Réponses aux lecteurs
@Rhino on en aura sorti des pépites bordel ![]()
@CaptainAmericka
j’avoue. J’espère que la fin te plaira.
Dans le vestiaire, la fĂŞte avait tout envahi.
Les joueurs chantaient, tapaient contre les casiers, s’aspergeaient d’eau, de champagne, de tout ce qui pouvait ressembler à une célébration. Les anciens riaient comme des gamins. Les jeunes filmaient chaque seconde. Vianense venait encore de gagner. Encore de faire tomber un adversaire immense. Encore d’ajouter une ligne à une histoire qui n’avait plus grand-chose de raisonnable.
Mais dans un coin du vestiaire, AnĂbal et Victor Ă©taient assis cĂ´te Ă cĂ´te. Calmes. Presque immobiles.
Autour d’eux, tout explosait. Devant eux, pourtant, le temps semblait ralentir. Victor avait encore le maillot d’échauffement sur les Ă©paules, le regard fixĂ© sur le sol trempĂ©. Anibal, lui, tenait une serviette entre ses mains, incapable de savoir s’il devait rire, pleurer ou simplement respirer. Ils venaient de remporter leur dernière bataille ensemble. Pas seulement une finale. Pas seulement un match de plus dans l’immense carrière d’AnĂbal. Leur dernière bataille de père et fils avec lui sur le banc.
Victor finit par tourner la tĂŞte.
« C’est fini, hein ? »
AnĂbal resta silencieux quelques secondes, puis hocha doucement la tĂŞte.
« Oui. Cette partie-là , oui. »
Il n’y avait ni tristesse brutale, ni effondrement. Seulement une forme d’apaisement fragile. Comme si, après des mois à courir derrière le deuil, la vengeance, les trophées et les adieux, ils acceptaient enfin que quelque chose venait réellement de se fermer.
Victor esquissa un sourire humide.
« J’aurais aimé qu’ils voient ça. »
AnĂbal ferma les yeux.
« Ils l’ont vu à leur manière. »
Il posa une main sur la nuque de son fils, geste simple, presque maladroit, mais chargé de tout ce qu’il n’avait pas su donner durant l’année.
« Je suis fier de toi. »
Victor baissa la tête, touché en plein cœur.
« Moi aussi, je suis fier de toi, papa. »
Le mot resta suspendu entre eux, plus fort que tous les chants du vestiaire.
Autour, Mamadu hurlait avec le trophĂ©e dans les bras, Ganso dansait avec Francisco Maior, Joaquin souriait en retrait comme un roi ancien qui regardait la nouvelle gĂ©nĂ©ration Ă©crire son propre mythe. Mais AnĂbal et Victor n’avaient plus besoin de bruit. Ils avaient dĂ©jĂ compris.
Une page se tournait.
Pas toute l’histoire. Pas leur lien. Pas l’amour. Mais cette vie-là , faite de bancs, de finales, de consignes hurlées et de victoires arrachées ensemble, touchait à sa fin.
Alors ils restèrent assis là encore un moment, épaule contre épaule, au milieu de la fête. Deux survivants. Deux Guimarães.
Enfin capables, pour quelques minutes, de ne plus fuir ce qu’ils avaient perdu, ni ce qu’ils allaient devoir apprendre à vivre.
