:storyred: :s1: 🇬đŸ‡Ș :fc_aragvi_dusheti: Les Vacances de Georgi

Les vacances de Georgi

Résumé

Petite carriĂšre sur Football Manager, en marge de ma storie catch. Cela faisait un petit moment que j’envisageais une storie un peu plus romancĂ©e et j’ai eu une idĂ©e de challenge en tĂȘte qui s’adaptera Ă  mes idĂ©es narratives. J’espĂšre que cette storie vous plaira !

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Historique

Réservé

Les vacances de Georgi



CHAPITRE I - L’amĂ©ricain trĂšs, trĂšs moyen

Georgi Morrow s’était toujours dit qu’un jour, il ferait de grandes choses. Il ne savait juste pas encore quoi, quand, comment et, trĂšs franchement, il Ă©tait bien plus prĂ©occupĂ© par sa prochaine partie de League of Legends que par son avenir. À 32 ans, il vivait toujours dans le garage de ses parents, quelque part dans un quartier fade de la banlieue d’August, en Californie. Ses journĂ©es Ă©taient toutes structurĂ©es de la mĂȘme façon : il se levait aux alentours de midi, ouvrait une canette de biĂšre tiĂšde oubliĂ©e de la soirĂ©e de la veille, allumait son ordinateur et appelait son meilleur ami Tim, pour refaire le monde en rĂąlant sur la mĂ©tĂ©o ou les pizzas surgelĂ©es.

Georgi avait connu une bonne dizaine de mĂ©tiers diffĂ©rents, dont la moitiĂ© n’avaient mĂȘme pas de vĂ©ritables contrats de travail. Il avait Ă©tĂ© serveur, cela n’a durĂ© que neuf petits jours. Toiletteur pour chien, plus court encore puisqu’il a claquĂ© la porte aprĂšs seulement trois heures de travail et une morsure au mollet, par un Chihuahua nommĂ© Marcus. Il s’est aussi essayĂ© au streaming, mais son seul public Ă©tait les bots programmĂ©s pour la modĂ©ration. Il a mĂȘme Ă©tĂ© coach fitness
 pendant 48 heures, avant d’ĂȘtre terrassĂ© par une tendinite Ă  la suite d’un squat mal exĂ©cutĂ©.

Ses parents, Tara et Harry Morrow, avaient depuis longtemps oubliĂ© l’idĂ©e de le voir briller, de faire de grandes Ă©tudes et d’occuper un poste Ă  responsabilitĂ©. Mais lĂ , c’en Ă©tait trop. Un soir d’avril, alors que Georgi disputait sa dixiĂšme partie de League of Legends de la journĂ©e, Tara dĂ©cida de passer Ă  l’action.

« Harry, ce garçon ne deviendra jamais rien si on ne le pousse pas un peu. Tu te souviens de cette offre d’emploi bizarre qu’on a vue sur ce site ? »

« Pour entraĂźner un club de football ? Oui, enfin
 c’est du vrai sport hein, pas de la console. »

« Il ne saura pas faire la diffĂ©rence. Postulons Ă  sa place, on n’a rien Ă  perdre. »

Le soir mĂȘme, Tara envoya un CV qu’elle fabriqua elle-mĂȘme sur Word, en copiant-collant des termes qu’elle avait lus sur Internet : « Grande capacitĂ© d’analyse tactique Â», « MaĂźtrise des relations humaines et du coaching de groupe Â», ou encore « gestion d’une Ă©quipe Â». Elle colla une photo de Georgi, la seule oĂč il faisait une tĂȘte Ă  peu prĂšs normale, mĂȘme s’il venait de se teindre les cheveux en vert
 parce que ça le faisait rire, car sa coupe de cheveux ressemblait Ă  l’herbe du jardin, lorsqu’il mettait du gel.

Et contre toute attente
 une réponse arriva.
Pas un mail automatique, pas un message de refus poli, non. Une vraie réponse, signée, tamponnée, sérieuse.

