Au risque de me répéter ![]()
Son but en amical est le premier dâune longue sĂ©rie ![]()
Au risque de me répéter ![]()
Son but en amical est le premier dâune longue sĂ©rie ![]()
Il ne faut pas tout remettre en question aprÚs une défaite en amical, avec un concours de circonstances qui plus est ! Faut continuer à pousser et les joueurs vont se rendre compte que leur coach est un génie !
Dans lâidĂ©e, il nâa pas tout Ă fait tort, puisque son dĂ©fenseur-attaquant marque.
On a peut-ĂȘtre le dĂ©but du commencement dâune prise de conscience ![]()
Il nâĂ©tait que 8 heures lorsque Georgi se rendit dans la cuisine de son petit appartement de fonction, prĂȘtĂ© par le club. Ses parents Ă©taient installĂ©s dans la cuisine, un cafĂ© encore fumant Ă la main. Il en avait gros sur la conscience et avait trĂšs envie dâen parler avec ses parents, surtout avec sa mĂšre qui a toujours Ă©tĂ© trĂšs comprĂ©hensive avec lui. Il parlait du dernier match perdu contre Turan. Sa mĂšre hochait la tĂȘte avec bienveillance, fiĂšre que son fils fasse des efforts pour rĂ©ussir Ă sâimposer, tandis que son pĂšre se contentait de froncer les sourcils derriĂšre son journal.
« Je ne comprends pas. On perd le match, oui, mais les deux buts.. qui les a mis ? Câest bien mon dĂ©fenseur que jâai mis tout devant et Toradze, ma fusĂ©e. VoilĂ la preuve que mes choix fonctionnent ! »
« Mais enfin Georgi, intervint son pÚre en posant son journal, tu vois bien que⊠»
« Que jâai raison, exactement ! coupa Georgi avec un sourire triomphant. Et pourtant, certains joueurs ne me font pas confiance. Et je ne vous parle mĂȘme pas de lâadjoint, quelle plaie. Je ne comprends pas pourquoi.. jâai gagnĂ© un match, jâai fait progresser des joueurs. Quâest-ce quâils veulent de plus ? »
Sa mÚre posa une main sur son épaule, avec affection.
« Tu fais du trĂšs bon travail, mon fils. Jâen suis sĂ»re. »
Le pĂšre souffla, rĂ©signĂ©, puis replia son journal. Il se dit quâil aurait peut-ĂȘtre dĂ» lâinscrire au McDo ou au théùtre, plutĂŽt quâau football. Au moins, il aurait rencontrĂ© un public un peu plus indulgent.
| Matchs amicaux |
|---|
| Les derniers matchs amicaux furent bien plus convaincants pour Aragvi. LâĂ©quipe infligea une lourde dĂ©faite Ă Kartli, sur le score de 7-1. Une fois de plus, Otar Toradze et Guram Adamadze ont trouvĂ© le chemin des filets. Andro Nsemadze a Ă©galement inscrit son premier but de la prĂ©paration, fraĂźchement revenu de blessure. |
| Dans la foulĂ©e, Aragvi confirma sa bonne lancĂ©e contre Gardabani, avec un succĂšs 5-0. Cette fois-ci, Basaria a Ă©tĂ© lâhomme du match, notamment grĂące Ă un superbe doublĂ©, tandis que Tchuradze, Tatanashvili et Sharikadze complĂ©taient la fĂȘte. |
| Deux victoires qui, sur le papier, semblent rassurantes. Mais il ne faut pas oublier un point important, il sâagissait dâĂ©quipe issues des divisons les plus basses du football gĂ©orgien et il est trĂšs difficile dâen tirer de rĂ©elles conclusions quant au vĂ©ritable niveau de lâĂ©quipe. |
Le lendemain du match, Georgi Ă©tait prĂ©sent au centre dâentraĂźnement. Une fois de plus, ce nâĂ©tait pas lui qui avait dirigĂ© la sĂ©ance, mais bel et bien lâentraĂźneur adjoint. Le « coach » amĂ©ricain continuait de se servir de lâexcuse de la phase dâobservation, afin de ne pas avoir Ă gĂ©rer les entraĂźnements, quâil ne comprenait toujours pas. Il avait simplement commencer Ă reproduire certains entraĂźnements sur sa tablette, grĂące Ă des dessins hasardeux, mais il ne se sentait pas encore en capacitĂ© de les reproduire rĂ©ellement. Au loin, il vit son adjoint qui sâapprocha de lui, lâair grave.
