:storygreen: :s1: 🇾🇰 :msk_rimavska_sobota: Le vent de Bari : confessions de Giuseppe Colombani

Réponse aux lecteurs

@Rhino @toopil Oui, gros dĂ©but de saison, bien mieux qu’espĂ©rĂ©.

@alexgavi De bric et de broc, mais tout de mĂȘme quelques bons petits joueurs pour ce niveau

- Le problùme, c’est que ça continuait -

— À quel moment as-tu commencĂ© Ă  croire que ce n’était pas un accident ?

Giuseppe sourit.

— Je vais te dĂ©cevoir, je n’y ai jamais cru.

— Jamais ?

— Pas en aoĂ»t, certainement pas.

Il attrapa son carnet. Le mois d’aoĂ»t 2026 occupait dĂ©sormais des pages entiĂšres, les notes Ă©taient plus longues, les schĂ©mas tactiques plus nombreux, les observations plus prĂ©cises parce qu’entre-temps, une chose dangereuse s’était produite : il avait commencĂ© Ă  se sentir entraĂźneur.

— AprĂšs deux journĂ©es, nous Ă©tions leaders, six points, deux victoires, aucun but encaissĂ©. Je relis mes notes aujourd’hui et c’est assez amusant, je ne parle quasiment jamais du classement. Je parle des blessures, des sĂ©ances, de la rĂ©cupĂ©ration, des vieux, toujours des vieux.

Chiara sourit.

— Une obsession.

— Une nĂ©cessitĂ© : quand ton latĂ©ral droit a quarante-cinq ans et que ton meneur de jeu en a trente-sept, tu regardes davantage les genoux que le classement. Le troisiĂšme match nous emmenait Ă  Myjava, l’autre promu, une Ă©quipe qui nous ressemblait beaucoup. Peu de moyens, un effectif court, des joueurs qui avaient quelque chose Ă  prouver.

Je me mĂ©fiais Ă©normĂ©ment de cette rencontre. Beaucoup plus que de certaines affiches contre des favoris parce que les promus jouent souvent avec le couteau entre les dents ; et c’est exactement ce qui s’est passĂ©. Le match fut serrĂ©, tendu, accrochĂ©, une vraie rencontre de deuxiĂšme division. Personne ne voulait cĂ©der. Personne ne voulait perdre. Heureusement, il y avait Saturnino.

Le vieux coach continua.

— Ah
 Matheus. À cette Ă©poque-lĂ , il Ă©tait au-dessus de tout le monde physiquement et mentalement, dans l’intelligence de jeu, ses dĂ©placements. Techniquement, pas maladroit, mais dans la moyenne. Mais il jouait clairement comme si la division Ă©tait trop petite pour lui.

C’est lui qui sert Gembicky pour l’ouverture du score. Le premier but de la saison de notre ailier, puis Myjava Ă©galise. Une volĂ©e venue d’ailleurs de leur ailier Halabrin. Et pendant quelques minutes, je sens le match m’échapper. Je regarde le terrain, je regarde leurs milieux, je regarde les nĂŽtres et je prends probablement ma premiĂšre vraie dĂ©cision de coach.

— C’est-à-dire ?

— J’arrĂȘte d’avoir peur. J’ai trouvĂ© mes joueurs plus frais, ce que me confirme Pinedo. Je les ai sentis capables de tenir davantage le rythme, alors j’ai demandĂ© de monter Ă  la mi-temps. Plus haut, plus agressif, pressing total.

On a commencĂ© Ă  gagner les seconds ballons, Ă  rĂ©cupĂ©rer plus vite, Ă  les asphyxier progressivement. Aujourd’hui cela paraĂźt banal, Ă  l’époque, pour moi, c’était une prise de risque immense. Je dĂ©couvrais encore le mĂ©tier.

Puis arriva la 90e minute. Saturnino rĂ©cupĂšre le ballon dans notre moitiĂ© de terrain, combine avec Gembicky puis Petran, puis notre BrĂ©silien qui a poursuivi son action est trouvĂ© dans l’espace. Frappe, but. 2-1. Une illustration parfaite de l’activitĂ© de Matheus, Ă  la rĂ©cupĂ©ration, gĂ©nĂ©reux, et Ă  la conclusion aprĂšs un sprint de 60 mĂštres.

