Que dire… 
Merci à tous😉

Un énorme chantier attend le club pour cette nouvelle saison. Il faut tout reprendre et structurer tous les secteurs. Nous avons bien avancé avant la reprise officielle mais il faut du temps pour que tout le monde soit au diapason. Comme convenu, Bernardo m’avait donné carte blanche pour la composition de mon staff et celui des U19. Je m’étais attelé à la tâche pour avancer mes pions sur mes choix préférentiels. J’avais réussi à composer entièrement mon staff et partiellement celui des U19 avant la reprise. Il me fallait encore un préparateur physique et un entraîneur des gardiens pour ces derniers.
En ce qui concerne l’organigramme du club, les postes à responsabilités avaient également été attribuées avant la reprise. Adriano Paulo poursuit l’aventure en tant que directeur sportif. Silvino Morais prolonge en tant que responsable de la formation. Abel Viana devient responsable des kinés. Pour le recrutement, André Caetano est choisi tandis que David Luz assume l’analyse des données. Chacun des membres doit maintenant étoffer son équipe.
Quant au recrutement, pas le moindre joueur supplémentaire pour la reprise. Les finances sont ce quelles sont et nous ne voulons pas commettre d’erreurs de casting. Nous recruterons certainement mais nous le ferons quand nous serons certain de l’apport d’un élément supplémentaire. Hors de question de tout chambouler. Nous avons confiance dans l’effectif actuel. Le but est d’apporter des améliorations.
Pour la reprise, nous repartons donc qu’avec des éléments connus. Pour créer cette entité club tant souhaité, je décide de commencer avec tous les joueurs pro et U19 confondus. Le staff des U19 se joint à nous pour piloter les séances.
-Bienvenue à tous! C’est un plaisir de vous revoir après cette courte trêve. J’espère que vous avez pu recharger vos batteries pour cette nouvelle saison qui s’annonce éprouvante. Le challenge que nous allons devoir relevé cette saison s’annonce bien plus compliqué que celui de la saison dernière. On aura besoin de l’investissement de chacun pour atteindre l’objectif du club, le maintien… Vous avez certainement remarqué que nous sommes beaucoup pour ce premier jour de travail. Sachez que c’est un souhait afin de connaître toutes les forces en présence et les faiblesses que nous avons. Mais nous souhaitons également nous projeter sur les années à venir et nous savons que la formation doit occuper une place importante au sein du club… Voilà comment nous allons fonctionner sur cette première semaine de travail. Nous allons nous diviser en quatre groupes de travail. Les exercices seront conduits par deux ou trois d’entre nous. Les quatre groupes suivront les mêmes exercices, peut-être dans un ordre différent. Peu importe. Vous serez tous mélangés sans distinction. Tout le monde part sur un pied d’égalité. Nous pratiquerons la politique de la méritocratie. Nous souhaitons que votre investissement soit total et constant. Si vous avez un soucis physique, une douleur, une gêne, faites-le nous savoir. Nous voulons que vous vous donniez à cent pour cent mais sans vous mettre en danger. On sait d’ores et déjà que ce sera difficile physiquement tout au long de la saison. Donc, zéro risque… Enfin, vous avez remarqué qu’il n’y a pas de nouveaux visages pour le moment. Il y en aura. Mais, on ne chamboulera pas tout. On a confiance en vous, en vos compétences. Les arrivés futurs auront pour but d’apporter un plus. De consolider l’effectif et, ou, d’apporter une solution différente de celles à disposition… Vous savez tout ce qu’il y a à savoir. On va maintenant se diviser par groupe de travail pour commencer. Quand votre nom est cité, veuillez venir vers moi… Victor Braga, Bernardo…
Les quatres groupes sont ainsi formés. Au programme, du travail foncier qui va s’étaler sur plusieurs jours. Je sais que ce n’est pas la phase de préparation préférée des joueurs mais elle est essentielle pour la saison à venir. D’autant plus dans notre cas avec le peu de repos que les organismes ont eu. Connaissant l’usure mentale provoquée par ce type de séance, j’ai décidé d’inclure au maximum le ballon dans les exercices. Et chaque séance sera conclu avec une petite opposition de quinze minutes pour pouvoir retrouver des sensations techniques.
