:storygreen: :s5: Le génie de Ma’areva 🇵🇫 🇦🇺

Et ce soir, Godwin oublie sa victoire avec la sœur de Teanuanua :sac:

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Pendant que Teanuanua va se tirer seul sur la nouille… :sweat_smile:

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Godwin et sa grande bouche rentrent déjà à la maison. Il ira se consoler dans les bras de la soeur de Tea !

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C’était chaud. On sent que les Tahitiens étaient sur la jante en fin de match, mais ils ont tenu le choc.
Et puis, la victoire Néo-Zélandaise a un autre impact formidable :smiley:

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Responses to Readers

@CaptainAmericka Bon, la suite des qualif’ pour la Coupe du Monde seront la saison prochaine (hors Coupe d’Océanie, ouais c’est compliqué leur système) mais ce serait le kill :hot_face:

@Rhino Je vais essayer d’espionner ça et ramènerait des images :sac:

@Tiien Il est dans la même chambre que Vatea. Ça peut donner des idées :sac:

@Lincoln6Echo Je n’ai aucun doute qu’il pense déjà à cette méthode de consolation :joy:

@alexgavi Pour une fois que le choke est dans le sens du joueur, on prend… :sac:

Chapitre 194: La joie de l’équipe

En quittant la pelouse du Sky Stadium, encore porté par l’adrénaline de cette bataille remportée, Teanuanua avançait dans les couloirs du stade avec les jambes lourdes mais le cœur léger. Les chants tahitiens résonnaient encore au loin, comme un écho de cette soirée déjà mémorable.
Alors qu’il rejoignait les vestiaires, une voix l’interpella: « Hé, Tehahe! »

Il se retourna et reconnut immédiatement Raphaël Lea’i. Le prodige Salomonais, avait le visage sérieux du joueur éliminé mais se rapprochait du Tahitien.
« Tu as fait un grand match », lui dit Lea’i en tendant son maillot. « Franchement, tu es un très bon joueur. J’aimerais te voir en France un jour. »

Teanuanua, surpris mais touché par ce compliment venant d’un joueur de ce niveau, sourit à son tour: « Merci! Ça compte venant de toi. »

Les deux joueurs échangèrent leurs maillots dans un respect mutuel évident. C’était le tout premier maillot échangé de Teanuanua. Il regardait le maillot du joueur des Iles Salomon avec intensité. Il allait se rappeler de ce moment.
« Bonne chance pour la suite », lança Lea’i avec honnêteté.
« Merci. Et toi, continue de briller. T’as un talent fou » répondit Teanuanua.

Une poignée de main ferme conclut l’échange, symbole de respect entre deux compétiteurs qui venaient de se livrer une bataille acharnée.
Quand Teanuanua poussa enfin la porte du vestiaire Tahitien, il fut immédiatement frappé par l’ambiance. La tension du match avait laissé place à une euphorie totale.

La musique hurlait depuis une enceinte posée dans un coin. Certains joueurs dansaient déjà sur les bancs. D’autres sautaient en chantant.

Louis, totalement déchaîné, exécutait un haka improvisé, en slip.
Face à lui, Mana faisait de même, également en sous-vêtements mais en laissant les fesses à l’air.
« Cache-moi ça, bordel! » hurla Franck en éclatant de rire.
« C’est l’esprit polynésien! » répondit Mana en continuant sa danse sous les cris hilares de ses coéquipiers.

Vatea, assis sur un banc, riait à en pleurer, incapable de reprendre son souffle.
« On est qualifiés en demi et je dois voir ça… Je mérite une prime psychologique » dit-il en rigolant.

Teanuanua secoua la tête, amusé, avant de regagner sa place. Il récupéra son téléphone et découvrit une avalanche de messages: sa famille, ses amis, d’anciens coéquipiers.
Et surtout un message de Pit-Boy:

Vous êtes des guerriers! Demi-finale maintenant. Fier de toi depuis Pitcairn!

Teanuanua sourit, sincèrement touché. Puis Temehani vint s’installer à côté de lui, encore torse nu, téléphone en main. Il lui montra son écran.
Manava apparaissait en visio, rayonnante: « Bravo mon amour! Vous étiez incroyables! Même depuis les States, je suis comme une folle! »
« Merci », répondit Teanuanua avec un sourire fatigué mais heureux. « Merci du soutien! »

À cet instant, la porte du vestiaire s’ouvrit brusquement. Samuel Garcia entra, suivi de Mark.
Le capitaine tapa dans ses mains avec autorité.
« Silence les gars! »
Petit à petit, les cris diminuèrent, même si certains continuaient de glousser, notamment en regardant Mana qui, enfin, avait eu la présence d’esprit de remonter son caleçon.

