĂč.

Je ne savais pas encore avec qui.

Mais je m’étais rendu compte d’une chose.

J’avais un rĂȘve.

Je ne lui avais pas donné de nom.

Mais il ressemblait beaucoup Ă  AthĂšnes.

Alors je l’ai quittĂ©e.

5 « J'aime »

Oui mais non, tu vas y rester mon coco, c’est un ordre!

Mais ???!

HELLAS // BARCELONA




Roberto n’avait pas menti.

À vingt-trois heures, nous Ă©tions Ă  table.

À Barcelone.


Le dĂźner se passait trĂšs bien jusqu’à ce que Roberto dĂ©cide de parler espagnol.

— Mi amigo quiere


— Non


— Quoi ?

— Tu ne parles pas espagnol.

— Bien sĂ»r que si.

— Depuis quand ?

— Ibiza. Tu te souviens?

— On y est restĂ© cinq jours.

— C’est largement suffisant.


Roberto commanda.

Enfin, je crois.

Il parla espagnol.

Puis italien.

Puis fit un poisson avec ses mains.

Le serveur me regarda.

— Two sea bass?

— Yes.

Il repartit.

Roberto leva son verre.

— Tu vois ?

Il but une gorgée.

— Ne critique pas la mĂ©thode quand tu obtiens le rĂ©sultat.

Je souris.

Le pire, avec Roberto, c’est qu’il finissait rĂ©guliĂšrement par avoir raison.

Pour de trĂšs mauvaises raisons.


Le lendemain, notre taxi traversait Barcelone.

Je vis le Camp Nou.

Roberto suivit mon regard.

— Tu veux y aller ?

— Non.

— Tu l’as regardĂ©.

— C’est gĂ©nĂ©ralement ce qu’on fait quand on passe devant quelque chose.

— Tu regardes tout ce qu’on croise ?

— Non.

— Donc tu l’as regardĂ©.

Je tournai la tĂȘte vers lui.

Il souriait.

Je déteste quand Roberto apprend à raisonner.

Je regardai de nouveau le stade.

J’avais onze ans la premiĂšre fois qu’il m’avait contrariĂ©.

Mars 2002.

Le Panathinaïkos avait gagné 1-0 à AthÚnes.

Puis Konstantinou avait marqué ici.

Pendant quelques minutes, nous étions en demi-finale de Ligue des champions.

Enfin


À onze ans, j’y Ă©tais.

Barcelone en avait marqué trois.

— Toujours pas ?

— Toujours pas.

Roberto donna une autre adresse au chauffeur.

— On va oĂč ?

— Manger.

Évidemment.

Je regardai le Camp Nou disparaĂźtre derriĂšre nous.

— Tu sais qu’on ne pourra pas tout le temps choisir nos voyages en fonction des restaurants
?

Roberto réfléchit.

— Pourquoi pas ?

Je n’avais pas de bonne rĂ©ponse.

Lui non plus.

C’était probablement pour ça que nous Ă©tions partis.

6 « J'aime »

J’ai l’impression d’ĂȘtre sur un film de Quentin Dupieux


OĂč allons nous
?

Faut-il lui demander ?

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HELLAS // L’APPEL

Il avait fallu deux jours.

Deux jours Ă  Barcelone avant que Roberto trouve le moyen de nous remettre en scĂšne.

Le plus agaçant, c’est qu’il avait commencĂ© avant mĂȘme notre dĂ©part d’AthĂšnes.

La veille, le One&Only Aesthesis à Glyfada accueillait une réception Campari.

L’établissement Ă©tait Ă  Roberto.

Ce qui lui donnait, selon une interprĂ©tation trĂšs personnelle du droit de propriĂ©tĂ©, l’autorisation de participer Ă  toutes les conversations qui s’y dĂ©roulaient.

J’étais parti tĂŽt.

Lui était resté.

Quelque part entre un cocktail servi à la bonne température et des gens suffisamment importants pour ne pas porter de badge, Roberto avait entendu parler de football.

Il n’avait Ă©videmment aucune raison de s’en mĂȘler.

Il s’en Ă©tait mĂȘlĂ©.

J’ignore encore exactement ce qu’il leur raconta


Avec Roberto, une conversation avait toujours deux versions : celle qui avait eu lieu et celle qu’il trouvait meilleure.

Je sais seulement qu’il parla d’Hellas.

De la GrĂšce.

