:storyred: :intro: 🇫🇷 :bordeaux: L'interminable crépuscule d'un géant




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Girondins de Bordeaux : L’interminable crépuscule d’un géant
Par Paul Position – Correspondant pour L’Équipe



Alors que l’élite du football français reprend ses droits sous les projecteurs, le FC Girondins de Bordeaux entame, pour la deuxième année consécutive, son chemin de croix dans l’anonymat du National 2. Comment le club au Scapulaire, champion de France il y a seize ans à peine, a-t-il pu s’effondrer avec une telle violence ? Autopsie d’un fiasco industriel et sportif qui restera la plus grande cicatrice du football français moderne.

C’est une image qui ne cesse de heurter la rétine, même après une saison d’accoutumance. Ce week-end, alors que le PSG et Monaco ferraillent en Ligue 1, les Girondins de Bordeaux se déplacent sur des terrains champêtres, loin, très loin des soirées européennes qui ont forgé leur légende. En ce début de saison 2025-2026, le constat est glaçant : le monument n’est pas seulement fissuré, il est à terre. Cette présence durable en quatrième division n’est pas un accident de parcours, c’est l’aboutissement logique d’une décennie d’errances, d’arrogance et de gestion calamiteuse.

Le péché originel : La vente par M6

Pour comprendre comment on passe de Zidane et Gourcuff à la lutte pour le maintien en N2, il faut rembobiner jusqu’en 2018. La vente du club par M6 marque le début de la fin. Nicolas de Tavernost, lassé de renflouer les caisses, cède le joyau au fonds d’investissement américain GACP (puis King Street). C’est l’entrée du loup dans la bergerie.

Le projet est basé sur du trading de joueurs agressif, déconnecté de la réalité du terrain et de l’identité girondine. Les salaires explosent, le vestiaire devient une tour de Babel ingérable, et l’âme du club se dilue dans des tableurs Excel. L’institution perd son autorité, les supporters grondent, mais la machine infernale est lancée. Le club ne vit plus au-dessus de ses moyens, il vit dans une réalité parallèle.

L’ère Lopez : Le pari perdu d’un illusionniste

Si les Américains ont creusé la tombe, c’est bien Gérard Lopez qui a commandé la pierre tombale. Arrivé en sauveur à l’été 2021 alors que le club frôle déjà le dépôt de bilan, l’homme d’affaires hispano-luxembourgeois applique la même recette qui a fait imploser Mouscron et vaciller Boavista.

Sa gestion est un « all-in Â» permanent au poker menteur. MalgrĂ© une dette abyssale, Lopez mise sur une remontĂ©e immĂ©diate après la relĂ©gation sportive en Ligue 2 en 2022. L’échec Ă  la montĂ©e lors de la saison 2022-2023 (l’affaire Rodez restant comme le symbole pathĂ©tique de cette impuissance) scelle le sort financier du club.

L’obstination de la direction à nier la réalité économique, à présenter des budgets fantaisistes devant la DNCG année après année, a transformé une crise sportive en catastrophe existentielle. À l’été 2024, le couperet tombe : double rétrogradation administrative, perte du statut professionnel, fermeture du centre de formation. Le cœur du Haillan a cessé de battre.

Le Matmut Atlantique : Un tombeau de béton

Aujourd’hui, le paradoxe est visuel et cruel. Les Girondins évoluent (quand ils le peuvent) dans une enceinte de 42 000 places, le Matmut Atlantique, qui sonne le creux comme une cathédrale désaffectée. Ce stade, censé être le levier économique du club, est devenu son boulet financier et le symbole de sa démesure passée.

La saison dernière (2024-2025) a servi de purgatoire d’apprentissage. Construire une équipe en urgence, avec des contrats fédéraux et des bénévoles, face à des équipes de N2 mortes de faim, s’est avéré être un défi titanesque. Bordeaux a survécu, mais Bordeaux n’a pas vécu.