Une heure et trente minutes plus tard, les derniers étirements sont fait en clôturé de la séance du jour.
-Bravo à tous pour votre implication. J’ai vraiment apprécié ce que j’ai vu aujourd’hui. Je veux que vous continuiez comme ça avec ce même sens de l’investissement et du sacrifice. Vous avez été courageux et persévérant. Ce sont des qualités qui vont vous porter durant la saison. Ne négligez pas la récupération et le sommeil. Couchez-vous tôt ce soir, s’il vous plaît. Demain, rendez-vous à 9h30… Une dernière chose, je vous présente Ana. Ana est nutritionniste et elle va travailler avec vous. Elle a préparé un plan nutritionnel pour chacun d’entre vous. Avant de partir, je vous demanderais de venir la voir pour recevoir votre plan personnel. Et bien sûr de le suivre dès demain. Merci à tous et bonne soirée.
Ces recherches de staff, le truc le plus chiant pour moi sur ce jeu
.
Ça va bosser dur ,tien comme a Sainté en ce moment 
Perso, j’aime bien les recherches de staff. Du moins, tout autant que les mercatos…

-Tu es prêt, fiston?
-Oui papa.
-Alors c’est parti…
Je m’élançais tandis que mon père me tenait par la scelle. Je pédalais autant que je pouvais confiant par l’aide de mon père. Puis un regard en arrière… La panique. La perte d’équilibre. Et la chute… Mon père ne me tenait plus depuis de nombreux mètres.
-Alors fiston, ça va?
-Je croyais que tu étais derrière moi.
-Je l’étais jusqu’au moment où tu n’en avais plus besoin. Mais ce n’est pas grave. On réessaie!!
Le deuxième essai n’était pas plus concluant. Ni même le troisième. C’est à ce moment-là que j’eu envie d’abandonner. Mon père en profita pour m’apprendre une importante leçon. Atteindre des objectifs exigent de la détermination. On n’a rien sans rien…
Un autre apprentissage m’avait permis de comprendre cette leçon. La nage. Apprendre à nager en pleine mer atlantique était un vrai défi. Mais après quelques tasses bien salées et l’envie de jeter l’éponge à plusieurs reprises, le défi avait été relevé. On a rien sans rien…
Un dernier exemple m’avait convaincu que la détermination était essentielle. Celui de ma grand-mère. Atteinte d’un double cancer violent, les médecins ne lui avait donné que quelques semaines. Elle avait, par sa force de caractère, tenu plusieurs mois. Le jour de son enterrement, je me suis promis de ne jamais jeter l’éponge devant un obstacle…
Marcos me sortit de mes pensées. La séance d’entraînement était terminée et tout le monde avait pris la direction des vestiaires. J’emboîtais le pas de mon adjoint en direction de ces derniers. La détermination est bien le sujet du moment. Nous en sommes à la septième journée et toujours pas la moindre victoire. Trois nuls et quatre défaites. Le plus inquiétant étant la série de quatre défaites consécutives en encaissant la bagatelle de douze buts.
Nous avions décidé, lors de la pré-saison, d’assumer un style de jeu débridé afin de ne pas seulement subir et effectuer des coups mais aussi assumer le jeu et dominer nos adversaires. Après sept journées, nous avions dû admettre que notre vision était quelque peu angélique et inappropriée. Il fallait changer notre approche. Depuis deux jours, nous avions changé notre fusil d’épaule. Le 4-3-3 continuait de rigueur mais nous allions changer notre approche en pratiquant un football moins audacieux. Hors de question de mettre un bus. Néanmoins, il faudra être plus compact, mieux organisé et plus patient lors de la phase de récupération.
