Réponses aux lecteurs
@Rhino j’avais fait tourner sévèrement pour ce match pour économiser les joueurs de Vianense notamment ![]()
@toopil clairement groupe très faible pour cet euro.
@alexgavi on est pas lĂ pour enfiler des perles ni des putes.
@CaptainAmericka oui je retrouve les anciens en sélection
on peut pas m’accuser que de ne prendre que des joueurs de Viana au moins ![]()
Le calme feutrĂ© de l’hĂ´tel napolitain enveloppait Vianense comme une parenthèse hors du temps. Les rideaux filtraient une lumière pâle, la ville grondait au loin, et l’effectif vivait ces heures suspendues propres aux mises au vert europĂ©ennes. AnĂbal, assis face Ă l’écran, laissait dĂ©filer distraitement une Ă©mission italienne, l’esprit dĂ©jĂ tournĂ© vers l’opposition Ă venir contre le Napoli. Tout semblait sous contrĂ´le, presque trop.
Puis l’image se figea. Le bandeau rouge apparut sans prévenir. Flash spécial.
La voix du journaliste changea de ton, plus grave, plus lente. Une explosion. Le Japon. Un ancien repère de yakuza réduit à un amas de gravats. Vingt-cinq morts. Et un nom, lâché comme un couperet : Ichiban Kasuga.
AnĂbal sentit le froid lui remonter le long de l’échine. Le monde autour de lui sembla perdre de sa consistance, comme si les murs de l’hĂ´tel s’étaient lĂ©gèrement Ă©loignĂ©s. Ichiban. Ichi. Son ami. Le bruit lointain de la circulation napolitaine devint sourd, irrĂ©el. Les mots du journaliste continuaient de s’empiler, mais AnĂbal n’en saisissait plus que des fragments, des Ă©chos sans cohĂ©rence.
Quelques minutes plus tard, son téléphone vibra. Un appel en provenance du Japon. Il reconnut aussitôt le nom d’Hiroto Hiraoka. La voix, à l’autre bout du fil, était calme, presque trop. Hiroto se trouvait à Nagoya, en visite à l’académie de Vianense, venu faire le point sur la nouvelle génération. Il confirma ce que la télévision venait d’annoncer. Ichi était mort. Il n’y avait plus de doute.
Puis Hiroto ajouta une phrase qui suspendit encore davantage le temps. Ichiban avait laissĂ© quelque chose pour AnĂbal. Une clĂ© USB. Dessus, une chanson. You’ll Never Know.
AnĂbal ferma les yeux. Vera Lynn. Encore. Ce n’était pas la première fois. Il connaissait dĂ©jĂ ces clĂ©s, ces messages dissimulĂ©s derrière des mĂ©lodies d’un autre âge. Il savait que Hiroto Ă©tait au courant. Que le cercle proche l’était aussi. Et pourtant, personne ne comprenait vraiment. Pourquoi ces chansons ? Pourquoi cette rĂ©pĂ©tition ? Qu’essayait-on de lui dire, Ă travers ces voix venues d’un passĂ© lointain ?
Dans la chambre silencieuse, AnĂbal resta immobile, le tĂ©lĂ©phone encore Ă l’oreille. Le football, la Ligue des Champions, Naples… tout semblait soudain secondaire. Il y avait, derrière la disparition d’Ichi, quelque chose de plus vaste, de plus sombre, peut-ĂŞtre de plus intime aussi. Un fil invisible que lui seul semblait devoir tirer.
Dehors, Naples continuait de vivre. Ă€ des milliers de kilomètres, le Japon pleurait ses morts. Et au cĹ“ur de cette nuit europĂ©enne, AnĂbal comprit que certaines histoires ne meurent pas avec ceux qui les portent. Elles laissent des traces. Des chansons. Des questions. Et cette impression persistante que, derrière le silence, quelqu’un continuait de veiller ou de prĂ©venir.