L’espoir est dans la reconstruction, pas dans le déni

Alors que dĂ©bute cette nouvelle campagne 2025-2026, il ne faut plus parler de « remontĂ©e immĂ©diate Â» ou de « place naturelle en Ligue 1 Â». Ces Ă©lĂ©ments de langage appartiennent au passĂ©. Les Girondins de Bordeaux sont aujourd’hui un club amateur, qui doit se reconstruire avec humilitĂ©, en s’appuyant sur ce qu’il lui reste de plus prĂ©cieux : son public.

Car si les dirigeants ont failli, le peuple Marine et Blanc, lui, n’a jamais déserté. C’est sur ces fondations populaires, et non sur des promesses de rachat mirifiques, que le Scapulaire pourra, peut-être un jour, retrouver sa dignité. En attendant, la chute de la maison Bordeaux restera comme l’avertissement ultime pour tout le football français : nul n’est trop grand pour mourir.

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J’accepte de suivre uniquement si vous récupérez définitivement John Williams. :sac:

John Williams le compositeur ? :sac:

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l’ancien directeur sportif de Bordeaux

Girondins : Christophe Dugarry, le cœur et la gueule pour sauver l’âme
Par Gérard Mento – Correspondant pour L’Équipe



C’est une dĂ©flagration sentimentale dans la grisaille du National 2. Christophe Dugarry, champion du monde 1998 et enfant terrible du Haillan, a Ă©tĂ© officiellement nommĂ© entraĂ®neur des Girondins de Bordeaux ce matin. En acceptant de s’asseoir sur un banc brĂ»lant alors que le club navigue en eaux troubles, « Duga Â» ne fait pas qu’un choix de carrière : il lance une croisade pour l’identitĂ© et la fiertĂ© d’un monument en pĂ©ril.

On l’attendait partout, sauf là. On l’imaginait continuer à pourfendre les directions successives depuis ses studios de radio, le verbe haut et la critique acerbe. Mais Christophe Dugarry a choisi de joindre le geste à la parole. À 53 ans, l’ancien attaquant au talent aussi soyeux que le caractère est trempé, devient le nouveau patron sportif des Girondins de Bordeaux. Une nouvelle qui a eu l’effet d’une bombe sur les bords de la Garonne, réveillant instantanément une ville engourdie par deux ans de purgatoire amateur.

De la parole aux actes : le pari de l’amour fou

Il fallait une certaine dose d’inconscience ou un amour démesuré pour accepter ce poste. Bordeaux, englué dans le ventre mou du groupe A de National 2, semblait avoir perdu la clé. Dugarry n’arrive pas avec un CV d’entraîneur chevronné ni avec des concepts tactiques révolutionnaires. Il arrive avec quelque chose de plus rare et de plus nécessaire aujourd’hui : une légitimité viscérale.

En prenant les rĂŞnes, Dugarry envoie un message clair : fini le mercenariat, place Ă  l’institution. Lui qui a tant fustigĂ© la gestion calamiteuse de l’ère Lopez et la perte des valeurs du club, se retrouve dĂ©sormais au pied du mur. C’est un « all-in Â» magnifique. S’il Ă©choue, il Ă©corne sa lĂ©gende. S’il rĂ©ussit, il devient immortel.

L’électrochoc attendu par le Virage Sud

Dès l’annonce officielle, les réseaux sociaux et les forums de supporters ont basculé dans une euphorie qu’on n’avait plus vue depuis des années. Pourquoi ? Parce que le public bordelais ne réclame plus de Ligue des Champions depuis longtemps. Il réclame de la sueur, de la dignité et du respect pour le Scapulaire.

L’arrivĂ©e de « Duga Â», c’est la garantie que le vestiaire va trembler. Connu pour son franc-parler lĂ©gendaire et son exigence, le champion du monde 98 est le profil idoine pour ce championnat de N2 qui est un combat de tranchĂ©es hebdomadaire. Il ne va pas parler de « xG Â» ou de « bloc bas Â» Ă  ses joueurs, il va leur parler de fiertĂ©. Pour un effectif jeune et parfois tĂ©tanisĂ© par l’enjeu, avoir un « grand frère Â» de cette envergure est un atout psychologique colossal.