Tara n’en revint pas. Elle relut trois fois l’objet du message, s’assura que ce n’était pas un spam, et appela Harry, qui lĂącha sa tĂ©lĂ©commande en pleine rediffusion d’un Ă©pisode de NCIS.

« Harry
 ils ont rĂ©pondu. Ils veulent de lui. »
« Pardon ? Tu veux dire qu’un club l’a pris au sĂ©rieux ?! Enfin, nous a pris.. Bref, tu es sĂ©rieuse ? »

Le silence qui suivit fut plus lourd qu’un tacos trois viandes achetĂ© au snack du coin. Ils se regardĂšrent sans trop savoir s’ils devaient rire ou faire leurs valises. Georgi, lui, n’était au courant de rien. Il venait tout juste de finir une partie classĂ©e, rageait contre son jungler et n’avait toujours pas pris de douche depuis bientĂŽt quatre jours.

Sa vie allait changer. Il ne le savait juste pas encore.

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Je suis ! Une story marquée du sceau de papa et maman :grin:

Et aucune mention de football dans les passions du jeune homme avant l’envoi de la candidature
 ça promet !

Est-ce que son prénom est un indice sur sa destination ?.. :sac:

Oh quel bonheur d’avoir une story :smiley:
Je suis bien Ă©videmment ! Et ça commence fort :joy: HĂąte de voir Baloo s’occuper d’une Ă©quipe de football :smiley:

J’en suis ! Hñte de lire la suite :slight_smile:

Haha; ça donne envie ce début.

Que va devenir ce petit branleur de Georgi?

HĂąte de voir quel club l’a acceptĂ©

Je prends le train en marche copain. Je suis curieux de lire la suite :slight_smile:

Réponses aux lecteurs

Merci à tous pour vos commentaires, j’espùre que cette storie sera à la hauteur de vos attentes !
J’ai grand hĂąte de dĂ©velopper ce personnage, qui me trottait dans la tĂȘte depuis un petit moment. La prĂ©sentation sur Football Manager devrait commencĂ©e aprĂšs le quatriĂšme chapitre, environ, si j’arrive Ă  tout structurer comme je le souhaite. Mais mĂȘme une fois la partie lancĂ©e, on devrait conserver pas mal de storytelling Ă  cĂŽtĂ©, pour continuer Ă  faire Ă©voluer ce bon vieux Georgi !

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Les vacances de Georgi



CHAPITRE II - Destination INCOMPRISE

Georgi Morrow s’était rĂ©veillĂ© plus tĂŽt que d’habitude, ce matin-lĂ . Non pas par volontĂ© de faire des efforts et reprendre sa vie en main, mais bien parce que ses parents avaient ouvert la porte du garage sans mĂ©nagement. Il Ă©mergea difficilement de son matelas posĂ© Ă  mĂȘme le sol, la tĂȘte encore pleine de rĂȘves confus oĂč il incarnait le personnage principal d’un jeu vidĂ©o, au beau milieu d’un monde post-apocalyptique. Il n’était pas d’humeur Ă  entendre son pĂšre le sermonner Ă  propos des canettes qui s’empilaient sur son bureau et dans la poubelle de recyclage. Mais par chance, ou peut-ĂȘtre pas, ce n’était pas un sermon qui l’attendait.

« Georgi, habille-toi. Nous avons une grande nouvelle pour toi. » lança Tara, les bras croisés, visiblement excitée par cette annonce soudaine.

« Une nouvelle ? Genre vous avez enfin compris que les pizzas surgelĂ©es Ă  l’ananas, c’est une abomination et qu’il est temps d’arrĂȘter d’en acheter une fois par mois ? »

« Mieux que ça » intervint Harry « Tu as un job, mon garçon. Un vrai. Avec des responsabilités et surtout, un contrat de travail. »

« Attends quoi ? » dit Georgi, la bouche encore pĂąteuse « J’ai postulĂ© nulle part. À moins qu’Ubisoft m’ait enfin rĂ©pondu, aprĂšs les centaines de mails que j’ai envoyé  »

« Non. C’est nous qui avons un peu
 anticipĂ© la chose. » dit Tara, le sourire crispĂ©.

