:storygreen: :s2: 🇫🇷 :nimes: L'enfant du Gard qui refuse d'oublier.

Réponses aux commentaires

@Rhino Comme tu le dis, je vais devoir rapidement prouver que je suis fait pour ce club ! Que je suis l’homme dont le Nîmes Olympique a besoin pour se reconstruire.

@toopil J’aime bien l’expression « los cojones », étant d’origine espagnole… haha ! Et tqt pas, comme dirait un Espagnol : « tengo los cojones bien puestos ».

@CaptainAmericka Ton message atteint mon cœur ! Tu es l’un de ceux qui m’ont donné envie de continuer depuis le début de mon histoire avec Girona… Je vais faire attention cette fois-ci à ne pas trop enchaîner, pour vous laisser le temps de bien lire tous les chapitres !

J’ai beaucoup de travail, mais JE DOIS et JE VEUX voir Nîmes réussir. JE SUIS NÉ À NÎMES. Pourtant, je suis madrilène de base (mais faire une histoire avec le Real Madrid… j’ai l’impression que ce ne serait pas très intéressant…).

@Loac Pas de recrues : uniquement des joueurs déjà présents au club ou issus du centre de formation. Ceux qui sont déjà là pourront finir leur carrière au club s’ils le souhaitent et s’ils ont le niveau…

- UNE ÉQUIPE EN CONSTRUCTION -

Le 20 juillet 2024, les Costières sonnèrent creux. À peine quelques centaines de supporters avaient pris place dans les tribunes pour assister au premier match d’Adrien Valette sur le banc du Nîmes Olympique. Le soleil tombait lentement sur la pelouse brûlée par l’été gardois tandis que les joueurs terminaient l’échauffement dans une ambiance étrange. Il y avait de la curiosité, bien sûr. Mais surtout du doute. Depuis des mois, le club ne vivait plus de frustrations et de promesses non tenues.

Et ce soir-là, face à Middlesbrough FC, la réalité frappa immédiatement. Les Anglais jouaient plus vite. Plus fort. Plus juste. Chaque pressing nîmois semblait arriver avec une seconde de retard. Chaque duel physique tournait à l’avantage des visiteurs. Au bout de vingt minutes, les Crocos avaient déjà la tête sous l’eau. Adrien Valette restait debout devant son banc, les bras croisés, sans un mot. Il observait tout. Les replacements défensifs trop lents. Les distances énormes entre les lignes. Les pertes de balle évitables. Les regards qui commençaient déjà à fuir. Le premier but anglais fit descendre un silence pesant dans les tribunes. Puis un deuxième. À la pause, certains supporters quittaient déjà leur siège pour rejoindre les buvettes, résignés. La seconde période fut encore plus douloureuse. Middlesbrough déroula sans force. Nîmes souffrait physiquement et mentalement aussi. Quand le quatrième but termina au fond des filets, les Costières semblaient figées. 4-0. Une gifle, dans le vestiaire personne ne parlait. Quelques joueurs gardaient la tête basse. D’autres fixaient le sol… le préparateur physique tournait nerveusement autour des bouteilles d’eau renversées.

Adrien Valette finit par prendre la parole.

« Regardez-vous bien. Parce que ce soir, c’est notre point de départ. Soit on accepte ce niveau-là et on finit dans le ventre mou du National… soit on travaille comme des animaux pour devenir une équipe. »

Le ton n’était ni agressif ni théâtral. Juste froid.

Quatre jours plus tard, face au Le Puy Foot 43, Nîmes montra un autre visage. Pas encore maîtrisé. Pas encore solide. Mais vivant. Les Crocos pressaient plus haut. Récupéraient davantage de ballons. Cherchaient immédiatement la verticalité. Pendant une heure, les intentions furent intéressantes. Mais dès que l’intensité baissa, les vieux défauts réapparurent. Des espaces énormes dans le dos des latéraux. Des pertes de balle évitables. Des erreurs de concentration. Le Puy en profita sans trembler. Défaite 3-2. Au coup de sifflet final, Adrien Valette resta quelques secondes immobile devant son banc avant de rejoindre directement le vestiaire. Deux matchs. Deux défaites. Et déjà les premières critiques commençaient à apparaître autour des Costières. Certains journalistes parlaient d’un football « trop ambitieux » pour le National. D’autres estimaient que les joueurs n’étaient tout simplement pas capables d’appliquer les idées du nouveau coach. Mais en interne, le discours restait différent. Parce que malgré la défaite, le staff voyait des progrès. Le pressing devenait plus cohérent. Les transitions plus rapides. Les joueurs commençaient enfin à assimiler les principes de jeu. Et surtout, pour la première fois depuis longtemps, Nîmes essayait réellement d’imposer quelque chose à ses adversaires.

Trois jours plus tard, contre Lyon-La Duchère, les progrès se confirmèrent. Victoire 2-1. Le bloc équipe devenait plus compact. Les courses semblaient plus coordonnées. Les lignes restaient enfin proches les unes des autres. Surtout, certains joueurs commençaient à émerger. Le jeune ailier formé au club électrisait les transitions. Le milieu récupérateur couvrait un terrain immense. La charnière centrale gagnait peu à peu en agressivité.