Une union sacrée pour la remontée

Cette nomination a aussi un effet immédiat sur l’environnement du club. La billetterie pour le prochain match au Matmut Atlantique frémit déjà. L’arrivée de Dugarry agit comme un catalyseur, fédérant les anciens (Lizarazu et Zidane ont déjà salué le courage de leur ami) et les nouvelles générations.

C’est bien lĂ  que rĂ©side le coup de gĂ©nie de cette nomination. Au-delĂ  du terrain, Dugarry incarne le « Bordeaux qui gagne Â», celui de la fĂŞte et du panache. En ces temps de disette, il est le porteur de flambeau idĂ©al pour rallumer la mèche de l’espoir.

L’homme de la situation

Christophe Dugarry n’est peut-être pas le tacticien le plus diplômé de France, mais il est assurément, aujourd’hui, le seul capable de transformer la dépression bordelaise en rage de vaincre. Le football est une affaire d’émotions, et Bordeaux avait désespérément besoin de battements de cœur. Avec Dugarry, le pouls du club vient soudainement de s’accélérer. Reste maintenant à transformer l’essai sur le pré, car en N2, le nom ne suffit pas. Mais pour la première fois depuis longtemps, Bordeaux n’a plus peur. Bordeaux a faim.

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Pas Dugarry :sob:

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Tu aurais prĂ©fĂ©rĂ© le « grand Â» Bixente Lizarazu ? Pour ĂŞtre sincère j’ai beaucoup hĂ©sitĂ© avec d’autres anciens bordelais notamment Pauleta et Chamakh.

Gourcuff :grin:

Ha oui Pauleta, quel joueur :hot_face:

C’est un choix de coach qui va faire parler :slight_smile:

EXCLUSIF. Christophe Dugarry : « Je ne suis pas venu faire du cirque, je suis venu reconstruire une institution »
Par Marc Hatrick – Correspondant pour L’Équipe

Dans un entretien fleuve accordé à L’Équipe, le nouvel entraîneur des Girondins de Bordeaux livre sa feuille de route sans concession. Loin de son image de tribun médiatique, c’est un Dugarry grave, lucide et déterminé qui nous a reçus au Haillan. Entre austérité économique assumée, retour aux fondamentaux de la formation et stratégie de recrutement inspirée des grandes heures de l’OL, le champion du monde 98 dévoile son plan pour sortir le club du marasme du National 2.

Il a troquĂ© le casque-micro pour le sifflet, mais surtout pour la calculette et le bleu de chauffe. Christophe Dugarry n’a pas perdu sa gouaille, mais elle s’est muĂ©e en une autoritĂ© froide. Assis dans ce qui fut le bureau des grands prĂ©sidents bordelais, aujourd’hui dĂ©pouillĂ© du superflu, l’enfant du pays ne vend pas du rĂŞve. Il vend du travail. Face Ă  la dette colossale de 65,5 millions d’euros qui pèse encore comme une Ă©pĂ©e de Damoclès, « Duga Â» prĂ´ne une rĂ©volution culturelle : celle de l’intelligence contre celle de l’argent roi.

L’obsession de la jeunesse : « Refaire du Haillan le coffre-fort du foot français »

C’est le premier pilier de sa méthode. Dugarry ne veut pas bricoler, il veut bâtir. Et pour cela, il regarde dans le rétroviseur, direction les années 2000, mais avec une référence surprenante : l’Olympique Lyonnais de Jean-Michel Aulas.