« Coach, Ă©coutez moi. On a gagnĂ© nos deux derniers matchs et câest trĂšs bien. Mais soyons honnĂȘtes, nous avons jouĂ© contre des Ă©quipes de cinquiĂšme et sixiĂšme division. CâĂ©tait des amateurs en face, qui ne jouent au football que trois fois dans le mois. Vos mĂ©thodes ne triendront pas face Ă des adversaires plus sĂ©rieux. »
Giorgi Vardosanidze avait toujours Ă©tĂ© trĂšs prudent concernant lâarrivĂ©e du nouveau coach. DĂšs le dĂ©but, il sentait que quelque chose nâĂ©tait pas normal et quâil nâavait sĂ»rement pas les compĂ©tences pour lesquelles il avait Ă©tĂ© recrutĂ©. Mais cette fois-ci, il nâĂ©tait plus question de rire. Cela faisait maintenant plusieurs annĂ©es quâil avait rejoint le club et sâĂ©tait rapidement attachĂ© Ă celui-ci. Le championnat allait commencer dans moins de cinq jours et il Ă©tait rĂ©ellement inquiet, car les ambitions du club Ă©tait particuliĂšrement Ă©levĂ©es pour cette nouvelle saison.
Georgi leva le menton, les bras croisĂ©s, lâair sĂ»r de lui.
« Tu ne comprends donc pas que câest le dĂ©but dâune rĂ©volution. Regarde les chiffres : mes choix farfelus, comme tu aimes les appeler, ce sont eux qui marquent. Adamadze en devant, Toradze en fusĂ©e.. Aragvi nâa jamais vu ça. Personne nâa jamais vu ça ! »
Lâadjoint soupira. Il avait tentĂ© de convaincre Georgi Ă plusieurs reprises, en vain.
« Justement. Personne nâa jamais vu ça, parce que ça nâa absolument aucun sens. »
Mais comme Ă son habitude, Georgi nâĂ©coutait dĂ©jĂ plus. Dans sa tĂȘte, il sâimaginait dĂ©jĂ comme le futur grand inventeur dâune nouvelle Ă©cole tactique, dâune rĂ©volution du football. Le monde allait dĂ©couvrir que la folie et le gĂ©nie, parfois, nâĂ©taient sĂ©parĂ©s que par une ligne de touche mal tracĂ©e, se disait-il. En tout cas, Ă quelques jours du dĂ©but officiel de la saison, il Ă©tait remontĂ© Ă bloc et nâentendait pas changer ses idĂ©es dâun iota.
Eh bien le dĂ©but de saison va livrer sa vĂ©ritĂ© ! Georgi ou lâadjoint ? Lâavenir nous le diraâŠ
Vivement quâon arrive aux choses sĂ©rieuses ![]()
Le papa va bien finir par lui mettre une belle tarte pleine joue, histoire de le redescendre un peu sur terre.
Mais, il y a du positif ! Déjà , il se lÚve plus tÎt ![]()
DĂ©jĂ , il se lĂšve et ne semble pas rechigner Ă sâoccuper de lâĂ©quipe. Câest un trĂšs bon point, ça!
Il va surement tomber de haut sur les premiers matchs de championnat
Le soleil venait Ă peine de se lever sur Dusheti. Les premiers cafĂ©s du matin nâĂ©taient mĂȘme pas encore servis au petit bar du coin que dĂ©jĂ , Georgi avait rendez-vous au bureau du prĂ©sident du club. Dans quelques heures, le championnat allait ouvrir ses portes et câĂ©tait un moment important pour tout ceux qui gravitaient autour du club. La piĂšce, situĂ©e au dernier Ă©tage du bĂątiment principal du centre dâentraĂźnement, nâavait rien de luxueux : une grande table en bois sombre, des murs peints en gris foncĂ©, quelques tableaux bas de gamme, une pile de papiers qui menaçait de sâĂ©crouler et derriĂšre, le prĂ©sident Sergi Kirkitadze.
Georgi entra, tout sourire, manquant maladroitement de tomber en se prenant les pieds dans le tapis qui jonchait le sol.
« Bonjour boss ! Alors, prĂȘt pour la grande aventure ? »
Sergi Kirkitadze ne rĂ©pondit pas tout de suite, il observait son interlocuteur. Il fit signe Ă Georgi de sâassesoir et, aprĂšs un silence pesant, posa ses coudes sur la table.
« Jâai eu des Ă©chos, dit-il dâune voix grave, des Ă©chos inquiĂ©tants. »
Georgi haussa les Ă©paules, lâair innocent.
« Ah bon ? Pourtant on a gagnĂ© les amicaux, non ? Vous avez vu, 7-1, 5-0⊠câest pas rien ! »
Le président fronça les sourcils.
« On me dit que vous feriez jouer des dĂ©fenseurs en attaque. Quâun ailier se retrouve au milieu de terrain, alors quâil nâa jamais jouĂ© Ă ce poste. Et pire encore⊠que vous dĂ©crivez vos joueurs comme des vĂ©hicules. »
Georgi eut un petit rire nerveux.
