Réponses aux lecteurs
Lisbonne, 20 décembre 2043.
Si l’hiver portugais adoucissait ses frimas sur les bords du Tage, la soirée du 19 décembre avait vu souffler un vent de renouveau sur le football lusitanien. Cristiano Ronaldo, légende parmi les légendes, icône nationale devenue figure institutionnelle, venait d’être élu à la présidence de la Federação Portuguesa de Futebol. Une élection disputée, tendue parfois, mais qui s’était conclue par une victoire nette, portée par une ferveur populaire intacte et un programme aux accents de modernité enracinée.
Dans le décor fastueux du gala de fin d’année de la FPF, organisé comme chaque saison au Pátio da Galé, les regards s’étaient vite tournés vers l’homme en costume sombre, cravate grenat, sourire intact et pas encore tout à fait présidentiel dans son maintien, mais déjà statuaire dans l’allure. Cristiano, 68 ans, silhouette droite et regard clair, avait ce soir-là monopolisé l’attention.
Mais au-delĂ des flashs, des discours protocolaires et des coupes de champagne levĂ©es aux lendemains victorieux, deux figures du football portugais avaient semblĂ© bĂ©nĂ©ficier d’une proximitĂ© singulière avec le nouveau patron du futebol nacional : Gonçalo Inácio, entraĂ®neur du Sporting, et AnĂbal GuimarĂŁes, manager gĂ©nĂ©ral du SC Vianense.
Les trois hommes, attablĂ©s ensemble une partie de la soirĂ©e, avaient Ă©changĂ© longuement, Ă l’abri des micros mais non des regards. Entre AnĂbal et Cristiano, le respect semblait mutuel, teintĂ© de cette complicitĂ© silencieuse qui unit les hommes ayant connu les grands soirs, les titres rĂŞvĂ©s, les soirs qui changent une carrière. Si les deux hommes ne s’étaient jamais croisĂ©s sur un banc, l’un et l’autre avaient su inscrire leur nom dans le marbre du football portugais. L’un par ses exploits sur la pelouse du Santiago BernabĂ©u, l’autre par ses miracles tactiques du cĂ´tĂ© de Viana do Castelo.
Quant à Gonçalo Inácio, il incarnait ce trait d’union générationnel entre l’ancienne et la nouvelle école. Passé du statut de joueur du Sporting à celui de tacticien affûté, il s’était imposé en l’espace de deux saisons comme l’un des entraîneurs les plus prometteurs de la Liga Betclic. Sa relation avec Cristiano, née de leurs années croisées sous le maillot vert et blanc, semblait s’être muée en un dialogue d’influence et de projets partagés.
Dans les couloirs feutrés de la fédération, certains évoquaient déjà une refonte structurelle des sélections jeunes, un investissement massif dans les académies régionales, voire un Conseil Technique National réunissant les meilleurs esprits du pays autour de la vision présidentielle de CR7. Et si l’avenir restait encore flou, nul doute que Vianense, via son mentor Guimarães, aurait sa place à cette table.
Car plus qu’un gala, cette nuit lisboète avait peut-être signé le début d’une ère. Une ère où les anciennes gloires passaient le flambeau non par nostalgie, mais par conviction. Une ère où, dans l’ombre dorée d’un gala, le Portugal du football dessinait à nouveau les contours de son destin.