« Quand Lyon Ă©crasait tout, qu’est-ce qu’ils faisaient ? Ils allaient chercher les meilleurs, très jeunes, partout en France. Ils avaient un coup d’avance, Â» analyse Dugarry. « Nous, aujourd’hui, on n’a pas les moyens d’acheter des stars. Mais on a un blason qui pèse encore lourd. Mon objectif, c’est de quadriller la France. On doit ĂŞtre sur les meilleurs talents de 16-18 ans avant tout le monde. La rĂ©gion parisienne, l’Aquitaine… On doit devenir l’incubateur numĂ©ro un. Â»

Le message est clair : Bordeaux ne sera plus une maison de retraite pour stars en prĂ©-retraite, mais une rampe de lancement. « Je veux des gamins qui ont la dalle, qui voient Bordeaux comme la chance de leur vie, pas comme un guichet bancaire. Â»

Mercato : La fin du « Bling-Bling Â», le dĂ©but du « Smart Trading Â»

L’aspect le plus critique de l’entretien concerne la gestion financière. Avec 65,5 millions d’euros de dettes, l’héritage est toxique. Dugarry, en accord total avec son nouveau board, impose une règle d’or : le pragmatisme économique absolu.

« Il faut arrĂŞter de mentir aux gens. On ne va pas claquer des millions qu’on n’a pas, Â» assène-t-il. Le nouvel entraĂ®neur prĂ©vient : personne n’est intransfĂ©rable. « Si demain, un club arrive avec une offre qui correspond Ă  la valeur rĂ©elle d’un de nos joueurs, il partira. On ne fera pas de sentiments. Cet argent servira Ă  Ă©ponger, Ă  assainir. Â»

Cette politique de « trading Â» n’est pas une braderie, mais une nĂ©cessitĂ© de survie. En contrepartie, le recrutement sera chirurgical. Dugarry parle de « paris sur l’avenir Â» Ă  coĂ»t rĂ©duit. « On va chercher le joueur de N3 qui a des stats folles, le jeune qui a Ă©tĂ© recalĂ© d’un centre de formation pro et qui a une revanche Ă  prendre. On veut de la data, de l’œil, et zĂ©ro dĂ©pense inconsciente. Â»

L’ambition intacte : « L’élite, c’est notre place, mais l’ascenseur est en panne »

Ă€ la question de savoir si la remontĂ©e est obligatoire dès cette annĂ©e, Dugarry marque un temps d’arrĂŞt, puis fixe son interlocuteur. « Bordeaux en N2, c’est une anomalie historique. Bien sĂ»r qu’on veut remonter. Mais on ne remontera pas en faisant n’importe quoi. Â»

Il refuse de promettre la Ligue 1 en deux ans, prĂ©fĂ©rant parler de « structure Â». « Si on monte en National mais qu’on explose en vol financièrement six mois après, ça sert Ă  quoi ? Je veux construire une Ă©quipe capable de monter et d’y rester. On va souffrir, on va se battre sur des terrains difficiles, mais on va le faire avec des mecs qui savent pourquoi ils portent ce maillot. Â»

Le réalisme comme nouvelle religion

En quittant le Haillan, on a le sentiment que Bordeaux a enfin trouvé un cap. Pas celui des paillettes, mais celui de la réalité du terrain. Christophe Dugarry ne joue plus un rôle. Il a endossé le costume le plus difficile de sa carrière : celui du gestionnaire de crise qui refuse de laisser mourir son club de cœur.

Son pari est risquĂ© : demander de la patience Ă  un public qui n’en a plus, et vendre des joueurs aimĂ©s pour acheter des inconnus. Mais pour la première fois depuis une dĂ©cennie, le projet bordelais semble dictĂ© par une logique sportive et non par des fantasmes financiers. « Le Scapulaire ne s’achète pas, Â» conclut-il en nous raccompagnant. « Il se mĂ©rite. Â»

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Je trouve ça bien de prendre un mec décrié ! Si il avait une telle vision dans la réalité, ce serait un délice à écouter…

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Bonjour Ludo de l’Yonne rĂ©publicaine, n’avez-vous pas peur qu’ont parle plus de votre carriere de joueur oĂą de chroniqueur que de votre rĂ´le d’entraĂ®neur ? Certains supporters sont inquiet de votre nomination au sein d’un club « malade Â»

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J’aime pas Duga, comme joueur, comme pseudo consultant, bref c’est comme ça.