Puis il avait probablement ajoutĂ© quelques idĂ©es qui n’étaient pas les siennes.

Certaines Ă©taient peut-ĂȘtre les miennes.

C’était une vieille habitude.

Le lendemain, nous étions partis pour Barcelone.

Je pensais l’histoire terminĂ©e.

Quarante-huit heures plus tard, quelqu’un rappela Roberto.

Campari voulait entrer plus profondément dans le football italien.

D’une certaine maniĂšre, ils avaient dĂ©jĂ  Venezia avec Cynar.

Ce n’était pas tout Ă  fait la mĂȘme chose.

Cette fois, ils réfléchissaient à Campari.

Un club.

Une participation.

Peut-ĂȘtre davantage.

Ils savaient qu’ils voulaient entrer.

Ils ne savaient ni oĂč, ni comment.

Et quelqu’un, quelque part entre AthĂšnes et Milan, avait dĂ©cidĂ© que l’homme qui s’était invitĂ© dans une conversation qui ne le concernait pas mĂ©ritait d’ĂȘtre rappelĂ©.

C’était absurde.

Donc parfaitement cohérent avec la carriÚre de Roberto Rastapopoulos Jr.

Il posa son téléphone.

— Ils veulent nous voir.

Nous avions quitté AthÚnes pour débrancher


Barcelone venait de tenir quarante-huit heures.

4 « J'aime »

HELLAS // LE BRIEF

Campari avait préparé la réunion.

Beaucoup mieux que Roberto, ce qui ne constituait pas exactement une performance.

Ils voulaient entrer dans le football.

Pas simplement sponsoriser.

Ils savaient déjà le faire.

Cette fois, ils parlaient de Campari.

Ils voulaient savoir s’il existait une Ă©tape suivante.

Un club Ă  acheter.

Une participation Ă  prendre.

Un territoire oĂč s’installer.

Quelque chose qui puisse servir le football autant que la marque, sans transformer cent ans d’histoire en opĂ©ration marketing.

Le cahier des charges était assez simple.

Italie.

Un projet crédible sportivement.

Une identité suffisamment forte pour raconter quelque chose.

Un investissement capable de créer de la valeur.

Et, si possible, autre chose qu’un gouffre financier rempli de supporters furieux.

Sur ce dernier point, le football italien réduisait déjà considérablement le marché.


Ils avaient travaillé.

Une premiĂšre liste apparut sur l’écran.

Venezia.
Palermo.
Hellas Verona.
Spezia.
Sampdoria.
Empoli.
Padova.

Quelques autres.

Il y avait de bonnes idées.

Il y avait surtout plusieurs idĂ©es qui n’avaient rien Ă  voir entre elles.

Acheter Empoli n’était pas acheter Sampdoria.

Entrer Ă  Padova ne racontait pas la mĂȘme chose que s’installer Ă  Venezia.

Et possĂ©der un club n’était peut-ĂȘtre mĂȘme pas la meilleure maniĂšre d’entrer dans le football.

Manolas regardait les noms.

Roberto regardait les villes.

Je regardais les propriétaires.

Nous étions déjà en train de faire trois listes différentes



Ils nous demandĂšrent ce que nous pensions de la leur.

Roberto commença.

— Ça dĂ©pend.

Je connaissais ce « ça dépend ».

C’était gĂ©nĂ©ralement le moment oĂč une rĂ©union devenait plus longue que prĂ©vu.

— De quoi ?

— De ce que vous voulez faire.

Ils venaient prĂ©cisĂ©ment de passer vingt minutes Ă  nous l’expliquer.

Je vis Manolas baisser les yeux pour cacher un sourire.

Campari voulait du football.

De la visibilité.

De la valeur.

Un territoire.

Une histoire.

Éventuellement un club.

Le problĂšme n’était pas qu’ils ne savaient pas ce qu’ils voulaient.

Ils en voulaient plusieurs Ă  la fois.

Et chacune de ces réponses conduisait ailleurs.


Hellas avait commencĂ© de la mĂȘme maniĂšre.

Des clubs nous demandaient le meilleur joueur.

Nous avions fini par comprendre que ça ne voulait rien dire.

Le meilleur pour jouer tout de suite ?

Le meilleur à développer ?

Le meilleur Ă  revendre ?

Le meilleur à acheter avant que quelqu’un d’autre comprenne ?

Onze ans plus tard, Campari nous posait exactement la mĂȘme question.