Mais ce n’est pas notre seul soucis. Une situation m’inquiète particulièrement, celle des mes attaquants de pointe. Nous en sommes à septs matchs de championnat et aucun de mes trois avant-centre n’a encore marqué. Pire, leurs prestations sont plus pâles que la mort. Lors du premier match, j’avais décidé que Gustavo serait le titulaire du poste. Lulunzi serait sa doublure le temps que Juan, le dernier arrivé, puisse s’acclimater. Intrinsèquement, Gustavo est celui qui possède le plus que qualités. Il n’avait pas été à la hauteur la saison dernière et Lulunzi avait fini par lui volé la titularisation avec brio. Mais je souhaitais repartir sur de nouvelles bases et lui redonner la confiance qu’il avait perdu. Il avait, dans un passé pas si lointain, réussi à finir meilleur buteur du championnat carioca des moins de 20 ans. J’étais convaincu qu’il pouvait être notre goleador. La pré-saison avait permis de travailler de façon sereine et nous avions multiplié les discussions. J’étais confiant… Je ne le suis plus du tout. Six matchs. Zéro but. Et des prestations transparentes. Il a les qualités mais le problème est mental. Lulunzi a même commencé le dernier match en tant que titulaire en réponse à la pauvreté des prestations de Gustavo. Je ne sais pas si c’est la bonne solution mais je préfère laisser Gustavo récupérer en le sortant du onze de départ. Question qu’il est moins de pression. Je lui en ai parlé. Il l’a accepté en promettant de travailler. Je suis certain qu’il pourra nous apporter quelque chose plus tard…
Arrivé dans les vestiaires, je félicite tout le monde pour les séances du jour. L’implication a été bonne et l’état d’esprit est positif. Je sens les joueurs dans une dynamique positive malgré les résultats sportifs. Demain, une nouvelle double séance est prévue. Nous focaliserons le travail sur les changements tactiques et la mise en place en vue du prochain match. En espérant que ça finisse par payer…
Salut à tous,
Juste pour donner quelques News sur mon absence… la storie n’est pas fini mais j’ai changé de téléphone et je suis entrain de changer d’ordi. J’ai donc pris du retard mais je reviendrais en cours de semaine prochaine au plus tard.
À bientôt😉
Hello @AVB14 prends le temps nécessaire pour bien installer ton nouvel ordi mon ami. On patientera bien un peu pour avoir la suite de ce splendide récit 
Si tu pouvais mettre dix jours ?
Le temps que je fasse mon retard 
Thanks boys😉




Nous avons bien redressé la barre après un début de saison plutôt décevant. Nos sept premiers matchs ne nous avaient permis d’obtenir que trois points et nous occupions la dernière place. Les sept matchs suivants nous ont permis de prendre quinze points et de remonter à la onzième place. Tout n’a pas été parfait mais les progrès à tous les niveaux sont nets. Défensivement, nous sommes plus solides. Offensivement, plus efficace. Néanmoins, la question de l’avant-centre perdure… Gustavo ne m’ayant pas convaincu, j’avais décidé d’aligner Lulunzi en pointe comme lors de la saison passée. Le résultat ne fut pas du même ordre, bien loin de là. Trop frêle. Trop juste techniquement. Pas assez intelligent tactiquement. Résultat? Quatre matchs titulaires. Zéro but. Des prestations pas au niveau. Après une discussion franche avec le joueur sur ses lacunes pour ce niveau, il nous quitta direction l’Angola. Je dû donc lancer Juan Bonet à la pointe de l’attaque. J’avais laissé le temps à ce jeune attaquant argentin pour qu’il observe, s’adapte et apprenne. Juan avait été considéré comme l’un des gros espoirs de Boca Junior. Mais il ne confirma pas les espoirs déposés en lui. Parti à Talleres, il était sur la liste des prêts quand Adriano me présenta son profil en multipliant les éloges sur son potentiel. Son jeu de tête et sa justesse devant le but en étaient les principales. Nous avions donc avancé sur le dossier et conclu son arrivée en espérant avoir fait une bonne pioche. En trois titularisations, il a trouvé le chemin des filets une fois et délivré une passe décisive. Pas mal pour un début. En tout cas, nettement mieux que ses concurrents.
Ce matin, j’enchaîne les exercices avec haltères. Développé-couché, rowing, pull-over… Ces séances sont devenues indispensables à mon équilibre physique mais aussi mental.
-Papa, c’est l’heure du petit-déjeuner!!
-8…9…
-Papa!!
-10!.. J’arrive Frederico… Je finis quelques étirements et je descends. On les fait tous les deux?
Sans répondre, il se baisse tout en essayant de toucher ces pieds avec ses doigts… Sacré garnement.