Le coach observa son groupe quelques secondes.
« Les gars… Je suis fier de vous. »

Le silence se fit complet.
« Aujourd’hui, vous avez été héroïques. Vous avez souffert. Vous avez plié, parfois beaucoup… Et soyons honnêtes: sur certains aspects, on n’aurait peut-être jamais dû gagner ce match. »

Quelques rires nerveux fusèrent.
« Mais vous avez tenu. Vous avez fait preuve de solidarité, de courage, de discipline… Vous avez joué avec le cœur. Et ça, ça fait les grandes équipes. »

Le vestiaire éclata en applaudissements nourris.
Samuel Garcia laissa passer l’ovation avant de reprendre, plus ferme: « Demain, entraînement léger à 9h30. »

Un concert immédiat de protestations s’éleva. Samuel Garcia leva les mains avec un sourire malicieux: « Attendez! Attendez un peu avant de râler. »

Le calme revint progressivement.
« Si l’entraînement est si tôt, c’est parce que j’ai accepté une proposition du président. »

Curieux, les joueurs se turent.
« Demain matin, séance ouverte au public. Des gamins du club de Porirua viendront vous voir. »

L’atmosphère changea immédiatement. Le coach poursuivit: « Et à midi… Repas avec vos proches. »

Cette fois, le vestiaire explosa littéralement. Certains bondirent de joie. Teanuanua sentit immédiatement son cœur se réchauffer à l’idée de revoir les siens.

Samuel Garcia conclut avec émotion: « C’est votre récompense. Vous l’avez méritée. Profitez… Mais restez concentrés. La compétition n’est pas terminée. »

Djanny leva alors les bras: « Pour le fenua! »

Toute l’équipe répondit instantanément: « TAHITI! LA VICTOIRE! »
Le cri résonna puissamment dans tout le vestiaire, vibrant, fier, porté par une équipe plus unie que jamais.

Après de longues minutes de célébration, de chants, de danses absurdes et de joie brute, les joueurs tahitiens commencèrent enfin à retrouver un semblant de calme. Les douches tournaient, la vapeur emplissait les vestiaires et peu à peu, la fatigue reprenait ses droits.

Teanuanua venait tout juste de terminer de se changer lorsqu’un membre du staff s’approcha de lui: « Teanuanua… Godwin te demande. Il est juste en face des vestiaires. »

Teanuanua leva immédiatement les yeux au ciel.
« Oh non… Pas lui. Qu’est-ce qu’il veut? »
Vatea, assis non loin, éclata de rire: « Courage, frérot. C’est ton futur beau-frère après tout! »
« Ferme-la! », répondit Teanuanua en lançant une serviette à son coéquipier toujours écroulé de rire.

Il quitta malgré tout le vestiaire et traversa le couloir.

De l’autre côté, il aperçut immédiatement Godwin, fidèle à lui-même: sourire insolent, énergie débordante, et probablement incapable de rester sérieux plus de dix secondes.
À ses côtés se tenait Heiura tenant encore ses deux drapeaux comme le symbole parfait de son dilemme du jour.
Dès qu’elle vit son frère, Heiura se précipita vers lui et le serra fort dans ses bras.
« Félicitations! Je suis tellement fière de toi! »

Teanuanua sourit sincèrement.
Elle recula légèrement, les yeux brillants.
« Maintenant, je ne serai plus déchirée entre mon frère et mon amoureux… En demi-finale, je serai derrière toi à 100 %. »
« Enfin une décision intelligente », souffla Teanuanua avec un sourire.