Victoire, le premier vrai moment d’émotion de ma carriĂšre. Pas la joie, l’explosion, la vraie, le genre oĂč tu oublies momentanĂ©ment que tu es censĂ© ĂȘtre l’adulte responsable.

— Tu as cĂ©lĂ©brĂ© ?

— Comme un imbĂ©cile. Je crois avoir couru trente mĂštres avant de me rappeler que les entraĂźneurs sont censĂ©s rester dignes. RimavskĂĄ Sobota Ă©tait deuxiĂšme Ă  Ă©galitĂ© avec Ćœilina, le grand favori, le monstre annoncĂ©. Une phrase qui semblait toujours absurde lorsqu’on la prononçait Ă  voix haute.

:monacobet_liga: 2/8/2026 :spartak_myjava: 1-2 Gembicky (Saturnino) 29’ Saturnino (Petran) 90’
Composition : Slaniniak - Novak (Bodo 83’), Kisiev, Vasilko, Petran (cap.) - Vuantu (Lesko 67’), Saturnino - Vargic - Kralovic, Ferletak, Gembicky

— Quelques jours plus tard arrivait LiptovskĂœ MikulĂĄĆĄ. Et ce match reste un de mes prĂ©fĂ©rĂ©s, parce qu’il rĂ©sume parfaitement cette Ă©quipe. Nous ouvrons le score aprĂšs deux minutes par Ferletak. Parfait.

Puis nous encaissons une demi-volĂ©e magnifique Ă  vingt mĂštres , puis un but sur corner. 1-2, Ă  domicile : le scĂ©nario idĂ©al pour paniquer. Sauf que nous ne paniquons pas, nous Ă©tions bien en place, nous prenons un but exceptionnel, et un coup de pied arrĂȘtĂ©, mais dans le jeu, nous rĂ©pondions prĂ©sent.

Vargic Ă©galise par une belle combinaison, dĂ©calĂ© par Saturnino, montĂ© encore une fois faire le surnombre. Une action travaillĂ©e, une action qui ressemblait exactement Ă  ce que nous rĂ©pĂ©tions Ă  l’entraĂźnement. Puis arrive l’instant que je raconte encore cinquante ans plus tard, Kralovic. Notre Kralovic national, le joueur de 18 ans venu pour faire le nombre alignĂ© sur le flanc gauche, le handballeur, le remplaçant du remplaçant.

Sur un coup franc excentrĂ© de Petran, il reçoit le ballon aux 20 mĂštres et dĂ©clenche une reprise de volĂ©e, une vraie. À la Pavard, le joueur français contre l’Argentine. Une folie absolue. Je crois ĂȘtre restĂ© plusieurs secondes sans comprendre ce qui venait de se produire.

— C’était le but de l’annĂ©e ?

— De trĂšs loin, et probablement le meilleur but de sa courte carriĂšre. Puis Basa entre, marque de la tĂȘte sur corner. 4-2.

Et soudain les journalistes commencent Ă  dĂ©barquer en confĂ©rence de presse, beaucoup plus nombreux, beaucoup trop nombreux Ă  mon goĂ»t. Les questions devenaient diffĂ©rentes, on ne parlait plus maintien, on parlait systĂšme, mĂ©thode, organisation, projet. Comme si j’avais rĂ©flĂ©chi Ă  tout cela.

Le vieux coach éclata de rire.

— Je passais mes soirĂ©es Ă  chercher comment Ă©viter que mes joueurs de trente-sept ans terminent sur les rotules. Mais eux cherchaient une rĂ©volution tactique.

:monacobet_liga: 8/8/2026 :tatran_liptovsky_mikulas: 4-2 Ferletak (Kralovic) 2’, Vargic (Saturnino) 33’, Kralovic (Petran) 36’, Basa (Novak) 81’
Composition : Slaniniak - Novak, Kisiev, Vasilko, Petran (cap.) - Vuantu (Lesko 78’), Saturnino (Bodo 78’) - Vargic - Kralovic, Ferletak, Gembicky (Basa 68’)

— Puis arriva PĂșchov, et la rĂ©alitĂ©. Enfin. Une vraie claque, pas une humiliation, pas une catastrophe. Une leçon. PĂșchov Ă©tait meilleur que nous, tout simplement. Leur 4-4-2 nous a Ă©touffĂ©s. Leur attaquant nous marque un but rapidement de la tĂȘte, puis un second but arrive presque immĂ©diatement. Et pendant une heure, nous courons aprĂšs le ballon.