Avec le staff, nous avons décidé que les lendemains de matchs seraient, à présent, chômés. Nous avions l’habitude d’effectuer un décrassage suivi d’une analyse vidéo de la prestation de la veille mais une réflexion nous avait amenés à changer cette habitude. Nous étions arrivés à la conclusion que laisser quartier libre aux joueurs pouvait leur permettre de récupérer davantage psychologiquement et de gagner en implication pour le travail de la semaine. Le changement avait depuis paru bénéfique. Personnellement, il m’a apporté un équilibre que je n’avais plus depuis mon arrivé au club. Cette journée, je la réserve pour passer du temps en famille et penser à autre chose que le football. J’ai toujours aimé les sports mécaniques et l’automobile de manière plus générale. Je m’y suis replongé tout en essayant de développer la même attirance chez Frederico.
-Allez fiston, on y va pour le p’tit déj et ensuite on va faire un tour dans ta voiturette!
-Super!!!

Câlé bien au fond du fauteuil de mon Alfa, j’essaie de digérer, de comprendre, d’encaisser… mais ça ne passe pas bien. Je ne comprend pas. Nous venons de terminer le championnat à une inattendue huitième place. Tout le monde nous prédestinait à la relégation. Nous nous en sortons avec les honneurs après une belle saison. La joie et les festivités ont été intense mais elles ont rapidement laissé place à la préparation de la nouvelle saison… La première réunion avait permis de tracer les objectifs, fixer les souhaits et organiser le plan d’action. La deuxième avait débouché sur cette sauce indigeste… La cause étant les finances. L’année dernière, le titre de champion de troisième division nous avait permis d’empocher près d’un million d’euros au total. Notre huitième place en deuxième division ne nous permet d’empocher que cinq-cent milles euros. Une hérésie! Et surtout, une difficulté de plus dans notre projet déjà compliqué.
Pour ma part, c’est un vrai coup derrière la tête. Après deux saisons passées à faire des économies sur les transferts et les salaires, le résultat est très insuffisant, presque imperceptible. Les finances sont toujours dans le rouge. Et pour ne rien arranger, nous devons recomposer l’effectif après de nombreux départs en fin de contrat. En gros, il faut faire mieux avec moins. Une équation bien difficile à résoudre. L’idée de la démission m’a déjà traversé l’esprit deux, trois fois mais quitter le navire en mer serait une erreur surtout que ma côte de popularité ne me paraît pas suffisante pour tenter un coup de poker de ce genre. De plus, j’ai de l’affection pour ce club et ses supporters. Je ne me vois pas les laisser comme ça. Partir comme on quitte une amourette d’été lors de l’adolescence. Il faut que je me conforme à l’idée que le plus gros défi de ma carrière est devant moi. La saison à venir me permettra de confirmer mon ascension ou de retomber dans un anonymat certain.
Le jour suivant, après avoir pondéré ma réflexion, je demande à voir Bernardo, mon président. J’ai une requête et je compte l’imposer à mon boss… Sans passer par quatre chemins, je rentre dans le sujet et lui demande le rajout d’une clause dans mon contrat. Je souhaite, si une invitation m’est faite pour entraîner un autre club, pouvoir être libre d’accepter ou de refuser la demande sans contre-partie. Bernardo me regarde d’abord d’un air stupéfait avant de récupérer ses esprits et refuser ma demande. Comme je m’attendais à cette réaction, je lance mes arguments les uns après les autres. Les résultats obtenues, la gestion financière irréprochable, le pari sur la formation, le travail malgré les faibles moyens… je les passe tous en revue pour prendre l’ascendant et me mettre en position de force. Je suis prêt à m’investir totalement sur cette nouvelle saison mais je veux avoir les mains libres pour diriger ma carrière comme je le souhaite. Bernardo n’est toujours pas convaincu par mon plaidoyer. Je décide d’avancer ma dernière carte. Je suis prêt à inclure une deuxième clause dans mon contrat, cette fois, à l’avantage total du club. En cas de licenciement, je renoncerais à mes indemnités contractuelles. Je sens que Bernardo ne s’attendait à cette possibilité. Je ne suis pas là que pour penser à moi. J’ai de l’estime pour ce club et envers Bernardo qui m’a offert une opportunité exceptionnelle. C’est du donnant-donnant. L’argument fait mouche malgré une dernière réticence.