Seulement, cette fois, le joueur avait un stade, quelques milliers de supporters et parfois cent ans d’histoire.

Je refermai le dossier.

— Laissez-nous un peu de temps.

— Combien ?

Je regardai Roberto.

Erreur.

— Une semaine.

Je regardai Manolas.

Il haussa les épaules.

TrĂšs bien.

— Une semaine.

— Et vous reviendrez avec un club ?

Roberto allait répondre.

Je pris de l’avance.

— Non.

Ils me regardĂšrent.

— Nous reviendrons avec une proposition.

La liste resta sur l’écran.

Venezia.

Palermo.

Sampdoria.

Empoli.

Padova.

Des noms.

Nous allions devoir découvrir lesquels étaient des opportunités.

Et surtout pourquoi.

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J’aime beaucoup ce rĂ©cit, ça change et c’est plutĂŽt intriguant. HĂąte de voir ou cela va nous mener :slight_smile:

Commentaire

Merci Ă  tous pour vos commentaires @Pikouse @CaptainAmericka @Equi
On arrive tout doucement au premier vrai carrefour de la story :slightly_smiling_face:

HELLAS // PROGETTO ROSSO

Une semaine.

Nous avons commencé par supprimer des noms.

C’était la partie facile.

Palermo.

Magnifique.

City Football Group.

Suivant.

Hellas Verona.

Champion d’Italie, VĂ©rone, le Garda Ă  cĂŽtĂ©.

Nouveau propriétaire.

Suivant.

Spezia.

La Ligurie, un port, les Cinque Terre.

Nouveau propriétaire également.

Venezia prit plus de temps.

Sur le papier, presque tout fonctionnait.

La ville.

L’identitĂ©.

Le tourisme.

Le football.

L’aperitivo.

Le problÚme était précisément là.

Cynar avait déjà compris.

Campari Group possédait donc déjà son laboratoire football, territoire et art de vivre.

Et Venezia venait de lever suffisamment d’argent pour ne pas avoir besoin de nous expliquer sa valeur.

Excellent club.

Excellent territoire.

Excellent partenaire.

Mauvais investissement pour ce que nous cherchions.

Roberto raya le nom.

Il en restait beaucoup trop.


Manolas voulait savoir ce que les clubs faisaient de leurs joueurs.

Je voulais savoir ce qu’ils pouvaient devenir.

Roberto voulait savoir ce qu’il y avait dans un rayon de cinquante kilomùtres autour du stade.

Nous avons donc arrĂȘtĂ© d’essayer de faire le mĂȘme travail.

C’est lĂ  que le dossier a commencĂ© Ă  devenir intĂ©ressant.

Empoli savait produire.

Peut-ĂȘtre trop bien pour constituer encore une dĂ©couverte.

Cesena posait une question plus intéressante.

Des jeunes.

Des minutes.

Une progression identifiable.

Un club capable de rendre un joueur meilleur avant de le rendre plus cher.

Je l’entourai.

Manolas aussi.

Sampdoria, Roberto l’entoura trois fois.

GĂȘnes.

La mer.

Une histoire.

Un maillot qu’on reconnaissait avant mĂȘme de voir l’écusson.

Puis nous avons regardé les comptes.

J’ai rendu le stylo à Roberto.

Il raya le nom lui-mĂȘme.


Pescara ressemblait davantage Ă  quelque chose que je connaissais.

Un club descendu trop bas.

Un stade.

Une histoire de joueurs.

Un propriétaire disposé à parler.

Une valeur actuelle qui ne racontait pas toute l’histoire.


Puis Roberto posa Bari sur la table.

Je crus d’abord qu’il avait encore choisi une ville.

Il avait fait pire.

Il avait choisi une ville de plus de trois cent mille habitants, un stade de presque soixante mille places et un club en Serie C dont le propriétaire préparait la sortie.

— C’est trop gros.

— C’est en Serie C.

— Justement.

Il sourit.

Bari n’était pas un petit club Ă  rendre grand.

C’était une grande ville dont le football avait momentanĂ©ment cessĂ© d’ĂȘtre Ă  la hauteur.

Je détestais quand Roberto avait raison.


Nous aurions pu nous arrĂȘter lĂ .

Pescara.

Bari.

Deux écarts.

Deux acquisitions possibles.

Deux réponses parfaitement défendables à la question de Campari.