Je me souviens encore de cette sensation, l’impuissance. Pas la peur, l’impuissance. Saturnino rĂ©duit l’écart, magnifique but. Et pendant quelques minutes
 j’y crois. Le momentum tourne, nous poussons. Et puis ce penalty, un peu litigieux. Je ressens de l’injustice et toujours cette impuissance.

3-1, rideau. Le plus difficile fut la confĂ©rence de presse, parce que pour la premiĂšre fois, je devais admettre une Ă©vidence : je m’étais trompĂ©. Pas les joueurs, moi, mon plan, mes choix. Et c’était important : j’apprenais l’humilitĂ©. À trente-trois ans, ce n’est jamais agrĂ©able.

:monacobet_liga: 15/8/2026 :fk_matador_puchov: 3-1 Saturnino (Lesko) 62’
Composition : Slaniniak - Novak (Bodo 63’), Kisiev, Vasilko, Petran (cap.) - Vuantu (Lesko 45’) , Saturnino - Vargic - Kralovic (Chovan 45’), Ferletak (Kiss 73’), Gembicky (Basa 69’)

— La semaine suivante, nous recevions Pohronie. Un match frustrant, trĂšs frustrant. Peut-ĂȘtre plus que la dĂ©faite, parce que nous Ă©tions les meilleurs sur le terrain. MĂȘme encore aujourd’hui, ce n’est pas de l’arrogance de le dire. Vraiment meilleurs. Mais nous concĂ©dons naĂŻvement un contre. Le doute me traverse cette fois. Ma bonne Ă©toile, je touche ma mĂ©daille de la Vierge.

Vargic Ă©galise sur penalty puis Ferletak vendange, encore, et encore. Je le maudis en italien : je me souviens d’ailleurs de notre conversation aprĂšs le match. Je ne l’ai pas engueulĂ©. Je ne l’ai pas accablĂ©, c’était quasiment le seul 9 que j’avais sous la main de toute maniĂšre. Je savais ce qu’il ressentait : les attaquants vivent de confiance. Je lui ai simplement dit de continuer. Les occasions, il les avait.

Puis arrive la derniùre minute. Penalty pour nous. Vargic, notre maütre à jouer, notre cerveau, notre garantie. La Santa Maria m’exauçait
 Il le manque.

— Tu Ă©tais furieux ?

— Non, déçu, parce que je savais qu’il l’était davantage que moi. Cette rencontre eut toutefois une excellente nouvelle, le retour de Tomas Fajčík, blessĂ© aux ligaments pendant la prĂ©paration, l’un des rares joueurs capables d’apporter de la vitesse et de la percussion sur l’aile Ă  cette Ă©quipe.

Je l’ai rĂ©introduit doucement, comme on manipule un vase prĂ©cieux. Et pendant ce temps-lĂ , une autre question revenait constamment : Saturnino, toujours Saturnino. Les journalistes voulaient dĂ©jĂ  savoir combien de temps nous allions rĂ©ussir Ă  le garder, parce qu’il crevait l’écran, parce qu’il semblait jouer un autre football, parce qu’il Ă©tait devenu impossible Ă  ignorer.

:monacobet_liga: 22/8/2026 :fk_pohronie: 1-1 Vargic 45’ (P)
Composition : Slaniniak - Novak, Kisiev, Vasilko, Petran (cap.) (Bodo 88’) - Vuantu (Lesko 70’), Saturnino - Vargic - Kralovic, Ferletak (Fajcik 70’), Gembicky

— Enfin, nous retrouvons StarĂĄ Äœubovƈa. Cette fois, le contexte est diffĂ©rent, les supporters regardent le classement, les cafĂ©s parlent football, les gens commencent Ă  attendre quelque chose. Et cela m’inquiĂšte davantage que les dĂ©faites.

Je dĂ©cide d’innover. Saturnino est diminuĂ© alors je replace Petran au milieu. Je lance Lesko derriĂšre, je densifie l’axe et impose un bloc mĂ©dian. Pas de profondeur dans notre dos, je veux contrĂŽler les espaces, pas le ballon.

Fajčík est titularisĂ© malgrĂ© son manque de rythme. Je sais qu’il ne tiendra pas tout le match, mais je veux lui rendre du temps de jeu, lui rendre confiance. Et cette fois
 tout fonctionne, parfaitement.