Godwin posa alors une main théâtrale sur son cœur: « Trahison… Quelle cruauté. »
Puis, comme incapable de rester sérieux, il se tourna vers Teanuanua avec son éternel ton provocateur: « Alors, le puceau… On n’a pas voulu me prendre au marquage, hein? Tu avais trop peur. »

Teanuanua secoua la tête, déjà fatigué: « T’as surtout trop parlé. »
Godwin se mit alors à faire une petite danse ridicule dans le couloir déclenchant les rires d’Heiura.
« De toute façon », poursuivit-il, « On va se revoir très bientôt! Parce qu’après la compétition, je viens en vacances à Mangareva! »

Teanuanua resta figé quelques secondes.: « Génial… Je vais devoir supporter ça aussi chez moi. »

Godwin posa alors ses deux mains sur les épaules de Teanuanua.
« Oh, détends-toi. J’ai hâte de voir ma 2e maman, la fabuleuse Moerani. Et je vais apporter du talent, du style dans votre maison, et peut-être même apprendre à ta famille ce qu’est un vrai footballeur. »
Heiura éclata de rire.

Godwin, toujours aussi insupportablement sûr de lui, ajouta: « Et puis, j’ai bien l’intention de montrer à tout Mangareva pourquoi Heiura est tombée amoureuse de moi, du génie que je suis et pourquoi elle rêve de moi chaque nuit »
« Personne n’a demandé ce niveau de détail », coupa Teanuanua.

Les trois éclatèrent finalement de rire, malgré les piques incessantes.
Au fond, malgré son arrogance, Godwin était devenu une figure impossible à détester complètement.

Avant de repartir, Heiura embrassa son frère sur la joue: « Repose-toi. Et gagne cette coupe. »
Godwin, lui, adressa un dernier clin d’œil: « Et évite de perdre en demi. Sinon je vais devoir supporter ton seum et ta tête de puceau dépressif pendant toutes les vacances. »

Teanuanua retourna enfin vers le vestiaire, secouant la tête mais le sourire aux lèvres.

Dès leur arrivée à Porirua, une nouvelle surprise les attendait. Le personnel de l’hôtel avait préparé un accueil digne de héros: drapeaux polynésiens, chants, applaudissements et même des fumigènes rouges illuminant la nuit néo-zélandaise.

Les joueurs descendirent du bus dans une ambiance de fête totale.
« On se croirait champions! » lança Louis.
« Pas encore », répondit Mark. « Mais on avance. »

Teanuanua leva les yeux vers les fumées rouges dans le ciel sombre et ressentit une immense fierté.
Plus tard, de retour dans leur chambre, Teanuanua et Vatea n’eurent même pas la force de parler longtemps.
Le Mangarevien consulta une dernière fois son téléphone.
Un message d’Heiura l’attendait:

Je serai là demain. Avec Maman, Papy, Moeata et Oro. Et sans Godwin :joy:

Teanuanua sourit immédiatement.
« Meilleure nouvelle de la soirée? » demanda Vatea.
« Clairement. »

Les deux amis éclatèrent brièvement de rire, puis, épuisés par l’intensité du match, les émotions et les festivités, sombrèrent rapidement dans le sommeil.
Le lendemain sera placé sous le signe de la famille.

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Ce Godwin, quelle plaie :rofl: :rofl:

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On veut davantage de scène où on fête la victoire de Teanuanua et ses coéquipiers :grin:
On aura peut-être droit à une bromance avec Godwin, ou pas. Manifestement, il y a plus de chance qu’il finisse encastré dans un mur.

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Toujours aussi dingue godwin

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On aura plutôt un remake de Brokeback Mountain entre Godwin et Teanuanua
mountain GIF

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@CaptainAmericka C’est juste un bon vivant :sac:

@alexgavi On verra ça quand ils se retrouveront à Mangareva :grin:

@celiavalencia C’est un personnage que j’adore mettre en scène :joy:

@Rhino Vous savez que des fois vos commentaires me donnent des idées? :sac:

Chapitre 195: La surprise d’Heiura

Au réveil, Teanuanua comprit immédiatement que quelque chose n’allait pas.
Dans la nuit, en s’étirant instinctivement dans son lit, une douleur vive avait traversé son mollet droit, suffisamment brutale pour le tirer presque entièrement du sommeil. Sur le moment, il avait espéré une simple crampe… mais au petit matin, même atténuée, la gêne persistait.

Assis sur le bord de son lit, il grimaça en posant le pied au sol: « Ça sent pas bon… » marmonna-t-il à Vatea. « J’ai senti une grosse douleur cette nuit, au mollet droit. »

« Va direct voir le staff médical » lui conseilla son ami.