Manolas nous en empĂȘcha.

— Et Desenzano ?

Roberto releva la tĂȘte.

Desenzano venait d’entrer dans le football professionnel pour la premiùre fois de son histoire.

Petit club.

Petit stade.

Propriétaire impliqué.

Autour ?

Le Garda.

Brescia.

Vérone.

Milan plus loin.

Des hîtels, des restaurants, des touristes de toute l’Europe.

Et surtout une chose qu’aucun des autres ne pouvait offrir.

Presque aucune histoire à réparer.

On pouvait en écrire une.


À partir de lĂ , notre liste cessa d’ĂȘtre une liste.

Padova n’était plus seulement un club.

Aperol y était né en 1919.

Une racine.

Sorrento n’était plus seulement une Ă©quipe de Serie C condamnĂ©e Ă  jouer loin de chez elle.

C’était la baie de Naples, la pĂ©ninsule, Capri, Amalfi.

Une expansion vers le Sud.

Lecce posait un problÚme différent.

Le club était déjà en Serie A.

Il formait.

Il recrutait bien.

Il gagnait de l’argent.

Et il n’avait besoin de personne pour ĂȘtre sauvĂ©.

Peut-ĂȘtre seulement pour changer d’échelle.

Ostiamare n’était pas Ă  vendre.

TrĂšs bien.

Peut-ĂȘtre que tout possĂ©der n’était pas nĂ©cessaire.

Cesena pouvait devenir une école.

Pescara, un actif sous-évalué.

Bari, un géant endormi.

Desenzano, quelque chose qui n’existait pas encore.

Nous avions enfin compris notre erreur.

Nous cherchions le meilleur club.

Il n’existait pas.

Il existait plusieurs bonnes réponses à plusieurs questions différentes.


Roberto donna un nom au dossier.

PROGETTO ROSSO.

Je lui demandai pourquoi en italien.

— Campari.

— Argument irrĂ©futable.

Sur la premiÚre page, nous avons écrit cinq mots.

MAISON.

Créer le club de la maison mÚre.

RACINES.

S’installer lĂ  oĂč l’histoire du groupe existait dĂ©jĂ .

MEDITERRANEO.

Descendre vers un territoire que Campari pouvait encore conquérir.

FOOTBALL.

Oublier la marque et acheter l’écart.

PARTENARIAT.

Accepter que la meilleure maniĂšre d’entrer ne soit parfois pas de possĂ©der.

Pour la premiĂšre fois depuis le dĂ©but de la semaine, nous n’avions plus besoin de chercher d’autres clubs.

Nous avions besoin de retourner Ă  Milan.

Campari nous avait demandĂ© oĂč investir.

Nous étions enfin capables de leur demander pourquoi.

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HELLAS // PROGETTO ROSSO — II

La premiĂšre page du dossier apparut sur l’écran.

PROGETTO ROSSO

En dessous :

MAISON — RACINES — MEDITERRANEO — FOOTBALL — PARTENARIAT

Personne ne parla.

Roberto avait insisté pour présenter.

Nous avions refusé.

Il prĂ©senta quand mĂȘme.

— Vous nous avez demandĂ© quel club acheter.

Il passa Ă  la page suivante.

Une photo du lac de Garde.

DESENZANO.

— PremiĂšre possibilitĂ© : vous ne cherchez pas un club. Vous crĂ©ez le vĂŽtre.

Un club qui venait d’entrer dans le monde professionnel.

Un propriétaire avec lequel construire plutÎt que remplacer.

Milan derriĂšre.

Le Garda autour.

Une identité suffisamment jeune pour évoluer.

Pas de grandeur passée à restaurer.

Pas de mythe Ă  racheter.

Une page blanche.

— La Maison Campari.

Pour une fois, Roberto n’ajouta rien.

Il n’en avait pas besoin.


Page suivante.

PADOVA.

— DeuxiĂšme possibilitĂ© : vous ne crĂ©ez rien. Vous rentrez chez vous.

Aperol.

Padoue.

Une histoire qui existait un siÚcle avant notre réunion.

Le club était plus compliqué.

Son identité aussi.

Il ne s’agissait certainement pas de repeindre Calcio Padova en rouge.

Mais si Campari cherchait une implantation que personne ne pourrait accuser d’avoir Ă©tĂ© inventĂ©e par un service marketing, elle Ă©tait lĂ .

RACINES.