Le lendemain, l’avenant est ajouté à mon contrat de travail. Le marché est conclu. Je peux partir en vacances afin de récupérer avant d’attaquer la saison la plus difficile de ma courte carrière…
Cette qualité d’écriture je ne m’en lasse pas 

Super récit , j’attendais la suite depuis un moment 
Espérons que cette saison soit la bonne !

-J’ai bien compris… C’est intéressant… Mais c’est au moins aussi compliqué qu’intéressant.
-Je suis d’accord avec toi mais ça ouvre tellement de perspective.
-Tu veux mon avis?! Arrêtes de fantasmer! À notre niveau, ce type de système s’apparente à un suicide collectif.
Je sais que Marcos est dans le vrai mais je ne lui réponds pas, préférant laisser un silence s’installer en signe d’insistance.
-Oublies… Vraiment! Je te rappelle que la saison passée, nous avons dû simplifier au maximum notre fond de jeu pour obtenir des résultats. Et vu les restrictions concernant l’effectif sur cette saison, je ne vois pas comment une telle évolution est possible. Faut rester pragmatique dans notre approche. C’est mon avis.
-Je sais… Mais un jour, il faudra évoluer.
-Je suis d’accord mais le timing ne me paraît pas opportun. Ni même les forces en présence ne me paraissent suffisante.
Avec Marcos, nous avons pris l’habitude d’assister régulièrement à des matchs de niveau supérieur afin d’observer et de mener des réflexions sur notre travail. Ce soir, nous sommes au Estádio do Rio Ave. La venue de Bordeaux nous a piqués au vif et réveillés notre curiosité. Bordeaux, c’est Paulo Sousa et son système hybride. Depuis son arrivée en Gironde, notre compatriote a implanté un système original et exigeant. Celui-ci a fait ses preuves avec des résultats progressifs et probants. Après une sixième place lors de sa première saison complète, Paulo Sousa a atteint la cinquième lors de sa deuxième saison pleine. Il fait l’unanimité au pays du bon vin et de nombreux articles ont détaillé son style et son système. Les articles, nous les avons lus. Mais rien de mieux que du live pour analyser et comprendre. Et une chose est certaine, pour évoluer dans ce système, il faut des joueurs ayant de l’intelligence tactique car les repositionnements sont nombreux et exigeants. Marcos a raison. Nous ne sommes pas prêt pour ce type de système de jeu.
-Je te propose que l’on y aille. On a vu ce que l’on voulait.
-Allez.
-On se fait quelques fruits de mer au Cabana?
-Je ne refuse jamais quelques fruits de mer!
Deux jours plus tard, nous jouons notre premier match officiel de la saison. Si la préparation de la saison dernière avait été particulière avec une période de repos réduite au minimum. Cette pré-saison présente une toute autre particularité. La coupe de la ligue vient pointer le bout de son nez alors que nous n’avons joué que trois matchs de préparation. C’est peu. C’est insuffisant. Mais le calendrier est ainsi fait et nous devons nous en accommodé. La coupe de la ligue n’est pas non plus une priorité dans nos prérogatives. Ce qui relativise ma préoccupation. L’intérêt sportif de cette compétition est douteux. Sa conception est loufoque. Et elle est, à mon sens, vouée à une mort certaine. Néanmoins, elle présente un point d’intérêt, l’apport financier. Nous continuons dans le rouge et tout apport est bon à prendre. L’idéal serait d’atteindre les phases de groupes. Mais avant cela, nous avons un premier match à jouer aujourd’hui contre Paços de Ferreira. Si nous nous qualifions, nous en aurons un second. Ensuite, ce sera la phase de poules.
