:storygold: :s26: 🇵🇹 :vianense: O Leão de Lisboa

Réponses aux lecteurs

@FC_Guimaraes

@CaptainAmericka Charnière de folie avec Gabriel et Carlos Simões avec Luvanor et Leandro Sendão en backup. Altaïr c’est le premier gros joueur formé par le club après le retour d’Anibal.

@Manuel99FG je te réponds en DM :wink:

- Anibal se livre à visage découvert -

La salle de presse de Vianense avait déjà connu des lendemains de sacre, des humiliations publiques, des piques lancées à des rivaux, des annonces de départ et des coups de théâtre de mercato. Elle avait vu Aníbal Guimarães en colère, ironique, souverain, parfois même joueur. Mais ce jour-là, lorsqu’il s’installa face aux micros aux côtés d’Ilaix Moriba, il n’y avait rien de familier dans l’air. Rien de routinier. Ce n’était pas une conférence de rentrée. C’était autre chose. Une forme de serment public. Ou peut-être de confession.

Depuis plusieurs semaines, le club vivait dans un entre-deux étrange. Le deuil et la reprise. Les larmes et les contrats. Les arrivées d’anciens, la fuite de certains, les rumeurs de club maudit, les questions sans réponse. Vianense continuait d’exister, oui, mais avec une gravité nouvelle, comme si chaque pas était désormais précédé d’un silence.

Quand Aníbal entra dans la pièce, il n’essaya pas de reprendre possession du lieu. Il n’en avait plus besoin. Il s’assit simplement, tira légèrement son micro vers lui, regarda l’assistance, puis croisa brièvement les mains. Ilaix, à sa droite, resta droit, calme, prêt à protéger ce qui pourrait encore l’être.

La première question fut presque polie, prudente, celle que tout le monde attendait.

« Coach, pourquoi avoir acceptĂ© de revenir aujourd’hui devant la presse, alors que vous aviez jusque-lĂ  refusĂ© toute prise de parole ? Â»

Aníbal leva les yeux, fixa quelques secondes le journaliste, puis répondit sans détour.

« Parce qu’à un moment, il faut arrĂŞter de laisser les autres raconter ce qu’on vit Ă  notre place. Â»

Sa voix était plus basse qu’avant. Plus grave aussi. Pas abîmée. Creusée.

« Je suis lĂ  parce que le club continue. Parce que mes joueurs continuent. Et parce que moi aussi, malgrĂ© tout, je continue. Â»

Un autre journaliste enchaîna immédiatement, sur un ton plus humain que professionnel.

« Comment allez-vous vraiment ? Â»

La question était simple. Presque trop simple. Elle provoqua un léger flottement dans la salle. Aníbal ne répondit pas tout de suite. Il baissa la tête, souffla par le nez, comme si le simple fait de formuler honnêtement ce qu’il ressentait allait lui coûter plus que toutes les questions tactiques du monde.

« Mal Â» dit-il finalement.

Personne ne bougea.

« Je vais mal. Je n’ai pas rĂ©ussi Ă  faire mon deuil. Je ne sais mĂŞme pas si j’y arriverai un jour. Â»

Sa gorge se serra visiblement. Il essaya de poursuivre. Sa main trembla légèrement lorsqu’il la posa sur la table.

« On parle beaucoup de force, de rĂ©silience, de mentalit酠» Il esquissa un sourire triste, presque amer. « Mais la vĂ©ritĂ©, c’est qu’il y a des matins oĂą je me rĂ©veille encore en croyant que ma femme est dans la pièce d’à cĂ´tĂ©. Des moments oĂą je pense entendre mes enfants dans un couloir. Et puis je me souviens. Chaque fois. Â»

Cette fois, la voix cassa.

Il ferma les yeux. Longuement. Ilaix tourna légèrement la tête, prêt à intervenir si nécessaire. Mais Aníbal leva la main pour l’en empêcher.

« Yessica n’aurait pas voulu que j’abandonne tout Â» balbutia-t-il, avant que les larmes ne viennent enfin. « Ce n’est pas ce qu’on a appris Ă  nos enfants. Ce n’est pas ce qu’on leur a transmis. Â»

Il essuya maladroitement son visage, mais les mots continuaient de sortir, plus fragiles, plus vrais.

« Je le dois Ă  Victor. Â»

Il avala difficilement sa salive.

