ECHANGE DE BONS PROCĂDĂS
En plein milieu du mois dâaoĂ»t, alors que la NBA a peu Ă peu retrouvĂ© son calme estival, le General Manager des Wolves, Matt Lloyd, prĂ©parait dĂ©jĂ les prochaines Ă©chĂ©ances. Ainsi, il reprend un par un le contrat de ses joueurs. Et un cas lâinterpelle, celui de Rudy Gobert. En effet, le Français va toucher un chĂšque de plus de 36M$ la saison Ă venir. Il sâagit de la derniĂšre annĂ©e de son contrat, mais il a une option pour le prolonger dâun an et plus de 39M$ pour 2027-2028 !
Dans sa tĂȘte, Lloyd rĂ©flĂ©chit Ă la situation : âPour le moment, Rudy est notre pivot titulaire, mais on a quand mĂȘme vu que son niveau commençait Ă dĂ©cliner. Est-ce quâil vaut son contrat ? Je nâen suis pas certain. Avec un contrat pareil, il paraĂźt impossible de le transfĂ©rer. Cette option empĂȘche toute possibilitĂ©. MĂȘme une Ă©quipe en reconstruction nâen voudrait pasâ.
Le GM de Minnesota prend donc son tĂ©lĂ©phone, et dĂ©cide dâappeler son pivot pour en discuter de vive voix. Sans rĂ©ponse de ce dernier, il se rappelle que le Français est rentrĂ© dans son pays natal, rendre visite Ă sa famille Ă St Quentin. Ainsi, il se ravise et dĂ©cide lui laisse un simple message vocal : âSalut Rudy ! Je sais que tu es en vacances. Passes me voir Ă mon bureau quand tu seras rentrĂ© dans le Minnesota. Mattâ. La rĂ©ponse ne se fait pas tarder : âMatt, je reviens dans un dizaine de jours. Je viendrai te voir. Rudyâ.
Deux semaines plus tard, le pivot et ses 2m16 rentrent dans le bureau de Lloyd, qui sâaffaire comme Ă son habitude : âSalut Matt ! Tu voulais me voir ? Tu ne mâas pas demandĂ© de venir pour mâannoncer mon trade, nâest-ce pas ?â.
Rassurant, le GM lui rĂ©pond avec assurance : âNon Rudy, je tâaurais appelĂ© directement si ça avait Ă©tĂ© le cas. Et puis, jâessaye dâen parler avant quand je le peuxâ.
Narquois, Gobert reprend gentiment son dirigeant : âPourtant, Donte (DiVincenzo) lâa appris trĂšs tardivement si je ne me trompe pas. Je lâai appelĂ© pour lui souhaiter bonne chance Ă Chicago, et il mâa dit avoir appris son dĂ©part sur les rĂ©seaux sociaux âŠâ.
GĂȘnĂ©, Lloyd cherche des justifications : âOui, ce quâil sâest passĂ© est malencontreux. BiensĂ»r que je voulais le prĂ©venir avant, mais tout sâest passĂ© tellement vite. Lâinfo a fuitĂ© avant mĂȘme que je puisse lâappeler. Peut-ĂȘtre quelquâun de Chicago ou Memphisâ. Voulant balayer le sujet dâun revers de main, il en revient au sujet de la venue de Rudy Gobert : âSi je tâai demandĂ© de venir, câest pour parler de toi, et de ton contratâ.
Sur la dĂ©fensive, le pivot rĂ©pond, soucieux : âOui oui, dis-moiâ.
Lloyd commence Ă dĂ©velopper son argumentaire : âTu vas bientĂŽt commencer la derniĂšre saison de ton contrat. Ensuite, tu as une option pour le prolonger dâune annĂ©e supplĂ©mentaire. Jâai rĂ©flĂ©chi Ă la situation, et jâaimerais te proposer quelque chose. Jâaimerais nĂ©gocier une prolongation de ton contrat actuel, Ă la place de cette option, quâen dis-tu ?â.