Le soir même, nous nous imposons par la plus petite des marges dans la capitale du meuble. Ruben Costa, le meilleur espoir du centre de formation, est le seul buteur du match. En conférence de presse, je multiplie les éloges envers les joueurs. « Nous avons su être solide et faire le dos rond dans les moments difficiles ». « Nous avons été efficace ». « Estrela nous apporte de la qualité technique et de l’intelligence tactique ». « Être plus efficace est l’une de nos priorités cette saison ». « Ruben est le fer de lance de notre formation. Il le sait et l’assume totalement ». « Avec cette même envie, cette même mentalité, on sera difficile à battre ». « L’apport financier de cette compétition en fait quelque chose d’intéressant pour nous, tout est bon à prendre sous ce rapport ». J’ai décidé d’aborder différemment les moments passés face à la presse. J’avais l’habitude d’être lisse et plutôt langue de bois avec des réponses apprêtées. Je veux changer mon fusil d’épaule. Jouer la carte de la transparence et de la franchise. Utiliser les médias pour ce qu’ils sont, des moyens de communiquer et d’informer.
Le soir même, peu avant vingt-trois heures trente, nous découvrons le verdict du tirage au sort. Nous recevrons le Vitória Setúbal à domicile. Un gros challenge face à une équipe de première division…

« Tut tut… tut tut… tut tut… »
Ma main droite se pose comme instinctivement sur le réveil posé sur la table de chevet à ma gauche. J’ouvre les yeux. Je jette un regard sur ma gauche. Il est six heures du matin. Nous sommes le dimanche dix-neuf juillet. C’est jour de match.
À peine sorti du lit, je me dirige vers la salle de bain. Je me débarbouille avant d’enfiler un short et un tee-shirt. Je descend ensuite vers la cuisine où je programme la machine à café pour que celui-ci soit prêt à mon retour. J’enfile une paire de basket, mes écouteurs sur les oreilles avant de lancer du João Pedro Pais. Je suis parti pour une demie-heure de course à pied sur le front de mer.
Rapidement, mes narines se remplissent de l’odeur d’iode si caractéristique de l’océan Atlantique. J’aime humecté ce parfum à la fois doux et puissant. Il me transporte dans des voyages à travers le temps. Ceux qui m’amènent aux années d’insouciance de l’enfance et de la pré-adolescence. Ceux où tous les rêves étaient permis. J’ai rêvé d’une carrière de footballeur à cet âge-là. Je ne l’ai pas atteinte. J’exorcise ces vieux démons avec ma carrière actuelle.
De retour à la maison, et après une douche fraîche, je m’installe avec mon mug de café devant la fenêtre de la cuisine. La maison est encore calme et j’en profite pour récapituler le planning qui m’attend. Le coup d’envoi du match est pour dix-sept heures. Le départ du car vers le stade est prévu pour quinze heures quarante-cinq. Avant ça, nous nous retrouvons à midi trente à l’hôtel Solverde pour un déjeuner tous ensemble. Le partenariat avec ce dernier nous permet d’obtenir quelques faveurs au long de l’année. De treize heures trente à quatorze heures trente, les joueurs ont quartier libre au sein de l’hôtel. Finalement de quatorze heures trente à quinze heures trente, la sieste est imposée à tous. Ensuite, direction l’Estadio do Bolhão… Je reprend une gorgée de mon café.
-Hééé papaaaa!!!
-Ohhh fiston, déjà debout?!
La journée est lancée…
Assis, les coudes posés sur les genoux et le regard rivé sur le tableau d’affichage, je me dis que ce sport est d’une injustice telle que parfois je voudrais le haïr. Nous jouons la quarante-cinquième minute et le score est de 0-1. Notre domination est outrancière mais c’est le Vitória Setúbal qui est devant. Une frappe. Un but. Clinique. Cynique. Injuste. Je n’ai rien à reprocher aux joueurs. L’attitude est parfaite. Le plan est suivi à la lettre. Seul manque le geste final. Il nous reste quarante-cinq minutes pour inverser le cours des choses…
De retour des vestiaires, je me place debout sur ma ligne technique. Pendant la mi-temps, j’ai félicité les gars pour leur attitude et leurs efforts. Je leur ai juste demandé plus de concentration à l’approche du but pour enfin concrétiser nos occasions. Je me place donc aux premières loges pour pousser les miens. Le coup d’envoi est donné et nous repartons sur un rythme identique à celui de la première période. Les gars sont comme des morts de faim. J’en suis moi-même surpris. Nous multiplions les incursions dans le camp adverse mais notre approximation dans le dernier geste nous empêche de concrétiser… Le premier quart d’heure s’écoule et le résultat reste le même. Marcos m’a rejoint au bord de la zone technique. Je ne l’ai pas quitté depuis la reprise de la deuxième mi-temps. Je continue de demander à mes joueurs de ne rien changer et de rester lucide… Soixante-troisième minute, Edgar décale Rafa côté droit qui combine avec Paulinho et centre au deuxième poteau. Ruben Costa place un plat du pied mais le ballon percute le poteau. Ce ne sera pas encore sûr ce coup… Trois minutes plus tard, c’est au tour de Edgar de tenter sa chance mais le portier adverse détourne le ballon. Nous retentons notre chance cinq et neuf minutes plus tard, sans succès… Quatre-vingt-quatrième minute, Belecco combine côté gauche avec Rui Cardoso et se fait faucher le long de la ligne de touche, à hauteur de la surface de réparation. Paulinho se charge de tirer le coup-franc. Il envoie un ballon deuxième poteau. Estrela reprend de la tête et égalise! Le stade exulte! Et j’en fais de même! Nous y sommes arrivés! 1-1!