« Tu vas devenir coach, Georgi. N’est-ce pas formidable pour toi ?»

« Coach ? Comme un entraßneur ? »

« C’est ça, entraĂźneur d’une Ă©quipe. Et il va falloir mettre en avant ton sens du collectif, ta capacitĂ© Ă  diriger, Ă  gĂ©rer des personnalitĂ©s. Mais ça devrait ĂȘtre un jeu d’enfant pour un joueur aussi assidu, n’est-ce pas ? »

« Une Ă©quipe ? Attendez
 C’est une team e-sport ? Genre LoL ? Rocket League ? Oh putain, c’est pour ça que vous avez fait cette tĂȘte hier quand je parlais de draft et de stratĂ©gie ! » rĂ©pondit Georgi, surexcitĂ©.

« Euh
 Oui. On peut dire ça comme ça. » rĂ©pondit Harry, Ă©vitant le regard de son fils.

Le lendemain matin, Georgi mit deux t-shirts, un sweat Ă  capuche tachĂ© de sauce guacamole et sa Switch 2 dans un sac Ă  dos. Tara haussa un sourcil mais ne dit rien, aprĂšs tout, elle ne s’attendait pas Ă  mieux venant de son fils. Dans la voiture qui les emmenait Ă  l’aĂ©roport de Sacramento, Georgi chantonnait, persuadĂ© qu’il allait rejoindre une organisation d’e-sport Ă  Atlanta, pour vivre dans une « gaming house Â» avec des posters de Jinx accrochĂ©s sur les murs et des distributeurs automatiques de boissons Ă©nergĂ©tiques.

Barre de séparation

ArrivĂ© Ă  l’aĂ©roport, il jeta un Ɠil aux panneaux d’affichage et lu :
« Prochain vol : JT412 – Destination : Georgia – 14h10 »

« SĂ©rieux, on prend l’avion pour aller en GĂ©orgie ?! On aurait pu y aller en voiture ! Vous m’avez trimballĂ© Ă  Denver, Ă  New York, et mĂȘme Ă  Cleveland en voiture, et lĂ  on se paye un vol pour aller Ă  Atlanta ? Papa, t’as plus envie de conduire ou quoi ? »

« Ahahah
 Oui, tu as devinĂ©. Je fatigue un peu. Tu sais, avec l’ñge
 » rĂ©pondit Harry en toussotant nerveusement.

Dans la file d’embarquement, Georgi fut surpris par les conversations autour de lui. Il entendait des mots incomprĂ©hensibles pour lui, certaines annonces se faisaient dans une langue qu’il n’arrivait pas Ă  dĂ©chiffrer. Il s’approcha alors d’un agent d’escale pour tenter d’en savoir un peu plus.

« Hey, salut mec. Juste pour ĂȘtre sĂ»r, ce vol va bien en GĂ©orgie ? »

« Yes sir, this is the flight JT412 to Tbilisi, Georgia. »

« Tbilisi ? C’est une banlieue d’Atlanta ça ? » marmonna-t-il, perplexe. Une fois dans l’avion, il oublia totalement ces questions, bien trop prĂ©occupĂ© Ă  l’idĂ©e de terminer le dernier jeu PokĂ©mon.

Il s’endormit dĂšs le dĂ©collage, rĂȘveur. Il s’imaginait dĂ©jĂ  donner des ordres Ă  une team professionnelle, que ce soit physiquement ou via discord, vĂȘtu d’un sweat sponsorisĂ© par Red Bull. Allait-il entraĂźner une Ă©quipe e-sport basĂ©e sur League of Legends ou sur un autre jeu, qu’il ne connaissait pas? Ce qu’il ne savait pas encore, c’est que son rĂȘve allait prendre une toute autre tournure.