Prenant quelques secondes pour assimiler lâinformation, et pour rĂ©flĂ©chir Ă sa rĂ©ponse, Gobert prend son tĂ©lĂ©phone, et le pose sur le bureau du GM : âJe me sens bien Ă Minneapolis, lâĂ©quipe gagne, et jâai un rĂŽle important. Mais on va discuter avec Bouna (NâDiaye), mon agent, pour avoir son ressenti. Sur le principe, je veux bien nĂ©gocier, mais on va voir ce que tu proposesâ. En parallĂšle, Gobert appelle son agent, et le met en haut-parleur : âSalut Bouna, je suis avec Matt Lloyd, il souhaiterait renĂ©gocier mon contratâ.
Le GM reprend la parole : âBonjour M. NâDiaye, je souhaitais discuter avec votre client de son contrat, afin de le prolonger, en rompant lâoption quâil a actuellement pour la saison 2027-2028. Vous nâĂȘtes pas sans savoir que votre client a fĂȘtĂ© ses 34 ans, et que ses performances commencent Ă ĂȘtre un peu moins bonnes. Ainsi, je souhaitais proposer un contrat de 2 ans et 15M$ par saisonâ.
Lâagent ne laisse pas le temps Ă Gobert de rĂ©agir : âIl en est hors de question ! Lâoption de Rudy est Ă plus de 39M$, et vous lui demandez de sâasseoir sur plus de 9M$ ?! Vous baisseriez votre salaire de la sorte, vous ? En plus, en rĂ©duisant son salaire annuel, vous rendez son contrat bien plus facile Ă Ă©changer, alors que mon client souhaite rester avec les Wolvesâ. NâDiaye reprend fermement : âJe vous propose 40M$ rĂ©partis sur les 4 saisons suivantesâ.
Lloyd regarde son pivot droit dans les yeux, et dit avec humour : âTu as un sacrĂ© agent Rudy !â Il reprend avec sĂ©rieux Ă destination de son agent : âM. NâDiaye, nous connaissons tous les deux notre mĂ©tier. Je sais que le vĂŽtre est de dĂ©fendre lâintĂ©rĂȘt de Rudy. Moi, je dĂ©fends ceux de mon employeur, mais jâessaie aussi de faire preuve de bon sens. Votre proposition emmĂšne le contrat de Rudy jusquâen 2030-2031, il aura 39 ans Ă lâissue de celui-ci. Je lui souhaite de jouer aussi longtemps, mais il y a un facteur que vous oubliez. Si votre client souhaite prendre sa retraite avant lâissue de son contrat, il devra sâasseoir sur le contrat restantâ.
En silence, le Français hoche la tĂȘte, et Ă©coute les prochaines paroles de son GM : âPar consĂ©quent, je vous fais une contre-proposition gĂ©nĂ©reuse. On part sur une base autour de 10M$ par saison, et un contrat de 3 ans. Certes, il touchera moins que son option actuelle, mais cela permettra Ă lâĂ©quipe de se renforcer pour jouer le titre. Et si les choses tournent mal, je mâengage Ă faciliter un transfert de Rudy pour lâaider Ă remporter le trophĂ©e qui lui manqueâ.
Lâagent du pivot prend un lĂ©ger temps de rĂ©flexion, avant de rĂ©pondre : âIl nây a rien qui nous dit que vous tiendrez votre parole ! Je parle sous le contrĂŽle de Rudy en disant que votre proposition est acceptable, mais Ă une condition : quâil y ait une clause dâintransfĂ©rabilitĂ©. Sâil devait y avoir un transfert, Rudy pourra choisir sa destinationâ.
Acceptant les conditions, Lloyd concĂšde : âTrĂšs bien, partons sur un nouveau contrat de 30M$ rĂ©partis sur 3 ans. Il sera lĂ©gĂšrement dĂ©gressif, mais le compte sera bon. Et la clause voulue sera inclue dedans. Rudy, quâen dis-tu ?â
Gobert finit enfin par reprendre la parole : âMessieurs, je vous remercie. Jâaccepte ces conditions. Jâaccepte de tourner le dos Ă 9M$, mais si câest le prix Ă payer pour gagner le titre⊠Câest la seule chose que je souhaite, donc je signeâ.