À la fin du match, Adrien Valette échangea quelques mots avec son adjoint en regagnant le vestiaire.

« Maintenant ils commencent à comprendre. »

Mais le véritable déclic arriva le 31 juillet. Face au Stade de Reims. Ce soir-là, les Costières semblaient presque revivre. Un peu plus de monde. Un peu plus de bruit. Un peu plus d’espoir. Et sur le terrain, Nîmes réalisa son match le plus abouti depuis très longtemps. Le pressing étouffa les Rémois dès les premières minutes. Chaque récupération projetait immédiatement l’équipe vers l’avant. Les joueurs couraient ensemble. Défendaient ensemble. Pour la première fois, on distinguait clairement la patte Adrien Valette. À la 34e minute, après une récupération haute, Nîmes ouvrit le score sous une explosion du stade. Les joueurs célébrèrent ensemble devant les Gladiators. Puis, en seconde période, un contre parfaitement exécuté permit aux Crocos de faire le break. 2-0. Au coup de sifflet final, les applaudissements descendirent des tribunes avec une sincérité presque oubliée. Et certains joueurs restèrent quelques secondes immobiles sur la pelouse. Comme s’ils redécouvraient enfin ce que signifiait jouer pour Nîmes.

La dynamique était lancée. Quelques jours plus tard, Quevilly-Rouen Métropole fut battu 2-1. Puis ce fut au tour des FC Girondins de Bordeaux de tomber aux Costières. 2-1. Cette victoire-là n’était pas anodine. Même en National, Bordeaux restait Bordeaux. Un nom. Une histoire. Une pression. Et ce soir-là, Nîmes regarda enfin un adversaire ambitieux droit dans les yeux. Adrien Valette, lui, commençait discrètement à dessiner son onze type. Les entraînements devenaient plus compétitifs. Les remplaçants poussaient. Les cadres retrouvaient de l’autorité. Le vestiaire redevenait vivant.

La fin de la pré-saison termina de souder le groupe. Victoire 3-1 contre CE L’Hospitalet. Puis 3-1 face au SO Cholet. Sous la chaleur catalane, les joueurs souffraient ensemble. Couraient ensemble. Progressaient ensemble.

Adrien Valette répétait inlassablement la même phrase :

« Une équipe qui ne court pas ensemble finit toujours par exploser. »

Et progressivement, le groupe adhéra totalement à sa méthode. Même les plus sceptiques.

Le dernier match de préparation, contre CD Lugo, fut différent. Moins spectaculaire. Plus fermé. Plus fatigué aussi. Victoire 1-0. Les jambes étaient lourdes. Les courses moins explosives. Les organismes marqués par des semaines de travail intense. Mais Adrien Valette semblait satisfait. Parce qu’il voyait enfin une équipe capable de souffrir sans rompre. Une équipe disciplinée. Compacte. Solidaire. Une équipe de National.

Le vestiaire était silencieux. Les joueurs terminaient de retirer leurs protège-tibias pendant que les kinés rangeaient le matériel dans un coin de la pièce. L’odeur du camphre et de l’herbe humide flottait encore dans l’air après la courte victoire contre CD Lugo. Adrien Valette attendit quelques secondes avant de prendre la parole.

Debout au centre du vestiaire, les mains dans les poches de son survêtement noir, il balaya lentement la pièce du regard.

« Quand on a repris il y a un mois… personne ne croyait en nous. »

Le silence resta total.

« Personne à l’extérieur. Et honnêtement… peut-être même pas certains ici. »

Quelques joueurs baissèrent légèrement les yeux.

« Le premier match contre Middlesbrough nous a fait mal. Très mal. Et c’était nécessaire. Parce qu’on a compris ce jour-là qu’on n’était pas une équipe. On était juste un groupe de joueurs avec un maillot sur le dos. »

Valette marqua une pause.

« Mais depuis… vous avez bossé. Vraiment bossé. »

Il désigna plusieurs joueurs du regard.

« Vous avez accepté les efforts. Les séances difficiles. Les critiques. Les remises en question. Et surtout… vous avez commencé à courir les uns pour les autres. »

Le coach s’avança lentement dans le vestiaire.

« Aujourd’hui, on n’est pas parfaits. On fera encore des erreurs. On perdra encore des matchs. Mais maintenant, je vois une équipe. Une vraie. »

Quelques têtes acquiescèrent discrètement.

« Le plus important, ce n’est pas les matchs amicaux qu’on a gagnés. Ce n’est pas Bordeaux. Ce n’est pas Reims. Le plus important, c’est que les gens recommencent doucement à respecter le Nîmes Olympique. »

Le ton monta légèrement.

« Et ça… ça doit devenir notre obsession. »

Adrien Valette pointa alors le blason du club sur le mur du vestiaire.

« Ce club a trop souffert ces dernières années. Trop de honte. Trop d’excuses. Trop de résignation. »

Puis il fixa ses joueurs un à un.

« Cette saison, on ne promet rien. On ne parle pas de montée. On ne parle pas de rêve. On parle de travail. D’intensité. De discipline. »

Sa voix devint presque froide.

