Bon, il est temps de répondre.
J’ai pris le temps de vous lire, je vais prendre le temps de répondre et d’expliquer mon point de vue.
Cette fameuse règle qui dit de ne pas se réjouir du décès des gens, de respecter les morts, je l’entend et je la comprend.
Elle est à 99.99% du temps la mienne aussi.
Pour autant, chaque règle à ses exceptions. Cela est le cas, de mon point de vue, concernant l’homme dont nous parlons.
Pourquoi ?
Car il ne fût pas un homme comme les autres, avec un parcours comme les autres.
Nous parlons d’un homme qui lui, dans son existence, n’a pas hésité en 1987 à salir la mémoire des millions de victimes de la véritable barbarie qui, lâchement, méthodiquement, consciencieusement et manière industrielle, ont été assassinées et les relégants au rang de « détail de l’histoire ».
Lui le premier, par ses propos outranciers, aura fait preuve d’une indignité morale, guidée par une conviction certaine.
Nous parlons d’un homme, qui n’a pas hésité à salir la mémoire de la Résistance, des victimes civiles et, pire encore la mémoire de son propre père tué par une mine sous-marine de l’occupant, en déclarant en 2005 que l’occupation n’avait pas été inhumaine et qu’il n’y avait eu que des bavures inévitables, y compris au sujet d’Ouradour-sur-glane.
Comment pourrais-je me regarder en face, moi qui ait eu le déplaisir immense d’entendre les conditions de vie indignes de mes grand-parents qui vivaient dans la même zone que cet homme à la même époque si je laissais passer cela !
Nous parlons d’un homme qui n’a eu de sesse de multiplier les attaques homophobes, xénophobes, racistes, antisémites et anti-islam pour lesquelles ils fût reconnu coupable la encore.
Nous parlons d’un homme qui avoua, avant de se retracter rapidement, avoir pratiqué la torture en Algerie en 1962. Et pour ces faits, il aura été débouté de tout ses procès en diffamations à partir des années 90 tant les faits et les enquêtes avaient été jugés comme crédible et serieux par la justice, faisant de lui un criminel de guerre, ou tout du moins un complice de crime de guerre.
Cet homme représentait à mes yeux ce qu’il y a de pire dans l’humain, il faisait partit de la lie de l’humanité car à aucun moments il n’aura exprimé de regrets sincères pour ses actes ou ses paroles.
Alors non, je n’irais pas faire la fête, loin de la, je n’irais pas non plus boire un verre pour trinquer à sa mort.
Mais je sais le point auquel cet homme la aura contribuer au pire.
Je sais le point auquel il suscitait l’admiration chez certains, encore aujourd’hui.
Je sais le point auquel certains adhèrent aussi à ses convictions, qui restent bien vivantes.
Donc oui, j’assume pleinement le fait d’avoir apprécié savoir que nous ne le comptions plus parmis nous.
Et je ne vois aucun déshonneur la dedans.
Car il n’était pas n’importe qui et il ne représentait pas n’importe quoi.
On pourra ne pas être d’accord avec moi, considérer que j’abuse ou que je suis à mon tour outrancier, cela je veux bien l’entendre et je n’en tiendrais pas rigueur à qui que ce soit, mais je ne serais pas sincère et je ferais preuve de la pire hypocrisie si je ne le faisais pas.
Et je n’en rajouterais à présent pas plus sur ce sujet.