Teanuanua ne discuta pas. Quelques minutes plus tard, il se retrouvait avec le médecin de la sélection, allongé pendant qu’on testait sa mobilité, sa souplesse et sa douleur.
Après plusieurs manipulations, le verdict tomba: « Rien de dramatique, mais c’est une petite alerte. »
Teanuanua fronça les sourcils: « Je peux jouer? »

Après avoir souri, le médecin répondit avec calme: « Techniquement, oui… Tu peux t’entraîner. Mais honnêtement, je te conseille fortement de ne pas disputer le match contre la Nouvelle-Zélande. Vous êtes déjà qualifiés. Le vrai objectif, c’est la demi-finale. Si tu forces trop maintenant, tu risques d’aggraver cette douleur et potentiellement compromettre la suite du tournoi. Je vais en parler au coach, mais le plus intelligent serait de te ménager. »

Teanuanua soupira longuement. L’idée de manquer un match aussi prestigieux le contrariait profondément, mais il comprenait la logique.

L’entraînement du matin fut donc particulièrement léger pour lui. Samuel Garcia, informé de la situation, ne prit aucun risque. Teanuanua participa, mais avec prudence, en évitant toute surcharge.

La séance se déroula dans une ambiance bien plus détendue que les jours précédents. Et comme promis, les jeunes joueurs de Western Suburbs furent invités à participer à la fin de l’entraînement.
Très vite, les enfants du club se ruèrent vers Teanuanua. Son statut d’ancien joueur local faisait de lui une véritable attraction auprès de ces jeunes joueurs. Il prit le temps avec chacun, signa des maillots, posa pour des dizaines de photos et échangea quelques conseils.

Après cette matinée chargée en émotions, vint l’heure du déjeuner familial.
Les joueurs regagnèrent l’hôtel, où une grande réception avait été préparée spécialement pour eux et leurs proches. Les premières familles commencèrent à arriver. La mère de Vatea fut l’une des premières à apercevoir Teanuanua. Avec sa chaleur habituelle, elle le serra immédiatement dans ses bras.

Puis arrivèrent les parents de Temehani. Toujours élégants, impeccablement habillés, ils dégageaient cette prestance naturelle propre aux grandes familles polynésiennes.
La mère de Temehani prit Teanuanua dans ses bras tandis que son père lui serra la main avec respect: « Excuse-nous pour Manava, elle n’a pas pu venir », expliqua sa mère. « Sa préparation pour les Jeux lui prend tout son temps. »

Teanuanua sourit immédiatement.
« Il n’y a vraiment aucun souci. Les Jeux Olympiques, c’est immense. Cette petite réunion peut attendre. »
« Tu es adorable », répondit-elle.

Pascal Vahirua et Marama Vahirua étaient également présents, venus soutenir Hirinai. Teanuanua salua chaleureusement son ancien coach qui lui donna une accolade: « Tu continues de me rendre fier, petit. »

Puis vint enfin le moment le plus attendu pour Teanuanua.
Il aperçut au loin Tevava, droit et élégant malgré les années, accompagné de Moerani, Heiura, Moeata et Oro. Tous étaient particulièrement bien habillés, comme pour un événement historique.
En les voyant, Teanuanua sentit immédiatement son cœur se gonfler d’émotion.

Oro fut le premier à courir vers lui. Moerani le serra longuement.
Tevava, plus sobre mais profondément ému, posa ses deux mains sur ses épaules.
Heiura arriva ensuite avec un sourire malicieux: « Comme promis… Sans Godwin. »
« Merci » souffla-t-il avec soulagement.
Tous éclatèrent de rire.

Le buffet fut ensuite ouvert, et l’atmosphère devint rapidement celle d’une immense fête familiale. Rires, discussions, anecdotes, souvenirs, encouragements, l’ambiance était légère, chaleureuse, profondément humaine. Les différentes familles se mélangeaient naturellement, comme si cette sélection formait une immense tribu unie.
Teanuanua, entouré des siens, observait tout cela avec reconnaissance. Et au milieu de ce repas, entre son grand-père, sa famille, ses coéquipiers et cette sélection devenue une seconde maison, Teanuanua ressentit quelque chose de rare: il était exactement là où il devait être.

Après ce déjeuner vibrant d’émotions, de retrouvailles et de fierté familiale, l’après-midi fut laissé libre aux joueurs, chacun pouvant profiter de ses proches avant de replonger totalement dans la compétition.

Teanuanua choisit naturellement de partir se promener avec sa famille. Ils quittèrent l’hôtel pour marcher dans Porirua. Les paysages vallonnés, la verdure omniprésente et l’air pur rappelaient à Teanuanua certains instants passés en Nouvelle-Zélande lorsqu’il évoluait encore à Western Suburbs.