Puis l’Adriatique remplit l’écran.

BARI.

Roberto se rassit.

C’était mon tour.

— TroisiĂšme possibilitĂ© : vous allez lĂ  oĂč vous n’ĂȘtes pas encore.

Le Sud.

La Méditerranée.

Une ville immense.

Un club beaucoup trop bas.

Un propriétaire qui préparait sa sortie.

Un stade absurde pour la Serie C.

DerriĂšre Bari, il y avait les Pouilles.

Puis l’Adriatique.

Puis les Balkans.

Puis la GrĂšce.

Manolas intervint pour la premiĂšre fois.

— Et des joueurs.

Il avait raison.

MEDITERRANEO.

Sorrento restait dans le dossier.

Plus petit.

Plus beau, selon Roberto.

Beaucoup plus compliqué, selon moi.

Lecce Ă©tait presque l’inverse.

Serie A.

Un club sain.

Une formation qui fonctionnait.

Un territoire qui n’avait besoin de personne pour exister.

Il ne fallait ni le sauver, ni le reconstruire.

Seulement se demander jusqu’oĂč il pouvait aller avec davantage de moyens.

Bari avait quelque chose que les deux autres n’avaient pas.

La possibilité que le football devienne aussi grand que le territoire.


La quatriĂšme page ne comportait aucune photo.

Seulement deux noms.

PESCARA.

CESENA.

— Là, nous oublions Campari.

Quelques regards se levĂšrent.

— Temporairement.

Pas de racines.

Pas de Maison.

Pas de carte postale.

Nous cherchions seulement une chose :

l’écart.

Pescara était tombé sous sa valeur footballistique.

Cesena savait rendre les joueurs meilleurs.

Deux maniÚres de créer de la valeur.

Acheter trop bas.

Ou produire mieux.

— Si votre prioritĂ© est le football, commencez ici.

FOOTBALL.


Il restait une page.

OSTIAMARE.

— Ils ne vendent pas, dit quelqu’un.

— Nous savons.

— Alors pourquoi sont-ils là ?

Manolas répondit.

— Parce que vous avez dit que vous vouliez entrer dans le football. Pas nĂ©cessairement possĂ©der un club.

Silence.

De Rossi construisait quelque chose.

Une méthodologie.

Des jeunes.

Un territoire immense derriĂšre une petite structure.

Rome.

La mer.

Un projet qui n’avait peut-ĂȘtre pas besoin d’un nouveau propriĂ©taire.

Mais qui pouvait avoir besoin d’un partenaire.

PARTENARIAT.


Quelqu’un finit par poser la question.

— Laquelle est la meilleure ?

Roberto me regarda.

Manolas aussi.

Je refermai le dossier.

— Il n’y en a pas.

Ça ne plut pas beaucoup.

Je continuai.

— Vous nous avez demandĂ© quel club acheter avant de nous dire quel propriĂ©taire vous voulez devenir.

Cette fois, personne ne répondit.

Desenzano, si Campari voulait construire quelque chose qui lui appartienne culturellement.

Padova, si le groupe voulait revenir Ă  ses racines.

Bari, s’il voulait conquĂ©rir un nouveau territoire.

Pescara ou Cesena, si seule la création de valeur footballistique comptait.

Ostiamare, s’il voulait entrer sans possĂ©der.

Cinq réponses.

Toutes défendables.

Une seule pouvait devenir un projet.

L’homme au bout de la table regarda une derniĂšre fois l’écran.

Puis il referma sa copie du dossier.

— Trùs bien.

Il se tourna vers nous.

— Et vous ?

Roberto sourit.

Je détestais cette question.

Parce que cette fois, nous avions la réponse.

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Je prends le train en marche ! Sympa :slight_smile:

Commentaires

Merci d’embarquer, et bienvenu @Alexmilano

HELLAS // LA CARTE FINALE

— Et vous ?

La question était simple.

Je regardai une derniÚre fois les cinq possibilités affichées derriÚre nous.

Nous avions une préférence.

Le problĂšme Ă©tait qu’elle rĂ©pondait encore Ă  la mauvaise question.

Je fis signe de changer de page.

Les clubs disparurent.

Une carte d’Italie apparut.

Roberto sourit.

C’était mauvais signe.


Milan était en haut.

Évidemment.

Autour, presque rien.

Desenzano.

Padova.

Le Garda.

La Vénétie.