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Je vais avoir un voisin :poggers:
Je te prĂ©viens ici les jeunes c’est pas les occidentaux pourris gĂątĂ©s Ă©levĂ©s Ă  LoL, PokĂ©mon et Pornhub
Ici c’est lutte grĂ©co-romaine, Ă©glise et tchatcha, ton amerloque lĂ , ils vont t’en faire un homme

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Quel rabat-joie! Un vrai pĂšre serait venu l’aider Ă  empiler d’autres canettes de biĂšre aprĂšs les avoir vidĂ©es!

Mais c’est trùs bon!!!

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Pour derriùre faire un chamboul’tout !

C’est quelle version ? :rofl:

En tout cas, j’espĂšre qu’il s’est mouillĂ© la nuque ! Ca va lui faire tout drĂŽle le changement de dĂ©cor :pasrire:

Ouille ça va ĂȘtre dur pour le jeune quand il va se rĂ©veiller

Réponses aux lecteurs

:hoho:

Hérétique. Au bûcher ! :no:

Je ne sais mĂȘme pas quel est le dernier pokĂ©mon en date, j’ai arrĂȘtĂ© les opus aprĂšs l’horrible EpĂ©e/Bouclier. Mais au moment d’écrire cette partie j’étais sur PokeMMO, donc j’ai dĂ©cidĂ© d’écrire qu’il jouait Ă  PokĂ©mon. :sac:

Oh ça, j’espùre bien !

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Les vacances de Georgi



CHAPITRE III - Tbilisi by Night

Un grondement lointain, un bruit mĂ©tallique, puis une secousse. Un premier cri d’enfant, puis d’autres. Georgi Ă©mergea petit Ă  petit de son sommeil, un sommeil qui n’avait rien de rĂ©parateur, bien au contraire. Le cou en vrac, la bouche pĂąteuse, l’esprit encore embourbĂ© dans un rĂȘve qu’il ne comprenait pas, oĂč il tentait d’apprendre l’alphabet cyrillique tout en dansant la polka avec un biker Ă©mĂ©chĂ©.

Il ouvrit les yeux avec difficultĂ©s, presque aveuglĂ© par la lumiĂšre dĂ©gagĂ©e par le nĂ©on au-dessus de lui. Beaucoup de passagers Ă©taient dĂ©jĂ  debouts, certains s’agitaient pour attraper leurs bagages, tandis que d’autres semblaient Ă©galement se rĂ©veiller d’un long sommeil. Tout semblait dĂ©cuplĂ© : les pleurs, les Ă©clats de voix, mĂȘme le bruit de bouche que faisait son pĂšre en mĂąchant son chewing-gum Ă  la chlorophylle. Il resta un instant figĂ©, incapable de comprendre oĂč il se trouvait, sans mĂȘme se rappeler de pourquoi il Ă©tait lĂ .

Il tenta de se remettre les idĂ©es en place. L’état de GĂ©orgie, l’annonce de ses parents qui ont rĂ©ussi Ă  lui trouver un poste d’entraĂźneur d’une Ă©quipe e-sport, Atlanta et sa banlieue. C’était bien ça, il Ă©tait en route pour un nouveau dĂ©part. Du moins, c’est ce qu’il s’était rĂ©pĂ©tĂ© en boucle dans sa tĂȘte, avant de monter Ă  bord de cet avion.

Mais alors
 à quoi correspondait cette étrange affiche ?
A l’extĂ©rieur de l’avion il pouvait voir, Ă  travers le hublot, une affiche avec un drapeau qu’il ne connaissait pas. Une croix rouge sur un fond blanc. L’affiche Ă©tait petite et discrĂšte, mais impossible Ă  ignorer.

