Réponses aux lecteurs
@Rhino toujours ![]()
@Sythax je t’avoue je suis plutot content du résultat.
@alexgavi non non il est rincé désormais.
Il avait prononcé les mots avec calme, sans amertume, sans rupture brutale. Juste avec cette lucidité tranquille qui habite ceux qui savent avoir donné sans compter. Gabriel, 21 ans, visage toujours juvénile mais regard durci par cinq années et demie passées dans les entrailles exigeantes du SC Vianense, avait confié à un média brésilien sa réflexion profonde :
“Peut-être qu’à la fin de cette saison, il sera temps pour moi d’explorer autre chose.”
Une phrase lourde de sens, prononcĂ©e dans un portugais teintĂ© d’un lĂ©ger accent du Para, et qui rĂ©sonna immĂ©diatement jusque dans les travĂ©es de l’Arena do Viana. FormĂ© au club, devenu international brĂ©silien Ă 18 ans, soldat fidèle de la montĂ©e comme des campagnes europĂ©ennes, Gabriel avait traversĂ© les saisons avec l’assurance d’un patron en devenir, sans jamais s’écarter de la ligne que lui traçait AnĂbal GuimarĂŁes : travailler, apprendre, dominer en silence.
Mais le temps passe vite pour ceux qui rêvent grand. Le départ d’Altair vers le Bayern, l’été dernier, avait laissé des traces. Non pas de jalousie, ni même d’envie mal placée. Mais un signal. Un rappel que certains trains ne repassent qu’une fois, et que pour rejoindre le wagon de la Seleção, il fallait désormais être plus qu’un leader d’ombre. Il fallait briller à la lumière crue des projecteurs européens.
“Altair a montré la voie. Le Bayern lui a donné une plateforme. Il joue la Ligue des Champions tous les ans, il est exposé. Il a été rappelé en sélection, parce qu’on ne peut plus l’ignorer.” avait glissé Gabriel, droit dans ses bottes, mais sans renier ce qu’il devait à son club de toujours.
Et pourtant, Ă Vianense, personne ne lui en voulait. Ni dans le vestiaire, oĂą chacun respectait le chemin accompli, ni chez les supporters, qui savaient que rien n’était Ă©ternel. MĂŞme AnĂbal, habituellement peu friand de ces discours mĂ©diatiques, n’avait pas bronchĂ©. Il connaissait le garçon. Il l’avait vu arriver, frĂŞle adolescent dĂ©barquĂ© d’un vol BelĂ©m-Porto, terrifiĂ© Ă l’idĂ©e de ne pas ĂŞtre Ă la hauteur. Il l’avait façonnĂ©, corrigĂ©, encouragĂ©, parfois grondĂ©, mais toujours protĂ©gĂ©.
Alors bien sûr, si Gabriel venait à partir, cela laisserait un vide. Mais ce serait un vide noble, comme celui que laissent ceux qui ont marqué leur passage non par fracas, mais par constance. Et d’ici là , la saison n’était pas terminée. Il restait des matchs à jouer, des trophées à chercher, et pourquoi pas, une dernière danse sous les couleurs bleues de Vianense.
Car avant de voir ailleurs, Gabriel voulait partir la tête haute. Et pour cela, il comptait bien tout donner, jusqu’au dernier souffle.
