:storygold: :s26: 🇵🇹 :vianense: O Leão de Lisboa

Réponses aux lecteurs

@FC_Guimaraes

@Rhino bon appetit.

@alexgavi C’est clairement une saison de folie. Mamadu va surement dépassé Infante d’ici une saison ou deux je saurais pas trop dire. surement 2 et s’il reste et conserve un temps de jeu cohérent car Adjei est là aussi.

@CaptainAmericka Niveau palmarès on reste très loin quand même. Même en C1 je crois que Benfica en a plus non ?

- « Il faut prĂ©voir l’avenir Hugo Â» -

Le bureau d’Hugo Viana était encore imprégné de l’odeur froide du champagne éventé et des cigares à peine écrasés. La nuit romaine n’avait pas encore totalement quitté les murs du centre d’entraînement, et pourtant Aníbal Guimarães s’y était rendu presque mécaniquement, comme on revient toujours au même endroit après les grandes émotions. La finale de la Champion’s League contre l’AS Monaco venait à peine de s’achever, les chants résonnaient encore dans les couloirs, et Vianense venait d’inscrire un peu plus son nom dans l’histoire. Mais Aníbal, lui, n’avait pas le cœur à prolonger l’ivresse.

Il s’assit sans cérémonie, le dos légèrement voûté, les traits tirés par l’intensité de la soirée. Hugo le regarda quelques secondes sans parler, comprenant instinctivement que ce rendez-vous n’avait rien d’anodin. Aníbal brisa le silence d’une voix calme, presque lasse, comme si les mots avaient mûri depuis longtemps. Il expliqua qu’il fallait désormais penser au futur. Pas au prochain mercato, ni à la prochaine finale, mais à ce futur plus inconfortable que l’on repousse toujours : un avenir sans lui sur le banc. Il rappela son âge, sans pathos, simplement comme un constat. La soixantaine approchait. Il ne se voyait pas entraîner jusqu’à quatre-vingts ans, ni devenir une figure figée, prisonnière de sa propre légende.

Il évoqua ce contrat à vie, ce privilège rare qui liait son destin à celui du club, et ces points faits chaque saison avec la direction, presque rituels désormais. Mais précisément parce que Vianense enchaînait les trophées, parce que la machine semblait huilée à la perfection, il estimait nécessaire de rester lucide. Les cycles, même les plus glorieux, finissent toujours par s’essouffler quand on refuse de les anticiper. Aníbal ne voulait pas être celui qui s’accroche trop longtemps, celui dont on murmure qu’il aurait dû partir un an plus tôt.

Hugo Viana l’écouta sans l’interrompre, le regard sérieux, presque grave. Lorsqu’il prit enfin la parole, ce fut pour lui répondre avec une honnêteté tout aussi désarmante. Il confia qu’il partageait cette réflexion depuis quelque temps déjà. Les dernières années, les pressions constantes, les affaires périphériques, les victoires autant que les tempêtes, l’avaient profondément marqué. Lui aussi ressentait le besoin de prendre du recul, de passer la main, non pas par lassitude, mais par lucidité. Il expliqua qu’un dirigeant, comme un entraîneur, devait savoir disparaître avant de devenir un frein.

Dans un échange presque intime, loin de toute stratégie médiatique, Hugo révéla qu’il travaillait déjà à sa succession. Rien de précipité, rien d’annoncé, mais une réflexion mûrie, patiente, fidèle à l’ADN du club. Il précisa qu’il souhaitait présenter son successeur à Aníbal prochainement, non pour obtenir une validation symbolique, mais parce que Vianense s’était construit sur cette confiance partagée, sur cette continuité humaine avant même d’être sportive.

Un silence s’installa à nouveau. Cette fois, il n’était pas lourd, mais apaisé. Deux hommes, au sommet de leur réussite, acceptaient enfin de regarder au-delà d’eux-mêmes. Aníbal se leva, posa brièvement la main sur le bureau d’Hugo, et esquissa un sourire fatigué. La Champion’s League venait d’être gagnée, mais ce soir-là, dans ce bureau discret, une autre victoire venait peut-être d’être arrachée : celle de savoir partir sans trahir ce que l’on avait bâti.

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