Vargic rĂ©alise probablement son meilleur match depuis mon arrivĂ©e. Un but, puis un penalty transformĂ© Ă©vacuant les doutes de Pohronie. 2-0, une domination presque totale. Le plan s’est dĂ©roulĂ© exactement comme prĂ©vu, ce qui, dans ma carriĂšre, n’arrivera finalement pas si souvent.

AprĂšs le coup de sifflet final, je suis allĂ© voir Vargic. Je l’ai fĂ©licitĂ©, simplement. Il m’a regardĂ©, a souri. Et j’ai eu l’impression qu’il commençait Ă  croire en moi, peut-ĂȘtre mĂȘme avant que je ne croie complĂštement en moi-mĂȘme.

:monacobet_liga: 30/8/2026 :mfk_stara_lubovna: 0-2 Vargic (Vuantu) 32’, 55’ (P)
Composition : Slaniniak - Novak (Bodo 55’), Kisiev, Vasilko, Lesko - Vuantu, Petran (Cap.) (Saturnino 88’) - Vargic - Fajcik (Kralovic 55’), Ferletak, Gembicky (Basa 78’)

Au soir de la septiĂšme journĂ©e, RimavskĂĄ Sobota occupait la troisiĂšme place, Ćœilina Ă©crasait tout, les favoris restaient favoris. L’ordre naturel du championnat existait toujours, mais un intrus s’était invitĂ© Ă  leur table. Un promu sans argent, un effectif minuscule, un handballeur auteur du but de l’annĂ©e, un adjoint de quarante-cinq ans devenu recordman national, un BrĂ©silien qui semblait pouvoir jouer dans des championnats bien plus prestigieux, et un entraĂźneur qui apprenait encore son mĂ©tier.

Le plus inquiĂ©tant, finalement, n’était pas que RimavskĂĄ gagnait, le plus inquiĂ©tant, c’est que cela continuait.

Clt Club MJ V N D BP BC +/- Pts
1er :fortuna_liga: :fk_matador_puchov: Matador PĂșchov 6 6 0 0 18 5 13 18
2e Barr. :zilina: Ćœilina 6 5 1 0 19 3 16 16
3e :msk_rimavska_sobota: RimavskĂĄ Sobota 7 5 1 1 14 7 7 16
4e :slovan_bratislava: Slovan Bratislava B 7 4 1 2 7 4 3 13
5e :fc_petrzalka: PetrĆŸalka 6 3 1 2 9 10 -1 10
6e :spartak_myjava: Spartak Myjava 7 2 3 2 8 9 -1 9
7e :fk_inter_bratislava: Inter Bratislava 7 3 0 4 12 17 -5 9
8e Ć amorĂ­n 7 2 2 3 8 10 -2 8
9e :tatran_liptovsky_mikulas: LiptovskĂœ MikulĂĄĆĄ 7 2 1 4 7 9 -2 7
10e :fk_pohronie: Pohronie 6 2 1 3 9 11 -2 7
11e :ofk_dynamo_malzenice: MalĆŸenice 6 1 3 2 9 10 -1 6
12e :fc_vion: Zlaté Moravce 7 1 3 3 6 10 -4 6
13e :msk_povazska_bystrica: PovaĆŸskĂĄ Bystrica 6 2 0 4 10 11 -1 6
14e :nike_liga: :mfk_stara_lubovna: StarĂĄ Äœubovƈa 6 1 1 4 2 9 -7 4
14e :nike_liga: :mfk_zvolen: LokomotĂ­va Zvolen 7 1 0 6 7 20 -13 3

leaders statistiques

Buteurs

Nom MJ :groot_scored:
:1st_place_medal: Matej Vargic 7 4
:2nd_place_medal: Matheus Saturnino 6(1) 4
:2nd_place_medal: Denis Kralovic 6(1) 2
:2nd_place_medal: Jan Ferletak 7 2

Passeurs

Nom MJ :groot_assist:
:1st_place_medal: Matheus Saturnino 6(1) 2
:1st_place_medal: Denis Kralovic 6(1) 2
:1st_place_medal: Peter Petran 7 2
:1st_place_medal: Boris Novak 7 2
- Saison 1 - 26/27 -
- Chapitre 15 -
- six points et personne n’y croyait -
- Chapitre 17 -
- Une soirée sans Giuseppe Colombani -
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