Mais je vais suivre ta story, hâte de voir la suite

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Je ne l’aime pas non plus spécialement ! Au moins ça fait parler de lui ! C’est bon pour les ventes du journal ! :money_bag:

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Salut Ludo,

On va être clair tout de suite : si j’avais voulu qu’on continue de me parler de ma Coupe du monde 98 ou de mes gueulantes à la radio, je serais resté bien au chaud dans mon studio à Paris. C’était beaucoup plus confortable, crois-moi.

Si je suis lĂ  aujourd’hui, les pieds dans la boue du National 2, c’est pas pour soigner mon ego, c’est pour soigner le club. Que les supporters soient inquiets, je le comprends, ils ont mangĂ© leur pain noir depuis dix ans. Ils ont le droit d’être sceptiques. Mais le « club malade Â», comme tu dis, il n’a pas besoin d’une star ou d’un beau parleur, il a besoin de mecs qui bossent.

Mon passé de joueur, ça servira peut-être à attirer un ou deux gamins au centre de formation, point barre. Pour le reste, ma crédibilité, je vais la gagner sur le banc, match après match. J’ai pas peur des critiques, j’ai vécu avec toute ma vie. Par contre, j’ai une peur bleue de voir ce club disparaître. C’est ça mon seul moteur.

Alors rendez-vous sur le terrain. C’est là qu’on verra si je suis un ancien chroniqueur ou un entraîneur.

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Une aventure qui s’annonce compliquée mais passionnante, hâte de lire la suite :wink:

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y aura bien eu quelqu’un pour se jeter dans le club disgracié

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Conférence de Presse
Retranscription de la conférence de presse de présentation de Christophe Dugarry



Christophe Dugarry est assis derrière une table simple, vêtu d’un survêtement du club au scapulaire. Le visage est fermé, le regard intense. Il ne cherche pas à séduire, il est là pour le combat.

Journaliste : « Qu’est-ce que cela fait d’avoir une telle opportunitĂ© ? Â»

Christophe Dugarry : (Il recule légèrement sa chaise, croise les bras) « Opportunité ? Je ne sais pas si c’est le mot que j’emploierais. Une opportunité, c’est quand on te propose le Real Madrid ou le Bayern. Là, on parle d’une mission commando, d’un sauvetage. Ce que ça me fait ? Ça me prend aux tripes. C’est un mélange de fierté immense, parce que c’est mon club, c’est ma maison, et de gravité. Je ne suis pas là pour faire le beau ou pour ajouter une ligne sur Wikipédia. Je sens le poids de l’histoire du club sur mes épaules. C’est lourd, très lourd, mais c’est pour ça que je suis là. »

Journaliste : « Estimez-vous que le propriĂ©taire partage vos ambitions s’agissant du club ? Â»

C.D. : (Il esquisse un sourire en coin, un peu ironique) « Écoutez, on s’est dit les choses, les yeux dans les yeux. Fini la flûte, fini les promesses en l’air. L’ambition aujourd’hui, ce n’est pas de vendre du rêve ou de parler de Ligue des Champions en 2030. L’ambition, c’est la survie. Est-ce qu’ils sont d’accord avec ça ? Ils n’ont pas le choix. S’ils m’ont appelé, c’est qu’ils ont compris que les méthodes d’avant, le trading, le business plan sur PowerPoint, c’était terminé. Mon ambition, c’est de redonner une âme à ce club. Si la direction me suit là-dessus, on avancera. Sinon, je serai le premier à le dire. »

Journaliste : « Pourquoi Bordeaux ? Qu’est-ce qui a motivĂ© cette dĂ©cision ? Â»