« Je le dois aussi Ă  Ganso… mĂŞme s’il n’est pas ici. Et Ă  Vitoriano. Ce sont presque les seuls morceaux de famille qu’il me reste encore autour de moi. Â»

Dans la salle, plusieurs journalistes baissèrent les yeux. La frontière entre information et intimité venait de se dissoudre complètement.

Ilaix prit alors la parole, avec ce ton sec et propre à ceux qui savent qu’ils doivent remettre un peu d’ossature dans un moment qui menace de s’effondrer sous son propre poids.

« Le club a estimĂ© qu’AnĂ­bal ne devait pas traverser cela seul. C’est pour cela que Hugo Viana et Ruben Amorim sont revenus au club, dans un rĂ´le de conseil et d’accompagnement. D’abord humain. Ensuite, seulement, sportif. Â»

Un murmure parcourut la salle. Les regards changèrent immédiatement. Certains stylos s’agitèrent. D’autres questions naquirent au même instant.

Ilaix poursuivit, sans laisser la pièce reprendre complètement son souffle.

« Simon Moya a Ă©galement rejoint le staff dans un rĂ´le qui sera prĂ©cisĂ© plus tard. Â»

Cette fois, la réaction fut plus nette encore.

« Simon Moya ? Â» relança une journaliste au premier rang. « L’ancien joueur de Valladolid ? Â»

« Oui Â» rĂ©pondit Ilaix.

« Avec tout le respect, Ilaix, Simon Moya n’évoluait plus vraiment dans le football ces dernières annĂ©es depuis sa retraite. Pourquoi lui ? Â»

Ilaix allait répondre, mais Aníbal le devança, plus calmement qu’on ne l’aurait cru.

« Parce qu’il est de la famille Â» dit-il. « Et parce que parfois, quand on traverse ce que je traverse, on n’a pas besoin d’organigrammes parfaits. On a besoin de gens qui savent pourquoi ils sont lĂ . Â»

Le journaliste suivant ramena la conférence vers le mercato.

« Plusieurs joueurs ont quittĂ© le club cet Ă©tĂ©. Est-ce qu’il faut comprendre que certains n’ont pas supportĂ© le contexte autour de Vianense ? Â»

Aníbal redressa légèrement le buste. Son regard se durcit. On sentait revenir, derrière la douleur, cette verticalité froide qui avait toujours été la sienne.

« Oui Â» rĂ©pondit-il. « Certains ont choisi de partir en raison de la situation. Â»

« Vous le comprenez ? Â» insista le journaliste.

Il y eut une courte pause.

« Je comprends la peur. Je ne comprends pas l’abandon. Ce sont des lâches… Â»

Le mot claqua dans la salle.

« Je les remercie pour ce qu’ils ont apportĂ© au club Â» reprit-il. « Mais je n’ai rien d’autre Ă  leur dire. Vianense vivait un moment charnière, difficile. Ils ont fait leur choix. Certains partent par la grande porte, eux non. Â»

Un autre leva la main.

« Vous le vivez comme une trahison ? Â»

Aníbal se pencha légèrement vers son micro.

« Je le vis comme un rĂ©vĂ©lateur. Â»

Ilaix, sentant la tension monter, reprit le fil en détaillant ensuite les retours enregistrés par le club. Gabriel. Pedro Tiba. Diogo Vieitas. Lamine Dos Santos. Elton Duarte. Vitoriano Pignatelli. Altair. Et puis d’autres arrivées intimment lié à Ani avec Joaquin Fernández et Juan-Sebastian Anaya. À chaque nom, la salle réagissait différemment. Surprise, admiration, parfois sidération.

Puis un journaliste demanda :

« Coach, qu’avez-vous dit Ă  tous ces joueurs pour les convaincre de revenir ? Â»

Cette fois, AnĂ­bal retrouva quelque chose qui ressemblait presque Ă  de la douceur.

« Rien que la vĂ©ritĂ©. Â»

Il marqua une pause.

« Je leur ai dit oĂą j’en Ă©tais. OĂą en Ă©tait le club. Et ce que cette saison pouvait signifier. Â»

« Vous leur avez promis du temps de jeu ? Â»

Il secoua la tĂŞte.

« Non. Je les ai remerciĂ©s d’être revenus. Un par un. Parce qu’ils ne reviennent pas pour un statut. Ils reviennent pour une idĂ©e. Â»

Il cita alors plusieurs noms directement, avec un respect presque cérémoniel.