Rapidement, j’essaie de calmer l’effervescence pour que chacun reprenne sa place et ses esprits. Mais les joueurs sont transcendés par la physionomie du match. Ils continuent sur leur lancée en pressant et en acculant notre adversaire sur ses buts. Les six minutes suivantes nous voient passer tout près de l’exploit. Paulinho, Edgar et Gomes échouent chacun leur tour sur le portier setubalense. Dans les arrêts de jeu, Estrela place une tête qui file à ras du poteau. Le score n’évolue plus et l’arbitre siffle la fin du match sur ce un partout qui nous emmène directement aux tirs aux buts… L’ambiance dans le stade est exceptionnel. Les chants des supporters sont omniprésents. Les drapeaux flottent dans les tribunes. Et le kop est en ébullition. Après avoir jeté un œil sur cette ambiance hors du commun à notre niveau, je rejoins tout le monde au centre du terrain. Je commence par féliciter tout le monde avant de demander les volontaires pour les cinq premiers tirs aux buts. À ma surprise, tous les joueurs lèvent la main. Tout le monde veut y aller. Personne ne se défile. Je désigne les cinq premiers après avoir consulté l’avis de Marcos. Mes derniers mots vont vers Victor, notre gardien.
-Donnes tout Victor! Et prends du plaisir. Tu n’as rien à perdre et tout à y gagner. J’ai confiance en toi. Et quoi qu’il arrive, j’ai et on a, et aura tous confiance en toi. Allez!!
Les minutes suivantes sont un rêve éveillé… Nous marquons nos trois premières tentatives tandis que Victor détourne les trois tentatives de notre adversaire. Trois zéros! L’affaire est bouclée. Nous jouerons la phase de groupe de la Coupe de la Ligue. Une exposition qui fera du bien au club sous tous les abords.


« Mesdames, messieurs, bienvenue dans notre matinale. Voici les principaux titres de l’actualité d’aujourd’hui. À l’internationale, le président américain, Donald Trump, annonce le retrait total des troupes américaines en Syrie. Celui-ci devrait se faire dans les prochaines semaines. Le président américain réalise ainsi l’une de ses promesses de campagne de politique internationale. »
« En Chine, le coronavirus refait surface et plusieurs centaines de personnes seraient contaminées, laissant place à une nouvelle crainte d’épidémie. Pour rappel, le bilan de la dernière épidémie avait fait état de milliers de morts. Le gouvernement a d’ores et déjà révélé son plan d’action contre le virus. »
« Dans l’actualité nationale, le premier ministre vient d’annoncer une hausse du smic ainsi qu’une revalorisation des retraites les plus faibles. Cette promesse faisait partie du programme du gouvernement. Elle sera mise en place dans les semaines à venir. »
« Et enfin, une nouvelle affaire de harcèlement et agressions sexuelles dans le sport. Trois femmes accusent Adriano Paulo, directeur sportif du Sporting Clube Espinho… »
Je me retrouve inerte devant mon téléviseur. Je suis abasourdi parce que je viens d’entendre. J’essaie de remettre les mots dans le bon ordre… Adriano… Espinho… agressions… sexuelles… je n’ai toujours pas esquissé le moindre geste depuis que l’annonce vient de m’être dévoilé. L’un de mes plus proches collaborateurs. Juste devant mes yeux. Et je n’ai jamais rien vu. Je n’ai ni même entrevu quoi que ce soit. Comment est-ce possible?.. Mon premier réflexe est d’envoyer un message à Bernardo. « Je suis devant les infos. Avez-vous vu? ». La réponse arrive sans tarder. Elle est expéditive et révélatrice de l’état d’âme du bonhomme. « Oui ». Un sacré coup dur. C’est son bras droit, son homme de confiance.
