Réponses aux lecteurs
@FC_Guimaraes @forumeurs This is the end
@Akasha mdrrrrr t’es con
@alexgavi tu as une sorte de suite avec l’histoire de coach Marvin
@celiavalencia merci reste assise y’a encore quelques trucs avant de finir.
@toopil garde des larmes tu vas en avoir besoin lĂ .
@Tiien merci frérot
Vianense s’apprêtait à rentrer au Portugal en champion du monde.
Le groupe avait dĂ©jĂ connu les vestiaires en feu, les trophĂ©es levĂ©s dans la lumière, les bus impĂ©riaux, les chants dans la nuit. Mais cette fois, AnĂbal demanda autre chose. Avant de quitter la Colombie, avant de rejoindre l’aĂ©roport, avant que le monde ne rĂ©clame encore une image de lui avec une coupe dans les bras, il voulut faire un dĂ©tour.
Avec Victor, avec l’accord du club, il se rendit chez les parents de Yessica.
Il ne s’agissait pas d’une visite officielle. Pas d’un geste médiatique. C’était un pèlerinage. Une manière de ramener le trophée là où une partie de son histoire avait commencé, dans cette famille qui lui avait donné Yessica, puis un amour, puis une vie qu’il n’avait pas su protéger. Lorsque les parents de sa femme le virent arriver avec Victor et le trophée, rien ne fut vraiment dit au début. Les corps parlèrent avant les mots. Les bras se serrèrent, les larmes vinrent, et pendant quelques minutes, le champion du monde des clubs ne fut plus qu’un veuf, un père, un homme revenu demander silencieusement pardon à ceux qui avaient perdu autant que lui.
Victor resta près de lui tout du long. Il observa son père poser le trophĂ©e sur une table familiale, au milieu des photos, des souvenirs, des visages disparus. AnĂbal parla de Yessica avec une douceur que le football ne lui connaissait presque plus. Il raconta qu’elle aurait ri de le voir arriver ainsi, avec une coupe de plus, comme si les trophĂ©es pouvaient encore remplir les maisons vides. Il promit qu’il veillerait sur Victor. Qu’il essaierait, enfin, d’être prĂ©sent.
Puis vint le départ.
La foule s’était massĂ©e devant la maison. Des voisins, des curieux, des supporters, des enfants. Une petite foule dĂ©sordonnĂ©e, touchante, presque innocente. La sĂ©curitĂ© tenta d’ouvrir un passage vers les voitures. AnĂbal salua quelques mains, lentement, fatiguĂ© mais apaisĂ©. Victor marchait Ă ses cĂ´tĂ©s.
L’homme surgit alors sans prévenir.
Un mouvement dans la foule. Une silhouette qui passa la ligne de sécurité. Un éclat métallique. Puis les coups de feu.
AnĂbal s’effondra d’un seul bloc.
Le monde sembla se briser une seconde fois.
Victor se jeta sur lui, hurlant son nom, les mains dĂ©jĂ couvertes de sang. Autour, la foule paniqua, les gardes coururent, l’agresseur disparut dans le chaos comme une ombre avalĂ©e par la rue. AnĂbal respirait encore, difficilement, les yeux ouverts vers ce ciel colombien qui avait tant comptĂ© dans sa vie.
« Papa, reste avec moi… reste avec moi… »
AnĂbal chercha la main de son fils.
« Victor… »
Sa voix n’était presque plus là .
"Laisse-moi la rejoindre… les rejoindre."
Victor secoua la tête, brisé.
« Non… non, je peux pas… »
« Promets-moi de vivre. »
Le jeune homme pleurait comme un enfant.
« Je te le promets… je te le promets, papa. »
AnĂbal esquissa alors quelque chose qui ressemblait Ă un sourire. Un soulagement. Une dĂ©livrance. Puis son regard se fixa doucement.
AnĂbal GuimarĂŁes venait de s’éteindre.