« Oui mais avouez que Toradze est une vraie fusĂ©e ! Vous lâavez vu filer ? Câest de la physique, monsieur. La vitesse, lâaccĂ©lĂ©ration⊠tout est scientifique ! »
Le président tapota la table de la paume de sa main, faisant sursauter Georgi
« Nous ne sommes pas dans un cirque, lâamĂ©ricain. Câest du football, câest sĂ©rieux. Jâai investi beaucoup dans ce club et je ne veux pas regretter dâavoir mis ma confiance en vous. Vous me comprenez ? »
Georgi tenta au mieux de garder son calme, mais il sentit une goutte de sueur descendre le long de sa tempe. Le président, qui paraissait plutÎt sympathique lors de leur premiÚre rencontre, et bien que petit et physiquement peu impressionnant, dégageait une autorité écrasante.
« Faites moi confiance. Je vous promets que mes mĂ©thodes vont marcher. Jâai dĂ©jĂ rĂ©volutionnĂ© lâĂ©quipe, les rĂ©sultats sont lĂ et ce nâest que le dĂ©but ! »
Sergi Kirkitadze le fixa longuement, comme pour jauger sâil devait croire aux paroles de Georgi ou sâil devait sâen moquer.
« TrĂšs bien. Mais souvenez-vous dâune chose, Georgi : je ne plaisante pas. Si vous Ă©chouez et que je passe pour un con, ce nâest pas seulement votre poste qui sera en danger. »
La piÚce tomba dans un silence lourd. Georgi était devenu tout pùle et ne cessait de cligner des yeux derriÚre ses lunettes qui, pour une fois, ne tombaient plus sur le bout de son nez.
« Eh bien, euh.. dans ce cas.. on va gagner » dit-il, tout en essayant de forcer un sourire maladroit pour masquer sa peur.
Sergi Kirkitadze esquissa un lĂ©ger signe de tĂȘte et lui indiqua la sortie.
Georgi sortit du bureau, le cĆur battant la chamade. Pour la premiĂšre fois, il rĂ©alisa que ce petit boulot dâentraĂźneur au fin fond de la GĂ©orgie Ă©tait peut-ĂȘtre un peu plus⊠risquĂ© que prĂ©vu.
georgi va tâil commencer Ă ĂȘtre sĂ©reux ?
Mine de rien, il a un sacré boulard le petit ![]()
Comment il va bĂ©gayer en turc quand il va voir dĂ©bouler le prĂ©sident avec ses hommes de main armĂ©s jusquâaux dents ![]()
Il va se prendre un coup de batte de baseball dans les genoux avant la fin de saison
Lui, il va finir par se retrouver attaché, bùillonné dans une cave dans le fin fond de la Géorgie ![]()
Fuis lâami! Fuis! Câest la meilleure chose Ă faire!
Dans le vestiaire, lâambiance Ă©tait lourde. Les joueurs enfilĂšrent leurs maillots sans le moindre mot, ajustant leurs protĂšge-tibias dans un silence quasiment religieux. Ils avaient tous conscience que ce soir-lĂ dĂ©butait une nouvelle Ăšre, une Ăšre dont certains doutaient dĂ©jĂ . Mais ils Ă©taient lĂ , tous, et allaient devoir se battre pour lâĂ©quipe.
Au milieu dâeux, Georgi se gratta nerveusement la barbe, dans laquelle se trouvait encore quelques miettes de ses tartines du matin. Depuis sa rencontre avec le prĂ©sident, il dormait mal.
La menace, Ă peine cachĂ©e, rĂ©sonnait encore dans sa tĂȘte : « ce nâest pas seulement votre poste qui sera en danger ».
Comment allaient-ils bien pouvoir passer « pour des cons » alors quâils Ă©taient sur le point dâinventer une rĂ©volution tactique ? Un dĂ©fenseur en attaque, un ailier au milieu, tout cela avec un entraĂźneur amĂ©ricain qui nâavait encore jamais vu un match de « soccer » de toute sa vie.. si ça ce nâĂ©tait pas du sĂ©rieux, quâest-ce que ça pouvait bien ĂȘtre ?
Georgi Ă©tait inquiet, mais il conservait une totale confiance en son plan. AprĂšs tout, cela avait plutĂŽt bien fonctionnĂ© lors de la campagne amicale, quâest-ce quâil pouvait empĂȘcher de reproduire ces performances ?