La balade se déroula dans une atmosphère paisible. On parlait de tout et de rien, des souvenirs, de Mangareva, des performances de Tahiti, des bêtises d’Oro ou des leçons de musiques de Moeata.

Après un moment, la famille s’installa dans l’herbe d’un parc, à l’ombre d’arbres protecteurs. Tous s’assirent profitant de ce moment rare de calme absolu.

Le silence fut finalement rompu par Heiura, qui semblait nerveuse.
Elle inspira profondément: « J’ai quelque chose à vous annoncer… »

Immédiatement, Teanuanua sentit son ventre se nouer. Dans son esprit, mille scénarios catastrophes défilèrent.
Heiura échangea un regard avec Moerani avant de se lancer: « Avec Godwin… Pendant nos vacances à Mangareva… On va se marier. »

Un silence total suivit.
« À la Cathédrale Saint-Michel de Rikitea » précisa-t-elle avec émotion.

Moerani porta immédiatement ses mains à sa bouche, les yeux déjà humides. Elle se leva aussitôt pour prendre sa fille dans ses bras: « Ma chérie! C’est merveilleux! »

Moeata et Oro poussèrent un cri de joie. Tevava, d’abord surpris, esquissa finalement un sourire. Tout le monde semblait sincèrement heureux.
Sauf une personne: Teanuanua.

Assis, les bras croisés, il affichait une moue évidente: « Mais… Pourquoi si vite? » demanda-t-il finalement. « Ça fait à peine un an que vous vous connaissez. »

Heiura sourit légèrement, puis reprit, plus émue: « Parce qu’il y a une deuxième nouvelle… »
Elle posa instinctivement une main sur son ventre: « Je suis enceinte de trois mois. E nous ne souhaitons pas la naissance de cet enfant hors mariage. »

Le choc fut immédiat. Moerani éclata en sanglots: « Je vais être grand-mère! »
Tevava, faussement dramatique, leva les yeux au ciel: « Et moi, arrière-grand-père. Bon sang, ça ne me rajeunit pas. »

Même dans l’émotion, cette phrase provoqua un éclat de rire général. Sauf, une fois encore… Teanuanua.
Son visage se ferma: « Heiura… Tu es trop jeune. »

Le ton était sérieux, presque agressif.
« Trop jeune pour avoir un enfant. Trop jeune pour te marier. Tu as 18 ans, bordel… Et avec Godwin en plus… Il est immature. C’est un guignol, un bon à rien. Je n’imagine pas que tu puisses être sérieusement amoureuse de lui. Il t’a envouté mais ouvre les yeux… Un mariage… Un bébé… C’est vraiment ce que tu veux, un bébé de lui? »

L’atmosphère se glaça brutalement. Heiura se redressa immédiatement.
« C’est mon corps, Teanuanua. »

Sa voix tremblait: « Je n’avorterai pas. Jamais. Et… Que ça te plaise ou non, je vais épouser Godwin. »

Des larmes commencèrent à couler.
« Papa n’est plus là… C’est toi que je voulais pour m’accompagner à l’autel… Tu es mon grand frère, c’était ta place. Mais si tu refuses… Alors Papy m’accompagnera. »

Sa voix se brisa. Ces mots frappèrent Teanuanua de plein fouet. Toute sa colère protectrice disparut instantanément, remplacée par une profonde culpabilité. Il se leva aussitôt.
Sans hésiter, il prit sa sœur dans ses bras.
« Non… Non, Heiura. Je serai là. Je serai toujours là pour toi. Je t’emmènerai à l’autel. Je te le promets. »

Sa voix était douce, pleine d’émotion. Heiura pleurait toujours. Elle serra son frère contre elle.
« Excuse-moi… » reprit-il. « Je veux juste ton bonheur. Je suis inquiet, c’est tout… Tu resteras toujours ma petite sœur. »

Il esquissa un sourire fragile.
« Même si ça veut dire devoir supporter Godwin encore plus souvent. »

Heiura éclata de rire entre deux larmes. Moerani, émue, les rejoignit. Et bientôt, toute la famille se retrouva réunie dans une immense étreinte collective, mélange de larmes, de rires et d’amour.