Il cligna des yeux Ă  plusieurs reprises.
« Attends, mais ce n’est pas le drapeau de l’état de GĂ©orgie ça.. »

Il avait raison, ce n’était pas le drapeau de l’état de GĂ©orgie. Rien Ă  voir. Un soupçon de panique lui serra la poitrine. Il regarda alors tout autour de lui et n’entendait aucun mot d’anglais. Un agent d’escale lui adressa un signe de tĂȘte rapide, tout en prononçant quelques mots Ă  son encontre, des mots qu’il Ă©tait bien incapable de comprendre.

« Escale ? DĂ©tour ? On est oĂč lĂ  ? » demanda t-il Ă  son pĂšre.

« Sois patient Georgi, tu auras trÚs vite toutes les réponses à tes questions » répondit Harry, le sourire crispé.

Il tenta de rationnaliser, de se convaincre que tout cela avait une explication simple, comme le lui a dit son pĂšre. Il n’avait pas pris un vol international, pas vrai ? Il l’aurait remarquĂ©, quand mĂȘme. Ce devait ĂȘtre une correspondance, un arrĂȘt technique ou quelque chose du genre. Un truc de compagnie low-cost, qui arrive Ă  tout un chacun.

Il fit quelques pas et fut frapper par le froid, qui le gifla sans prĂ©venir. L’air sentait un mĂ©lange de gasoil et de rouille. Au loin il croisa le regard d’un homme qui tenait une pancarte :
« Mr Georgi Morrow »

Bon, au moins il Ă©tait arrivĂ© au bon endroit, quelqu’un semblait l’attendre. Georgi s’approcha, traĂźnant sa valise qui semblait peser une tonne, malgrĂ© le peu d’affaires qu’il avait dĂ©cidĂ© d’embarquer avec lui.

« Hey ! J’imagine que vous ĂȘtes lĂ  pour moi.. enfin j’espĂšre. Parce que sinon, je suis sĂ©rieusement dans la merde » lança-t-il.

L’homme ne prit mĂȘme pas le temps de lui rĂ©pondre. Pas de sourire, pas mĂȘme un mouvement de tĂȘte. Il abaissa sa pancarte, se retourna et fit signe de le suivre.

« Ah bah sympa l’accueil » marmonna Georgi, avant de poursuivre « Vous faites aussi les bar-mitsvas ou uniquement les enterrements ? »

Toujours pas la moindre rĂ©action de l’homme. Georgi ne semblait pas rassurer et tenta de chercher un regard de soutien auprĂšs de son pĂšre, qui conservait le mĂȘme sourire crispĂ© et qui lui fit signe de suivre cet inconnu.

Ils marchĂšrent Ă  travers un couloir glacial, puis se retrouvĂšrent au beau milieu d’un parking sombre, sans vie. Aucune enseigne connue aux alentours, pas mĂȘme un malheureux Duty Free. Pire encore, tous les panneaux qu’il pouvait voir Ă©taient Ă©crits dans une langue qu’il n’avait jamais vue auparavant, pas le moindre panneau n’était Ă©crit en anglais. Il tenta alors de consulter son tĂ©lĂ©phone, afin d’avoir un peu plus d’information sur l’endroit oĂč il pouvait bien se trouver. Aucune barre. Il consulta son rĂ©seau et vu une inscription similaire Ă  celles prĂ©sentes sur les panneaux de signalisation : áƒ„áƒĄáƒ”áƒšáƒ˜ არ არიქ.

Il haussa un sourcil. Ce n’était pas juste une vulgaire escale, c’était
 autre chose.

Barre de séparation

Dans la voiture, le silence Ă©tait glacial. Le moteur toussait comme un fumeur atteint d’un cancer du poumon en phase terminale. L’homme conduisait raide, les mains fixĂ©es au volant comme si elles avaient Ă©tĂ© attachĂ©es lĂ .