« Mais je vous promets une chose : si on garde cet état d’esprit… personne n’aura envie de nous affronter. »

Un léger silence suivit. Puis Valette conclut simplement :

« Reposez-vous demain. Parce qu’après-demain… le vrai football commence. »


Ce onze type qui se dégage de la pré-saison raconte beaucoup de choses sur les idées d’Adrien Valette. D’abord, il y a une vraie identité forte. Ce 3-4-3 n’est pas une simple adaptation tactique : c’est une déclaration d’intention. Valette veut une équipe agressive, capable de presser haut, d’étouffer l’adversaire et de se projeter très vite vers l’avant.

Le choix de deux pistons extrêmement offensifs comme Sy et Villeneuve montre clairement cette volonté d’étirer le jeu et d’apporter constamment du danger sur les côtés. Leur activité a souvent donné le ton pendant les matchs amicaux.

Derrière, la défense à trois apporte un équilibre intéressant. Guessoum, placé en libéro, devient le véritable patron de la relance, pendant que Mendy et Séance sécurisent les espaces et agressent rapidement les porteurs adverses. Cette ligne défensive reflète parfaitement l’idée d’un bloc compact mais capable de défendre en avançant.

Au milieu, l’association Laurens–Delpech semble être devenue le cœur du projet. Laurens apporte le volume de course, les projections et la créativité entre les lignes, tandis que Delpech équilibre l’équipe avec un rôle plus discret mais essentiel dans les transitions et la première relance.

Et devant, le trio Wade – Mvondo – Salles symbolise parfaitement le football que cherche Adrien Valette : de la vitesse, de l’intensité et de la verticalité.

Wade et Salles attaquent constamment les espaces, tandis que Mvondo sert de point de fixation et de finisseur dans la surface.

Ce qui ressort surtout de cette pré-saison, ce n’est pas seulement la qualité individuelle de ce onze. C’est la cohérence collective qui commence à apparaître. Pour la première fois depuis longtemps, le Nîmes Olympique semble avoir une direction claire. Une équipe jeune. Athlétique. Agressive. Une équipe à l’image de son entraîneur.


Conférence de presse avant le début du championnat

La salle de conférence des Costières était pleine. Pour la première fois depuis longtemps, une forme de curiosité entourait de nouveau le Nîmes Olympique. Adrien Valette s’installa face aux journalistes avec une bouteille d’eau devant lui. Costume sombre. Regard calme.

Le responsable communication lança la conférence.

« Première question pour Adrien. »

Un journaliste de Midi Libre prit immédiatement la parole.

« Adrien, après cette pré-saison plutôt réussie, est-ce que l’objectif du club a changé ? »

Valette esquissa un léger sourire.

« Non. Une pré-saison reste une pré-saison. On a vu des choses intéressantes, mais le National est un championnat extrêmement difficile. On garde beaucoup d’humilité. »

« Pourtant vous battez Reims et Bordeaux. Ça envoie forcément un message ? »

« Ça montre surtout qu’on progresse. Mais les matchs amicaux ne donnent aucun point au classement. Ce qui m’intéresse maintenant, c’est notre capacité à répéter les efforts chaque semaine. »

Un autre journaliste enchaîna.

« Quel sera le visage du Nîmes Olympique cette saison ? »

Adrien Valette prit quelques secondes avant de répondre.

« Une équipe agressive. Une équipe disciplinée. Une équipe qui joue avec du courage. Je veux que les supporters reconnaissent leur club quand ils regardent les matchs. »

« Vous semblez avoir remis une vraie intensité dans cette équipe… »

« Dans ce championnat, si vous ne courez pas, vous êtes morts. Le talent ne suffit pas en National. L’état d’esprit est fondamental. »

Au fond de la salle, un journaliste parisien lança alors :

« Certains observateurs vous voient déjà comme un outsider pour la montée. Ça vous fait sourire ? »

Valette secoua légèrement la tête.

« Franchement ? Non. Parce qu’on n’a encore rien fait. Ce groupe revient de loin. On doit d’abord retrouver de la stabilité. Après, on verra jusqu’où on peut aller. »

« Vous sentez tout de même un regain d’enthousiasme autour du club ? »

Cette fois, le coach nîmois sourit franchement.

« Oui. Et c’est probablement la meilleure nouvelle de cette pré-saison. »

Il regarda brièvement autour de lui avant de poursuivre.

« Quand les Costières recommencent à vibrer, même un peu… ça change tout pour les joueurs. »

Dernière question.

« Adrien, personnellement, vous êtes prêt pour cette première saison comme entraîneur principal ? »

Le jeune coach croisa les mains avant de répondre calmement :

« Honnêtement… je crois qu’on n’est jamais totalement prêt. Mais je suis convaincu d’une chose : je donnerai absolument tout pour ce club. »

Quelques secondes plus tard, les flashs des photographes illuminèrent encore la salle pendant qu’Adrien Valette quittait lentement l’estrade.

- SAISON 1 -
- Chapitre 7 -
- ILS NE VOULAIENT PAS TOUS DE LUI -
- Chapitre 9 -
- LE RÉVEIL DES COSTIÈRES
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