Dans cet instant suspendu, Teanuanua comprit que malgré ses peurs, sa famille avançait. Il eu une pensée pour son fils car si tous l’ignoraient encore, lui savait qu’il avait un enfant, quelque part dans ce monde. Il retint ses larmes car la peine de ne pouvoir connaître son propre fils lui faisait mal.

Le soir venu, les familles furent invitées à assister à l’entraînement. Depuis les tribunes, ils observèrent leurs proches une dernière fois avant la suite de la compétition.

À la fin de la séance, les adieux furent chaleureux. Les embrassades s’éternisèrent.
Puis les familles repartirent. Ils ne se reverraient sans doute qu’à la fin du tournoi.

Teanuanua resta quelques instants immobile, regardant leurs silhouettes s’éloigner. Son cœur était chargé d’émotion et d’amour. Plus que jamais, il savait pourquoi il se battait.

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Même si ça s’est retrouvé en câlin général
Tea a été trop cash. La peur d’avoir Godwin comme beau-frère ?

il va être traité de puceau plus souvent ! :rofl:

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Elle perd pas de temps Heiura. Un mariage et un bébé à un âge où on se met encore des murges chaque weekend

quand on ne sait pas se retenir de jouer avec sa trompe :sac:

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C’est vrai que Teanuanua est certainement l’un des plus mal placées pour donner des leçons de morale :sweat_smile:
Pour le moment, Godwin est meilleur joueur, et semble être un meilleur paternel !

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Ah ça y est on s’approche du choc !! :joy:

Bah du coup il aura tout perdu le Tea : Godwin comme beauf’ , il va devenir tonton avant d’être père presque.. Ah bah non, il est déjà père le con mais il ne l’a encore jamais vu… Sacré Bingo mon pote !!

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Responses to Readers

@celiavalencia Heureusement pour Teanuanua que Godwin vit en France :sac:

@Rhino Se mettre des murges, ce n’est pas vraiment le style d’Heiura. De Godwin par contre… :sac:

@alexgavi Sauf que tout le monde ignore que Teanuanua est mal placé pour donner les leçons de morale :sac:

@CaptainAmericka Du choc avec Manava? :sac:

Chapitre 196: Se concentrer sur soi-même

La salle vidéo était silencieuse quand Samuel Garcia entra avec son carnet noir sous le bras. Les joueurs cessèrent progressivement leurs discussions et se tournèrent vers l’écran. L’ambiance était différente des jours précédents. Plus détendue, mais aussi plus étrange. Tahiti était déjà qualifié pour les demi-finales. La Nouvelle-Zélande aussi. Ce match n’avait donc pas le goût d’une finale de groupe classique. Pourtant, personne ne voulait perdre face aux Kiwis.

Le coach posa son carnet sur la table et regarda son groupe quelques secondes avant de parler: « Bon… Eux sont qualifiés… Nous aussi… Donc honnêtement, aucune idée de ce qu’ils vont faire demain. Ils peuvent aligner les titulaires, les remplaçants, changer totalement de système… Peut-être même tester des trucs pour les demies. Bref, on ne va pas perdre du temps à essayer de deviner leur équipe. »

Il prit la télécommande et fit apparaître un schéma tactique sur l’écran.
« On ne s’adapte pas à eux. On se concentre sur nous. »

Les joueurs acquiescèrent doucement. Samuel Garcia pointa le dispositif.
« On garde le même schéma. Un 4-3-3. Mais on change les hommes. On a des petits bobos, de la fatigue, des joueurs qui ont énormément donné… Donc on gère l’effectif intelligemment. »

Il leva les yeux vers plusieurs joueurs de l’équipe.
« Nino, Tea, Hirinai, Vous ne mettez même pas les crampons demain. Hors de question de prendre un risque stupide avant les demi-finales. »

Teanuanua croisa les bras en soupirant légèrement. Il s’y attendait depuis sa douleur au mollet, mais entendre officiellement qu’il ne jouerait pas lui faisait quand même quelque chose. Hirinai fit une grimace amusée: « Coach, même dix minutes? »
« Même pas trente secondes », répondit Garcia immédiatement. « Si je vous vois vous échauffer, je vous attache au banc. »

Quelques rires éclatèrent dans la salle.

« Djanny, toi, tu es suspendu donc repos forcé. Et honnêtement, vu les tampons que tu distribues depuis le début du tournoi, ça va faire du bien à nos adversaires. »
« Je touche même pas les gars! » protesta Djanny.
« Bien sûr… Et moi je suis chanteur de zouk », répondit Samuel Garcia sans lever les yeux de son carnet.