« Je peux vous parler ? » demanda Georgi, sans vraiment attendre que l’homme lui confirme qu’il le pouvait « Je crois qu’il y a un malentendu. Je devais aller en GĂ©orgie. Vous savez, Coca-Cola, les campus universitaires, les Bulldogs, Julia Roberts.. enfin.. je n’étais pas censĂ© arrivĂ© ici. »

Rien. Toujours pas la moindre rĂ©ponse de l’homme. Georgi continua Ă  se faire tout un tas de scĂ©nario dans sa tĂȘte, allant jusqu’à imaginer vivre un nouvel Ă©pisode de Detour Mortel ou, dans un style plus proche de sa situation actuelle, un remake d’Hostel .

Le conducteur prit enfin la parole, d’un ton monocorde.
« Le président du club est trÚs heureux de vous accueillir. Il est aussi le maire de la ville et il se dit que votre présence fera beaucoup parler ici. La presse locale devrait adorer cette histoire. »

« Ah, euh.. Cool. Mais au fait, c’est quel genre de ce club exactement ? League of Legends, Apex ? Les Sims 4 ? » rĂ©pondit Georgi, de plus en plus stressĂ© mais tentant de conserver une touche d’humour.

De nouveau, le conducteur se plongea dans le silence le plus complet. Pas de rĂ©ponse, simplement une suite de virages, de rues mal Ă©clairĂ©es, de bĂątiments dont l’état Ă©tait trĂšs discutable.
Georgi regarda le paysage dĂ©filer. Les enseignes semblaient toutes sorties d’un alphabet ancien, comme si le monde lui-mĂȘme s’était arrĂȘtĂ© et mis Ă  parler une autre langue. La radio grĂ©silla soudainement, diffusant une sorte de chant traditionnel, accompagnĂ© de vieux instruments.

« GĂ©nial. C’est ici que je vais mourir et je n’aurai mĂȘme pas de bonne musique pour m’accompagner » plaisanta Georgi dans sa tĂȘte.

Barre de séparation

AprĂšs quasiment trente minutes de route, ils s’arrĂȘtĂšrent devant un bĂątiment gris, flanquĂ© d’un escalier en mĂ©tal rouillĂ©. Une lumiĂšre blafarde Ă©clairait le panneau au-dessus de la porte : toujours aucun mot que Georgi Ă©tait en capacitĂ© d’identifier, juste cette foutue suite de symboles.

L’homme descendit sans un mot. Georgi et ses parents le suivaient, valises à la main, il semblait de plus en plus inquiet.
Le bĂątiment avait l’air tout droit sorti d’un documentaire sur la chute de l’URSS. Couloirs froids, murs jaunis par le temps, portes fermĂ©es Ă  double tour. Le genre d’endroit oĂč l’on ne viendrait pas en vacances, pour rien au monde.

On lui indiqua une chambre : minuscule, lit pour une personne, draps rĂȘches et jaunis Ă©galement, armoire qui semblait tenir uniquement parce qu’elle avait passĂ©e le plus clair de son temps enfoncĂ©e dans le sol. Les toilettes Ă©taient communes, au fond du couloir, Ă©clairĂ©es par une lumiĂšre faible et dont l’ampoule clignotait au plafond.
Sur la table, une enveloppe Ă©tait prĂ©sente. Georgi prit son temps avant de l’ouvrir et d’y trouver une simple feuille, avec un texte court et tapĂ© Ă  la machine :

« WELCOME COACH. »

Georgi resta lĂ , assit Ă  fixer cette feuille et la relire sans s’arrĂȘter.
« Coach.. mais coach de quoi ? OĂč est-ce que j’ai foutu les pieds ? » murmura-t-il.

Il s’assit sur le lit, les ressorts couinaient sous son poids et le lit Ă©tait maintenu par une vulgaire planche de bois.
Il regarda par la fenĂȘtre. Celle-ci donnait sur une ruelle dĂ©serte, une lumiĂšre vacillante et on pouvait entendre au loin les aboiements d’un chien.

Il soupira
« C’est donc ça, partir Ă  l’aventure ? ».

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