:storygreen: :s1: đŸŽó §ó ąó „ó źó §ó ż :crewe_alexandra: Le gamin des trois frontiĂšres

Réponses aux lecteurs

@Wasyl J’ai eu envie de tenter, mais je ne suis pas sĂ»r d’avoir l’emprise nĂ©cessaire pour assurer et tenir si la promesse n’est pas tenue ! :sweat_smile:

@Rhino @CaptainAmericka @alexgavi Difficile Ă  gĂ©rer, c’est un garçon qui peut devenir essentiel pour nous, mais je dois aussi faire comprendre qu’aucune individualitĂ© ne passe avant le groupe ! Il veut un statut de titulaire ? À lui de me prouver qu’il le mĂ©rite.


ÉPISODE 18
“L’apaisement”

Décembre 2020.

J’avais demandĂ© Ă  Ryan Wintle, mon capitaine, d’aller discuter avec Owen. Pas pour lui mettre la pression, au contraire. Ryan a cette capacitĂ© rare d’écouter avant de parler. Il connaĂźt les jeunes, il les a vus grandir, et il sait reconnaĂźtre quand un joueur s’égare un peu dans ses Ă©motions.

Il m’a simplement dit, en revenant du vestiaire : « Laisse-lui un peu de temps, coach. Il t’apprĂ©cie plus qu’il ne veut le montrer. Il reviendra. ».

Et effectivement, ce matin-lĂ , alors que je finis de ranger quelques dossiers dans mon bureau, on frappe timidement Ă  la porte : « Coach
 vous avez une minute ? ». C’est Owen.

Je l’invite Ă  entrer. Il ferme la porte, s’assied, et inspire profondĂ©ment : « Je
 je voulais m’excuser pour l’autre jour. J’ai rĂ©agi trop vite. J’étais frustrĂ©, et je n’aurais pas dĂ» vous parler comme ça. ». Il me donne la mĂȘme impression qu’un enfant qui sait qu’il a fait une bĂȘtise. Je souris.

« Tu sais, Owen, je ne t’en tiens pas rigueur. Les jeunes joueurs ambitieux, ça arrive qu’ils s’emballent un peu. Mais jamais une seconde je n’ai doutĂ© de ton engagement pour l’équipe. ». Il lĂšve la tĂȘte et pour la premiĂšre fois depuis quelques temps, un nuage semble se dissiper au-dessus de lui.

Il reprend : « Je crois que j’ai eu trop peur de stagner. Je veux tellement rĂ©ussir ici
 parfois je me mets la pression tout seul. Et ce contrat
 enfin, peu importe. J’ai compris que ce n’était pas le bon moment. ».

Je ne peux que respecter la dĂ©marche. C’est un jeune joueur, un gros potentiel. Il en est conscient, et il sait aussi que cette saison peut ĂȘtre celle de la rĂ©vĂ©lation pour lui. Mais il doit aussi se rappeler qu’il ne faut pas griller les Ă©tapes : « Tu progresses vite. Peut-ĂȘtre mĂȘme plus vite que prĂ©vu. Mais on doit avancer Ă©tape par Ă©tape. Si tu continues comme ça, le moment viendra. ».

Il hoche la tĂȘte : « Ça me va, coach. Je veux juste me concentrer sur le terrain maintenant. Le reste attendra. ».

Un sourire puis une poignĂ©e de main plus tard, cette histoire est derriĂšre nous. De façon gĂ©nĂ©rale, je ne suis pas rancunier, surtout avec mes joueurs. L’emballement derriĂšre certaines prestations, la pression que les garçons se mettent, ou que leur entourage leur met
 tout ça peut faire tourner des tĂȘtes.

Pour autant, tout n’est pas rĂ©glĂ©.

Il reste environ 18 mois de contrat Ă  Owen. C’est Ă  la fois beaucoup, et peu. D’une certaine façon, il vient de me mettre la pression, et je me doute qu’il n’acceptera pas de prolonger si je ne suis pas disposĂ© Ă  lui faire certaines promesses de temps de jeu.

A lui de me prouver qu’il mĂ©rite ce qu’il me rĂ©clame.


Deux jours plus tard

Match face Ă  Fleetwood Town. Une fois de plus, Owen est titulaire sur le flanc droit de mon attaque, suite Ă  l’indisponibilitĂ© de Kirk. J’attends de voir les suites de notre discussion
 et si cela ne joue pas des tours Ă  mon joueur en termes d’implication sur le terrain.

Le match dĂ©marre et d’entrĂ©e, le ballon arrive Ă  proximitĂ© de la surface de Fleetwood. Mandron reçoit le ballon dos au but, dans l’axe, aspirant deux dĂ©fenseurs sur lui. Il se tourne et trouve Owen, lancĂ© dans le demi-espace Ă  l’entrĂ©e de la surface. Il contrĂŽle, allume Ă  ras de terre : 1-0. 17 secondes de jeu.

Dans la continuité de son action, il court vers le parcage de nos supporters pour célébrer avec eux. Il se tourne ensuite en direction de notre banc de touche, brandit un poing rageur, sourire aux lÚvres et feu dans les yeux.

Me voilà rassuré.

Son implication n’est plus à prouver.

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