Cette fois, tout le monde éclata franchement de rire. Puis le coach reprit son sérieux.
« Bon. Maintenant, les onze. »

Il tapota l’écran.
« Dans les buts… Chan. »

Le troisième gardien ouvrit de grands yeux avant d’avoir un énorme sourire. Plusieurs joueurs tapèrent dans leurs mains pour le féliciter.
« Nino et Anapa ont déjà joué. Je veux que tout le monde se sente concerné dans cette compétition. Chan, tu as bossé sérieusement depuis le début du rassemblement. Tu mérites ta chance. »

Le gardien de l’AS Vénus hocha la tête, visiblement ému. Samuel Garcia continua: « En défense centrale, rotation aussi: Yoan et Tevaitini. Olivier à droite, Haumau à gauche. Au milieu, Teraï en sentinelle. Louis un peu plus haut. Et Kavai’ei avec le brassard. »

Toute la pièce tourna immédiatement la tête vers Kavai’ei. Le milieu resta figé une seconde.
« Moi, capitaine? »

« Oui, toi », répondit le coach. « Tu parles peu mais tout le monde t’écoute. Et quand tu joues simple, l’équipe joue mieux. Alors demain, tu commandes. »

Mark, le capitaine habituel se leva pour venir poser une main sur l’épaule de Kavai’ei.
« Et n’oublie pas: si l’arbitre est nul, tu cries très fort. Ça marche toujours. »
« C’est faux », répondit Samuel Garcia. « Ça ne marche jamais. Tu veux qu’il prenne un carton? »

Les rires reprirent encore une fois.
Puis le coach termina sa composition.
« Devant… Nicolas à droite. Mana à gauche. Et Manuarii en pointe. »

Samuel Garcia fit alors quelques pas devant son groupe avant de reprendre d’une voix plus calme.
« J’ai fait tourner parce qu’on pense à la suite. Certains doivent souffler. Teme, toi aussi car on a besoin de toi pour aller loin. Et avant que tu râles, tu risques fortement de rentrer en cours de match. Mais je veux que tu récupères un peu en ne jouant pas toute la partie. »

« J’allais pas râler coach… » dit alors Temehani.

Toute la salle explosa de rire tant personne ne le croyait.
« Temehani qui ne râle pas? » lança Vatea. « Même les meilleurs scientifiques de la planète disent que c’est impossible. »
Temehani attrapa sa chaussure et la lança sur lui.

Samuel Garcia sourit légèrement avant de redevenir sérieux.
« Écoutez-moi bien. Même si ce match n’a pas un vrai enjeu sportif, il compte énormément pour moi. Et pour vous aussi. Parce qu’il y a des places qui se jouent pour la demi-finale. Et même pour la suite de vos carrières dans la sélection. »

Le silence revint immédiatement.
« Je veux voir des guerriers. Je veux voir des joueurs capables de regarder les Kiwis dans les yeux sans complexe. Vous portez le maillot de Tahiti. Vous représentez vos îles, vos familles, vos quartiers, vos anciens clubs… Alors battez-vous. »

Il regarda chaque joueur un à un.
« Pas besoin de gagner 5-0. Mais je veux voir une équipe courageuse, même si on perd. Une équipe qui ne baisse jamais la tête. »

Puis il tapa une fois dans ses mains.
« Bon. Fin du discours. Maintenant, tout le monde à l’entraînement. On va travailler tactiquement. Deux groupes: titulaires de demain et remplaçants. Go! »

Les joueurs se levèrent dans un brouhaha immédiat. Certains plaisantaient déjà, d’autres discutaient sérieusement du match. Puis tous quittèrent la salle ensemble pour rejoindre le terrain d’entraînement, pendant que le ciel gris de Porirua commençait doucement à laisser passer quelques rayons de soleil.

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Ça sent la belle défaite ! Le coach fait tourner, et les joueurs semblent un peu trop détendus. Par contre, si Tahiti gagne, Samuel Garcia se devra de chanter du zouk :grin:

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Ca va boire beaucoup de Hinano ou un petit rhum Mana’o la veille au soir :wink:

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L’ambiance est bonne, la stratégie est excellente pour souder un groupe.
Même en cas de victoire on veut Garcia sur scène avec un micro en train de chanter du Medhy Custos !

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