La nouvelle fit le tour du monde en quelques minutes. Les chaînes interrompirent leurs programmes. Les stades observèrent des minutes de silence. À Viana do Castelo, des milliers de personnes se rassemblèrent spontanément devant la Citadelle des Anges, effondrées, incrédules, comme si la ville venait de perdre son cœur. La police colombienne ne retrouva pas l’agresseur. Sur place, un seul indice fut isolé : quelques poils de fourrure de bison rouge. Aucun ADN. Rien d’autre.
Le corps d’AnĂbal fut ramenĂ© au Portugal.
La cérémonie eut lieu à la Citadelle des Anges, qui n’avait jamais aussi bien porté son nom. Tout le peuple de Viana était là . Les présidents du Sporting Portugal, de Valladolid, de la Juventus, d’Envigado, de Palmeiras, des Xolos et de Vianense firent le déplacement. Cristiano Ronaldo, président de la Fédération, arriva le visage fermé, incapable de cacher son émotion.
Puis vinrent les joueurs.
Ils reprĂ©sentèrent la carrière de la lĂ©gende. Ils avaient tous fait le dĂ©placement. Afonso Moreira, Diego Callai, Dário Essugo, LuĂs Gomes, Rodrigo Ribeiro. Tiago EstevĂŁo, Shaqkeem Joseph, Afonso Valente, JoĂŁo Cardoso, Tiago AraĂşjo, Tiago Sousa, Erwan Betrancourt, Lee Ji-Han. Ivano di Giacobbe, Gilson, Renato Sanches, EstĂŞvĂŁo, Tiago Rubio, Javi Sánchez, Claudio Echeverri, Juli Luque, Mohamed Al-Ali, Alberto Luengo, PaixĂŁo, Pau CubarsĂ, Auribertinho, Simon Moya, Farès BenaĂŻssa, Joaquin Fernandez. Mauro Bauza, David Brás, Manuel Locatelli, Ventsislav Stoilov, Marvin Wattiau. Carlos de Avila, Wilson Bedoya, Santiago Castillo, Deyman Celemin, JosĂ© ramos, JosĂ© Blanco, Luis Angel Diaz. Wander, Joao Vitor, Saulo, William, Vinicius Jr, Gilson et Rodrygo. Ryuji Endo, Genta Nakazawa, Kento Nakamura, Surat Srijan, Rafael. Freyman Calvache, Rodrigo Gonzalez. Manuel Cruz, LĂ©o, Junma gondo, Thierno Gbohuo et tout ceux de Vianense passĂ© par le club ou son centre de formation ces dix dernières annĂ©es. On y retrouvĂ© aussi tout le staff et les employĂ©s de Vianense.
Mais aussi le cercle proche : Diego Mauricio, João Infante, Hiroto Hiraoka, Ruben Amorim, Hugo Viana, Ronaldo, Ilaix et José Soares l’ami de toujours.
Ils étaient tous là .
Des hommes devenus stars, entraîneurs, pères, légendes ou simples souvenirs. Tous debout pour celui qui les avait guidés, parfois sauvés, parfois brisés aussi, mais toujours marqués à jamais.
Victor prit la parole le dernier.
Il ne parla pas longtemps.
« Mon père m’a demandé de vivre. Alors je vivrai. Mais aujourd’hui, je veux juste dire merci. Merci à l’homme qui m’a donné un nom, une histoire, une famille. Merci au coach qui a changé vos vies. Merci au père qui restera mon héros. »
La Citadelle entière pleura.
Et lorsque le cercueil quitta enfin la pelouse, porté par Carlos Simões, Victor, Ganso, Vitoriano, João Infante, Hugo Viana et Ruben Amorim, les supporters chantèrent une dernière fois.
Pas un chant de victoire. Un chant d’amour.
AnĂbal GuimarĂŁes avait tout gagnĂ©. Puis il avait tout perdu.
Et, à la fin, il avait laissé derrière lui quelque chose de plus grand qu’un palmarès.
Une famille immense, debout dans les ruines, incapable de l’oublier.