Des territoires oĂč Campari n’avait pas besoin du football pour expliquer qui il Ă©tait.

Puis les points rouges commençaient à descendre.

ROME.

ADRIATIQUE.

POUILLES.

MÉDITERRANÉE.

Quelqu’un au bout de la table se pencha.

— Je croyais que nous parlions de football.

— Nous aussi.

Roberto répondit avant moi.

— C’est lĂ  que ça devient intĂ©ressant.

Je regrettai immédiatement de lui avoir laissé une phrase pareille.


Nous avions cherché des clubs.

Manolas avait regardĂ© ce qu’ils faisaient des joueurs.

J’avais regardĂ© ce qu’ils valaient et ce qu’ils pourraient valoir.

Roberto avait regardĂ© ce qu’il y avait autour des stades.

À force de superposer les trois, nous avions fini par voir autre chose.

Pas une shortlist.

Une carte.

Campari était déjà chez lui dans le Nord.

Milan.

La Lombardie.

Aperol et la Vénétie.

Son histoire.

Ses réseaux.

Son marché.

Le football pouvait renforcer tout ça.

Desenzano le permettait.

Padova aussi.

Mais il pouvait surtout faire quelque chose que Campari ne pouvait pas obtenir simplement en achetant davantage de publicité.

Entrer quelque part.


Je montrai le premier point.

ROME.

— Ostiamare.

Pas d’acquisition.

De Rossi ne cherchait pas Ă  vendre.

Un partenariat.

Le littoral.

Les jeunes.

Fiumicino.

Une maniĂšre d’entrer dans la capitale sans prĂ©tendre acheter Roma ou Lazio.

DeuxiĂšme point.

ADRIATIQUE.

— Pescara.

Cette fois, l’écart Ă©tait footballistique.

Un club disponible.

Une valeur déprimée.

Un axe qui regardait autant vers l’Italie que vers l’autre rive.

Croatie.

Monténégro.

Albanie.

GrĂšce.

Manolas connaissait déjà la moitié de la carte.

TroisiĂšme point.

POUILLES.

Deux noms apparurent.

LECCE.

BARI.

Lecce fonctionnait déjà.

Serie A.

Formation.

Scouting.

Ferveur.

Campari n’aurait pas à le sauver.

Seulement Ă  l’aider Ă  changer d’échelle.

Bari Ă©tait l’autre possibilitĂ©.

Plus grande.

Plus chĂšre.

Plus dangereuse.

Un club beaucoup trop petit pour sa ville actuelle.

L’un permettait d’entrer.

L’autre de conquĂ©rir.

Enfin, Roberto fit apparaĂźtre le dernier point.

MÉDITERRANÉE.

Sorrento.

Je le regardai.

— Évidemment.

Il haussa les épaules.

Naples.

Capri.

Amalfi.

La péninsule.

L’hospitalitĂ©.

Le tourisme international.

Footballistiquement, c’était le dossier le plus faible.

Pour Campari, peut-ĂȘtre pas.


Personne ne parlait plus des clubs de la premiĂšre liste.

C’était probablement notre premiĂšre victoire.

L’homme au bout de la table regarda la carte.

— Donc vous ne nous recommandez aucun club ?

— Si.

Je refermai mon dossier.

— Tous.

Il fronça les sourcils.

— Mais pas pour la mĂȘme chose.

Manolas reprit.

— Le football dĂ©cide si le club mĂ©rite l’investissement.

Je montrai la carte.

— Le territoire dĂ©cide pourquoi vous devriez ĂȘtre l’investisseur.

Roberto attendit une seconde.

Une seule.

C’était dĂ©jĂ  beaucoup.

— Et la stratĂ©gie dĂ©cide oĂč vous allez.

Je tournai la tĂȘte vers lui.

Il avait encore volé une conclusion.


Ils nous avaient demandé un club.

Nous étions revenus avec Rome.

L’Adriatique.

Les Pouilles.

La Méditerranée.

Ce qui, mĂȘme selon les standards de Roberto, constituait un lĂ©ger dĂ©passement de mission.

L’homme au bout de la table resta quelques secondes devant la carte.

— Et maintenant ?

Cette fois, la réponse était simple.

Je montrai le Nord.

— Ici, vous ĂȘtes dĂ©jĂ  chez vous. Une implantation forte, une histoire, des marques, des territoires qui vous appartiennent dĂ©jĂ  culturellement. Le football peut encore renforcer tout ça.

