:storygold: :s26: 🇵🇹 :vianense: O Leão de Lisboa

Réponses aux lecteurs

@FC_Guimaraes

@toopil Lyon avait des bonnes perfs y’a quelques saisons :sac:

@Rhino il devient assez mature en effet et plus calme. Mais c’est pas incohérent.

@alexgavi Il est pas grand mais tout de même. Mais c’est vrai qu’Adjei peut etre intimidant. Faut qu’il bosse et le meilleur jouera c’est le jeu.

- Luis Almeida sur le départ ? -

Luis Almeida avait toujours été de ces joueurs qu’on croyait éternels dans un club, comme un vieux pilier de vestiaire dont on présume, sans même y réfléchir, qu’il finira sa carrière là où elle avait commencé. Huit ans à Vianense, 286 apparitions, des hauts, des creux, des renaissances, des blessures, des buts cruciaux, de l’amour donné et reçu. À l’automne 2045, pourtant, quelque chose se fissurait doucement dans cette certitude tacite.

Ce n’était pas son niveau qui posait question bien au contraire. Avec six buts et quatre passes décisives en dix-huit apparitions, dont douze titularisations, il redevenait irrésistible. On retrouvait ce Luis qui prenait son couloir comme une colline à dévaler, qui levait la tête, crochettait, enveloppait une passe millimétrée. Les supporters l’avaient senti : Almeida est revenu.

Mais ce retour en grâce avait réveillé un autre questionnement, plus intime, plus immatériel : le temps passait. Et tandis qu’il gagnait en maturité, le cocon de Viana devenait aussi une cage dorée dont il ne savait s’il voulait sortir.

Son agent avait rendu les choses plus concrètes. Une offre, ou plutôt : un murmure d’intention. Wolfsburg. La Bundesliga. Et surtout Pedro Tiba. Son grand pote. Son frère d’armes. Celui avec qui il avait grandi au club, puis qu’il avait vu partir sans pouvoir le retenir. Retrouver Pedrinho… Cette idée le troublait plus qu’il osait l’avouer.

Un soir, dans la maison familiale à la périphérie de Viana do Castelo, il en parla enfin à la seule personne qu’il savait capable de le renvoyer à lui-même : son père.

Son père était dans le salon, lunettes posées sur le bout du nez, lisant un vieux journal sportif qu’il avait gardé de l’époque où Luis signait son premier contrat pro. Quand il entendit la porte intérieure claquer, il releva la tête et sans un mot, il sut que quelque chose pesait.

« Tu rentres tĂ´t, Â» dit-il doucement.

« Ouais… J’avais pas la tĂŞte Ă  rester Â».

Luis s’assit face lui, les coudes sur les genoux, le regard perdu dans le tapis.

« Papa… tu sais que je t’ai toujours tout dit. Tout. Et lĂ  je suis perdu Â».

« Alors dis-moi Â».

Luis inspira profondément.

"Wolfsburg est revenu à la charge. Ils veulent me faire venir. Et… Pedro est là-bas. Il m’a écrit. Il m’a dit : « Rejoins-moi, frérot. On remet les pendules à l’heure ensemble. »"

« Mmmh Â»

Son père posa le journal. Le plia soigneusement. Le déposa sur la table basse. Puis, seulement ensuite, il répondit.

« Et toi, Luis ? Tu veux y aller ? Â»

« Je sais pas. C’est ça le problème. Une partie de moi dit oui. Une autre dit que Viana, c’est ma maison. Â»

Son père sourit, doucement.

Non. Toi tu dis : Aníbal m’a fait confiance alors que j’étais personne. Tu dis : J’ai grandi ici comme un enfant élevé par un village. Et tu dis aussi : Mais peut-être que je dois devenir homme ailleurs.

Luis leva les yeux, saisi.

« Comment tu fais pour lire dans ma tĂŞte comme ça ? Â»

« Je ne lis rien. Je t’ai vu naĂ®tre, ça suffit. Â»

Un silence s’installa. Pas un silence gêné, mais un silence où le cœur réfléchit.

« Tu sais ce qui me retient le plus ? Â» dit enfin Luis.

« Dis-moi. Â»

« J’ai peur que partir… ce soit trahir Vianense. Â»

« Ah. VoilĂ  le vrai sentiment. Â»

Son père se redressa, le regard brillant.

« Luis… ce club t’a donnĂ© beaucoup. Oui. Mais toi aussi tu lui as donnĂ© huit annĂ©es de ta jeunesse, de ton corps, de ta loyautĂ©. Quitter un endroit ne signifie pas l’abandonner. Il y a plusieurs façons d’honorer une famille : rester… ou partir en portant son hĂ©ritage plus loin. Â»

Luis resta longuement immobile. Il sentit que ces mots pénétraient lentement, comme la lumière au petit matin.

« Et puis, ajouta son père, s’il y a une chose que j’ai apprise… c’est que la carrière d’un joueur n’est pas un chapitre unique. C’est un livre, avec plusieurs lieux, plusieurs nuances. Tu n’es plus le gamin de 17 ans avec les yeux Ă©merveillĂ©s. Tu es un homme de 24 ans qui doit choisir son horizon. Et quel que soit ce choix… je serai fier. Â»

Luis cligna des yeux. Une larme lui aurait échappé, s’il n’avait pas fait l’effort de la retenir.

« Merci, papa. Â»

« Je t’ai pas donnĂ© la rĂ©ponse. Â»

« Si. Tu m’as donnĂ© le droit de la trouver. Â»

Ce soir-là, en remontant l’escalier vers sa chambre, Luis sentit une envie étrange à la fois de rester, et d’oser partir. Et peut-être que le vrai courage n’était pas de savoir immédiatement, mais de s’autoriser à choisir.

Il n’avait pas encore pris sa décision. Mais il savait désormais qu’elle lui appartenait. Et c’était un premier pas vers la vérité. Sa vérité.

- Chapitre 876 -
- Mamadú et Adjei, c’est la guerre -
- Chapitre 878 -
Coming SOON - 01/12
10 « J'aime »