« Et tout d’abord, cette nouvelle affaire de harcèlement et agressions sexuelles révélée ce matin par nos confrères du journal JN. Trois femmes accusent Adriano Paulo, directeur sportif du Sporting Clube Espinho, de harcèlement et agressions sexuelles. Les trois plaignantes sont des salariées ou ex-salariées du club. Parmi elles, deux secrétaires et une vendeuse. Les deux premières étaient âgées de 23 et 24 ans au moment des faits. Quant à la dernière, âgée de 29 ans, est encore salariée du club mais en arrêt maladie depuis un mois et demi. Les deux ex-salariées accusent Adriano Paulo de harcèlement. Elles citent des insinuations douteuses, des compliments déplacées et des propositions indécentes. Ceux-ci les auraient amenés à démissionner de leur poste à tour de rôle. La troisième plaignante rapporte le même type d’attitude en ajoutant différentes agressions. Des attouchements sexuels à la poitrine, aux fesses et aux parties plus intimes, se seraient produits lors d’événements commerciales organisés par le club. Ce dernier n’a toujours pas réagi aux accusations tandis que Adriano Paulo est resté injoignable pour le moment. »
Je suis comme paralysé une deuxième fois. Je repense à ces trois potentielles victimes et me demande s’il y en a eu d’autres qui sont encore terré dans le silence… Ma réflexion est interrompue par la vibration de mon téléphone. Bernardo…
-Bonjour Bernardo.
-Bonjour. Dans combien de temps pourriez-vous être dans mon bureau?
-Je dirais vingt minutes.
-Je vous y attend.
Une vingtaine de minute plus tard, je me retrouve dans le bureau de mon boss avec deux autres hommes que Bernardo me présente comme étant deux avocats qui défendront les intérêts du club sur ce dossier. L’ambiance est maussade et la tension palpable. Bernardo m’explique qu’un communiqué va être transmis à la presse dans l’heure pour expliquer que le club est étranger à ces comportements inacceptables et qu’il collaborera pleinement avec les autorités pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire. En ce qui concerne Adriano, il sera mis à pied jusqu’à nouvel ordre. Bernardo souhaite que je l’accompagne pour une réunion avec tous les membres de l’organigramme du club. Le but étant d’expliquer la posture du club et de m’être tout le personnel à l’aise pour les procédures qui vont avoir lieu. Il m’informe qu’il sera aussi présent pour l’entraînement de la matinée. Il veut adresser quelques mots à l’effectif et observer l’impact de la situation sur les joueurs.
J’écoute attentivement les dires de Bernardo. Mais une question me taraude… Était-il au courant de quelque chose?.. A-t-il couvert d’une façon ou d’une autre son bras droit?.. Je n’ose pas soulever la question par crainte de l’offenser. Mais j’aimerais qu’il y réponde par lui-même. Je me sentirais rassurer…
La journée se déroule dans une ambiance pesante. C’est la première fois que je ressens un tel phénomène. Le communiqué, les réunions et les interviews de la journée ont permis de bien séparé la potentielle attitude inacceptable d’un salarié du club avec tout le reste de l’entité. Bernardo a passé sa journée a martelé que personne au club ne connaissait les agissements de Adriano Paulo. Tout le monde a été pris de court par les accusations. De son côté, Adriano s’est contenté d’un communiqué, via son avocat, pour répondre aux accusations qui lui sont faites. Il avoue des paroles déplacées mais nie toute attitude et acte sexuelle non-consentie envers qui que ce soit. En somme, du classique. Monsieur reconnaît avoir des relations sexuelles légales tandis qu’il est accusé de sortir du cadre de la loi. Les prochains jours promettent d’être compliqué…