Puis je descendis vers Rome.

L’Adriatique.

Les Pouilles.

La Méditerranée.

— Ou vous pouvez dĂ©cider que votre prochain chapitre commence ici.

Un silence.

— Au Nord, vous consolidez.

Roberto regarda la carte.

— Au Sud, vous conquĂ©rez.

Je le regardai.

Il avait encore fait plus court.

— Voilà.

L’homme au bout de la table resta silencieux.

Cette fois, nous n’avions plus à choisir à leur place.

Maison ou expansion.

Consolider ou conquérir.

Campari devait décider de son avenir.

Ensuite, nous leur dirions comment le football pouvait les y emmener.

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Si Campari devait entrer dans le football italien, lequel de ces huit projets choisiriez-vous ?

Pas forcément le plus grand.

Pas forcément le plus facile.

Et pas forcément celui que vous pensez que nous choisirons.

Celui dans lequel vous auriez envie de voir débarquer Roberto, Plaka et Manolas.

Le rĂ©sultat du sondage ne dĂ©cidera peut-ĂȘtre pas de tout.

Mais il pourrait compliquer sérieusement la suite.

Et connaissant Roberto, ce serait déjà beaucoup.


:italy: DESENZANO CALCIO

Le lac de Garde.

Un territoire touristique international, Milan et Vérone à proximité et un club qui découvre le football professionnel.

Ici, il faudrait accompagner une croissance qui vient tout juste de commencer.

Partir presque de zéro, dans un endroit qui vaut déjà beaucoup.

:italy: CALCIO PADOVA

Les racines.

Une grande ville du Veneto, une histoire, un vrai potentiel footballistique.

Et surtout un détail difficile à ignorer :

Aperol est né à Padoue en 1919.

Ici, Campari ne partirait pas Ă  la conquĂȘte d’un nouveau territoire.

Il rentrerait chez lui.

:italy: CESENA FC

La formation.

Un club qui sait déjà produire, développer et valoriser.

Une vraie culture footballistique, un public, des infrastructures et un modÚle dont une grande partie existe déjà.

La question serait donc différente :

que peut-on apporter Ă  quelqu’un qui sait dĂ©jĂ  travailler ?

:italy: DELFINO PESCARA 1936

L’Adriatique.

Une histoire de Serie A, une rĂ©putation de formation, un territoire tournĂ© vers la mer et un club aujourd’hui suffisamment bas pour pouvoir ĂȘtre transformĂ©.

Zeman, Verratti, Politano, Insigne, Immobile, Dunga,

Il ne faudrait ni tout inventer, ni simplement accompagner.

Il faudrait reconstruire une machine.

:italy: SSC BARI

La puissance.

Une grande ville.

Un immense stade.

Les Pouilles.

Un port.

La Méditerranée.

Un public.

Et un club beaucoup trop bas par rapport à tout ce qui l’entoure.

Probablement le projet le plus grand.

Peut-ĂȘtre aussi le plus dangereux.

Réveiller une institution.

:italy: SORRENTO CALCIO 1945

La Méditerranée.

Sorrento.

Capri.

Amalfi.

Naples.

Des millions de visiteurs connaissent déjà le nom.

Beaucoup moins connaissent le club.

:italy: OSTIAMARE LIDO CALCIO 1945

Rome par la mer.

Ostia.

Le littoral romain.

La Méditerranée.

De Rossi.

Et derriĂšre, l’une des villes les plus puissantes au monde sans avoir besoin d’acheter l’un de ses gĂ©ants.

Un projet oĂč la formation pourrait devenir centrale.

Entrer dans Rome par une porte que personne ne regarde.

:italy: US LECCE

Le Salento.

Serie A.

Un club sain.

Une vraie compétence dans le recrutement et la valorisation.

Une formation structurée.

Un territoire extraordinaire.

Ici, il ne faudrait pas reconstruire.

Il faudrait trouver comment faire passer un excellent club Ă  l’échelle supĂ©rieure.

Vers quel dossier doit s’orienter Campari Group
  • Desenzano Calcio
  • Calcio Padova
  • Cesena FC
  • Delfino Pescara 1936
  • SSC Bari
  • Sorrento Calcio 1945
  • Ostiamare Lido Calcio 1945
  • US Lecce
  • Club surprise
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Pour les souvenirs de famille, le lac de Garde. :smiley:

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