« Gabriel revient pour finir ce qu’il avait commencĂ© ici. Â»

« Diogo revient avec l’humilitĂ© qu’il n’avait pas autrefois. Â»

« Pignatelli revient parce qu’il sait ce que cette maison a reprĂ©sentĂ© pour lui quand il Ă©tait au sol. Â»

« Joaquin et Juan-Sebastian viennent sans rĂ©clamer quoi que ce soit, alors qu’ils ont tout gagnĂ© ailleurs. Â»

« Altair revient au sommet de sa force pour gagner avec son compère de centre.. Â»

« Pedro Tiba revient pour servir, aider. Â»

« Lamine et Elton reviennent pour complĂ©ter, tenir, transmettre. Â»

Il baissa les yeux une seconde avant d’ajouter :

« Et je les remercie, tous, pour le club… mais aussi pour moi. Â»

L’émotion, de nouveau, n’était jamais loin. Mais cette fois, elle ne le submergea pas. Elle l’habitait simplement.

C’est à ce moment-là qu’un journaliste, assis plus au fond, posa la question que tout le monde gardait en réserve depuis le début.

« Avez-vous aujourd’hui des informations nouvelles sur l’enquĂŞte ? Â»

Ilaix réagit immédiatement.

« Je vais vous demander de recentrer vos questions sur le football. Ce n’est ni le lieu ni… Â»

« Non Â» coupa AnĂ­bal.

Le mot fut calme. Mais définitif.

Il tourna lentement la tête vers le journaliste. La pièce changea d’atmosphère d’un seul coup. Ce n’était plus la douleur qui parlait. C’était autre chose. Une rage compacte, tenue à peine par la politesse.

« J’ai toujours mis de la distance avec les provocations, les menaces, les intimidations Â» dit-il. « J’ai toujours pensĂ© que rĂ©pondre par le terrain, par les titres, par le silence, c’était la meilleure manière de ne pas nourrir la folie des autres. Â»

Il se pencha légèrement vers l’avant.

« Mais ce temps-lĂ  est rĂ©volu. Â»

Le journaliste, pourtant aguerri, ne bougea plus.

« Ă‰coutez-moi bien Â» poursuivit AnĂ­bal, sans le quitter des yeux. « Si un jour je trouve qui est derrière tout ça… la police ne pourra rien. Â»

Le silence fut total.

« Je serai inarrĂŞtable. Â»

Chaque mot tombait comme un coup.

« Et je lui ferai payer sa cruautĂ© au centuple. J’irais finir ma vie en prison s’il le faut, mais ce sera une vengeance froide et sale. Pour Yessica, pour Luisa, pour Pedro et pour ma petite Isabel Â»

Même Ilaix ne dit rien. Il connaissait la colère d’Aníbal. Il ne l’avait jamais entendue de cette manière-là.

La présentatrice chargée de modérer la conférence tenta maladroitement de ramener un peu d’air dans la pièce.

« Coach… est-ce que cette rage qui vous consume, justement, ne risque pas de vous dĂ©tourner de vos responsabilitĂ©s sportives ? Â»

Aníbal se redressa. Sa voix redevint plus posée.

« Non. Elle me rappelle pourquoi je suis encore lĂ . Â»

Puis, comme si le moment l’exigeait, un dernier journaliste posa la question la plus simple de la journée.

« Quelles sont vos ambitions cette saison ? Â»

Aníbal le regarda. Et pour la première fois depuis le début de la conférence, un sourire très bref, presque imperceptible, traversa son visage.

« Les miennes ? Â»

Il secoua la tĂŞte.

« Elles ne m’intĂ©ressent plus. Je n’en ai plus. Â»

Il posa les deux mains Ă  plat sur la table.

« Mais mon groupe… lui… il est lĂ  pour tout gagner. Certains pensent encore Vianense maudit, fini et bien… Ils vont ĂŞtre surpris. Cette siason on va humilier. Ce que Carlos a pu subir sera du petit lait devant la rage qu’ils ont. Â»

Il n’y eut pas besoin d’en dire davantage malgré la balle perdue pour Carlos Tévèz..

Quand la conférence prit fin, personne ne se précipita hors de la salle. On aurait dit que chacun avait besoin de quelques secondes supplémentaires pour revenir à une réalité plus ordinaire. Mais rien n’était plus ordinaire à Vianense. Plus maintenant.

Ce jour-là, Aníbal Guimarães n’avait pas simplement repris la parole.

Il avait ouvert le dernier acte. Et tout le monde venait d’en entendre le ton.

- CHAPITRE 1024 -
- LA CERISE SUR LE GÂTEAU -
- CHAPITRE 1026 -
COMING SOON - 21/04
8 « J'aime »