C.D. : « Regardez l’écusson. (Il tape sur le logo sur sa poitrine). C’est la seule raison. Vous croyez que j’aurais quitté ma vie tranquille pour aller entraîner en N2 à l’autre bout de la France ? Jamais de la vie. C’est Bordeaux. J’ai grandi ici, j’ai tout connu ici. Voir le club se faire humilier, semaine après semaine, devenir la risée du foot français… Je ne pouvais plus rester spectateur. À un moment, soit tu te tais, soit tu agis. J’ai décidé d’agir. C’est le cœur qui a décidé, pas la tête. »

Journaliste : « N’avez-vous pas eu le moindre doute avant d’accepter ce poste ? Â»

C.D. : « Ah si, Ă©normĂ©ment ! J’ai mal dormi, croyez-moi. Tout le monde m’a dit : « Duga, t’es fou, tu vas te planter, c’est un bourbier Â». Rationnellement, c’est une connerie. Je mets mon image en jeu, je mets ma tranquillitĂ© en jeu. Mais la peur, c’est ce qui te fait sentir vivant. Si je n’avais pas eu de doutes, ça aurait voulu dire que je m’en foutais. C’est parce que j’ai peur de voir Bordeaux mourir que j’ai acceptĂ©. »

Journaliste : « Le club de Bordeaux ne fait pas partie des plus riches, et beaucoup estiment que cela est un gros dĂ©savantage. Pensez-vous que la situation financière du club va vous empĂŞcher de vous battre Ă  armes Ă©gales ? Â»

C.D. : (Il se penche vers le micro, le ton durcit) « L’argent… On a trop parlĂ© d’argent ici depuis dix ans. « Le budget Â», « le dĂ©ficit Â», « la DNCG Â»â€¦ On a oubliĂ© le football ! En National 2, l’argent, ça ne fait pas courir les joueurs. Ça ne gagne pas les duels. On est fauchĂ© ? Ok, on est fauchĂ©. Et alors ? On va se battre avec autre chose. Avec de la dalle, avec de l’intelligence, avec des gamins qui ont faim. On ne va pas acheter la montĂ©e, on va la construire. Je prĂ©fère onze guerriers pas payĂ©s cher qui mouillent le maillot, plutĂ´t que des mercenaires surpayĂ©s qui s’en foutent. Le manque d’argent, ça va nous obliger Ă  ĂŞtre malins. C’est peut-ĂŞtre la meilleure chose qui pouvait nous arriver pour redescendre sur terre. »

Journaliste : « Pourquoi ce poste vous a-t-il particulièrement attirĂ© ? Â»

C.D. : « Parce qu’il y a tout à reconstruire. C’est un champ de ruines. C’est excitant, footballistiquement parlant. Repartir d’une feuille blanche, ou presque. Former des jeunes, dénicher des talents bruts, créer un collectif… C’est l’essence du métier d’entraîneur. Je ne viens pas gérer des ego dans un vestiaire de stars, je viens bâtir une équipe. C’est ce retour aux fondamentaux, au jeu pur, à la formation, qui m’a plu. »

Journaliste : « Votre lieu de naissance n’est pas très Ă©loignĂ©. Cela peut-il vous aider Ă  vous faire accepter par les supporters ? Â»

C.D. : « Je suis un gars de Lormont, je connais l’odeur de la vase de la Garonne, je sais ce que les gens ici attendent. Je parle le même langage qu’eux. Bien sûr que ça crée un lien immédiat. Je ne suis pas un parachuté. Mais attention, ça ne me donne pas un totem d’immunité. Au contraire. Parce que je suis d’ici, j’ai encore plus de comptes à rendre. Les supporters, je les connais, ils sont exigeants, et ils ont raison. Ils vont me soutenir parce que je suis un enfant du pays, mais si l’équipe ne se bat pas, je serai le premier qu’ils siffleront. Et c’est normal. »

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Je le sens investi le coach. A voir si cela va se traduire en bord de terrain

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