Pour masquer son angoisse, Georgi se leva, tapa deux fois dans ses mains et lança Ă ses joueurs, dâune voix assurĂ©e :
« Bon les gars, on conserve notre plan. Vous lâavez vu de vos propres yeux, ça fonctionne. On a marquĂ© des points en amicaux, alors aujourdâhui, on continue pareil. On va leur montrer un football au vin gĂ©orgien, ou au champagne, je ne sais plus, mais on va leur montrer quelque chose ce soir ! »
Quelques ricanements fusĂšrent. Adamadze, en enfilant son brassard de capitaine, leva un sourcil amusĂ©. Lâadjoint, quant Ă lui, soupira et leva les yeux au ciel. Mais Georgi, persuadĂ© dâĂȘtre suivi, enfila son sweet mal lavĂ©, gonfla la poitrine et sortit du vestiaire comme si tout le stade le reconnaissait dĂ©jĂ .
| Erovnuli Liga 2 - 1Úre journée |
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| Aragvi dĂ©buta la rencontre tambour battant. AprĂšs seulement 3 minutes de jeu, Getsadze dĂ©cocha une frappe puissante Ă lâentrĂ©e de la surface. Le ballon, lourd et prĂ©cis, sâĂ©crasa sur la barre transversale. Il faudra attendre un peu aprĂšs la demi-heure de jeu pour voir le premier but. Janelidze dĂ©borda cĂŽtĂ© droit et adressa un bon centre en direction de Getsadze. Lâailier contrĂŽla, remit intelligemment en retrait au point de penalty pour Adamadze. |
| Malgré une tentative en contre-attaque peu avant le coup de sifflet, les joueurs de Spaeri rentraient aux vestiaires, menés au score un but à zéro. |
| Si la premiĂšre pĂ©riode fut relativement calme, la seconde allait ĂȘtre totalement Ă lâopposĂ©. Guram Adamadze, surnommĂ© le « dĂ©fenseur-attaquant » par son entraĂźneur, allait trouvĂ© le chemin des filets Ă trois reprises, inscrivant un quadruplĂ©, dont deux buts de la tĂȘte. Archil Basaria, lui aussi un « dĂ©fenseur-attaquant » et fraĂźchement entrĂ© en jeu, inscrira le cinquiĂšme but dâAragvi. |
Dans les vestiaires, les chants des joueurs rĂ©sonnaient encore lorsquâAdamadze vint trouver Georgi, le sourire aux lĂšvres. Il avait attendu la fin de la causerie dâaprĂšs-match et voulait absolument sâentretenir en tĂȘte-Ă -tĂȘte avec son entraĂźneur. MĂȘme sâil avait toujours Ă©tĂ© lâun des plus tolĂ©rants Ă lâencontre de Georgi, Guram Adamadze Ă©tait tout de mĂȘme perplexe concernant les choix du nouvel arrivant.
« Coach, je dois avouer.. au dĂ©but, je pensais que vous Ă©tiez complĂštement fou. Un dĂ©fenseur en attaque, ça nâa aucun sens. Mais⊠quatre buts. QUATRE. Je nâavais jamais ressenti ça auparavant. »
Georgi bomba le torse, les yeux brillants et un gigantesque sourire aux lĂšvres.
« Je le savais ! Je lâai vu direct, Guram. DĂšs le premier entraĂźnement, jâai su que tu nâĂ©tais pas quâun dĂ©fenseur. Tu Ă©tais.. une arme secrĂšte. »
Un petit peu plus loin, Giorgi Vardosanidze Ă©coutait la conversation. Lui qui espĂ©rait secrĂštement que Georgi sâĂ©croule aujourdâhui, avait une mauvaise mine. Depuis le dĂ©part de lâancien entraĂźneur il espĂ©rait devenir le numĂ©ro un et les choix de Georgi lui donnait confiance, quant au fait quâil ne ferait pas long feu ici et que lui, lâĂ©ternel entraĂźneur adjoint, pourrait intervenir comme le sauveur de lâĂ©quipe.
« Ouais, jusquâĂ ce quâon tombe contre une vraie dĂ©fense. LĂ tu verras ton « arme secrĂšte » se faire ramasser. »
Mais Georgi Ă©tait trop Ă©loignĂ© pour entendre ces paroles. De toute façon, il Ă©tait dĂ©jĂ sur son petit nuage, bien trop fier de lui pour Ă©couter son entraĂźneur adjoint rĂąler sur ses choix. Dans sa tĂȘte, il venait de remporter une bataille historique. Dans sa tĂȘte, un entraĂźneur visionnaire Ă©tait nĂ©.
Sacré début
!
Le coach bĂ©nĂ©ficie dâun peu plus de crĂ©dit pour la suite de la maison maintenant ![]()
Eh bah sacré début !
Il marque encore des points le génie incompris ![]()
Ăa commence plus que bien en championnat